La Nation Bénin...
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Nikki: La mairie en guerre contre les cabinets de soins illégaux[/caption]Le conseil communal de Nikki est préoccupé par l’assainissement du secteur de la santé dans leur commune. En témoigne la fermeture d’une vingtaine de cabinets de soins illégalement installés à laquelle il a procédé.
Depuis mardi 6 mars dernier, la mairie de Nikki s’est mise aux trousses des cabinets de soins illégalement installés sur son territoire. Appuyée par la police, elle a entrepris de faire le nettoyage dans le secteur. Sur les sept arrondissements que compte la commune, trois ont déjà subi l’opération déclenchée. Il s’agit de Ouénou, Tasso et Nikki centre.
Au total, quinze centres ont déjà été fermés. En dehors d’eux, neuf s’étaient empressés de tirer le rideau et de cesser toute activité, avant que l’équipe n’arrive à leur niveau.
C’est suite aux nombreuses plaintes liées à la prolifération des cabinets de soins illégaux dans sa commune, que le maire, Oumarou Lafia Boubakari, a pris cette décision. Appréhendant leurs conséquences sur la santé des populations qui les fréquentent, il a, avec les membres de son conseil, opté pour leur fermeture pure et simple.
« Des cabinets sont ouverts dans des maisons où on traite des malades et fait accoucher des femmes sur des bancs et des lits de fortune. Pour la plupart, ce sont des aides-soignants qui tiennent ces centres », a déploré le maire. « Les produits utilisés sont de qualité douteuse. Nous avons procédé à leur saisie. Ils ont été stockés à la zone sanitaire de Nikki », a poursuivi Oumarou Lafia Boubakari.
Avant de passer à l’action, les responsables de ces cabinets ont été, à plusieurs reprises, rappelés à l’ordre. La mairie a également tenu des séances de travail avec eux. Elle a aussi porté à leur connaissance, la liste des cabinets exerçant dans la légalité, après s’être conformés aux dispositions en la matière?
Monique Dougbadji, au sujet du Jif 2018-Challenge de Bountou: « Célébrer la femme à travers un jeu spécifiquement lié à la femme »[/caption]L’Association Bountou Sport (Abs) organise, ce vendredi 9 mars, à l’Unafrica de Cotonou dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme, un match de bountou dénommé « Jif 2018-Challenge de Bountou ». Il mettra aux prises les femmes de la Fondation Zinsou avec celles de l'Abs. Monique Dougbadji, présidente de l’Abs, parle de l’initiative et des avantages de ce sport d’entretien au Bénin.
La Nation : Qu’est-ce qui motive l’organisation de la « Jif 2018-Challenge de Bountou » ?
Monique Dougbadji : Il s’agit d’un match d’exhibition à travers lequel nous entendons apporter une touche particulière à la Journée internationale des femmes en mettant en valeur ce jeu spécifiquement lié à la femme. Cette rencontre vise la vulgarisation et la promotion du Bountou qui s’impose petitement en Afrique comme une discipline sportive particulière. Il s’agit aussi de démontrer que les femmes d’un certain âge peuvent également pratiquer le bountou comme sport d’entretien très efficace connu en République démocratique du Congo, au Gabon, au Cameroun, au Togo, au Sénégal et même en France, en Allemagne et aux Etats-Unis.
Quel est l'intérêt pour les femmes de participer à ce tournoi ?
C’est bien bénéfique à toutes celles qui vont y participer. D’abord, la pratique du bountou est une véritable thérapie contre l’obésité et d’autres troubles assimilés. Cette discipline constitue une alternative pour celles qui ont du mal à s’adonner aux épreuves sportives conventionnelles. Le bountou met en mouvement tout le corps, mêle à la fois gymnastique, danse, chanson et une bonne dose d’endurance. De quoi donner la bonne humeur. Le bountou permet de maintenir la forme physique et de garder la ligne. Et vous n’êtes pas sans savoir que garder la ligne est plus que vitale pour la femme.
Quelle est la cible à laquelle ce tournoi est destiné ?
Toutes les femmes, et même les hommes (pourquoi pas !), peu importe l’âge, peuvent pratiquer le bountou de 7 à 77 ans. Il ne faut pas considérer le bountou comme un simple jeu de divertissement, mais comme un jeu sportif digne du nom.
Quel message avez-vous à l'endroit du public?
Nous invitions le public de Cotonou et environs, à faire massivement le déplacement à l’Unafrica de Cotonou ce vendredi 9 mars, de 18 h à 20 h pour vivre ces moments de divertissement unique qui seront nostalgiques pour beaucoup?
Actualités 09 mars 2018
Littérature: Mgr Aristide Gonsallo lance Visa Plus et Pour une année poétique[/caption]Parus aux Editions publiques africaines de Cotonou, Visa Plus et Pour une année poétique, sont deux ouvrages écrits par Monseigneur Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo. La cérémonie du lancement de ces deux livres s’est déroulée, ce jeudi 8 mars à la Librairie Notre-Dame de Cotonou.
Selon le professeur Adrien Huannou, qui a préfacé le recueil de nouvelles Visa Plus, ce livre a la particularité d’être écrit par un évêque. Pour lui, c’est rare sous les tropiques de voir un prélat commettre une œuvre littéraire profane sans se cacher derrière un pseudonyme. Cette œuvre est une source de connaissances qui va abreuver de nombreux béninois amoureux de la lecture, estime le préfacier.
A la présentation du premier recueil de onze nouvelles, VisaPlus qui comporte 164 pages et six chapitres, la sœur Anicette Quenum apprécie la démarche de l’auteur qui, à travers ce livre, soulève les questions actuelles de la société béninoise. Selon elle, le paratexte, les titres de chaque chapitre, le lexique et le style sont d’une simplicité qui facilite la compréhension des nouvelles. « De Hasard de l’Amour », première nouvelle à "Visa Plus", la dernière et éponyme, on remarque que la syntaxe du livre tient compte du langage courant donc du lecteur ordinaire », fait-elle remarquer.
