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Nouvelles

Célébration de la fête des religions endogènes : Parakou sacrifie à la tradition dans l’indifférence totale des autorités

A Parakou, chants, danses, démonstrations de force, prières et libations ont marqué la célébration de la vingt-quatrième édition de la fête nationale des religions endogènes, ce mercredi 10 janvier. En dépit de la morosité ambiante, dignitaires et adeptes du vodoun se sont donné rendez-vous sur le terrain de l’Ocbn et à la cour royale au quartier Gah pour leurs cérémonies. Aucune autorité politico-administrative n’était présente à leurs côtés.

A l’instar de leurs homologues des autres localités du Bénin, les dignitaires et adeptes du vodoun de la ville de Parakou, étaient également en liesse, ce mercredi 10 janvier dernier. C’est à l’occasion de la célébration de la vingt-quatrième édition de la fête nationale des religions endogènes. En provenance des différents couvents et temples de la ville, ils étaient pour la circonstance drapés de pagnes et parés de perles, selon les exigences de leurs divinités respectives. Malheureusement, à l’occasion de cette fête qui constitue un évènement de haute portée culturelle et cultuelle, il n’y avait pas une seule autorité de la ville à leurs côtés.
Ce qui, toutefois, ne les a pas empêchés non seulement d’avoir une pensée à leur égard et à l'endroit de tous les hauts responsables du pays, mais aussi de prier pour la paix au Bénin. «Nous avons placé cette célébration sous le signe du Fâ : le Gouda Bla, qui a été révélé au cours de cette année 2018. Chacun, selon sa divinité ou son culte a prié pour que la paix règne à Parakou et au Bénin », a indiqué Pacôme Assohounmè, dignitaire du culte Togbo Ava et secrétaire général du Bureau des tradi-praticiens de la commune de Parakou.
Dans le cadre de cette célébration, plusieurs manifestations ont été organisées. Sur le terrain de l’Ocbn, au quartier Camp Adagbè, l’heure était aux grandes retrouvailles entre les dignitaires et adeptes des Egun-gun, Abikou, Oro, Zangbéto, Guèlèdè, Hèbiosso, Dan et Mami. Il y avait également les guérisseurs traditionnels.
L’assistance a eu droit à des tableaux riches en couleurs et à des démonstrations spectaculaires et mystiques. Au même moment, les fidèles d’autres cultes traditionnels étaient réunis à la place royale au quartier Gah. C’est depuis l’année dernière que la reine de la divinité Kahou, Koumba, et les siens ont rejoint cet endroit. Par le passé, explique-t-elle, c’est à la place Tabéra ou à la place Bio Guéra, qu’ils avaient l’habitude de rester pour célébrer cette fête.
Au niveau des temples du culte « Thron kpéto déka alafia » de Parakou, comme ceux des grands dignitaires Hounnongan Atchèkpè Yélian, Tchédji, Atchèfon et Aïdo à Okédama, les festivités ont commencé quarante-huit heures avant la fête proprement dite. Divers rituels comme « Zodrandran », « Saara » et « Houindo na fâ » avaient été organisés.
En marge de cette célébration, les adeptes du culte Oro du quartier Allaga de Parakou ont saisi l’occasion pour organiser une cérémonie d’initiation au profit de nouveaux adhérents. A 23 h, tous se sont retrouvés à nouveau au couvent pour la grande veillée. Ainsi, le quartier est resté sous le contrôle de cette divinité jusqu’à 3 heures du matin?

Actualités 11 janv. 2018


Fête des religions endogènes: De belles démonstrations de danses rituelles à Lokossa

L’édition 2018 de la fête des religions endogènes a été marquée, ce mercredi 10 janvier à Lokossa, par des démonstrations de danses des adeptes de différentes chapelles de vodoun. Ils ont été soutenus par plusieurs groupes folkloriques à l’instar de « Kpodji-Aziza », un groupement de femmes et de jeunes représentants l’arrondissement d’Atikpéta.

Dans le lot, Zangbéto et les siens, qui se sont jetés très tôt dans le cercle de danses, auront fait forte impression. A leur suite, les adeptes de Vodoun Thron, Mami, Kpon et autres ont également contribué à l’ambiance festive vécue sur la place de l’Indépendance, cadre choisi pour la commémoration officielle au plan communal.
Cette phase des manifestations a enregistré également, comme par le passé, des instants de prières, de libations pour invoquer les bénédictions des mânes de nos ancêtres sur le pays et les gouvernants, avec en prime une intention particulière pour le chef de l’Etat. Les rites et sacrifices ont été exécutés sous la supervision du président communal des fidèles des religions endogènes, Koutougbo Missihou et les représentants de quelques autorités.
Aux dires du hounnon Koutougbo Missihou, la présente édition de célébration est placée à Lokossa sous le signe de la paix et de l’amour. « Les réjouissances, retient-il, vont se poursuivre, tout au long de la journée, dans les localités et couvents ». Le dignitaire de la communauté du culte des Egun Egun à Lokossa, Ikogni a, quant à lui, donné rendez-vous au public pour vivre d’intenses moments de réjouissances, dans la soirée, au quartier Tchicomey où un espace a été aménagé au niveau du grand couvent.
Au plan départemental, c’est la plage de Grand-Popo qui a été retenue pour abriter les festivités commémoratives de l’édition 2018 de la fête des religions endogènes pour le compte du Mono?

