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Nouvelles

1ère session 2018 du Conseil municipal de Porto-Novo: Le rapport d’activités du maire Emmanuel Zossou adopté
[caption id="attachment_28612" align="alignnone" width="1024"]Le rapport d’activités du maire Emmanuel Zossou adopté[/caption]

Le conseil municipal de Porto-Novo a ouvert, vendredi 30 mars dernier, les travaux de sa première session ordinaire de l’année 2018, conformément aux exigences des textes de lois sur la décentralisation. Le premier dossier examiné a été le rapport d’activités du maire Emmanuel Zossou au titre du premier trimestre de l’année 2018, adopté par 32 voix pour, 0 contre et 0 abstention.

Les travaux d’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2018 du conseil municipal de Porto-Novo pour le compte de l’année 2018 auront été l’occasion pour le maire Emmanuel Zossou d’informer ses collègues conseillers de l’impact positif d’un certain nombre de réformes qu’il a initiées dont le guichet unique pour améliorer notamment les ressources propres de la ville. Selon lui, grâce à cette mesure, les recettes au titre du premier trimestre de l’année 2018 se sont améliorées par rapport à la même période l’année passée. Elles sont de 256 684 607 F Cfa contre 184 645 176 F Cfa en 2017. Le maire de Porto-Novo détaille que la ville a pu mobiliser au cours du premier trimestre de l’année 2018, au titre des impôts directs et taxes assimilées, un montant de 118 821 617 francs Cfa contre 102 293 736 F Cfa dans la même période de l’année 2017. Il s’est réjoui de cette légère hausse due à la stratégie mise en œuvre pour le recouvrement des arriérés d’impôts dus par les contribuables.
Aussi, dans le cadre des ressources non fiscales, 137 802 990 F Cfa ont été mobilisés contre un total de 118 224 444 francs Cfa pour la même période de l’année 2017. Il est noté ici également une nette progression des recettes propres de la ville.
« Les mesures d’accompagnement continuent de se mettre en place progressivement pour l’atteinte des objectifs. Nous avons décidé de mettre une attention particulière sur le marché Ouando pour améliorer de façon substantielle les recettes », souligne le maire. Emmanuel Zossou réaffirme par ailleurs sa détermination de poursuivre ces mesures visant à assainir et améliorer les infrastructures routières. Il précise que c’est dans le cadre de cette réforme qu’il a procédé récemment au lancement des travaux d’assainissement, de bétonnage et de pavage de 28,22 km de voies sur les ressources du Fonds d’appui au développement des communes (Fadec) non affecté d’un montant cumulé de 1 365 347 687 F Cfa. Plusieurs axes sont concernés par les travaux lancés notamment les rues : Sbee - Epp Zèbou Itta - Tigri ; Palais royal Kpotozounmè -Sagbo Kossou et Sadognon, Oussa - Ita Gogo et Bénin Voyage – Marché Ahouangbo. A ces chantiers routiers, le maire ajoute les voies d’accès au Parking Pobé Gare ; Hinlinkomey - Mosquée centrale de Porto-Novo, Rue nationale inter-Etats n°1 - Parking Marché Ouando ; Cfpct - Rue nationale Inter-Etats n°1 à Foun-Foun et le Carrefour Robert Djidonou - Carrefour Mamand Djèdjè. D’une durée de cinq mois, la réalisation des travaux de pavage, de bétonnage et d’assainissement permettra d’améliorer les conditions de transport des personnes et des biens par l’augmentation du niveau de service des voies. Ces travaux sont réalisés principalement avec la main-d’œuvre locale pour offrir des possibilités d’emplois aux jeunes de la ville. Toutefois, le maire a déploré une certaine lenteur qui a fait durer le lancement des chantiers. Laquelle est due au micmac entre la mairie de Porto-Novo et la préfecture de l’Ouémé qui a mis du temps avant d’approuver le budget 2018 de la ville. Cette situation a créé de nombreux préjudices à la ville, surtout au personnel de la mairie qui est resté deux mois sans salaires et des marchés d’appel d’offres qui n’ont pu être passés.
La session ordinaire de l’année 2018 s’est penchée sur plusieurs points dont l’étude de la communication relative au financement complémentaire des travaux de finition de la construction de module de trois salles de classe plus bureaux et magasins à Epp Sèdjèko, Todowa et Houèto et procéder à l’évaluation du rapport d’activités du maire et des chefs d’arrondissement au cours des trois premiers mois de l’année 2018. Ce rapport a été adopté à l’unanimité des 32 conseillers municipaux présents, à la grande satisfaction du maire Emmanuel Zossou.

Société 03 avr. 2018


Secteur de la mode: Lolo Andoche impose les couleurs d’Afrique

Plus qu’un label « Lolo Andoche » impose à l’univers de la mode son prêt-à-porter typiquement africain. Presque 25 ans que Charlemagne Andoche Amoussou crée pour le bonheur des dames et de la gent masculine.

Lolo Andoche s’active à célébrer avec la manière ce qui reste pour lui le plus grand évènement d’un parcours. Un rêve auquel il a donné corps il y a 24 ans. Un quart de siècle bientôt qu’il s’est donné comme challenge de révolutionner la mode masculine en lançant à la suite du grand Pathéo en Côte d’Ivoire l’un des tout premiers prêt-à-porter typiquement africains. Un style qui s’est imposé grâce à son sens de la créativité et à la passion d’un public qui a cru en lui.

