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Dans le cadre des opérations de lotissement dans la commune d’Abomey-Calavi, la mafia locale capte la rente foncière, au détriment des réserves administratives et sociales, faisant des acquéreurs de parcelles, les vrais dindons de la farce.
Enquête réalisée dans le cadre du projet « Pour des médias plus professionnels au Bénin » de la Maison des médias Thomas Mègnanssan financé par OSIWA
En cet après-midi du 26 avril 2017, le service en charge des contentieux de la mairie d’Abomey-Calavi ressemble à un tribunal de conciliation. Les interminables va-et-vient des usagers traduisent la haute importance du sujet qui les mobilise : les litiges entre acquéreurs de parcelles et propriétaires terriens. Dans une petite salle de réunions toujours animée, le chef du service du contentieux, Malick Tokpo et sa collaboratrice multiplient les séances de conciliation. Sans répit. En moyenne, une dizaine de contentieux accapare leur journée. A la direction des Affaires juridiques de la mairie créée, il y a à peine un an, le remue-ménage s’observe au quotidien. Au tribunal de première instance de première classe d’Abomey-Calavi, environ 1500 dossiers de contentieux fonciers directs ont été enregistrés, rien qu’au premier trimestre 2017. En fait, ces contentieux représentent 95% des affaires traitées par le service de contentieux de la mairie. « Plus de 1500 acquéreurs de parcelles à Calavi n’ont pas retrouvé leurs parcelles dans le répertoire d’état des lieux ; les lotisseurs les ont vendus », soupire Malick Tokpo.
Voies 40 morcelées et vendues à Calavi, une parcelle avec deux titres fonciers et deux propriétaires différents à Akassato, une réserve administrative introuvable à Cocotomey-Centre pour un lotissement bouclé à 80% environ, des aires de jeu morcelées et vendues à Godomey ! Ces différentes situations illustrent bien la mauvaise gouvernance foncière dans la commune d’Abomey-Calavi.
Manœuvres astucieuses
Au cœur du dispositif, les manœuvres frauduleuses lors des opérations de lotissement. « Les opérations de lotissement sont des foires d’empoigne entre les différents acteurs impliqués», déplore Bruno Kangni, président intérimaire du comité de lotissement de la tranche C de Godomey. Le chef quartier de Cocotomey-Centre qualifie le lotissement à Abomey-Calavi de désastre. «De nombreux arrêtés communaux ont fait disparaître le point de chute des réels sinistrés. Depuis 10, 16 voire 20 ans, des sinistrés cherchent désespérément leur point de chute. Pendant ce temps, des bâtiments non prévus dans le plan de lotissement poussent comme des champignons au profit de certaines catégories de personnes sous la bannière des arrêtés », s’offusque-t-il. Le mode opératoire des faussaires est très simple. Supposons que Cocotomey compte mille parcelles pour lesquelles on applique à chacune 35% de coefficient de réduction lors des travaux de lotissement. Très souvent, le nombre d’infrastructures publiques et de réserves administratives prévues pour la zone est largement en deçà de la superficie obtenue en faisant la somme des réductions opérées. La mafia s’organise sur la base des superficies disponibles. «Avant de procéder à la vente de leurs parcelles, des propriétaires terriens créent des voies fictives, qu’ils changent après en parcelles ; ce qui fait gonfler le coefficient de réduction. Lequel va jusqu’à 40% alors que si les choses se passaient dans les normes, il ne devrait pas excéder 20% », dénonce Bruno Kangni.
Gilbert Tossou, chef du service Planification et développement urbain de la direction générale de l’Urbanisme et du Foncier (Dguf), assimile le lotissement à « une manne dont les acteurs se partagent de substantiels reliquats ». Affirmation que confirme l’audit sur le lotissement à Abomey-Calavi, révélateur de graves anomalies. « Quand vous lirez le rapport d’audit sur le foncier à Abomey-Calavi, même si on vous donnait gratuitement des terrains dans la commune, vous allez décliner l’offre », avertit Franck Hessouh, conseiller communal d'Abomey-Calavi. Ledit rapport établit qu’aucun des six lotissements étudiés n’est achevé. Il s’agit des lotissements de six quartiers de Calavi centre : Zétacomè, Gbodjo, Gbodjo-Agamandin et Agamandin, Tokpa-Zoungo, Agori et Sèmè.
Tirer le drap à soi
Pourtant, en matière de lotissement, personne ne veut endosser une quelconque responsabilité. Les différents acteurs se présentent comme des victimes. Elus locaux et municipaux, comités de géomètres, avocats, acquéreurs de parcelles…chacun tire le drap à soi, rejetant le tort sur l’autre. A en croire, Franck Hessouh, ce sont les géomètres qui montrent les réserves aux élus locaux dans le cadre des morcellements et des ventes. Et à Ferdinand Dossou-Yovo, directeur des Affaires juridiques, d’enfoncer le clou : « Les géomètres manipulent les données parcellaires des urbanistes en créant de faux sinistrés et en leur trouvant des actes de propriété».