Pour le professeur Raphaël Yèbou, le recueil de poèmes Pour une année poétique constitue un service que l’homme de Dieu vient de rendre à l’humanité. Ce livre contient cinquante-deux poèmes de méditation qui provient de l’attachement irrévocable de l’évêque à Dieu lui-même à travers l’Esprit-Saint. Pour lui, le prélat a fait jaillir de son cœur de pasteur ce qu’il a obtenu lui-même de Dieu. Il dit être sidéré, à la lecture de ce recueil écrit par un évêque.
Le Père Roger Sevoh, représentant l’archevêque de Cotonou, a remercié Mgr Aristide Gonsallo pour cette œuvre intellectuelle qui montre la vitalité de l’Eglise du Bénin.
C’est l’occasion pour Monseigneur Gonsallo de remercier tous ceux qui l’ont soutenu dans cette aventure littéraire. Selon lui, ces ouvrages sont les fruits de plusieurs années de travail. « C’est le fruit de mes inspirations, c’est le résultat du souffle de Dieu en moi », a-t-il déclaré. Pour lui, c’est sa contribution à la littérature béninoise par ces temps où la jeunesse ne s’intéresse plus à la lecture. Monseigneur Aristide Gonsallo reste optimisme quant au retour des jeunes vers les connaissances livresques : « Je pense qu’il faut continuer à proposer de la matière jusqu’à ce que les jeunes retournent à la lecture », a-t-il suggéré?
Culture 09 mars 2018
Alibori: Quatre communes privées de l’énergie électrique depuis cinq jours[/caption]Les abonnés de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) de quatre communes de l’Alibori vivent le calvaire, depuis samedi 3 mars dernier. Ils sont privés de l’énergie électrique et doivent encore patienter pendant quelques jours. Une panne survenue sur le transformateur les alimentant est à la base du martyre qu’ils souffrent.
Déjà plus de six jours que les communes de Kandi,
Malanville, Ségbana et Karimama dans le département de l’Alibori sont sans énergie électrique. Ce qui crée d’importants désagréments à une grande partie de leurs populations. Moins nanties, elles n’ont pas de groupes électrogènes pour pouvoir se tirer d’affaire. A l’origine de cette situation, on évoque un dysfonctionnement survenu sur le gros transformateur qui les alimente. Les techniciens dépêchés de Parakou n’ont pas réussi à le réparer. En attendant, la Sbee a déjà fait convoyer cinq groupes de 2 MW chacun sur les lieux, à Kandi. Le temps de les installer, les populations de ces communes resteront encore dans le noir jusqu’à dimanche prochain.
S’agissant de la panne survenue, le directeur régional de la Sbee dans le Borgou-Alibori, Benoît Ahouandjinou, a indiqué qu’elle est majeure. Il faudra donc isoler le transformateur défaillant.
Par rapport aux populations de ces quatre communes de l’Alibori, celles de la ville de Parakou dans le Borgou ne sont également pas mieux loties. Elles sont victimes depuis plusieurs jours des coupures intempestives de l’énergie électrique. Les populations des quartiers de Nima, Banikani, Titirou et Gah sont les plus touchées.
Selon le directeur Benoît Ahouandjinou, c’est l’entretien et le réglage du réseau de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) et de certaines lignes de la société qui sont à la base de cette situation. Les travaux entrepris visent, a-t-il expliqué, l’amélioration de leurs prestations.
Les femmes de Saham Assurances pour sauver des vies[/caption]Dans le cadre de la vingt-troisième édition de la Journée internationale de la femme, le personnel féminin de Saham Assurances Bénin a organisé une opération de don de sang, ce jeudi 8 mars, dans les locaux de la direction générale de la société, à Cotonou. Il s’agit d’une action sociale pour sauver des vies humaines.
Au-delà de ses activités traditionnelles pour accompagner suite à des sinistres dans divers domaines, la société Saham Assurances Bénin s’engage désormais à sauver des vies humaines autrement. La célébration de la vingt-troisième édition de la Journée internationale de la femme (Jif) a été une occasion pour le personnel féminin d’organiser une opération de don de sang.
« Ainsi, nous sommes en train de porter une aide à nos sœurs et frères malades et qui ont besoin de sang dans des hôpitaux », a déclaré le directeur administratif et financier de Saham Assurances, Yessoufou Saliou Bello, qui représentait la directrice générale absente. Pour lui, sans le sang, il n’y a pas la vie. Il se rappelle qu’il a été victime du manque de sang dans un hôpital de Cotonou où sa maman a été admise. « J’ai dû me rendre à l’hôpital de Porto-Novo avant d'en trouver », souligne-t-il avant de dire que cela a été pour lui un choc.
Le directeur administratif et financier de Saham Assurances souhaite que cette opération de don de sang devienne une habitude dans sa société et que sur la liste des donneurs de sang au niveau des services compétents de la banque de sang, elle soit reconnue comme telle.
Pour la présidente du Comité d’organisation de l’opération, Exupérance Gbogblénou, épouse Hounkpè, la célébration de la Journée internationale de la femme est devenue depuis trois ans une tradition au niveau de Saham Assurances Bénin. Seulement, au cours des deux dernières éditions, souligne-t-elle, aucune action sociale n’a été organisée. C’est pourquoi, pour l’édition de 2018, la société a réfléchi à une action sociale. Et c’est l’opération de don de sang qui a été retenue pour sauver des vies humaines.
Au cours de l’opération hier, au-delà du personnel féminin qui était à l’honneur, il y a eu une grande mobilisation du personnel masculin de la société, de même que les agents commerciaux et des clients de la compagnie qui venaient pour des opérations habituelles. « Avec cette mobilisation, nous avons une vision très grande pour la Journée internationale de la femme », a laissé entendre Exupérance Gbogblénou Hounkpè qui promet que sa société ne va pas s’arrêter sur la seule opération de don de sang. « Nous voulons maintenir notre position de leader dans le secteur des assurances, en menant aussi des actions sociales », assure-t-elle.