Plus qu’un label les chemises et robes estampillées « Lolo Andoche » ont gagné le pari de conquérir l’Afrique et l’Occident. Impressionnant mariage de couleurs en tissus, notamment le pagne africain, le GTP, le woodin, les pagnes tissés d’Afrique, le Bazin, le lin et la soie,  la marque a investi les cœurs. « Nous avons pu déclencher cette envie de consommer du prêt-à-porter africain. Les habitudes changent », se réjouit Charlemagne Andoche Amoussou, de son vrai nom.

Convaincu que l’Afrique a une inestimable culture à vendre, il s’est tôt donné pour défi de faire porter aux Africains des modèles exclusivement fabriqués à partir de tissus et motifs locaux ou à base de produits ayant des touches africaines.

Un label qui nourrit aujourd’hui un vaste réseau de distribution étendu à Lomé, Accra, Abidjan, Lagos, Brazzaville, Pretoria, Johannesburg et à Paris.

« Les Africains ont une tradition du pagne et l’engouement né autour de ce produit de consommation inspire énormément les créateurs. Le pagne africain reste aujourd’hui une tendance pour la mode », assure-t-il, dans l’une des pièces de son spacieux atelier sis au quartier Vèdoko à Cotonou. Dans cette enceinte où sont pesants les cliquetis des innombrables machines à coudre en marche, le quadragénaire remonte le temps en égrenant les sacrifices consentis pour arriver à son niveau actuel, presque 25 ans après ses débuts, livré seul à son sort mais le moral haut et la détermination sauve. « Nous avons la capacité de produire 80 articles le jour mais l’objectif c’est d’en sortir 300. Je n’ai pas pu atteindre mes objectifs mais je dois reconnaître que je ne suis plus là où j’étais il y a 24 ans. Je me dis que je dois y arriver un jour », lance-t-il, tout optimiste.

Cœur à l’œuvre

Avec une unité de design et fabrication et des show-rooms servant de prêt-à-porter, le styliste-modéliste dit avoir franchi un palier à voir les péripéties vécues dans cette passionnante aventure où l’agréable côtoie le pire. Contraint à se servir d’une béquille à la suite de l’accident qui a failli lui coûter la vie le 13 novembre 2001, le créateur garde de ce malheureux évènement un souvenir amer sans remettre en cause l’esprit divin qui lui a permis d’éviter le pire et garder sa mobilité pour les plus beaux jours de la mode béninoise. Autant s’est-il surpassé pour vaincre la fatalité, autant s’est-il mis à la tâche pour grandir dans l’univers de la mode, multipliant les défilés et les honneurs sur le tapis rouge. La dextérité de l’homme à créer l’installe au pinacle aux côtés d’autres congénères très en verve. Il partage le podium avec de grands créateurs africains au rang du magicien du désert, Alpha Di. Ce qui aurait pu être fatal pour lui a été plutôt un déclic. Aussi bien en Afrique qu’en France, Lolo Andoche fait florès et séduit par ses créations à l’identité certaine : le continent noir. En témoigne le succès franc de sa performance à la soirée de mode ‘’La paix dans le monde’’ organisée par ‘’Mode sans frontière’’ et qui a réuni en 2003 à Paris une quarantaine de couturiers internationaux.

Avec une impressionnante carte de visite, Lolo Andoche surfe sur le succès mais relativise son goût pour les dividendes issus des ventes de ses créations. « Ce n’est pas le fait de vendre un modèle et de gagner de l’argent qui compte mais l’important c’est la satisfaction du client. Qu’il ait aimé ce qu’on a imaginé pour lui est la seule fierté qu’on puisse tirer de ce métier », admet-il.

Une réussite qui ne le limite guère dans son élan à tendre vers la perfection. Face aux moyens rudimentaires dont disposent les couturiers africains il accorde une prime à l’industrialisation, seule alternative pour répondre à n’importe quelle demande, à son avis. « Nous manquons de méthodes modernes d’organisation, de travail ainsi que d’équipements adéquats pour gérer toutes les commandes possibles », constate-t-il.

Passionné de mode dès sa tendre enfance, Charlemagne Andoche Amoussou a cédé à la sirène de la couture en abandonnant les classes suite à une année blanche. Quoique brillant dans les études il opte pour le métier de styliste et prend le chemin de l’apprentissage, sûr de sa voie. Parti d’une seule machine à ses débuts, il finit par bâtir une entreprise semi-industrielle qu’il tente de structurer depuis avril 1995 avec un personnel administratif, des commerciaux et des ouvriers. Avec une cinquantaine de prestataires directs à son service il s’évertue à créer à la guise de la muse des modèles uniques. Une création qu’il estime à la fois une et plurielle. « Elle est métisse, unisexe et libère le corps. Elle défie les barrières des âges. Elle se porte large, relaxe, en ville, au bureau et à la plage », tempère-t-il, sourire aux lèvres.

 

 

Culture 02 avr. 2018


Black Panther: Hommage aux amazones du Dahomey ! Et plus encore…

Une thérapie contre l’afro-pessimisme. Ainsi pourrait-on résumer le film Black Panther, le dernier blockbuster du cru Marvel qui met en relief sur grand écran, le seul héros Noir et d’identité africaine de la panoplie super-héros à côté de Capitain America, Spider ou Iron Man. Trop bon !!!, comme disent les adolescents aujourd’hui.
Un film à voir et à revoir. Et pour les amateurs de la saga super-héros, c’est un pur délice !