Tel n’est pas l’avis de Patrice Hounssou-Guêdê, ancien maire de la commune d'Abomey-Calavi. «Il n’est pas juste de dire que le géomètre diminue les parcelles. Avant qu’il ne commence son travail, un préliminaire est fait entre lui et l’urbaniste et qui tient compte des réserves qui abriteront des infrastructures sociocommunautaires. Ceci est soumis à l’autorité préfectorale qui examine et approuve les coefficients de réduction», explique-t-il. Chose curieuse: «Abomey-Calavi, la terre était partagée comme de petits pains entre des élus qui en avaient la chasse gardée », dénonce Franck Hessouh. Au banc des accusés, l’ancien maire de la commune, Patrice Hounsou-Guêdê, Noël Toffon, ancien chef d’arrondissement (CA) d’Akassato, et l’actuel chef d'arrondissement de Godomey qui n’a pas cru devoir répondre à nos questions. Sans toutefois accepter cette accusation, Patrice Hounssou-Guêdê nuance : « Je ne vais pas nier que de telles pratiques existent. Mais quant à vouloir l’imputer au maire, je ne saurai l’accepter. Il faut que les gens m’apportent les preuves de leurs allégations ». Noël Toffon, quant à lui, est constamment cité comme un des « bourreaux» des acquéreurs de parcelles. Joint au téléphone, il n’a pas souhaité se prononcer sur cette accusation.
Ces accusations n’épargnent pas la Justice. Mais Gilbert Togbonon, magistrat, spécialiste des questions foncières, par ailleurs, auteur du Guide sur le foncier réfute ces récriminations : « Dire que la gestion des problèmes fonciers relève d’une combine entre les magistrats et les acteurs du lotissement est archi-faux ». Selon lui, les justiciables n’épuisent pas toujours les voies de droit qui s’offrent à eux. Il y a effectivement la possibilité d’interjeter appel lorsqu’on n’est pas satisfait de la première décision rendue par le juge, et même si on n’est toujours pas satisfait de la décision en appel, on peut se pourvoir en cassation. « Tout n’est pas parfait certes, mais au Bénin, on peut construire et déconstruire tout ce qu’on veut», concède William Kodjoh-Kpakpassou, président du tribunal d'Abomey-Calavi.
L’ignorance des lois par les populations fait également le lit à l’escroquerie des acteurs de lotissement. « Les Béninois doivent comprendre qu’il ne sert à rien d’acheter un terrain et d’en être dépossédé après, pour cause d’ignorance de leur part. Ils doivent donc s’en remettre aux notaires en vue des procédures convenables en la matière », indique Me Aline Dossou-Yovo, notaire à Parakou. Pour réduire les litiges domaniaux, le directeur des Affaires juridiques de la mairie d'Abomey-Calavi, Ferdinand Dossou-Yovo, pense qu’il faut définir les cahiers des charges des différents acteurs de lotissement et les plans fonciers ruraux (Pfr), avant le lotissement. La question du développement du pays exige aussi que l’Etat dégage des superficies à lotir et s’approprie les réserves. Mais le paradoxe est que la plupart des terres appartiennent aux collectivités. Les nombreuses incohérences observées dans le cadre des opérations de lotissement à Abomey-Calavi ont amené certains acteurs de la société civile à créer un Observatoire pour la gestion transparente d’Abomey-Calavi (Ogtac). Il aura fort à faire pour ramener la franchise dans ce domaine.
Avertissements
Relativement aux dysfonctionnements qui marquent les travaux de lotissement, d’aucuns accusent l’Institut géographique national (Ign). Gélase Hounguè, directeur de l’Aménagement et de l’Urbanisme à la mairie d'Abomey-Calavi, évoque son manque d’efficacité. Face à ces reproches, Cyriaque Aguégué, archiviste au sein dudit institut, rectifie : « Au regard de l’arrêté interministériel portant définition des prescriptions minimales à observer en matière d’opérations de lotissement et des opérations foncières urbaines de remembrement en République du Bénin, l’Ign est le bras technique de contrôle des opérations de lotissement. Mais nous sommes de moins en moins sollicités à cause des cabinets privés qui nous ravissent la vedette ». Cette prescription n’est pas respectée. Les mairies se contentent de lancer des opérations de lotissement en vue de disposer des ressources d’investissement pour le développement.
En prêtant le flanc à ces différentes irrégularités, les élus locaux prennent des risques. « Les gens violent la loi et les maires qui continuent de lancer des opérations de lotissement peuvent se retrouver devant les juridictions », avertit le magistrat Gilbert Togbonon. A l’appui de son avertissement, il cite l’article 511 du Code foncier et domanial, « tout lotissement effectué sur un domaine ne disposant pas de certificat de propriété foncière est puni d’une amende de 5 millions de FCfa et d’une peine d’emprisonnement allant de 2 à 5 ans ou de l’une de ces deux peines seulement ». Autre aberration, relève Franck Hessouh, il arrive que des contrats soient signés avec les géomètres qui, à leur tour, sous-traitent avec des agents qu’ils emploient. Ces deniers n’ayant pas les compétences requises, des dégâts s’en- suivent. C’est la loi 2013-01 portant Code foncier et domanial qui consacre la création de l’Agence nationale du Domaine et du Foncier (Andf). Cette agence a pour challenge de « tout faire pour juguler les litiges domaniaux » sur l’ensemble du territoire national, et particulièrement à Abomey-Calavi, indique Fabrice Kossou, chef département opération foncière et technique de l’agence.