Désiré C. VIGAN
A/R Mono-Couffo

Actualités 11 janv. 2018


Célébration de la fête des religions endogènes : Prières et sacrifices pour une année apaisée dans l’Ouémé

Les adeptes du culte vodoun de l’Ouémé ont célébré,ce mercredi 10 janvier sur leur site départemental de Malanhoui à Adjarra, la fête nationale des religions endogènes. Le clou de la cérémonie de lancement officiel a été la consultation publique de l’oracle pour fouiller sous quel signe de Fâ sera l’année 2018.

« Losso-mèdji », c’est le signe de Fâ révélé par l’oracle consulté publiquement par les grands prêtres de Fâ du département de l’Ouémé pour savoir sous quel aspect se présente l’année 2018. Cette consultation de l’oracle a planté le décor de la cérémonie de lancement officiel au niveau départemental, des festivités de la vingt-quatrième édition de la fête des religions endogènes du Bénin.
Ce signe « Losso-mèdji » ne présage pas d’un bon augure tant pour le Bénin en général que pour le département de l’Ouémé en particulier, interprète le prêtre du Fâ qui a dirigé la consultation. Ce signe annonce des foyers de tension, de colère et de beaucoup de blocages au sein de la population. Toutes choses qui ne sont pas de nature à renforcer la paix, consolider la cohésion sociale et booster le développement du Bénin. Le prêtre du Fâ ne s’est pas arrêté seulement à la consultation. Il a interrogé les divinités qui ont recommandé certains sacrifices et prières à faire pour conjurer « ce mauvais sort » et pour une année apaisé. Ce qui a été fait sur place. Les ingrédients ont été achetés et les rituels réalisés sur place devant tout le public.
Le prêtre du Fâ félicite tous ceux qui de près et de loin ont mis la main à la poche pour que soit réalisé ce sacrifice. Mais il n’a pas manqué d’appeler les populations et surtout les travailleurs de tous ordres à mettre de l’eau dans leur vin et à cultiver les valeurs de paix, de patience et de tolérance en toute circonstance pour garantir une année 2018 apaisée.
Pour le préfet de l’Ouémé, ces révélations du Fâ montrent toute la richesse des cultes vodoun et la nécessité de sauvegarder et de valoriser ce patrimoine ancestral qui contribue au développement du secteur touristique. Joachim Apithy assure les dignitaires et les adeptes des religions endogènes du soutien du gouvernement et de son chef, le président Patrice Talon, à l’organisation de cette fête qui a démarré après Ouidah 1992. Selon lui, les religions endogènes occupent une place de choix dans le Programme d’action du gouvernement (Pag). A titre d’exemple, le préfet évoque le projet d’érection à Porto-Novo d’un Musée des arts et civilisations vodoun, un centre d’animation des masques vodoun pour donner plus de visibilité aux religions endogènes. Mais il a invité avec insistance les hauts dignitaires du culte vodoun à taire leurs divergences de leadership et d’intérêts égoïstes. Joachim Apithy les exhorte à privilégier le dialogue et la cohésion dans la diversité de leurs divinités pour promouvoir les religions endogènes et faire bénéficier à la population des vertus dont regorge cette pratique ancestrale. Une exhortation partagée par le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou. Il a demandé aux filles et fils du Bénin en général et de l’Ouémé en particulier à une union sacrée autour des valeurs de partage, de paix et de solidarité qu’enseignent les aïeux, aux générations actuelles à travers cette célébration. C’est ce qu’a compris le conseil municipal qui organise depuis deux ans, le Festival international de Porto-Novo pour valoriser les arts et cultures de la ville capitale, explique Emmanuel Zossou. Une initiative que salue aussi son collègue d’Adjarra, Michel Honga qui a dit tout aussi le bien qu’il pense des cultes vodoun.
Le président de l’Association des dignitaires et adeptes des cultes traditionnels et endogènes de l’Ouémé, Bienvenu Agossou Assogba, a saisi l’occasion pour marteler que le vodoun est une religion comme toutes les autres et n’est pas une émanation diabolique comme le pensent certains. Il appelle ses collègues à l’union des cultes et au respect des règles strictes du vodoun afin de bénéficier de ses bienfaits.
La cérémonie de lancement des festivités s’est achevée sur le site départemental de Malanhoui à Adjarra par une visite guidée par les officiels des différentes divinités présentes qui se sont parées de leurs plus beaux accoutrements de fête?

Actualités 11 janv. 2018


Fronde sociale: Noël Chadaré met les syndiqués du Mono-Couffo en ordre de bataille

Une délégation de responsables syndicaux conduite par le secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi-Bénin), Noël Chadaré, a animé, mardi 9 janvier dernier à l’école primaire publique de Guinkomey à Lokossa, un meeting d’explication et de remobilisation des militants des départements du Mono et du Couffo. Ces derniers ont donné leur accord pour l’organisation d’une grève générale au plan national.