Ce film est une magnificence dans son genre. Comme seul sait en faire Hollywood. Et ce coup-ci, il s’agit d’un chef-d’œuvre, une orfèvrerie. D’autant plus qu’on est bien loin des clichés surfaits sur les Noirs comme on a pu en voir dans Blood Diamond (avec Djimon Hounsou et Leonardo Dicaprio) ou dans d’autres films où la prime est dévolue au misérabilisme, aux crève-la-faim Noirs, et où il est projeté de l’Afrique, ainsi réduite à sa plus simple expression, le cliché d’un continent maudit, de guerre, de famine avec des enfants aux yeux hagards, où tout y poussiéreux et l’architecture moyenâgeuse avec des cases coiffées de chaumes, etc. Autant d’images qui sont laissées dans l’imaginaire des petits Blancs, ainsi pétrifiés dans une perception négative de l’être Noir, comme ceux de leurs parents qui n’ont rien vu plus loin que le bout de leur nez.

Black is beautiful
Dans la fiction des studios Marvel, Wakanda est une cité (idéaliste) futuriste dont la civilisation repose sur la maitrise du vibranium, un métal imaginaire comme sait en inventer Marvel comics. Armes, moyens de transport, habitats, etc., la puissance de Wakanda repose sur une technologie développée à partir de ce mythique métal. Ce qui n’est pas sans rappeler les richesses minéralogiques dont regorgent certains pays africains qui, hélas, n’ont pu sortir de leur état de pauvreté (On peut être riche et vivre pauvre, comme dit le rappeur Youssoupha), car n’en faisant aucun usage positif. Mais Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther a su y magnifier la civilisation Noire, autant les armes (lance, bouclier) que d’autres attributs (vêtements, trônes) et modes de vie caractéristiques de certains peuples africains tels les Massaïs (Kenya) ou les Xosas (Afrique du Sud). Même Patrice Talon, seul chef d’Etat africain à oser réclamer les biens culturels africains déportés, pour ne pas dire pillés, y trouvera son compte, car un clin d’œil est fait dans Black Panther audit pillage ! Aussi bien qu’aux amazones dahoméennes, car la garde prétorienne du roi T’Challa (Black Panther) est constituée exclusivement de femmes qui ne sont pas sans rappeler les amazones du Dahomey. Encore qu’une place de choix y est fait aux femmes qui apparaissent comme les vraies détentrices du pouvoir à Wakanda plus Genre et plus équité dans les relations hommes/femmes que ne le sont nos sociétés bien archaïques que cette cité du temps ancien !

Message politique
Réaliste, Black Panther, tout idéaliste qu’il se veut, n’a pas moins montré les avatars dont les guerres claniques et les pratiques occultes inhérentes aux peuples africains, mais sans trop tirer sur les traits. Le tout avec un cast nec le plus ultra avec Lupita Nyongo qui a décroché l’Oscar suite à son interprétation plus réaliste que la réalité dans Twelve years a slave, Chadwick Boseman (Black Panther), Angela Basset (Malcom X) tout comme Daniel Kaluuya (vu récemment dans Get Out) sont tous des acteurs estampillés black revendication. Ce qui souligne à satiété la dimension politique de Black Panther, qui porte bien son nom, car il n’est pas sans rappeler une organisation afro-américaine connue pour son extrémisme voulu et assumé dans les revendications, naguère, de l’égalité en droit au profit des Noirs aux Etats-Unis. Pour le mouvement politique Black Power dont le logo était une panthère noire, black is beautiful. Le film éponyme intègre sans violence le même postulat.
En effet, in Black Panther, c’est une Afrique forte, fière et de toute beauté qui est projetée. Et cette projection est loin d’être utopique, pour peu que les dirigeants du continent se prennent au sérieux. La RD Congo, réputée un scandale géologique eu égard à ses incommensurables richesses de sous-sol, est Wakanda dans la réalité. La réussite en moins ! Mais Wakanda, c’est aussi le Rwanda de Kagame qui a su transformer le pays à l’image de la capitale Kigali passée de gros bourg à digne ville contemporaine en dix ans. Comme quoi, le développement est possible en Afrique avec un peu de sérieux et un zeste de rigueur dans la gestion de ses Etats. Hollywood, la Mecque du cinéma, visionnaire à plus d’un égard y compris à propos des attentats des World Trade Center, vient de nous le montrer avec magnificence. A nous de jouer dans la vraie vie !

Culture 01 avr. 2018


Cybercriminalité: La mise en garde du directeur général de la Police républicaine

Les acteurs de l’arnaque via internet sont invités à aller se dénoncer, eux-mêmes, aux services de la Police républicaine. Cet appel a été lancé, le vendredi 29 mars dernier, par le directeur général de l’institution, Nazaire Hounnonkpè, lors de sa descente à Comé, dans le département du Mono, où il a tenu, en prélude à son activité, à se prononcer sur la traque aux cybercriminels dont les faits d’armes défraient la chronique.

« La traque aux présumés cybercriminels a commencé par le Littoral et beaucoup d’entre eux affluent vers les départements périphériques oubliant que la lutte est nationale. C’est pourquoi la fréquence des arrestations dans le Mono est impressionnante et tranche avec la tendance observée dans quelques autres départements du pays. Donc, ce n’est pas la peine, pour les présumés arnaqueurs, de continuer à courir. Quel que soit leur lieu de retranchement, ils seront, tôt ou tard, débusqués. Il vaut mieux pour eux de se livrer, de faire leur mea culpa et de renoncer à cette sale besogne de la cybercriminalité. Ensuite qu’ils se portent, dans le même élan, vers les services de la Police républicaine en vue de se constituer, spontanément, prisonniers. Puisque, dans le cas échéant, la justice pourra examiner avec bienveillance leur situation. Mais a contrario, s’ils courent et que l’on les rattrape, je crois que les efforts fournis à cet effet vont alourdir leurs peines. Le comble, pour eux, est que toutes les données qui sont effacées physiquement des ordinateurs et téléphones peuvent être reconstituées et extraites au besoin pour la manifestation de la vérité.

