La Nation Bénin...
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« Nous venons de finir 4h de discussions avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales. Nous sommes heureux de savoir que les partenaires sociaux ont accepté la main tendue du gouvernement en répondant présents à la séance de ce jour. Je suis donc heureux de vous dire que le dialogue a repris dans l'intérêt de toutes les parties et surtout de nos compatriotes. La rencontre de ce jour a permis des avancées significatives dans le dialogue social ». Ainsi s’est exprimé le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané au terme des négociations de ce jour entre les centrales syndicales et le gouvernement au sujet de la fronde sociale que connaît depuis un moment le pays.
Convoqués ce mardi 13 mars à l’Infosec de Cotonou, les responsables syndicaux ont témoigné de leur volonté à voir apaisée la tension sociale observée jusque-là en répondant présents à la séance à l’exception de Kassa Mampo qui a vidé la salle, assujettissant la participation de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB) au reversement des défalcations sur salaires opérées par le gouvernement pour faits de grève.
Faisant le point des travaux de la session le ministre d’Etat a par ailleurs indiqué qu’il a été fait aux responsables syndicaux le point sur les différents arrêtés concernant le statut particulier des enseignants. Il est à relever que des propositions ont donc été faites et discutées avec les partenaires sociaux qui reconnaissant les progrès ainsi accomplis ont promis de faire un compte rendu à leur base et de revenir la suite à donner à la demande du gouvernement de mettre un terme à la grève.
Confiant qu'un terrain d'entente pourrait être trouvé entre les responsables syndicaux et le gouvernement qui a su témoigner au cours des discussions de sa bonne foi et sa flexibilité en accordant de l’intérêt à leurs observations.
Fort également des négociations sectorielles notamment au niveau des enseignements primaires et secondaires, le ministre d’Etat, au nom du président Patrice Talon et de l’ensemble du gouvernement a invité les enseignants, fonctionnaires du ministère de la Santé et les autres fonctionnaires de l'administration béninoise à reprendre le travail dans l'intérêt général de la nation. Tout en réaffirmant l'engagement du gouvernement à poursuivre le dialogue et à œuvrer pour une sortie de crise dans l'intérêt de tous.
Société 13 mars 2018
Préparatifs Éliminatoires Can U-20[/caption]La première journée de la phase de sélection des joueurs a démarré ce lundi 12 mars au stade René Pleven d’Akpakpa. Ils étaient 150 joueurs à répondre à l’appel du directeur des compétitions de la Fédération béninoise. Au bout de trois heures de travail, 45 joueurs ont été retenus pour poursuivre le travail.
Venus des clubs de Ligues 1, 2 et 3, ils étaient cent-cinquante jeunes joueurs, nés à partir du 1er janvier 1999 à prendre part ce lundi 12 mars, au stade René Pleven d’Akpakpa à la première journée de la phase de sélection devant aboutir à la mise en place d’une équipe nationale junior. A l’issue de trois heures de travail sous la houlette du staff technique, quarante-cinq prétendants sont parvenus à tirer leur épingle du jeu. Cette première phase va se poursuivre jusqu’au jeudi prochain. Les joueurs des autres régions du pays sont attendus ce mardi au stade René Pleven pour le même exercice.
Selon le staff technique conduit par Valère Houandjinou, aucun joueur n’est encore définitivement sélectionné. L’objectif de cette première phase est de retenir un groupe de joueurs pour constituer l’ossature de la sélection junior. Après cette étape, cap sera mis sur la mise en place d’une équipe. Ainsi, six matchs amicaux sont prévus du vendredi 16 mars au mercredi 28 mars 2018 au stade René Pleven d’Akpakpa. Le groupe de joueurs juniors va affronter certains clubs de ligue 1 à savoir : l’Association sportive du Port autonome de Cotonou, l’Union sportive de Sèmè-Kraké et la Jeunesse athlétique de Cotonou. C’est au cours de cette seconde phase que la liste des joueurs retenus en sélection junior sera rendue publique. Faut-il le rappeler, le Bénin en déplacement à Monrovia va affronter le Libéria dans le cadre du match aller du premier tour des éliminatoires du championnat d’Afrique des nations (Can U-20) prévus les 30 mars, 31 mars et 1er avril prochains sur tout le continent. Théoriquement, le temps est court et bien malin celui qui connait les résultats de ces phases de préparation.
Une préparation fantaisiste
Le Bénin ne dispose ni de de compétitions de jeunes, ni de sélectionneurs de catégories d’âge. Et cela, tous les responsables à différents niveaux du sport-roi béninois le savent. Du ministre en charge des Sports, Oswald Homéky, jusqu’au président de la Fbf Anjorin Moucharaf en passant par les responsables de clubs et autres, nul n’ignore, à la vérité, les règles d’une compétition sportive : sans une préparation sérieuse pas de meilleurs résultats. Et pourtant, ces dirigeants s’apprêtent à engager le pays dans une compétition qui démarre le 30 mars prochain alors même que le pays ne dispose ni de sélection junior, ni cadet. Pour pallier cette insuffisance, en absence de compétition de catégories d’âge, le directeur des compétitions de la Fédération béninoise de football, Quentin Dadavi, à travers un communiqué a invité tous les entraîneurs officiant dans les clubs de Ligues 1, 2 et 3 de bien vouloir envoyer leurs joueurs nés à partir du 1er janvier 1999 à participer à la phase de présélection dans le cadre de la mise en place de l’équipe nationale junior devant prendre part aux éliminatoires de la Can de la catégorie prévue au Niger. Le raccourci est tout trouvé. Mais, il laisse transparaître quelques inquiétudes. Cette façon de faire frise l’amateurisme et l’improvisation lorsqu’on sait que les joueurs de Ligues1, 2 et 3 ayant pris part au derniers championnats doivent avoir été vu par le directeur technique national. Et donc, le fait de demander aux entraîneurs d’envoyer leurs meilleurs joueurs en sélection peut prêter à confusions. Car, l’on peut se retrouver dans un schéma où des entraineurs envoient des joueurs selon des affinités et non suivant le talent. Sous d’autres cieux, la sélection de joueurs en équipe nationale répond à des règles claires. Elle tient compte de l’avis motivé du directeur technique national et du sélectionneur. Malheureusement, rien n’augure de tout ceci. A cette allure on tend vers une improvisation synonyme de débâcle que seul le gouvernement peut encore nous éviter.
