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Nouvelles

Dans l’univers du marché Tokpa d'Abomey-Calavi: La morosité plombe la vente de poisson d’eau douce

Au marché Tokpa d’Abomey-Calavi, les femmes sont les premières actrices de la vente des poissons d’eau douce. Une activité qu’elles exercent avec la complicité des hommes. Elles sont en amont et en aval des activités liées à la pêche.

Dame Marie-Pascaline Houngbédji a bravé la pluie de ce samedi 1er juillet pour faire ses emplettes au marché Tokpa d’Abomey-Calavi. Son objectif, acheter quelques condiments et surtout des poissons d’eau douce pour faire la cuisine pour sa petite famille. Il est 16 h 07. Il y a de l’affluence. Difficile de se frayer un passage au milieu des vendeuses et des acheteurs. Plus difficile encore est la maîtrise des mouvements de véhicules qui circulent en plein cœur du marché. Circuler aisément dans le marché est davantage difficile en raison des tas d’ordures entreposés çà et là et de la boue qui s’érige en maître par ces temps pluvieux. Mais l’instant est privilégié pour les achats. Les poissons d’eau douce en l’occurrence. Ils sont très appréciés des populations. Les clients, pour la plupart des femmes, se dirigent vers les vendeuses de cette ressource halieutique. Les unes avec des petits sacs plastiques en main, les autres avec des sachets ou encore de petites bassines. Attroupées autour des vendeuses, ces clientes sont en quête de meilleurs morceaux de poissons pour faire la cuisine. Les négociations du prix de poisson durent plusieurs minutes et prennent parfois l’allure d’une discussion houleuse. Certaines clientes cèdent à la surenchère. D’autres repartent, bredouilles. A Calavi, le poisson frais a un coût selon sa qualité. Pour le procurer, il faut s'armer de patience et aimer communiquer. Le souci des vendeuses est de livrer la marchandise au meilleur prix.
Le marché Tokpa d’Abomey-Calavi compte plusieurs stands qui approvisionnent une clientèle très exigeante. Pour les connaisseurs en poissons d’eau douce, le choix est embarrassant.Il en existe de différentes tailles et formes pour préparer des mets succulents et sains. Ici, on retrouve le tilapia appelé ‘’Akpavi’’ en langue fon, le poisson ‘’Djan’’ en goun ou ‘’Bololo’’ en mina et ‘’finmou’’ par les fon. On distingue aussi les variétés telles que ‘’Zavoun’’, ‘’ Tchèkè’’, ‘’Houétin’’, ‘’Gban’’, ‘’Guésou’’ et les ‘’Xwa’’.

Que de difficultés !

Célestine Hounkpè communément appelée ‘’Maman Francis’’ est l’une des vendeuses les plus réputées du marché. C’est depuis son enfance qu’elle a pris goût au commerce du poisson. En dépit de ses difficultés dans le métier, elle s’y accroche. Si ce n’est pas la morosité ambiante, c’est que les vendeuses sont exposées à l’insécurité et aux intempéries. Aucun stand pour les abriter. C’est un marché à ciel ouvert où se faufilent les motocyclistes et les voitures. « Nous n’avons pas d’emplacement, nous restons au soleil à longueur de journée. Les véhicules disputent le passage avec nous », se plaint-elle.
A cela s’ajoute la mévente. « Nous nous approvisionnons parfois chez les hommes et ne trouvons pas de clients. Dans ces conditions, nous sommes obligées de céder la marchandise à vil prix aux clients providentiels. Ce qui constitue des pertes pour nous », raconte-t-elle.
L’autre difficulté est relative à la fluctuation du coût d’approvisionnement des poissons chez les pêcheurs. Le prix de revient de la marchandise n’est pas standard. Ce qui crée parfois des manques à gagner aux vendeuses. « Ce que nous achetons chez les hommes à 2500 F Cfa par exemple, il arrive que nous le cédions à 2300 F compte tenu des contraintes du marché », explique-t-elle.
« Nous avons des difficultés pour nous approvisionner et pour vendre. Il nous faut un emplacement sur le quai pour plus de visibilité », se plaint Henriette Kpotè.
Jusqu’à un passé récent, les vendeuses de poisson disputaient les mêmes hangars avec les vendeuses de condiments et d’autres produits dans le marché Tokpa d’Abomey- Calavi. Elles étaient installées au cœur du marché. Avec le temps, elles ont dû changer d’emplacement. Ce qui ne les rend pas toutes visibles.
Si les poissons d’eau douce continuent d’être très prisés des habitants d’Abomey- Calavi et environs, les vendeuses doivent redoubler de dynamisme pour faire couler leurs marchandises.
Autrefois, les poissons abondaient et étaient à la portée de toutes les bourses. Avec le temps, les données ont changé. « Il y a quelques années en arrière, nous vendons jusqu’à 20 000 F Cfa par jour. Aujourd’hui, c’est très difficile d’atteindre la barre de 10 000 F Cfa », soupire Henriette. En fin de journée, la marchandise non écoulée est exposée au bord de la voie et cédée à vil prix. En cas de mévente, le reste du stock passe au salage et au séchage ou encore au fumage en vue d’éviter des pertes sèches, explique-t-elle.
Toutefois, cette activité constitue tout leur espoir. « Nous ne détenons pas de parcelles, encore moins d’autres richesses en dehors du lac », dit-elle implorant les élus locaux et autres autorités à améliorer leur cadre de vente.
Les poissons d’eau douce ne sont pas les seules spécialités du marché. A côté des vendeuses de poisson, il y a celles de crustacés (crabes, crevettes fraîches, huîtres…).
Pour leur part, les clientes doivent également composer avec les écailleuses, dernières actrices de la chaîne de vente. Elles assurent le service final en enlevant les écailles des poissons. Dotèwé Hounsa a fait du chemin dans ce domaine, sans pour autant s’épanouir. « Il arrive que nous nous coupions les doigts avec le couteau par mégarde alors que les recettes issues du job sont insignifiantes. Avec la morosité économique, c’est difficilement que nous arrivons à gagner 150 ou 200 F Cfa sur un tas de poissons de 2000 F. Parfois, nous gagnons à peine 300 F dans une journée, mais lorsque le marché coule bien, nous comptons une dizaine de clientes par jour », explique-t-elle.