Darius Ahononga, le premier délégué du personnel de Saham Assurances Vie, pour sa part, n’a pas caché sa satisfaction quant au déroulement de cette opération de don de sang. Il a remercié les femmes de la compagnie qui ont eu l’idée soutenue par la direction générale. « Le don de sang est un acte citoyen que tout le monde doit poser pour sauver des vies humaines», conseille le premier délégué du personnel qui estime que si tout le monde peut le faire, des enfants malades, des femmes enceintes souffrantes peuvent être sauvés?
Synergie d’actions pour un mieux-être au ministère du Cadre de vie[/caption]Les femmes du ministère du Cadre de vie et du Développement durable ont célébré, ce jeudi 8 mars à Cotonou, la Journée internationale de la femme. C’était en présence du ministre José Tonato et de sa directrice de cabinet, Jeanne Josette Akoha Acacha.
« Plus de synergie d’actions pour un mieux-être de la femme béninoise », voilà le thème choisi au plan national dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de la femme. Pour la directrice de cabinet du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, Jeanne Josette Akoha Acacha, les réflexions doivent être menées dans ce canevas. Comme sujets de réflexions, elle a évoqué la loi relative à l’interdiction de l’usage des sachets plastiques. Un sujet qui interpelle, selon elle, les femmes en service dans ce ministère qui devraient pouvoir éclairer leurs sœurs et tout autre curieux sur la question.
Jeanne Josette Akoha Acacha retient comme élément de réflexions, le projet asphaltage qu’elle invite à cerner en vue de mieux y communiquer.
La Journée internationale de la femme offre l’occasion de réfléchir non pas pour un combat mais pour la vie. Il s’agit, selon le ministre, de reconnaître à la femme sa place dans nos sociétés et son rôle dans le développement.
Se référant au thème retenu au plan international « L’heure est venue : les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes », le ministre y croit le côté positif du terme "activiste". Un terme qu’il assimile à l’ensemble des acteurs à divers niveaux, y compris de la société civile, en somme, tous ceux qui, de façon positive et déterminée, se battent pour l’amélioration des conditions de la femme.La femme étant entendue comme la mère, la sœur ou l’épouse. Ce qui constitue, relève le ministre, la base même de la société.
Au-delà de la Jif, il faut, rappelle le ministre, un soutien continu à la femme dans les gestes quotidiens, dans la vie de tous les jours. Il demande à chacun de sa position de directeur, de chef service, de détenteur d’un quelconque pouvoir, de respecter la femme et de lui offrir les conditions pour qu’elle s’exprime à sa juste valeur. Au même moment, la femme dans sa position est digne de porter le titre, car la femme c’est le labeur, le travail. Le ministre n’en veut pour preuve que les activistes rurales qui sont presque des forcenées du travail qui n’espèrent même rien en retour. « Un exemple que nous devons suivre », recommande le ministre. Les femmes sont-elles facteurs ou catalyseurs de synergie dans notre milieu de travail ? s’interroge José Tonato.
Par ailleurs, le ministre révèle ce qui dans le Programme d’action du gouvernement valorise la femme et les couches vulnérables. C’est le programme Arch qui embrasse l’assurance, la formation, le microcrédit et la retraite non pas pour les fonctionnaires, mais pour les femmes en général; il s’agit de donner la main aux femmes du secteur dit informel pour se développer. Ce programme règle, déclare-t-il, de façon pragmatique, fondamentale et durablement, le problème de l’autonomisation de la femme. Il y a également le programme de modernisation des marchés urbains et régionaux, ce qui vise à donner aux femmes les moyens qu’il faut pour mieux atteindre le développement. Le ministre évoque également les logements économiques, la gestion des déchets dans le Grand Nokoué et le projet de modernisation des voiries urbaines. Il appelle, pour finir, à la synergie d’actions pour l’atteinte de l’Odd 11, faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables. Que les femmes soient des activistes pour transformer le ministère ! souhaite-t-il?
L’Unicef lance #NotMe[/caption]Dans le cadre de la Journée internationale de femme, l’Unicef s’est associé à l’Organisation non gouvernementale Enafa pour lancer l’initiative #NotMe, ce jeudi 8 mars à la salle de conférences de l’Unicef à Cotonou.
Selon Claude Akoha, secrétaire général de l’Ong Enafa, cette initiative vient à point nommé, car elle permettra de réfléchir aux conditions de vie des femmes dans notre société. Il a saisi l’occasion pour témoigner sa gratitude à l’Unicef pour son combat sans faille aux côtés de la gent féminine.
Jonas Kindofodji, coordonnateur de la plateforme Synergie d’action des Organisations de la Société civile des jeunes pour la campagne Tolérance Zéro, abonde dans le même sens et invite les participants à cette cérémonie à placer les femmes au cœur de toutes leurs activités.
La présidente du Zonta club international, Bernadette Jorgensen, dit être heureuse de la participation massive des hommes à cette cérémonie. Selon elle, cela témoigne de la volonté des hommes à s’engager aux côtés des femmes. « Je remercie les hommes pour avoir décidé de soutenir les femmes, car nous ne pouvons rien réussir sans vous », a-t-elle déclaré.
Docteur Claudes Kamenga, représentant résident de l’Unicef au Bénin, se réjouit de ce que son institution soit associée à cette initiative qui vise à rassembler les hommes, notamment des adolescents et des jeunes pour dénoncer les violences sexuelles faites aux femmes et filles et sensibiliser leurs pairs. « L’Unicef soutient cette initiative car elle cadre avec les objectifs de la campagne Tolérance Zéro au mariage des enfants lancée par le gouvernement en juin 2017. Il exhorte les hommes et les jeunes garçons à se lever pour briser la chaîne de violence pour protéger les femmes et les filles. A ce propos, il suggère que des programmes et des politiques soient développés pour impliquer les hommes et les garçons pour la prévention des violences basées sur le genre. Dr Claudes Kamenga félicite l’Ong Enafa pour son engagement et tous les jeunes présents au lancement de cette initiative qui va déclencher un débat social sur les normes du genre néfastes au Bénin et va contribuer à la création d’un environnement égalitaire et protecteur des femmes et des filles du Bénin?