Sports 13 mars 2018
Retour de l’énergie électrique dans l’Alibori[/caption]Privées d’énergie électrique depuis plus de dix jours, les populations des communes de Kandi, Malanville, Sègbana et Karimama ont retrouvé le sourire, dimanche 11 mars dernier, aux environs de 18 h 27. Grâce à la diligence de la Société béninoise de l’énergie électrique (Sbee) et de son directeur général, Laurent Tossou, le calvaire qu’elles enduraient a pris fin. En témoigne l’électricité à nouveau disponible au poste de distribution de la société à Kandi, après la panne survenue sur son grand transformateur, samedi 3 mars dernier.
Le poste de distribution de la Sbee installé à Kandi génère à nouveau de l’énergie électrique, après avoir cessé de fonctionner suite à un incident d’exploitation, samedi 3 mars dernier. Alors plongées dans le noir, les communes de Kandi, Karimama, Malanville et Sègbana se voient progressivement raccordées aux groupes de secours installés d’urgence.
En effet, pour soulager les populations de ces quatre communes de l’Alibori, la réaction du directeur général de la Sbee, Laurent Tossou, a été prompte. Une fois le diagnostic primaire établi par l’équipe qu’il avait aussitôt diligentée sur les lieux, ayant confirmé que le transformateur ne pouvait pas être immédiatement mis en service, il a pris les dispositions qui s’imposaient. C’est de Parakou qu’il a fait transférer ces groupes de secours au nombre de cinq.
« Nous avons donc utilisé les moyens qui ont été mis à disposition par le gouvernement. Il s’agit des capacités en location dont une partie d’une puissance de 10 MW est à Parakou. Au poste de Kandi, nous avons déployé ce qu’il faut, à concurrence de la puissance nécessaire, soit 5 MW», a expliqué Laurent Tossou. « Il faut avouer que les moyens logistiques nous ont posé quelques problèmes à cause de la distance. Mais aujourd’hui, c’est heureux que nous ayons réussi à réalimenter les clients et toutes les populations qui étaient dans l’obscurité», s’est-il réjoui.
Pour l’avenir
Selon le directeur général de la Sbee, les présentes mesures ne sont que des solutions d’urgence. « Nous produisons avec ces groupes électrogènes en continue, à partir d’aujourd’hui, jusqu’à ce qu’une solution définitive soit trouvée. C’est un moyen de production qui coûte excessivement cher, parce que nous mettons du combustible que nous brûlons », a-t-il poursuivi. La Sbee, a-t-il également assuré, est prête à faire tous les sacrifices nécessaires pour que ses clients soient satisfaits.
Pour l’avenir, la Sbee envisage de mettre à contribution ses relations avec les sociétés d’électricités sœurs du Burkina Faso, du Togo et du Niger. « Nous avons trouvé un transformateur du côté du Togo. Afin que nous puissions baisser les coûts de production liés à ces groupes électrogènes, il sera déployé dès la semaine prochaine », a annoncé Laurent Tossou. « Un expert de la Générale électrique est attendu à Kandi ce lundi 12 mars. Dépêché par la Sbee, il aura à approfondir le diagnostic réalisé par l’équipe technique. A travers son rapport, il aura à conclure sur l’état réel du transformateur défectueux », a également informé le directeur. «Dès la semaine prochaine, nous allons installer déjà le transformateur qui nous vient de la Cet. Nous avons aussi lancé un plan d’urgence pour la commande d’un nouveau transformateur qui nous parviendra sous peu », a-t-il insisté. Il a ensuite remercié le préfet du département de l’Alibori et les populations pour la patience dont ils ont fait montre.
« Ce qui est important, nous avons l’énergie électrique à nouveau. La situation n’a pas été du tout facile. Devant la technique et la technologie, il y a souvent des surprises. C’est ce qui est arrivé au département de l’Alibori », a laissé entendre le préfet Mohamadou Moussa. « Mais très tôt, le directeur général de la Sbee et ses collaborateurs, à travers eux le gouvernement, ont entendu notre cri de cœur », a-t-il insisté. Sans tout l’arsenal de groupes qui a été déployé, avoue-t-il, ce n’était pas gagné d’avance?
Un grand soulagement pour les populations
Que de désagréments subis par les abonnés des quatre communes de l’Alibori, suite au dysfonctionnement du transformateur de grande puissance 5 MVA avec un niveau de tension 33 kilovolts et 20 kilovolts! Outre la pénurie en eau potable et la conservation des corps à la morgue, de nombreux tenanciers de supermarchés en alimentation générale ont dû assister, impuissants, à l’avarie de certains de leurs produits comme les poissons et la volaille congelés. Des cybers centres et des ateliers de soudure n’ont pas pu fonctionner. Il en est de même pour les débits de boissons qui étaient confrontés à des dépenses imprévues. C’est le cas d'Habib Orou Guidou, promoteur d’un restaurant sis dans l’enceinte du Bpc à Kandi.
Pour pouvoir rafraîchir ses boissons et conserver ses aliments, il devait débourser entre 10 000 et 15 000 F Cfa tous les jours, pour l’achat de glace. Comme d’autres, il vient d’être soulagé, avec ce retour de l’énergie électrique au poste de Kandi. Ayant perdu, depuis quelques moments, l’habitude des nuits éclairées par la lumière de la Sbee, c’est malgré elles que les populations de Kandi ont rejoint leur couette dans la soirée du dimanche 11 mars dernier?