Les Eperviers du Togo et les Ecureuils du Bénin ont rendez-vous, dimanche 16 juillet prochain au stade de Kégué de Lomé, dans le cadre du match aller du premier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des nations (Chan), Kenya 2018. Les arbitres devant officier ce match aller, ainsi que ceux qui auront à charge le match retour prévu à Cotonou, sont déjà connus.
A Lomé, c’est un trio de nationalité nigérienne qui dirigera le match aller. Il sera conduit par Abdoulaye Rhissa Almustapha. Ses assistants sont Maman Raja Abba Malan Ousseini et Sadissou Idi.
Pour le match retour à Cotonou, les arbitres viendront du Ghana. Le central a pour nom William Selorm Agbovi. David Laryea et Dawood Brimah sont ses assistants.
Encore quelques jours, et les Ecureuils locaux rallieront Lomé, pour en découdre avec les Eperviers locaux du Togo. Leur objectif sera de bien négocier cette première manche, afin de pouvoir évoluer avec sérénité à domicile. Comme les Béninois, les Togolais sont également occupés pour les derniers réglages au niveau de leur préparation?
M. G.

Les candidats au baccalauréat session des 19, 20 et 21 juin derniers seront fixés sur leur sort le mercredi prochain. La première délibération de l’examen est prévue pour le 12 juillet prochain, selon des sources proches de l’Office du baccalauréat en charge de l’organisation au plan national de ce premier diplôme universitaire.
La phase des corrections des copies est terminée pour certains ateliers, depuis le samedi 8 juillet et pour les derniers ce dimanche 8 juillet, sur toute l’étendue du territoire national. Les regards sont désormais tournés vers le secrétariat pour le report des notes et ensuite le désanonymat des copies. Les travaux pourraient durer jusqu’à mardi 11 juillet et même la matinée du mercredi, renseignent les mêmes sources. Ce n’est qu’après ces étapes que le verdict de l’examen sera connu dans l’après-midi du mercredi 12 juillet prochain.
Une fois la délibération effectuée au plan national par le directeur de l’Office du baccalauréat, Alphonse da Silva, les directeurs départementaux en charge des Enseignements secondaire, technique et professionnel vont prendre le relais pour la proclamation des résultats au niveau de chacun de leur département. Les différents centres d’examen et les établissements d’origine de chaque candidat pourront ensuite disposer des résultats. Les candidats déclarés admissibles seront invités à prendre part à la seconde phase de l’examen, celle des épreuves orales et sportives. Cette étape sera suivie des résultats définitifs du baccalauréat 2017?
Thibaud C. NAGNONHOU,
A/R Ouémé-Plateau

Dans le souci de discipliner les usagers de la route et d’éviter les nombreux accidents mortels sur les routes, deux radars pédagogiques ont été installés, vendredi 7 juillet sur l’axe Akassato-Bohicon. C’est le directeur de cabinet du ministère des Infrastructures et des Transports, Victorin Honvoh, qui a procédé à la mise en service de ces appareils à Guèmè et à Cana dans la commune de Zogbodomey, pour « faire respecter les règles de la circulation routière aux usagers. Car, reconnaît-il, le Bénin perd beaucoup de ses fils et filles fatalement dans ces accidents de circulation.
Ces cinq dernières années, selon les statistiques du ministère des Transports, le Bénin a enregistré une moyenne annuelle de 5600 accidents avec 710 tués au moins par an, et un peu plus de 5000 blessés chaque année. C’est dire qu’il y a au moins 15 accidents par jour, 13 blessés par jour et environ deux tués tous les jours. Ainsi, il n’est un secret pour personne que la route est très dangereuse. Et plus particulièrement l’axe Akassato-Bohicon désormais réhabilité est devenu « accidentogène » et plus meurtrier que par le passé, avec des pratiques courantes telles que l’excès de vitesse, les stationnements dangereux ou non signalés et la surcharge de passagers.
Ces radars pédagogiques équipés de plaque solaire détectent la vitesse à laquelle roulent les usagers de la route et passe au rouge en cas d’excès de vitesse. Cette installation a été l’occasion de sensibiliser les conducteurs au respect des panneaux de signalisation et à ne pas dépasser la vitesse requise. Le dispositif affiche la vitesse des automobilistes passant dans une zone débutant à 200 mètres. Ces radars pédagogiques solaires qui sont en réalité des avertisseurs pour les automobilistes visent à leur faire prendre conscience de leur conduite et les responsabiliser, au-delà des chicanes et autres dispositifs installés pour freiner ceux qui roulent à tombeau ouvert au niveau des grandes agglomérations.
