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Nouvelles

Séverin Adjovi : Une déchéance bien au-delà de Ouidah !

Ouidah tourne la page de Sévérin Adjovi avec l’arrêté préfectoral qui vient d’entériner la destitution du maire. Le préfet de l’Atlantique a nommé un intérimaire, pour conduire les affaires courantes de la mairie, en attendant la convocation du conseil communal qui devra procéder à l’élection d’un nouveau maire.

Mais les conséquences de ce bouleversement, au plan politique, vont au-delà du territoire de Ouidah. C’est le cas de la Communauté de communes des lagunes côtières qui est la nouvelle appellation du Conseil intercommunal d’éco-développement mué en un établissement public de coopération. Cinq territoires y sont regroupés. Il s’agit des communes d’Abomey-Calavi, de Ouidah, de Kpomassè, de Comé et de Grand-Popo dirigées par une assemblée souveraine de 15 membres, à raison de trois conseillers par commune.

Sévérin Adjovi était l’un des trois représentants désignés par le conseil communal pour occuper les sièges de Ouidah. Par la suite, il avait réussi à se faire élire, le vendredi 25 novembre 2016, président sous la supervision des préfets du Mono et de l’Atlantique. Sévérin Adjovi n’aurait pas brigué ce poste sans son statut de maire. Le bureau placé sous sa houlette était d’ailleurs composé de trois maires. Il avait donc à ses côtés, aux postes de vice-présidents, les maires des villes de Comé et d’Abomey-Calavi.

Comme conséquence de sa destitution, Séverin Adjovi a perdu la qualité de diriger cette instance. « Je ne vois pas comment un conseiller communal peut diriger un bureau ou une assemblée constitué des maires », commente le secrétaire général de la mairie de Comé, Basile Djihoun. En l’espèce, Séverin Adjovi, réduit au rang de conseiller communal, aura du mal à faire prévaloir son autorité. Son intérim revient de fait au 1er vice-président, jusqu’à la convocation d’une assemblée élective.

Mais la descente aux enfers pourrait aller au-delà. Le désormais ancien maire de Ouidah, n'ayant plus le contrôle du groupe majoritaire des conseillers, peut se voir retirer la confiance de siéger au sein du conseil communautaire au titre des représentants de la commune de Ouidah. C'est pourquoi, si tout orgueil ravalé, il tient en appétit la participation aux travaux de la communauté, il va falloir qu'il engage très tôt à Ouidah des négociations avec ses pairs. Seuls les conseils communaux valident la désignation de leurs mandataires.

La Communauté de communes des lagunes côtières a son siège au quartier Ewé-Condji à Grand-Popo. Les secteurs d’intervention de l’organe sont pilotés par des commissions. Il s’agit des commissions « Protection de l’environnement », « Promotion du tourisme » et mobilisation des ressources financières intitulée « Budget, planification et relations extérieures ».

 

 

Politique 06 juil. 2017


Autonomisation des femmes dans l’Ouémé, le Plateau et le Zou: Les microcrédits aux plus pauvres relancés

Le ministre chargé des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, accompagnée de la directrice générale du Fonds national de la microfinance, Denise Atioukpè, était mardi 4 juillet dernier, à Dangbo, Avrankou et Porto-Novo, après Bohicon le jeudi 29 juin dernier. Elles sont allées annoncer aux populations la relance du programme de microcrédits aux plus pauvres.

Soucieux de l’amélioration des conditions de vie des femmes, le Gouvernement du président Patrice Talon a relancé le programme de microcrédits aux plus pauvres avec un montant d’un milliard de francs Cfa comme fonds de démarrage.
Pour porter la nouvelle aux femmes potentielles bénéficiaires, le ministre chargé des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, accompagnée de la directrice générale du Fonds national de la microfinance (Fnm), Denise Atioukpè, a effectué une tournée, mardi 4 juillet dernier dans les communes de Dangbo, d’Avrankou et de Porto-Novo pour le compte de l’Ouémé et du Plateau, après sa descente à Abomey dans le Zou le 29 juin dernier.
A chaque étape, Adidjatou Mathys a expliqué aux femmes, fortement mobilisées, les raisons pour lesquelles le régime du Nouveau départ avait suspendu le programme après son installation. Selon elle, cette suspension est surtout due au fort taux d’impayés enregistrés sous le régime défunt et qui s’élevaient à plusieurs milliards F Cfa. Il fallait y voir clair et mettre la pression sur les débiteurs afin qu’ils remboursent, a expliqué le ministre chargé des Affaires sociales. Seulement sans attendre la fin du remboursement des impayés, explique Adidjatou Mathys, le président Patrice Talon, sensible à la crise économique au Bénin et surtout aux difficultés des femmes ces derniers mois, a décidé de relancer le programme afin de soulager un tant soit peu leurs peines.
Pour cette première phase, les crédits à octroyer varient de 50 000 à 100 000 F Cfa. Cette deuxième catégorie concerne certaines femmes qui ont été de bonnes élèves du Fnm en payant par le passé les crédits à elles octroyés. Un montant total de 150 millions de francs Cfa a été mis à la disposition de l’agence de microfinance Alidé pour être distribué aux femmes dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. Certains groupements de femmes remplissant déjà les conditions auprès d’Alidé ont reçu leurs chèques, séance tenante des mains du ministre Adidjatou Mathys. Cette remise symbolique témoigne de la relance effective du programme.
A Dangbo, les groupements de femmes Gbénonkpo composés de 50 membres et Mahoudo de 40 membres ont reçu respectivement 2,5 millions et 2 millions F Cfa.

Impacter plus de femmes

A Avrankou, ce sont les associations féminines Affossogbé d’Atchoukpa et Djromahouton d’Avrankou-centre qui ont perçu leurs chèques. Le premier groupement composé de 30 personnes a reçu 1,5 million F Cfa et le second de 60 femmes a perçu 4 millions de francs Cfa. A la dernière étape de la tournée à Porto-Novo, un montant de quatre millions F Cfa a été au total remis. Un chèque de 2,5 millions F Cfa est allé au groupement Nonvigbè composé de 50 membres et 1,5 million à l’association Ifèlodoun constituée de 30 femmes. Ainsi, un montant de quinze millions F Cfa a été au total distribué au profit de 260 femmes directement touchées dans les trois communes sillonnées. Les autres femmes ont été invitées à se rapprocher de Alidé pour remplir les formalités et bénéficier les prêts.
Pour la remise et la collecte des prêts dans le Zou, c’est la Coopérative pour la promotion de l’épargne et du crédit (Cpec) qui a été retenue. Elle appuiera le Fnm dans cette mission d’autonomisation des femmes. Ici, le but visé par ce nouveau programme est d’impacter tout de suite 3000 bénéficiaires en l’espace de trois semaines.
Le maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè ; le préfet du Zou, Firmin Kouton et la  directrice générale du Fnm, Denise Atioukpè, ont unanimement salué la relance du programme de microcrédits par le Gouvernement du président Talon pour soulager les femmes vulnérables dans leurs activités génératrices de revenus. Ils ont insisté sur le caractère obligatoire du remboursement des prêts pour éviter que la chaîne de solidarité ne se rompe.