Une affaire des deux sexes

La commercialisation de poisson d’eau douce mobilise les deux sexes. Les hommes assurent la pêche et vendent ensuite leurs produits aux femmes. Tout commence la nuit et s’achève au petit-matin. « La pêche nocturne est très florissante. Elle se déroule de 22 h à l’aube et sans éclairage. Pourtant, nous voyons en profondeur du lac et ramenons des poissons », sourit François Hounguè, la cinquantaine. Il souligne que lui et ses collègues se préparent en conséquence avant d’aller sur le lac la nuit.
Pourtant, cette étape se révèle parfois une aventure risquée. Les femmes s’en inquiètent : « L’une de nos préoccupations porte sur les souffrances qu’endurent les pêcheurs sur le lac, car la force que déploie le lac est plus intense que celle observée sur l’embarcadère », confie Henriette Hounkpè.
Mais les pêcheurs semblent minimiser ces risques. « En période de fraîcheur et de pluie, nous prenons beaucoup de risques certes, mais il arrive que les gens meurent dans des accidents de la circulation. Même dans nos chambres à coucher, la mort peut nous rattraper. En cas d’accident ou de détresse, nous sollicitons des secours », souligne François Hounguè.
Malheureusement, les risques encourus lors de la pêche ne permettent pas toujours aux pêcheurs de réaliser d’importants bénéfices. «Nous y allons de jour comme de nuit et revenons parfois sans un seul kopeck », souligne-t-il. En dépit des périodes de vaches maigres auxqu’elles ils sont confrontés pendant la décrue, la pêche mobilise encore la toute leur énergie. « Nous n’avons pas d’autres sources de revenus », sourit encore le quinquagénaire.
Toutefois, nuance-t-il, pendant la période faste (mai, juin, juillet), la moisson est abondante en raison de la saison pluvieuse. « Lorsque le marché est florissant, nous faisons des ‘’acadja’’(systèmes de branchages dans l’eau qui servent de refuge aux poissons ). C’est cela notre richesse ». Mais tout dépend des filets utilisés. Pour pêcher des poissons en quantité et en qualité, il faut des filets spéciaux.
Si les revenus issus de ces activités ont baissé, c’est également du fait de la main-d’œuvre importante qui s’y adonne. Ils sont aujourd’hui plus de deux cents pêcheurs à faire carrière dans le secteur. « Du temps de nos pères, les poissons abondaient et nous n’étions pas nombreux. Aujourd’hui, nous sommes des dizaines à embrasser cette carrière, ce qui diminue nos chiffres d’affaires. Il n’y a pas d'autres activités par ici et il arrive également que le lac tarisse ».
Les vendeuses de poisson tout comme les pêcheurs attendent le financement de nouveaux projets pour conjuguer leurs difficultés au passé. Selon leurs témoignages, les projets dont ils avaient bénéficié datent du régime Kérékou. Leur souhait est que le Gouvernement actuel procède à la réfection du marché et les dote de nouvelles machines dont ils pourront se servir pour la pêche. En attendant, les sachets et autres déchets qui polluent la surface de l’eau trahissent la beauté de l’embarcadère qui donne accès au lac.
Présentation du marché

Le marché Tokpa d’Abomey-Calavi fait corps avec l’embarcadère érigé dans le même bâtiment que la Direction des professions et établissements touristiques, dont les agents assurent le voyage des touristes vers Ganvié, Sotchanwé et Sô-Ava. C’est l’un des plus grands et anciens marchés de poisson de la commune. Il est très fréquenté les jours ouvrables comme en week-end. Outre les habitants de la localité et des zones environnantes, les gérants de restaurants et hôtels des autres villes y vont régulièrement pour s’approvisionner.
M. A.

Société 13 juil. 2017


Grossesses précoces en milieu scolaire: Le préfet de l’Atacora appelle à sévir

492 cas de grossesses précoces ont été enregistrés au cours de l’année scolaire 2015-2016 dans l’Atacora, indique un communiqué signé du préfet Lydie Déré Chabi Nah. Engagée dans la lutte contre ce fléau qui compromet l’avenir de nombreuses filles, au regard des statistiques, elle condamne fermement, à la suite de sa tournée de sensibilisation des filles dans les différentes communes du département, les auteurs de ces relations qu’elle qualifie d’incestueuses. Elle n’entend pas passer longtemps sous silence de tels actes. « L’heure de la tolérance zéro a sonné et plus aucun de ces délits ne resterait impuni », souligne-t-elle. Des poursuites judiciaires seront donc engagées à l’encontre des auteurs, annonce-t-elle, tout en appelant à la conscience professionnelle des enseignants et au sens de responsabilité des parents. Les services compétents en la matière sont mobilisés à tous les niveaux pour l’aboutissement de toute procédure visant à décourager les auteurs qui se retrouvent dans le rang des enseignants ainsi que des élèves et de personnes responsables issues de diverses couches socioprofessionnelles, selon le communiqué.

