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Nouvelles

Atelier sur le dialogue social et la protection sociale: Les recommandations des Ces et institutions similaires aux gouvernants

L’atelier régional de renforcement des capacités des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires (Ces-Is) d’Afrique de l’Ouest sur la protection sociale et le dialogue social a pris fin, vendredi 30 juin dernier à Cotonou. En adoptant ce qu’ils ont appelé « La déclaration de Cotonou », les participants ont formulé à l’endroit des pouvoirs publics de nombreuses résolutions.

« Le dialogue social s’impose comme un élément de réponse à la crise économique mondiale et comme un atout majeur dans la formulation et la mise en œuvre des réformes socio-économiques adéquates et acceptées par tous les acteurs de la vie économique et sociale ». C’est là, l’une des résolutions retenues par les participants à l’atelier régional de renforcement des capacités des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (Ces-Is) d’Afrique de l’Ouest sur la protection sociale, et le dialogue social organisé du 28 au 30 juin dernier à Cotonou. A travers une déclaration dite « Déclaration de Cotonou », lue par Moïse Napon, président du Ces du Burkina Faso, ils ont fait observer que « face aux crises récurrentes du monde actuel, les gouvernants ont tendance à mettre en œuvre des politiques d’austérité dont les conséquences immédiates sont les réductions de couverture sociale, la limitation des services publics de base et la mise sous boisseau du dialogue social ». Il est urgent, indique également la déclaration, « de construire des socles nationaux de protection sociale … et de mettre en œuvre des stratégies nationales d’extension de la sécurité sociale fondée sur un dialogue social efficace et une large participation ».   
Avant de clore les travaux de Cotonou, les participants dont l’assiduité et l’engagement ont été salués par le président du Ces du Bénin, Augustin Tabé Gbian, ont réitéré leur détermination à jouer un rôle clé en tant que plateforme du dialogue social pour soutenir la promotion et la reconnaissance de l’importance de la protection sociale intégrale pour tous. A compter de ces assises, les Ces et institutions similaires marquent également leur accord pour la formulation et la mise en œuvre de stratégies nationales à travers un dialogue social efficace et une participation élargie. En somme, des travaux bénéfiques pour les communautés et les nations, a salué Augustin Tabé Gbian.
Pour lui, les fruits ont tenu la promesse des fleurs, et ses pairs et lui espèrent des victoires plus importantes. Le besoin de protection sociale et le droit fondamental à la sécurité sociale restent lettre morte dans bien de pays, alors qu’ils devraient être acceptés par tous les Etats de l’Afrique de l’Ouest, ont expliqué les participants au terme de leurs travaux. Désormais, se sont-ils par ailleurs engagés, le ton sera, au-delà à des actions nationales, des actions concertées afin de mobiliser tous les Ces et institutions similaires pour la cause de la protection sociale.

Société 03 juil. 2017


Résultats provisoires du Bepc 2017 : Les sourds-muets ravissent la vedette

Selon les résultats provisoires du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) session de juin 2017, les candidats vivant avec un handicap en particulier les sourds et muets affichent un taux d’admissibilité de 81,25%. Ce résultat corrige le tir de l’année académique 2015-2016 où leur pourcentage d’admissibilité était de 0% à cet examen. 

Selon le directeur des Examens et Concours, Mahougon Kakpo,  les copies desdits candidats ont été corrigés, contrairement à l’année dernière, par un corps professoral de leur système éducatif. « Ils ne sont pas comme les candidats normaux », a-t-il renchéri.  

Toutefois, le responsable en charge de l’organisation de cet examen affirme que les admissibles vivant avec un handicap, aptes, seront aussi au rendez-vous dès le mercredi 5 juillet prochain pour les épreuves sportives et orales prévues pour se tenir dans 75 centres de composition sur toute l’étendue du territoire national. 

 

 

Education 02 juil. 2017


Résultats provisoires du Bepc 2017: 50,56% de taux d'admissibilité au plan national

La première délibération de l’examen du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) session des 12, 13 et 14 juin derniers a été donnée en début de soirée de ce samedi 1er juillet au ministère chargé de l’Enseignement secondaire par le directeur des Examens et Concours, Kakpo Mahougnon. Les résultats donnent un taux d’admissibilité de 50,56%. Une performance qui est nettement meilleure par rapport au résultat de 2016 qui était de 16%. Selon les statistiques de la Dec, sur 219 519 ayant régulièrement composé, sur un total de 225 322 inscrits, 110 983 ont été déclarés admissibles, soit donc 50,56%. Le département du Littoral a arraché la première place avec 59,57%. Il est suivi de l’Atlantique : 57,45%, le Mono : 54,44%, le Couffo : 53,01, le Plateau : 50,59%, le Borgou : 50,01%, l'Atacora: 47,96%.Les cinq dernières places sont respectivement occupées par l’Ouémé : 46,68%, les Collines : 45,89%, le Zou : 43,45%, l’Alibori : 38,89% et enfin la Donga, la lanterne rouge : 38,65%.

