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Nouvelles

Coups mortels (2e dossier): Sabi Kourobou N’Douro condamné à 10 ans de réclusion criminelle

La deuxième session de la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou, au titre de l'année 2017, a connu son deuxième dossier, vendredi 28 juillet dernier, avec la comparution de Sabi Kourobou N’Douro, poursuivi pour coups mortels. L’accusé a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Placé sous mandat de dépôt le 8 décembre 2014, il devra passer encore sept années derrière les barreaux pour purger totalement sa peine.

C’est pour une affaire de coups mortels que Sabi Kourobou N’Douro a été entendu, vendredi 28 juillet dernier, par la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Né vers 1986 à Goumori, il a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle, pour n’avoir pas su se maîtriser, sous l’effet de la jalousie. La cour de céans présidée par Gomina Séïdou Abdou-Moumouni assisté de Limoan T. Richard et de Djiménou Lucien, est arrivée à cette sentence, après les réquisitions de l’avocat général, Emmanuel Opita, et les plaidoiries de Me Bah Salifou Mouftaou, avocat de la défense.
Encore une victime, suite à des conflits entre deux frères ! Interpellé et inculpé de coups mortels, l’accusé qui réside dans l’arrondissement de Goumori à Banikoara a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure, que ce soit à l’enquête préliminaire et l’interrogation de première comparution. A la barre, il n’a également pas nié les faits qui lui sont reprochés.
Prenant sa réquisition, l’avocat général, Emmanuel Opita, évoque un homicide involontaire. Pour lui, l’élément légal, l’élément matériel et l’intention coupable sont réunis par rapport aux faits de l’espèce. S’agissant de l’élément légal, il informe que ce crime est prévu et puni par l’article 309 alinéas 4 du Code pénal. Il a fait observer que l’infraction de coups mortels est constituée. En l’espèce, l’accusé a reconnu avoir donné le coup de pilon et que la mort de la victime est la conséquence du coup donné. Après avoir relevé que l’enquête de moralité et le casier judiciaire sont favorables à l’accusé, le procureur général, contrairement à ses habitudes, n’a pas requis une peine contre lui. Il a plutôt laissé la latitude à la cour de donner la peine qu’elle aura jugée utile, pour une bonne administration de la justice et le rétablissement de l’ordre public.
Me Bah Salifou Mouftaou, avocat de la défense, à l’entame de ses plaidoiries, s’est dit en phase avec certaines observations du ministère public même s’il estime qu’il ne s’agit pas d’un procès de la paresse comme ce dernier l’a signifié. Il a demandé à la cour de condamner son client à la peine qui lui convient tout en tenant compte des larges circonstances atténuantes qui lui sont favorables dans le dossier.
Après avoir délibéré, la cour condamne Sabi Kouborou N’Douro à 10 ans de réclusion criminelle.

Les faits

L’incident a eu lieu le 8 décembre 2014 dans l’arrondissement de Goumori, à Banikoara. Tous deux des frères, Bio et Sabi Kourobou N’Douro exploitent le même domaine agricole. Malheureusement, les récoltes réalisées sont loin d’avoir comblé leurs attentes. Pour situer les responsabilités, Bio n’hésite pas à dénoncer la mauvaise volonté et la paresse de son grand-frère Sabi Kourobou N’Douro. Ce qui les a conduits à exploiter séparément le domaine lors de la saison qui a suivi. La bonne moisson réalisée par Bio suscite le mécontentement de son aîné qui se mis à le critiquer. Ce qui dégénère en bagarre entre eux. Sabi s’est alors saisi d’un pilon avec lequel il asséna un coup à la tête de son jeune frère qui succombe quelques jours plus tard.

Société 31 juil. 2017


Suspension du maire Léhady Soglo: L’escalade d’une mésintelligence politique ?

Le maire de Cotonou, Léhadi Soglo, est suspendu de ses fonctions pour deux mois, par arrêté n° 26/MDGL/DG/SGM/DGCL/SA/O11/SGG17 du ministre en charge de la Décentralisation en date du vendredi 28 juillet dernier. Son intérim est assuré par le premier adjoint au maire, Isidore Gnonlonfoun. « Il est reproché à l’intéressé « des faits graves », lesquels seraient constitutifs « de fautes lourdes au regard des dispositions de l’article 55 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin », indique l’article 2 dudit arrêté.

Au nombre des faits, précise la décision signée du ministre Barnabé Dassigli, il y a « la vente ou l’aliénation abusive de biens domaniaux », la violation des règles de déontologie administrative, l’augmentation des frais de représentation qui passent de 2 millions à 10 millions F Cfa pour l’année 2017 sans délibération spécifique du Conseil municipal ou de l’autorité de tutelle, l’engagement de dépenses en dehors de la procédure des marchés publics ». Distorsion de ressources financières, organisation de simulacre de consultations en matière de marché public, effacement des traces de documents administratifs et comptables par incinération, sont également des griefs portés à son encontre.
Chacun de ces faits est étayé par des précisions vraisemblables qui, si elles s’avèrent, justifieraient amplement la décision ministérielle.
Mais au-delà de ces faits, c’est un secret de polichinelle que le président du Conseil municipal entretenait des relations très tendues avec l’autorité de tutelle, en l’occurrence le préfet Modeste Toboula. L’on se rappelle la demande d’explication adressée au maire par le représentant de l’autorité centrale pour n’avoir pas assisté à l’installation de ce dernier, les divergences étalées au grand jour dans le cadre de l’opération de libération de l’espace public. Les rapports entre le maire et le sommet de l’Etat sont également loin des cordiaux. Les escalades verbales entre le maire et le président de la République au sujet du projet « Grand Nokoué » en sont une illustration. Toutes choses qui témoignent du climat délétère de collaboration entre la mairie de Cotonou et l’Exécutif.