M. G.
Autorité du bassin de la Volta[/caption]Les chefs d’Etat des pays membres de l’Autorité du bassin de la Volta (Abv) œuvrent pour mettre en commun les ressources en eau dont la nature a doté leurs pays pour en faire bénéficier les populations. Cette volonté est confrontée aux changements climatiques et aux actions humaines, selon Djoouro Bocoum et Sanoussi Razaki qui ont participé, la semaine dernière, à un atelier organisé par l’Autorité du Bassin de la Volta sur sa charte de l’eau.
« Les problèmes que rencontrent l’Autorité du bassin de la Volta portent sur la rareté des ressources, les changements climatiques et proviennent également de l’homme qui pollue la ressource. D’où la nécessité de se mettre ensemble pour envisager la gestion durable desdites ressources dans l’intérêt des générations futures », explique Djoouro Bocoum, directeur national adjoint de l’Hydraulique du Mali, représentant du point focal national Abv Mali. Selon lui, l’eau devient rare pendant que les populations s’accroissent. Si quelqu’un a tendance à se servir plus que d’autres, cela crée des problèmes qu’il faut gérer, relève-t-il.
Il faut alors, justifie-t-il, se mettre ensemble pour partager ce qui va être prélevé de façon équitable. Et aussi développer la protection de la ressource, pense-t-il.
C’est ainsi que les chefs d’Etat des six pays qui partagent le bassin de la Volta (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali et Togo) se sont concertés pour créer une autorité pour la gestion durable des ressources en eau dudit bassin. Ainsi, dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau, de manière à préserver cette ressource immense aussi importante pour les six pays, il est apparu nécessaire de se mettre ensemble pour mieux la gérer, notamment pour la production électrique, pour l’agriculture et l’élevage.
La charte qui définit les conditions de gestion et de partage de l’eau permet de prévenir d’éventuels conflits qui pourraient survenir. Elle permet de mettre les Etats ensemble à l’image des autres organismes frères tels que l’Omvs et l’Abn, de mettre en place les règles et principes de l’utilisation de l’eau. La charte va favoriser l’utilisation d’ouvrages communs comme un barrage. Elle favorisera une collaboration qui va contribuer à l’avenir à la réalisation de ces ouvrages, pressent Djoouro Bocoum. « Cela va pousser les pays à aller vers un intérêt commun, développer de façon harmonieuse et globale les six pays au profit des populations», estime le directeur national adjoint de l’Hydraulique du Mali.
Ce que confirme Razaki Sanoussi, cadre béninois, directeur de la planification et de la gestion intégrée des ressources en eau de l’Abv, en poste à Ouagadougou.
Potentialités
Le bassin, relève-t-il, couvre d’énormes potentialités sur le plan hydraulique, par rapport à l’écosystème en général, et des richesses qu’on peut tirer de par l’utilisation de ces ressources, notamment l’agriculture, l’électricité et autres.
Le problème qui se pose aujourd’hui, indique-t-il, concerne la menace qui pèse sur ces ressources de par l’utilisation abusive par les hommes, en raison des changements climatiques qui influent considérablement sur la pluviométrie, avec des impacts sur l’écoulement des eaux. « Quand vous allez dans la Pendjari aujourd’hui, on note de remarquables modifications et si ça continue comme ça, le cours d’eau même va disparaître parce que l’ensablement est progressif à cause de la mauvaise utilisation des terres, à cause des pressions anthropiques, de la pollution et d’autres éléments qui compromettent la survie du bassin », apprécie Razaki Sanoussi.
Selon le directeur de la planification, au niveau de chaque portion nationale, existent les mêmes potentialités en termes de richesses.
Il n’est pas facile d’évaluer ce que chaque Etat gagnera de façon individuelle, fait-il remarquer. On raisonne, selon lui, d’abord de façon globale, quitte à ce que les ressources en eau bien conservées et préservées à travers une bonne planification, permettent de profiter aux populations en termes de développement.
« Lorsque les problèmes sont résolus de façon globale, au niveau local par exemple, nous aurons une aisance de par l’utilisation des ressources,des renforcements de capacités et des projets d’application qui seront montés et des retombées qui vont en résulter », estime Razaki Sanoussi?
Le bassin de la Volta en question
Neuvième plus grand fleuve d’Afrique, le fleuve Volta qui coule sur une distance totale de 1850 km est partagé par six pays d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo. Ses principaux affluents que sont la Volta noire (Mouhoun), la Volta blanche (Nakanbé), la rivière Oti (Pendjari) et la plupart des rivières de la basse Volta se jettent dans le lac Volta. En aval du lac, le fleuve Volta se déverse dans l’océan Atlantique au Ghana.
Le bassin de la Volta couvre une superficie estimée à 400 000 km2, inégalement répartie entre les six pays. Le climat y est fortement variable dans le temps et dans l’espace. En effet, la pluviométrie annuelle varie de 500 mm environ dans la partie supérieure du bassin au Mali et au nord du Burkina Faso à plus de 1100 mm dans la partie inférieure du bassin au Ghana. La température moyenne également y varie entre 27°C au Sud et 36°C au nord au cours de l’année.
Le bassin de la Volta est source de moyens d’existence et moteur de développement socio-économique pour ses 23,9 millions d’habitants qui vivent en majorité de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture et de la foresterie.
Lambert Ayitchéhou, directeur des services techniques de la mairie de Cotonou[/caption]La ville de Cotonou produit plus d’un million de tonnes de déchets par jour. Sa gestion nécessite toute une logistique et beaucoup de moyens financiers. Lambert Ayitchéhou, directeur des services techniques de la mairie de Cotonou, explique dans cette interview, les dispositions prises par la ville pour gérer les déchets produits au niveau des marchés secondaires et la partition qui doit être celle de tout habitant de la cité dans l’œuvre de salubrité publique.