Pour le maire de Zogbodomey, David Zinsou Towèdjè, l’installation de ces radars est le signe que le président Patrice Talon et son Gouvernement sont à l’écoute des cris de cœur des populations. Avec ce système mis en service, assure-t-il, la réduction des cas d’accident sera certaine. Puis, il se réjouit aussi du fait qu’en plus "le but de ces radars n’est pas de verbaliser mais d’éviter les accidents en faisant ralentir les usagers"?
Par Valentin SOVIDE,
AR/Zou-Collines

Le Réseau Wildaf Bénin sensibilise les acteurs politiques et les acteurs de la Société civile sur les droits d’accès des femmes à la terre et aux ressources foncières. Le rapport d’une étude réalisée sur la situation, avec l’appui de la Fondation Konrad Adenauer, leur a été présenté au cours d’un dîner-débat, mercredi 5 juillet dernier à Cotonou.
Malgré leur présence et leur rôle important dans la production des richesses agricoles, les femmes ont difficilement accès aux ressources foncières pourtant indispensables à leurs activités. Face à la situation, la Fondation Konrad Adenauer, dans le cadre de la mise en œuvre de son projet «Un seul monde sans faim 2 : les droits fonciers des femmes en Afrique de l’Ouest», a commandité une étude sur « l’accès des femmes au foncier et à la propriété foncière ». Cette étude qui a été réalisée par le cabinet Sydel Afrique avec l’appui financier de la Fondation Konrad Adenauer dans les départements de l’Atlantique, du Littoral, du Plateau, du Zou, était au menu d’un dîner-débat, mercredi dernier à Cotonou.
Organisé par le Réseau Wildaf Bénin, ce débat a réuni des députés, des membres du Gouvernement, des membres des groupements et associations de femmes et autres Organisations de la Société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
La représentante résidente de la Fondation Konrad Adenauer, Elke Erleck, a rappelé qu’en Afrique de l’Ouest, le Bénin est un exemple en matière de démocratie. Malgré la stabilité de sa démocratie et les réformes engagées depuis des décennies avec l’appui des partenaires et une implication des organisations de la Société civile, notamment celles des producteurs, les femmes béninoises continuent d’être victimes d’injustices en matière de droits fonciers. C’est dans ce contexte que se situe l’étude qui a été présentée mercredi dernier.
Pour la coordonatrice du Réseau Wildaf Bénin, Huguette Bokpè-Gnacadja, il n’y a pas de loi plus tenace qu’une coutume. Et l’un des problèmes cruciaux au Bénin, selon elle, est l’accès des femmes à la terre et aux ressources foncières. Elle estime qu’on ne peut pas parler de développement aujourd’hui sans la femme. C’est pourquoi, elle a invité les députés, les membres du Gouvernement et les acteurs de la Société civile présents au débat du mercredi dernier, à un langage de vérité pour mieux soutenir à cette initiative de son réseau.
Appliquer les lois
Selon la présentation du rapport faite par le directeur du cabinet Sydel Afrique, François Kossi Lègonou, l’étude s’est déroulée dans huit communes des départements de l’Atlantique, du Littoral, du Plateau et du Zou. Les données collectées auprès de 369 enquêtés dont 148 femmes et 221 hommes ont permis de connaître la situation de manière générale des hommes et des femmes sur l’accès à la terre et à la gestion foncière dans les zones de l’enquête. Autrement dit, celle de la femme spécifiquement, les différents modes d’accès des hommes et des femmes, les conflits liés au foncier dans les zones de l’étude.
Cette étude intervient dans un contexte marqué par des inégalités fortes entre hommes et femmes dans les rapports familiaux, notamment dans le domaine de l’héritage, de l’accès aux ressources naturelles et aux opportunités économiques, au pouvoir et à la prise de décision.
Les différents intervenants sur le rapport qui a été présenté, que ce soient les députés, Eric Houndété, Orden Alladatin, le ministre en charge du Cadre de vie José Tonato, ou les membres de la Société civile, sont tous unanimes à reconnaître que les femmes sont défavorisées en matière d’accès à la terre et aux ressources foncières. Pour corriger le tir, certains ont suggéré qu’il faille commencer à appliquer les lois et les règlements qui existent en la matière, intensifier les séances de sensibilisation non seulement au niveau des acteurs, mais également et surtout au niveau des mairies, des arrondissements et des villages.

Les acteurs des chaînes de valeurs agricoles prennent part, depuis ce jeudi 6 juillet à Cotonou, à une formation sur les relations entre les petits producteurs et les acheteurs dans le secteur des racines et tubercules en Afrique. Cet atelier de deux jours vise à améliorer les conditions de financement des petits agriculteurs engagés dans les chaînes de valeurs de l’igname et du manioc, à travers la promotion des liens avec les marchés régionaux et nationaux.
Alors que les investisseurs, y compris les petits exploitants et les micro et petites entreprises, cherchent des opportunités pour accroître la productivité et la durabilité dans leurs activités agricoles, la plupart des institutions financières trouvent le financement agricole excessivement risqué et trop difficile à s’engager de manière rentable en Afrique. Cette perception est renforcée par l’absence d’un environnement incitatif et la faible connaissance des conditions du marché rural, des clients et surtout des approches commerciales efficaces qui répondent au financement agricole.