Précipitation

Léhady Soglo était depuis quelques mois dans le collimateur de la tutelle. L’inspection générale de l’Etat est mise à ses trousses et ses jours étaient comptés à la tête de la mairie, selon les indiscrétions.
En l’espace de huit mois, pas moins de quatre audits ont été dépêchés à la mairie. Léhady Soglo ne cache pas sa stupéfaction. « Nous ne comprenons pas l’acharnement dont nous sommes l’objet », lâche-t-il. « Les trois premiers n’ont révélé aucune malversation », a-t-il laissé entendre, au terme de son audition du vendredi dernier. Qu’en est-il du quatrième ? « Nous ne nous reprochons rien », clame le maire suspendu de Cotonou. Toujours est-il que le maire sera entendu pendant quatre heures de temps, ce vendredi 28 juillet. Une première depuis l’avènement de la décentralisation. Le maire aura beau plaidé que la séance soit reportée afin qu’il ait le temps de préparer ses réponses à la dizaine de questions à lui adressée, rien n’y fit. Il n’aura pas eu le temps de se défendre jusqu’au bout avant que le fatidique coup de l’arrêté ministériel portant sa suspension ne lui soit asséné. Un document administratif de quatre pages rendu public, une trentaine de minutes seulement après la fin de l’audition.
Il faut reconnaître que le ministre de la Décentralisation est dans ses prérogatives, en vertu de l’article 54 de la loi 97-029 portant organisation des communes en République du Bénin, qui stipule : « Le maire ou l’adjoint qui commet une faute lourde peut être révoqué de ses fonctions. La faute lourde est constatée par l’autorité de tutelle qui, après avis du Conseil départemental de concertation et de coordination, créé par l’article 16 de la loi 97-028 portant organisation de l’administration territoriale en République du Bénin, en dresse rapport au ministre chargé de l’administration territoriale. Celui-ci peut prononcer la suspension du maire ou de l’adjoint et proposer le cas échéant la révocation au Conseil des ministres. » Mais le hic, la précipitation dans laquelle est intervenue la décision paraît tout de même curieuse. Ce qui fait dire à certains observateurs qu’elle serait rédigée à l’avance et l’audition, qui a fuité quarante-huit heures avant sa tenue, n’est qu’un scénario pour entériner ce qui était préparé.
Il est à craindre que ce qu’on reproche au maire soit fondé mais que la procédure pèche pour vice et irrégularités. La suspension ne fait pas obstacle à des voies de recours. « Si le maire suspendu pense qu’il l’a été à tort, il peut saisir la Cour suprême », conçoit Claude Djankaki, spécialiste de la décentralisation.

Règlement de comptes ?

Sur tout autre plan, des proches de Léhady Soglo soutiennent à tort ou à raison que la crise au sein de son parti, la Renaissance du Bénin, duquel il est destitué du poste de président puis exclu par un groupe de réformistes, serait tributaire de la mésentente avec le pouvoir public. Vraisemblable ! Léhady Soglo et son parti la Renaissance du Bénin n’ont pas soutenu l’avènement du régime du Nouveau départ. C’est connu de tous. Mais il ne s’est pas déclaré opposant, non plus. A quoi doit-on attribuer ses ‘’déboires’’ avec le pouvoir en place ? De toute façon, les faits à lui reprochés, s’ils étaient vérifiés, sont assez éloquents et peuvent justifier la prise de mesures conservatoires telles que la suspension. Mais, sur le terrain politique, aucun détail n’est à négliger.
La suite du feuilleton réserve sans doute des surprises. La suspension laissera-t-elle place à la révocation du maire Léhady Soglo ? N’ayant plus rien à perdre, celui-ci se battra sans doute pour conserver son fauteuil. Réussira-t-il ? C’est une autre paire de manches.
Toutefois, il peut déjà compter sur le soutien de quelques ‘’amis’’ politiques, en l’occurrence le maire déchu de Ouidah, Sévérin Adjovi, le ministre Candide Azannaï qui a démissionné récemment du Gouvernement, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Robert Dossou, Sans oublier bien sûr les parents du maire : Nicéphore et Rosine Soglo, qui se sont rendus à son domicile aux premières heures de la suspension, tout comme des dizaines de curieux et de militants de la Renaissance du Bénin qui sont restés fidèles à l’héritier du parti des Soglo.
Les forces de l’ordre dépêchées au domicile du maire ont essuyé la huée de la foule venue manifester leur désapprobation. Les hommes en uniforme ont annoncé dans un premier temps, que c’est pour une visite domiciliaire et par la suite qu’il s’agit d’une perquisition, alors qu’il n’y a aucune procédure ouverte contre le maire, se désole son avocat Me Alfred Bocovo. « En tant que maire de sa commune, c’est un officier de police judiciaire et la méthode pour l’interpeller, même s’il y avait des infractions contre lui, est cavalière », dénonce l’avocat. La tension est restée vive jusqu’à tard dans la nuit au domicile du maire. Le calme est revenu plus tard, mais le maire Léhady Soglo lui-même est resté introuvable. Il avait déjà saisi l’autorité de tutelle pour un voyage à l’extérieur, mais l’autorisation ne lui est pas accordée. Les interprétations vont bon train.

De la méthode !

Un ballet impressionnant de personnalités politiques est observé dans la soirée du vendredi dernier. Toutes condamnent la « procédure d’urgence » et la violation des libertés. « Ce qui se fait ici est la négation de la démocratie locale », fustige le président Nicéphore Soglo, ancien maire de Cotonou et père de Léhady, qui évoque la présomption d’innocence et la violation du domicile du maire. « Il aurait fallu que ce soit des juges qui décident de ça... Nous allons faire reculer la dictature », laisse-t-il entendre.
« Lorsqu’on a un reproche à faire à quelqu’un, il faut lui notifier ce qu’on lui reproche, lui laisser le temps de préparer sa défense », suggère Robert Dossou. « A ce train, craint l’ancien président de la Cour constitutionnelle, n’importe qui peut avoir sa maison envahie de soldats. On peut l’arrêter ou l’enfermer n’importe comment pour n’importe quoi ». « Des cas de ce genre, il faut les éviter. Porter atteinte à la dignité, à la liberté d’une personne humaine, le droit qui s’applique chez nous ne le permet pas », rappelle le militant Robert Dossou, ajoutant que cette pression ne lui dit rien qui vaille. « Si le contradictoire ne peut pas être appliqué préalablement... dans des fonctions respectables que les gens occupent, nous sommes menacés et moi militant des droits de l’Homme, militant du droit tout court, je suis obligé de m’engager ».