« L’heure est grave et si l'on continue de se taire on va recevoir sur nos têtes. Les fientes des oiseaux de la Rupture », annonce dès l’entame des échanges, le secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi-Bénin) pour dire qu’il est urgent pour le monde syndical de se réveiller. « C’est pour ça, nous sommes venus vous voir. Il y a des combats qui nous attendent et nous devons nous battre. Nous avons notre destin en main », insiste Noël Chadaré fortement applaudi par des enseignants, des agents de santé et d’autres travailleurs que la grande salle de réunions de l’établissement scolaire n’a pu contenir.
A l’en croire, les luttes visent à exiger, entre autres, la budgétisation et la prise des décrets d’application du statut particulier des enseignants, à défaut d’obtenir la généralisation aux fonctionnaires des avantages accordés récemment aux juges. Les syndicalistes disent revendiquer également la revalorisation à 2 000 francs Cfa du taux horaire des cours de vacation. En rappelant les circonstances dans lesquelles quelques responsables syndicaux sont détenus dans les liens de la justice, ils soupçonnent le Gouvernement d’œuvrer pour, non seulement intimider les leaders, mais aussi mettre entre parenthèses la liberté d’expression. A la suite du réquisitoire, Noël Chadaré et le porte-parole de la branche du secondaire du Front des syndicats appellent de la part de leurs militants un signal fort devant, selon eux, inverser la tendance actuelle. Ils assurent que cette dynamique est en train d’être négociée, au même moment, par leurs pairs des autres confédérations et centrales syndicales à Dassa, à Parakou, à Porto-Novo et ailleurs en vue d’aboutir à la paralysie des activités au plan national.
Les militants présents au meeting ont marqué leur accord à l’initiative. C’était par la voix du représentant départemental des sept organisations faîtières du monde syndical au Bénin, Thomas Sodji, qui a précisé que ce qui sera nouveau à la suite des grèves, déjà déclarées dans plusieurs secteurs d’activités, est la généralisation à partir du 16 janvier prochain.

Actualités 11 janv. 2018


Grève dans le secteur judiciaire: Les usagers abandonnés à leur sort au tribunal à Abomey-Calavi

Le mouvement de grève annoncé la semaine dernière par les magistrats suite au vote par l’Assemblée nationale d'une loi leur retirant le droit de grève et à certains agents, est largement suivi au tribunal de première instance de deuxième classe d’Abomey-Calavi.

Dès l’entrée dans l’enceinte du tribunal d’Abomey-Calavi, le calme plat qui règne en ces lieux est évocateur, tout comme l’absence du garde-vélo qui assure d’habitude la sécurité des motos des usagers. Les salles d’audience sont totalement vides. Ici, le mouvement de débrayage est largement suivi.

Aucun juge n’est au poste, en dehors du procureur de la République et du président du tribunal par intérim. Il en est de même des différents bureaux administratifs restés fermés. Dans les rangs du personnel, aucun agent pour accueillir et renseigner les usagers.
Les rares travailleurs retrouvés sur les lieux semblent plutôt préoccupés par leurs affaires personnelles. Pendant ce temps, les usagers tournent désespérément en rond.
Jusqu’aux environs de 11 h ce lundi 8 janvier, Zorobabèle Assogba espérait encore en la providence pour se faire délivrer son certificat de nationalité. Il devrait compléter la fameuse pièce à son dossier dans le cadre d’un recrutement. Hélas !
Delphin Tohionon, étudiant, est assez préoccupé par la grève des magistrats : « Je me réjouissais du retrait du droit de grève aux magistrats et à certains corps de métier. Ce matin, je suis venu faire la légalisation d’un acte, mais je fais plutôt le triste constat du débrayage. Je suis dépassé par les évènements ». Même s’il peut bénéficier de la même prestation dans les mairies, il s’inquiète du temps que cela va prendre. « Ailleurs, le drame est qu’on n’est pas sûr que l’autorité appose sa signature à temps sur le document à légaliser déposé. Cela peut durer des jours, alors qu’au tribunal, c’est séance tenante », apprécie-t-il.
Fahiss Radji et Nickson Toho, tous deux étudiants, sont également surpris par la situation. Ils déclarent n’en avoir pas eu vent plus tôt. « Nous sommes venus faire la légalisation au tribunal de Calavi ce matin. Nous y sommes restés au moins 15 mn sans suite. Personne ne s’est rapproché de nous pour nous orienter », confient-ils. Après avoir tourné en rond, ils ont décidé de rallier la mairie de la localité.
Si ces deux étudiants peuvent bénéficier de leurs prestations ailleurs, tous les usagers du tribunal n’ont pas la même chance. Evariste Adoukonou Ahissou est venu en sueur de Tori-Bossito pour retirer la copie corrigée de son acte de naissance. Il a parcouru environ une quarantaine de kilomètres pour rallier la juridiction d’Abomey-Calavi dans l’intention de s’en servir pour l'établissement de sa carte d’identité nationale. Mais c’était peine perdue.
« Cette grève me retarde sérieusement. Sans la carte d’identité nationale, je suis limité. J’avais appris que les magistrats ne devraient plus faire grève. Dans quel pays sommes-nous ? », s’inquiète-t-il, visiblement dépassé par la situation.

