La Nation Bénin...
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Le ministre d'Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané[/caption]Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané reconnait que les deux dernières années ont été difficiles pour certains des compatriotes béninois. Il estime que les deux premières années ont en partie servi aux études de faisabilité, à la mobilisation des ressources et à la mise en place de réformes urgentes et nécessaires avant d’affirmer que le pays est actuellement en chantier dans tous les secteurs.
La Nation : Monsieur le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, le gouvernement de la Rupture a annoncé dans son Programme d’action, de grandes réformes économiques pour transformer le pays. Deux ans après la gestion des affaires à la tête du pays, quel bilan peut-on en faire globalement ?
Abdoulaye Bio Tchané : Je voudrais d’entrée vous exprimer ma gratitude pour l’opportunité que vous m’offrez d’informer nos compatriotes à travers cette interview.
Pour répondre à votre question, je voudrais dire que notre pays, le Bénin, est actuellement en chantier dans tous les secteurs et l’espoir est permis pour le reste du chemin conformément aux ambitions contenues dans le Programme d’action du gouvernement 2016-2021.
Les réformes entamées ont entre autres, permis de renforcer l’assainissement des finances publiques, de mobiliser davantage de ressources pour des investissements massifs, d’améliorer la production agricole notamment dans les filières phares que sont : le maïs, le cajou, l’ananas et le riz. Nous avons aussi mis l’accent sur les investissements dans les secteurs prioritaires que sont en plus de l’agriculture, le tourisme, l’économie numérique et l’enseignement.
Le développement des infrastructures de soutien à la production s’est accru avec des investissements importants dans les secteurs de l’énergie où l’objectif du gouvernement est d’assurer une totale indépendance à notre pays, de l’eau avec pour cible l’accès universel à l’eau potable d’ici à 2021, des infrastructures (routières, portuaires et aéroportuaires).
Le secteur de l’éducation a été marqué par la reprise des activités des cantines scolaires dans nos écoles maternelles et primaires, l’amélioration de l’offre académique dans l’enseignement supérieur, technique et professionnel pour mieux l’adapter aux besoins du marché.
On peut également citer le renforcement de l’offre sanitaire pour des soins de qualité au profit de nos populations et la reprise des activités de micro crédit aux couches vulnérables de notre population.
De 4 % en 2016, le taux de croissance est annoncé autour de 6 % en 2017. Quelles sont les réformes qui ont favorisé ce bond ? La tendance sera-t-elle observée dans les années à venir ?
La hausse de la croissance économique que vous évoquez est le résultat de la mise en œuvre harmonieuse des réformes dans différents domaines. Cela va de l’assainissement des finances publiques à l’accroissement de la production agricole en passant par le port, le tourisme et les investissements dans le secteur numérique.
L’exemple le plus visible est celui de la production du coton, qui nourrit plusieurs millions de nos concitoyens et qui est le premier produit d’exportation de notre pays. Au cours de la campagne 2016-2017, la première sous la gouvernance du président Patrice Talon, le Bénin a atteint une production record de plus de 450 000 tonnes, sans que l’Etat n’ait eu besoin de débourser un franc au titre de subventions. Pour la campagne en cours, les prévisions sont autour de 500 000 tonnes, et tout porte à croire qu’elles seront dépassées. Les autres filières agricoles phares ont également eu droit à une attention soutenue du gouvernement.
Les réformes dans d’autres domaines comme le Port, le Tourisme (qui va devenir un maillon fort de notre économie) ont aussi produit des résultats positifs. Vous noterez par exemple que nous commençons à recevoir plus de touristes notamment dans le parc de la Pendjari.
Nous suivons de près ces réformes en nous assurant qu’elles vont dans le sens des orientations du Pag et en faisant les ajustements nécessaires au fur et à mesure.
Dans le secteur agricole par exemple, le gouvernement a créé les Agences territoriales de développement agricole (Atda) qui sont déjà fonctionnelles. Peut-on avoir une idée des impacts de cette réforme sur l’organisation de ce secteur ?
La mission principale des Agences territoriales de développement agricole est de mettre en œuvre la politique de promotion des filières porteuses spécifiques au pôle de développement agricole et d’initier des actions permettant de s’assurer que les objectifs du gouvernement en matière de promotion des filières et de développement des territoires soient réalisés et produisent des résultats à impacts visibles. Elles sont placées sous la tutelle du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et jouissent d’une personnalité morale et d’une autonomie financière.
Les Agences territoriales de développement agricole ont permis pour chaque zone, de remettre les acteurs clés de chaque région au cœur du système, de les impliquer davantage dans les choix qui se font. Ainsi, il revient à ces agences de mettre en place ou de renforcer les infrastructures agricoles structurantes indispensables au développement des activités productives et à une meilleure valorisation des productions ; de faciliter l’accès des acteurs des filières aux informations et innovations, ainsi qu’aux conseils. Ces agences constituent un appui de premier plan au monde agricole.
A part la filière coton, quelles sont les autres filières agricoles d’exportation qui bénéficient particulièrement de l’attention du gouvernement? Quelles sont les actions menées dans ce sens ?
Le gouvernement a retenu de faire la promotion des quatre filières agricoles phares dont je vous ai parlé : le maïs, le riz, l’ananas et l’anacarde, auxquelles il faut ajouter le coton et le manioc. Il s’agit pour le gouvernement de faire de l’agriculture un véritable levier de développement économique en concentrant nos efforts et ressources sur des priorités et y faire une différence.
A titre d’exemple, au niveau du cajou, nous avons procédé dans un premier temps au traitement des anciennes plantations pour les garder toujours productives. Ensuite, le gouvernement envisage l’introduction de nouvelles plantations avec des greffes certifiées venues du Brésil et du Vietnam à travers une promotion de pépinières. Cela offre le double avantage de la diversification et de l’accroissement de la productivité.
En ce qui concerne l’ananas, il est apparu que l’un des obstacles au développement de la filière réside dans notre faible capacité de pouvoir l’exporter. Aucun dispositif solide n’existait au niveau de l’aéroport par exemple pour garantir des conditions optimales de conservation en attendant son transport. Nous travaillons en ce moment à installer un ou deux conteneurs frigorifiques où les ananas pourront être conservés avant leur convoyage par avion vers les marchés européens et au-delà. Mieux, le scannage des ananas se fait par plateau alors qu’il aurait été judicieux de le faire par palette pour éviter d’endommager le packaging. Cette possibilité existe mais il y a quelques réticences que nous comptons lever rapidement.
Comme l’anacarde et l’ananas que je viens de vous citer, chacune des filières phares bénéficie d’une attention soutenue du gouvernement pour régler de façon efficace les problèmes afin de permettre aux producteurs de vivre plus décemment de leurs efforts. Ces différentes mesures et réformes vont booster l’agriculture de notre pays.
Dans un bilan qui a été fait lors de la cérémonie de présentation des vœux en janvier dernier, il a été montré que le Port autonome de Cotonou se porte financièrement bien. Si c’était le cas, pourquoi avoir opté pour une gestion déléguée de ce poumon de l’économie béninoise ?
Votre constat est juste. Le Port autonome de Cotonou se porte beaucoup mieux. Grâce à des réformes conduites par le chef de l’Etat, le président Patrice Talon en personne, dès avril 2016, l’image et les performances de ce port se sont améliorées. Mais les ambitions du gouvernement vont au-delà des réalités du moment. Nous voulons faire du Port de Cotonou un port de référence en Afrique de l’Ouest. C’est ce qui nous a amenés à signer le 8 janvier dernier un contrat de gestion, avec le port d’Anvers en Belgique, afin de bénéficier d’une expertise mondialement reconnue. Ce contrat de gestion du Port autonome de Cotonou comprend deux phases. La première va permettre au mandataire de s'installer avant d'entamer l'exécution. La deuxième étape qui est l'exécution elle-même, doit se faire sur un mandat de trois ans, renouvelable deux fois.
Ce contrat intègre la modernisation des infrastructures du port de Cotonou qui reçoit en ce moment plus de 12 millions de tonnes de fret par an, l’organisation de l’enceinte portuaire, le renforcement des capacités de l’équipe locale et surtout l’informatisation du système des données.
Vous comprenez que l’objectif est de faire basculer le Port autonome de Cotonou dans une nouvelle ère et de le mettre également aux normes internationales. Plusieurs indicateurs ont été définis et vont servir de boussole aux deux parties. Nous sommes convaincus que d’ici quelques années, l’apport du Port autonome de Cotonou à l’économie béninoise deviendra encore plus important.
A votre avis, les réformes au port de Cotonou portent-elles déjà les fruits escomptés ?
A notre arrivée au pouvoir en avril 2016, le Port de Cotonou avait une santé financière très déplorable...
Les ports voisins avaient pris de l’avance sur nous sur plusieurs points. Le but du gouvernement était d’arrêter la saignée. C’est ainsi que, sous le leadership du chef de l’Etat, un certain nombre de mesures ont été prises. Et aujourd’hui, j’ai le bonheur de dire à nos compatriotes que ces mesures sont en train de faire la preuve de leur efficacité. La tendance s’inverse progressivement pour le bonheur des acteurs portuaires et de l’ensemble du peuple béninois.