Actualités 31 juil. 2017


Audience à la Cour constitutionnelle: Théodore Holo reçoit un juriste de la Cadhp

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu, vendredi 28 juillet dernier, Horace Adjolohoun, juriste à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp) à son cabinet à Cotonou. Au menu des échanges, diverses préoccupations dont le dialogue judiciaire continental.

Horace Adjolohoun, juriste à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp), a rencontré, vendredi 28 juillet dernier, le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo. « Je suis allé présenter mes civilités au président qui est notre aîné dans le système universitaire au Bénin et en Afrique. Etant en séjour au Bénin, je n’aurai pas pu ne pas aller le saluer pour m’avoir cautionné intellectuellement », confie-t-il à sa sortie d’audience. « Je suis allé lui rendre compte de mes activités récentes du point de vue professionnel dans la fonction publique internationale mais également dans le système universitaire au niveau africain », poursuit-il.
Les deux hommes ont échangé sur des questions telles que le dialogue judiciaire continental prévu pour le mois de novembre prochain. « Le dialogue judiciaire est une activité organisée par la Cadhp sous l’égide de l’Union africaine qui rassemble les présidents des cours constitutionnels et suprêmes de tous les pays africains, mais aussi les présidents des cours régionales africaines et autres », a-t-il expliqué. Aux dires d’Horace Adjolohoun, cette réunion qui s’organise au niveau continental, permet aux sommités des juridictions nationales et continentales de se réunir pour échanger. « Le dialogue est placé cette année sous le sceau du renforcement des questions jurisprudence, cela prouve qu’en Afrique, il y a nécessité de mettre en place des systèmes d’échange de données visant à l’échange permanent de jurisprudences », a-t-il ajouté. Le juriste Horace Adjolohoun dit être satisfait du tête-à-tête avec le président Théodore Holo n

Actualités 31 juil. 2017


Après 57 ans de gouvernance et de succession de régimes: Le bond qualitatif vers le développement toujours attendu

En 57 ans d’indépendance, le Bénin peine à asseoir un style de gouvernance qui lui assure le développement. Les gouvernements se succèdent sans parvenir à solutionner le mal du pays. Quelques efforts salutaires certes, mais au finish pas un grand changement dans le quotidien des populations.

« On peut dire de façon générale que la succession rapide des chefs d’Etats a beaucoup nui au développement du pays, car peu d’entres eux ont terminé leurs mandats, surtout au début de notre indépendance. Sur de grands dossiers de l’Etat comme la santé, l’industrialisation, l’éducation, le bilan n’est pas reluisant et c’est pour cela certainement qu’il faut encourager ceux qui sont au pouvoir à prendre à cœur ces choses et à donner la preuve qu’ils sont différents des autres ». L’historien Pierre Mètinhoué diagnostique ainsi la gouvernance au Bénin sur les 57 dernières années, celles qui marquent l’indépendance. Pour lui, le pays n’a pas connu d’avancée majeure et les causes sont surtout à déterminer au niveau des dirigeants.
Au sujet de Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, il note que les travaux faits à ce jour sur lui le présentent comme un homme affable, proche du peuple, aimant plus la paix que tout autre chose. « Il tentait par tous les moyens d’éviter les violences. Malheureusement il n’a pas été toujours suivi sur ce chemin, puisque les évènements d’octobre 1963 qui l’ont fait partir ont été quelque peu violents. Ses ambitions de mon point de vue étaient assez limitées. Hubert Maga était un fidèle de la France et je pense un admirateur de Félix Houphouët Boigny, sans entreprendre au Dahomey, ce que Houphouët avait entrepris dans son pays », analyse l’historien.
Il rappelle ensuite la longue crise et les instabilités à la tête du pays avec son cortège de conséquences sur la vie et le développement du pays. Situation qui devrait connaître un dégel à la faveur du Renouveau démocratique intervenu en 1990. Mais le Bénin démocratique n’a pas vraiment décollé non plus, si on s’en tient à ses explications. A l’instar d’un certain Nkrumah qui a fait de l’énergie sa priorité avec la création du barrage d’Akossombo dont des pays comme le Bénin et le Togo sont clients à ce jour, il aurait voulu voir le même engagement de la part des gouvernants béninois. Hélas ! « Je ne connais pas dans l’histoire de notre pays, des réalisations de telles envergures et je crois que c’est le défilé de nos chefs d’Etat qui en est une des causes. Il y a beaucoup de mutations ».
Mais pour l’instant, nuance-t-il, il est encore trop tôt pour l’historien d’apprécier le règne de Boni Yayi dont le mandat a pris fin le 6 avril 2016. Ce qu’il retient tout de même, « c’est qu’il est un dirigeant qui souhaite être en symbiose avec le peuple, qui voulait faire plaisir au peuple et qui a tenté quelques expériences ». Pour ce qui est de la nouvelle expérience en cours depuis avril 2016 « avec un Gouvernement qui nous a promis beaucoup de choses », son souhait est que « l’essentiel de ses projets soient réalisés pour le grand bonheur de notre peuple ».

Un Gouvernement tous les deux ans !