Le péril des grossesses précoces en milieu scolaire est à réprimer par tous les moyens pour garantir une chance de réussite aux filles, a encore insisté le préfet de l’Atacora, ce mercredi à Natitingou, à l’ouverture de la journée de réflexion sur les modalités de concrétisation de son engagement « Zéro grossesse en milieu scolaire dans l’Atacora d’ici 2020 ».  

 

Société 12 juil. 2017


Chan 2017 / Match Togo vs Bénin du dimanche prochain: La liste des Ecureuils dévoilée

Le dimanche 16 juillet prochain, les Ecureuils locaux iront affronter les jeunes Eperviers locaux au stade de Kégué à Lomé dans le cadre du premier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations (Chan). Le sélectionneur national Oumar Tchomogo a dévoilé la liste de 25 joueurs sélectionnés. Il a reconduit le même groupe qui a disputé les deux derniers matches amicaux contre le Niger. Les joueurs convoqués sont en regroupement depuis hier soir n

Les 25 Ecureuils 

Gardiens

Marcel Dandjinou (ESAE), Steve Glodjinon (JA Cotonou), Imorou Yessouf (Aspac)

Défenseurs

Dine Koukpéré (JA Cotonou), Nabil Yarou (Aspac) , Rodrigue Fassinou  (Aspac) , Gaston Houngbédji (Aspac) , Ismael Yorou (Aspac) Mama Bah-Yéré (Buffles) Ramane Adjankou (JA Cotonou), Joel Tognon (JA Cotonou), Djalilou Orou (Aspac)

Milieux

Gérard Adanhoumè (JA Cotonou) , Mama Seibou (Aspac) , Ibrahim Ogoulola (Requins )  , Raimi Kola (Aspac) , Agnidé Osseni ( USS Kraké) , Waris Aboky (JA Cotonou) , Djibril Naim (Dragons) ,  Charles Tiesso (Buffles) , Djibril Naim (Dragons), Abdel Bouraima (Aspac)

Attaquants

Charbel Gomez (ESAE), Sylvain Ahouansè (USS Kraké), Marcellin Koukpo (Buffles), Jules Elegbede (Energie), Ulrich Dah Achefon (ASVO) , Idriss Saliou (Panthères)

Sports 12 juil. 2017


Profession monastique à Toffo: Sœurs Natacha L. H. Dégila et Victoire T. Soviguidi consacrées

Après plusieurs années d’études et de vie religieuse, les sœurs Victoire Tété Soviguidi et Natacha Lydia Hinnougbé Dégila se consacrent à la profession monastique. Le culte de consécration a eu lieu, ce mardi 11 juillet au monastère Saint Joseph de Toffo, sous la houlette de Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo.

La communauté monastique vient de s’agrandir avec l’entrée de deux nouvelles sœurs au Monastère Saint Joseph de Toffo : Natacha Lydia Hinnougbé Dégila et Victoire Tété Soviguidi. Le rituel de leur consécration monastique s’est déroulé, ce mardi 11 juillet, avec la bénédiction de Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo.
Pour avoir eu en son sein de façon définitive deux nouveaux membres, la communauté monastique était en joie tout comme les membres des familles des heureuses du jour qui ont dédié leur vie au Seigneur, malgré la douloureuse « séparation » pour ces dernières. L’émotion était bien forte. En témoignent les larmes qui ont coulé. « Puisque c’est Dieu qui les a données et qui les a appelées pour le servir, on ne peut que prier pour les deux moniales », se résignent les parents des deux sœurs. De nombreux amis de ces sœurs venues de Porto-Novo et de Cotonou étaient de la partie. L’église pleine à craquer a nécessité l'installation de bâches de circonstance dans la cour qui déborde aussi de monde.
Devant ce beau monde, les deux nouvelles élèves ont exprimé leur engagement de vivre selon la nouvelle profession, une vie entièrement consacrée au Christ, et ont promis obéissance. Leur promesse a été faite devant Dieu, les Saints et les hommes. C’est en toute conscience des difficultés qu’elles ont décidé librement de s’engager dans cette voie pour toujours.
Cette démarche, selon le célébrant, Mgr Aristide Gonsallo, est essentiellement spirituelle et acquise au cours de ce rituel de profession qui a une dimension visible et sacramentelle. Non seulement cette promesse a été verbale, mais elle a été exprimée dans une charte, un document écrit que chacune d’elles a rédigé de sa propre main. Ce document, ajoute Mgr Aristide Gonsallo, a une valeur juridique et placé sur l’autel avec l’offrande du sacrifice de la messe. Il s’agit, poursuit-il, d’un engagement envers Dieu et envers la communauté. Cette consécration et cet engagement font obligation aux deux professes de ne point disposer de biens matériels à titre personnel pour leurs besoins, mais de dépendre entièrement de ce qui est fourni par la communauté à laquelle elles appartiennent. C’est ainsi qu’au cours de ce rituel, elles ont changé de vêtement pour être désormais de la communauté monastique. Car, la vie monastique demande un investissement global, intégral de l'homme à savoir : intelligence, cœur, adresse, esprit, volonté, ténacité, repentir, ascèse et pardon. Elles se sont ainsi engagées entièrement sur le chemin qui mène à Dieu. En même temps, la consécration qu'elles ont reçue au baptême et à la confirmation est rénovée et vivifiée.
Pour la sœur Natacha Lydia Hinnougbé Dégila, son engagement est comme une reconnaissance à Dieu qui l’a appelée à son service. La vie monastique, indique-t-elle, ce n’est que l’approfondissement de son baptême. La vie monastique se situe, ainsi, sur un autre plan que celui de l'action extérieure. Elle se dédie à l'humilité plus qu'au prestige, au silence habité plus qu'à la prédication, au retrait plus qu'à la visibilité.Il s’agit d’une offrande de soi et de ses propres biens, vivre dans la sainte communion du monastère ou dans la solitude érémitique.
Quant à la sœur Victoire Tété Soviguidi, cette nouvelle vie est pour elle « une grâce ». Elle a souhaité cette grâce à toutes les jeunes religieuses qui hésitent encore à faire leur entrée dans la vie monastique n

