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Dans le souci de contribuer à l’amélioration des conditions socio-économiques des femmes et des jeunes défavorisés, plusieurs associations féminines locales se mettent en réseau. « Wo/men dynamics for family welfare (Ong Wodyfa), qui signifie en français « Dynamique femmes/hommes pour le bien-être de la famille », c’est la dénomination de ce creuset dont les activités ont officiellement été lancées, samedi 6 janvier dernier à Cotonou.
Dr Chantal Codjo, consultante indépendante en genre et développement, famille et sexualité, vient de mettre en réseau plusieurs associations féminines locales, au sein de son Organisation non gouvernementale dénommée Wo/men dynamics for family welfare (Ong Wodyfa). Les activités de l’organisation ont officiellement été lancées, samedi 6 janvier dernier à Cotonou.
Elle a jugé utile de rassembler au sein de son Ong, la Coopérative agro-écologique Sèmèvo (Caes) de Houègbo, les associations féminines Wadodju et Migbèya de Klouékamè, etc., spécialisées dans la transformation du manioc, le petit élevage, la production de jus de fruits, l’acquisition et la revente des vivriers. Autant qu’elles sont, ces associations regroupent des femmes passionnées par le travail et la création de richesses, pour le bien-être de leurs familles respectives.« L’Ong est venue des recherches pour ma thèse entre 2011-2012, qui m’ont amenée à travailler avec six associations, lesquelles travaillaient de façon disparate sur le terrain d’après mes constats. J’ai réfléchi à une initiative qui réunit ces associations en une sorte de réseautage, d’où l’idée de l’Ong a-t-elle commencé à germer », a dévoilé Dr Chantal Codjo. Elle mettra par la suite l’accent sur l’approche solidaire préconisée dans le groupe pour ses actions. « Celles qui sont fortes vont renforcer les capacités de celles qui sont faibles et elles vont apprendre les unes des autres. Et l’Ong sera en accompagnement de ces différentes associations », a-t-elle déclaré.
Un créneau a été offert aux associations pour présenter aussi bien leurs motivations, que leurs produits à l’assistance. La représentante de l’association Migbèya dira que le travail de l’association permet aux femmes d’envoyer leurs enfants à l’école, et les y maintenir.
L’Ong Wodyfa, aux dires de sa présidente, regroupe aussi bien des experts, des cadres, que des maîtres artisans béninois, burkinabé et belges, dont l’âge varie entre 25 et 65 ans. Leurs actions sont déclinées en trois axes, à savoir le développement socio-économique des femmes réunies en association ; la formation professionnelle des jeunes défavorisés et l’éducation sexuelle des jeunes et des adolescents.
En ce qui concerne les stratégies de mobilisation des fonds qui serviront à l’atteinte des objectifs fixés, l’Ong s’appuie sur les cotisations de ses membres, les dons, les actions bénévoles et les appels de fonds ; des ressources marchandes : la vente de l’expertise de ses membres, les productions intellectuelles, et autres actions marchandes ; les fonds de soutien aux projets et les subventions ».

A l’occasion d’une brève déclaration de presse rendue publique à Cotonou, dimanche 7 janvier, le mouvement politique « Les murailles de la République-les Verts » lance un appel au discernement aux organisations syndicales. Ce rassemblement politique se dit préoccupé et les invite à mettre en avant l’intérêt des populations.
Les propositions de lois successives adoptées par le Parlement pour retirer l’exercice du droit de grève à certaines catégories de travailleurs sied à ce mouvement politique. Mohamed Assogba qui en est le premier responsable, aux côtés de quelques membres, l’a fait savoir dimanche 7 janvier à Cotonou. A travers une déclaration publique, « Les murailles de la République-les Verts » encouragent le pouvoir Exécutif « à promulguer dès franchissement du contrôle de constitutionnalité, le texte de loi portant statut général des Ape et le statut de la magistrature ». Ils en ont profité pour « inviter les travailleurs membres des différentes organisations syndicales au sens de discernement ». Pour eux, le retrait du droit de grève à certaines corporations n’est nullement synonyme du retrait de se syndiquer ou de libre expression conformément au devoir de réserve propre à chaque profession ». Mohamed Assogba soutient d’ailleurs que les syndicalistes béninois n’ont pas inventé la roue. La restriction du droit de grève, fait-il observer, « n’est pas une innovation du Parlement béninois ». Puis, il condamne le fait « qu’on assiste à une lever de bouclier de la part des responsables syndicaux » alors que « la procédure n’est pas arrivée à son terme ». Pour finir, il a invité les acteurs sociaux à éviter au peuple béninois ces « moments tumultueux » qu’on s’apprête à lui faire vivre par une tension sociale.