La Nation : Comment se fait la gestion des déchets au niveau des marchés secondaires de Cotonou ?
Lambert Ayitchéhou : Au niveau des marchés secondaires, la gestion des déchets suit normalement le même itinéraire que la gestion des déchets au niveau des ménages. C’est dire qu’on considère le marché comme un grand ménage avec un responsable qui s’abonne à l’Ong de pré collecte ou à la Pme qui s’occupe de la zone.
Le responsable du marché à son tour collecte les cotisations au niveau des usagers pour s’abonner auprès d’une Ong. Un endroit devrait être identifié pour que tous les usagers y déposent leurs ordures. L’Ong ou la Pme chargée de collecter les ordures au niveau du marché vient chercher les déchets à ce niveau. C’est le principe établi.
Malheureusement, on se rend compte que beaucoup de responsables de marchés ne souscrivent pas l’abonnement ou même s’ils souscrivent, ils ne sont pas réguliers dans les paiements. Cela fait que l’Ong ou la Pme ne vient plus collecter les ordures régulièrement. Ça crée une défaillance ou une situation de sauve qui peut ; ce qui conduit les femmes ou les usagers à négocier directement pour gérer les ordures à leur manière. Cela amène les gens à jeter les ordures à des endroits interdits.
Que faites-vous pour pallier ces ratés ?
Nous avons mis des bacs à ordures à certains endroits stratégiques. Cumulativement, nous avons mis la police municipale à contribution pour surveiller les femmes et les obliger à y déposer les déchets. Nous disposons d’un prestataire qui se charge chaque fois de venir vider le bac et qui va les déposer au lieu d’enfouissement sanitaire, à la décharge finale de Ouessè.
Quelle est la quantité de déchets produite à Cotonou ?
Les études ont montré que chaque habitant produit un peu plus du demi-kilo d’ordures par jour. Sur cette base, tenant compte de ceux qui séjournent à Cotonou, cela fait 1,2 million de tonnes. Ce qui fait au total donc entre 800 000 et 1 million de tonnes de déchets/jour. Mais les capacités financières et le dispositif mis en branle ne permettent que de ramasser 200 000 tonnes par jour. Il y a une déperdition de 600 à 800 000 tonnes qui vont dans les bas-fonds, les berges lagunaires ou dans la nature. Tout cela sera absorbé par le plan intégré de gestion des déchets que prévoit le Programme d’action du gouvernement (Pag) qui reprendra toute l’activité en y intégrant les filières manquantes à savoir le tri et la valorisation.
Les déchets non enlevés constituent une source de nuisances sanitaires. Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des populations et des Ong ?
Mon appel va d’abord en direction des populations. On ne peut pas concevoir qu’on soit dans une ville et qu’on produise les déchets sans savoir où ils vont. Le principe du pollueur payeur est toujours en vigueur. Celui qui produit un déchet doit payer pour son évacuation. Tous les ménages doivent tout faire pour s’abonner aux Pme/Ong de pré-collecte.
Ces dernières doivent savoir que nous sommes en partenariat avec elles. Sur cette base, quand elles sont défaillantes, on va leur appliquer la sanction. De telle sorte que si quelqu’un n’exécute pas bien son contrat, on va lui retirer l’agrément. Il vaut mieux que les déchets soient sur les lieux prévus que de les laisser voler et causer des nuisances ou des problèmes de santé.
Qu’en est-il du tri des déchets ?
Les Ong/Pme ne font pas le tri de façon formelle pour le moment. Le système de tri/valorisation n’est pas encore fonctionnel. Il est en cours d’organisation avec le centre de transfert récemment construit à Gbégamey, inauguré et mis à notre disposition pour exploitation. Sinon ce sont les expériences individuelles de tri de Dcam Bethesda et d’autres Ong privées dans les 5e, 8e et 12e arrondissements qui ont cours.
Comment se fait le suivi des activités ?
Nous suivons au quotidien sauf que parfois, il y a des aspects qui nous échappent. Certaines Ong n’exécutent pas leur mission dans les règles de l’art. Sinon, tel que c’est fait, il existe des points de regroupement qui reçoivent ce qui est collecté au niveau des marchés et des ménages. Donc, nous suivons au niveau de la pré-collecte et des lieux de regroupement. Et il nous arrive également de suivre le prestataire qui doit enlever les déchets du point de regroupement pour les déposer à Ouessè. Dans tout le système, nous avons des contrôleurs qui suivent.
Quels liens existe-t-il entre les Ong/Pme de pré-collecte et la direction des services techniques ?
Cela va de soi. Pour que vous exerciez l’activité de pré-collecte en tant qu’Ong ou Pme, c’est la mairie qui vous autorise. C’est la Direction des Services techniques (Dst), le bras armé de la mairie qui se charge d’étudier les dossiers à retenir par rapport au cahier des charges, est la structure habilitée à faire le travail. Sur cette base, la Dst propose à l’autorité celle qui doit recevoir l’agrément. Ensuite, il y a des séances de travail de façon périodique ou si le besoin se fait sentir. Par exemple, nous venons d’avoir une séance de travail avec mes collaborateurs et il a été convenu de convoquer Cogeda pour finaliser la nouvelle convention avec ce prestataire et voir les points d’ombre pour nous entendre. C’est une collaboration permanente avec nos partenaires en somme.
Existe-t-il un plan d’action de gestion des déchets ?
Nous pouvons retenir, sur la base de tout ce que je viens de vous expliquer, que c’est un plan d’action qui est ainsi mis en œuvre. La gestion des déchets comporte trois maillons : la pré-collecte, la collecte, le transport et l’enfouissement. Les Ong/Pme ramassent les ordures directement auprès des ménages. Elles les déversent dans les points de regroupement ; puis des points de regroupement, nous avons les prestataires, un entrepreneur qui ramasse les ordures du point de regroupement pour les amener au lieu d’enfouissement sanitaire et là-bas se trouve un opérateur chargé de l’enfouissement. C’est ce plan qui est mis en œuvre. Maintenant, à l’échelle de Cotonou, il y a ce qu’on appelle le plan de zonage. Ce qui fait que Cotonou est divisé en plusieurs secteurs. Et il y les Ong qui ont la charge d’un certain nombre de secteurs. Les ordures d’un secteur doivent aller à un point de regroupement "P".