Société 12 juil. 2017


L'imam central de Natitingou : « La guerre de succession n'est pas le propre des religions »

Un an après son installation, l’imam central de Natitingou, Check Nourou Dine Mouhamed Sanni, évoque à travers cet entretien les actions qu’il engage pour un retour de la paix au sein de la communauté musulmane secouée par une crise de succession sans précédent. Il jette par ailleurs un regard sur la cohabitation entre les religions et fustige tout acte attentatoire à la vie humaine commis au nom d’une religion.

La Nation : Vous avez été installé à la suite d’une crise de succession qui a longtemps divisé les fidèles musulmans. Un an après cette crise, est-on en droit de dire que la communauté islamique s’est réunifiée ?

Check Nourou Dine Mouhamed Sanni : Effectivement, cela fait un an que nous avons été installé comme imam central de Natitingou mais avant l’aboutissement du processus de désignation, il y a eu des problèmes. Mais Dieu merci tout est rentré dans l’ordre et c’est le lieu de saluer tous ceux qui ont œuvré pour la fin de cette crise qui a secoué la communauté musulmane. Nous nous sommes peut-être laissé emporter par nos passions mais dire que nous n’étions pas unis, c’est trop dire. Il est évident que chacun tenait à sa position et qu’il était difficile pour les différentes parties d’entendre raison mais nous n’avons jamais perdu de vue le fait que nous sommes une famille et qu’il faut préserver l’unité qui a toujours prévalu au sein de la religion musulmane.
Juste après la cérémonie de ‘’turbanisation’’, nous avons enclenché les actions susceptibles de ramener la paix dans les cœurs et la préserver également dans les mosquées. A notre arrivée, nous n’avons pas fait de différence entre nos soutiens et ceux qui se sont opposés à nous lors du processus de désignation. Les dons de vivres et autres gestes faits à la communauté musulmane sont répartis aux fidèles en toute équité. A travers nos actes et comportements, nous avons su rassembler tout le monde. Nous nous sommes toujours donné ce respect mutuel.
Quelles ont été ces actions concrètes engagées pour que la paix revienne dans les différentes mosquées de la commune de Natitingou ?

C’est avant tout à travers nos prêches. Nous avons toujours demandé aux frères musulmans de mettre de côté la mésentente et de privilégier l’amour du prochain.
Le concours aussi bien de l’Union islamique du Bénin, des autorités politico-administratives que des autres confessions religieuses nous a également permis de raffermir les bases des actions tendant vers la préservation de la paix au sein de la communauté musulmane.

La communauté musulmane dans son ensemble est souvent ébranlée par des crises de succession qui ne favorisent pas la quiétude en son sein. Outre votre commune, il y a eu Ouaké et bien d’autres de par le passé. En tant qu’islamologue, quel regard portez-vous sur ces réalités ?

Ce sont les enjeux liés à la chefferie qui sont à l’origine de ces déchirements observés ci et là et ceci est loin d’être l’apanage d’un groupe spécifique. La religion musulmane n’en est pas exempte tout comme les autres confessions. Même en dehors des religions, la guerre de succession est une réalité. C’est humain et on ne saurait jeter l’anathème sur une confession religieuse. Dès que la vacance de pouvoir est constatée au niveau d’une quelconque entité, toutes les parties se battent pour en prendre la tête. Qu’importent les moyens ou voies pour y arriver. Ceci se fait même au détriment des textes régulièrement édictés. On est prêt à contourner les prescriptions, même divines pour s’octroyer ce privilège. Dans nos sociétés, tout le monde veut être chef. Or, les textes qui régissent le processus de désignation existent et sont clairs et précis en ce qui concerne le profil de l’imam. Les critères sont édifiants. N’est pas imam qui veut. Au-delà de sa maîtrise et de la connaissance qu’il a du coran et des saintes écritures en général, le prétendant doit pouvoir faire preuve de sagesse et être irréprochable. On peut disposer du savoir et maîtriser la souna et ne pas avoir de bons comportements en société.
La cohabitation entre les religions est loin d’être une réalité avec l’intolérance et les actes de violences qui prévalent partout au monde. Quel espoir pour la paix ?