Selon le calendrier de la Dec, la proclamation sera faite le lundi 3 juillet prochain à 10 heures dans les centres d’examen et les résultats disponibles à partir de 11 heures dans les établissements d’origine des candidats. La seconde phase de l’examen, celle des épreuves orales, aura lieu les mercredi 5 et jeudi 6 juillet prochains. Ce n’est qu’après cela que les résultats définitifs de l’examen seront donnés, certainement le 14 juillet prochain.

Education 01 juil. 2017


Vie politique nationale/Le Fard-Alafia fausse compagnie à l'alliance FCBE
[caption id="attachment_26349" align="alignnone" width="448"]Maurille gnassounouDes personnalités politiques présentes à la séances de clarification du Fard-Alafia [/caption]

Les membres du Bureau exécutif national du Fard-Alafia se sont réunis, samedi 1er juillet dernier, à leur siège à Parakou. Dans le communiqué final qui a sanctionné leurs travaux, ils suspendent leur participation aux activités de l’alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) et réaffirment leur soutien au président Patrice Talon dans la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement.

Ce samedi 1er juillet à Parakou, le Fard-Alafia a clarifié sa position sur l’échiquier politique national. Il a décidé de tourner dos à l’alliance FCBE, en suspendant sa participation à toutes leurs actions. C’était au cours d’une réunion en présence de personnalités politiques telles que le député Barthélémy Kassa, l’ancien ministre de l’Intérieur Daniel Tawéma et le directeur de cabinet du médiateur de la République, Zourkarneini Toungou.

Au cours de leur conclave, les membres du Bureau exécutif national du parti ont procédé au bilan de leur participation à la gestion du pouvoir d’Etat aux côtés du président Boni Yayi. Dans leur communiqué final lu par le 2e secrétaire général adjoint du parti, Eugène Dossoumon, ils ont salué la clairvoyance des choix mis en œuvre par l’ancien président et ses différents gouvernements afin d’un développement harmonieux du Bénin. Tout en lui souhaitant la longévité, la santé et un repos mérité, ils estiment que l’objectif ayant justifié l’avènement des FCBE n’avait plus sa raison d’être. Mais, quelle ne fut pas leur surprise de constater contre toute attente, qu’il y a eu une redéfinition d’un nouvel objet des FCBE, sans que le cadre de concertation des chefs de partis dont le Fard-Alafia est membre, ne soit consulté. A cela, poursuit le même communiqué, il faudra ajouter l’adhésion des FCBE à l’Alliance des Forces du Sursaut patriotique et ses prises de position contraire aux valeurs de préservation de la démocratie, de la cohésion nationale, de l’image du pays comme l’a toujours prôné le président Boni Yayi et les textes fondateurs de l’alliance.

C’est donc pour toutes ces raisons et afin d’éviter les errements de leurs militants que le Bureau exécutif national, conformément aux prérogatives que lui confèrent les statuts et règlement intérieur du parti ont décidé de fausser compagnie à l’alliance FCBE, à compter de ce samedi 1er juillet. Le Fard-Alafia encourage le gouvernement du président Patrice Talon à poursuivre ses efforts en vue de la réalisation du PAG.

 

 

Politique 01 juil. 2017


Préparatifs pour la CHAN Kenya 2018/ Le Bénin appelé à prendre sa revanche face au Niger
[caption id="attachment_26346" align="alignnone" width="448"]Maurille gnassounouUne phase de jeu au cours du premier match entre le Bénin et le Niger[/caption]

En stage bloqué à Niamey depuis, mercredi 28 juin dernier, les Ecureuils locaux du Bénin ont été battus (0-1) par leurs homologues des Mena du Niger, vendredi dernier au stade Seyni Kountché. Demain, les deux sélections qui affûtent leurs armes pour les matches du premier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des nations de football, CHAN Kenya 2018, vont se retrouver à nouveau. Les poulains de l’entraîneur Oumar Tchomogo ont donc l’occasion de prendre leur revanche.