J. F. M.
Actualités 08 janv. 2018

Le chef de l’Etat, Patrice Talon a été accueilli ce dimanche 7 janvier à l’Eglise Saint François Xavier de Porto-Novo. Il a participé à la célébration du culte de solennité de l’Epiphanie, la manifestation de Jésus-Christ comme messie. Cette fête est célébrée le premier dimanche qui suit les festivités du Nouvel an. L’Epiphanie est la plus grande fête célébrée par tous les fils et filles de Porto Novo qu’ils soient catholiques ou pas. Elle est à sa 96e édition, cette année. C’est la grande ferveur dans les rues et maisons tout au long de cette journée dans la ville capitale. C’est certainement à juste titre que le chef de l’Etat a choisi Porto-Novo pour vivre la chaleur de la solennité de l’Epiphanie. Patrice Talon était accompagné de la première dame. Le couple présidentiel a pris part de bout en bout à la messe. Il a même communié avec les fidèles catholiques de l’Eglise saint François Xavier de Porto-Novo qui ont été très honorés d’accueillir cette visite privée du couple présidentiel.
Thibaud NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Société 07 janv. 2018

Tel un coup de massue, la nouvelle a mis en émoi les Béninois qui s’attendaient à tout sauf à une telle perte en ce début d’année. La mauvaise nouvelle continue de susciter des réactions aussi bien dans le monde politique que dans le rang des anonymes. Florilège des témoignages rendus à la militante sur les réseaux sociaux…
Reckya Madougou, ancienne ministre de la Microfinance
« A mes yeux, madame Rafiatou Karim aura incarné une inspiration pour plusieurs générations de femmes sur les chemins de leur émancipation.
De sa position de précurseur du militantisme au féminin, elle a bien souvent su nous entraîner dans les méandres de son parcours à travers l'exemple de la richesse de son expérience dans l’animation de la vie politique.
Gardons sa flamme allumée autour de nous pour qu'à jamais, résonne haut et fort la voix de la gente féminine dans la longue marche de nos pays vers un développement harmonieux.
Mesdames, l'essentiel des ingrédients nécessaires pour être utile à sa Nation réside en chacune de nous. Puissions-nous les déployer nonobstant les sacrifices qu’il nous en coûte... »
Christhelle Houndonougbo, présidente du Congrès du Peuple pour le Progrès (CPP)
"Je salue la mémoire d'une femme d'exception: KARIM RAFIATOU !
Elle a forgé une belle image de la femme Béninoise engagée dans la lutte pour le développement.
Elle a combattu le bon combat !
KARIM RAFIATOU a laissé en chaque Béninoise, l’espoir d'une vie meilleure !
Repos éternel chère dame !"
Serge Mathias Tomondji, journaliste béninois exerçant au Burkina Faso
« Je viens d’apprendre avec tristesse le décès, ce 4 janvier à Paris, des suites d’une longue maladie, de Rafiatou Karimou, première femme ministre du Bénin et qui s’était engagée, quasiment toute sa vie, dans la lutte pour l’émancipation des femmes. Militante chevronnée et femme résolument engagée, elle fut tour à tour chef de district — première femme nommée à ce poste en 1975 —, mais aussi ministre de la Santé publique, puis ministre de l’Enseignement maternel et primaire, de 2003 à 2006.