Christian HOUNONGBE (Stag)
Société 09 mars 2018
Célébration de la Journée internationale de la femme[/caption]Les manifestations officielles de la vingt-troisième Journée internationale de la femme ont été célébrées, ce jeudi 8 mars à Djougou sous l’égide de la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Occasion pour la gent féminine d’attirer une fois encore l’attention sur la condition de la femme et aux autorités d’affirmer l’engagement du gouvernement à œuvrer pour son autonomisation.
La mobilisation était au rendez-vous à la Place de l’indépendance de Djougou, ce jeudi. La forte chaleur notée en ces lieux n’a point ébranlé les femmes qui, par centaines, ont honoré de leur présence les manifestations officielles de la journée internationale à elles dédiée. Très enthousiastes, elles ont montré leur volonté à marquer d’un cachet spécial l’évènement.
Quoiqu’en fête elles n’ont pas manqué de soumettre à cette occasion leurs doléances aux autorités politico-administratives présentes : de l’appel à la promotion de leurs droits à leur bien-être en passant par l’octroi de microcrédits pour leur autonomisation. A travers Alilath Saka Zoumarou, leur représentante, elles ont souhaité, comme l’indique le thème de la journée, « plus de synergie d’actions pour leur mieux-être ». Des préoccupations auxquelles n’ont pas été insensibles la représentante du chef de file des partenaires des secteurs genre et protection sociale ainsi que le maire de la commune de Djougou. Fort de ce que les femmes peinent à s’épanouir dans la société africaine par le fait de pesanteurs sociologiques et de violation de leurs droits, Abischaï Abraham Akpalla, maire de Djougou, a plaidé pour une meilleure prise en compte des questions relatives à leur autonomisation et à l’éducation des filles. Un volet que ne perd pas de vue le gouvernement, à travers son programme d’actions et les différents acteurs à charge de la promotion et de la défense des droits de la femme au Bénin, a souligné Mèmouna Sinimbou Baboni, directrice générale de la Famille et des Affaires sociales. Loin d’être une journée festive au cours de laquelle les femmes arborent de beaux tissus et festoient sans réel but, la Journée internationale de la femme, selon elle, doit leur permettre de prendre conscience du rôle capital que leur confère la société, celui d’artisane de paix et de développement.
Un rôle qu’a magnifié à son tour Bintou Chabi Adam Taro, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Du statut d’épouse, de mère et d’acteur de développement à travers ses activités, la femme reste à ses yeux un maillon important de la société.Tout en soulignant la place que le gouvernement accorde à l’autonomisation de la gent féminine et à sa contribution significative au processus de création de valeur ajoutée à l’économie nationale, elle a énuméré les programmes spécifiques à lui dédiés à travers la vision du gouvernement. La relance du programme de microcrédit n’est qu’une composante de l’immense vision que nourrit Patrice Talon en ce qui concerne le social et notamment en direction des femmes, a-t-elle indiqué. Nonobstant les effets indirects du programme de microcrédits, nouvelle génération, elle a mis en exergue le projet de l’autonomisation des filles et femmes, l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), la formation opérationnelle ainsi que l’assurance retraite aux acteurs du secteur informel.
Elle a par ailleurs, noté que l’année 2018 sera consacrée à de nombreuses initiatives notamment la mise en place du compendium des compétences féminines qui contribuera à insuffler une dynamique à l’œuvre de construction de la nation par les femmes au Bénin?
Le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys[/caption]Pour relever le défi des difficultés liées à la production des actes de carrière, le gouvernement a, dans son programme d’actions, inscrit en bonne place au titre des réformes à conduire, la modernisation de la gestion du personnel de l’Etat. A ce titre, le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, a procédé, ce jeudi 8 mars à Cotonou, au lancement officiel de la dématérialisation du processus d’avancement d’échelon des agents de l’Etat.
Au Bénin, le fonctionnement de l’administration est handicapé par un certain nombre de facteurs, à savoir la complexité des circuits et des procédures, la difficulté d’accès à l’information et la lenteur administrative. Des maux qui, selon le directeur général de la Fonction publique, Bertin Quenum, frappent l’usager, et qui n’épargnent pas le fonctionnaire, l’agent de l’Etat notamment à l’occasion de l’obtention de nombreux actes concernant le bon déroulement de sa carrière.
Il affirme que ces dysfonctionnements peuvent être corrigés par le truchement de la modernisation de l’administration. « Le ministère du Travail et de la Fonction publique s’est déjà engagé sur cette voie et a réalisé la mise en exploitation du portail web du ministère soutenu par des plateformes de ligne sécurisée des actes de carrière, la plateforme SMS de consultation de la dernière situation administrative de l’agent de l’Etat », ajoute Bertin Quenum.
Le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, affirme que l’informatisation de l’avancement d’échelon qui n’est qu’un volet de la modernisation, traduit l’évolution hiérarchique automatique d’un agent de l’Etat à l’intérieur d’un grade intervenant tous les deux ans à partir de la date de titularisation, et qui consiste à passer d’un échelon inférieur à un échelon supérieur.
La dématérialisation de l’avancement de grade, des reclassements, des actes de position et de retraite permettra, selon Adidjatou Mathys, de réduire de façon significative les tracasseries que subissent les usagers des services et leur assurer l’évolution hiérarchique automatique des agents en position de travail.
Elle rappelle que la Fonction publique béninoise est actuellement caractérisée par une lenteur et un manque de célérité dans la fourniture des services aux citoyens en raison des méthodes, pratiques et procédures administratives inadaptées aux besoins d’un environnement en pleine mutation et à la pointe des technologies de l’information et de la communication.