On ne peut à ce jour, donner un chiffre exact du nombre de gouvernements que le Bénin a pu connaître depuis son indépendance. Les crises multiples, les records d’instabilité de gouvernements à partir d’octobre 1963 et bien d’autres situations sont à la base de cette difficulté. Mais à partir de ses travaux antérieurs, le professeur et historien Pierre Metinhoué établit qu’en moyenne, un gouvernement en dehors des périodes de crise a une longévité de deux ans et que cela s’est assez bien vérifié lorsque les militaires sous le commandement de Mathieu Kérékou ont pris le pouvoir.
Même si en général, la moyenne de deux ans peut être retenue comme durée de vie des gouvernements dans notre pays, il y a de l’analyse de l’historien, deux exceptions. La première, plus positive, est à l’actif du président Mathieu Kérékou de regrettée mémoire. Le Gouvernement formé par lui en 1976 est resté jusqu’en 1984, rappelle l’historien. Et de préciser que « c’est le plus long règne d’un gouvernement au Bénin et au Dahomey depuis notre indépendance ».
A cette première exception s’ajoute une seconde, celle du président Boni Yayi. Sur l’ensemble de ces deux mandats, ce chef d’Etat a formé son premier gouvernement le 8 avril 2006 et le dernier le 10 mars 2016. La règle ou du moins l’hypothèse de deux ans de vie de gouvernement n’est donc pas vérifiée dans son cas, soutient Pierre Metinhoué. Entre les dates suscitées, « il a signé 28 décrets portants formation de gouvernements, modifications de gouvernement ou rectification », rapporte-t-il. Si l’on devait essayer une moyenne en lien avec ses dix ans de pouvoir, cela fausse la règle et on a un nombre plus important de gouvernements.
« Mais il faut préciser que tous ces décrets ne sont pas uniquement destinés à annoncer au peuple et à l’opinion internationale, la constitution d’un nouveau Gouvernement. Il y a eu souvent, après la formation d’un gouvernement, qu’il ait senti la nécessité de modifier quelque chose, mais c’est un décret qui le permet parce qu’il lui faut même pour cela, l’avis du bureau de l’Assemblée nationale », précise-t-il. L’une des illustrations de cette situation poursuit l’historien, « lorsqu’il a nommé (sans l’avoir consulté je pense) Basile Ahossi au Gouvernement et que ce député alors membre du G13 a décliné l’offre, le décret l’ayant nommé devrait être automatiquement ratifié ». Et cela n’est pas sans conséquence. « Dans un pays où les gouvernements changent à ce rythme, il me semble qu’il va être difficile d’attaquer les vrais problèmes et de tenter de les résoudre », dénonce-t-il.
Evoquant quelques études récentes, notamment des publications du politologue Eric Tévoèdjrè, qui s’intéresse à cette question et qui compare les gouvernements africains à ceux des autres pays comme les Etats-Unis et ailleurs, Pierre Metinhoué conclut avec cet autre auteur que « nous aurions intérêt, si nous tenions à apporter quelque bonheur à nos populations, à nous inspirer de ces pays où les structures existent et où la formation du gouvernement n’est pas vraiment un fait de hasard ». A l’en croire, « les premières années de notre indépendance et la période où nous étions membres de la communauté africaine, avant de publier la liste du gouvernement, il y avait un arrêté, qui rendait compte de la structure du Gouvernement avant d’officialiser les noms ». Aujourd’hui, observe-t-il, « on découvre la structure du Gouvernement au même temps que le liste des heureux désignés ».

« La faute est à ceux qui nous dirigent » !

« On n’aurait pas tort de faire porter la responsabilité de notre mal développement ou de notre sous-développement à ceux qui nous ont dirigés depuis 1960 car ce sont eux qui montrent la voie. Je suis persuadé que nos dirigeants auraient eu d’autres méthodes que les résultats ne seraient pas ceux que nous avons eu. Aujourd’hui, le Béninois moyen n’est pas très heureux. Il a des difficultés de toutes sortes car il se dit que le pays devrait lui apporter plus que ce qu’il a ». C’est sans ambages que l’historien Pierre Metinhoué clame que « la part des gouvernants est très grande » dans la malgouvernance qui a plombé le développement du Bénin depuis son indépendance à ce jour. « Je n’ai pas noté chez nos dirigeants, une conviction forte. Et donc, mon regard est plutôt sévère sur la manière dont nous avons été gérés », opine-t-il. Les illustrations, il en cite à profusion, mais préfère s’attarder sur le cas de l’agriculture. Dans ce secteur au moins, pense-t-il le Bénin était capable de prouesses à l’instar de la Côte d’ivoire puisque le pays a été très trop décrété à potentiel agricole. « Les Français, depuis la période coloniale à l’indépendance, ont mis dans la tête de nos dirigeants, lesquels nous l’ont enseigné, que le Dahomey était un pays à vocation agricole », fait-il observer.
Finalement, il résume cela à une « aberration » et invite à en tirer les conséquences. Selon lui, « ce discours qui consiste à dire que nous sommes un pays à vocation agricole est devenu difficilement acceptable » parce que « presque rien n’a été fait pour montrer objectivement et au quotidien que nous étions préoccupés par la réalisation de cette vocation ». Même au niveau de la vallée de l’Ouémé qui serait l’une des plus riches au monde, « qu’en ont-ils fait ? », s’interroge-t-il, exacerbé.  « Si vous déclarez devant le monde entier que vous êtes un pays à vocation agricole, vous mettez en place des structures qui permettent cela », précise-t-il. Ce qui, visiblement, n’a pas été le cas au Bénin et suscite alors la colère de l’historien, 57 ans après l’accession du pays à la souveraineté internationale en tant qu’Etat. Conclusion de l’historien : « Quelques soient les ressources naturelles, minières, pétrolières et humaines d’un pays, s'il est mal gouverné, les résultats ne seront pas au rendez-vous ».

La solution : Aimer le Bénin !