C’est assurément l’une des figures emblématiques de la période révolutionnaire au Bénin (1972-1990), une admirable femme battante ayant loyalement servi aux côtés du défunt président Mathieu Kérékou, qui vient de s’éteindre. Ancienne présidente de la puissante Organisation des femmes révolutionnaires du Bénin (OFRB), celle qui dirigeait entre autres le Réseau des femmes baromètres de la démocratie — au moment où je l’ai rencontrée la première fois, et désormais la dernière, en janvier 2015 à Cotonou au détour d’une mission professionnelle —, me faisait justement part de son inquiétude au sujet de la situation de son pays. « Les acquis de la conférence nationale sont en danger », m’avait alors confié Rafiatou Karimou qui, du haut de ses 69 printemps, débordait alors encore d’énergie pour animer ce réseau mis en place pour «contrôler et mesurer la gouvernance dans le pays».
Une grande dame s’en est allée. Paix à son âme… »
Politique 07 janv. 2018

L’Assemblée nationale a procédé, ce vendredi 5 janvier, à la mise en conformité avec la Constitution du 11 décembre 1990 de la loi n°2017-20 portant Code du numérique en République du Bénin.
Le dossier a été adopté à l’unanimité des députés présents et représentés. En fait, cette mise en conformité a été opérée par les députés suite à la décision Dcc 17-223 du 02 novembre 2017 de la Cour constitutionnelle déclarant certaines dispositions de cette loi conformes à la loi fondamentale sous réserve de la prise en compte de certaines corrections de formes au niveau du texte voté. Celles-ci concernent les articles 13, 41, 90, 120, 126 alinéas 1 et 2, 131 alinéa 2, 146 alinéa 3, 173, 197, 232 alinéa 2, 319, 348 dernier alinéa, 350 alinéa 2, et 494 alinéa 4 point 2 du texte de loi voté par l’Assemblée nationale le 13 juin 2017. Les députés ont donc intégré ce vendredi les corrections de forme souhaitées par la Cour constitutionnelle pour rendre la loi conforme à la Constitution. Le rapport sur le dossier a été présenté par la Commission du Plan, de l’Equipement et de la Production présidée par le député Jean-Michel Abimbola. L’examen s’est déroulé en présence du gouvernement représenté à la plénière par le ministre chargé de l’Economie numérique, Aurélie Adam Soulé Zoumarou qui a brillamment défendu le dossier. Avec cette mise en conformité, plus rien ne bloque désormais la promulgation et la mise en vigueur par le chef de l’Etat, de la loi n°2017-20 portant Code du numérique en République du Bénin.
Actualités 05 janv. 2018

Le premier coup de gong de la deuxième édition du Festival international de Porto-Novo (Fip) retentira demain samedi 6 janvier. Le lancement officiel aura lieu au musée Honmè de Porto-Novo et sera animé par plusieurs artistes dont la star Manu Dibango attendue pour rehausser la cérémonie d’ouverture.
La ville de Porto-Novo va vibrer du 6 au 13 janvier prochain, aux rythmes de la deuxième édition du Festival international de Porto-Novo. Contrairement à l’année dernière où la cérémonie inaugurale s’est déroulée au stade Charles de Gaulle, l’édition de 2018 sera lancée au musée Honmè de Porto-Novo, une des grandes richesses culturelles de la ville capitale mais jusque-là abandonnée. Le choix de ce musée dénote de la volonté du conseil municipal pour tourner les attentions surtout des dirigeants politiques vers la reconstruction de ce chef- d’œuvre qui fait la fierté de la culture béninoise.
Plusieurs temps forts vont marquer la cérémonie de lancement officiel…Il est prévu une prestation de plusieurs artistes dont celle de Manu Dibango, ce samedi 6 janvier. Le programme de la journée sera clôturé par la présentation d’une pièce théâtrale sur le roi Toffa. C’est une pièce écrite par l’écrivain Florent Couao-Zotti et mise en scène par Tola Koukoui qui avait présenté Kondo le Requin à l’édition passée. La présentation sera faite dans le palais de Toffa où ce dernier est resté pendant trente-quatre ans. Ce lieu a été donc choisi pour permettre à la jeune génération de connaître un tant soit peu l’histoire du roi Toffa, un des rois ayant longtemps régné à Porto-Novo.
Les lundi 8 et mardi 9 janvier prochains, il est prévu l’organisation d’un colloque scientifique sur le thème « Comment le vaudou peut-il contribuer à répondre aux enjeux mondiaux aujourd’hui ». Plusieurs acteurs notamment du monde scientifique et universitaire sont attendus pour animer ce colloque qui offre l’occasion à ces derniers de présenter le fruit de leurs recherches sur le vaudou, non pas dans sa dimension culturelle mais plutôt scientifique. Le programme du festival prévoit dans la soirée du 9 janvier, un grand concert avec de grandes vedettes béninoises au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo où sont attendus plus de 25 000 personnes.