« Dans le contexte actuel, en dépit des moyens déployés en ressources humaines, matérielles et financières pour la production des actes de carrière, le taux de satisfaction des usagers demeure bas », affirme le ministre du Travail et de la Fonction publique. Elle ajoute que le système informatique qui est en train d’être expérimenté a pour objectif d’assurer la prise des actes d’avancement d’échelon par trimestre.
Le dispositif permettra la production des actes administratifs de façon périodique, sans une demande formulée par l’agent, et impliquera toutes les structures en charge de la gestion de la carrière du personnel civil de l’Etat. Ainsi chaque agent peut, à partir de son poste de travail, avoir une évolution de sa carrière et disposer des actes y afférents sans avoir à se déplacer sur des kilomètres.
Adidjatou Mathys soutient que dans le cadre de la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois des finances, ce dispositif permettra à terme le cadrage et la maîtrise des effectifs de la Fonction publique et de la masse salariale.
Multiplication des mères célibataires: Quelle chance de survie pour la famille ?[/caption]La constitution de la famille passe par son fondement basé sur la différence de sexe, qui unit un homme et une femme via le mariage à travers lequel il est attendu de leurs activités sexuelles la descendance. Les deux prétendants à la vie conjugale qui sont les initiateurs au plan individuel, sont consacrés par les deux grandes familles dont ils proviennent à travers la célébration du mariage dans les sphères à la fois religieuse, coutumière et juridique. Tels sont les trois espaces qui scellent la vie sexuelle de deux individus de sexes opposés depuis lors dans le contexte béninois. C’est ainsi que l’organisation sociale de la sexualité humaine dans la codification et la régulation du comportement sexuel a érigé le mariage comme cadre légal et légitime de la vie sexuelle dans la communauté. Ce qui engendre surtout pour la femme, dans le système patriarcat béninois, une exclusivité d’activités sexuelles dans l’institution qu’est le mariage avec son seul homme. Toute transgression est sanctionnée de diverses manières...
La célébration du mariage qui consacre la vie sexuelle institutionnalisée des deux individus dépasse alors ces derniers pour faire engager la responsabilité des deux familles dans la pérennisation et la cohésion de cette petite famille qui reste ainsi une unité de la grande famille de part et d’autre de la famille de provenance de chacun d’eux.
Ce faisant, la famille ainsi constituée à l’issue de la célébration du mariage dispose et bénéficie des mécanismes appropriés pour être à l’abri de toute crise pouvant conduire à sa dislocation. Elle est alors entretenue et encadrée par la grande famille, dans la mesure où la petite unité familiale est appelée à prospérer.
Cette stratégie a contribué, entre autres, à la longévité des familles pour des décennies de vie conjugale où seul le décès modifiait la structuration familiale dans son essence.
Mais aujourd’hui, du fait de l’ouverture de la société béninoise sur le monde avec les révolutions sexuelles dans les pays occidentaux sans occulter aussi les diverses crises internes, l’institutionnalisation de la vie sexuelle n’est plus observée par les nouvelles générations.
C’est parmi les facteurs exogènes que sont le droit au divorce accordé aux femmes, la liberté de choisir son partenaire sexuel, que la dissolution du mariage est devenue une réalité sociale consacrée avec possibilité de la tenue des activités sexuelles prénuptiales. Certes, cette ouverture sur le monde a contribué à réduire la prédominance de l’homme comme joug pour la femme, car les pouvoirs publics ont accédé à ce courant d’internationalisation des droits de la femme.
Cette revendication de la gent féminine de pouvoir disposer et contrôler son corps à laquelle ont accédé les pouvoirs publics n’est pas restée sans conséquence sur la constitution, la structuration et la longévité de l’institution familiale. C’est dans cette perspective que le mariage comme cadre légal d’activités sexuelles n’est plus indispensable pour l’avènement de l’unité familiale que d’aucuns qualifient de « concubinage ». Cette réalité sociale de la liberté de la femme a traversé les frontières de sa genèse et de son avènement pour influencer les acteurs sociaux d’autres contrées transfrontalières.
Cette généralisation de la quête de la liberté de la femme a surtout bénéficié de la possibilité d’une dissolution du mariage et par conséquent de la dislocation familiale si les conditions de cette dernière sont remplies, établies et prouvées par la justice. C’est dans ce contexte que la famille a connu de profondes métamorphoses tant dans sa constitution que dans sa structuration, surtout dans les pays au Sud du Sahara.
A ce titre, la vie sexuelle semble être libérée des contraintes sociales qui étaient faites, entre autres, par des étapes à suivre avant d’avoir une femme comme compagne de vie. Parce que la sexualité humaine n’était possible dans son vécu charnel que dans le mariage. Alors que ce dernier exigeait une période de fiançailles où étaient proscrites des activités sexuelles prénuptiales. Car la valeur admise et promue était la virginité dans les sociétés traditionnelles. Une telle pratique sociale participait aussi au contrôle social de la famille élargie sur la vie sexuelle surtout celle des jeunes filles depuis leur puberté jusqu’à leur intégration officielle dans le mariage célébré pour l’honneur de la famille.
Mais aujourd’hui avec les diverses crises à la fois morale, économique et familiale, le contrôle social s’est effrité avec une certaine prédominance de la nucléarisation familiale. Cette dernière génère l’individualisme qui devient la règle de référence au détriment de la solidarité de la communauté du fait aussi, entre autres, de l’urbanisation avec ses conséquences sur les réseaux sociaux des diverses communautés. Elles perdent de plus en plus de l’espace géographique pour une vie sociale d’intégration et de solidarité.