Notre monde est en crise et de jour en jour nous faisons face à l’intolérance. On incite à la haine religieuse à travers divers actes qui ne sont pas de nature à préserver la paix. Le dialogue interreligieux doit être cultivé afin que des fidèles de diverses confessions religieuses se donnent la main en apprenant à vivre ensemble. Faire en sorte que personne ne soit stigmatisé ou violenté pour sa croyance. Aucune religion ne fait l’apologie du crime ou de la violence. Aucun enseignement religieux ne peut inciter à la haine. Ceux qui le font ne sont pas des croyants. Ils se servent de la religion pour arriver à leurs viles fins : diviser le monde.
Nous ne devons en aucun cas permettre à ces personnes malintentionnées de prendre le dessus sur le bien en semant le mal. Et c’est là tout notre rôle dans la conscientisation des masses. Nos prêches doivent être mis au service de la paix. Rien que la paix. Nous avons besoin de la paix pour pratiquer nos religions. Et cette paix est également indispensable pour le développement.
Les leaders religieux plaident pour ce dialogue interreligieux partout où ils sont et se donnent la main en toute occasion pour montrer combien la cohabitation entre les diverses confessions religieuses est essentielle pour le maintien de la paix dans nos sociétés¦

Société 12 juil. 2017


Francis Gurry s’entretient avec Lazare Séhouéto

En marge de sa visite au Bénin, le directeur général de l’Ompi, Francis Gurry, s’est entretenu avec le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Lazare Séhouéto. La rencontre entre les deux personnalités a eu lieu ce mardi 11 juillet au cabinet du ministre.

Selon Francis Gurry, les échanges ont porté sur le renforcement de coopération entre le Bénin et l’Ompi. « Nous avons une très bonne coopération avec le Bénin qui se concrétise avec la stratégie nationale pour la propriété intellectuelle dont l’objet est de soutenir le plan national du développement pour la période 2016-2021 », affirme-t-il.
Les discussions ont également tourné autour de l’utilité de la propriété intellectuelle dans les efforts du Gouvernement. « Nous essayons également de voir dans quelle mesure la propriété intellectuelle peut soutenir tous les efforts du Gouvernement et du secteur privé à faire du Bénin une économie plus compétitive et plus innovante », confie-t-il. Francis Gurry n’a pas caché sa satisfaction à la fin de son entretien avec le ministre Lazare Séhouéto. « On se réjouit de tout le soutien que nous donne le Bénin en tant que membre de l’organisation multilatérale. Je suis très content », laisse-t-il entendre¦
L. A

Actualités 12 juil. 2017


Armée béninoise : Le colonel Hervé Kérékou a passé l’arme à gauche

Il était le dernier délégué militaire départemental du Mono avant la suppression de ce poste par les réformes en cours au niveau de l’Armée béninoise. Le lieutenant-colonel Hervé Nato Kérékou, né le 7 juin 1968 à Cotonou, était nommé à cette fonction par le décret n°2014-777 du 31 décembre 2014. Il avait effectivement pris service, le jeudi 15 janvier 2015, à la préfecture de Lokossa où son bureau était installé.

Des témoins de son séjour, dans la cité des Kotafon, ont reconnu que le disparu était en lutte permanente contre une maladie qui l’a fragilisé au point de remporter la victoire sur lui dans le lit du Centre national hospitalier universitaire-Hubert Koutoucou Maga (Cnhu-Hkm). Il a rendu l’âme ce jeudi 10 juillet à l’âge de 49 ans à Cotonou. 

Le préfet du département, qui l’avait pratiqué d’abord en tant que secrétaire général de la préfecture avant de se voir promu à la tête de l’institution, a salué la mémoire de l’officier militaire. Comlan Zinsou témoigne que «  Le disparu était un homme sincère qui ne dissimilait pas ses intentions et n’avait non plus l’habitude des mots couverts ».

Notre rédaction présente ses condoléances au haut commandement militaire et à la famille du disparu notamment à l’ancienne conseillère de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Béatrice Loukoussan. Cette dernière est la mère du disparu.

Actualités 10 juil. 2017


Accélération de la lutte contre le Sida au Bénin: Le Programme conjoint sur le Vih du Snu 2016-2020 signé

Le Gouvernement du Bénin et le Système des Nations Unies (Snu) ont procédé, vendredi 7 juillet dernier au ministère du Plan et du Développement, à la signature du Programme conjoint d’appui du Snu sur le Vih au Bénin 2016-2020. Ce programme vise à accélérer la riposte chez les populations clés et vulnérables pour éradiquer le Sida au Bénin.