Une grande foire appelée le marché du festival est également ouverte du 4 au 14 janvier prochain dans le cadre des manifestations. La cérémonie de clôture du Fip sera marquée, le samedi 13 janvier, par une procession de 1000 masques sacrés à travers la ville de Porto-Novo.
Le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, était, mercredi dernier, au cabinet du président de l’Assemblée nationale. Il a été reçu en audience par Me Adrien Houngbédji à qui il a exposé le contenu des activités et le point des préparatifs du Fip 2018?

Auréolés de leur titre de champion remporté cette saison, leur quatrième depuis qu’ils existent, les Buffles de Parakou ont repris les séances d’entraînement, ce jeudi 4 janvier au stade municipal de Parakou. Les protégés du président Laurent Gnansounou entament ainsi leur préparation afin de ne pas faire piètre figure face à l’Asec Mimosa de la Côte d’Ivoire, en Ligue africaine des champions au mois de février prochain.
Les Buffles de Parakou n’entendent pas faire de la figuration à la Ligue africaine des champions, après avoir obtenu le droit d’y représenter le football béninois. Au tour préliminaire, les poulains de l’entraîneur Idrissou Muntari affrontent l’Asec Mimosa d’Abidjan. C’est un adversaire coriace qui, au regard de son palmarès impressionnant sur le plan continental, ne sera pas facile à jouer pour eux. Ils en sont bien conscients. Aussi, ont-ils décidé de se mettre au travail très tôt.
En effet, après seulement quelques jours de repos, les Buffles de Parakou ont repris le chemin des entraînements depuis, ce jeudi 4 janvier. Leur objectif sera de parfaire le travail qu’ils ont déjà effectué, puis de franchir le cap de l’Asec d’Abidjan. Au cours de ces séances, ils auront l’occasion de fourbir leurs armes afin d’arriver à bout de cet ogre du football ivoirien.
Pour parfaire leur préparation, les Buffles envisagent livrer également quelques matches internationaux. En premier lieu, Mama Bah Yèrè, Nabil Yarou, Rodrigue Kossi et leurs coéquipiers devraient certainement se mesurer à l’As Togo Port, club de première division togolaise, le 17 janvier prochain à Parakou. Selon les mêmes sources, ils se déplaceront, le 24 janvier prochain, du côté de Lomé, pour le match retour. Comme eux, l’As Togo Port est également engagée pour les préliminaires de la Ligue africaine des champions. Son adversaire à l’As Léopards de Dolisie du Congo Brazzaville?

Par 76 voix pour, 0 contre et 0 abstention, l’Assemblée nationale a adopté, ce jeudi 4 janvier, la loi n° 2018-02 modifiant la loi organique n° 94-027 du 18 mars 1999 relative au Conseil supérieur de la magistrature (Csm). Elle modifie certaines dispositions du texte notamment les articles 9 et 10. Celles-ci fixent les crédits nécessaires au fonctionnement du Csm désormais logés au budget de la Cour suprême. Ils étaient inscrits au budget de la Présidence.
De même, le siège de l’institution est aussi fixé à la Cour suprême. Toutefois, le Conseil peut se réunir en cas de besoin à la Présidence de la République. Les deux innovations ont été apportées par le législateur pour permettre au Conseil supérieur de la magistrature d’être autonome dans la gestion de son budget pour plus d’efficacité.
Il faut préciser que le Csm assiste le président de la République dans sa mission de garant de l’indépendance de la justice. Le Csm est dès lors consulté sur toute question concernant l’indépendance de la magistrature et la sécurité des juges. Il est habilité à faire au président de la République toute proposition de nature à garantir aux magistrats de bonnes conditions de travail. En outre, le Conseil statue comme conseil de discipline des magistrats, donne son avis pour la nomination des magistrats et étudie les dossiers de grâce et les transmet pour avis motivé au président de la République. Le Csm est composé des membres de droit et autres membres. Il est présidé par le président de la République. Le président de la Cour suprême et le ministre chargé de la Justice occupent respectivement les postes de premier et de deuxième vice-président.