C’est dans ce contexte social d’effritement de l’emprise des facteurs de socialisation où la vie sexuelle semble ne plus être confinée dans son cadre institutionnalisé qu’est le mariage. D’où l’enregistrement des activités sexuelles prénuptiales avec un abaissement de l’âge au premier rapport sexuel au fil du temps. Aujourd’hui, la jeune génération commence les premiers rapports sexuels à l’âge de 15 ans et parfois moins. Cette tendance est régulièrement observée par les grandes enquêtes nationales que sont Esdg (Ministère de la Santé) et Eds (Insae) dont les dernières éditions les plus récentes peuvent être consultées. C’est dans ce contexte que la vie sexuelle est ainsi libérée de la contrainte sociale de la virginité qui est remise en cause de fait alors qu’elle était une composante cruciale des mœurs sexuelles dans les sociétés traditionnelles aujourd’hui en transition. La quête de cette valeur mobilisait toute la famille élargie dans la surveillance et l’encadrement de la fille à la période de la puberté...
Dans ce climat social où se retrouve la vie sexuelle, l’obligation de faire connaître son prétendant à ses parents surtout par la fille n’est plus observée, car la quête de la liberté individuelle couvre aussi le domaine sexuel et par conséquent le champ social de ladite liberté s’élargit. Ce faisant, les partenaires sexuels mènent leurs relations sexuelles à l’insu de toute instance pouvant les interroger sur le fondement et la perspective d’une telle relation ente eux. Ils se retrouvent être en relation sans aucun engagement de part et d’autre. Dans ce contexte, la femme reste et demeure une victime potentielle de tout comportement de la part de son partenaire sexuel. Car, c’est elle le réceptacle du liquide séminal qu’est l’éjaculat dont la vitesse de mobilité est de 45 km /h durant les ébats amoureux.
Facteurs d’abandon
Face à cette jouissance mutuellement partagée, c’est-à-dire le plaisir sexuel éprouvé, certaines femmes n’ont pas toujours conscience des enjeux qui se dégagent de la réception dudit liquide dans leurs vagins respectifs avec ses conséquences physiologiques et biologiques. Il en est ainsi, car le rapport sexuel avec cet homme intervient durant la période d’ovulation au moment où ce dernier ne s’est pas protégé. La probabilité de la survenue d’une grossesse est forte.
Au lendemain de ce résultat et du fait de l’absence d’un engagement et de preuves de garantie chez l’homme, la femme se retrouve seule à y faire face quand l’auteur refuse ou abandonne ou encore nie avoir tenu des relations sexuelles avec cette dernière. Parfois, ces activités sexuelles surviennent sans aucune mesure préventive de la part de la femme pour pallier l’avènement d’une éventuelle grossesse non désirée.
Certes, un acte sexuel, s’il n’est pas un viol, doit quand même bénéficier d’un consentement et d’un critère démographique qu’est la majorité sexuelle, c'est-à-dire un âge minimum requis (18 ans) sans autorisation parentale.
Dans ce contexte, la femme reste seule à savoir les mobiles de la tenue d’un tel rapport sexuel avec un tel homme et à quelles fins et sans aucune protection. Dans ce climat des activités sexuelles, comment peut-on s’imaginer qu’après les rapports sexuels, elle se retrouve seule responsable à faire face aux conséquences de leurs ébats sexuels ?
A l’issue de cette réalité sociale des femmes qui se retrouvent avec des grossesses sans reconnaissance paternelle ou abandon de la part de l’auteur, quelques interrogations s’imposent.
La femme a-t-elle une parfaite connaissance, voire une maîtrise de son état en tant que femme sur les moments de l’ovulation même si parfois il y a des impondérables qui peuvent perturber ce phénomène physiologique qui la caractérise ?
La femme étant, sans doute, durant ces moments en compagnie de plus d’un homme, où elle cultive le pluri-partenariat sexuel dans ses activités sexuelles ?
La femme a-t-elle présenté ou indiqué son partenaire sexuel à ses parents d’une part et d’autre part, l’homme a-t-il également fait les pas chez les parents de sa probable dulcinée ?
La femme a-t-elle considéré ce dernier, c'est-à-dire l’homme comme un partenaire sexuel occasionnel et vice-versa ?
Pourquoi n’a-t- elle pas exigé des garanties avant la tenue d’un rapport sexuel encore moins sans aucune protection ?
La femme a-t-elle tenu compte du temps écoulé entre celui de la première rencontre physique avec cet homme et celui de la tenue du rapport sexuel ayant conduit à une grossesse ?
La femme a-t-elle eu le temps de connaître l’environnement humain de son partenaire sexuel, qui devient, de fait, l’auteur d’une grossesse à polémique ?
La femme a-t-elle voulu faire de son activité sexuelle un rapport sexuel économico-sexuel avec ce dernier ?
La femme voudrait-elle aussi saisir cette opportunité pour piéger l’homme, car sans doute elle aurait envie d’être de la vie conjugale de cet homme sans avoir eu préalablement l’accord de ce dernier ?
Tels sont les divers questionnements à travers lesquels les acteurs sexuels pourraient répondre, surtout les femmes qui sont les victimes.
Cependant, outre ces questionnements surtout chez la gent féminine, quels pouvaient être aussi les motifs plausibles chez l’homme pour avoir abandonné la femme avec qui il a eu des activités sexuelles qui se sont soldées par une maternité ?
L’homme n’a-t-il pas conscience des conséquences et des responsabilités qui sont les siennes après son éjaculat dans le milieu vaginal si ce dernier ne s’était pas protégé ?
Il résulte de ces divers questionnements que la sexualité humaine dans un contexte social fait de diverses crises à la fois religieuse, sociale, morale, économique, culturelle, voire familiale perd de plus en plus de sa sacralité et de sa solennité (virginité, dot, mariage et légitimité sociale) pour s’inscrire dans un individualisme avec une « mercantilisation » de l’acte sexuel.
Dans ces conditions, la famille perd de sa composition originelle et fondamentale, de sa structuration, voire de sa fonction surtout celle éducative, car les deux figures parentales (père et mère) sont absentes dans la construction de la personnalité de la progéniture, fruit de leurs ébats amoureux. Pourtant, toute femme rêve a priori de faire une entrée heureuse dans la vie conjugale avec ses effets.