En dépit de son diagnostic élogieux sur la situation du Bénin depuis 1960 à 2017, il est tout de même difficile pour Pierre Metinhoué de projeter le Bénin sur les 57 années à venir. L’historien se voit en difficulté sur cet exercice et arbore ses attributs de citoyen lambda pour « souhaiter que le Béninois moyen apprenne enfin à aimer le Bénin ». Selon ses explications, c’est une chose qu’on apprend. « Que nous prenons conscience de la nécessité d’aimer le Bénin. Et si nous l’aimons, il sera mieux dirigé. Parce que les premiers gouvernants donneront l’exemple et aimant vraiment le pays, ils ne refuseront aucun sacrifice pour que le pays aille de l’avant », propose-t-il. « Tous les scandales financiers que nous connaissions avant ou après tel président sont la preuve que nous n’aimons pas notre pays », se désole Pierre Metinhoué. Si nous l’aimions, indique-t-il, beaucoup réfléchiraient avant de trouver les moyens de détourner l’argent public pour faire des investissements uniquement personnels. « Je n’ai de leçon à donner à personne, mais restons modestes et n’arrêtons pas d’aimer le Bénin », lance-t-il in fine comme appel.

Actualités 31 juil. 2017


Célébration de la fête de l’indépendance : Toucountouna, l’exception

Située à 25 km de Natitingou, au nord-ouest du Bénin, Toucountouna ne commémorera pas à l’instar des autres communes du pays les festivités du 1er Août. Du moins pas avec autant de faste que de tradition. La fête de l’indépendance sera célébrée de façon exceptionnelle par la commune de 39 779 habitants. Juste la cérémonie de dépôt de gerbe au monument aux morts, apprend-on. Une décision prise par le conseil communal présidé par le maire Sébastien Paatcha.

Mais loin d’être le fait de la morosité économique, cette célébration bien insolite tient plutôt de la volonté des conseillers communaux de consacrer ces moments de commémoration à des séances de reddition de comptes dans les trois arrondissements de la commune que constituent Toucountouna, Tampégré et Kouarfa.

Politique 31 juil. 2017


Tirage de la tranche commune entente 2017 : Le Burkina Faso et le Bénin emportent les deux plus gros lots

Les gagnants des lots de la Tranche commune, entente 2017 sont connus depuis la nuit du vendredi 28 juillet dernier, au cours d’une soirée de gala organisée à Cotonou. Dame chance a diversement souri à chacun d’eux, tout en les faisant entrer dans la grande famille des millionnaires de la sous-région.

Le Burkinabè Lassane Nagoulma est l'heureux gagnant du gros lot de la Tranche commune entente 2017 dont le tirage a eu lieu, vendredi 28 juillet dernier au palais des Congrès de Cotonou. Dix millions de francs Cfa ont été empochés par ce jeune citoyen du pays des hommes intègres, venu à Cotonou à l’instar des autres gagnants pour tirer le lot qui devait lui revenir. Emotion à peine contenue, le gagnant qui ne réalisait pas encore dans les minutes qui ont suivi sa prouesse, ce qui lui arrivait n’avait que des mots de remerciements à Dieu. Avec 10 millions empochés, l’homme retourne chez lui, heureux d’avoir bénéficié de cette cagnotte rendue possible par la volonté communautaire d’offrir des lots importants aux citoyens des pays du Conseil de l’entente.
Un peu moins chanceux que lui, le Béninois Antoine Honvou a aussi des raisons de célébrer sa joie. Le Béninois s’est adjugé, lui, le deuxième plus gros lot du tirage, c’est-à-dire cinq millions de francs, à la satisfaction et à la joie des acteurs de la Loterie nationale du Bénin (Lnb) avec à leur tête, son directeur général Gaston Zossou.
Pour le Bénin, le Togo, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire, ils étaient au total quinze gagnants pour une cagnotte de 35 millions F Cfa. Hormis ces deux heureux, les autres gagnants se sont partagé le reste qui, pour un million, qui pour 1,5 million, qui pour 4 millions… Ceci, dans une ambiance de fête et de gaieté assurée par des artistes comme Sèssimè du Bénin et King Mensah du Togo.
« Des millions comme s’il en pleuvait », a caricaturé le directeur général de la Lnb, Gaston Zossou, pour exprimer la joie de ses pairs et lui, de faire autant d’heureux gagnants en une seule soirée, dans cinq pays à la fois. « Les dieux de la chance sont descendus des cieux pour faire des heureux dans plusieurs maisons », soutient-il.

La tranche se porte à merveille

Ce tirage né de la volonté des chefs d’Etat et de Gouvernement du Conseil de l’Entente de voir leurs populations respectives contribuer aux efforts de développement dans l’un ou l’autre pays en est à sa vingt-troisième édition abritée par le Bénin, a permis d’inaugurer un centre de jeunes dans la localité de Mèdédjonou, non loin de Porto Novo. « La tranche se porte à merveille et contribue au grand bien des populations qui en récoltent les fruits », salue le représentant du ministre de l’Economie et des Finances, Joël Zodjihoué à l’occasion du tirage. « Un jeu d’excellence », selon lui, qui a le mérite de renforcer l’intégration sous régionale à travers le financement volontaire d’infrastructures sociocommunautaires. « Travailler humblement et ensemble » pour le bien-être de tous, tel est le leitmotiv du directeur général de la Lnb, Gaston Zossou qui, au cours de cette même soirée, a passé le maillet de la Tranche commune entente au directeur général de la Loterie nationale du Burkina (Lonab), Touwinde Simon Tarnagda. C’est lui qui tient désormais les rênes de cette instance sous-régionale. Il lui reviendra également la charge d’organiser le vingt-quatrième tirage prévu en 2018 au Burkina Faso. « J’ai couru ma session du relais… Merci de poursuivre l’œuvre », lui a lancé son prédécesseur, Gaston Zossou. L’ensemble des activités de la soirée s’est déroulé sous la supervision de Me Janvier Dossou Gbété, huissier de justice.