Société 06 juil. 2017


Fête du 1er août : Les manifestations officielles à Cotonou

Les festivités marquant le 57e anniversaire de l'indépendance du Bénin auront officiellement lieu à Cotonou. La décision a été prise par le conseil des ministres de ce mercredi 5 juillet présidé par le chef de l'Etat, le président Patrice Talon en personne. Ainsi le Gouvernement vient  de mettre fin aux rumeurs et autres conjectures faisant état de ce que cette fête nationale se tiendra à Porto Novo, capitale du Bénin. Le conseil des ministres retient encore, comme en 2016, la ville de Cotonou pour abriter les manifestations officielles de la célébration de l'accession du Bénin à la souveraineté nationale. 

 

Actualités 05 juil. 2017


Premier League anglaise/ Steve Mounié: Un transfert historique pour un Béninois !
[caption id="attachment_26392" align="alignnone" width="448"]DRL'international béninois Steve Mounié présentant son nouveau maillot[/caption]

L’international béninois Steve Mounié s’est engagé avec Huddersfield, jusqu’en 2021. C’est après avoir passé avec succès la visite médicale, ce mercredi 5 juillet, que le club promu en Premier League anglaise de football a officialisé sa signature. Au regard du montant du transfert, c’est une première pour un footballeur béninois et dans l’histoire du football béninois.

L’information qui se faisait persistante depuis quelques jours, a fini par se confirmer. Après avoir connu une grande saison avec Montpellier, l’attaquant international béninois Steve Mounié  âgé de 22 ans, auteur de 14 buts en 35 matches en Ligue1, est parvenu à un accord avec le club promu en Premier League, Huddersfield. Hier mercredi 5 juillet, il a passé avec succès la visite médicale. Il fera l’expérience du football anglais, après avoir signé un contrat de 4 ans avec son nouveau club.

Le montant de son transfert est estimé à 11,5 millions de livres, soit 13 millions d’euros plus bonus. Il devrait toucher un salaire hebdomadaire d’environ 50 000 euros. Un montant que Montpellier a accepté. L’été dernier, le club français réclamait au moins 10 millions d’euros à Fulham qui lui proposait 7 millions d’euros.

Du coup, Steve Mounier devient le premier joueur béninois à avoir signé un transfert de cette importance, pour un Béninois,  en Premier League. En matière de transfert, c’est un record dans l’histoire du football béninois.

Avec Rudy Gestede, en effet, Blackburn Rovers avait dû débourser moins de 8,5 millions d’euros à Aston Villa. C’était en 2015. Pour bénéficier des services de Stéphane Sèssegnon en 2008, le PSG a versé 8 millions d’euros à Le Mans.

 

Sports 05 juil. 2017


La présidente de la Confédération helvétique à Cotonou du 12 au 14 juillet

 

Le gouvernement reçoit prochainement un hôte de marque. Mi-juillet, la présidente de la Confédération helvétique, Doris Leuthard, est attendue à Cotonou pour une visite d’Etat. Annonce faite ce mercredi 5 juillet par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

« Dans quelques jours, la présidente de la Confédération helvétique va effectuer une visite officielle. C’est un symbole très fort ». Ce n’est pas sans émotion que cette nouvelle a été portée aux médias, ce mercredi 5 juillet par  le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Aurélien Agbénonci.

Entre le 12 et le 14 juillet prochain, selon ses déclarations, le premier citoyen de la Suisse séjournera en terre béninoise et sera reçu par son homologue béninois. De quoi rabattre le caquet à ceux qui font le procès au régime dit de la Rupture de Patrice Talon d’être peu désirable et de ne pas recevoir des personnalités étrangères. D’ailleurs, cet argument ne tient pas la route, s’insurge Aurélien Agbénonci. « Depuis l’arrivée du président Patrice Talon à la tête du pays, plusieurs chefs d’Etat ont souhaité nous rendre visite. Des organisations ont même souhaité tenir des sommets dans notre pays. Mais lorsque vous voyez l’état des édifices publics, l’état de fonctionnement approximatif de certaines de nos installations, le président a estimé que l’image que nous devons projeter de notre pays doit être une belle image. Chaque fois que le souhait est exprimé, il a dit de demander à nos amis de patienter », a indiqué Aurélien Agbénonci. En tout cas rassure-t-il, l’absence de visiteurs de marque « n’est pas une faiblesse de notre diplomatie ». 

Actualités 05 juil. 2017


Femme et cuisine au foyer: Entre contraintes professionnelles et désaffection

Les femmes désaffectionnent-elles de plus en plus la cuisine ? Entre contraintes professionnelles et manque de savoir-faire, beaucoup d’entre elles jettent désormais leur dévolu sur les commandes de repas au dehors.

L’art culinaire semble aujourd’hui ne plus intéresser certaines femmes. Celles-ci abandonnent ce plaisir de se faire à manger au profit du ‘’prêt-à-consommer’’ ou du ‘’tout fourni’’ des restaurants, maquis et autres gargotes. Le phénomène est récurrent dans les villes, notamment chez les femmes qui ont des occupations professionnelles. Si certaines brandissent le manque de temps comme raison, d’autres brillent par leur manque de savoir-faire en la matière, parce que n’ayant pas été au parfum des ‘’secrets’’ de grand-mère.
Pourtant, la cuisine fait la fierté des maîtresses de maison dont c'est le rôle dans le foyer. Jadis, le fait de manipuler les ustensiles, de mélanger les ingrédients en vue de préparer un repas, constituait plus qu’un plaisir, un amusement, une passion.
Mais aujourd’hui, femmes et jeunes filles préfèrent s’abonner chez la ‘’vendeuse de nourritures’’ proche de la maison et auprès des bistrots.
Dans la pratique, l’argent est remis au petit garçon ou à la petite fille pour aller prendre un repas à ces endroits. Ce même geste se répète matin, midi et soir. Quelques fois, la nuit, la maîtresse de maison cuisine pour la famille quand elle ne revient pas du travail très fatiguée. Mais le cas qui préoccupe est celui des jeunes filles qui n’ont pas de grandes occupations mais qui sont accros des cafétérias, buvettes et hôtels. « Je suis seule dans ma chambre, lorsque je cuisine, je n’arrive pas à manger. Souvent, lorsqu’on est accompagné, on mange mieux. C’est à cause de cela que je préfère prendre du spaghettis souvent à la cafétéria », laisse entendre Josiane A.
Certaines fonctionnaires sont ‘’championnes’’ dans la pratique du ‘’prêt-à-manger’’. Celles-ci vont au bureau très tôt et ne reviennent qu’après 20 h ou 21 heures. Ainsi, pour ne pas faillir dans leur rôle de femme au foyer, certaines sollicitent les services des bonnes dames, spécialisées en la matière, qui les aident à faire la cuisine. Laetitia Honvo, agent dans un ministère, commande les condiments qu’on lui écrase par la meule traditionnelle. Cela lui coûte un peu plus cher, dit-elle, car la tomate écrasée par le moulin à maïs à 100 francs lui revient à 300F avec la meule manuelle. Cependant, elle passe la commande en matinée et de retour le soir, elle passe la chercher en rentrant du service. Une commande est constituée généralement de tomate, de piment, d’oignon et des épices, tout ceci de façon séparée. Ce qu’elle conserve dans son réfrigérateur pour en faire usage tout au long de la semaine.