A tous, je lance un appel pour qu’ensemble, avec la Police républicaine, nous venions à bout du fléau de la cybercriminalité qui nous déshonore, au Bénin. Si on veut être riche on travaille, on travaille sérieusement. Mais si vous êtes riche spontanément et de façon passive, cette richesse ne va pas durer. J’invite la jeunesse à travailler au lieu de faire une mauvaise publicité à notre pays. C’est vrai que le Bénin est un pays de vodoun, mais ce vodoun, aux dires de ses adeptes, ne doit pas être utilisé pour nuire à la vie humaine. Cette dernière étant sacrée, personne n’a le droit, sous aucun prétexte, d’attenter à la vie de son prochain ».

 

Propos recueillis par Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo

Actualités 01 avr. 2018


Département du Mono : 18 presumés cybercriminels dans les filets de la police republicaine

L’effectif des présumés arnaqueurs via internet déjà appréhendés, dans le département du Mono, s’élève à dix-huit.

Tel est le point présenté, ce vendredi 29 mars, par le chef d’escadron, Jacques Tonoukouin, directeur départemental de la Police républicaine pour le Mono.

Outre des Béninois, se trouvent dans les filets de la Police des citoyens d’autres pays comme la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Aux dires du chef d’escadron, ces arrestations dont le nombre ne cesse de croître ont commencé seulement le dimanche 25 mars dernier. Elles ont eu lieu notamment dans les villes de Lokossa et de Grand-Popo.

En plus du point fait dans la matinée du vendredi, deux autres individus de nationalité étrangère ont été appréhendés, dans la soirée, à Louis-Condji, une localité d’Agoué, arrondissement de Grand-Popo. Le binôme tentait d’enlever une fillette.

Par ailleurs, le directeur départemental de la Police républicaine et son équipe poursuivent des investigations en vue de clarifier le cas d’un groupe de cinq autres jeunes gens tombés, eux-aussi, dans les mailles.  

 

 

Actualités 31 mars 2018


Commune de Sakété: Le conseiller communal Bastien Salami démissionne
[caption id="attachment_28604" align="alignnone" width="1024"]Bastien Salami[/caption]

Me Bastien Salami n’est plus désormais membre du conseil communal de Sakété. Il a démissionné de ses fonctions dans la matinée de ce vendredi 30 mars. L’information a été confirmée par plusieurs sources aussi bien proches de la mairie de Sakété que de l’élu démissionnaire.

La lettre de démission a été déposée au secrétariat administratif de la mairie de Sakété pour son acheminement vers le maire Pierre Adéchi. Selon les mêmes sources, l’avocat à la Cour dit s’être retiré pour « un parfait respect de mes engagements partisans et de la parole donnée ». Il a évoqué cette raison dans sa lettre de démission. Mais de quels engagements partisans s’agit-il ? Le courrier ne les précise pas. Ce qui est sûr, le siège ne restera pas vacant. Le retrait de Me Bastien Salami ouvre le boulevard du conseil communal de Sakété à son suppléant, le sieur Samadi Laminou, un instituteur de profession. Il sera invité bientôt à siéger pour poursuivre le reste du mandat du conseil communal qui compte dix-sept membres.

Il faut signaler que Me Bastien Salami est élu sur la liste de l’Union fait la Nation (Un) dans le premier arrondissement de Sakété, à l’issue des communales de 2015. Il est d’ailleurs le coordonnateur communal de cette formation politique à Sakété.

 

Actualités 30 mars 2018


Tournoi Tic2f -U17 à Porto-Novo: Les délégations attendues à Cotonou ce jour

Le tournoi international des centres de formation de football (Tic2f) démarre dimanche 1er avril prochain, au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo. Les délégations étrangères sont attendues dès ce vendredi à Porto-Novo. Deux équipes du Bénin vont prendre part à cette compétition destinée aux centres. Il s’agit de l’Aspa, Apj, et de Cefes. 

Dix centres viendront d’autres pays pour ce tournoi. Il s’agit de Fc San Pedro, Ceaf d’Abidjan, (Côte d’Ivoire); Lizzy Sport de Marcel Dessailly,  Rising Star d’Accra (champion en titre) (Ghana); Etoile de Mande 3e en 2017, Académie M’Barakou (Mali); Sunsel Fc, Fc Heart d’Abuja (Nigeria),Cefak (Togo). Cette compétition qui vise la promotion du football à la base est placée sous le haut parrainage des internationaux, Jean-Pierre Papin, Mikael Sylvestre, Japhet N’Doram, Olivier Kapo, de Oswald Homéky, ministre des Sports et du soutien de la Fédération béninoise de Football.

 

Sports 30 mars 2018


Championnat national de basketball: Fin des matchs de la phase aller ce week-end

Le championnat national de première division saison 2017-2018 abordera, les samedi 31 mars et lundi 2 avril prochains, sa sixième journée au niveau de la ligue Atlantique-Littoral. L’Association sportive du Port autonome de Cotonou (Aspac) et Destiny vont s’affronter chez les dames et chez les messieurs au Hall des arts, loisirs et sports de Cotonou.