Le dénouement attendu

Les acteurs judiciaires expliquent leur position. « La motion est mise en œuvre. Si je suis là, c’est parce que je dois assurer l’intérim du président du tribunal. Faites-le constat et tirez vous-mêmes les conclusions », lâche le président du tribunal par intérim, Ferdinand Dègbèlo. Il souligne que l’absence des magistrats au poste et la paralysie des activités au tribunal sont les conséquences de la grève. Selon ses explications, tout le corps judiciaire suit le mouvement. « Les non magistrats ont aussi opté pour le boycott. Ils sont chez eux les mardis, mercredis et jeudis et ne sont présents au tribunal que les lundis et vendredis ». Les hommes en toge noire quant à eux durcissent le ton. « Les magistrats suivent la grève cinq jours sur cinq avec tacite reconduction », précise le président par intérim du tribunal d’Abomey-Calavi.
Le secrétaire général adjoint du Syndicat des travailleurs de la Justice (Syntra-Justice), Martial Houéha, est plus précis sur la question. « La maison justice compte six autres syndicats en dehors de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab). Au nombre de ceux-ci, quatre étaient déjà en grève depuis deux mois environ. Ils sont aux postes les lundis et vendredis, mais boycottent les activités les autres jours. Seuls, les syndicats sans syndiqués ne suivent pas le mot d’ordre », développe-t-il.
Il explique qu’avec la grève de l’Unamab, ils ne sont plus les seuls à suivre le mouvement. « Nous étions en grève pour une raison avant qu’une raison fondamentale ne s’y ajoute. Le peuple doit comprendre que nous nous battons pour lui. Lorsque le troisième pouvoir sera à terre, les difficultés seront énormes », analyse-t-il.
Selon lui, la paralysie des activités a tout son sens. « Les avantages annoncés dans nos statuts depuis 2004 n’ont jamais été accordés facilement sans lutte. Le droit s’arrache. Comment peut-on revendiquer nos droits sans arme ? », s’interroge-t-il.
La paralysie des activités ne s’observe pas, sans pincement au cœur, mais la seule arme revendicative reste encore la grève, selon le secrétaire général adjoint du Syntra-Justice. La suite du mouvement dépend du gouvernement, de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, jure-t-il.
En attendant que le pouvoir judiciaire et l’Exécutif ne parlent d’une même voix, les populations sont livrées à elles-mêmes?

Actualités 09 janv. 2018


Elimination de la Transmission du Vih de la mère à l’enfant à Zoboza: Les perdues de vue sauvées avec l’appui de l’Unicef

L’accessibilité des femmes au dispositif de l’Elimination de la Transmission du Vih de la mère à l’enfant (Etme) est un pari gagné dans la zone sanitaire Zogbodomey-Bohicon-Za-Kpota (Zoboza). Au centre de santé public de Bohicon, les femmes séropositives perdues de vue sont sauvées de même que leurs enfants, grâce à l’appui de l’Unicef.

Rinal (nom d'emprunt), la quarantaine, mère de six enfants est pétillante de forme. Visage rayonnant et démarche rassurante, elle vient chercher ses antirétroviraux auprès de la sage-femme, responsable de la "Prévention transmission mère-enfant du Vih", Blandine Mèkpo, au centre de santé de Bohicon. Son état physique et le sourire qu’elle affiche ne donnent place à aucun soupçon sur le virus qu’elle porte.
Pourtant, il y a quelques mois, Rinal était très chétive. Elle était perdue de vue, faute de soutien moral pour l’aider à faire face à sa maladie. Ramenée au centre de santé, elle présentait un air maigre et abattu.« J’avais beaucoup maigri et ne croyais plus en la vie », confie-t-elle.
Très vite, les choses ont tourné en sa faveur. Remise sous antirétroviraux (Arv) à son retour au centre de santé de Bohicon, Rinal a repris la forme et des forces. « Depuis que j’ai commencé à prendre les Arv, j’ai le cœur tranquille, je ressens un soulagement », se réjouit-elle.
L’histoire de Rinal réflète le vécu des femmes vivant avec le Vih dans la zone sanitaire Zogbodomey - Bohicon - Za-Kpota (Zoboza). Les femmes perdues de vue entre 2015 et 2017 sont estimées à 142 pour 106 retrouvées dans la zone, explique le point focal Elimination transmission mère-enfant (Etme) de la zone, Blandine Mèkpo. La coordination de Zoboza en collaboration avec les médiatrices se lancent pour défi de les ramener au traitement.
« La recherche active des perdues de vue se fait tous les trois mois avec l’objectif de ramener au moins 70 % des cas », souligne-t-elle. Ce travail est facilité par l’Unicef qui assure le financement de la recherche des cas et appuie la zone sanitaire en matériels de travail, poursuit-elle. Pour l’atteinte des objectifs assignés au programme dans la zone sanitaire, l’institution onusienne appuie également la formation des sages-femmes, infirmiers et aides-soignants. Des appuis qui allègent la tâche aux acteurs.
A Zoboza, on n’attend pas le pire avant d’agir. Avec les moyens accordés par l’Unicef, la recherche des perdues de vue est aisée. « Lorsque les femmes séropositives manquent deux rendez-vous, on lance des recherches en leur direction. Cette recherche est organisée sur la base d’un bilan trimestriel en synergie avec les médiatrices », souligne Blandine Mèkpo.

Mécanisme

Geneviève Bangbola, médiatrice au centre de santé de Bohicon, explique le mécanisme d’identification des femmes perdues de vue : « Sur cent femmes, nous arrivons à ramener quatre-vingt-dix. La plupart des femmes sont des cas que nous suivons de près ». Le travail des médiatrices s’apprécie surtout en direction des femmes et gestantes séropositives. Grâce à elles, ces cibles reprennent le traitement et retrouvent la santé.
En 2015, le centre a ramené 75% des perdues de vue, 80 % en 2016. C’est avec beaucoup de satisfaction que la sage-femme responsable de la zone, Colette Béhanzin, évoque le travail des intermédiaires. « Depuis que nous avons commencé les recherches, les cas de perdues de vue ont beaucoup diminué », se réjouit-elle. Elle explique que 100 % des cas retrouvés sont réintroduits dans le circuit de la prise en charge. Leurs enfants bénéficient du dépistage précoce du Vih par la Pcr « Polymerase Chain Reaction », un test de diagnostic chez les enfants nés de mères séropositives avant les 18 premiers mois. Les enfants dépistés sont traités en fonction de leur état sérologique.
Selon la sage-femme, l’Etme est un dispositif à promouvoir. « Depuis que nous avons commencé la Prévention transmission mère-enfant, (Ptme), nous n’avons détecté aucune contamination mère-enfant, » affirme-t-elle, tout en plaidant pour le renforcement de l’appui de l’Unicef en direction des gestantes séropositives.
L’assistance trouvée auprès des médiatrices et des agents de santé à Zoboza apaise les perdues de vue retrouvées et les gestantes séropositives. C’est avec beaucoup d’assurance qu’André a accompagné son épouse, gestante séropositive dans le centre de santé de Bohicon, pour la réception des Arv. Les produits étant toujours disponibles, le couple André minimise souvent les 40 km séparent leur domicile centre de Santé.
« Nous bénéficions d’une grande attention auprès des médiatrices et de la sage-femme. Leurs conseils m’ont permis d’accoucher d’un bébé sain. Je porte actuellement ma deuxième grossesse avec le Vih et je ne crains rien », indique l’épouse d’André, un petit sourire au coin des lèvres.Signe que le dispositif Ptme offre une véritable assurance aux femmes et gestantes séropositives dans la zone sanitaire Zoboza?