Actualités 13 mars 2018
Persistance de la dépigmentation au Bénin[/caption]Effet de mode ou phénomène de société, la dépigmentation est une pratique en vogue au Bénin depuis des décennies. Des produits dépigmentants inondent nos marchés, hommes et femmes de tous âges et de toutes conditions s’y approvisionnent dans le but de rendre leur peau plus claire sans se soucier des effets dévastateurs d’une telle pratique sur la santé.
Depuis plusieurs années, des voix n’ont cessé de s’élever pour dénoncer la dépigmentation et ses ravages dans notre société. Pourtant, le phénomène est toujours en vogue dans nos villes et campagnes et prend même de l’ampleur. Femmes et hommes, adolescents ou adultes, cadres de haut niveau et analphabètes, bref, des hommes et femmes de toutes catégories s’y adonnent, même si on constate une nette prédominance féminine. Ils se distinguent dans la société par la peau artificiellement blanchie ou à deux ou plusieurs tons sans aucune commune mesure avec une peau naturellement claire ou métissée.
La nécessité d’entretenir, de protéger et d’embellir la peau, de prendre soin de son corps a toujours été une priorité pour les femmes du monde entier. Plusieurs produits naturels et artificiels sont dès lors mis à contribution pour révéler sa beauté. Dans une étude réalisée en 2012 au Bénin dans le cadre de sa thèse de doctorat en médecine sur
« Les pratiques cosmétiques à Cotonou au Bénin », Solété Lionel Sogbossi rappelle que « Cette cosmétologie, au cours des temps anciens, était limitée en Afrique à des produits ou matières premières issues des plantes naturelles comme le henné, le beurre de karité, le kaolin, l’argile, le miel, l’aloès, le sel nordique, etc. ». Dans le lot des produits utilisés de nos jours pour révéler la beauté figurent des produits dépigmentants, c’est-à-dire visant à éclaircir la peau.
Dépigmentation, décapage ou blanchiment de la peau est une pratique assez courante surtout dans les villes du Bénin. Selon le docteur Franck Olivier Yédomon, médecin dermatologue vénérologue, « La dépigmentation est l’ensemble des procédés visant à obtenir un éclaircissement de la peau dans un but cosmétique ». Au vu des ravages qu’induit ce phénomène et de son ampleur, il est devenu une préoccupation pour les professionnels de la santé. « C’est un véritable problème de santé publique en Afrique sub-saharienne, depuis le Sénégal jusqu’en Afrique du Sud, les gens se dépigmentent. Il n’y a que les pays de l’Afrique de l’Est, tels que le Rwanda, le Kenya, le Burundi qui sont un peu épargnés », souligne Dr Yédomon.
Séduire comme principale motivation
Les motivations varient d’un individu à un autre mais dans la majorité des cas, c’est dans le but de plaire au partenaire ou de se faire remarquer en vue de dénicher un partenaire. Selon le dermatologue, le désir de séduire, la crise d’identité culturelle, le conformisme vis-à-vis des canons de beauté et l’ignorance sont à la base de cette pratique.
Plusieurs facteurs favorisent la persistance, voire le développement du phénomène au Bénin et en Afrique. Il y a d’abord la mise sur le marché à prix accessibles, de quantités importantes et variées de produits dépigmentants. Ensuite, la publicité tapageuse dans les médias et ciblant particulièrement les femmes est de nature à inciter à l’utilisation desdits produits. De la même manière, les stéréotypes de femmes à la télévision (artistes, miss, mannequins, femmes dans les publicités) mettent en avant la femme à peau claire comme si c’était la référence. Des exemples de personnages africains à la peau ébène sont très rares dans les médias, surtout lorsqu’il s’agit de mettre en avant la beauté africaine.
Dr Sogbossi rapporte dans son étude que l’âge de début d’utilisation des produits cosmétiques se situe entre 16 et 20 ans aussi bien chez les patients de sexe masculin que chez ceux de sexe féminin. Au nombre desdits produits cosmétiques figurent des produits à effet dépigmentant. Les produits utilisés sont souvent des substances variées présentes dans l’environnement du patient d’origine naturelle ou chimique. Ce sont par exemple des acides, du sable, du ciment, des désinfectants, des végétaux ou des produits chimiques comportant des corticoïdes, de l’hydroquinone ou du mercure. Les marchés constituent l’essentiel des sources d’approvisionnement des produits cosmétiques les plus utilisés par les patients ciblés par l’étude aussi bien pour les produits cosmétiques modernes que ceux traditionnels. Il faut signaler que les pharmacies qui sont a priori des structures de promotion de la santé, sont également des lieux d’approvisionnement en produits dépigmentants. « Bien que les produits cosmétiques aient des liens très étroits avec les médicaments et peuvent présenter pour les consommateurs les mêmes risques que ces derniers, aucune disposition législative ni réglementaire n’encadre leur consommation dans les Etats membres de l’Uemoa jusqu’en 2012 », se désole Dr Sogbossi.