C’est pourquoi le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et sur financement de l’Union européenne, a mis en œuvre un projet de renforcement des relations commerciales entre les petits producteurs et acheteurs dans la filière des racines et tubercules en Afrique. Ce projet est l’une des étapes décisives qui permettront d’élaborer des stratégies de conception et de livraison de produits rentables et commercialement viables pour financer des activités agricoles avec un potentiel de croissance. C’est dans ce cadre que s’est ouvert, ce jeudi à Cotonou, une formation sur le financement des chaînes de valeurs agricoles. Il s’agira pour les participants : d’une part, de reconnaître les défis critiques dans la formulation des produits de financement agricole et le rôle de l’évaluation des marchés financiers, et d’autre part, d’analyser les stratégies par lesquelles les institutions financières fournissent des financements agricoles durables et profitables, indique Françoise Komlan Assogba, représentante du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Au terme de cette formation, ils seront également à même d’identifier les principes, les sources de données et les outils qui peuvent être utilisés pour estimer la demande de produits de financement agricole et concevoir la livraison de ces produits de manière rentable, ajoute-t-elle.
Par ailleurs, les acteurs de la filière agricole seront capables d’examiner les possibilités et les limites du partenariat public- privé pour accroître l’accès aux finances agricoles.
Réticence des institutions financières
Selon le représentant résident de la Fao au Bénin, Tiémoko Yo, la filière des racines et tubercules (igname, manioc) en Afrique souffre encore, à l’image d’autres secteurs, d’un manque de coordination des acteurs, d’une faible efficacité et de leur manque de compétitivité. « Et c’est ce qui limite leur attractivité vis-à-vis des investisseurs privés et des institutions financières », a-t-il expliqué. Ils investissent peu dans cette filière qui contribue pourtant au renforcement de la sécurité alimentaire et des revenus de nombre d’acteurs, car ils manquent très souvent d’informations fiables sur les capacités opérationnelles réelles des acteurs, tant au niveau de la production que de la commercialisation.
Cette formation au profit des acteurs directs, espère Tiémoko Yo, contribuera à la construction d’une filière bien coordonnée, économiquement viable et compétitive. Ce qui fait dire à la représentante du ministre de l’Agriculture, que le projet de renforcement des relations commerciales entre les petits acteurs et les acheteurs de la filière des racines et tubercules s'inscrit bien dans la logique du développement du secteur agricole par la promotion des filières igname et manioc.
Cet atelier mettra un accent particulier sur les difficultés liées au financement des chaînes de valeurs agricoles au Bénin. La formation, souligne Françoise Komlan Assogba, est destinée à rendre disponibles les instruments et de la méthodologie pour faciliter l’offre de services financiers à tous les acteurs des chaînes de valeurs agricoles, surtout pour ceux qui ont des difficultés dans leurs activités.
Ce projet représente également une opportunité pour le secteur de la microfinance béninoise en ce sens qu’il permet d’inciter les différents investisseurs à adapter leurs produits aux spécificités des valeurs agricoles.
Il prend en compte le Bénin, le Rwanda, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Malawi et l’Ouganda.

Le Parlement panafricain deviendra bientôt un Parlement de pleins pouvoirs législatifs. Le Bénin vient d’enclencher la procédure de son adhésion à cette réforme avec la décision du Conseil des ministres du mercredi 5 juillet dernier, qui transmet le dossier à l’Assemblée nationale pour autorisation de ratification.
Le plaidoyer des députés béninois membres du Parlement panafricain par rapport à la ratification par le Bénin du protocole à l’acte constitutif de l’Union africaine relatif au Parlement panafricain adopté à Malabo en Guinée équatoriale, le 27 juin 2014 est en train de payer. Il est appuyé par le président de l’institution parlementaire panafricaine qui, à la tête d’une forte délégation, avait séjourné au Bénin en septembre 2016 où il a rencontré à cet effet les autorités béninoises concernées par la question. Roger Nkodo Dang avait été reçu en audience, notamment par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji par le ministre chargé de la Justice, Me Joseph Djogbénou et celui des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, sur l’importance pour le Bénin de ratifier ce protocole visant in fine à transformer le Parlement panafricain en un organe législatif de pleins pouvoirs.
Le plaidoyer du président Roger Nkodo Dang n’est pas tombé dans les oreilles d’un sourd. En témoigne, la décision du Conseil des ministres du mercredi 5 juillet, qui a adopté le projet de décret portant transmission à l’Assemblée nationale pour autorisation de ratification du protocole à l’acte consultatif de l’Union africaine relatif au Parlement panafricain adopté par la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine à Malabo en Guinée équatoriale, le 27 juin 2017.
Le Conseil des ministres a instruit par ailleurs le ministre chargé des Affaires étrangères et de la Coopération à l’effet de veiller au dépôt des instruments de ratification et à la publication dudit protocole. La ratification de l’acte permettra au Bénin de conforter sa position de pays fondateur de l’institution parlementaire africaine et grand défenseur du panafricanisme.