Santé 09 janv. 2018


Réunion du Cadre de concertation pour la lutte contre la corruption: La déclaration des biens préoccupe

Une cinquantaine d’acteurs membres du Cadre de concertation et d’échanges d’informations pour l’efficacité de la lutte contre la corruption ont pris part, ce lundi 8 janvier à Bohicon, à une journée de réflexion sur le thème «Déclaration et contrôle de patrimoine au Bénin : Etat des lieux et perspectives ».

Une rencontre des acteurs du Cadre de concertation et d’échanges d’informations pour plus d’efficacité dans la lutte contre la corruption s’est tenue hier à Bohicon. Elle s’est penchée sur ce qui se fait à la Cour des comptes de la Cour suprême en ce qui concerne la déclaration et le contrôle du patrimoine afin de pouvoir mener des réflexions visant à mieux faire le combat contre la corruption.
A l’ouverture des travaux, le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc), Jean-Baptiste Elias, a rappelé que la corruption est sans aucun doute le défi le plus pressant qui se pose à la gouvernance et au développement du Bénin. Elle a un effet dévastateur et corrosif sur le progrès, la stabilité et le développement du continent, a-t-il souligné. Dans le domaine politique, la corruption sape l’État de droit, le respect des droits humains, la responsabilisation et la transparence, et affaiblit les institutions publiques. Au Bénin, la lutte contre ce fléau a toujours été une préoccupation des gouvernants qui ont tenté d’induire des changements qualitatifs dans la gestion des affaires publiques. La création d’organes de contrôle, de commissions d’enquête n’a pas suffi à mener une bataille de fond contre la corruption.
De leur côté, les organisations de la société civile s’investissent pour le recul de la corruption et pourtant, elle continue de dicter sa loi avec ses effets délétères dans presque la totalité des secteurs de la société, confortée par une impunité des auteurs d’actes de corruption.
Hier, les participants ont suivi une communication sur la déclaration et le contrôle de patrimoines qui se font à la chambre des comptes de la Cour suprême depuis 2013. De manière générale, il en ressort que 799 déclarations de biens ont été faites à ce jour. Si les vingt-deux membres du premier gouvernement du régime en place ont fait la déclaration de leurs patrimoines, après le remaniement intervenu entretemps, les six nouvelles entrées sont toujours attendues à la chambre des comptes pour satisfaire cette exigence. Au Parlement, seuls 42 députés sur les 83 ont déclaré leurs biens. On a appris que seuls 14 hauts-gradés, cinq directeurs généraux de société, deux maires ont eu à faire la déclaration de leurs biens, à l’opposé des préfets des départements qui ont tous déclaré leurs patrimoines conformément à la loi.
C’est dire qu’en dehors de l’Assemblée nationale, des efforts sont faits pour le respect des textes de la République même si la chambre des comptes ne compte que trois conseillers avec des moyens très limités.
Les participants à cette rencontre viennent des structures comme l’Anlc, l’Inspection générale des finances (Igf), l’Inspection générale des affaires administratives (Igaa), la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), l’Inspection générale des services et emplois publics (Igsep), la Chambre des comptes de la Cour suprême, le Secrétariat général de la présidence de la République, le ministère de la Justice, le Fonac, le Social Watch, de Nouvelle éthique, Alcrer et le Réseau des parlementaires africains contre la corruption (Apnac)?

Actualités 09 janv. 2018


Dr Aubierge Xandra Kponon, chirurgien-dentiste à Cotonou: « La prévention du mal de dent passe par une bonne hygiène bucco-dentaire »

Sensibilité au chaud et au froid puis douleur, ce sont quelques signes du mal de dent. Des signes annonciateurs d’une carie dentaire mais pour les spécialistes, on peut ressentir un mal de dent sans pour autant avoir de carie. Si la qualité de l'hygiène bucco-dentaire est pour beaucoup dans l'apparition du mal de dent, elle en est aussi la solution d’après Aubierge Xandra Kponon, chirurgien-dentiste à Cotonou.

La Nation : Qu’est-ce que le mal de dent ?