Des conséquences désastreuses
Rendre la peau claire n’est pas sans conséquence. Certains effets de la dépigmentation sont assez visibles dans notre société. Ainsi, il n’est pas rare de voir des hommes et des femmes à la peau multicolore, surtout au visage et au niveau des doigts et des orteils, le reste des imperfections étant camouflé sous les vêtements. « Il y a beaucoup de complications qui font que la dépigmentation est devenue un problème de santé publique, car ses complications revisitent toutes les maladies de la peau », soutient le Dr Yédomon. Il s’agit, entre autres, des complications infectieuses et non infectieuses. S’agissant des complications infectieuses, il cite les champignons de plusieurs espèces, les acnés, les vergetures, les intertrigos, les teignes, les candidoses. Ces champignons et dartres apparaissent parce que les produits chimiques utilisés détruisent la flore commensale qu’il y a au niveau de la peau, c’est-à-dire les microbes qui doivent normalement protéger la peau contre les champignons. Il y a également des complications parasitaires telles que la gale. Le problème est que ces personnes vont commencer à se gratter plus souvent et transmettre ça à leur partenaire, précise le dermatologue. Ces infections vont se multiplier parce que la peau n’est plus capable de se protéger. Il y a les complications bactériennes telles que les plaies qui ont du mal à cicatriser, les complications virales telles que l’herpès. Il y a enfin le vieillissement cutané précoce et les cancers cutanés.
Pour ce médecin spécialiste des maladies de la peau, les conséquences de la dépigmentation ne sont pas qu’esthétiques. Il y a des complications extra-dermatologiques ; ce sont l’hypertension artérielle, le diabète, la baisse de l’immunité, l’ulcère digestif et les troubles psychiques. A cela s’ajoutent les complications oculaires (cataracte et glaucome) et gynéco-obstétricales. Il faut souligner que les complications gynéco-obstétricales se traduisent entre autres par des métrorragies, un retard à la cicatrisation en cas de césarienne par exemple, une éclampsie, un faible poids de naissance, une insuffisance surrénale néo-natale, une intoxication au mercure, les risques de malformations chez les enfants nés de parents à la peau décapée. En ce qui concerne les conséquences psychosociales, elles sont relatives à la stigmatisation dont ces personnes sont parfois victimes, au caractère inesthétique de leur peau et à l’odeur désagréable qu’elles dégagent.
Des solutions pour éliminer les séquelles esthétiques
Que faire pour réduire l’impact de la dépigmentation dans le pays ? Si d’aucuns préconisent l’interdiction pure et simple de l’entrée des produits dépigmentants au Bénin comme c’est le cas dans certains pays, d’autres par contre trouvent dans une telle démarche un moyen de rendre le phénomène clandestin. En plus, l’impact d’une telle décision serait négatif pour l’économie nationale. Dr Yédomon rappelle que les pays qui ont fait cette option n’ont pas forcément atteint les résultats attendus. La solution, selon lui, réside dans la sensibilisation des populations et le suivi de ceux qui pratiquent déjà la dépigmentation afin de les amener à l’arrêter. Il faut en appeler à la responsabilité de certains hommes qui, sans se dépigmenter eux-mêmes, encouragent leurs partenaires à le faire. Professionnels de la santé, acteurs des médias et décideurs sont aussi appelés à jouer leur partition.
A en croire le Dr Yédomon, il est possible d’arrêter la dépigmentation. Il faut se faire suivre par un dermatologue. Pour ceux qui ont arrêté et qui sont aujourd’hui confrontés aux conséquences esthétiques, il y a également des solutions : « il y a des produits qu’on peut utiliser pour faire régénérer les cellules de la peau, en général la vitamine A, mais c’est forcément un dermatologue qui peut administrer ce traitement en fonction de la nature des séquelles parce que la vitamine A aussi a ses conséquences », assure le spécialiste.
Beauté en surface, puanteur en dessous
Elles se pavanent dans nos villes et campagnes, ces personnes à la peau décapée, fières de leur peau apparemment claire mais en dessous des habits et autres accoutrements, c’est la puanteur et autres imperfections qu’elles s’évertuent à cacher. Se dépigmenter est la nouvelle trouvaille pour certains hommes et femmes désireux de plaire à tout prix comme si la peau claire était synonyme de beauté. Ignorance ou choix délibéré de mettre sa santé à rude épreuve, la pratique de la dépigmentation traduit un certain état d’esprit : le refus d’acceptation de soi, de son identité de femme ou d’homme à la peau noire. Pour autant, faut-il agresser la peau au risque de l’exposer à toutes sortes de maladies ?
Comme toutes les autres parties du corps, la peau est un organe qui a un rôle à jouer, notamment, celui de protéger contre les agressions de tous genres. En choisissant délibérément de l’agresser avec des produits dépigmentants, les adeptes de la dépigmentation contribuent à la destruction de la mélanine et des autres substances, exposant du coup l’organisme à toutes sortes de bactéries et de parasites. Si certains y vont par ignorance, d’autres s’adonnent à la dépigmentation en toute connaissance de cause, l’essentiel étant d’avoir la peau claire. C’est dire que les nombreuses complications ou conséquences ne suffisent pas à les décourager, ni même l’odeur désagréable qu’elles dégagent. Quelle est cette beauté qu’on recherche à tout prix ? Une beauté puante qui repousse parfois ceux qui les côtoient.
Non satisfaites de l’existant, les industries cosmétiques continuent d’inonder nos marchés de nouveaux produits dépigmentants. Des pilules pour femme enceinte en vue d’accoucher de bébé de peau claire seraient la nouvelle tendance en vogue. Le comble, c’est quand des personnalités chargées en principe d’interdire cette pratique ou tout au moins de servir d’exemple à la grande masse s’y adonnent elles-mêmes. Certains, malgré leurs conditions sociales précaires, trouvent les moyens de s’acheter lesdits produits au point de développer une certaine addiction vis-à-vis du phénomène. Pourtant, assurent les spécialistes, il est possible d’arrêter et de préserver sa santé de tous ces risques. Avis donc aux adeptes de la dépigmentation.

Le corps sans vie d’une jeune dame de 24 ans a été retrouvé dans la nuit du dimanche à lundi 12 mars dans la ville d’Abomey, plus précisément sur la voie menant de Tanvè à Agbangnizoun. Cet acte serait l’œuvre de son ex-compagnon.