Service traiteur spécial

Au marché Saint-Michel de Cotonou, certaines bonnes dames sont spécialistes de l’art de faire la cuisine pour les autres. Notre équipe de reportage n’est pas la bienvenue sur les lieux. Dame Victoire Dicotan qui s’adonne à ce métier de « service traiteur spécial », confie : « Pour une sauce de poulet pour trois personnes, il vous faut débourser 5000 francs Cfa ; la sauce de poisson est à 3000 francs. Si vous voulez une sauce composée de poisson, viande, peau de bœuf et fromage, accompagnée de la sauce de crincrin ou de gombo ou d’autres légumes, il faut 8000 F». Dans ce marché, on peut aussi commander de la pâte blanche ou noire, à 500 francs, si le client apporte la farine. Pour avoir la sauce et la pâte, dame Dicotan indique qu’il faut passer la commande en déposant les glacières et fixer une heure pour la livraison. Les femmes fonctionnaires passent souvent les matins, fait-elle savoir, et reviennent les soirs, au retour de service, pour récupérer leurs commandes.
Ces femmes ne savent pas toujours les ingrédients des repas et peuvent s’exposer ainsi aux ennuis sanitaires dus aux produits douteux qui entrent dans la préparation des mets à eux servis par les « femmes cuisinières » de Saint-Michel qui en font leur gagne-pain. Ayélé, l’une d’entre elles, affirme qu’elle ne peut pas commander la nourriture de son foyer à quelqu’un d’autre. « Car, rien ne me prouve que les aliments préparés sont faits avec soin ». Mais elle s’empresse d’ajouter qu’elle autre y met tous les soins nécessaires pour ses clients.

Préférence pour le "prêt-à-consommer"

Entre la façon de cuisiner de nos jours et celle d’avant, il y une nette différence. De nos jours, les filles n’aiment plus écraser les condiments puisqu’il y a le concentré de tous les condiments sur le marché. Mais ces produits bon marché disponibles peuvent être de qualité douteuse.Hérodiade Kpèhounton dit avoir mis une croix sur ces condiments en poudre qui se baladent sur les étalages. « Qui sait s’ils sont bien nettoyés ou qu’on les a triés avant de les moudre ? », se demande-t-elle. « Lorsqu’on écrase les condiments frais soi-même, et qu’on prépare le repas avec, c’est plus appétissant par rapport aux condiments séchés réduits en poudre », fait remarquer Hérodiade.
Selon Rosine Adjovi, la préférence pour le « prêt-à-consommer » est aussi une question d’éducation. « Il y a la paresse de se mettre encore à faire le feu pour la cuisine après avoir quitté le boulot. Alors, on sort pour chercher quelque chose à manger sans tenir compte de l’hygiène de la nourriture du dehors », explique-t-elle. A la question de savoir si c’est parce que la cuisine est difficile que les jeunes filles ne s’y intéressent pas, dame Rosine répond que c’est plutôt facile et très amusant de cuisiner si l’on a la volonté. Pour elle, si tous les ingrédients sont à portée de main, en quelques minutes, le mets doit être prêt et l’on maîtrise ainsi ce qu’on mange.
Le nutritionniste Dr Sosthène Vissoh déconseille les « mets du dehors » ou commandés à de tierces personnes au marché. Car, ils peuvent être nuisibles, fait observer le spécialiste. « Les repas que nous achetons au bord de la voie, nous ignorons leur méthode de cuisson et pire la commande se fait au marché, un lieu public où l’hygiène laisse à désirer pour la cuisine », explique-t-il. Pour lui, quiconque prend ces nourritures expose aussi bien sa vie que celle de sa famille aux maladies telles que la diarrhée, les douleurs abdominales, la perte de poids, la fatigue, la fièvre, le ballonnement, la constipation, les douleurs de l’estomac, les maladies de Crohn et de la rectocolite qui sont des inflammations de l’intestin.

Une pratique qui plombe la société

« La paresse qui caractérise le quotidien des femmes de nos jours n’a pas de nom », fait remarquer Gloria Béhanzin, sociologue. Pour elle, ce phénomène conduit notre pays tout droit à la ruine. Sur le plan éducatif en général, et dans le domaine culinaire en particulier, la société béninoise perd ses valeurs, estime-t-elle. Aujourd’hui, la société béninoise a totalement copié l’Occident et tout le monde veut parler, manger, marcher, s’habiller comme le Blanc, poursuit-elle.
Pour inverser la tendance, la sexagénaire Rosine Adjovi soutient que cela revient aux femmes en priorité de reprendre l’éducation à la base de leurs enfants. Elle explique : « Lorsque l’enfant a six ans, elle ne doit plus rester loin de la cuisine. La maman doit commencer à lui apprendre comment faire le feu. En premier lieu, pour préparer, on doit lui donner la tomate, le piment, l’oignon et les épices en lui indiquant l’ordre selon lequel elle devrait écraser ces condiments ». La cuisine doit s’apprendre dès le bas-âge, ce n’est pas d’un coup que l’on commence par cuisiner, souligne Rosine Adjovi.

Société 05 juil. 2017


Accusé d’avoir tué sa mère (15e dossier): Anselme Djossou condamné à 15 ans de travaux forcés

Anselme Djossou est accusé d’avoir tué sa mère. Un acte qui a été examiné par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, ce mardi 4 juillet. Reconnu coupable de parricide, il a été condamné à 15 ans de travaux forcés.