Au nombre des secteurs dans lesquels des réformes ont été engagées, il y a le secteur de l'énergie électrique. Comment se porte aujourd'hui ce secteur ?
Le secteur de l’énergie au Bénin se porte aujourd’hui bien, largement mieux que la situation à notre arrivée il y a deux ans. C’est l’un des premiers chantiers auquel le gouvernement s’est attaqué. Et les nombreux efforts engagés ont porté leurs fruits. Unanimement, nos compatriotes s’accordent à reconnaitre que les délestages qui pouvaient durer jusqu’à 24, voire 48 heures ont disparu. Les rares coupures observées par moment sont généralement la conséquence de la vétusté du réseau électrique.
En deux ans, la situation du secteur de l'énergie s'est significativement améliorée dans notre pays. La capacité disponible sur le réseau électrique national en avril 2016 était de 160 MW, elle est aujourd'hui de 310 MW. Pour mettre fin au délestage et améliorer durablement la qualité de la fourniture de l'énergie électrique, le gouvernement a eu recours à la location de centrales électriques thermiques pour une capacité de 180 MW (50 MW viennent d'être démobilisés) et a engagé la réhabilitation des centrales électriques thermiques de Porto-Novo, de Parakou et de Natitingou de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) dont 20 MW sont aujourd'hui déjà disponibles et opérationnels sur les 30 MW attendus.
Les efforts sont toujours en cours ; les travaux de construction de la première centrale électrique thermique dual-fuel 120 MW, ont effectivement démarré en septembre 2017 et se poursuivent normalement sur le site Maria-Gléta. En plus, le Conseil des ministres du 20 décembre 2017 a approuvé le point des négociations pour la construction, l'exploitation et la maintenance d'une deuxième centrale thermique dual- fuel de 120 MW en cycle combiné sur le site de Maria Gléta.
Le gouvernement a également opté pour la diversification des sources d’énergie. A ce titre, il est prévu la construction de centrales solaires photovoltaïques pour une puissance de 45 MW sur quatre sites (Parakou, Djougou, Natitingou et Bohicon) avec le deuxième compact du programme Millennium Challenge Account (Mca) Bénin II, et une autre de 25 MW avec l'Agence française de développement (Afd) à Pobè. Il est aussi prévu la construction de centrales électriques à biomasse par des producteurs indépendants pour une puissance totale de 30 MW.
Pour améliorer rapidement et durablement l'accès à l'électricité en milieu rural et pour étendre et densifier les réseaux électriques en milieu urbain, le gouvernement a initié le projet d'électrification de 600 localités par énergie solaire et de 300 par extension du réseau de la Sbee en milieu rural.
De 2016 à aujourd'hui, les travaux d'électrification rurale de 101 villages ont été engagés dont 63 sont entièrement achevés. Pour 2018, il est prévu de lancer des travaux d'électrification rurale pour au moins 40 villages, sans compter les autres concernés par d'autres programmes à venir.
Je voudrais ajouter que sur le long terme, le gouvernement envisage l’amélioration de la qualité du réseau électrique. Cela nous permettra de limiter considérablement les pannes, les coupures et les autres défaillances constatées dans la fourniture de l’énergie électrique notamment au niveau de la Sbee.
Le gouvernement a annoncé la construction de certaines centrales thermiques pour la production de l'énergie électrique. Où en est-on aujourd'hui, alors que récemment des communes entières sont restées sans électricité dans le département de l’Alibori ?
Les constructions de centrales électriques annoncées par le gouvernement sont toutes entrées dans leur phase active comme je l’ai expliqué dans ma réponse précédente. La fin des travaux pour la construction de la première centrale électrique thermique dual-fuel de 120 MW est prévue pour le 1er semestre de l'année 2019 et celle des travaux de construction de la centrale thermique dual-fuel de 120 MW en cycle combiné sur le site de Maria Gléta est prévue pour le 2e semestre de l'année 2019. La fin de la construction de la centrale électrique de 20 MW en mode Partenariat public-privé est prévue également pour la fin de l'année 2019.
Au total, le Programme d’action du gouvernement a réservé une enveloppe de 761 milliards de Francs Cfa sur la période 2016-2021 pour renforcer les capacités énergétiques du pays à travers les projets de modernisation et d'extension de la filière thermique pour une puissance totale d'environ 400 MW, le développement des énergies renouvelables avec l'implantation des centrales solaires photovoltaïques pour une capacité totale de 100 MW, le renforcement et l'extension des réseaux électriques et l'accélération de l'électrification des localités rurales.
Avec les réformes engagées dans ce secteur, à quand l'autonomie énergétique du Bénin ?
Selon les prévisions du gouvernement, le Bénin va disposer à l'horizon 2019-2020, de 390 MW y compris les énergies renouvelables pour 100 MW pour une pointe projetée à 340 MW en 2020. Notre autonomie énergétique sera donc assurée à l'horizon 2020 et toutes les centrales électriques thermiques en location aujourd’hui pour compenser notre gap énergétique seront entièrement démobilisées.
La réalisation des aménagements hydroélectriques contribuera ensuite à réduire, à long terme, le coût global de production de l'énergie électrique en protégeant mieux l'environnement et, au meilleur coût pour nos concitoyens.
Monsieur le ministre d’Etat, l’un des domaines qui a également préoccupé le gouvernement, est celui de l’emploi. Quel bilan peut-on faire dans ce secteur après deux ans de gestion du pouvoir par le régime de la Rupture ?
L’emploi en général et l’emploi des jeunes en particulier a été au cœur des préoccupations du gouvernement. Le premier enjeu est de faire de l'emploi une préoccupation transversale nécessitant la concentration des énergies, afin de parvenir à la mise en œuvre des actions concertées et des résultats concrets. Au regard de ce point, le gouvernement a engagé les travaux d’actualisation du document de politique pour l’emploi afin de dégager les grandes orientations à donner à la question pour plus d’efficacité des différentes initiatives entreprises du Pag. Parallèlement, l’Etat a accru son rythme de création d’emplois, mais a créé des conditions favorables à la création des emplois dans le secteur privé et à l’auto-emploi.
Pour vous donner quelques chiffres, j’avais annoncé 60 000 emplois directs et indirects créés en octobre dernier à l’occasion du budget 2018, créant une petite polémique. Aujourd’hui, je confirme ce chiffre en 2017, ce sont 63 284 emplois qui ont été créés dont 28 478 emplois formels (les emplois formels faisant 45 % de l’ensemble des emplois). Mais je vous annonce également que sur la base des informations rassemblées au premier trimestre 2018 (année du démarrage des grands chantiers), ce sont 49 283 emplois qui ont été créés dont 15 511 emplois formels (les emplois formels faisant 31 % de l’ensemble des emplois).
Avec les actions ainsi engagées, les Béninois peuvent-ils avoir espoir pour un lendemain meilleur ?
Le chef de l’Etat avait dit lors de son discours sur l’état de la nation le 22 décembre dernier, que l’année 2018 sera celle du début de la réalisation physique de nombreux projets phares du Programme d’action du gouvernement. D’autres qui sont déjà en cours vont connaitre une intensification. Dans tous les secteurs de la société, des changements perceptibles seront notés.
Je dois reconnaitre que les deux dernières années ont été difficiles pour certains de nos compatriotes. Mais il fallait passer par cette phase pour poser les bases d’une nation économiquement solide. Nos deux premières années ont en partie servi aux études de faisabilité, à la mobilisation des ressources et à la mise en place de réformes urgentes et nécessaires. Désormais, nous sommes tournés vers plus d’actions visibles.
L’avenir, nous travaillons pour qu’il soit reluisant pour nous tous, surtout pour les couches les plus défavorisées et les plus vulnérables. Le gouvernement va poursuivre sa politique sociale, avec la création d’emplois, l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) comprenant la micro finance, la promotion des filières agricoles phares, le développement du programme de cantines scolaires…
Chaque Béninois où qu’il se trouve dans le pays, sentira un changement positif dans son environnement.
Le secteur artistique et culturel peine à connaître un essor à l'ère du Nouveau départ[/caption]Sur les 45 projets phares du Programme d’action du gouvernement « Bénin révélé », six sont réservés au secteur du tourisme. L’ambition ici, c’est de faire du tourisme un des leviers importants à même de révéler le Bénin au reste du monde. Depuis deux ans, des pas de géant ont été posés et le Bénin touristiquement révélé a pris son envol.
« Nous sommes riches d’un patrimoine historique, culturel et naturel extraordinaire dont nous pouvons être fiers. Ce patrimoine doit nous permettre de développer le tourisme, un secteur largement pourvoyeur d’emplois et capable de faire rayonner le Bénin dans le monde ». Cette déclaration du président de la République, Patrice Talon, à l’occasion du lancement du Programme d’action de son gouvernement traduit clairement sa vision et son ambition pour ce secteur pourvoyeur d’emplois et de devises.