Crime rituel ou passionnel ? A la découverte du corps de la jeune dame appelée Inès A. résidant au quartier Agnangnan à Abomey, les parents ne se font aucune illusion. Elle a été égorgée comme un animal et vidée de son sang avant d’être jetée dans la brousse. Car, sur les lieux de la découverte macabre, aucune trace de sang n’est visible, ce qui indique tout logiquement que la victime a été tuée ailleurs et avant d'être déposée à l'endroit où la dépouille a été retrouvée.
D’après les témoignages, la victime Inès A. et son ex-compagnon Michaël A. avec qui elle a eu un enfant actuellement âgé d’un an et quelques mois, sont en difficulté depuis un moment. L’ampleur des problèmes a conduit la jeune dame à prendre ses distances vis-à-vis de son concubin Michaël. Cependant, de temps à autre, le jeune homme n’hésitait pas à mettre la pression sur Inès pour qu’ils se revoient pour mettre fin au désaccord en vue de renouer leurs liens. Il aurait encore mené cette démarche, le week-end dernier. Il aurait suivi Inès le dimanche soir à son retour de la ville pour la retrouver quelque part pour la forcer à le suivre. Et la suite sera fatale pour la jeune dame. Il appelle sa mère pour l’informer de son acte. Puis celle-ci, à son tour, appelle la famille de la victime pour annoncer la triste nouvelle.
Tout indique qu’après l’avoir égorgée, il a pris soin de recueillir son sang. Une fois le forfait accompli, il a d’abord tenté de faire croire que la mort serait intervenue suite à une dispute entre eux. Le temps pour les uns et les autres d’ameuter les voisins et les parents, Michaël a eu l’idée d’aller cacher le corps dans un buisson derrière les temples de vodoun situés non loin du Ceg Dilly. Ensuite, pour se protéger d’une éventuelle vindicte populaire, il se rend aux Forces de l’ordre.
C’était la désolation hier sur les visages au domicile de la victime. Les membres de la famille sont atterrés par ce qu’ils ont vu. Personne ne comprend cet acte de Michaël qui a pourtant eu un enfant avec Inès. Le corps de la victime a été déposé hier à la morgue?
Enseignants, apprenants et parents en sit-in hier à la préfecture de Lokossa[/caption]Organisé par les organisations syndicales de l’éducation en lutte dans le département du Mono, un sit-in a mobilisé, ce lundi 12 mars à la préfecture de Lokossa, enseignants, apprenants et des parents d’élèves. La manifestation a duré plusieurs heures avec une animation faite de chants hostiles aux gouvernants et la lecture d’une motion de protestation remise, par la suite, à une délégation préfectorale conduite par le secrétaire général de la préfecture, Arnaud Agon, qui a promis de « la transmettre fidèlement à qui de droit ».
Le porte-parole des organisations syndicales, François Kpohouégbé, laisse entendre que le mouvement d’humeur vise à dénoncer, entre autres, les « réformes cavalières et non inclusives » dans les sous-secteurs des enseignements maternel, primaire et secondaire. Aussi les syndicalistes disent-ils condamner « fermement des mesures de répressions » qui seraient prises à l’encontre des responsables syndicaux.
Au regard de ces dénonciations, ils en ont appelé au respect et à la protection des libertés syndicales et à la satisfaction des doléances. Il s’agit, entre autres, de « l’application intégrale et sans délai, en bonne et due forme, des statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Notamment, disent-ils, l’indexation des salaires puis la jouissance effective des avantages contenus dans les huit premiers projets d’arrêtés ». La création de meilleures conditions de travail tant pour les enseignants que pour les apprenants et la « rétrocession immédiate et sans condition des ponctions opérées sur les salaires pour fait de grève » ont bouclé la série des doléances. En cas de non satisfaction, ont-ils prévenu, le gouvernement sera seul responsable des déconvenues.
Le président de la section départementale de l’Union nationale des parents d’élèves et étudiants du Bénin, (Unapeb), Jean Donnou, aussi a donné de la voix pour appeler le gouvernement à lâcher du lest. Ils disent non à toute éventualité d’année blanche.
Les syndicalistes ont prévu une autre manifestation pour ce mercredi 14 mars, dans la commune de Houéyogbé
Par Désiré C. VIGAN
A/R Mono-Couffo

Après plusieurs rencontres infructueuses, le gouvernement et les partenaires sociaux se retrouvent à nouveau, ce mardi 13 mars à l’Infosec de Cotonou. Une reprise du dialogue appelée de tous les vœux par le gouvernement, lors d’une conférence de presse animée conjointement vendredi dernier par les ministres Joseph Djogbénou et Adidjatou Mathys.
Les membres du gouvernement et les partenaires sociaux vont se rencontrer ce mardi 13 mars à l’Infosec de Cotonou. C’est une rencontre décisive lorsqu’on sait que la dernière rencontre tenue le 22 février a été plombée par les défalcations opérées sur les salaires du mois de février. Du coup, les centrales syndicales ont quitté la table des négociations exigeant la rétrocession des fonds défalqués à tous les travailleurs avant toute reprise de dialogue avec le gouvernement. Mais, le gouvernement souhaite reprendre les négociations avec les partenaires sociaux afin que les points substantiels soient débattus pour le bien des populations.
Ainsi, lors de la conférence de presse qu’il a animée avec sa collègue de Fonction publique, le ministre de la Justice, Joseph Djogbénou, a invité chacun des travailleurs à prendre conscience de la situation et de la qualité de la gouvernance actuelle qui est basée sur le respect de la législation en vigueur. « Les travailleurs doivent éviter de se mettre en situation d'abandon de poste et sont invités à limiter les effets de l'application de la loi relative aux conditions d'exercice du droit de grève », a-t-il déclaré. Le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, a saisi l'occasion pour inviter les centrales et confédérations syndicales à revenir à la table de négociations afin qu’ils puissent discuter et trouver des solutions à la crise. Le gouvernement est prêt à signer six arrêtés d'application des statuts particuliers des enseignants, une décision qui ne peut aboutir sans la reprise des pourparlers, a-t-elle annoncé.