Jusqu’ici organe consultatif au sein de l’Union africaine depuis sa création en mars 2004, la transformation du Parlement panafricain en un Parlement de pleins pouvoirs permettrait à cette institution de voter des lois opposables aux Etats membres de l’UA. En effet, le Parlement panafricain a pour mission de formuler des recommandations dans les domaines de la paix, de la sécurité sur les déplacements en Afrique, la famine et le changement climatique. Une mission dont elle s’est acquittée jusqu’ici.
Une institution plus efficace !
Beaucoup se posent souvent la question de savoir si les différentes recommandations formulées ont été suivies de faits sur le terrain. Ce qui n’est pas évident. Le changement de statut se veut donc la solution pour rendre plus efficace le Parlement panafricain. Car les secteurs dans lesquels il peut légiférer sont énormes pour tenter d’apporter une solution législative panafricaine à certains problèmes du continent tels que dans les domaines de la démocratie, les droits de l'Homme, le terrorisme, le foncier, l’émigration, l’exploitation des ressources minières et naturelles et autres. Les lois communautaires prises par exemple dans ces domaines permettront de donner une vie nouvelle aux populations africaines. Ce n’est qu’à ce titre que le Parlement panafricain, qui se veut être la voix des sans voix, pourra promouvoir son rôle d'interface entre les décisions de l'Union Africaine et les aspirations des peuples.
A la date d’aujourd’hui, treize pays ont ratifié ce nouveau protocole sur les 54 Etats que compte l’Union africaine. C’est dire que le processus de mutation du Parlement panafricain en un organe législatif a encore du chemin. Et c’est déjà Bien que le Bénin cherche à donner sa caution pour quitter la barque des pays encore à la traîne de cette réforme qui ne manque pas de pertinence. Toutes choses qui pourraient être mises à l’actif des députés Nourénou Atchadé, Claudine Prudencio, Rosine Dagniho, Corneille Padonou et Justin Agbodjété qui représentent la septième législature au sein de ce Parlement basé à Midland en Afrique du Sud. Ils ne manqueront pas de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour permettre au Parlement béninois de vite examiner et autoriser le Gouvernement à ratifier ce Protocole désormais sur la table du président de l’Assemblée nationale.

La question de la sécurité alimentaire et du développement préoccupe le Gouvernement du Bénin qui vient d’initier une enquête pour avoir une bonne compréhension des tendances et risques de l’insécurité alimentaire des ménages en milieux rural et urbain. Le ministre en charge du Plan et du Développement a procédé, ce jeudi 6 juillet à Cotonou, au lancement de cette enquête qui sera réalisée avec l’appui du Système des Nations Unies.
Au cœur de l’Agenda 2030 adopté en septembre 2015 par les chefs d’Etat et de gouvernement, il y a le deuxième objectif de développement durable (Odd 2) qui vise l’élimination de la faim, la sécurité alimentaire, l’amélioration de la nutrition et la promotion de l’agriculture durable. Seulement, les stratégies visant l’atteinte de cet objectif de « faim zéro » ne peut se révéler efficace que si des informations précises, fiables, représentatives et récentes sont disponibles sur la prévalence de l’insécurité alimentaire, la localisation géographique, les causes de l’insécurité alimentaire et les caractéristiques des personnes touchées.
C’est pour cela que le Gouvernement vient d’initier une enquête sur la situation des tendances et risques de l’insécurité alimentaire des ménages en milieux rural et urbain. Cette enquête dont les résultats sont attendus d’ici la fin du mois d’octobre prochain, a été lancée ce jeudi à Cotonou par le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané.
Elle sera réalisée avec l’appui des partenaires techniques et financiers. C’est ce qui justifie la décision de l’équipe pays du Système des Nations Unies au Bénin, selon son coordonnateur, Siaka Coulibaly, d’accompagner le Gouvernement du Bénin dans sa politique de lutte contre l’insécurité alimentaire en vue d’atteindre l’objectif 2 « faim zéro », des Odd à l’horizon 2030.
« C’est à ce titre que nous avons décidé au sein de l’équipe pays d’apporter, à travers le Programme alimentaire mondial, un appui technique et financier pour la réalisation de cette enquête nationale sur la vulnérabilité et la sécurité alimentaire au Bénin dont les objectifs permettront de mettre à jour la cartographie de la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire et de doter les différents acteurs du secteur économique et social des informations pertinentes sur la sécurité alimentaire », précise le coordonnateur du système pays des Nations Unies au Bénin.
La plus-value de cette évaluation réside, selon Siaka Coulibaly, dans le fait qu’elle est réalisée dans une année charnière de mise en œuvre des Odd alors que le Bénin n’a pas pu réaliser totalement l’objectif de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim, conformément aux Objectifs du millénaire pour le développement (Omd).
Soulager les vulnérables
Aux équipes d’enquêteurs, de contrôleurs, de superviseurs et de coordination qui iront sur le terrain, Siaka Coulibaly a souhaité beaucoup de courage et d’abnégation en cette période durant laquelle l’accès à certaines localités sera difficile.