Au Bénin, la contribution du tourisme au Produit intérieur brut (Pib) est encore très modeste. Malgré son potentiel touristique exceptionnel, le pays est logé parmi les derniers pays au niveau de l’indice du développement touristique de l’Organisation mondiale du tourisme. A peine 200 000 touristes par an, selon des données de 2014. Un taux de fréquentation jugé trop modeste pour le régime de la Rupture qui a fait du tourisme l’un des piliers centraux du développement du Bénin pour les années à venir.
Le nouveau départ du parc de la Penjari
La plus grande réserve animalière de l’Afrique de l’Ouest part à la conquête de ses touristes perdus. Le parc de la Penjari vit à l’ère des réformes du Nouveau départ et sa flore et sa faune sont passées aux mains des professionnels de la gestion des parcs. Une révolution s’opère au niveau du parc de la Pendjari depuis la reprise de cet espace par l’organisation African Park Network. Cette structure allie haute technologie et expertise. En témoignent l’important arsenal qui y a été déployé et le travail abattu sur le terrain pour recenser et surtout sécuriser l’espace et ses occupants. Tout est également mis en œuvre pour l’atteinte de l’objectif « braconnage zéro ».
Tous les jours, une Ulm (petit avion) survole le parc à basse altitude pour détecter la moindre menace et surtout suivre le mouvement des bêtes. L’appareil se révèle encore plus utile à l’occasion de la pose des colliers Gps aux animaux. A ce dispositif, on a joint un suivi à la trace des animaux à travers un système satellitaire que coordonne une cellule au sol. Laquelle est en communication permanente avec les garde-faunes, les Rangers, dotés de téléphone satellitaire et autres moyens technologiques de haute portée. Tout le parc, d’une superficie de 4700 km², est cerné et le déplacement des animaux est suivi à la trace avec un compte rendu en temps réel, toutes les dix minutes.
Autre élément de la nouvelle vie du parc, les Rangers. Ils sont des remparts contre toutes incursions malveillantes dans le parc. Ces jeunes et vigoureux bras valides durement formés et chargés de la protection et de la sécurisation de la faune sécurisent 24 heures sur 24 la Pendjari pour le bonheur de la faune et des touristes. D’un parc désorganisé, désabusé, surexploité, braconné avec une quasi-absence de statistiques et de données fiables, African Park s’emploie à faire de la Pendjari une réserve naturelle où les animaux vivent en paix, sans la moindre menace et sans agression, assure James Terjanian, directeur du complexe de la Pendjari.
Réinventer la cité lacustre
de Ganvié
Les projets touristiques à l’heure du ‘’Bénin révélé’’ intègrent également la cité lacustre de Ganvié qui bénéficie désormais d’un vaste projet de rénovation. Le gouvernement avait, en son temps, instruit le ministre du Cadre de vie et du Développement durable à l’effet de faire engager les études de détails qui porteront sur neuf secteurs d’intervention dans la cité lacustre de Ganvié. Il s’agit de l’urbanisme, de la rénovation de l’habitat, des équipements de confort, de la santé, de l’enseignement, de la formation continue, de l’environnement du lac, de la pêche et du tourisme. Ceci, dans le cadre de l’initiative « Réinventer la cité lacustre de Ganvié », un des projets phares retenus par le Programme d’action du gouvernement (Pag). L’ambition ici, c’est de faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise. Le projet vise à faire de Ganvié, à travers la réhabilitation de son habitat, de son cadre de vie et de sa protection environnementale, un site pilote de mise en valeur d’un tourisme lacustre respectueux de l’authenticité et des normes environnementales. Il s’agit donc de réinventer cette cité lacustre sur des bases culturelles et sociales fortes et solides.
Le secteur culturel cherche ses marques
Si l’on peut admettre avec certitude, au regard des éléments sus-évoqués, que le secteur du tourisme est promis à un bel avenir sous le régime de la Rupture, l’on ne peut pas en dire autant du secteur culturel. Deux après l’avènement du régime de la Rupture, le secteur culturel marque encore les pas. Il n’a pas réussi à décoller. Les nombreuses réformes promises battent de l’aile et ne se concrétisent pas encore. Les anciennes structures de financement du secteur ayant montré leurs limites et ont, certes, été dissoutes mais les organes qui les remplacent tardent à s’installer pour relancer la promotion artistique et culturelle. Pendant ce temps, les artistes triment, du moins certains. Ceux qui avaient pris l’habitude de s’essayer loin des guichets étatiques poursuivent leurs aventures et projets sans anicroches. Mais la marmaille de gens sans formation ni talent qui vivaient sur le dos du Fonds d’aide à la culture l’ont appris à leurs dépens. Plus rien ne sera plus comme avant, promet-on depuis deux ans.
Sauf que les résultats ne suivent pas. Fort heureusement, il y a quelques jours, l’annonce de la tenue effective de la quatorzième édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) a ravivé les cœurs et fait renaître l’espoir quant à la reprise imminente des activités culturelles, surtout lorsqu’on sait que le ministre en charge du secteur a dévoilé, il y a peu, son plan d’actions et le chronogramme retenu?
Mesures incitatives
Plus de trente pays africains sont exemptés de visas d’entrée au Bénin depuis plusieurs mois. Cette mesure de facilitation qui vise les touristes et autres demandeurs de séjour au Bénin concerne des pays comme l’Afrique du Sud, l’Angola, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Gabon, le Tchad, la Guinée équatoriale, la Tanzanie, le Rwanda, le Zimbabwe, etc. Les ressortissants de ces pays peuvent donc fouler le sol béninois sans difficulté ni formalités protocolaires de visas. Ils « sont exemptés du visa d’entrée au Bénin pour une durée n’excédant pas 90 jours ». Si la mesure vise à faciliter les échanges entre le Bénin et les autres pays du continent, elle penche également en faveur de la promotion touristique. Ce secteur porteur de ressources est hissé au rang de priorité de développement.
A cette première mesure, sera associée plus tard, une autre : la disponibilité en ligne du visa à destination du Bénin. Annoncée pour prendre effet depuis le début de cette année, cette réforme s’inscrit dans la logique d’une facilitation de l’obtention du visa.
En plus de ces mesures, le gouvernement soucieux de faciliter le déplacement des Béninois de la diaspora de leurs lieux de résidence vers leur pays d’origine a décidé d’accorder de nouvelles commodités pour l’obtention du passeport béninois. Le gouvernement a ainsi entrepris de réduire le délai et les frais d’établissement ou de renouvellement de passeports biométriques au profit des Béninois vivant à l’extérieur. Ainsi, le délai pour l’établissement des passeports est désormais de quinze jours à compter de la date de dépôt du dossier de demande, comportant toutes les pièces requises, dans les représentations diplomatiques et consulaires dotées du kit de collecte des données biométriques. Pour l’instant, onze représentations diplomatiques et consulaires à savoir Berlin, Moscou, Paris, Rome, Brasilia, Washington, Ottawa, Pékin, Kinshasa, Pretoria et Libreville sont dotées desdits kits. Les frais d’établissement ou de renouvellement sont désormais fixés à 65 000 F Cfa (100 euros) dans les zones Europe, Amérique et Asie et 50 000 F Cfa dans la zone Afrique. Ces frais comprennent le coût de réalisation du passeport fixé à 30 000 F Cfa pour tout Béninois, majoré d’un forfait pour l’expédition. Cette option de faciliter les démarches aux Béninois pour l'obtention ou le renouvellement du passeport s’étend également au délai de livraison de cette pièce pour ceux de l’intérieur du pays. Elle passe désormais à trois jours au lieu des 10, voire 15 jusque-là notés.
En dépit des négociations gouvernement-syndicats,...[/caption]A chaque régime, sa série de crises sociales. Le gouvernement du Nouveau départ en fait l’amère expérience, depuis janvier dernier, avec une cascade de motions de grève qui a fini par paralyser une bonne partie de l’Administration publique, pendant près de trois mois.
Comme l’on pouvait s’y attendre, le gouvernement de la Rupture ou du Nouveau départ n’a pas fait exception aux frondes sociales qui s’emparent de chaque nouveau régime. Avec des réformes qui ne priorisent pas forcément le social, l’inévitable tant redouté arriva pour donner du fil à retordre aux gouvernants.
La grogne sociale se faisait déjà persistante depuis plusieurs mois, notamment avec la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) qui a commencé à dénoncer une politique de « ruine des activités des opérateurs économiques nationaux, la mévente dans les marchés, la perte des emplois, l’augmentation du taux de chômage, de l’inflation et les privatisations ou liquidations des secteurs stratégiques de l’économie du pays ».