Les deux ministres ont invité non seulement les organisations syndicales à reprendre le dialogue mais aussi les travailleurs à reprendre service sans condition et sans délai. Comme quoi, le gouvernement vient de jouer sa partition et attend que les centrales syndicales fassent de même pour une reprise des négociations condition sine qua non pour la décrispation de la tension sociale

La question de rétrocession des fonds défalqués sur les salaires du mois de février dernier ne doit pas bloquer les discussions au fond des revendications, objet des grèves depuis plusieurs semaines. C’est la position de l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) par rapport à la reprise des négociations gouvernement et centrales syndicales qui s’ouvrent ce mardi 13 mars à Cotonou.
L’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) qui regroupe soixante-dix syndicats du sous-secteur des enseignements maternel et primaire fonde un grand espoir sur la rencontre de négociations entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales qui a lieu ce mardi. Elle invite les secrétaires généraux confédéraux à être ouverts au dialogue, et à ne pas être tendus face au gouvernement qu’elle exhorte aussi à jouer franc jeu. « L’Intersyndicale veut qu’au cours de la rencontre de ce mardi, qu’une porte de sortie de la crise soit trouvée. Car, là où nous allons n’arrange ni le gouvernement ni nous autres acteurs de l’école en grève », souligne Maxime Agossou-Vè, porte-parole de l’Imp. Il souhaite que les secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales qui seront à la table de négociations en leurs noms, même si des membres de l’Intersyndicale seront aussi dans la salle, puissent aller dans les revendications pour lesquelles l’Imp est en mouvement. « La question de défalcation sur salaire quoiqu’inique et importante puisse être abordée avec responsabilité. Elle peut être préjudicielle mais qu’elle n’entraîne pas le boycott des négociations », insiste-t-il.
En fait, l’Intersyndicale est impatiente de savoir ce que réserve le gouvernement à ses points de revendications, à savoir surtout les arrêtés d’application des statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du premier degré. Elle veut écouter les propositions du gouvernement sur ces questions afin de les analyser et savoir la conduite à tenir. Maxime Agosou-Vè salue les annonces par voie de presse qui font état de ce que le gouvernement est prêt à signer six arrêtés sur les huit attendus. « C’est une bonne chose. Mais ce qui est important pour les enseignants, c’est le contenu de chaque arrêté que nous allons aviser », indique-t-il. « C’est vrai il y a huit arrêtés. C’est nous-mêmes qui avons dit qu’on peut mettre deux de côté à savoir l’arrêté concernant les primes liées aux obsèques qui seront payées après la mort de l’enseignant et celui relatif à l’exonération des fils d’enseignants des frais de scolarité depuis la maternelle jusqu’à l’université », poursuit le porte-parole de l’Imp. A l’en croire, l’incidence financière du seul arrêté concernant l’exonération des frais de scolarité des fils d’enseignants fait 15 milliards F Cfa sur un montant total de 70 milliards F Cfa qu’a été évalué sur l’ensemble des huit arrêtés. « Si on retire les 15 milliards F Cfa des 70 milliards F Cfa, on tourne autour de 55 milliards F Cfa, un montant digeste », estime Maxime Agosou-Vè pour justifier les raisons lesquelles ils se sont mis d’accord pour que les deux arrêtés soient mis de côté. « Nous voulons que le gouvernement se prononce officiellement sur ce qu’il met dans chacun des six arrêtés et nous allons apprécier. Nous sommes des Béninois, on ne veut pas le pire pour le pays », clarifie le porte-parole de l’Imp. Il martèle que l’Intersyndicale n’est pas là pour « une grève politique ni pour une couleur d’année scolaire ». L’Imp veut seulement un mieux-être pour les enseignants à travers les revendications liées surtout aux statuts particuliers pour lesquelles il invite le gouvernement à jouer franc-jeu afin que les acteurs reprennent le chemin de l’école.
Eviter l’année blanche
En dehors des désidérata liés aux statuts, les autres exigences prioritaires de l’Imp et sur lesquelles elle entend écouter le gouvernement touchent notamment les questions de reversement concernant des centaines d’enseignants en attente d’être reversés en agents contractuels de l’Etat et la situation des éducateurs et éducatrices et autres communautaires restés sans salaire jusqu’ici ou dont certains ont été sous-payés à 33 000 F Cfa, salaires qui ont été coupés depuis plusieurs mois. « Il y a trop de problèmes au niveau des enseignements maternel et primaire », se désole Maxime Agossou-Vè qui n’oublie pas non plus les revendications relatives à la relecture du décret n°2015-373 du 24 juin 2015 portant régime juridique d’emploi des agents contractuels de l’Etat. « C’est au regard de l’urgence de ces revendications qui engagent toute la vie enseignante et celle de l’école que nous exigeons que les discussions de fond de la rencontre de ce mardi ne soient pas conditionnées aux questions de défalcations sur salaires», insiste le porte-parole de l’Imp. Maxime Agosou-Vè estime que cette question pourrait revenir sur le tapis lorsque le gouvernement cherchera à réaménager le calendrier scolaire qui est aujourd’hui, selon lui, plus qu’une évidence. Il dit fonder sa certitude sur les textes de l’Unesco. Lesquels exigent clairement qu’il faille vingt-cinq semaines de cours au moins pour que soit validée une année scolaire. « Nous sommes à peine à quinze semaines, il reste dix semaines correspondant à deux mois et demi de cours. Si on retire les jours de congés, on ne peut plus rester dans ce délai puisque la fin de l’année scolaire est prévue pour juin », démontre le porte-parole de l’Imp qui estime que le réajustement du calendrier scolaire s’impose pour sauver l’année scolaire?
Actualités 13 mars 2018