Accélérer la riposte chez les populations clés et vulnérables et dans les zones prioritaires en vue d’atteindre les cibles ambitieuses de traitement 90-90-90 d’ici à 2020 au Bénin. Tel est l’objectif du Programme conjoint d’appui du Système des Nations Unies sur le Vih au Bénin 2016-2020 dont le Gouvernement du Bénin et les agences du Système des Nations unies ont procédé à la signature.
Le coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Bénin, Siaka Coulibaly, a expliqué que ce programme est conçu pour en finir avec le Vih/Sida. Cela ne saurait être une réalité que si les objectifs de la stratégie d’accélération de la riposte d’Onusida sont atteints d’ici à 2020. « Il s’agit de ramener à moins de 500 000 le nombre de nouvelles infections à Vih dans le monde d’ici à 2020, de ramener à moins de 500 000 le nombre de décès liés au Sida d’ici à 2020, d’éliminer la stigmatisation et la discrimination liées au Vih d’ici à 2020 »,
précise Siaka Coulibaly. Dans ce cadre, souligne-t-il, le Système des Nations Unies au Bénin en collaboration avec la Banque mondiale a élaboré un nouveau programme conjoint sur le Sida sur la période 2016-2020. Selon lui, ce programme vient compléter la série de programmes conjoints déjà mis en œuvre par le passé. Il est assorti d'une plan opérationnel constituant son cadre de résultats et dispose aussi d’un mécanisme de suivi-évaluation clair. A en croire Siaka Coulibaly, le montant de plus de 3 millions de dollars US prévu pour son financement est déjà disponible à 73%.
Au regard du contenu du programme, Alassane Séïdou, ministre de la Santé publique, fait observer qu’il vient à point nommé pour soulager le Bénin. Aussi promet-il la bonne utilisation des ressources qui seront mises à disposition dans le cadre de la mise en œuvre. « Avec ce financement, les interventions prévues permettront d’intensifier les stratégies de prévention en direction des poches de l’épidémie que représentent les populations dites clés, à savoir les professionnelles de sexe et leurs clients », assure-t-il. A l’occasion, il révèle que le taux de nouvelles infections a baissé de près de 50% sur ces dix dernières années. De 14,1% en 2008, mentionne-t-il, le taux de transmission du Vih de la mère à l’enfant est passé à 7,6% en 2014. Quant au nombre de personnes vivant avec le Vih évalué à 69 000 en 2016 dont 55% sont sous anti-retroviraux, alors que le taux de prévalence national demeure à 1,2% depuis l’année 2002.
Mais le Gouvernement n’entend pas se satisfaire de ces résultats, laisse entendre Abdoulaye Bio Tchané, ministre du Plan et du Développement. Le Gouvernement craint la résurgence et la propagation de la maladie malgré les chiffres flatteurs. C’est pourquoi dès son arrivée en 2016, il s’est donné pour priorité de disposer d’un cadre institutionnel crédible chargé de la gestion de ce dossier. A son sens, ce programme permettra d’assurer une veille et un bon suivi de l’évolution de l’épidémie.

Société 10 juil. 2017


Politique de l’insertion professionnelle et de création d’emplois: Les solutions de Huawei Technologies au Gouvernement

La société internationale chinoise Huawei Technologies a lancé, samedi 8 juillet dernier à Cotonou, le projet « Les élites du futur Tic, recrutement campus Huawei au Bénin ». Ce projet qui s’inscrit dans le cadre de la politique d'insertion professionnelle et de création d’emplois au Bénin, vise le recrutement, chaque semestre, de 20 stagiaires dans plusieurs domaines, à former par la société qui, au finish, en recrutera six.

Entreprise internationale qui propose des solutions technologiques et de télécommunications à plus du tiers de la population mondiale, Huawei Technologies ne veut pas s’arrêter à ce seul domaine. La société commence à s’investir dans le domaine de la formation à travers le projet « Les élites du futur Tic, recrutement campus Huawei au Bénin ».
A la cérémonie de lancement de ce projet, samedi dernier, le directeur général de Huawei Technologies Bénin Sa, Kenny Song, et le directeur des solutions, Alfred Dominique Agbessi, ont présenté le groupe avant de rappeler les idées qui sous-tendent cette initiative.
En effet, Huawei Technologies est une société qui a une responsabilité sociale au sein des communautés dans lesquelles elle opère. Au Bénin, afin de jouer pleinement ce rôle, Huawei Technologies Bénin Sa a décidé de contribuer à la résorption des difficultés d’insertion des jeunes au monde professionnel et à la formation des jeunes talents. Ainsi, à la fin de l’année 2016, plus d’une centaine d’emplois directs et indirects ont été créés par la signature de contrats de service aux différents prestataires travaillant sur ses projets. Il faut rappeler que Huawei Technologies Bénin Sa travaille avec toutes les sociétés de télécommunications et les opérateurs GSM opérant au Bénin.
Pour Alfred Dominique Agbessi, la première phase du projet consiste à lancer un recrutement d’une vingtaine de dossiers suite à l'appel de candidatures parmi les meilleurs nouveaux diplômés 2017 au Bénin. Ces nouveaux diplômés seront par la suite insérés dans un plan de stage professionnel devant durer au maximum six mois. Pendant cette période, ils bénéficieront d’un encadrement continu par les meilleurs mentors de Huawei Technologies, d’un apprentissage approfondi sur la plateforme e-learning de la société.

Les profils

Pour illustrer les idées qui sous-tendent cette initiative, Alfred Dominique Agbessi a pris l’exemple de l’évolution du parcours d’un stagiaire recruté par HuaweiTechnologies Bénin Sa, en la personne de Claudios Juinor Anthony. Recruté en tant qu’ingénieur au départ, ce dernier a suivi des formations et pris par plusieurs départements de la société non seulement au Bénin, mais dans des pays comme le Gabon, le Ghana, la Chine, le Maroc, la Côte d’ivoire, avant de devenir aujourd’hui le directeur technique de la société.
Les profils concernés pour cette première édition dont la clôture des dossiers était pour le samedi dernier à minuit, sont : ingénieur réseau ; ingénieur solution ; assistant financier ; assistant ressources humaines ; assistant commercial et assistant administratif.
En appréciant cette initiative de Huawei Technologies Bénin Sa, le représentant du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Rodolphe Adjaïgbé, a rassuré que les coups d’essai de Huawei sont souvent des coups de maître. L’histoire des relations entre Huawei et ce ministère ne date pas d’aujourd’hui, se réjouit-il, avant de souligner que ce projet est en parfaite harmonie avec la vision du Gouvernement sur la promotion de l’emploi des jeunes. Aux bénéficiaires,
Rodolphe Adjaïgbé leur demande de profiter de ce projet pour s’insérer dans la vie professionnelle en tant que spécialiste des Tic.