En effet, le Conseil des ministres en date du 30 novembre 2016 a décidé de la « liquidation ordonnée » des structures étatiques sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep) à savoir la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra), l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa), l’Office national de stabilisation et de soutien des prix des revenus agricoles (Ons) et la Centrale d’achat des intrants agricoles (Caia). Cette décision qui devrait permettre une « rationalisation » institutionnelle et financière, met au chômage des dizaines d’agents. Les critiques sont sévères.
Mais avant, les travailleurs s’insurgeaient déjà contre la décision du Conseil des ministres du 5 octobre 2016 de suspendre les activités des organisations d’étudiants sur les quatre campus universitaires publics du pays. Cette décision « viole l’article 25 de la Constitution du 11 décembre 1990 du Bénin », a dénoncé la Fédération des syndicats des travailleurs du ministère en charge des Finances (Fesyntra-Finances) de Laurent Mètongnon. La Cour constitutionnelle lui donnera raison à travers sa décision Dcc 17-065 du 16 mars 2017.
Les marches, les sit-in et les déclarations de protestation contre la situation sociale se succèdent, après les casses liées à l’opération de libération de l’espace public début 2017. La Fesyntra-Finances, le Front pour un sursaut patriotique (Fsp), la Convention patriotique des forces de gauche, le Parti communiste du Bénin, avec en tête de pont pratiquement les mêmes acteurs, en feront leur sport favori. Ils multiplient les sorties médiatiques, les sit-in et les marches. Ils fustigent, entre autres, « le piratage ou l’acharnement contre les médias non conformistes, le marquage des rues par des lignes rouges, les interdictions des marches de protestation et le bâillonnement des libertés syndicales ».
Alertes tous azimuts
La Cstb et la Fesyntra-Finances organisent un sit-in, le jeudi 16 mars 2017, sur l’esplanade du palais des Gouverneurs à Porto-Novo, pour manifester leur mécontentement contre des propositions de lois inscrites à l’ordre du jour de la deuxième session extraordinaire de l’année 2017 de l’Assemblée nationale. Ils incriminent, entre autres, la proposition de loi portant organisation du secret de la défense nationale, la proposition de loi portant régime général d'emploi des collaborateurs extérieurs de l'Etat, celle relative au renseignement et celle fixant les conditions et la procédure d'embauche, de placement de la main-d'œuvre et de résiliation de contrat de travail. Ces propositions constituent « une menace pour les travailleurs de l’Administration publique qui pourraient être relégués au second rang lors des nominations à des postes stratégiques au profit des retraités recrutés sous contrat avec l’Etat si la loi arrivait à être votée », à en croire Paul Essè Iko, ancien secrétaire général de la Cstb.
Ces réformes législatives risquent à terme de « ligoter le peuple et le priver de ses droits fondamentaux pour surtout légaliser la privatisation de l’administration publique par l’utilisation des collaborateurs extérieurs sous contrat avec l’Etat, précariser davantage l’emploi et instaurer un régime policier par la systématisation de l’espionnage d’Etat sur les citoyens », alerte Mathurine Sossoukpè. Malgré les protestations, ces propositions de loi passent au Parlement comme une lettre à la poste. La Cour constitutionnelle approuvera la loi n°2017-44 portant recueil du renseignement en République du Bénin mais déclarera non conforme à la Constitution celle portant régime général d'emplois des collaborateurs extérieurs de l'Etat votée le 17 mars 2017.
Début août 2017, l’on apprend que le secrétaire général du Syndicat national de la police (Synapolice), Clément Akiyè, est mis aux arrêts de rigueur, pour « une léthargie et une légèreté dans l'exécution de la mission de surveillance du domicile de l'ex-maire de la ville Cotonou, Léhady Soglo ».
Le 5 septembre 2017, le capitaine Patrice Trékpo, secrétaire général du Syndicat national des Eaux, Forêts et Chasse (Syna-Efc) est également mis aux arrêts de rigueur pour soixante jours, après des supposées ‘’menaces’’ proférées (sur une télévision de la place) à propos de la privatisation du parc de la Pendjari au profit de l’Ong African Parks Network. Plus tard, le gouvernement approuve, le 13 décembre 2017, sa révocation du personnel des eaux, forêts et chasse, suite à la sanction de mise en non activité pour une durée de trois mois. La Cstb, encore elle, dénonce une mesure « arbitraire et politique » contre le responsable syndical, comme dans l’affaire de placement « hasardeux » des fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) à la Banque internationale du Bénin (Bibe, au bord de la faillite) moyennant rétro-commissions, dans laquelle les sieurs Laurent Mètongnon, Moussa Adégoké, Saliou Aboudou Youssao et autres sont impliqués. Les réactions fusent de partout dans les rangs des syndicalistes. Les protestations sont vives.
L’escalade de la
contestation
Les revendications sont restées lettres mortes jusqu’au vote, début janvier 2018, à l’Assemblée nationale de la loi complétant la loi 2015-18 du 13 juillet 2017 portant statut général de la Fonction publique en République du Bénin. Cette loi qui supprime notamment la grève aux agents permanents de l’Etat des secteurs de la justice, de la santé, de l’éducation, de la sécurité publique, met le feu aux poudres.
Il n’en fallait pas plus pour que l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) et les centrales et confédérations syndicales (Unstb, Cstb, Cgtb, Cspib, Cosi-Bénin, Csa-Bénin, Csub) bandent leurs muscles et entrent dans la danse. Cette loi « remet dangereusement en cause les libertés conquises et la démocratie au Bénin », estime la Cstb.
Outre le rétablissement du droit de grève, les regroupements de travailleurs en mouvement, dans leur motion commune, exigent le respect et la protection des libertés syndicales, d’expression et d’association, la relecture de la loi n°2015-18 portant statut général de la Fonction publique et l’application intégrale des statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire par la prise des arrêtés d’application. Aussi réclament-ils la revalorisation du point indiciaire, l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) ainsi que la hiérarchisation des salaires minima.
Les syndicats demandent également le respect par le gouvernement des engagements contenus dans la Charte nationale du dialogue social, l’arrêt de la concession de la gestion des structures et entreprises d’Etat au privé sans implication et consultation préalables des travailleurs, l’abrogation des lois dites « antisociales » sur l’embauche, le placement de la main-d’œuvre, le recrutement de collaborateurs extérieurs.
Et c’est parti pour plus de deux mois de paralysie, marquée par un ton ferme du gouvernement mais qui se montre quelque peu ouvert au dialogue et intransigeant sur les défalcations opérées sur salaire, lesquelles ont jeté de l’huile sur le feu.
Après moult négociations et interventions des responsables d’institutions, de confessions religieuses et autres, les travailleurs retrouvent peu à peu le chemin des services. Et l’on espère que cela durera longtemps. Autrement, ce serait l’amorce d’un règne tumultueux.

L’Université d’Abomey-Calavi a abrité, ce jeudi 5 avril, une conférence publique dont les échanges ont tourné autour de l’utilisation des technologies spatiales pour le développement durable. Danielle Wood, professeur assistant de Mit Media Lab, Massachusetts institute of technology, a animé la communication principale.
Dans le cadre de sa visite scientifique au Bénin, Danielle Wood, professeur assistant de Mit Media Lab, directeur de Space enable group Massachusetts institute of technology, a animé une conférence publique, ce jeudi 5 avril 2018 sur le campus d’Abomey-Calavi. Les échanges ont porté sur les applications de la télédétection et la géoscience pour la gestion des informations relatives à la surveillance en agriculture, des zones humides, des espèces envahissantes, de l’utilisation des terres, la pollution, la qualité de l’eau, l’inondation des terres et la gestion des bases de données pour une prise de décision par les décideurs.
Selon le recteur de l’université, professeur Maxime da Cruz, l’objectif de cette visite de Mme Wood au Bénin est de développer des axes de collaboration de recherche avec des équipes des laboratoires des universités nationales du Bénin. Pour lui, les axes de recherche de cette scientifique qui s’intéresse à un domaine de pointe les satellites,, portent sur comment utiliser la technologie spatiale pour le développement durable.
Selon Dr. Mouftaou Folha,
cofondateur de Green Keeper Africa et initiateur de la visite de Mme Wood au Bénin, cette conférence pourrait stimuler et inspirer. « C’est de voir une femme avec une expérience aussi importante dans le domaine », souligne-t-il en précisant, par ailleurs, que c’est une opportunité de développer des partenariats de recherches, mais également de développer un réseau qui va aider à développer des sujets et projets de recherche.
Dr. Ismaïla Toko Imorou, enseignant chercheur à l’Uac, se réjouit de cette rencontre qui a permis, selon ses dires, le partage des expériences et pourrait déboucher sur des partenariats. Mais, il affirme que le plus important pour le département de Géographie est d’utiliser les données satellitaires pour former les étudiants et les acteurs du développement local.