Ainsi, elle fait une entrée éprouvée dans la vie familiale avec un handicap social, où elle est seule avec son enfant après le refus ou l’abandon de paternité de la part de l’homme. Au regard de son environnement humain, elle devient la risée avec parfois une certaine marginalisation sociale temporaire en guise d’une sanction sociale de son acte. C’est pourquoi, elle souffre des conséquences sociales d’un comportement sexuel mal négocié.
Filiation compromise
Cette situation de refus ou d’abandon de paternité met certaines femmes dans des états confus. De cette confusion, se manifestent une certaine déception du comportement de l’homme tout comme une certaine culpabilité de leur naïveté ou légèreté pour être ainsi victimes des flatteries de l’homme...
Ce dernier semble être plus préoccupé par un plaisir sexuel occasionnel que par un engagement pour une sexualité assortie de responsabilité à assumer. Il urge alors que la femme prenne le temps d’étudier l’homme avec qui elle entretient des relations sexuelles qui ne sont pas que des besoins physiologiques mais des responsabilités énormes avec des liens établis pour toujours à cause de l’enfant.
Cependant, dans cette confusion d’auteur de grossesse, il arrive parfois que certaines femmes attribuent la paternité de la grossesse à polémique à une tierce personne. Ce faisant, elles compromettent ainsi le lien biologique entre l’enfant et cette dernière qui s’exprime par le sang. Cette réalité sociale de la filiation biologique qui caractérise encore le patriarcat et la voie sexuelle comme modalité de procréation dans l’altérité sexuelle au Bénin, remet en cause le principe selon lequel seule la mère est susceptible de connaître le père de son enfant.
Dans ce contexte, peut-on dire qu’elle le fait avec une mauvaise foi ou c’est le fruit d’une méconnaissance de son état de reproduction humaine ?
Un tel acte n’est pas sans revers dans la mesure où cette filiation attribuée pourrait être remise en cause par une tierce personne, devant les instances judiciaires où les preuves d’ADN contribuent à établir la vraie filiation de façon génétique. De ce fait, l’enfant perd le nom initial à l’état civil alors que ce dernier est un patrimoine. Un tel résultat engendre une remise en cause de ses différents actes. L’enfant subit ainsi les préjudices de l’acte posé par sa mère et pour quels motifs alors ? La femme en procédant ainsi a-t-elle conscience des conséquences d’une telle remise en cause de la vraie filiation de la grossesse qu’elle avait portée ?
Cet enfant perd ainsi les liens sociaux avec le faux père et parfois une crise de confiance est générée surtout entre l’enfant désaffilié et sa mère qui aurait agi avec des mobiles dont elle est seule à connaître tant le contexte que le contenu.
Comment va-t-il alors nouer, voire entretenir les relations filiales avec le vrai père que la justice a rétabli dans son droit ?
C’est aussi une crise de cohésion sociale entre les protagonistes après la décision de la justice qui rétablit la vraie filiation. Elle n’épargne pas la crédibilité de la famille dont est issue la mère, auteure de cet acte d’attribution d’une fausse filiation d’une grossesse réellement conçue sans connaître le vrai auteur. Cet acte donne la preuve qu’une telle mère est une personne de mœurs légères selon la perception de la société des questions de la sexualité humaine et celle d’une femme. Même si le Code des personnes et de la famille donne la possibilité à la femme qu’en cas de désaveu de donner son nom à son enfant (article 6).
Certes, c’est une possibilité mais dans la réalité sociale, une telle situation fait l’objet de beaucoup d’insultes, car encore c’est aussi la manifestation d’un comportement sexuel de mœurs légères en matière de pratiques sexuelles qui est indiqué par le regard inquisitoire de la société. Ce rejet social trouve entre autres son fondement dans l’organisation sociale de la sexualité humaine au sein de la société. Le droit régissant une matière comme la sexualité humaine au Bénin n’a pas encore une emprise totale sur le sujet comparativement aux autres normes sociales que sont la morale, la religion et la coutume qui sont encore dans la prédominance de la codification de la vie sexuelle dans la société béninoise.
Il y a aussi une issue pour les grossesses dont la paternité n’est pas reconnue chez les femmes concernées. Elle n’est rien d’autre que les avortements provoqués avec leurs conséquences et ce, pour éviter la réaction des parents et les diverses insultes de la société.
Mais la présente réflexion se focalise essentiellement sur l’issue favorable de la grossesse à polémique qu’est la maternité où l’individu est né d’une mère dont l’auteur n’y est pas …
Face aux épreuves
Après avoir fait une brève présentation des issues plausibles des grossesses qui font objet de refus ou d’abandon de paternité par les hommes, comment est faite la vie de la femme au lendemain de ces épreuves difficiles à maints égards ? Quel est alors l’avenir sentimental de ces femmes qui sont des déçues d’une vie sexuelle conjugale à controverse ?
Certes, dans ces catégories de situation, certaines femmes arrivent à renouer avec la vie sexuelle dans un cadre institutionnalisé. Ce qui permet d’avoir des familles recomposées et à d’autres de ne plus faire le choix d’avoir une vie sexuelle exclusive avec un homme. Ce qui engendre des familles monoparentales surtout à dominance féminine.
Pour ces catégories de femmes ayant déjà eu des enfants et à cause de la déception, elles se retrouvent souvent dans des relations sans aucun engagement. Ce qui laisse libre cours à une errance sexuelle. Elles font ainsi le choix de ne plus procréer et non de ne plus faire l’amour. Dans ce contexte, elles ont la possibilité de vivre, selon leur bon vouloir, leur vie sexuelle avec un homme de leur choix, qui sans doute va s’inscrire dans une vie sexuelle sans progéniture. Alors qu’hier, dans les sociétés en transition aujourd’hui, la vie sexuelle de la femme n’est admise que dans un cadre conjugal reconnu socialement. Car l’homme constitue une couverture sociale pour la femme, surtout sa vie sexuelle qui n’est pas perçue sans un cadre exclusif encore moins sans un homme reconnu. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui du fait des diverses mutations sociales provenant tant de l’intérieur que de l’extérieur du pays.