Th. C. N.
Actualités 05 janv. 2018

Les magistrats iront désormais à la retraite à l’âge à 65 ans au lieu de 60 ans en vigueur jusqu’ici. Cette disposition est l’une des innovations de la proposition de loi portant statuts de la magistrature adoptée, ce jeudi 4 janvier, par le Parlement et qui retire le droit de grève à cette corporation.
Les députés ont poursuivi et achevé ce jeudi 4 janvier, l’examen de la proposition de loi portant statuts de la magistrature qu’ils ont entamé mardi dernier. Ils ont apporté plusieurs innovations à cette loi qui retire dorénavant le droit de grève aux magistrats. Au nombre de ces innovations, les députés ont porté de 60 à 65 ans l’âge d’admission à la retraite des magistrats. Mais ceux d’entre eux qui le désirent peuvent à partir de 60 ans solliciter leur départ à la retraite et bénéficier d’une pension normale de retraite. Cette disposition nouvelle est contenue à l’article 137 de la loi n° 2018-01 portant statuts de la magistrature qui abroge la loi n° 2001-35 du 21 février 2003 portant sur le même objet.
Le souci du législateur, à travers cette innovation, est de permettre aux magistrats béninois d’acquérir beaucoup d’expériences et d’ancienneté afin d’être compétitifs sur les plans national, régional et international. Une explication que soutient le ministre chargé de la Justice, Joseph Djogbénou qui a défendu l’adoption de ce dossier en plénière. Selon lui, aucun magistrat béninois n’est actuellement à un poste au niveau des juridictions régionales encore moins internationales. Les magistrats sont souvent frappées par des critères liés au nombre d’années d’expériences. Ce qui constitue un véritable problème pour le Bénin. Me Joseph Djogbénou prend l’exemple sur l’avocate Reine Alapini Gansou récemment promue juge à la Cour pénale internationale. Selon lui, si elle était magistrate, le Bénin ne pourra pas faire passer sa candidature parce qu’elle n’aurait pas l’expérience requise pour occuper un tel poste à l’international.
Le ministre chargé de la Justice a expliqué que cette innovation visant à porter à 65 ans l’âge de départ à la retraite des magistrats est l’une des raisons essentielles pour lesquelles le gouvernement souhaite l’adoption de cette loi. Cela, afin de permettre au Bénin de lever l’obstacle lié au nombre d’années d’expériences des magistrats lors des compétitions ou positionnements dans les juridictions régionales et internationales. Mieux, Joseph Djogbénou observe que la loi en examen est un texte dérogatoire à la loi modifiant et complétant la loi n°2015-18 du 13 juillet 2017 portant statut général de la Fonction publique adoptée par l’Assemblée nationale, le jeudi 28 décembre 2017. Cette loi en examen va régir spécialement la corporation des magistrats qui n’est pas n’importe quel corps de la Fonction publique, plaide le ministre chargé de la Justice, avant de faire remarquer que plus le magistrat a acquis beaucoup d’années d’expériences, plus il est efficace, indépendant et impartial.
Débat houleux
Mais cette explication de Me Joseph Djogbénou n’a pas convaincu certains députés aussi bien de la minorité comme de la majorité parlementaire. Pour Abdoulaye Gounou, rien ne peut justifier le départ à la retraite d’un magistrat à l’âge de 65 ans. Il fait observer que le magistrat n’a pas atteint le niveau d’étude d’un maître-assistant encore moins d’un maître de conférences ou d’un professeur titulaire des universités. Or, ces derniers vont à la retraite respectivement à 62 ans, 63 ans et 65 ans. Un maître-assistant des universités ne peut pas être à 62 ans d’âge pour être admis à la retraite pendant que le magistrat qui n’a pas atteint son cursus soit à 65 ans. Cette loi va créer une injustice grave, martèle le député de la majorité parlementaire. Abdoulaye Gounou propose carrément que cette disposition soit retirée de la loi en examen pour être intégrée dans le Code des pensions civiles et militaires actuellement sur la table du Parlement pour examen prochainement. Il souhaite en amont l’organisation d’un débat national pour réfléchir de façon globale sur la question de l’âge d’admission à la retraite des agents de la Fonction publique. Ce qui éviterait la dispersion du Code des pensions civiles et militaires.