Leader chez les hommes, l’Aspac vainqueur de Renaissance Basket-ball club (75 – 46) voulait confirmer sa suprématie depuis le début du tournoi. Après sa victoire (63 – 50) sur l
'Association Omnisports Lagune, mal en point dans la compétition, Espoir affrontera l’Université d’Abomey-Calavi. Les matchs de cette sixième journée vont se poursuivre lundi de Pâques, avec Destiny-Aol et Uac-Rbbc, chez les hommes à l’Unafrica. Energie Bbc qui caracole en tête du classement chez les Dames sera au repos lors de cette sixième et dernière journée de la phase aller.

Sports 30 mars 2018


Programme Assurance pour le renforcement du capital humain: Haro sur le traitement de la protection sociale
[caption id="attachment_28598" align="alignnone" width="1024"]Candide Ahouansou[/caption]

Que viennent chercher les assureurs privés dans un système d’assurance de masse organisé par l’Etat dans un but social ? Plutôt qu’à des compagnies d’assurances, nous pensons qu’il conviendrait de confier la gestion de notre protection sociale à un office béninois doté d’une personnalité morale et de l’autonomie financière. Aussi, ne sommes-nous pas dans la dynamique d’un système par étapes. Nous en avons une approche globale et égalitaire dès le départ. C’est nous tous en même temps ou rien... dans le cadre du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch).

Nous avertissons d’entrée de jeu que le sujet est d’une grande importance parce qu’engageant notre bien-être physique et celle de nos descendants. ç’aurait été dans une démocratie avancée, il aurait probablement fait l’objet d’un référendum nonobstant les travaux d’une commission ad hoc ; nous sollicitons alors l’attention du lecteur. 

L’on se souvient qu’au cours de notre livraison de la semaine dernière portant sur le même sujet, nous assurions le lecteur de notre détermination à prendre attache avec les acteurs susceptibles de nous éclairer sur la manière dont est traitée la composante protection sociale du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). C’est ce que, joignant le geste à la parole, nous avons fait en sollicitant formellement un rendez-vous auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, et en nous rendant dans son département. Nous savons gré au coordonnateur du projet et à la directrice adjointe du cabinet de leur courtoisie et de leur disponibilité à avoir échangé de bon aloi avec nous sur le sujet ; la chose n’était pas évidente. Dans un premier temps, nous exposerons les principes directeurs de notre approche du système d’assurance envisagé ; puis nous comparerons la stratégie du programme Arch avec celle que nous défendons depuis bien longtemps déjà.

L’esprit de solidarité nationale et d’entraide

Toute société comporte des décalages sociaux plus ou moins accentués et l’élément amortissant des différentes couches sociales, c’est la solidarité nationale. En système d’assurance, des citoyens seront malades plusieurs fois au cours d’une période déterminée ; d’autres ne le seront pas pendant longtemps. C’est les primes qu’auront payé ces derniers qui serviront à soigner ceux qui auront été malades plus fréquemment, et cela n’arrive pas qu’aux autres. A ce principe central de solidarité et d’entraide font pendant deux autres principes résiduels lorsque c’est l’Etat qui organise le système d’assurance : l’égalité de tous les citoyens devant la maladie et la proportionnalité des primes en droite corrélation avec la classe sociale de chaque citoyen.

L’égalité de traitement de tous devant la maladie

Lorsque, dans son rôle constitutionnel de protecteur de la famille, l’Etat organise un système d’assurance, il s’impose que la politique qu’il mènera pour ce faire, couvre l’intégralité des citoyens, de la même façon et sans discrimination aucune ; sans exclusion non plus. Une politique susceptible de soigner, en tout temps, le riche du paludisme comme le pauvre d’une rupture d’anévrisme. La maladie ne connaît ni riche ni pauvre ; elle frappe indistinctement.

La proportionnalité des primes

Les mieux payés des citoyens cotisent plus que les moins payés, mais en proportion égale par rapport à leurs salaires respectifs. C’est la quintessence même de la solidarité nationale qui régit tout système d’assurance et c’est pour garantir cette proportionnalité que, jusqu’alors les primes sont payées par prélèvement à la source, c’est-à-dire directement sur les salaires et sur la base d’un pourcentage uniforme.
Points de vue comparatifs : une différence de stratégie et ses conséquences
Si nous étions vraiment, le programme Arch et nous-mêmes, en symbiose sur ces principes, nous aurions abouti aux mêmes résultats. Or, apparemment ce n’est pas le cas sur bien des points ; et cela, en raison principalement du fait que les stratégies adoptées diffèrent. Arch aborde le projet dans une optique évolutive ; une élaboration par étapes en s’assurant préalablement de la disponibilité des ressources de l’Etat à chaque étape. De manière discursive, les responsables du projet estiment qu’ils ne pourront pas assurer tous les citoyens d’emblée ; aussi les catégorisent-ils et différencient-ils les soins auxquels ils sont éligibles. Arch discrimine ainsi méthodiquement devant la maladie. Non seulement il maintient le cliché des fonctionnaires du système en vigueur que l’Etat vise à dépasser, mais encore il y ajoute trois autres catégories de citoyens qu’il détermine par leur degré de pauvreté ; les ‘’pauvres extrêmes’’ totalisant 2 468 254 âmes, les ‘’pauvres non extrêmes’’ totalisant 1 895 810 âmes et les ‘’non pauvres’’. A tout ce monde catégorisé face à un principe structurellement égalitaire qu’est la solidarité nationale, socle de tout système d’assurance de masse organisée par un Etat, Arch réserve conséquemment des traitements différenciés. Les pauvres auront droit à des soins primaires ou de base.
Outre cette discrimination relative à la nature des soins à prodiguer aux assurés, consécutivement à sa classification sociale, Arch en rajoute quant à la forme de l’intervention de l’Etat qui ‘’ subventionne’’ d’un côté et ‘’souscrit’’ de l’autre. Il subventionne les primes d’assurance des pauvres extrêmes à 100 % et celles des pauvres non extrêmes à 40 %.Quant à ceux qui relevaient du vieux cliché, à savoir les fonctionnaires, les élus, les membres des institutions de la République et les retraités de la Fonction publique, il ‘’ souscrit’’ à leur assurance auprès des assureurs recrutés par appel d’offres. Arch justifie cela par leur expérience en la matière, que nous n’avons pas..
Outre la discrimination par voie de catégorisation, le projet Arch procède à des exclusions. Il exclut carrément de l’assurance maladie « les non pauvres du secteur informel qui doivent souscrire leur assurance maladie et celle de leur personnel auprès des compagnies de leur choix et payer les primes correspondantes ». Il exclut également « les populations du secteur informel et du milieu rural, des dispositifs formels de couverture sociale ».