Le dur apprentissage aux côtés des sélections des pays de la sous-région ouest africaine se poursuit pour Dine Koukpéré, Mama Seybou et leurs coéquipiers. Leur première sortie face aux Mena locaux du Niger, vendredi 30 juin au stade Seyni Kountché de Niamey, s’est soldée par une défaite de 0 but contre 1. L’unique réalisation est l’œuvre du joueur nigérien Hainokoyé Soumana à la 51e mn de jeu. Après celle de 2 buts à 0 concédée face aux Pharaons locaux de l’Egypte, le 20 avril dernier, c’est la deuxième défaite en six matches que les poulains de l’entraîneur Oumar Tchomogo viennent d’enregistrer au cours de leur préparation. Les quatre autres livrés contre les sélections nationales locales du Burkina Faso, du Ghana et de la Côte d’Ivoire, se sont tous soldés par des résultats nuls.

Après 24 heures de récupération, les deux sélections vont se retrouver ce dimanche 2 juillet, pour une seconde explication au stade Seyni Kountché de Niamey. Si pour les Nigériens, c’est sous le signe de la confirmation qu’il conviendra de placer ce match, les Béninois tenteront, quant à eux, de prendre leur revanche. Ainsi, la rencontre s’annonce très prometteuse, chacun des entraîneurs des deux sélections ayant corrigé les insuffisances relevées. 

Avec les clubs béninois qui ont été privés de championnats depuis plusieurs années, il n’y a que ces matches de préparation pour révéler véritablement le niveau des Ecureuils locaux. 

Sports 01 juil. 2017


Développement à la base: Les populations du Plateau adhèrent au Pag

Les populations du Plateau sont désormais informées des projets en matière agricole,  d'infrastructures socio-communautaires ou d'assainissement et de pavage de rues, de soins de santé , de fournitures d'eau potable et d'énergie, etc.

En tout cas, tout ce qui concerne leur département et inscrit au Programmeme d'action du gouvernement (Pag).

Une séance de vulgarisation du vaste programme s'est tenu sur le terrain de sport de la Maison des jeunes de Porto Novo. La rencontre a été initiée par le ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou. Elle a connu la présence des députés Antoine Kolawolé Idji, Moukaram Koussonda et Joseph Gbamigbadé ainsi que des autorités locales des cinq communes du Plateau: Sakété, Pobé, Kétou, Adja Ouèrè et Ifangni. Les populations portent visiblement adhèrent à ce programme et attendent avec impatience la concrétisation des projets prévus pour sortir le département de l'ornière. 

 

 

 

 

Société 01 juil. 2017


PSD : Les vraies raisons de la crise (pourquoi le congrès de GOLOU n'a pas eu lieu)

Le congrès du PSD annoncé pour ce 30 juin, n’a pas eu lieu. Et, pour Emmanuel Golou, Casimir Sossou et consorts, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Ils y ont d'ailleurs travaillé à Cotonou, jusque tard dans l’après-midi du jeudi dernier. Les autres protagonistes, leurs vis-à-vis, au coeur de la dissension qui mine cette formation politique, étaient eux-aussi, à l’affût. Ils ont fini par prendre le dessus sur les premiers, en brandissant l’arme judiciaire.

Il aura suffi d’une décision de justice pour étouffer, dans l’œuf, toute velleité de congrès. L’ordonnance du Tribunal de Première Instance de Cotonou, notifiée par exploit d'huissier à Emmanuel Golou, est sans équivoque. « Vu l’urgence. Interdisons jusqu’à nouvel ordre, la tenue de tout congrès notamment le congrès national du Parti social-démocrate (Psd), prévu pour avoir lieu le 30 juin 2017, sur la convocation faite par les représentants des organes dudit parti dont l’existence n’a pas été déclarée et enregistrée au ministère en charge de l’Intérieur », lit-on dans la décision du magistrat Jacques Hounsou. Et ce, au motif de risque d’éventuel trouble à l’ordre public. Mais surtout la qualité des organisateurs, notamment celle de leur leader Emmanuel Golou, son titre, de président en exercice du Psd, est en cause, au regard des dispositions de la Charte des partis politiques.