Anselme Djossou reconnu coupable de parricide, a été condamné à 15 ans de travaux forcés, ce mardi 4 juillet par la cour d’assises de Cotonou, au terme de l’examen du quinzième dossier inscrit au rôle de la session supplémentaire en cours.
Le parricide défini comme le meurtre des père et mère légitimes … ou de tout ascendant, est prévu et puni par les articles 295, 299 et 302 du Code pénal. Interpellé à la barre, l’accusé ne reconnaît pas les faits d’homicide et soutient plutôt que sa mère est morte par accident, qu’il était parti la saluer à son retour après plusieurs semaines d’absence de la maison. Face à son refus de lui ouvrir sa chambre, il s’y est introduit, malgré son opposition. C’est lors des échanges teintés d’écarts verbaux qu’elle serait tombée à la renverse. Mais il n’a pas pu éclairer la cour sur les circonstances de la chute de dame Bernadette Adougbagui.
Pour le représentant du ministère public, la violence semble consubstantielle à la vie en société. Elle prend parfois une tournure tragique et pousse vers un effondrement du sentiment familial, fait-t-il remarquer. L’avocat général rappelle qu’Anselme Djossou est considéré comme "l’enfant terrible de la maison" pour ses prises de bec avec ses parents. L’acte qu’il a posé envers sa mère, apprécie-t-il, est un homicide aggravé par la qualité de la victime. Ce qui suppose, expose le ministère public, la constitution de l’infraction et l’existence du lien de filiation entre l’auteur et la victime. L’accusé, dit-il, a commis un homicide volontaire. Il a détruit la vie d’un homme. Dès lors, l’élément matériel consistant en la suppression de la vie par l’acte d’homicide, un acte d’homicide positif est établi. Les coups ont été portés avec la main nue. Les aveux de l’accusé sont conformes au témoignage de Mathias, son jeune frère et le rapport du médecin légiste.
En ce qui concerne l’élément psychologique, il réside dans l’intention de donner la mort. Deux éléments permettent de retenir cela : il y a ses propres déclarations d’une part et la justification qu’il a donnée de son geste, à savoir que sa mère était sorcière et que tous ses malheurs provenaient d’elle. Il a bien eu envie de donner la mort à la dame. Par ailleurs, le lien de filiation entre l’accusé et la victime est bien établi. En témoignent les pièces du dossier, selon le représentant du ministère public. L’accusé n’étant pas en état de démence au moment des faits, il est donc accessible à la sanction pénale.
C’est l’article 302 du Code pénal qui punit de la peine de mort l’acte ainsi posé. Comme le Bénin a adhéré au Pacte international relatif à l’abolition de ladite peine, le ministère public déclare requérir 30 ans de travaux forcés à l’encontre d’Anselme Djossou.

L’équilibre de la sanction pénale

Commis aux intérêts de l’accusé, Me Edgard Yves Monnou indique qu’il consent qu’Anselme Djossou ait commis le crime le plus abject et le plus grave. Mais la loi pénale, retient-il, met à la charge du représentant du ministère public, l’équilibre de la sanction pénale. « Vous ne pouvez pas nous envoyer en prison pour des faits imaginaires ; Anselme est condamnable mais faites-le pour des actes qu’il a commis », indique la défense. Votre justice doit faire la preuve de son détachement. Me Monnou déclare plaider le défaut de constitution du crime de parricide. Le premier problème à régler est celui de la volonté de donner la mort. Ce qui n’existe pas. Lorsqu’il y a mort, estime la défense, on doit chercher et déterminer la cause. Le médecin légiste conclut que la mort est survenue du fait de l’usage d’un objet contondant. Le Larousse entend par là, tout objet qui blesse par choc sans couper ni déchirer la chair. Pour la défense, le parricide est une infraction pénale et il requiert une preuve certaine, sinon on ne pourra entrer en condamnation.
La défense suggère à la cour la requalification de l’infraction en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Me Edgard Yves Monnou plaide le « déterminisme absolu ». Principe suivant lequel tout fait a une cause et dans les mêmes circonstances, les mêmes causes produisent tujours les mêmes effets. « Le dossier d’Anselme Djossou nous enseigne la déchéance de notre société ; vous avez l’obligation de rétablir l’équilibre ; voici, soutient la défense, un dossier totalement instruit à charge. Vous les 3 professionnels devez instruire aussi à décharge. », poursuit Me Monnou. Pour lui, la justice n’est pas juste lorsqu’elle se fonde sur la seule déclaration de l’accusé. Comme l’accusé a déjà passé plus de cinq ans en détention préventive, Me Monnou propose à la cour de le condamner à ce temps pour offrir une chance à son unique fils Godson de ne pas devenir délinquant.
Le ministère public réplique et insiste de ne pas écouter le développement fait par le ‘’tribun’’ Edgard Yves Monnou. Pour lui, l’objet contondant s’entend du genou de l’accusé. Il ne fallait pas plus pour susciter la colère de Me Monnou qui s’offusque que le genou soit pris ou entendu comme un objet contondant. « Dans tous les cas, avez-vous l’arme du crime ? Y a-t-il un témoin? », interroge-t-il.
La cour suspend et rend son verdict. Elle déclare Anselme Djossou coupable d’avoir volontairement commis un homicide sur la personne de sa mère. Des faits prévus et punis par les articles 295, 299 et 302 du Code pénal. Elle le condamne en conséquence à 15 ans de travaux forcés.
Ce matin, les seizième et dix- septième dossiers seront examinés par deux différentes compositions. Ils portent respectivement sur un viol sur mineure de moins de 13 ans et des faits de tentative d’assassinat et de détention illégale de fusil de traite.
Résumé des faits

Le 17 mars 2012, aux environs de 22h 30, à Vèdoko-Midédji, dans la commune de Cotonou, dame Bernadette Adougbagui a été retrouvée sans vie sur son lit, les bras écartés, le pied droit pendant dans le vide et un filet de sang coulait de sa bouche et de ses oreilles. .
Très tôt, les soupçons ont été portés sur son fils Anselme Djossou connu pour son caractère violent et ses nombreuses altercations avec la défunte. Interpellé et poursuivi pour parricide, l’accusé a d’abord nié les faits avant de les reconnaître devant le magistrat instructeur alléguant de ce que la victime était une sorcière; ce que les autres frères de l’accusé contestent. Il reconnaît avoir tué sa mère qui se reposait dans un fauteuil en lui tordant le cou.
L’extrait du bulletin n° 1 de son casier judiciaire ne porte trace d’aucune condamnation antérieure. L’enquête de moralité ne lui est pas favorable.

Composition de la cour

Président : Christophe Atinmakan
Assesseurs: Marcel Ahéhéhinnou
Olivia Houngbo Kploca
Ministère public : Mario Mètonou
Greffier : Victoire Oladikpo

Société 05 juil. 2017


Lutte contre le travail des enfants au Bénin: Les acteurs sonnent la tolérance zéro

 

Le ministre en charge du Travail et des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, a procédé, ce mardi 4 juillet à Cotonou, au lancement de la campagne « Zéro enfant en situation de travail dans les marchés et carrefours des grandes villes du Bénin ». L’évènement est couplé avec la célébration en différé de la 16e édition de la Journée mondiale de lutte contre le travail des enfants.