Société 31 juil. 2017


Coupe de l’indépendance du Bénin: Une compétition tombée dans la vulgarité au fil des années

La finale de football jouée en présence du chef de l’Etat ou de son représentant a souvent été le clou des manifestations prévues dans le cadre de la célébration, chaque année, de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Mais, l’engouement que cette compétition dénommée « Coupe de l’indépendance » suscitait naguère, s’est érodé au fil du temps.

Le Bénin célèbre demain, mardi 1er août, le cinquante-septième anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Passé le défilé prévu sur le Boulevard des armées au niveau de l’Etoile rouge, c’est à la finale de la Coupe de l’indépendance de football que l’après-midi sera consacré au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou. Une nouvelle fois, l’entrée sera beau déclarée libre et gratuite, mais malheureusement, les gradins attendront désespérément le public. C’est le constat depuis quelques années. Preuve qu’en dehors de l’honneur accordé aux joueurs des deux équipes finalistes de saluer le président de la République et à celle victorieuse de se faire remettre par lui le trophée mis en jeu, la compétition a perdu son prestige avec le temps. Non seulement, les clubs s’en sont désintéressés, mais elle ne suscite plus l’engouement du public. Est-ce, parce qu’elle ne fait pas partie des compétitions statutaires de la fédération, ou n’accorde pas le droit à son vainqueur de participer à une campagne africaine ? Toujours est-il que la vulgarité dans laquelle elle a fini par tomber ne saurait être le fait des crises à répétition qui secouent le comité exécutif de la Fédération béninoise de football (Fbf).
En effet, jusqu’à l’avènement de la Révolution du 26 octobre 1972, c’est le 1er août de chaque année que la finale de cette compétition se jouait. Mais avant, ses éliminatoires donnaient lieu à de chaudes empoignades entre les équipes de Asso Porto-Novo, Etoile Sportive de Porto-Novo, Alliance de Cotonou, Postel, Cheminots, Asso Cotonou et des Forces armées du Dahomey (Fad). Mémorable restera la finale qui a mises aux prises au cours de la saison sportive 1967-1968 au stade René Pleven à Akpakpa, l’Asso Porto-Novo à l’Alliance de Cotonou. Les Cosme et Damien Tronnou, Jérôme Akakpo Codjo dit Mimi, Victor Anani, Etienne Quenum, Emmanuel Chèchè, Marcel Agbazahou, Nourou Bello, Clovis Favi et autres Mansourou Yacoubou de l’Asso avaient eu raison (2-1) des Charles Anan, Lakoussan Dovi , Félix Maté, Médard Hounyovi et leurs coéquipiers de l’Alliance de Cotonou.
Avec l’arrivée des équipes provinciales, la Coupe de l’indépendance changera de dénomination. Elle deviendra la Coupe du 30 novembre, mettant désormais aux prises les Requins de l’Atlantique, les Dragons de l’Ouémé, les Lions de l’Atacora, les Buffles du Borgou, les Caïmans du Zou et les Scorpions du Mono auxquelles se joindront les équipes des Adjidjas des Forces armées populaires du Bénin (Fap) et de l’Université nationale du Bénin (Unb). C’est quelques années plus tard que les équipes corporatives telles que le Mogas 90 de la Sonacop, l’Energie Fc de la Sbee, l’Asmap, les Illoises de la Béninoise, le Postel sport et les Cheminots de l’Ocbn les rejoindront. La finale de la compétition se jouait les 30 novembre de chaque année. L’affluence dans les stades continuait toujours à être de mise à l’occasion de la finale.
A la faveur de la Conférence nationale des forces vives en 1990, la Coupe de l’indépendance sera remis au goût du jour avec sa finale, les 1er août de chaque année. Peu à peu, les clubs déjà excédés par les charges liées à leur participation aux compétitions statutaires de la Fbf, à savoir le championnat et la Coupe du Bénin, s’obstineront à ne plus mettre la main à la poche pour s’engager dans une simple compétition de prestige. Ainsi commence leur désaffection pour la Coupe de l’indépendance depuis 2007. Désormais, c’est au prix d’une grande improvisation que la fédération s’emploiera à organiser les éliminatoires de la compétition. Mais avant, fallait-il que ce soit le ministère de la Jeunesse, des Sports et Loisirs qui, chaque fois, relance d’abord les responsables de l’instance fédérale. A défaut des clubs, ce sont les sélections départementales ou régionales qui l’animent désormais. Cette année, ce sera encore le cas.

Sports 31 juil. 2017


Coups mortels (1er dossier): Déclarée non coupable, Satou Gabaky immédiatement libérée

La première affaire inscrite au rôle de la deuxième session, au titre de l’année 2017, de la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou est relative à des faits de coups mortels. Dame Satou Gabaky était dans le box des accusés, jeudi 27 juillet dernier. Elle est déclarée non coupable et a bénéficié d’une mise en liberté immédiate.

Dame Satou Gabaky était devant la cour, jeudi 27 juillet dernier. Il est reproché à cette ménagère à Ouassa Péhunco, âgée de 47 ans, d’avoir porté des coups qui ont donné la mort à Bio Boussou Maré Sinégui. Des faits punis par les dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Mais après l’examen de son dossier, elle n’a pas été retenue dans les liens de l’accusation et a bénéficié d’une mise en liberté immédiate.
A la barre, elle n’a pas varié. Elle a reconnu les faits tout clamant son innocence. Son intention, n’a-t-elle cessé de répéter, n’était pas de donner la mort à la victime.
Dans sa réquisition, le représentant du ministère public, Emmanuel Opita, a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction de coups mortels sont réunis. Selon lui, il n’y a point de doute sur la responsabilité pénale de l’accusée. Il fait remarquer que l’enquête de moralité lui est favorable et que son casier judiciaire ne porte également pas mention d’aucune condamnation antérieure. Tenant compte de la constance dont l’accusée a fait preuve dans ses propos à la barre et du remord qu’elle exprime, le représentant du ministère public requiert qu’il plaise à la cour de la condamner à huit ans de travaux forcés.
A sa suite, Me Huguette Bokpè Gnancadja qui assurait la défense de l’accusée, plaidera plutôt la légitime défense. Elle expliquera, arguments à l’appui, que sa cliente n’a pas agi avec préméditation et qu’elle n’a fait que se défendre pour se libérer de son agresseur.
La cour, présidée par Hubert Arsène Dadjo, délibère et déclare Satou Gabaky non coupable et l’acquitte purement et simplement. Dame Satou Gabaky recouvre donc la liberté.