Pour Dr. Ousséni Pouna, enseignant à l’Université nationale des sciences, technologiques, ingénierie et mathématiques (Unistim), cette conférence est une opportunité pour les enseignants et les étudiants. Il explique que la télédétection a des applications qui peuvent permettre de réaliser beaucoup d’économie sur plusieurs études. Il cite les problèmes de l’environnement avec la déforestation et autres problèmes d’assainissement et d’urbanisation pour souligner que lorsque les scientifiques ont des données de télédétection avec la capacité d’un bon traitement, cela peut permettre de réaliser des gains d’économie aux pays. « Cela va nous éviter, en réalité, d’aller collecter les données sur le terrain. À partir des données de télédétection, notamment les images satellites, nous pouvons suivre l’état de notre environnement », a-t-il expliqué.

La direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a organisé, ce jeudi 5 avril à Cotonou, l’édition 2018 de la Journée de diffusion des comptes extérieurs du Bénin au titre de l’année 2016. Cette journée qui est à sa dixième édition a été une occasion pour les différents acteurs invités d’analyser les résultats de la balance des paiements de l’année 2016 et de la position extérieure globale à fin décembre 2016 du Bénin.
Les échanges extérieurs du Bénin ont connu une évolution en cohérence avec le contexte international et régional peu favorable et avec l’activité économique nationale, qui s’est soldée par un taux de croissance économique de 4,0 % en 2016. Tandis que le solde global de la balance des paiements s’est affiché en déficit de 168,0128 milliards de francs Cfa contre un excédent de 83,5778 milliards en 2015. C’est la conclusion qu’on peut tirer des comptes extérieurs du Bénin au titre de l’année 2016 présentés hier par la direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) au cours de l’édition 2018 de la Journée de diffusion des comptes du Bénin.
A l’ouverture des travaux, le directeur national de la Bceao, Alain Komaclo a rappelé que la Journée de diffusion des comptes extérieurs a été initiée en 2009 par la Bceao pour analyser la balance des paiements de chaque pays. Pour lui, la tenue de cette journée, chaque année, est une volonté des autorités de la banque centrale d’améliorer les statistiques des données collectées dans différents secteurs dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
Pour le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Servais Adjovi, qui a ouvert les travaux au nom de son ministre, l’organisation chaque année de cette journée est désormais ancrée dans l’agenda des événements du Bénin. La journée de diffusion, estime-t-il, est une occasion pour échanger avec le secteur privé et rassurer tous les acteurs ayant participé à la collecte des informations entrant dans le cadre de ces comptes extérieurs.
Selon une présentation qui a été faite, l’évolution globale de la balance des paiements traduit essentiellement une accentuation du déficit des transactions courantes et une baisse des mobilisations des ressources extérieures par le gouvernement. Des mobilisations à travers des émissions de titres publics et des tirages de ressources effectuées auprès des partenaires financiers.
Le déficit structurel du solde des transactions courantes, rapporté au Produit intérieur brut (Pib), s’est alourdi en 2016. Il en ressorte à 9,4 % en 2016 contre 9,0% en 2015, en relation principalement avec une aggravation du solde déficitaire de la balance des biens, consécutive à la progression des importations de produits alimentaires.
Recommandations
Dans les conditions qui viennent d’être présentées, la Bceao recommande de poursuivre les efforts visant à la transformation structurelle de l’économie béninoise, à l’aune des critères définis par une recommandation de l’Uemoa du 25 septembre 2014. Cette recommandation est relative à l’élaboration des programmes pluriannuels de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité des Etats membres de l’Uemoa. Dans cette perspective, des actions ont été envisagées. Au nombre de ces actions, il y a la poursuite des efforts de diversification de l’économie, notamment à travers la valorisation des filières agricoles identifiées dans le Programme d’action du gouvernement (Pag).
Le gouvernement devra aussi, dans le cadre de ses actions, poursuivre l’amélioration du climat des affaires et le recours au partenariat public-privé pour la réalisation des projets de programmes inscrits au Pag. Il devra également continuer le renforcement de l’offre d’énergie, conformément aux objectifs sectoriels et aux actions identifiées dans le cadre du deuxième compact du Millennium Challenge Account (Mca II).
Toujours dans la perspective, il faudra selon la Bceao, une consolidation de cette mobilisation des ressources intérieures, en lien avec les mesures structurelles visant la généralisation de l’Identifiant fiscal unique (Ifu), la connexion des bases de données des différentes régies financières. Puis, le renforcement de l’efficacité des dépenses publiques, afin de créer un espace budgétaire qui permettra d’accroître les investissements publics, tout en préservant la viabilité de la dette n.

Au moment où je sollicitais vos suffrages en 2016, je percevais déjà l’immensité de la tâche à accomplir, l’urgence des chantiers fondateurs à ouvrir, mais surtout l’exigence de l’effort collectif qui les porterait. Je le savais parce que la volonté de réformer a longtemps manqué à la gouvernance de notre pays.
Depuis le 6 avril 2016, à l’épreuve de l’exercice du pouvoir, cette conviction s’est consolidée pour devenir mon credo, l’impératif préalable à la révélation de notre potential commun, facteur essentiel du développement de tous les peuples.
C’est ce qui fonde ma foi dans le grand dessein de notre pays et ma certitude que notre travail collectif, assidu et acharné, est gage de notre prospérité, de notre bien-être individuel et collectif. C’est enfin l’illustration, tirée de la vérité universelle, que rien de grand ni de beau, rien de durable ne s’obstient sans l’effort requis, sans l’investissement obstiné, sans l’organisation rigoureuse. C’est le travail et le sérieux qui génèrent la richesse.
C’est la raison pour laquelle, dès les premières heures du mandat que vous m’avez confié, je vous ai conviés à renoncer à la facilité. Notre mission d’aujourd’hui est de réparer le présent et semer pour demain, afin que notre quotidien proche s’améliore et que nos enfants vivent mieux, dans un pays où l’avenir d’un nouveau-né ne sera plus exclusivement déterminé par les conditions matérielles de ses parents, un pays où chacun peut disposer du minimum, s’instruire et se soigner quelle que soit sa catégorie sociale, un pays en confiance dont nous serons fiers d’avoir œuvré au développement durable et harmonieux. Je sais que tout cela est possible, qu’il est à portée de main. C’est justement parce que je nous sens capables de construire ensemble ce rêve que je déborde parfois d’énergie, que j’ai envie de contourner les obstacles inutiles, que j’ai envie de vous entraîner dans mon rythme jugé « effréné » ou « trop pressé ».
C’est parce que je crois au cycle du développement et aux vents favorables qu’il faut savoir saisir. Je sais que le temps qui passe sans être mis à profit aujourd’hui nous condamne à plus d’efforts encore demain, à plus de sacrifices. Je peux donc vous rassurer. Non, je ne vais pas trop vite. Je vais au rythme qu’imposent les urgences, les attentes, les exigences de notre pays ; je vais au rythme qu’impose notre droit en tant que peuple aux meilleures conditions possibles de vie ; je vais au rythme qu’impose notre droit au bonheur tout simplement.
Dans cette perspective, les nombreuses réformes engagées et les actions initiées depuis deux ans nous rassurent que nous sommes dans la bonne direction.
Qu’il s’agisse de l’assainissement des finances publiques qui va de pair avec la réduction du train de vie de l’Etat, pour mettre fin aux évasions de toutes sortes afin de consacrer l’argent public à la satisfaction des besoins de tous et particulièrement des plus vulnérables;
Qu’il s’agisse des chantiers de construction de centrales thermiques pour nous garantir, à court terme, une autonomie énergétique certaine ;
Qu’il s’agisse encore des infrastructures routières, d’aménagements urbains comme l’asphaltage des rues dans neuf (9) communes du pays, la modernisation de la gestion des déchets solides ménagers ;
Qu’il s’agisse de projets structurants comme l’aéroport de Glo-Djigbé, le contournement Nord de Cotonou, ou encore l’hôpital de référence d’Abomey-Calavi ;
Qu’il s’agisse de projets tout aussi structurants visant à moderniser le cadre de vie et la gouvernance comme la numérisation du cadastre et la dématérialisation de l’administration publique (smart gouv et data center national);
Qu’il s’agisse par ailleurs des projets phares dans le domaine culturel et touristique ;
Qu’il s’agisse du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (RAVIP) qui va générer la carte unique à tout faire, préalable à la mise en œuvre de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH), laquelle permettra la prise en charge sanitaire des pauvres extrêmes et non extrêmes (environ 4 millions), et le déploiement à grande échelle de microcrédits ;
Qu’il s’agisse du chantier de fourniture d’eau potable à tous d’ici à 2021 dans le cadre duquel des investissements significatifs sont déjà engagés, notamment dans les Collines, dans le Zou, dans le Borgou et dans l’Atlantique ;
Qu’il s’agisse enfin de la lutte implacable contre la corruption et l’impunité que j’entends poursuivre sans relâche ;
Tous ces chantiers sont engagés avec mon gouvernement sans toujours attendre que tout le monde soit prêt, parce que je sais qu’il nous faut oser, encore et encore ;
Qu’il nous faut travailler sans relâche si nous voulons que notre pays compte comme un partenaire majeur et crédible sur la scène internationale.