Huawei Technologies en bref

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Grâce à son investissement auprès de ses clients en matière d’innovation et à des partenaires forts, Huawei propose des solutions efficaces de bout en bout dans les réseaux télécoms, les terminaux et le Cloud Computing. En fournissant des solutions et des services compétitifs, Huawei affirme son engagement dans la création maximale de valeur pour les opérateurs télécoms, les entreprises et les consommateurs.

Société 10 juil. 2017


Acquistion des terres : Plongée dans le dédale foncier à Abomey-Calavi

Dans le cadre des opérations de lotissement dans la commune d’Abomey-Calavi, la mafia locale capte la rente foncière, au détriment des réserves administratives et sociales, faisant des acquéreurs de parcelles, les vrais dindons de la farce.

Enquête réalisée dans le cadre du projet « Pour des médias plus professionnels au Bénin » de la Maison des médias Thomas Mègnanssan financé par OSIWA

En cet après-midi du 26 avril 2017, le service en charge des contentieux de la mairie d’Abomey-Calavi ressemble à un tribunal de conciliation. Les interminables va-et-vient des usagers traduisent la haute importance du sujet qui les mobilise : les litiges entre acquéreurs de parcelles et propriétaires terriens. Dans une petite salle de réunions toujours animée, le chef du service du contentieux, Malick Tokpo et sa collaboratrice multiplient les séances de conciliation. Sans répit. En moyenne, une dizaine de contentieux accapare leur journée. A la direction des Affaires juridiques de la mairie créée, il y a à peine un an, le remue-ménage s’observe au quotidien. Au tribunal de première instance de première classe d’Abomey-Calavi, environ 1500 dossiers de contentieux fonciers directs ont été enregistrés, rien qu’au premier trimestre 2017. En fait, ces contentieux représentent 95% des affaires traitées par le service de contentieux de la mairie. « Plus de 1500 acquéreurs de parcelles à Calavi n’ont pas retrouvé leurs parcelles dans le répertoire d’état des lieux ; les lotisseurs les ont vendus », soupire Malick Tokpo.
Voies 40 morcelées et vendues à Calavi, une parcelle avec deux titres fonciers et deux propriétaires différents à Akassato, une réserve administrative introuvable à Cocotomey-Centre pour un lotissement bouclé à 80% environ, des aires de jeu morcelées et vendues à Godomey ! Ces différentes situations illustrent bien la mauvaise gouvernance foncière dans la commune d’Abomey-Calavi.

Manœuvres astucieuses

Au cœur du dispositif, les manœuvres frauduleuses lors des opérations de lotissement. « Les opérations de lotissement sont des foires d’empoigne entre les différents acteurs impliqués», déplore Bruno Kangni, président intérimaire du comité de lotissement de la tranche C de Godomey. Le chef quartier de Cocotomey-Centre qualifie le lotissement à Abomey-Calavi de désastre. «De nombreux arrêtés communaux ont fait disparaître le point de chute des réels sinistrés. Depuis 10, 16 voire 20 ans, des sinistrés cherchent désespérément leur point de chute. Pendant ce temps, des bâtiments non prévus dans le plan de lotissement poussent comme des champignons au profit de certaines catégories de personnes sous la bannière des arrêtés », s’offusque-t-il. Le mode opératoire des faussaires est très simple. Supposons que Cocotomey compte mille parcelles pour lesquelles on applique à chacune 35% de coefficient de réduction lors des travaux de lotissement. Très souvent, le nombre d’infrastructures publiques et de réserves administratives prévues pour la zone est largement en deçà de la superficie obtenue en faisant la somme des réductions opérées. La mafia s’organise sur la base des superficies disponibles. «Avant de procéder à la vente de leurs parcelles, des propriétaires terriens créent des voies fictives, qu’ils changent après en parcelles ; ce qui fait gonfler le coefficient de réduction. Lequel va jusqu’à 40% alors que si les choses se passaient dans les normes, il ne devrait pas excéder 20% », dénonce Bruno Kangni.
Gilbert Tossou, chef du service Planification et développement urbain de la direction générale de l’Urbanisme et du Foncier (Dguf), assimile le lotissement à « une manne dont les acteurs se partagent de substantiels reliquats ». Affirmation que confirme l’audit sur le lotissement à Abomey-Calavi, révélateur de graves anomalies. « Quand vous lirez le rapport d’audit sur le foncier à Abomey-Calavi, même si on vous donnait gratuitement des terrains dans la commune, vous allez décliner l’offre », avertit Franck Hessouh, conseiller communal d'Abomey-Calavi. Ledit rapport établit qu’aucun des six lotissements étudiés n’est achevé. Il s’agit des lotissements de six quartiers de Calavi centre : Zétacomè, Gbodjo, Gbodjo-Agamandin et Agamandin, Tokpa-Zoungo, Agori et Sèmè.