Des chiffres sans appel ! 168 millions d’enfants sont en situation de travail dans le monde. Le phénomène touche un enfant sur deux au Bénin. En 2008, 34% d’enfants ont été victimes d’exploitation économique dans le pays et 52% en 2014. L’Enquête nationale sur le travail des enfants révèle également que 7882 enfants sont en situation de travail au Bénin. Le pays continue donc de s’afficher négativement sur ce plan en dépit de l’arsenal juridique dont il dispose et des nombreuses sensibilisations menées jusque-là.
A ces statistiques peu reluisantes, s’ajoutent les conséquences désastreuses sur la vie et l’avenir des enfants, se désole le ministre en charge du Travail et des Affaires sociales, Adidjatou Mathys.
Si le phénomène garde encore la peau dure au Bénin, les acteurs de la chaîne de protection s’accordent tous que c’est en raison du manque de répression. La lutte contre le travail des enfants au Bénin suppose alors un changement de stratégies pour atteindre les résultats escomptés. Ils conviennent de l’urgence d’agir en synergie pour l’éradiquer. C’est le pari de cette campagne « Zéro enfant en situation de travail dans les marchés et carrefours des grandes villes du Bénin ». Elle vise à engager des actions de poursuite contre les auteurs de ces abus à l’égard des enfants.
Selon la directrice générale du Travail, Mireille Lègba Adankon, elle permettra de réduire considérablement l’activité économique précoce chez les enfants dans les marchés et autres points de vente au Bénin. « Cette campagne est d’autant plus pertinente qu’elle cible deux manifestations les plus visibles au travail des enfants au Bénin, à savoir l’exploitation économique des enfants dans les marchés et la mendicité impliquant les enfants », se réjouit Claudes Kamenga, représentant résident de l’Unicef au Bénin.
A terme, les acteurs prévoient retirer 1500 enfants de l’exploitation économique et impacter 500 usagers à travers les sensibilisations, souligne le directeur des normes du Travail, Raymond Zoumatoun.
L’ambition est noble et tous en mesurent l’importance. Le travail des enfants ne fera plus l’objet de banalisation, ni de légèreté. « Le défi est grand, mais il n’est pas insurmontable si tous les acteurs se concentrent sur les résultats à atteindre », exhorte la directrice générale du Travail. « Nous sommes tous interpellés afin de réduire le phénomène. Que cela se traduise dans nos actes », souhaite la représentante des usagers des marchés, Anasthasie Chodaton.
Le dispositif mis en place dans le cadre de cette campagne prévoit qu’à partir du lancement, les auteurs de ces abus sur les enfants auront les différents acteurs de la chaîne de protection à leurs trousses. La campagne est prévue pour durer six mois. Outre les actions de communication, de contrôle et de sensibilisation, les acteurs prévoient des visites d’inspection dans les marchés, carrefours et autres points, afin de retirer les enfants de ce fléau, engager des actions de poursuite contre les auteurs, assurer la prise en charge et la réinsertion sociale des victimes, informe le directeur des normes du Travail.

 

Société 05 juil. 2017


Gervais N’dah Sékou, ancien préfet de l’Atacora-Donga: « Nous ranger du côté de l’incontinence et de la médiocrité, c’est un crime »

Ancien préfet des départements de l’Atacora et de la Donga, Gervais Tally N’dah-Sékou fait part de sa nouvelle vie, à travers cette interview à nous accordée dans sa résidence à Perma, son village natal. Nanti d’un doctorat du 3e cycle de Sociologie option Sociologie de l’éducation obtenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal, l’homme y a enseigné pendant de longues années avant de se décider à rentrer au bercail.

Au pays il occupa successivement les postes de chef de la division du Développement communautaire au Service régional de l’Hydraulique de l’Atacora, de conseiller technique aux Relations avec les Béninois de l’Extérieur au ministère des Affaires étrangères puis de directeur chargé des Relations avec les Béninois de l’Extérieur d’abord au ministère chargé des Relations avec les Institutions, la Société civile et les Béninois de l’Extérieur et au ministère de l’Intégration africaine et des Béninois de l’Extérieur. Neuf ans durant, il a bénéficié de la confiance du chef de l’Etat Thomas Boni Yayi à la tête de la préfecture de Natitingou et se plaît aujourd’hui à jouir de la trêve politique qu’il observe au milieu des siens, dans un environnement aussi sain que celui du village à l’abri de la pollution et du stress de la vie urbaine. A 63 ans, ce professeur assistant à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines, marié et père de quatre enfants, a à son actif plusieurs travaux de recherches scientifiques et publications.

La Nation : Monsieur le préfet, sans être indiscret, pourrions-Nous savoir ce que vous faites aujourd’hui dans votre vie après avoir passé neuf ans à la tête des départements de l’Atacora et de la Donga ?

Gervais N’dah Sékou : Il n’y a pas d’indiscrétion quant à cette question. Je suis un enseignant et je continue d’assurer mes cours à l’Université de Parakou. Je le fais avec plaisir, parce que c’est mon métier. C’est vrai que j’ai été admis à la retraite le 31 mai 2016 mais ce n’est pas pour cette raison qu’il faut abandonner les étudiants. Je n’ai pas élu domicile à Parakou, mais j’ai opté pour des missions enseignantes.

Vous semblez apprécier la vie à Perma, votre village, en y résidant depuis votre retrait du commandement.

Absolument ! Faites le constat vous-même. Ici au village, la nature est ambiante et cela fait du bien à l’organisme et au mental. Ça je ne l’abandonnerai pour rien au monde. Ici, vous entendrez les oiseaux chanter, le coq chanter et quand je suis libre, je vais dans mon champ. Voilà le tableau qui m’a attiré et amené à m’installer ici au village.

Neuf ans durant vous avez occupé le poste de préfet et ceci témoigne d’une certaine confiance à vous faite par le prédécesseur de Patrice Talon. Qu’est- ce qui, à votre avis, a contribué à votre longévité au poste de préfet ?