Le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané reste convaincu que la question de la sécurité alimentaire et plus globalement le développement du secteur agricole constitue un levier important de développement économique et social. Il rappelle que le lancement de cette enquête marque un tournant décisif dans les interventions pour la mise en œuvre des Objectifs du développement durable, notamment l’Odd 2 et encourage les enquêteurs à conjuguer leurs efforts aux côtés de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et des structures associées du ministère en charge de l’Agriculture pour une implémentation sans faille du dispositif mis en place.
Le directeur général de l’Insae, Alexandre Biaou, a rappelé que l’enquête permettra au Gouvernement de disposer dans le domaine de la sécurité alimentaire d’une base réelle et actualisée sur la situation d’insécurité alimentaire au niveau du Bénin pour planifier les interventions et soulager les populations vulnérables dans la perspective de ne laisser personne de côté.
L’insécurité alimentaire des ménages est liée à leur pauvreté. Une précédente enquête réalisée en 2013 révèle qu’au Bénin 1,1 million de personnes étaient en insécurité alimentaire au moment de l’enquête. Ils représentent 12% des ménages et ont une consommation alimentaire déficiente ou ne peuvent assurer leurs besoins alimentaires minimum sans avoir recours à des stratégies d’adaptation irréversibles.

Elle chante en bambara, en malinké, en français. Ses chansons très inspirées valorisent l’Afrique et la culture mandingue. Aïcha Koné ou encore maman Aïcha ou maman Africa était en prestation, le week-end dernier à Cotonou, à l’invitation du promoteur culturel Patrick Idohou, directeur de l’espace culturel Adjadi. A 60 ans, avec 40 ans de carrière et de scène, cette diva de la musique ivoirienne n’a rien perdu de sa voix. Et, reste optimiste quant au devenir de la musique africaine, tout en invitant les gouvernants à miser sur la culture pour faire décoller les pays africains. Interview…
La Nation : Aïcha Koné, on dirait bien que vous disparaissez petitement de la scène. Comment comprendre cela ?
Aïcha Koné : Je continue de tourner en Afrique, en Europe et même dans les Amériques. Au Brésil, nous avons beaucoup tourné ces derniers temps. Nous tournons ailleurs. Peut-être que les promoteurs n’y donnent pas assez de visibilité. Mais avec le Bénin, nous allons renouer le contact grâce à Patrick Idohou. Je ne viens pas quand il n’y a pas de demande et il faut compter aussi avec le calendrier. Il y a une demande assez forte vers certains pays. Je suis très heureuse de retrouver le Bénin et nous allons renouer avec le public d’ici.
Vous renouez ainsi avec le Bénin qui a eu la chance de vous avoir au début de votre carrière. Racontez-nous comment cela s’est passé !
La première fois que je suis venue au Bénin, je n’avais que deux chansons et nous avons pris ces deux chansons et nous avons fait le Togo, le Burkina et c’était parti comme ça. Cela m’a poussée à créer davantage à partir de Delikeleni, Zaka… J’ai beaucoup tourné aussi avec le Poly Rythmo. Cela a été de bons moments. Pour Aïcha Koné, la culture apporte beaucoup à un pays. Je connais Sagbohan Danialou qui chante très bien. Je respecte Nel Oliver. Je connais bien Stan Tohan aussi. Ce sont des artistes que je respecte beaucoup. On se rencontre parfois sur des festivals et chacun se bat pour faire parler de sa culture.
Comment avez-vous géré votre début de carrière ?
J’ai aimé ce boulot. C’est vrai que je suis d’une mère mandingue et de tradition très religieuse. Chez les Mandingues, ce sont les griots, une race de gens qui connaissent votre histoire depuis vos ancêtres jusqu’à vous et qui vous la racontent. Et ce domaine de la chanson-là est une propriété des griots. Pour moi qui ai voulu me lancer dans ce domaine, ma mère ne l’a jamais accepté. Elle n’y a jamais été favorable. J'ai persisté. J’ai été à l’Institut des arts dans le but de rencontrer Boncana Maïga qui m’a écoutée et qui m’a appréciée. Pour les premiers essais, j’ai été comme une révélation pour le public ivoirien. C’est la première fois qu'on voyait une petite qui s’essayait au micro. Ma carrière est partie comme ça, mais m’étant m’inspirée de personnalités du monde musical comme Myriam Makeba.
S’il vous était donné de tout recommencer, allez-vous opter pour le même cheminement ?
Je ne regrette pas d’avoir choisi mon métier parce que nous apportons beaucoup à la société. Même quand je prends l’exemple des jeunes qui chantent aujourd’hui, parfois ils ont des mots qui choquent et qui dérangent mais quand on pose la censure, c’est parce que la société s’y est intéressée. Je ne regrette pas ce métier parce que j’apporte sur le plan culturel et international et j’apporte à nos différentes nations. Je me dis que dans tout ce que nous faisons, il y a aussi quelque chose de potable qui intéresse le public et c’est pour cela que nous sommes invités de part et d’autre. Et puis, un pays qui veut évoluer ne peut avancer sans la culture. Je ne regrette rien. Aujourd’hui quand on dit qu’Aïcha Koné est là, ce n’est plus seulement Aïcha de la Côte d’Ivoire. C’est vous tous qui m’avez fabriquée.