Il est en effet mentionné dans l’ordonnance, « Que maître Antoine C. Lassehin, huissier de justice a été commis pour procéder, le 15 juin 2017, au compulsoire des registres du ministère de l’Intérieur. Qu’il ressort du compulsoire que depuis 2004 à ce jour tous les changements et modifications intervenus dans la direction et l’administration du parti n’ont pas été enregistrés au ministère en charge de l’Intérieure comme l’exige la Charte des partis politiques. Que la conséquence de cette non déclaration est l’inexistence de ces organes du parti à l’égard du ministère et que lesdits organes ne sont pas opposables aux tiers ». Tels sont les faits qui ont fondé la décision d’interdiction du congrès envisagé par Emmanuel Golou. va-t-il se relancer en opposant de preuves contraires et irréfutables ? Les échos laissent croire, en tout cas, que l’épilogue de la crise au sein du Psd est loin d'avoir été écrit .

Golou et les siens affûtent, selon quelques indiscrétions, des arguments qui pourront les conforter. Notamment, il est fait cas de ce qu'Emmanuel Golou a assumé jusqu’en 2015, l’intérim de Bruno Amoussou, avant de se voir confirmé à la tête du Psd.

Au demeurant, quelles sont les motivations de cette crise au PSD? Les confidences font état des enjeux liés aux prochaines élections, qui nécessitent le contrôle de l'appareil du Psd. En effet, il serait reproché  à Emmanuel Golou de prendre ses distances vis-à-vis des activités de l’Union fait la Nation (UN). Ce qui pourrait laisser croire que le PSD peut reprendre son autonomie. Et, ce faisant, Emmanuel Golou priverait, par ricochet, le président de l’UN, Bruno Amoussou de la présence du Psd, sa base politique. L’UN étant une alliance de partis politiques. 

Politique 01 juil. 2017


Polémique autour de la restructuration d'entreprises publiques: Les clarifications de Bio Tchané aux députés

Plusieurs députés se sont préoccupés, lors du débat d’orientation budgétaire 2018 ce vendredi 30 juin au Parlement, des raisons de la dénationalisation de certaines entreprises publiques par le Gouvernement et surtout le sort des employés de ces sociétés et offices d’Etat dont certains ont été dissouts, d’autres mis en affermage et d’autres encore en gestion déléguée. Là-dessus, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement a été on ne peut plus explicite. Abdoulaye Bio Tchané a expliqué aux députés que ces choix opérés qui ne sont pas de la privatisation visent l’amélioration de la performance de ces entreprises et la qualité des services. Selon lui, ces sociétés et offices publics ont été créés par l’Etat pour qu’ils génèrent de la valeur ajoutée pour soutenir l’économie nationale et améliorer les conditions de vie des populations. Mais la réalité à l’heure du bilan est toute autre. Ces entreprises publiques sont loin d’apporter de la plus-value à l’Etat. Au lieu de contribuer au budget de l’Etat, c’est plutôt ces sociétés et offices publics qui bénéficient encore des ressources auprès de l’Etat contraint de renflouer leurs caisses afin d’assurer leur survie à travers les subventions. A titre illustratif, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané évoque le cas du budget général de l’Etat gestion 2016 où les subventions de l’Etat aux entreprises publiques s’élèvent à 92,8 milliards Fcfa contre 19,1 milliards de contribution au budget. Une telle forme de gestion ne peut plus continuer. C’est ce qui a obligé le Gouvernement à procéder à la restructuration de ces entreprises publiques pour mieux servir les usagers, créer plus de richesse et créer plus d’emplois, a martelé Abdoulaye Bio Tchané.

Par Thibaud C. NAGNONHOU

 

 

Actualités 30 juin 2017


Borgou/travaux du Bepc et Bac : 24 enseigants exclus pour éthylisme et harcèlement
[caption id="attachment_26333" align="alignnone" width="448"]Maurille gnassounouLe directeur Ayouba Garba[/caption]

Des enseignants du cours secondaire ont été sanctionnés dans le département du Borgou. Au nombre de 24, c’est parce qu’ils sont devenus des éthyliques ou sortent avec leurs élèves filles.

 

Un enseignant se doit d’être un modèle pour ses élèves. Quelle éducation est-il censé leur inculquer, s’il adopte des comportements peu recommandables en société ? Dans le département du Borgou, 24 enseignants intervenant dans le cours secondaire semblent avoir perdu de vue cette question. Certains parmi eux sont des éthyliques et d’autres ont choisi de s’illustrer dans le harcèlement de leurs élèves filles.