Notre approche du système d’assurance

A l’inverse d’une approche évolutive du système, nous en avons une approche définitive. Nous estimons, en effet, que le projet envisagé se doit d’être une révolution dans une routine assassine de la population en cours depuis plus d’un demi-siècle. Avec ce projet nous passons d’une couverture sociale sélective qui écartait plus de 80 % de la population à une couverture de masse ayant pour vocation et seule raison d’être, d’assurer l’entièreté de la population sans discrimination ni exclusion aucune; les paramètres de la couverture sélective devront alors changer, c’est lapalissade dirait l’autre. Jusqu’alors la cible était les agents de l’Etat et l’outil, des primes prélevées à la source sur leurs salaires. Mais, dorénavant, l’Etat vise une politique de couverture de masse ; la cible ne sera donc plus la même, elle sera élargie ; aussi l’outil ne pourra-t-il plus rester en l’état face à une population à majorité sans fiche de paie ; il devra changer de forme coûte que coûte et s’adapter à la nouvelle cible nécessairement. Nous affirmons que tout le problème est là et nulle part ailleurs. Si donc nous lui trouvons, les préoccupations, notamment de ressources pour une couverture de masse uniforme s’éteindront ipso facto.

Appréciation critique des paramètres de la stratégie Arch

Eu égard à la vision que nous avons du système que l’Etat veut mettre en place, nous ne pouvons partager l’idée de stratification de la population alors qu’il s’agit d’une couverture de masse; elle est tout le contraire de ce que requiert la solidarité nationale. La disponibilité des ressources ne peut être prétexte à ce faire, car l’on devrait précisément en tenir compte pour déterminer les risques à couvrir de telle sorte qu’ils soient les mêmes pour l’ensemble de la population sans discrimination au lieu que de discriminer en prévision des ressources. Nous rejetons conséquemment cette idée surannée de soins primaires, de forte connotation coloniale au demeurant, réservés aux pauvres. En systématisant et en entretenant cette notion, dans notre système d’assurance, nous n’avançons pas ; nous régressons socialement. Et puis, sauf déficit d’information de notre part, aucune assurance en protection sociale, dans un pays moderne, ne fait de distinction entre pauvres et riches, et pour cause ; ce serait parfaitement illogique puisque toute assurance se fonde sur le principe de l’égalité et de l’entraide.
Nous n’admettons pas le principe des subventions et voici pourquoi. D’abord il participe, lui aussi, de la discrimination ; subventionner les uns et souscrire une police pour les autres, ce n’est pas équitable, ce n’est pas solidaire non plus. Subventionner implique budgétiser et nous ne voyons pas pourquoi encombrer inutilement le budget alors qu’il y a moyen de faire autrement. Au reste, l’expérience du Ramu devrait nous avoir édifiés. Qu’il nous souvienne que c’est depuis 2008 que le gouvernement avait décidé de créer le Ramu. Il a été mis en sommeil jusqu’en 2015 faute de pouvoir être budgétisé et quand on a voulu le réveiller tambour battant, ce fut avec un déficit initial énorme malgré le concours, déplacé à notre sens, de partenaires financiers étrangers. Nous avions dénoncé publiquement la chose, en son temps.
Nous ne comprenons pas le principe des exclusions dans un système d’assurance universel organisé par l’Etat dans son rôle social. Et pourquoi les non pauvres du secteur informel en seraient-ils exclus ? Et au nom de quoi Arch peut-il exclure le secteur informel et le milieu rural de l’assurance retraite ? Le laboureur ne peut-il aspirer au repos et ménager ses reins après avoir retourné la terre, des lustres durant pour nourrir, notamment les citadins ?
Exclure l’informel de la protection sociale, c’est fabriquer de toutes pièces une classe de miséreux à l’âge de la retraite alors qu’ils auront contribué au développement économique du pays. Pourquoi tant d’exclusions dans un système d’assurance de masse ?
Et Grand Dieu ! Que viennent donc chercher les assureurs privés dans un système d’assurance de masse organisé par l’Etat dans un but social ? Sommes-nous obligés d’injecter, de part en part, du privé dans tout projet ; même en matière de protection sociale ? Nous rejetons donc l’idée avec notre dernière énergie et n’avons pas besoin de faire, dans le cas d’espèce, un dessin pour nous faire entendre. Disons tout de même que l’argument de l’expérience ne tient pas la route. Il est, en effet, fallacieux de préjuger que nos cadres ne sauront pas gérer un système d’assurance maladie et retraite. Tout en m’excusant de parler de moi-même, j’ai été, jadis il est vrai, cadre assureur à la Garantie mutuelle des fonctionnaires rue de Prony à Paris et je puis assurer que cela n’a absolument rien de sorcier qui ne soit à la portée d’un bon gestionnaire béninois. Et puis, l’Etat a la possibilité d’envoyer des gestionnaires se spécialiser dans chacune des deux branches de protection sociale en France ou alors de faire venir deux coopérants pour encadrer nos gestionnaires au moment de la mise en place et du démarrage du système, sans préjudice du fait que nous ne sommes pas un désert de compétences. Je ne voudrais pas me faire des idées et penser que les véritables raisons de confier la gestion de notre système de protection sociale à des maisons d’assurances privées, se trouvent ailleurs. 