En 40 ans de parcours, vous avez remporté deux disques d’or et un total de 45 distinctions. Qu’est-ce qui vous a le plus marquée durant votre carrière ?
Vous savez, j’ai toujours été bien accueillie partout où je vais. Partout où je passe, il y a toujours une familiarité entre les gens que je rencontre et moi. C’est l’effet de la magie des médias. Des gens qui ont l’habitude de vous voir à la télévision et vous faites partie de leur quotidien et ils finissent par s’habituer à vous. Pendant les concerts, ils chantent avec vous et puis ils vous adorent. On doit beaucoup aux médias et ensuite aux critiques.
Quelle lecture faites-vous de la musique africaine aujourd’hui et surtout des messages véhiculés ?
Certains messages ont leur impact. Quand aujourd’hui les artistes véhiculent des messages, cela porte bien. Je vis en Guinée depuis la crise. Et il y a eu ce phénomène d’Ebola. Les artistes sont venus de tous les coins de la Guinée pour chanter et sensibiliser contre Ebola. C’est ce que je disais. L’artiste a toujours un impact sur les populations à travers ses actions et ses œuvres.
L’artiste éduque en quelque sorte !
En effet ! Vous savez, quand j’ai fait le clip sur Ebola, il y a eu beaucoup de personnes, des femmes notamment qui ont cherché à me voir pour savoir si c’était effectif. Elles voulaient savoir si le mal existait réellement. Il suffit que quelqu’un que les populations admirent porte un message pour qu’elles se disent que si ce message vient d’une telle personne, c’est qu’il faut le prendre au sérieux. Donc nous avons beaucoup sensibilisé contre Ebola. Les artistes ont toujours quelque chose à apporter surtout à partir des textes lorsqu’ils sont bien écrits.
Vous donnez souvent des conseils aux jeunes artistes. Que leur diriez-vous cette fois-ci ?
C’est un métier noble. Mais il faut que celui qui veut embrasser cette carrière sache qu’il peut s’en sortir s’il veut être un exemple pour ceux qui le suivent. Un artiste doit savoir éduquer, savoir parler avec un public sans le décevoir. En une fraction de seconde, vous pouvez perdre des gens qui vous portaient une admiration inimaginable. Donc, c’est la tenue, le côté physique et le comportement spirituel qui font des artistes des éducateurs.
Culture 07 juil. 2017

Ouidah tourne la page de Sévérin Adjovi avec l’arrêté préfectoral qui vient d’entériner la destitution du maire. Le préfet de l’Atlantique a nommé un intérimaire, pour conduire les affaires courantes de la mairie, en attendant la convocation du conseil communal qui devra procéder à l’élection d’un nouveau maire.
Mais les conséquences de ce bouleversement, au plan politique, vont au-delà du territoire de Ouidah. C’est le cas de la Communauté de communes des lagunes côtières qui est la nouvelle appellation du Conseil intercommunal d’éco-développement mué en un établissement public de coopération. Cinq territoires y sont regroupés. Il s’agit des communes d’Abomey-Calavi, de Ouidah, de Kpomassè, de Comé et de Grand-Popo dirigées par une assemblée souveraine de 15 membres, à raison de trois conseillers par commune.
Sévérin Adjovi était l’un des trois représentants désignés par le conseil communal pour occuper les sièges de Ouidah. Par la suite, il avait réussi à se faire élire, le vendredi 25 novembre 2016, président sous la supervision des préfets du Mono et de l’Atlantique. Sévérin Adjovi n’aurait pas brigué ce poste sans son statut de maire. Le bureau placé sous sa houlette était d’ailleurs composé de trois maires. Il avait donc à ses côtés, aux postes de vice-présidents, les maires des villes de Comé et d’Abomey-Calavi.
Comme conséquence de sa destitution, Séverin Adjovi a perdu la qualité de diriger cette instance. « Je ne vois pas comment un conseiller communal peut diriger un bureau ou une assemblée constitué des maires », commente le secrétaire général de la mairie de Comé, Basile Djihoun. En l’espèce, Séverin Adjovi, réduit au rang de conseiller communal, aura du mal à faire prévaloir son autorité. Son intérim revient de fait au 1er vice-président, jusqu’à la convocation d’une assemblée élective.
Mais la descente aux enfers pourrait aller au-delà. Le désormais ancien maire de Ouidah, n'ayant plus le contrôle du groupe majoritaire des conseillers, peut se voir retirer la confiance de siéger au sein du conseil communautaire au titre des représentants de la commune de Ouidah. C'est pourquoi, si tout orgueil ravalé, il tient en appétit la participation aux travaux de la communauté, il va falloir qu'il engage très tôt à Ouidah des négociations avec ses pairs. Seuls les conseils communaux valident la désignation de leurs mandataires.
La Communauté de communes des lagunes côtières a son siège au quartier Ewé-Condji à Grand-Popo. Les secteurs d’intervention de l’organe sont pilotés par des commissions. Il s’agit des commissions « Protection de l’environnement », « Promotion du tourisme » et mobilisation des ressources financières intitulée « Budget, planification et relations extérieures ».
Politique 06 juil. 2017