Dr Aubierge Xandra Kponon : Le mal de dent peut se manifester de plusieurs façons. Certes la première cause du mal de dent c’est la carie dentaire. Mais en dehors de la carie dentaire, il y a plein d’autres choses qui peuvent vous créer la douleur dans la dent. Si je dois parler de la carie dentaire, on peut la définir comme un trou dans la dent. Quand le trou se crée dans la dent, on ressent des douleurs selon le niveau de profondeur du trou. La première étape de douleur que les gens ressentent souvent, c’est des douleurs aux variations de température en bouche c’est-à-dire quand ils prennent une boisson fraiche ça les prend ou bien quand ils prennent un repas trop chaud, ça fait mal ou bien à la mastication ils sentent de douleur. C’est des signes que la dent a un trou ou la dent a un problème. Donc normalement, dèjà dans ce cas, il faut se faire consulter pour qu’on puisse voir ce que c’est. Une autre catégorie de douleur, c’est que le patient ne mange pas mais a des douleurs spontanées. Il a mal, il ne peut pas rester tranquille même la nuit il n’arrive pas à dormir parce qu’il ne se sent pas bien.  Vous ne pouvez pas vous sentir bien quand ce type de douleur vous arrive donc ça c’est une autre catégorie de douleur créée par la carie dentaire. Il faut préciser que ce n’est pas que la carie dentaire qui crée la douleur dans la bouche, il y a d’autres maux qui peuvent créer des douleurs au niveau de la bouche.

Quelle est la cause de ce trou dans la dent communément appelé carie dentaire?

Ce qui cause les trous dans la dent, c’est la mauvaise hygiène. Quand vous avez une mauvaise hygiène, forcément au fil des mois et des années, le trou se crée dans la dent et une fois que le trou se crée dans la dent, selon la profondeur du trou, la dent commence par réagir.

Que faut-il comprendre par mauvaise hygiène ?

Par rapport à l’hygiène bucco-dentaire, normalement, quand on mange, les débris alimentaires vont se coincer entre les dents donc il faut les nettoyer d’où le brossage que l’on fait tout le temps. C’est cela l’hygiène bucco-dentaire. Les gens vous disent « Je me brosse tout le temps pourtant j’ai des caries ». Il y a des façons de se brosser. De un, je peux me brosser, oui j’ai fait l’acte mais est-ce que j’ai pris le temps de bien me brosser ? C’est une interrogation. De deux, est-ce que je me suis choisi la bonne pâte dentifrice contenant des composés capables de  bien agir sur les dents ? De trois, est-ce qu’en un an, en deux ans ou cinq ans j’ai été voir un dentiste par rapport à mes dents pour voir si tout va bien ? C’est autant de questions qu’on doit se poser. Mais les gens pensent que parce que je me lève le matin, je me brosse les dents, c’est fini, ce n’est pas que ça. Nous nous brossons tous mais parfois, cela n’empêche pas une carie de s’installer. D’où l’importance de savoir comment se brosser, de prendre son temps pour bien se brosser, d’utiliser la bonne brosse à dent parce que les brosses à dent qui sont usées ne nettoient plus correctement , et pour finir de choisir une bonne pate dentifrice. Tous ces facteurs entrent en ligne de compte dans l’efficacité du brossage qu’on fait. Donc c’est l’absence d’un de ces facteurs qui peut créer la mauvaise hygiène. A peine certaines personnes font 30 secondes de brossage, non, est-ce que dans ces conditions l’efficacité accompagne l’acte ? Et la plupart du temps quand l’efficacité accompagne l’acte et qu’on se donne aussi le temps d’aller au moins une fois chez le dentiste on a très peu de problème dentaire.

Comment la carie dentaire est-elle prise en charge ?

 Un patient qui se présente et qui dit qu’il  a mal à la dent, tout d’abord, on cherche à savoir quel type de mal il a à la dent. Quand c’est une carie par exemple , un trou se crée dans la dent, les aliments y entrent et même si la personne se brosse la dent, la brosse ne peut pas aller nettoyer les aliments qui sont au fond du trou. Donc les aliments y restent, pourrissent et détruisent les tissus dentaires en dessous.  Donc on enlève tous ces débris de la dent, on nettoie et on ferme le trou. Ça c’est ce qu’on appelle le plomb simple mais parfois, quand les gens dépassent cette étape-là, on fait ce qu’on appelle le traitement canalaire, c’est-à-dire qu’on dévitalise la dent. Dévitaliser la dent signifie enlever la vie à la dent. La dent reste en place mais on lui enlève la vie. Dans chaque dent il y a le nerf qui est la partie vivante, donc quand la carie a une profondeur donnée jusqu’à toucher les nerfs, c’est là que les douleurs deviennent insupportables. Il appartient au chirurgien-dentiste de bien ouvrir la cavité de la carie et de faire sortir le nerf de la dent et on a des systèmes pour refermer la dent. A cette étape-là, c’est la seule façon de conserver la dent sans l’enlever et le patient continue de manger des années encore avec cette dent. Dans d’autres cas, il arrive qu’on fasse carrément une extraction de dent.

En dehors de la carie, quels sont les autres maux de dent qui se présentent à vous en tant que dentiste ?

En fait, beaucoup de patients viennent en consultation par rapport à la douleur mais il n’y a pas que la carie dentaire qui crée la douleur en bouche. Il peut avoir un problème de fracture de la dent. Cela arrive souvent quand les gens ouvrent des bouteilles de boissons avec leurs dents ou s’ils mangent un repas contenant de l’os. Quand la dent se fracture, ça crée aussi parfois des douleurs vives comme si on a une carie dentaire alors que c’en n’est pas une. Dans certains cas, la dent peut se fissurer et cela provoque aussi des douleurs.  Autres causes, il y a des gens qui souffrent de sinusite, ça peut créer des douleurs dentaires au niveau des molaires du haut. On peut aussi rencontrer un problème d’éruption des dents de sagesse (16 à 25 ans). Les dernières dents de la bouche, aussi bien en haut qu’en bas, créent parfois beaucoup de problèmes chez certaines personnes quand elles veulent sortir. Etant donné qu’elles sortent en dernière position, elles ne trouvent plus assez de place pour se positionner ; elles sont à l’origine de douleurs chez certaines personnes et parfois, ça va jusqu’à l’extraction de ces dents de sagesse. Il y a également le bruxisme. Le bruxisme est le claquement souvent inconscient des dents ; ce qui provoque des douleurs articulaires au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire. Et pour finir, il y a les problèmes de gencives qui créent des douleurs comme les gingivites et les parodonthopathies .