Ils ont été identifiés par la Direction départementale des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle du Borgou. « L’alcoolisme et le métier ou la profession d’enseignant ne font pas bon ménage. Quelle image voulez-vous qu’un apprenant ait de son enseignant qui, sous l’effet de l’alcool, tombe devant lui ? » a fait observer le directeur départemental Garba Ayouba. « Nous avons également reçu des informations selon lesquelles d’autres enseignants fréquentent des milieux moins indiqués, sortent avec leurs élèves filles dans des postures inconcevables », a-t-il poursuivi.

Pour ce faire, le directeur départemental a fait sanctionner objectivement les 24 enseignants. Il a présenté et soutenu son dossier devant les partenaires sociaux qui ont reconnu la justesse de sa démarche. Ces enseignants ont systématiquement été privés des travaux des examens du Bepc et du Bac. Ceux qui, parmi ces enseignants sont auteurs de harcèlement de leurs élèves filles ou de grossesses, devront s’attendre à des procédures judiciaire et administrative à leur encontre.

 

Société 30 juin 2017


Développement communal: L'eau, un handicap à Sô-Ava

La commune lacustre de Sô-Ava, département de l’Atlantique, dispose d’importants atouts halieutiques, touristiques et culturels qui font sa renommée. Mais elle est noyée dans des difficultés qui l’empêchent d’émerger en matière de développement.

Sô-Ava paie souvent au prix fort sa réputation de cité lacustre. La commune subit la dictature de l’eau qui ne lui permet pas de se développer. S’il est généralement admis que « l’abondance du bien ne nuit pas », la période de crue dans cette cité trahit bien cette assertion. L’eau qui est une force en saison sèche devient une véritable menace en temps de pluie. La montée des eaux n’est pas pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens.
« Si vous étiez venus ici pendant la crue, il y a environ trois mois, vous n’allez pas pouvoir traverser le lac pour rallier votre point de chute », affirme le maire Léoné Sergio Hazoumè.
La situation perturbe énormément les activités économiques. « Pendant cette période, nous restons ici sans mener des activités, au risque de faire face à d’autres dégâts », développe-t-il.
La profondeur de l’eau est estimée à 2m pendant la saison sèche et atteint les 10m pendant la crue, renseigne l’autorité municipale.
Au-delà de ces considérations, Sô-Ava est également mal lotie. Son déséquilibre tient du fait qu’elle ne dispose pas suffisamment d’infrastructures sociocommunautaires pouvant offrir de meilleures conditions de vie à ses populations. L’accès à l’eau potable constitue encore un véritable casse-tête. « Nous n’avons pas suffisamment de ressources pour faire développer notre commune », se plaint le maire. Pire, la cité lacustre doit également faire régulièrement face aux maladies hydriques telles que le paludisme, le choléra, la diarrhée, la bilharziose, sans une mesure spéciale de prévention en faveur des enfants. « Nous sommes nés dans ces conditions et nous y avons grandi. On fait avec », se résigne le premier citoyen de la cité lacustre.
Toutefois, la seule caractéristique de la cité lacustre ne se limite pas à l’étendue de ses eaux. Difficile parfois d'aller d’une maison à une autre sans prendre la pirogue. Le transport fluvial est assuré avec gaieté par de jeunes gens qui maîtrisent apparemment leur job.
Mieux, la commune peut se targuer d’une renommée touristique et culturelle du fait de ses vestiges coloniaux et de ses anciens champs de tirs, érigés à Dékanmè, à Ganvié, tous des arrondissements et à Gbessou (village de Houédo-Aguékon). Elle figure au rang des sites dont le potentiel touristique est reconnu et classé comme patrimoine mondial de l’Unesco. Avec ses biblio-pirogues, y séjourner devient un bonheur pour les amoureux de la littérature et du tourisme. Ce sont des pirogues que l’on retrouve à Sô-Tchanhoué, un des arrondissements de la commune. Lesquelles sont montées avec des bouquins et qui circulent sur l’eau et parcourent les arrondissements pour séduire et combler la soif des touristes. Le plan de développement communal fait d’ailleurs la part belle au secteur du tourisme.
La cité lacustre se caractérise également par la culture des produits agricoles. Plusieurs arrondissements sont érigés sur la terre ferme où est pratiquée l’agriculture. « Nous avons des terres exploitables à plus de 40% de superficie et des espaces fluviaux estimés à près de 60% », précise le maire. Ce sont ces espaces terrestres qui abritent les forêts sacrées, les mangroves, les palmeraies….