Les faits

Dans la nuit du 19 mai 2006, dame Satou Gabaky se rend au domicile de l’une de ses amis. C’est pour l’assister dans la préparation du savon. Quelques instants après, Bio Boussou Maré Sinégui apparait dans la maison. Une altercation survient entre les deux. Koda Matchou, l’époux de l’amie de Satou Gabaky, renvoie Bio Boussou Maré Sinégui. Ce dernier va tendre une embuscade à Satou Gabaky sur son chemin de retour aux environs de minuit. Pour étouffer ses cris de détresse, il lui administra une volée de gifles. La dame saisit un gourdin et lui asséna un coup au front. Il s’effondre et succombe sur-le-champ. Inculpée, Satou Gabaky a reconnu les faits à toutes les étapes de l’enquête préliminaire.

Société 31 juil. 2017


Déré Lydie Chabi Nah, préfet de l’Atacora: L’autorité de tutelle au cœur d’or

Un an après sa prise de fonction, le préfet de l’Atacora, Déré Lydie Chabi Nah, montre toute sa capacité à assumer la mission de représentant du chef de l’Etat dans le département. Tôt, sa volonté à instaurer la cohésion au sein de l’administration départementale et à ne point désarmer face aux divers problèmes des populations des neuf communes dont elle assure la tutelle, a conquis ceux qui se montraient bien sceptiques à son avènement.

L’intérieur du bureau en dit long sur le caractère de celle qui y travaille. Avec ses mobiliers en ordre, ses dossiers bien rangés sur la table, il séduit le visiteur qui éprouve dès lors l’envie de s’asseoir avec confiance pour écouter la maîtresse de céans : Déré Lydie Chabi Nah, 38 ans. A l’aise dans son boubou aux couleurs vives fleuries, cette native de la commune de Kérou, est tout un symbole. Préfet de l’Atacora, celle qui officiait, il y a peu de temps, comme assistante de son prédécesseur a tôt imprimé sa marque au pouvoir de commandement. Prenant de court ceux qui demeuraient sceptiques quant à sa capacité réelle à faire face à la mission à elle dévolue. « Telle une mère de famille qui sait gérer les divergences et les contradictions, elle a su instaurer au sein de l’administration préfectorale une bonne ambiance. Elle se bat beaucoup et sa présence sur tous les fronts le montre. Je dirai sans abuser des mots que c’est un administrateur civil au vrai sens du terme », témoigne Nestor N’tcha M’po, chef service Affaires générales de la Préfecture de Natitingou. Dans la Cité des Nanto, vieux et jeunes, hommes et femmes sont tous unanimes : sans le dynamisme et l’engagement de Déré Lydie Chabi Nah, nombre de situations auraient vicié l’entente entre les diverses communautés vivant dans le département de l’Atacora.
Check Nourou Dine Mouhamed Sanni, imam central de la commune de Natitingou, se rappelle de toute la diplomatie dont a usé le préfet pour aider au retour de la paix au sein de la communauté musulmane secouée par une crise de succession sans précédent.
Outre la gestion de la crise de l’imamat à Natitingou et des questions liées à la sorcellerie dans la commune de Ouassa-Péhunco, elle s’est distinguée par la conduite de l’opération de déguerpissement des espaces publics dans la commune de Natitingou, la lutte contre l’alcool frelaté dans le département, le combat contre les grossesses précoces en milieu scolaire et d’apprentissage, les actes de légalité au profit des collectivités locales et l’assistance-conseil, le suivi et la mise en œuvre des actions du Gouvernement, égrène le chef service des Affaires générales pour montrer toutes les actions à mettre à son profit. S’il y a lieu de considérer également celles dont bénéficient les agents de la Préfecture, Nestor N’tcha M’po cite le paiement d’arriérés de primes de carburant, l’amélioration des conditions de travail au niveau de différents services, les travaux de rénovation de bâtiments et la construction d’un nouveau parking. Des initiatives qui n’ont pas été prises sans l’avis des agents à travers leurs représentants au Comité de direction.
« Je trouve qu’elle est brave. Elle donne plus qu’on en attend d’elle. La manière dont elle a conduit l’opération de libération des espaces publics dans la ville de Natitingou est à saluer », apprécie son prédécesseur, Gervais N’Dah Sékou. Celui-là même qui lui a mis le pied à l’étrier et qu’elle appelle affectueusement ‘’papa’’.
Loin de s’attribuer ces faits d’arme, Déré Lydie Chabi Nah, en toute modestie, rend hommage à ses collaborateurs dont elle se dit très proche et sans qui « ses actions n’auraient pas aujourd’hui leur impact ». Mieux, confie-t-elle, du haut de son bureau, « Aucune de mes décisions n’est prise sans les conseils avisés de mes collaborateurs ». A l’écoute de ces derniers dont elle salue le professionnalisme, elle ne transige pas sur les principes de l’administration et attache du prix au sens du devoir et au service. Ceci dans l’intérêt des usagers de l’administration publique.