Vous savez, quand on occupe un tel poste, on est prêt à partir à tout moment. Moi-même j’ai été surpris d’avoir bénéficié tant de la confiance du président Boni Yayi. Croyez-moi, je ne peux pas vous dire pourquoi il en a été ainsi. J’étais à l’époque, prêt à plier bagage et à céder le fauteuil à tout moment. Ce n’est pas facile de représenter l’autorité à ce niveau. Parfois, vous ne savez pas ce qu’il faut faire exactement pour être en accord avec la haute autorité du pays. Je dirai que le ciel avait voulu que je serve neuf ans durant à la préfecture et que je puisse avoir la confiance du président Thomas Boni Yayi à ce poste. Même si c’est un poste politique, ce n’est pas pour ça qu’il faut prendre les caprices du chef et les exécuter sur le terrain. Le chef de l’Etat vous donne des directives et vous les exécutez sur le terrain. A vous de dire quel est le sens de la politique du chef de l’Etat. A un moment donné, on était obligé d’être collé aux soucis de la population. Lorsque les populations ont un souci on était obligé d’être là. Nous avons aussi eu la chance d’avoir eu des ministres qui nous ont compris. Il y avait eu beaucoup d’erreurs que nous faisions. Si les ministres qui sont vos patrons directs ne sont pas contents de ce que vous faites et qu’ils rendent compte au chef de l’Etat, je pense que vous ne pourrez pas garder longtemps votre poste. Les différents ministres de la Décentralisation ont compris les erreurs que nous faisions et ne les ont pas amplifiées. Nous sommes dans un système où le citoyen continue de faire confiance à l’Etat central. Si un citoyen vient pour vous rencontrer, vous êtes obligé de faire preuve d’ouverture, de l’accueillir et de l’écouter. Le préfet est un serviteur de l’Etat et son rôle est de mettre en œuvre la politique de l’Etat, la politique du gouvernement à la base. Tout cela avec la collaboration des maires et le soutien des directeurs départementaux.

Votre nomination à la préfecture est aussi atypique pour un homme qui n’a pas fait l’administration...

Vous savez, il y a tellement de situations atypiques dans notre pays que je ne saurais pourquoi, moi professeur d’université, j’ai été appelé à la tête de la préfecture des départements de l’Atacora et de la Donga. A l’époque j’étais au ministère des Affaires étrangères et à charge la direction des Relations avec les Béninois de l’Extérieur. Une entité qui me plaisait bien, car j’ai vécu un certain temps à l’étranger. J’étais au diapason des difficultés de ceux-là qui vivent à l’étranger. J’ai remarqué que malgré ce curriculum vitae assez éloigné de l’administration, le chef de l’Etat a bien voulu m’essayer à ce poste de préfet des départements de l’Atacora et de la Donga. C’est le constat que je fais, je ne peux pas expliquer comment c’était ainsi.

Votre exercice ne s’est pas fait sans heurts ni difficultés. Sans vouloir rappeler les tensions nées de l’installation des conseils communaux suite aux élections de 2015, avez-vous le sentiment d’avoir su faire l’essentiel afin que le processus de décentralisation suive son cours dans l’Atacora-Donga ?

Vous savez, c’est difficile de se juger. J’avais un petit secret : dès qu’il y avait un problème je consultais toujours mes collaborateurs ; j’évitais de me lancer seul dans une situation sans avoir consulté ces derniers. Du coup, j’étais obligé d’avoir de bons rapports avec eux. Mon souci était de reconnaître à chacun ses qualités et ses défauts et d’essayer de manager tout cela au profit de l’administration. J’ai eu des directeurs départementaux et j’ai eu à composer avec tout ce beau monde. A l’époque, quand j’ai fini d’installer les conseils communaux, il y avait au moins trois qui étaient de l’Opposition. Je voulais montrer qu’après les élections il n’y a plus d’opposants ni de mouvanciers. Nous sommes tous des citoyens appelés à développer nos communes. Le rôle du maire étant de servir sa population, la première démarche que j’ai menée est de rassurer les maires qui étaient de l’Opposition et de leur dire que les élections sont terminées. Je n’avais pas de parti pris. C’est vrai qu’en tant que préfet, j’étais d’office des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) mais je ne pouvais pas aller dans une commune et imposer les Fcbe. Les maires de l’Opposition exprimaient leurs idées, mais cela n’a pas empêché que nous puissions avoir de bonnes relations de travail. Aujourd’hui dans la vie, nous gardons de bonnes relations comme si nous sommes des partisans. C’est l’expérience que j’ai vécue et qui m’a plu; d’abord transformer les relations conflictuelles que j’ai eues en relations d’amitié. J’ai le sentiment qu’en partant de la préfecture de Natitingou, je n’avais pas un adversaire ni au niveau des communes, ni au niveau des directions départementales. En ce qui concerne l’administration départementale, naturellement il y avait des gens qui m’en voulaient, mais j’avais à cœur de ne pas les léser ; ça aussi fait partie des efforts que je faisais pour ne pas les frustrer. J’ai été assez proche des maires pour vous dire que la fonction de maire n’est pas facile à assumer. Les maires sont devant des populations qui attendent beaucoup d’eux, alors que les moyens ne suivent pas. Et parallèlement, des gens sont commis pour contrôler leur gestion. Quand vous mettez tout cela ensemble, vous constatez que les maires sont des personnes à féliciter. Il y a toutefois des maires qui, une fois élus, se disent qu’ils sont les maîtres des lieux et que tout le monde doit se soumettre à eux jusqu’aux prochaines élections. La gestion des affaires publiques semble être le chemin le plus rapide d’enrichissement personnel. La politique est perçue comme telle. C’est ainsi que nous percevons le pouvoir : un chemin d’enrichissement rapide. Lorsque les maires viennent au pouvoir, leur première préoccupation est de plaire au chef de parti et à l’occasion de s’attaquer aux marchés publics de la commune et se tailler la part du lion. Il y a de ces complicités coupables avec les entrepreneurs qui font que les chantiers sont souvent mal exécutés, même si les dossiers d’appel d’offres sont bien confectionnés. Le plus grave encore, c’est lorsque les élus eux-mêmes se partagent les marchés et les gèrent à leur guise. De ce fait, sachant bien que les chantiers sont mal exécutés, ils sont obligés de se taire. Ce qui constitue une marche contre le développement de la commune. Je déplore et stigmatise ce comportement qui consiste à faire de la gestion des affaires publiques, un filon d’or qu’on va exploiter pour s’enrichir et revenir aux affaires plus tard.
Je crois que sans que cela soit une exclusivité au Bénin, c’est l’un des problèmes majeurs que nos communautés devront régler, c’est-à-dire aider nos élus à adopter un comportement moral minimum. Ça suppose qu’ils aient peur de l’électorat, or il se fait aujourd’hui que l’argent faisant tout, beaucoup d’élus se disent qu’ils n’ont pas l’obligation de s’occuper du bonheur de leurs mandants pourvu qu’ils puissent avoir l’argent pour pouvoir acheter leur conscience. Voilà le dilemme dans lequel nous végétons en ce moment et c’est ça le problème de notre démocratie à la base. Tous, nous devons travailler à cela. Je reconnais que ce n’est pas l’exclusivité du Benin mais ce n’est pas parce que c’est général que c’est tolérable. Tant que ceci n’est pas l’apanage du Bénin, on le banalise.
Le Benin c’est le laboratoire de beaucoup d’idées en Afrique. Nous ranger du côté de l’incontinence et de la médiocrité, c’est également un crime.