Comment prévenir tous ces maux que vous venez de citer ?

La prévention de ces maux passe par une seule chose : l’hygiène bucco-dentaire. Et j’entends par hygiène bucco-dentaire, le brossage des dents au moins deux fois par jour. Beaucoup le font seulement une fois par jour, c’est-à-dire le matin parce que quand on se lève l’haleine n’est pas bonne. Beaucoup se brossent les dents plus pour l’haleine que pour l’état des dents alors que le brossage du matin c’est capital mais celui de la nuit est aussi indispensable. J’insiste sur le brossage de la nuit parce que la nuit, le corps est au repos pendant au moins six à huit heures. Si vous vous brossez avant le coucher, ce nettoyage aurait fait partir pas mal de bactéries de la bouche et pendant que le corps est au repos la nuit, ces bactéries ne vont pas agir. Elles se développent beaucoup plus la nuit qu’en journée. Celui qui réussit à prendre cela comme habitude aura moins de problèmes dentaires. Il faut inculquer cette habitude à la jeune génération surtout aux enfants pour que cela devienne un réflexe. Donc j’insiste beaucoup sur le brossage nocturne dont beaucoup ne mesurent pas l’importance.
A part l’hygiène bucco-dentaire, il faut effectuer au moins une fois l’an une visite chez le dentiste. Même si ce n’est pas dans nos habitudes, il faut faire cet effort-là. Cela permet de prévenir au lieu d’attendre que le mal s’installe avant d’aller voir le dentiste. Et lorsque je parle de visite chez le dentiste, il faut faire le détartrage, c’est-à-dire le nettoyage des dents. Quand on a des tartres (c’est des dépôts mous qui, mal nettoyés,  deviennent dur et se collent aux dents.  Vous avez beau vous brosser la dent du matin au soir, ça ne s’enlèvera jamais) en bouche, cela crée des caries, des déchaussements, des saignements, beaucoup d’autres pathologies dans la bouche.

Un mot pour conclure cet entretien

Si on est conscient que c’est par ces dents qu’on mange tous les jours et quand on mange on est en bonne santé, et que les dents sont appelées à durer toute une vie, il faut faire cet effort d’aller chez le dentiste au moins une fois l’an ne serait-ce que pour faire le détartrage qui est le soin le plus basique. Il faut aussi veiller à avoir une bonne hygiène bucco-dentaire?

Santé 09 janv. 2018


Religions endogènes: Le vodoun à la quête de sa légitimité

Instituée en 1992, la fête des religions endogènes rassemble chaque 10 janvier des milliers d’adeptes du vodoun. Rites et diverses manifestations ponctuent cette grande cérémonie annuelle qui constitue aujourd’hui une véritable attraction au-delà des frontières béninoises.

Monde bigarré, adeptes du vodoun en transe, touristes et autres expatriés en villégiature…Le décor est le même chaque 10 janvier sur les différentes plages des villes de Ouidah et de Grand-Popo, hauts lieux de célébration de la fête des religions endogènes. Célébrée chaque année sur toute l’étendue du territoire national, elle rassemble des chefs et autres dignitaires du culte vodoun ainsi que des milliers d’adeptes de cette religion traditionnelle et autorités politico-administratives. Apparue dès la fin du XVIème siècle dans la région de Tado, sur les rives du fleuve Mono, elle est pratiquée par au moins 62% de la population du Bénin, au Sud du pays. Sur les différents sites dédiés à de nombreux rites faits d’immolation d’animaux (bœufs, moutons), de volaille, de prédictions, de prières et d’incantations, la fête des religions traditionnelles draine un monde important de curieux à la quête de sensations fortes. A la fête du vodoun, toutes les curiosités sont satisfaites. Course effrénée d’adeptes en transe, tours abracadabrants de gardiens de la tradition, sortie de divinités et course-poursuites entre divinités et spectateurs…C’est la totale. Pour les moins courageux qui peinent à se joindre à la masse, tenir la distance est la solution aux débandades et autres bousculades qui caractérisent ce spectacle combien excitant.
Cette année, l’oracle a prédit un bel avenir pour le pays et tous les sacrifices faits à l’occasion de cette fête tendent à appeler à la préservation de la paix.