Abdoulaye Gounou sera renforcé par son collègue Antoine Kolawolé Idji. Ce dernier estime que c’est la boîte de Pandore qui sera ouverte si cette part belle est faite aux magistrats. Il craint que demain d’autres corps de la Fonction publique tels que les diplomates qui se battent depuis des années pour le relèvement de leur âge d’admission à la retraite afin d’acquérir l’expérience nécessaire pour être compétitifs à des postes diplomatiques à l’international, ne viennent exiger un traitement particulier comme les magistrats.
L’autre disposition de la loi qui a fait couler beaucoup de salive est celle qui offre l’opportunité à certains magistrats retraités de bénéficier d’un contrat de travail pour occuper à titre temporel des fonctions non juridictionnelles dans l’administration judiciaire.
Le député Nouréinou Atchadé de la minorité parlementaire qualifie de « dangereuse » cette disposition qui réduit les chances des jeunes d’accéder à un emploi public. Il a demandé le retrait pur et simple de cette disposition.
Le débat a été houleux sur les deux innovations de cette loi. Ce qui a obligé le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, président de céans, à suspendre à deux reprises la plénière pour concertation. Laquelle a permis de faire avancer les travaux. Les positions ont été conciliées au sein de la majorité parlementaire, au retour de cette conciliation. Les polémiques et les voix dissonantes se sont tues dans le camp des députés de la mouvance présidentielle. Les deux dispositions ont été validées et l’ensemble de la loi adoptée à l’unanimité des députés de la majorité parlementaire présents et représentés. Leurs collègues de la minorité ont voté contre la loi au motif qu’elle viole les libertés syndicales avec le retrait du droit de grève mais aussi réduit les chances d'accès à l’emploi public aux jeunes avec le relèvement de l’âge d’admission à la retraite à 65 ans et la possibilité offerte aux magistrats retraités de bénéficier encore d’un contrat de travail pour continuer de servir dans l’administration judiciaire?

Du 4 au 5 janvier se tient à Bohicon, un atelier d’étude et de validation de l’avant-projet de décret portant création, attribution, organisation et fonctionnement de l’Agence béninoise pour la recherche et l’innovation (Abri). Il s’agit d’une rencontre qui réunit les chercheurs des universités béninoises.
Les réformes prévues pour le sous-secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique sont en marche. En ce qui concerne la recherche scientifique, elles seront une réalité dans les jours à venir avec la fusion annoncée de toutes les structures en charge de la gestion de ce secteur afin de favoriser les innovations.
En procédant, ce jeudi 4 janvier à Bohicon, à l’ouverture des travaux de cet atelier, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso, a beaucoup insisté sur l’importante place qu’occupe la recherche scientifique en faveur du développement d’une nation. Cela explique bien pourquoi le gouvernement engage les grandes réformes et les projets phares dans ce secteur capital pour le développement, explique-t-elle.
Il faut redonner à la recherche scientifique ses lettres de noblesse afin que le Bénin soit élevé au rang des pays qui innovent dans le secteur, indique-t-elle. La recherche scientifique et l’innovation technologique étant désormais à l’avant-garde de tout développement qui se veut durable, il ne faut pas, et pour aucune raison, que le Bénin reste encore à la traîne, insiste la ministre.
Avec la création par le gouvernement de l’Agence béninoise pour la recherche et l’innovation (Abri), c’est une chance qui vient ainsi d’être offerte aux acteurs de ce secteur pour montrer les potentialités dont regorge le secteur. En un mot, les chercheurs béninois devront mettre en valeur et donner de la visibilité aux résultats de recherche ainsi qu’aux nombreuses innovations technologiques qui naissent tous les jours dans les universités, les centres de formation et de recherche implantés un peu partout sur le territoire national.
Une fois mise sur pied avec la prise du décret portant création, attribution, organisation et fonctionnement cette agence, devra définir la politique gouvernementale en matière de recherche d’innovation. Les travaux d’étude et de validation de l’avant-projet de décret prendront fin ce vendredi.