Tirer le drap à soi

Pourtant, en matière de lotissement, personne ne veut endosser une quelconque responsabilité. Les différents acteurs se présentent comme des victimes. Elus locaux et municipaux, comités de géomètres, avocats, acquéreurs de parcelles…chacun tire le drap à soi, rejetant le tort sur l’autre. A en croire, Franck Hessouh, ce sont les géomètres qui montrent les réserves aux élus locaux dans le cadre des morcellements et des ventes. Et à Ferdinand Dossou-Yovo, directeur des Affaires juridiques, d’enfoncer le clou : « Les géomètres manipulent les données parcellaires des urbanistes en créant de faux sinistrés et en leur trouvant des actes de propriété».
Tel n’est pas l’avis de Patrice Hounssou-Guêdê, ancien maire de la commune d'Abomey-Calavi. «Il n’est pas juste de dire que le géomètre diminue les parcelles. Avant qu’il ne commence son travail, un préliminaire est fait entre lui et l’urbaniste et qui tient compte des réserves qui abriteront des infrastructures sociocommunautaires. Ceci est soumis à l’autorité préfectorale qui examine et approuve les coefficients de réduction», explique-t-il. Chose curieuse: «Abomey-Calavi, la terre était partagée comme de petits pains entre des élus qui en avaient la chasse gardée », dénonce Franck Hessouh. Au banc des accusés, l’ancien maire de la commune, Patrice Hounsou-Guêdê, Noël Toffon, ancien chef d’arrondissement (CA) d’Akassato, et l’actuel chef d'arrondissement de Godomey qui n’a pas cru devoir répondre à nos questions. Sans toutefois accepter cette accusation, Patrice Hounssou-Guêdê nuance : « Je ne vais pas nier que de telles pratiques existent. Mais quant à vouloir l’imputer au maire, je ne saurai l’accepter. Il faut que les gens m’apportent les preuves de leurs allégations ». Noël Toffon, quant à lui, est constamment cité comme un des « bourreaux» des acquéreurs de parcelles. Joint au téléphone, il n’a pas souhaité se prononcer sur cette accusation.
Ces accusations n’épargnent pas la Justice. Mais Gilbert Togbonon, magistrat, spécialiste des questions foncières, par ailleurs, auteur du Guide sur le foncier réfute ces récriminations : « Dire que la gestion des problèmes fonciers relève d’une combine entre les magistrats et les acteurs du lotissement est archi-faux ». Selon lui, les justiciables n’épuisent pas toujours les voies de droit qui s’offrent à eux. Il y a effectivement la possibilité d’interjeter appel lorsqu’on n’est pas satisfait de la première décision rendue par le juge, et même si on n’est toujours pas satisfait de la décision en appel, on peut se pourvoir en cassation. « Tout n’est pas parfait certes, mais au Bénin, on peut construire et déconstruire tout ce qu’on veut», concède William Kodjoh-Kpakpassou, président du tribunal d'Abomey-Calavi.
L’ignorance des lois par les populations fait également le lit à l’escroquerie des acteurs de lotissement. « Les Béninois doivent comprendre qu’il ne sert à rien d’acheter un terrain et d’en être dépossédé après, pour cause d’ignorance de leur part. Ils doivent donc s’en remettre aux notaires en vue des procédures convenables en la matière », indique Me Aline Dossou-Yovo, notaire à Parakou. Pour réduire les litiges domaniaux, le directeur des Affaires juridiques de la mairie d'Abomey-Calavi, Ferdinand Dossou-Yovo, pense qu’il faut définir les cahiers des charges des différents acteurs de lotissement et les plans fonciers ruraux (Pfr), avant le lotissement. La question du développement du pays exige aussi que l’Etat dégage des superficies à lotir et s’approprie les réserves. Mais le paradoxe est que la plupart des terres appartiennent aux collectivités. Les nombreuses incohérences observées dans le cadre des opérations de lotissement à Abomey-Calavi ont amené certains acteurs de la société civile à créer un Observatoire pour la gestion transparente d’Abomey-Calavi (Ogtac). Il aura fort à faire pour ramener la franchise dans ce domaine.
Avertissements
Relativement aux dysfonctionnements qui marquent les travaux de lotissement, d’aucuns accusent l’Institut géographique national (Ign). Gélase Hounguè, directeur de l’Aménagement et de l’Urbanisme à la mairie d'Abomey-Calavi, évoque son manque d’efficacité. Face à ces reproches, Cyriaque Aguégué, archiviste au sein dudit institut, rectifie : « Au regard de l’arrêté interministériel portant définition des prescriptions minimales à observer en matière d’opérations de lotissement et des opérations foncières urbaines de remembrement en République du Bénin, l’Ign est le bras technique de contrôle des opérations de lotissement. Mais nous sommes de moins en moins sollicités à cause des cabinets privés qui nous ravissent la vedette ». Cette prescription n’est pas respectée. Les mairies se contentent de lancer des opérations de lotissement en vue de disposer des ressources d’investissement pour le développement.
En prêtant le flanc à ces différentes irrégularités, les élus locaux prennent des risques. « Les gens violent la loi et les maires qui continuent de lancer des opérations de lotissement peuvent se retrouver devant les juridictions », avertit le magistrat Gilbert Togbonon. A l’appui de son avertissement, il cite l’article 511 du Code foncier et domanial, « tout lotissement effectué sur un domaine ne disposant pas de certificat de propriété foncière est puni d’une amende de 5 millions de FCfa et d’une peine d’emprisonnement allant de 2 à 5 ans ou de l’une de ces deux peines seulement ». Autre aberration, relève Franck Hessouh, il arrive que des contrats soient signés avec les géomètres qui, à leur tour, sous-traitent avec des agents qu’ils emploient. Ces deniers n’ayant pas les compétences requises, des dégâts s’en- suivent. C’est la loi 2013-01 portant Code foncier et domanial qui consacre la création de l’Agence nationale du Domaine et du Foncier (Andf). Cette agence a pour challenge de « tout faire pour juguler les litiges domaniaux » sur l’ensemble du territoire national, et particulièrement à Abomey-Calavi, indique Fabrice Kossou, chef département opération foncière et technique de l’agence.

Société 10 juil. 2017


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