Beaucoup d’observateurs retiennent de vous l’image d’un homme très cultivé. Pourriez-vous évoquer votre parcours ?

J’aime les hommes qui aiment critiquer. Mon parcours est fait d’études intensives au primaire, au secondaire et à l’université. On faisait tronc commun à l’université avant de se spécialiser surtout qu’à l’époque, nous étions plein d’ambitions et très motivés. On pouvait avaler tout sur le plan intellectuel et rassurer ainsi notre professeur d’avoir compris ses enseignements. On n’avait pas l’internet et les ordinateurs sur lesquels il faut cliquer et avoir tout ce qu’on voulait mais on avait les bibliothèques. On avait des documents et autres, c’est ça qui a constitué le sous-bassement de notre culture. J’ai fait le département de Sociologie-philosophie-anthropologie de l’Université nationale du Bénin. Après le Duel 2 et le service militaire, on a eu l’opportunité d’aller à l’extérieur, Dakar précisément où j’ai préparé ma licence en philosophie option psychologie. J’ai trouvé mieux de faire quelque chose en plus surtout qu’on n'avait que ça à faire. J’ai donc fait une maîtrise en Sociologie et un Dea en Anthropologie. J’ai terminé par une thèse de doctorat en Sociologie de l’éducation. Mais entretemps, j’ai enseigné à Dakar et un peu partout. Quand on enseigne, on est obligé de se cultiver, car vous avez affaire à des gens qui cherchent et qui veulent s’assurer que vous êtes à la hauteur dans l’animation du cours que vous enseignez. Ce qui m’amène à faire des recherches et surtout par rapport aux informations que je porte à travers mon secteur d’enseignement. Voilà pourquoi on a beaucoup travaillé à l’époque.
Mon militantisme au sein de l’Eglise catholique m’amène à être sensible à tout ce qui est lié au côté spirituel. Là encore, il fallait s’outiller pour ne pas choquer les gens. Je continue de me battre pour relever les défis qui sont les miens. Mon souci est de me cultiver pour être à la hauteur face aux élèves et étudiants. Et tout ce background me sert énormément dans ma vie d’aujourd’hui. Quand j’étais à la préfecture, je percevais très rapidement les différentes préoccupations exprimées par les maires et les différents partenaires au développement et cela me permettait de pouvoir y répondre. Même si je n’avais pas de solutions à donner, je rassurais et je les emmenais à faire en sorte qu’ensemble on cherche les solutions.

Quels bons souvenirs gardez-vous de votre passage à la tête des départements de l’Atacora et de la Donga ?

Les 8 et 9 août 2009, la préfecture a organisé un séminaire précédé d’une conférence pour parler du profil économique des départements de l’Atacora et de la Donga. Cela a accouché d’un programme et cela se voit aujourd’hui à travers les différentes réalisations. Cette idée avait plu aux cadres de nos deux départements qui sont venus appuyer le préfet dans l’organisation de cette conférence. Cela a quand même fait du bien aux deux départements et ce n’est pas mal. Il y a également un certain nombre d’initiatives que j’ai poursuivies et qui émanent de mon prédécesseur : c’est le forum des partenaires. Les partenaires ne sont pas que les différentes administrations. Il fallait voir comment les différentes actions pouvaient se compléter et surtout être en synergie sur le terrain et donner des résultats palpables. Quand chacun est dans son couloir et marche en ayant un regard sur les actions de l’autre, cela fait avancer. Lorsque le préfet a des idées et qu’il ne les partage pas avec les collaborateurs que sont les directeurs départementaux et les maires, cela ne peut prospérer. On a veillé à cela et les résultats ont été spectaculaires sur le terrain ; c’est à eux que je décerne la palme de ce petit succès.
Aujourd’hui, d’autres préfets ont pris la relève et poursuivent la mission de représentation du pouvoir central au niveau régional. Leur jeunesse a entretemps fait objet de polémique. Pensez-vous qu’il faille recourir à une grande expérience pour le poste ?

L’expérience est quand même capitale, c’est un tremplin pour le succès. L’expérience, ce n’est pas nécessairement le temps passé dans l’administration. C’est d’ailleurs de cela que vient l’adage qui dit : ‘’ aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années’’. Il faut constater que notre jeunesse est beaucoup plus éveillée que nous. La jeunesse ne saurait être un handicap. C’est la prétention qui est une faiblesse. Moi, je pense que la jeunesse de nos administrations aujourd’hui est une bonne chose. Je prends le cas de ma jeune collègue de l’Atacora. Elle-même a eu la chance de rester à la préfecture, elle connaît la maison. Je crois qu’en toute chose, c’est l’humilité. Le reste vient après.

Le Gouvernement de la rupture a revalorisé les primes des préfets et de leurs collaborateurs immédiats. Une décision qui suscite indignation dans certains milieux. En tant qu’ancien préfet, ces avantages vous semblent-ils justifiés ?

Nous avons fait, à notre époque avec les gouverneurs des pays voisins (l’équivalent de nos préfets ici) et lors des réunions, il nous était donné de constater comment ils étaient traités par leurs Etats. Nous ressemblions à des boys à leurs côtés. Les avantages que nous avions rien comparativement aux nôtres. Ils venaient dans de belles voitures neuves, avec des collaborateurs en nombre suffisant. Le préfet de l’Atacora et de la Donga que j’étais n’avait qu’une carcasse et mes collaborateurs s’emmitouflaient dans une vieille bâchée. Je pense que c’est le minimum que l’on puisse donner aujourd’hui aux préfets de nos départements qui n’avaient que leur salaire de départ. Moi, j’avais mon salaire d’enseignant à l’université, ce qui n’est pas mal par rapport à ce qu’avaient mes autres collègues. J’en connais qui n’avaient pas autant et qui avaient de la peine à s’en sortir. Quand nous nous retrouvions, nous nous moquions de nous-mêmes. Nous nous qualifions d’oubliés de la République et parfois de pauvres gens de la République parce qu’il y avait beaucoup de problèmes sociaux auxquels il fallait faire face. En plus de cela, nos compatriotes entendant que tel monsieur est le représentant du chef de l’Etat et de tous les ministres du gouvernement, venaient lui poser leurs problèmes. Nous ne pouvions pas les chasser et nous nous dépouillions pour les satisfaire. Mais à la fin du mois, c’était des problèmes à gérer dans nos foyers. Nous devrions à cet effet rendre hommage à nos épouses qui acceptaient le sacrifice. Le préfet est quand même le représentant du chef de l’Etat. Il lui faut une certaine prestance et une stature sur le plan physique et matériel qu’il puisse imposer lorsqu’il discute avec des gens et travailler confortablement sur le terrain. Nous étions comme des petits en face de nos homologues. Le Bénin est quand même un grand pays et il n’est pas normal de cultiver une telle indigence au sommet de l’Etat. Nos compatriotes doivent comprendre que celui qui a pris une telle mesure n’est quand même pas un imbécile. Il a certainement observé et réfléchi avant d’en arriver à cette décision. C’est le lieu de saluer cette décision et de souhaiter que partout, d’autres cadres à certains niveaux puissent également se relever financièrement pour que le travail qui leur est demandé soit bien fait pour le bonheur de nos populations.
Nous, nous étions des soldats de la première heure. Nous avons combattu avec des Mass 36 et mousquets, des armes d’époque mais aujourd’hui les gens ont des bombes atomiques. Mais est-ce pour autant qu’il faut en vouloir au monde d’avoir évolué ? Tant mieux s’il y a aujourd’hui des armes sophistiquées. Il faut s’en réjouir et non s’en plaindre. Nous avons travaillé à notre époque avec les armes qu’on avait à notre portée. Nous avons fait ce que nous pouvions. Et c’est pourquoi nous demandons à la jeune génération d’être plus efficace que nous maintenant que des moyens semblent être au rendez-vous.
Valoriser les ressources humaines c’est leur donner les moyens afin qu’elles exercent mieux ses fonctions. Il faut que les salaires soient revalorisés et surtout qu’il y ait également une fermeté dans le respect des principes de gouvernance de notre administration. Il faut créer les conditions pour que la personne travaille et ait peur de la loi. Il faut être ferme dans l’application des lois.