Notre stratégie, un outil à large rayon d’action

En tout état de cause, nous ne sommes pas dans la dynamique d’un système par étapes. Nous en avons une approche globale et égalitaire dès le départ. C’est nous tous en même temps ou rien, et nous avons trouvé les moyens à savoir une prime à rayon d’action le plus large possible. Nous rappelons une fois de plus que tout le problème est là. L’actuel prélèvement sur salaires par fiche de paie interposée ne répond plus à une couverture de masse que vise l’Etat. La cible passe d’environ 20 % à 100 % de la population et plus de 80 % de ces 100 % n’ont pas de fiche de paie. Il s’agira de trouver des ressources innovantes, à rayon d’action le plus large possible, qui se renouvellent sans cesse et qui ne sont pas liées aux vicissitudes du budget. C’est pourquoi nous proposons, depuis huit ans, et sans plus hésiter le moins du monde, une solution toute simple et, on ne peut plus démocratique : une taxe uniforme sur toutes boissons embouteillées. Tous, riches comme pauvres, nous buvons dès notre naissance jusqu’à notre mort. Supposons que l’on mette 10 francs sur chaque bouteille consommée, le pauvre qui en prendra une seule mettra dix francs dans la caisse ; le riche qui en prendra 20 y mettra 200 francs en relation directe avec son pouvoir d’achat et sa situation sociale. En ce qui concerne le plus pauvre qui pourrait ne pas en prendre du tout, le riche et le moins pauvre que lui, auront cotisé pour lui. Au total et discursivement, ils bénéficieront de la même qualité de soins. C’est cela le principe de toute assurance. Ce procédé n’exclura personne ni de l’assurance maladie ni de l’assurance retraite surtout pas les travailleurs de l’informel et du monde rural. C’est, à n’en pas douter, la nature de la prime qui convient au système d’assurance universelle que l’Etat veut mettre en place dans un contexte et un environnement sociologique où le travail salarié ne peut en être le fondement.
Il est vrai que cette prime bien qu’à grand rayon d’action ne peut être une panacée à tous les risques maladie. Les médecins et les actuaires devront faire un travail professionnel et tout à fait crédible pour déterminer ce qu’elle peut couvrir et dans quelles proportions. Il reviendra aux actuaires de faire tous les calculs qui aboutiront à la fixation du montant de la taxe en établissant les bons ratios, notamment entre le délai de récupération, c’est-à-dire la durée des cotisations versées et l’espérance de vie. Et que l’on ne vienne surtout pas nous dire que le Béninois n’acceptera pas que l’on mette une petite taxe sur sa bouteille de bière qui lui permettra de se soigner à bon compte et de donner congé à houe et daba quand il ne pourra plus se courber sur sa parcelle ; ce n’est pas vrai. C’est juste une affaire d’explication et de sensibilisation ; nous en avons la certitude pour avoir eu l’occasion d’en discuter avec nombre de ruraux dans le cadre de la campagne électorale.

L’organe gestionnaire

Plutôt qu’à des compagnies d’assurances, nous pensons qu’il conviendrait de confier la gestion de notre protection sociale à un office béninois doté d’une personnalité morale et de l’autonomie financière, exerçant sous le contrôle technique permanent des services étatiques compétents et d’audits externes périodiques ainsi que sous le regard vigilant et permanent de la chambre des comptes de la Cour d’appel. Nous avons déjà exposé dans nos précédentes livraisons comment cet office devra fonctionner et comment il ne pourra jamais, mais au grand jamais, se retrouver en état de cessation de paiement avec un capital cumulatif et renouvelable indéfiniment. Et aussi comment il pourra contribuer au développement économique du pays en y investissant des fonds que les maisons d’assurances privées iront placer ailleurs ?
*Ambassadeur

Société 30 mars 2018


Tourisme: Nécessité de valoriser le parcours de la résistance de Bio Guerra
[caption id="attachment_28597" align="alignnone" width="1024"]Les vestiges de la case de Bio Guerra à Gbêkou[/caption]

 

Déjà plus de 100 ans que disparaissait le héros national Bio Guerra. Pour le développement de la commune de Bembèrèkè et du Bénin, les différentes étapes ayant marqué sa résistance contre la puissance colonisatrice méritent d’être valorisées en circuit touristique.