Femme battante

Stagiaire à ses débuts à la préfecture de Natitingou, celle qui a perdu ses parents, dès les classes du cours primaire, a vite gravi les échelons au sein de l’administration publique, révélant ses capacités à transcender les écueils et difficultés qui s’érigent sur son parcours.
Un parcours qu’elle n’aurait pas connu sans l’aide de ses tuteurs et de sa volonté caractérielle à s’en sortir. Dans l’Atacora, Déré Lydie Chabi Nah a très tôt pris conscience du fléau de l’illettrisme et de la déscolarisation, sources de sous-développement. Par ignorance, manque de ressources financières ou du fait des pratiques coutumières (excision, mariage forcé et précoce…) et des préjugés sexistes, rares sont les parents qui envoient leurs enfants à l’école et les y maintiennent. Pis, les grossesses précoces assombrissent l’avenir des jeunes filles. Plus nombreuses, mais aussi plus marginalisées, les jeunes filles ont un destin de femme tout tracé : aider leur mère dans les tâches domestiques, attendre qu’on leur trouve un mari et faire à leur tour des enfants. Ce qui renforce le cercle vicieux de la pauvreté.
1485 cas de grossesses précoces ont été enregistrés dans les collèges de l’Atacora entre 2013 et 2016. Pour celle qui, ayant été à l’école en connaît les bienfaits, il faut inverser la tendance. D’où son engagement à éradiquer les grossesses en milieu scolaire d’ici l’an 2020, avec l’appui d’institutions internationales telles que Unfpa et Plan International. Le péril des grossesses précoces en milieu scolaire est à réprimer par toutes les voies et moyens, admet-elle.
En véritable amazone de la lutte contre les grossesses précoces, elle répand partout la bonne nouvelle de la réussite des filles à l’école et démontre aux communautés la nécessité d’envoyer les enfants et, surtout les filles, à l’école. En même temps, elle ne marchande pas sa disponibilité à prendre part à toutes les initiatives allant dans ce sens. Présentée comme un modèle de réussite dans le département elle écume les collèges et lycées des neuf communes du département pour appeler les jeunes filles à résister à la sirène des hommes et rappelle aux potentiels auteurs de grossesses précoces les textes de lois qui réprimandent leurs actes.
« Le phénomène non seulement réduit de façon drastique le nombre de filles dans les collèges et lycées avant la classe de terminale, mais surtout donne d’argument à certains parents à ne plus envoyer leurs filles à l’école, parce que pour eux, la finalité c’est leur ramener une grossesse », estime-t-elle.
Si pour nombre d’observateurs, l’engagement du préfet constitue une arme pour contraindre les indélicats à se ranger, ils adoubent cette responsabilité sociale qu’elle porte en plus de ses charges administratives. « Il fallait un engagement fort pour faire face à certaines réalités dont les grossesses précoces en milieu scolaire et la non déclaration des naissances. Et l’autorité de tutelle l’incarne à merveille dans l’Atacora à travers ses prises de position et décisions », constate Roger Bakary, directeur de l’Unité de programme Nord de Plan International Bénin.
Une sensibilité qui ne surprend d’ailleurs pas Gervais N’dah Sékou. « J’avais fait d’elle une spécialiste des cas sociaux. Lorsqu’il y avait un cas social, elle le gérait à la perfection », se rappelle-t-il, fier d’elle.
De nature tempérée et assez joviale, cette jeune dame, au teint bronzé et aux yeux pétillants derrière ses verres clairs, fait montre d’une simplicité qui contraste avec sa rigueur quand il s’agit de travailler. Des principes que prennent en compte ses collaborateurs qui n’entendent nullement s’attirer sa foudre.
Administrateur civil sortie en 2012 de l’École nationale d’Administration et de Magistrature (Enam) de Ouagadougou au Burkina-Faso après une maîtrise en Droit privé à la Faculté de droit et de sciences politiques (Fadesp) de l’Université d’Abomey-Calavi, elle assume avec dévouement sa mission sous l’égide du chef de l’Etat à qui elle témoigne toute sa reconnaissance. Lui qui, selon elle, affiche sa vision de voir les populations de l’Atacora s’épanouir à travers le Programme d’action du Gouvernement. Elle en veut pour preuves les efforts déployés par le Gouvernement tant en moyens matériels qu’en stratégies d’intervention des forces de sécurité publique pour faire face à l’insécurité grandissante dans le département, les travaux de bitumage de la route nationale Inter-Etats Natitingou-Boukombé-Korentière et la relance du projet de micro-crédits aux plus pauvres Nouvelle-génération.
Et croit au renouveau de la région de l’Atacora avec les différents projets du Pag dont les plus importants demeurent le développement du secteur touristique, le projet d’asphaltage des rues de certaines communes. En digne défenseuse de son terroir elle n’est pas prête à baisser les bras face aux enjeux de développement de l’Atacora et se félicite de cette ambitieuse vision du président de la République, Patrice Talon à changer le visage du département.

Société 31 juil. 2017


Médaille d’or de Rémy Samuz à Abidjan : Le Bénin sur le toit de la Francophonie

Le Bénin décroche par le génie d’un de ses artistes plasticiens la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie à Abidjan en Côte d’Ivoire, ce vendredi 28 juillet. Rémy Sossouvi alias Rémy Samuz honore son pays en se hissant sur la plus haute marche du podium dans la catégorie ‘’Sculpture’’. L’artiste qui « s’amuse » à créer des personnages en s’inspirant de la technique de tissage de nids d’oiseaux s’est distingué par ses sculptures en fils de fer dans plusieurs expositions aussi bien au Bénin qu’en Occident. Des personnages souvent debout et marchant, jouant ou travaillant. Des personnages en action qui dépeignent des scènes de la vie. Loin d’être inertes, ces sculptures retrouvent à travers les doigts de leur créateur toute leur vie et énergie dans de grands espaces.  On peut citer entre autres œuvres, ‘’Un homme roulant à vélo tout en saluant un passant’’, ‘’Un enfant poussant un pousse-pousse’’, ‘’Un athlète franchissant la ligne d’arrivée d’un sprint’’.

Culture 29 juil. 2017


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