Bien entendu, tout ceci ne manque pas de susciter des incompréhensions.
Je comprends ces incompréhensions exprimées ici ou là. Je mesure les tensions qu’elles génèrent ainsi que les amalgames auxquels elles conduisent. Les frictions récentes sur le front social en sont l’illustration. Ces crispations circonstancielles laisseront échapper les sillons nouveaux de l’Etat moderne auquel chacun de nous aspire. J’en tiens grand compte et suis persuadé qu’en apprenant de la situation sociale actuelle, nous saurons trouver les solutions les plus efficaces, en tant que société organisée, pour aller durablement de l’avant.
Parce que nous sommes un grand peuple, parce que nous sommes un grand pays, parce que nous voulons le meilleur pour tous et pour chacun, nous y arriverons dans un climat national serein et apaisé.
Je vous rends hommage, à vous tous filles et fils du Bénin, pour avoir compris et accepté, depuis deux ans, d’apporter votre contribution remarquable à la réalisation de cette noble cause.
J’aime mon pays, le Bénin, et ma foi en son avenir radieux est inébranlable. C’est pourquoi je ne retiens pas ma passion à le servir. Je ne ménage ni mon enthousiasme, ni mon énergie à contribuer à sa révélation à nous-mêmes et au monde.
Nous méritons le meilleur. Ensemble continuons d’y travailler. Car nos efforts et sacrifices d’aujourd’hui construisent notre bonheur de demain.
Patrice TALON
Actualités 06 avr. 2018

La fourniture d’énergie électrique est inscrite au rang des priorités du gouvernement qui a consacré au secteur environ 10 % des projets phares de son programme d’action. Un vaste chantier d’électrification est lancé et suit son cours pour sortir plusieurs localités de l’ornière et permettre aux structures de production de tourner.
« Le souci constant de mon gouvernement, depuis avril 2016, est d’agir pour assurer une totale indépendance énergétique à notre pays », a réaffirmé le président Patrice Talon, le 22 décembre 2017 face aux représentants du peuple, dans son message sur l’état de la nation. Fort de ce que l’énergie est la base de tout développement économique, le gouvernement travaille à « la garantir et la réinventer constamment » au profit des ménages, des sites de production, des entreprises, des hôpitaux, des espaces publics.
Ainsi une vingtaine de projets et programmes est en cours pour l’accroissement des capacités nationales de production, de développement de l’électrification rurale, de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergique, du renforcement des capacités institutionnelle et réglementaires du secteur de l’énergie, selon le ministre de l’Energie, Jean-Claude Houssou. Une importante somme de plus de 53 milliards F Cfa sera consacrée au secteur par le gouvernement pour le compte de l’année 2018. Ainsi, il est envisagé l’achèvement des travaux de réhabilitation des centrales électriques de Porto-Novo, de Parakou et de Natitingou pour une puissance totale de 30 MW, etc. Des actions qui permettront en 2018 de porter la puissance installée à plus de 500 MW, d’augmenter de 290 km les lignes de transport 61 KV, de faire passer le taux d’électrification de 33 % en 2015 à 39 % et le taux de couverture en termes de nombre de localités électrifiées/nombre total de localités du pays de 43 % en 2015, à 53 %.
Ainsi, en plus des actions urgentes pour maîtriser le délestage, il a été lancé la construction d’une centrale bicombustible de 120 MW avec le soutien financier de la Banque islamique de développement (Bid).
Aussi, le gouvernement a-t-il autorisé récemment la construction d’une nouvelle centrale de 120 MW par un opérateur privé dont les travaux démarreront dans les prochains mois. A cela s’ajoutent plusieurs centrales solaires dans les départements pour une capacité cumulée de 100 MW. C’est dans ce cadre qu’a été signée, le 7 décembre 2017, avec l’Agence française de développement, la convention de financement du projet Defissol, d’un montant de 40 milliards de F Cfa, pour construire la plus grande centrale photovoltaïque du pays, d’une capacité de 25 MW à Onigbolo, commune de Pobè. Cofinancé par l’Afd et l’Union européenne, le projet qui vise à assurer un approvisionnement énergétique régulier, sécurisé et moins coûteux, notamment en diversifiant les sources de production d’électricité, prévoit également un appui à la modernisation du système informatique de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee).
C’est dans cette même dynamique que s’inscrit la mise en œuvre du deuxième compact du Millennium Challenge Account (Mca-
Bénin II) consacré à l’énergie.
Des chantiers
Le chantier de construction d’une nouvelle centrale de 120 Mw à Maria Gléta 2 dans la commune d’Abomey-Calavi, évolue et les travaux seront livrés au cours du premier trimestre de l’année prochaine.
Les localités de Kodé dans la commune d’Adjohoun, Gonmè Sota et Katagon dans la commune d’Akro-Missérété ont bénéficié d’installations électriques inaugurées le 23 février dernier. Avant elles, la veille, la lumière a jailli dans les villages de Vêdo et Ayokpo dans la commune de Sèmè-Podji et les populations ont manifesté leur joie et leur gratitude à l’endroit du président Patrice Talon et son gouvernement. A ces occasions, le ministre Dona Jean-Claude Houssou a laissé entendre qu’il n’est plus question de poser des premières pierres, mais plutôt de célébrer les infrastructures déjà réalisées, avant d’annoncer que les infrastructures mises en service ne sont que les premières d’une longue série.
En effet, le 13 janvier dernier, le ministre de l’Energie, Jean-Claude Houssou, était à Parakou où il a procédé au lancement des travaux d’électrification des quartiers périphériques de la ville tels que Guéma Ouest et Centre, Swinrou et Kpassagambou. Il est question de desservir environ 600 ménages et d’assurer l’éclairage public avec une trentaine de lampadaires. « Près de 250 millions de francs Cfa sont prévus pour ces travaux dont la durée d’exécution est de six mois au maximum », a-t-il informé.
Déjà la veille, dans les localités de Savè et Tchaourou, le ministre et sa suite sont allés constater l’état d’avancement des travaux de construction des lignes hautes tensions qui, après un retard de vingt mois, devraient finir au mois de juin prochain. Ce vendredi 12 janvier, le ministre de l’Energie était aussi dans les localités d’Assanté et Dani dans la commune de Glazoué ; Kokoro et Tchalla Ogoï dans la commune de Ouessè pour mettre en service des ouvrages électriques dont les travaux ont été lancés, un an plus tôt.
D’autres localités avaient connu, le 20 décembre 2017, le lancement de travaux d’électrification, notamment les villages d’Awaya, Mondji-Gangan Tangbé, Agbakosaré et Ikpakpada dans la commune de Dassa et ceux d’Adourékoma, Egbessi et Kpakpazoumè dans Glazoué, au grand bonheur de leurs habitants. Les villages d’Okrin, Bougou et Yawa seront également sortis du noir tout comme Dassèkomey dans l’arrondissement de Ouèdo, au Centre de santé d’Akassato (commun d’Abomey-Calavi) où des travaux d’électrification ont été lancés ainsi que Zoungbomey à Hinvi (commune d’Allada) où des ouvrages d’électrification sont déjà fonctionnels.
Par ailleurs, tout comme les projets de construction de barrage hydroélectrique d’Adjarala (147 MW) et Dogo Bis (128 MW) et ceux des énergies renouvelables, la production durable de la biomasse électricité au Bénin préoccupe le ministre Dona Jean-Claude Houssou et les acteurs du secteur. Toutes choses qui permettront au Bénin de disposer d’environ 500 MW à l’horizon 2020-2021.

A l’avènement du régime de la Rupture et du Nouveau départ, le secteur éducatif, comme tout autre secteur de la vie nationale, a fait l’objet de réformes. Chaque sous-secteur a eu sa dose de mesures durant ces deux ans de gouvernance Talon.
Pour redorer le blason de l’école béninoise dans tous les sous-secteurs, certaines mesures ont été prises. Parlant des réformes, Marie-Odile Attanasso indique que des défis doivent être relevés dans le secteur éducatif pour atteindre la qualité. Elle est à rechercher non seulement au niveau des élèves mais aussi au niveau des enseignants.
Fondamentalement, au niveau de l’enseignement supérieur, le constat est l’existence d’une pléthore d’instituts et d’établissements privés d’enseignement supérieur. « On dénombre près de 150 universités privées dont à peine 50 disposent d’agrément », signale la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ces universités et établissements privés, ajoutera Marie-Odile Attanasso, disposent chacun de son programme de formation et délivrent les diplômes selon leur bon vouloir. Ce qui a abouti au resserrement de la carte universitaire. Pour formaliser cette volonté, le Conseil des ministres du 27 juillet 2016 a décidé de la réorganisation de la carte universitaire du Bénin autour de quatre grandes universités publiques. Ainsi, leur nombre est passé de sept à quatre. Deux universités plurithématiques à savoir Abomey-Calavi et
Parakou et deux universités thématiques, l’Université polytechnique d’Abomey et l’Université des Sciences agronomiques de Porto-Novo. A ces universités sont rattachées des centres universitaires. Selon Marie-Odile Attanasso, cette réorganisation encore appelée « resserrement de la carte universitaire »devrait permettre l’utilisation rationnelle et efficiente des ressources humaines. Car, explique-t-elle, l’installation des anciennes universités publiques ne répond pas aux normes en matière d’infrastructures, d’équipement ni en termes de personnel enseignant.