En tant qu’ancien représentant du chef de l’Etat dans les départements de l’Atacora et de la Donga, comment appréciez-vous les réformes engagées par le Gouvernement depuis peu ?

Quand on a élu un chef d’Etat et qu’il met sur pied un système de gouvernance, il ne faut pas se hâter de le juger. Un pays, ce n’est pas comme un individu, on se change, on se complète, c’est une éternité. Ceux qui étaient là ont travaillé avec les armes dont ils disposaient. Ceux qui arriveront travailleront également et ainsi de suite. Méfions-nous de juger celui qui vient d’arriver ou celui qui vient de partir. Je demande à nos dirigeants d’être humbles, aux citoyens je demande la patience. Soutenir le Gouvernement ne veut pas dire qu’il faut l’acclamer à tout moment. Si quelque chose n’est pas bien, il faut qu’on pense à le corriger. Et ensemble, on évolue pour qu’à la fin on voie ce qui a été bien et les failles du nouveau système.

Le préfet dans ses discours a souvent fait un clin d’œil à la presse. Est-ce anodin ?

D’aucuns pourraient penser que je flatte les journalistes. Mais non ! J’étais animateur à Radio Bénin entre 1975 et 1977. Et je suis resté très proche de la maison pendant longtemps. Je suis allé faire mes études à Dakar et la plupart de mes collègues pensaient que j’étais au Centre d'Etudes des Sciences et Techniques de l'Information (Cesti). Et lorsque je revenais, les amis m’ouvraient l’antenne comme si j’étais un journaliste stagiaire. Et ce, jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que j’étais un étudiant en Sociologie. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Rogatien Biaou, était un collègue à l’époque. Je connais les difficultés qu’il y a dans l’exercice de ce métier. C’est pourquoi je félicite ceux qui travaillent sur le terrain. Surtout en période de démocratie, les gens disent ce qu’ils pensent et sont très exigeants. Pendant la Révolution, il y avait des directives et on vous guidait. C’est plus facile d’être guidé que d’être laissé à soi. Voilà pourquoi très souvent, je félicite ceux qui travaillent sur le terrain et je relève les difficultés du métier. C’est loin d’être gai¦

Actualités 05 juil. 2017


Difficultés dans la délivrance de passeport à la diaspora béninoise : Le député Gérard Gbénonchi interpelle le Gouvernement

Le député Gérard Gbénonchi reste préoccupé par la situation des Béninois de la diaspora en attente de l’établissement ou du renouvellement de leurs pièces d’identité. Il a adressé une question orale avec débat au Gouvernement à cet effet.

Se faire établir ou renouveler son passeport dans les représentations diplomatiques serait un parcours du combattant pour les Béninois de la diaspora notamment de l’Europe. Et pourtant, il existe un acte en l’occurrence le décret n°48 du 28 février 1991 qui régit l’établissement ou le renouvellement de pièces d’identité et en fixe les frais pour tous les citoyens béninois. Mais ceux résidant au Bénin éprouvent moins de difficulté pour se faire délivrer leur passeport contrairement à leurs compatriotes de la diaspora. Le député Gérard Gbénonchi se fait l’avocat de ces derniers. Il a saisi le Gouvernement, à travers une question orale avec débat pour s’insurger contre « le chemin de croix » des Béninois de la diaspora dans l’établissement et le renouvellement des pièces d’état civil.
Chiffres à l’appui, le député de l’Union fait la Nation explique que les Béninois vivant notamment en Europe dépenseraient 205 euros soit environ 135 000 F Cfa assortie d’une durée d’attente allant de sept à neuf mois, avant de se faire délivrer leur pièce d’identité. Et ce, pendant que certains voisins de la sous-région notamment les ressortissants sénégalais payent 18 500 Cfa pour une durée d’attente de vingt-quatre heures.
Le député rappelle que cette situation qui ne date pas d’aujourd’hui, a conduit le Gouvernement d’alors à prendre en 2008 des mesures, notamment un décret pour faciliter les procédures de demande, d’établissement ou de renouvellement de pièces d’identité en faveur des Béninois de la diaspora. Mais force est de constater que ceux-ci ne sont pas au bout de leurs peines, neuf ans après la prise dudit décret. Certains d’entre eux ont vu leurs contrats de travail suspendus faute de renouvellement de leur titre de séjour pour non disponibilité de pièces d’identité et des étudiants boursiers auraient perdu leurs bourses dans les mêmes conditions.
En application de l’article 108 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le député de la 18e circonscription électorale demande au Gouvernement de clarifier la situation. Il lui est demandé d’expliquer la loi sur laquelle il s’est basé pour fixer les frais à payer préalablement à la délivrance dans les représentations diplomatiques des pièces d’identité aux Béninois de la diaspora et le point de la tournée effectuée par des cadres de l’administration pour recueillir les empreintes digitales des demandeurs de passeport, le point des documents collectés et effectivement traités et délivrés aux compatriotes de l’extérieur à ce jour. Gérard Gbénonchi demande par ailleurs à l’Exécutif les mesures qu’il entend prendre pour soulager l’obtention de cette pièce par des compatriotes vivant à l’étranger.

Actualités 05 juil. 2017


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