L’activité de pêche

Commune lacustre, Sô-Ava conserve la réputation de la première localité pourvoyeuse de ressources halieutiques du Bénin, notamment le poisson. C’est cette production qui ravitaille les marchés intérieurs en poissons. La commune participe dans une proportion non négligeable à la production totale de la pêche au Bénin. L’activité est très développée grâce aux nombreux plans et cours d’eau et mobilise beaucoup de personnes, les nationaux comme les étrangers. La pêche, telle que pratiquée ici, fait appel à une panoplie de méthodes. Au nombre de celles-ci, on peut citer les ‘’acadja’’ (branchages dans l’eau qui servent de refuge aux poissons), la méthode appelée ‘’Epervier’’ qui consiste pour les pêcheurs à lancer des filets pour attraper les poissons. Il y a également la pêche à l’hameçon, la pêche à la nasse et la méthode dite ‘’Egnonnato’’ (une activité où les pêcheurs mettent leurs filets sous forme de nasse dans le vide pour attirer les poissons), sans oublier aussi les trous à poissons. Pour autant ces différentes techniques anciennes de pêche qui nécessitent notamment la compétence physique des hommes, ne contribuent pas toujours à la multiplication des poissons, tel que souhaité.
Si Sô-Ava nourrit le Bénin de ses produits halieutiques, le paradoxe est qu’il n’y a jamais eu de marché de poissons dans la localité, renseigne la première autorité de la commune, Léoné Sergio Hazoumè.
Toutefois, la contribution des femmes à l’écoulement et à la valorisation de cette activité reste très remarquable. « Sans les femmes, la pêche ne peut pas prospérer; ce sont elles qui vont chercher les produits halieutiques pour la commercialisation », soutient le maire de la localité.
Si autrefois l’entrée dans l’eau était régie par des interdits pour les femmes de la localité, les croyances religieuses ont aidé aujourd’hui à dépasser ces considérations, de sorte que tous participent aujourd’hui au développement de la pêche.
Les ressources issues de cette activité sont destinées aussi bien à la consommation publique qu’à celle familiale. Une autre partie des ressources est investie dans l’achat des barques et sert aux dépenses familiales des pêcheurs, ainsi qu’au développement de la commune, explique l’autorité municipale. Mais Sô-Ava peine toujours à prendre son envol.

Manque d’initiatives fortes

Les ristournes perçues comme frais de tourisme, depuis plus de vingt ans, n’ont guère favorisé son développement, se désole-t-il. Selon lui, les réflexions en cours pour élaborer des projets pour redorer le blason de la commune.
Sauf que les atouts culturels qui faisaient la fierté de la commune autrefois se meurent à petits coups, faute d’une politique gouvernementale de valorisation et de développement de la cité.
Ganvié, fièrement baptisée la Venise de l’Afrique et dont le poids touristique et culturel pèse dans la balance de développement de la commune, attend aujourd’hui sa réhabilitation pour attirer davantage de touristes. Ses habitations naturelles qui jadis, étaient une fierté sont dénaturées et certaines voies d’accès, obstruées.
Pour rendre à la commune ses lettres de noblesse, il va falloir asseoir une politique de développement autour de la pêche qui constitue une activité économique importante dans la localité mais encore mal contrôlée.
Pour le maire de Sô-Ava, très peu de politiques venant du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche sont orientées vers le domaine de la pêche aujourd’hui. Or, plaide-t-il, il est plus aisé de promouvoir la pêche que l’agriculture. « Si ce n’est pas l’actuel gouvernement qui est en train de nous surprendre agréablement, nous avons l’impression que la commune est souvent oubliée dans les politiques de développement », se désole-t-il.
Dans un autre registre, l’assainissement de l’eau (lac) à Sô-Ava doit être inscrit au rang des priorités, du fait de sa pollution avancée. Ses alentours sont par endroits de véritables entrepôts, pendant que lui-même reçoit par moment des déchets solides ménagers qui ornent ses façades.
Autant de réformes urgentes à asseoir pour ne pas provoquer la noyade de la belle cité lacustre du Bénin.

Origine du nom Sô-Ava

Sô-Ava tient son nom d’une de ses rivières appelée Sô et Ava désigne ceux qui mènent des activités autour de ladite rivière, informe le maire. La commune s’étend sur 218 km² et compte 118 547 habitants depuis le dernier recensement de la population. Elle est le chef-lieu de la commune dont elle porte le nom. Et est composée de sept arrondissements à savoir, Houédo-Aguékon, Sô-Ava, Ganvié 1 et 2, Vekky, Dékanmè qui fait frontière avec l’Ouémé, et Ahomey-Lokpo, frontalier à Dangbo.

Société 30 juin 2017


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