Des devises provenant du tourisme, Bembèrèkè en a bien besoin pour son développement. Malheureusement, le secteur reste encore sous-exploité au niveau de la commune qui, pour avoir été le théâtre de la résistance de Bio Guerra contre l’occupant français et son armée, regorge de nombreux sites et curiosités. Autant de vestiges laissés par l’histoire.

En premier lieu, il y a le champ de bataille de Gbêkou, un village de Gamia et dont Bio Guerra était le chef. Les ruines de sa case y sont toujours visibles. Destitué de la tête de ce village par le colonisateur, en septembre 1915, Bio Guerra n’a pas voulu réagir aussitôt contre l’affront qui lui a été fait. Il a préféré prendre son mal en patience. C’est un an plus tard, que profitant de la présence du commandant Ferius dans le village, qu’il va déclencher les hostilités. Pour s’en sortir, rapporte le petit-fils de son griot, Mama Bio Kana, le chef militaire français a dû prendre ses jambes à son coup. Il a passé la nuit dans la brousse, avant de rejoindre Bembéréké, le lendemain.

Des potentialités non-exploitées

Après la localité de Wanrarou et la rencontre qu’elle a abritée, comment passer sous silence l’étape de Bembèrèkè et de son champ de bataille. Très stratège, explique Mama Bio Kana, Bio Guerra priva d’eau l’ennemi, en s’arrangeant pour occuper la partie du village où se trouvait la rivière. S’étant retrouvés à court de munitions et de vivres, Ferius et ses hommes ont dû se réfugier dans leur campement. Ils ont été assiégés du 12 au 29 octobre 1916, jusqu’à l’arrivée des renforts de Parakou.
En réalité, cette bataille a eu lieu dans un périmètre défini entre Bembèrèkè, Sinendé, N’Dali et la localité de Bouayoù, les troupes françaises basées dans le bas Niger appelées en renfort, ont été bloquées par les hommes de Bio Guerra. A N’Dali, c’est à plusieurs reprises qu’ils ont intercepté la légion de Parakou. C’est le 26 octobre 1916 que cette dernière finira par rallier Bembèrèkè, inversant alors les rapports de forces sur le terrain. « Pour surprendre Bio Guerra par derrière,elle a dû contourner par Sinendé », informe Mama Bio Kana. Les combats reprirent de plus belle, devenant plus âpres. En témoignent les empreintes indélébiles des sabots du cheval blanc de Bio Guerra sur les montagnes de Bembèrèkè.
En effet, assailli par les troupes ennemies mieux armées, Bio Guerra et son cheval ont mystérieusement disparu du haut de ces montagnes, en plein combat. L’endroit est actuellement occupé par la forêt sacrée de Doumagnonrou qui signifie en baatonu, « le lieu où le cheval a bondi ». Située au cœur de la forêt classée de Ouénou-Bénou, elle couvrait une superficie de 76 a 32 ca jusqu’en 2012. Contrairement aux autres forêts sacrées, elle ne sert pas d’abri à des fétiches. Le cheval de Bio Guerra y a tout simplement pris son envol, pour atterrir sur un baobab à Baoura qui porte également les empreintes de ses sabots.
Selon les propos de Mama Bio Kana, c’est au cours des affrontements qui ont à nouveau éclaté à Baoura le dimanche 17 septembre 1916, que Bio Guerra a perdu son ami sincère, Sanni Guiso. Très affecté, poursuit-il, il retira son gilet pare-balles, ses amulettes et bracelets de protection, avant de les confier à son fils aîné, Soro Komandi. Ses hommes n’avançant plus face à l’inégalité des forces, Mama Bio Kana a laissé entendre qu’il sortit de sa cachette, pour s’adosser à un arbre. Si l’ennemi a réussi à le localiser, regrette le petit-fils de son griot, c’est parce qu’il a été trahi par un Peul. Il succomba le 16 décembre 1916, sous les balles de l’ennemi sur le champ de bataille à Baoura et y a été enterré. D’où « Bio Guerra Baoura Kounon », pour indiquer le lieu où il s’est endormi. Jusqu’à une époque récente, a rappelé Mama Bio Kana, les Peuls évitaient de se hasarder dans les lieux. Pour honorer sa mémoire, l’armée y a érigé un mausolée dans lequel sont exposées ses munitions de guerre, ainsi que sa lance et son poignard resté vénémeux.
Par ailleurs, toutes les tentatives menées pour construire la tombe en béton ont été vaines. Elle est donc restée en terre battue jusqu'à présent.
Autant de potentialités donc à découvrir, sans oublier la visite des tombes des colons français et du village de Gbêkou avec les vestiges de la case de Bio Guerra à la porte ouverte du côté du coucher du soleil. Un tour au village Guerra N’Kali qu’il a rejoint entretemps, ne serait pas inutile. Au regard de leurs intérêts historiques et touristiques, ces potentialités méritent d’être réhabilitées.
Il s’agit de les valoriser en tant que circuit touristique. Ce serait l’occasion pour faire la promotion de la destination Bembèrèkè et de son riche patrimoine. Le nouveau maire de la commune, Salihou Mifoutaou Sambo, et les membres de son conseil en sont préoccupés. Ils sont convaincus que Bembèrèkè gagnerait beaucoup à faire revivre l’histoire de Bio Guerra.
A la recherche des ressources complémentaires pour le développement de la commune, l’aménagement de ses sites lui tient beaucoup à cœur. Ils font partie, selon lui, des richesses jusque-là inexploitées dont elle regorge.

Culture 30 mars 2018


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