Cette option de vie n’est pas sans conséquence si entre temps cette femme ne dispose pas d’un pouvoir économique devant lui permettre d’être à l’abri des besoins. Dans le cas contraire, certaines femmes deviennent des prestataires de services sexuels dont des hommes sont demandeurs. Dès lors, le risque de reproduction sociale de leur situation n’est pas à écarter, car les filles dont elles sont mères vont sans doute être influencées par leur mode de vie.
Ces enfants ainsi socialisées avec une seule figure parentale qu’est la mère éprouvent parfois des déficits d’affection parentale et se rebellent contre leurs génitrices surtout quand ces dernières n’arrivent pas à leur dire qui est leur père. Cette situation génère des conflits entre mère et enfant au point où des actes d’homicide volontaire sont enregistrés. Un enfant qui assassine sa mère quand cette dernière n’a pas pu dire à son enfant qui est son père. Est-il le fruit des actes sexuels d’inceste, d’adultère, voire de viol qui sont des comportements sexuels interdits ?
La moralité sexuelle ambiante n’a pas sans doute favorisé la communication de la réalité sociale de l’histoire d’une grossesse conçue dans des conditions proscrites surtout par les mœurs sexuelles dans les sociétés traditionnelles en transition vers la modernité. Cette contrainte sociale en matière de sexualité humaine empêche alors la mère de révéler à son enfant un acte qui porte atteinte à la pudeur.
Somme toute, dans ces conditions, la famille déjà en crise perd alors de plus en plus de son essence dans son fondement, dans sa structuration et par conséquent la cohésion sociale est éprouvée dans la société. Une telle situation influence l’éducation de l’enfant, car la cellule familiale est le ciment de la société.
La socialisation primaire est ainsi compromise du fait que l’enfant issu de ces familles en crise semble être plus vulnérable à la délinquance juvénile. Cette dernière génère des difficultés pour l’amélioration des indicateurs de développement humain durable. D’où la délinquance juvénile est un problème pour la société.
Agir
Au regard de ce contexte de la famille en déconfiture, il urge que des mesures soient prises pour non seulement faire renaître la famille de ses cendres, mais aussi pour aider la femme à contribuer à une vie conjugale stable et responsable pour l’unité familiale. Car sa mobilité sexuelle et conjugale constitue une source de menaces pour la stabilité et la cohésion de la famille et par conséquent de la société. Pour cette dernière, une grande sensibilisation et une formation sur les enjeux et les responsabilités qui découlent de la vie sexuelle s’imposent. Puisque la femme, dans sa croissance à la fois démographique et physiologique voire psychologique, est exposée à la drague sexuelle des hommes. A cette étape de sa vie, la femme n’est pas toujours informée des responsabilités qui découlent de cette drague sexuelle, à cause de la pression sociale de l’homme et de l’idéal sentimental qui l’anime dans tous ses états. Le cœur l’emporte dans ce contexte sur la raison dans la mesure où elle ne semble pas bénéficier d’un accompagnement familial ou institutionnel en vue d’une autonomie de volonté.
De plus, les filles qui deviennent des exclues du système éducatif doivent être prises en compte pour une formation, gage de leur autonomie financière, qui va réduire leur dépendance économique vis-à-vis de l’homme avec ses conséquences surtout au plan sexuel.
Outre celles exclues, on devra aussi travailler pour le maintien des filles dans le système éducatif et leur promotion après les succès scolaires. Une telle stratégie pourra avoir des effets multiplicateurs sur le reste des filles qui vont ainsi bénéficier des actions de ces modèles ainsi promus.
Cependant, pour y parvenir, il faudra surtout mener une lutte efficace contre le « virus social » des grossesses en milieu scolaire. Car, c’est parmi ces filles tombées enceintes dans les collèges et dans d’autres espaces de formation qu’il est enregistré des cas des mères célibataires et de la fausse attribution de la filiation à l’enfant. Il n’est pas non plus à écarter la probabilité des cas de nouvelles infections au Vih/Sida du fait des actes sexuels accomplis sans protection. Elles se retrouvent ainsi parmi les cas de la prévention de la transmission de la mère à l'enfant (Ptme).
Les déterminants de ces grossesses sont déjà renseignés par des recherches universitaires et d’autres études nationales. Il reste que tous les acteurs institutionnels et autres compétences avérées se retrouvent dans une approche pluridisciplinaire pour trouver l’antidote convenable et intégrateur avec la participation des parents.
Que des actions isolées cessent d’être posées parfois sans aucune concertation en vue d’éviter des doublons. D’où une cartographie des acteurs sociaux et programmes en vigueur s’impose également. Toute activité initiée en leur direction doit disposer des indicateurs avec un suivi adéquat et permanent.
Par ailleurs, l’école ne saurait être passive face à cette réalité sociale des grossesses en milieu scolaire. Aussi est-il est impérieux que le corps enseignant des collèges puisse bénéficier, au cours de la formation, à l’école normale d’un cours sur les questions de la sexualité humaine. Ce cours doit relever d’une compétence avérée en la matière et non des étrangers qui s’improvisent détenteurs de tout savoir et vont faire recours à l’internet exclusivement pour enseigner.
Ces diverses mesures vont contribuer à disposer des femmes capables de pouvoir investir les divers espaces de prise de décision où elles sont absentes du fait entre autres des stéréotypes mais aussi de leur faible nombre dans des secteurs de responsabilité. Une discrimination positive n’aura de sens que si des facteurs d’exclusion sont identifiés et étudiés pour des mesures inclusives au profit de la gent féminine. Cet épanouissement de la femme va contribuer à la stabilité de l’unité familiale, gage d’une société socialement sécurisée et pérenne. La famille reste et demeure le ciment de la société, sauvons-la à tout prix.
*Sociologue
Société 08 mars 2018