Faire-valoir d’une identité

Instituée en 1992 par l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo pour la promotion des religions endogènes, la fête du vodoun est un évènement important dans la vie des communautés vodoun au Bénin. Si les communautés chrétiennes et musulmanes ont eu, depuis des lustres, leurs fêtes commémoratives, l’institution de la fête du vodoun n’est que justice rendue à une religion dont la proportion des pratiquants est bien importante.
Le vodoun renvoie, en fon (langue du sud du Bénin), à «esprit».
L’adepte vodoun s'en remet à un certain nombre de divinités qui gèrent le monde. Elles sont déclinées autour des quatre éléments fondamentaux de la vie et du monde que sont la terre, l’eau, l’air et le feu. Le vodoun dispose donc d’une cosmogonie et d’une organisation qui lui confèrent tous les attributs d’une religion.
Il est recensé environ 200 divinités.
La fête du vodoun est l’occasion pour les fidèles de cette religion de célébrer le riche panthéon vodoun à travers des cérémonies rituelles, chants et danses dédiés à la gloire des divinités dans les temples, couvents et sur les places publiques. A travers les divinités telles que Sakpata (dieu de la variole), Mami (déesse des eaux), Thron, Ogou (dieu du fer), Hèbiosso (dieu du tonnerre), Tohio, etc., les adeptes du vodoun ne manquent pas au cours de cette célébration, d’insister sur les lois universelles et les principes cardinaux à observer ainsi que les comportements à adopter par chaque homme pour être en bonne santé, avoir la prospérité et le succès dans ses entreprises. Ils saisissent l’opportunité de clarifier ce qu’est véritablement le vodoun pour lever toute équivoque autour des pratiques. Loin d’être le refuge de pratiques diaboliques, le vodoun, selon Dah Alligbonon Akpochihala, dignitaire du culte vodoun, est la courroie de transmission entre Dieu Tout Puissant et les hommes. « Le vodoun est contre les pratiques sataniques, les sorciers et les méchants », confie-t-il sans occulter le fait que certains l’utilisent à des fins magiques et pour nuire à leur prochain.
Longtemps ignoré, décrié et souvent relégué au rang d’idolâtrie, le culte animiste a été réhabilité à travers la reconnaissance de ses pratiques et au grand bonheur des adeptes qui louent à chaque célébration le promoteur de cette fête et son adoption en août 1998 par l’Assemblée nationale ?

Société 09 janv. 2018


En prélude aux travaux de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé : Des inquiétudes des acquéreurs et propriétaires terriens dissipées

Les interrogations des populations, acquéreurs de parcelles et propriétaires terriens de l’arrondissement de Glo-Djigbé quant à l’érection future d’un aéroport dans leur localité ont trouvé des éléments de réponse en dehors du coût du mètre-carré qui reste à définir, vendredi 5 janvier dernier. Des cadres et techniciens en charge du projet aux côtés des responsables de l’Agence nationale du domaine et du foncier (Andf) ont avec eux une séance de travail qui a permis d’élucider les points d’ombre.

Quel sera le coût du mètre carré pour le dédommagement des acquéreurs de parcelles et propriétaires terriens concernés par le projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé dans la commune d’Abomey-Calavi ? Cette question qui circulaient sur les lèvres des centaines de personnes qui ont effectué le déplacement de la séance de sensibilisation organisée par l’Agence nationale du domaine et du foncier (Andf) dans la localité est restée sans réponse au terme de la séance. Les populations, visiblement très pressées de savoir « à quelle sauce elles seront mangées » devront prendre leur mal en patience. La commission interministérielle mise en place par le chef de l’Etat pour dégager le coût du mètre carré n’a pas fini ses travaux. C’est ce qu’ont expliqué au cours de la séance de sensibilisation et d’information, les responsables de l’Andf et les autres techniciens concernés par le projet. Pour l’instant, les populations qui ont des réclamations ou doléances sont priées de les faire savoir. « Un registre est ouvert à cet effet et chaque doléance est enregistrée pour être étudiée et prise en compte », explique Ludger Thomas Ouinsou, chef d’arrondissement de Glo-Djigbé. Cette phase, poursuit-il, prendra fin le 13 janvier prochain et devrait être suivie du paiement effectif des sinistrés.
Des doléances, les populations en ont et l’occasion de la séance de sensibilisation du vendredi dernier était toute trouvée pour les poser. Elles ont ainsi cherché à savoir comment l’Etat comptait gérer les litiges domaniaux, la mauvaise foi de certains descendants de vendeurs qui profitent de l’imminence des travaux pour créer de faux litiges, le cas des autochtones à reloger… Autre préoccupation majeure, celle des responsables de ferme et périmètres cultivés. Ceux-ci s’inquiètent notamment de leur sort parce que, pour la plupart, ils viennent de mettre des cultures en terre, l’ananas pour la plupart et devraient attendre au moins cinq mois pour la récolte. Aussi se demandent-ils si l’Etat leur donnera les moyens pour dégager leurs fermes, au regard des investissements qui y ont été faits et de la logistique qui s’y trouve. Toutes ces préoccupations ont été enregistrées et seront étudiées et réglées, assure Kamirou Lafia Yarou, gestionnaire du domaine de l’Etat au niveau de l’Andf. Pour ce qui est des autochtones, des noyaux villageois et autres personnes ayant des liens affectifs, culturels et cultuels avec cette région et souhaitant y résider, il sera érigé pour eux de nouvelles habitations sur un site viabilisé pour les y loger.
Malgré ces quelques inquiétudes, les populations applaudissent l’effectivité de ce projet et l’imminence des travaux. Ludger Thomas Ouinsou, chef d’arrondissement de Glo-Djigbé, lui ne cache pas sa joie. « Ce projet date de très longtemps et a arriéré notre localité depuis 1975. Nous n’avons pas l’électricité et le lotissement n’a pas été fait. Nous devons remercier le chef de l’Etat qui a donné impulsion à ce vieil éléphant blanc qui devient réalité. Les populations sont en accord avec le projet. Les travaux préparatoires ont démarré, les entrepreneurs chinois sont déjà sur le terrain », laisse-t-il entendre. Vendredi prochain, la même délégation sera face aux acquéreurs de parcelles et propriétaires terriens des deux autres communes concernées par le projet à savoir Tori et Zè?

Actualités 08 janv. 2018


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