Assainir le secteur privé de l’enseignement supérieur
Le secteur privé de cet ordre d’enseignement a commencé à enregistrer aussi son paquet de réformes. Il est question d’assainir le secteur. Cette action passe déjà par la réduction du nombre des universités privées en procédant à la fermeture de celles qui ne sont pas aux normes. En outre, pour régler le problème de la diversité des programmes enseignés aux étudiants d’une même promotion dans différents établissements supérieurs privés, le gouvernement de la Rupture a préconisé l’homologation des programmes et la fin de la co-signature des diplômes. Ce qui a débouché en 2017 sur l’organisation des examens nationaux de licences et de master pour les étudiants des universités privées. Des dispositions sont en cours pour aller à la suppression du Brevet de technicien supérieur(Bts) pour se conformer aux exigences du système Lmd où nulle part le Bts n’apparaît.
Les étudiants du public bénéficiaires de bourses reçoivent leurs allocations par virement bancaire, depuis l’avènement de la Rupture. On ne saurait omettre l’amélioration du mode de sélection des bacheliers pour l’accès en première année dans les établissements de formation professionnelle des Universités Nationales du Bénin. Depuis l’année 2007, en lieu et place des concours précédemment organisés, la sélection des bacheliers pour l’accès en première année dans les établissements de formation professionnelle des universités nationales du Bénin se fait autrement. Cette réforme consiste àrecueillir auprès de tous les candidats au Baccalauréat, avant la validation de leur candidature à l’examen, trois choix par ordre de préférence des filières dans lesquelles ils souhaiteraient poursuivre leurs études universitaires. Ensuite, suivra la publication des résultats de l’examen du Baccalauréat avec précision du classement par ordre de mérite des lauréats dans les trois filières universitaires de formation professionnelle qu’ils ont choisies.
Toujours concernant les bourses et secours universitaires, un changement de paradigme est intervenu et a fait monter la tension au sein de la communauté estudiantine. En effet, la bourse ne s’obtient plus avec 11,51 de moyenne dans les facultés classiques quand l’étudiant passe d’une classe à une autre.Elles sont désormais octroyées pour les trois ans de la licence. L’étudiant qui entre en première année avec une bourse la perdra s’il échoue mais la reprendrait l’année qui suit, s’il réussit, indique le ministre Marie-Odile Attanasso.
Par rapport à la collaboration entre le gouvernement et les organisations estudiantines du secteur public, l’Etat ne reconnaît désormais qu’un seul interlocuteur ; lequel doit être représentatif à 30 % au niveau du rectorat et à 40% au niveau national. Les élections au niveau des organisations d’étudiants auront lieu tous les trois ans désormais.
La rupture dans l’enseignement secondaire
L’une des grandes réformes que la Rupture a engagées au niveau de l’enseignement secondaire concerne le passage du premier cycle au second cycle. Pour accéder à la classe de Seconde, les élèves doivent remplir deux conditions simultanément: l’obtention du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) et l’obtention d’au moins 10/20 de moyenne. Ce qui suppose que ceux qui satisfont l’une seulement des deux conditions ne sont plus autorisés à faire la Seconde. Cette double exigence de la moyenne de classe et du Bepc vise, selon l’ancien ministre des Enseignements secondaire et technique et de la formation professionnelle, Lucien Kokou, à améliorer la qualité de la formation des cadres de demain et surtout de créer les conditions pour l’excellence en milieu scolaire.
De même, l’enseignement secondaire a enregistré en janvier, une réforme règlementant l’usage de téléphone portable dans les collèges et lycées. Ainsi, par la note circulaire n°001/MESTFP/DC/SGM/SA du 03 janvier 2018, le ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, le professeur Mahougnon Kakpo a formellement interdit l’usage du téléphone portable aux heures de travail aux enseignants. « Autant l’enseignant est le premier modèle de l’enfant, autant l’utilisation du téléphone portable dans ces conditions porte gravement préjudice à la gestion du temps de travail effectif au profit des différents acteurs du système, ce qui, par ricochet, constitue un élément de contre-performance », signale-t-il.
« Tout enseignant ou tout élève qui serait surpris en pleine utilisation d’un téléphone portable dans nos établissements scolaires, de même que tout enseignant qui ferait usage d’un téléphone portable à ses heures de cours, subirait les sanctions administratives conformément aux dispositions en vigueur », avertit le ministre.
Par ailleurs, il a recommandé aux enseignants de respecter les normes vestimentaires prescrites en matière de morale professionnelle et de législation scolaire.
A ces deux réformes, il faudra ajouter celle concernant l’utilisation des vacataires. Aussi bien leur recrutement que le mode de paiement de leurs rémunérations ont connu des réformes.
Primaire : les cantines scolaires pour réduire le taux d’abandon
Au niveau de l’enseignement primaire, la réforme s’est intéressée à la réduction du taux d’abandon. Pour ce faire, le gouvernement a trouvé comme solution de rehausser le taux de couverture des cantines scolaires au Bénin. De l’ordre de 30% jusqu’à la fin de l’année scolaire 2015-2016, le gouvernement Talon a pris des mesures pour l’augmenter à 51%.Grâce à cette mesure, plus de 351109 écoliers des douze départements, de 1574 écoles primaires publiques ont bénéficié des repas servis par les cantines scolaires gouvernementales installées par le Programme alimentaire mondial qui accompagne le gouvernement dans ce projet. Cette réforme coûte pour le gouvernement la somme de 27,2 milliards de francs Cfa pour la période 2017-2021. En termes de critères dont dépend la création d’écoles à cantine, il faut noter que l’école doit être dans une zone reculée et difficile d’accès. De plus, elle doit avoir un faible effectif d’apprenants, pour pouvoir encourager les écoliers à venir au cours, a expliqué Salimane Karimou, ministre des Enseignements maternel et primaire.
Actualités 06 avr. 2018

Dans le domaine des infrastructures et des transports, 42 projets dont 18 projets phares et 24 prioritaires sont prévus dans le Programme d’action du gouvernement du Bénin sur le quinquennat (2016-2021). Après deux ans, plusieurs chantiers ont démarré et sont en cours de réalisation sur toute l’étendue du territoire national.
Deux années de gestion et déjà plusieurs chantiers prennent corps sur toute l’étendue du territoire national dans le domaine des infrastructures et des transports. C’est le cas de la Route des pêches. Un imposant joyau qui se dresse le long de l’océan Atlantique sur plus de 13 km entre Cotonou et Ouidah. Sur ce chantier, pas de répit. L’entreprise chargée du chantier travaille jour et nuit afin de respecter le délai contractuel, sous l’œil vigilant de la mission de contrôle : « Le marquage topographique montre que le noir est déjà autour de 4,16 km sur les 13,2 km, donc comme vous le constatez ça évolue considérablement », confie Mama Idrissou, le chef de contrôle.
Même constat sur le tronçon Calavi-Kpota-Cococodji qui a été redimensionné avant d’être lancé. « C’est un marché dont nous avons hérité de l’ancien régime qui prévoyait une fois deux voies mais le chef de l’Etat Patrice Talon a estimé qu’Abomey-Calavi mérite mieux que ceci et a souhaité que la voie soit redimensionnée à deux fois deux voies avec un dédoublement au niveau du pont de Hêvié », a expliqué le directeur des Infrastructures, Jacques Ayadji. Sur ce chantier, l’entreprise en charge des travaux est à l’œuvre, à la satisfaction des riverains qui n’attendent que l’inauguration pour en jouir. « Cette route est une chance pour les populations de Calavi, Ouèdo et Hêvié qui pourront facilement atteindre Cococodji sans souci », a reconnu Eric Hounkpè, propriétaire terrien à Hêvié. Pour Jacques Ayadji, les chantiers évoluent considérablement à telle enseigne que sur les 24 projets phares, 15 sont en pleine éclosion.
De la même manière, le segment Ouèdo jusqu’à Tori-Bossito reçoit également son lot d’aménagement tel que souhaité par le chef de l’Etat qui a dû mobiliser des financements à la hauteur de ces grands travaux. Selon Jacques Ayadji, le chef de l’Etat souhaite avoir des routes plus modernes dans le pays. C’est ce qui a entraîné la suspension des travaux pendant quelques mois pour permettre le redimensionnement du projet pour le mettre à un niveau compatible avec les réalités et la vision du président. « Ce qui a induit un renchérissement des coûts. Des milliards de francs Cfa ont été mobilisés et les chantiers évoluent confortablement au Sud comme au Nord du pays. En témoigne la route Bétérou-Tchaourou avec la construction d’un pont.
A Parakou, avec le projet du transport urbain encore appelé Contournement et traversée de la ville, comme dans le Mono-Couffo avec le tronçon Comè-Lokossa-Dogbo, le gouvernement fait diligence pour conduire le projet à son terme.
En plus des projets prioritaires, d’autres ont été lancés par le gouvernement du Nouveau départ, c’est le cas de la route Boukoumbé-Korontière-frontière du Togo où l’entreprise en charge des travaux est à l’œuvre. « Nous pouvons affirmer que l’entreprise en charge des travaux est réellement en train d’exécuter avec les compétences requises. Nous partons d’ici avec satisfaction », a déclaré le ministre des Travaux publics, Cyr Koty, qui était en février dernier sur le chantier. Même diligence au niveau de l’entreprise en charge de la voie Covè-Banamè-Panhouian.
Les travaux des routes Dassa-Savalou-Bantè-Bassila- Djougou évoluent à grands pas, confie Ousmane Dicco, chef de contrôle de ce chantier.
La route Porto-Novo-Pobè-Adja-Ouèrè-Ouinhi n’est pas, non plus, du reste. Lancé le 25 juillet 2017, cet axe long de 35 km prend en compte la reconstruction de la route Porto-Novo-Akpro-Missérété et des travaux d’aménagement et de bitumage de la route Pobè-Adja-Ouèrè-Ouinhi. Après des piétinements au démarrage du chantier, les travaux évoluent normalement. « Il y avait des craintes mais l’entreprise avance bien actuellement », assure Jacques Ayadji.
Les autres aménagements routiers prévus pour le compte de Porto-Novo évoluent également. Il s’agit de l’aménagement et du bitumage de la Rocade de Porto-Novo (section 1) allant de « Beau rivage » au début du Boulevard du cinquantenaire en 2x2 voies prenant en compte le pont de Zounvi et de la rue des manguiers menant à l’Assemblée nationale, le tout d’une longueur totale de 9,55 km.
Du rêve à la réalité
L’aménagement du tronçon Toffo-Lalo-Agbangnizoun- Abomey-Djidja est lancé en mars dernier. Pour le maire d’Agbangnizoun, Gaspard Gboli-Honon, c’est un rêve de longue date qui vient d’être concrétisé par le président Patrice Talon. Selon lui, cette voie mettra fin au calvaire des populations.
Le préfet du Zou, Firmin Kouton, estime que la réalisation de ces axes routiers est un grand coup d’accélérateur au désenclavement de ces régions du Bénin qui ont longtemps souffert de leur position géographique. Il s’agit là d’un investissement de 98 365 025 171 francs Cfa Ttc y compris les coûts nécessaires aux prestations de contrôle et de surveillance, au déplacement des réseaux (Electricité, Eau et Téléphone).
Le maillage du réseau routier se met en place avec les ponts de Womey (Abomey-Calavi) et de Tovègbamè, (Adjohoun) qui sont en cours de réalisation pour soulager les populations.
A la fin des travaux, dans quelques mois, les populations de Womey pourront rejoindre celles de Cocotomey facilement et vis-versa. Démarrés en février 2017, les travaux sont prévus pour finir et entrer en service en décembre prochain. Une mission composée du ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty, du préfet de l’Atlantique, des autorités communales et des directeurs techniques du ministère est allée évaluer l’état d’avancement des travaux en février dernier. Ainsi, le taux d’avancement et d’exécution du projet à cette date est de 28 % pour un taux de consommation financier de 20 % à 25 %.
Dans le secteur du transport ferroviaire, les contentieux notés dans ce domaine sont en train d’être levés grâce au leadership du chef de l’Etat, selon le ministre Cyr Koty. Il s’agit du contentieux entre les groupes Pétrolin et Bolloré et du contentieux entre l’Etat béninois avec le groupe Pétrolin. Le président Patrice Talon a d’ailleurs trouvé comme solution de dessaisir les groupes Pétrolin et Bolloré du chantier pour le choix d’une autre entreprise capable d’exécuter le projet de la boucle ferroviaire.
Autre action importante à souligner, c’est la mise sous mandat de gestion du Port autonome de Cotonou. Un processus qui s’est achevé le 2 janvier dernier avec la signature du contrat de mandat de gestion avec le Port d’Anvers International. Grâce à cette réforme, le gouvernement pose les jalons d’une meilleure performance du Port autonome de Cotonou.
Dans le domaine du transport aérien, la construction de l’aéroport de Glo-Djigbé, un projet vieux de plusieurs décennies est lancé et sera enfin réalisé. Le maire d’Abomey-Calavi, Georges Bada, se réjouit de l’avancement des travaux préliminaires avec l’ouverture des voies et l’indemnisation des propriétaires terriens sur le périmètre aéroportuaire.
Par ailleurs, le Conseil des ministres a décidé, le 7 février 2018, de la création d’une société des infrastructures routières du Bénin, en vue de la gestion optimale des postes de péages. Cette nouvelle société aura à charge non seulement de gérer, de développer et d’entretenir les infrastructures routières et autoroutières, mais aussi d’améliorer leur qualité.
A tout cela, s’ajoutent les études réalisées dans le cadre d’autres projets que sont : le contournement Nord de Cotonou, l’extension du Port de Cotonou et du projet autoroutier qui va quitter le carrefour Sèmè pour Porto-Novo avec la construction du deuxième pont de la ville capitale.

Le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys et son collègue des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou ont été écoutés, ce jeudi 5 avril, par le comité de médiation mis sur pied par le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, dans le cadre des négociations pour le dégel de la crise sociale qui secoue plusieurs secteurs de l’Administration publique. Le même exercice a été fait avec les centrales et confédérations syndicales en grève.
Le médiateur de la République reste préoccupé par la situation d’impasse entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales à propos des mouvements de débrayage dans les secteurs de l’éducation, de la justice et de la santé. Il a poursuivi ce jeudi 5 avril, ses échanges en vue de tenter de trouver une porte de sortie à cette crise qui risque de conduire à une année scolaire blanche si rien n’est fait. Ainsi, après les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales la semaine dernière, Joseph Gnonlonfoun et le comité de médiation composé de personnalités sociopolitiques, morales et religieuses ont pris langue hier avec deux membres du gouvernement en l’occurrence le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys et son collègue des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou.
Les deux ministres avaient à leurs côtés des cadres du ministère de l’Economie et des Finances dont le directeur général du Budget, Rodrigue Chaou, et ceux du ministère de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle. La délégation gouvernementale est allée donner sa version des faits sur la tension sociale. Elle a fait à l’équipe de médiation la genèse de la crise sociale qui a commencé, en janvier dernier, au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi supprimant le droit de grève à certains corps de la Fonction publique dont ceux de la justice et de la santé. Le ministre Adidjatou Mathys regrette que, malgré la décision de la Cour constitutionnelle déclarant non constitutionnels les textes de lois querellés et qui devrait faire relever désormais au passé la crise, les travailleurs poursuivent les mouvements de débrayage. Cette poursuite ne s’explique pas aux yeux du gouvernement qui a décidé d’appliquer la loi sur le droit de grève en vigueur au Bénin et qui fixe clairement la procédure devant conduire à une cessation de travail. Laquelle procédure n’aurait pas été respectée par les travailleurs en grève. Une situation qui a conduit le Conseil des ministres à déclarer l’illégalité de la grève et opérer des défalcations sur les salaires du mois de février dernier pour fait de grève à tous les fonctionnaires ayant participé au débrayage, explique Adidjatou Mathys. Il y a eu ensuite plusieurs rencontres entre la commission de négociations gouvernement/syndicats mais qui n’ont rien donné jusqu’ici. Les centrales et confédérations syndicales font aujourd’hui de la rétrocession des fonds défalqués une question préjudicielle avant tout retour à la table de négociation, souligne Adidjatou Mathys. Elle déplore cette impasse totale entretenue par les grévistes en dépit de la main tendue du gouvernement.
Le ministre du Travail et de la Fonction publique invite les travailleurs en grève à un sursaut patriotique pour reprendre le travail. Elle rassure de la bonne foi de l’Exécutif à poursuivre les négociations avec les centrales et confédérations syndicales, même après la reprise des activités dans les écoles, lycées et collèges, les cours et tribunaux et les hôpitaux. Adidjatou Mathys salue dès lors l’initiative du médiateur de la République qui s’invite dans le dénouement de la crise avec certaines personnalités sociopolitiques, morales et religieuses.
En tout cas, Joseph Gnonlonfoun garde l’espoir que la sortie de crise n’est plus loin. Il veut aller très vite avec son comité pour faire sa proposition. Le médiateur de la République dit avoir demandé à la délégation gouvernementale de lui adresser une synthèse écrite de ses déclarations. Le courrier devrait lui parvenir d’ici ce soir. Le comité se réunira ensuite mardi 10 avril prochain pour élaborer et adopter son rapport assorti de propositions pour une sortie de crise, lequel sera soumis au chef de l’Etat pour suite à donner.