La Nation Bénin...
Nouvelles

La loi n°2015-18 portant statut général de la Fonction publique est désormais conforme à la Constitution béninoise. La session extraordinaire de l’Assemblée nationale sollicitée par le Gouvernement et consacrée à ce sujet, s’est tenue ce jeudi 23 février à l’Hémicycle à Porto-Novo.
Plus rien ne devrait empêcher désormais la promulgation de la loi n°2015-18 portant statut général de la Fonction publique précédemment déclarée contraire, en certaines de ses dispositions, à la Constitution béninoise. A la demande du Gouvernement, les députés se sont réunis en session extraordinaire ce jeudi 23 février pour revisiter le texte et rendre conforme à la loi fondamentale les dispositions incriminées. Il s’agit au total de neuf articles sur les 385 que comporte cette loi. Les députés ont corrigé le texte sur la base des observations tant de forme que de fond de la Cour constitutionnelle sur le texte initial. Soumis au vote, le dossier de mise en conformité à la Constitution du 11 décembre 1990 de la loi n°2015-18 portant statut général de la Fonction publique a été adopté à l’unanimité des députés présents et représentés.
Selon le rapport de la commission chargée des lois qui a étudié le dossier avant son examen en plénière hier, la haute juridiction demande, entre autres, au Parlement de retenir l’âge d’admission à la retraite des fonctionnaires de l’Etat à 60 ans et non après 30 ans de service. Ainsi, tant que l’agent de l’Etat n’a pas encore fermé 60 ans d’âge, il reste dans la fonction publique même s’il a déjà passé 30 ans de service. Or, la loi déférée au contrôle de constitutionnalité retenait deux conditions d’admission à la retraite. Le fonctionnaire fait valoir ses droits à une pension de retraite soit après 30 ans de service ou après avoir fermé 60 ans d’âge.
Au terme de l’étude de mise en conformité c’est la deuxième condition qui est désormais de mise. Les députés ont inséré dans la loi la condition de 60 ans d’âge révolu même si le fonctionnaire a passé plus de 30 ans de service.
Tout en trouvant logique et cohérente l’observation de la Cour constitutionnelle sur cette disposition de la loi, le député Abdoulaye Gounou, lors du débat général, relève que cette mise en conformité n’arrange pas les jeunes en quête d’emploi. Car selon lui, il n’est pas bien de chercher à maintenir en activité des fonctionnaires après 30 ans de service sous prétexte qu’ils n’ont pas encore atteint 60 ans d’âge. Ceci pendant que des milliers de jeunes diplômés sont au chômage et attendent à la maison. A l’en croire, si la loi querellée était entrée en vigueur, plus de 5000 fonctionnaires ayant déjà fermé 30 ans de service doivent faire valoir leurs droits à la retraite. Ce qui constitue des emplois libérés pour les jeunes. Mais avec cette mise en conformité, ils sont obligés de rester encore en poste jusqu’à l’âge de 60 ans. Le député Abdoulaye Gounou promet de revenir à la charge avec une proposition de loi rectificative pour corriger cette aberration et ramener la condition d’admission à la retraite à 30 ans de services pour sauver la jeunesse. Il propose dès lors à l’Etat de signer des contrats pour faire ramener dans la fonction publique certains cadres compétents dont le départ à la retraite peut désorganiser le service.

Le Gouvernement béninois a lancé, hier jeudi 23 février, le Projet de compétitivité et de tourisme transfrontalier (Pctt). Ses principaux investissements sont orientés vers la ville touristique de Ouidah et l’attrait des touristes en provenance du Nigeria.
Ouidah, la porte d’entrée du tourisme béninois a toujours rêvé de transformation. Le projet de compétitivité et de tourisme transfrontalier (Pctt) lui apporte le graal, avec ses 30 milliards d’investissement dont elle serait la principale bénéficiaire. Au lancement du projet hier, Sévérin Adjovi, maire de la ville, ne pouvait que s’en féliciter. « Le Pctt prend d’abord appui sur Ouidah qui représente un point de départ naturel pour la promotion du développement du tourisme au Bénin, un pôle culturel, de loisirs et d’écotourisme », affirme-t-il. Le programme financé par la Banque mondiale à hauteur de 50 millions de dollars, soit environ 30 milliards F Cfa sera exécuté sur une période de cinq ans, sous l’égide de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (Anpt). José Pliya, le directeur général de l’Agence est ravi de conduire la barque de la relance touristique de Ouidah, ayant toujours été fasciné par le poids de l’histoire que porte cette ville au-delà des frontières nationales. « Ouidah est une ville d’aller et de retour. Il a un cosmopolitisme qui raconte bien notre pays. Ce projet nous donne l’opportunité de promouvoir cette ville créole qui est une clé exceptionnelle pour rentrer au Bénin », souligne-t-il. Mais derrière l’enjeu de revalorisation du patrimoine historique et touristique de Ouidah, José Pliya relève une série d’investissements qui vont transformer l’économie de la région de Ouidah, à travers les petites et moyennes entreprises, les emplois à promouvoir et les produits touristiques qui vont se déployer. « Pour accueillir les touristes, il faut que les gens soient heureux dans leur vie quotidienne », insiste-t-il.
« Le Pctt est le fruit d’un processus participatif et inclusif qui s’aligne pleinement sur les objectifs du Programme d’actions du Gouvernement et cadre avec le double objectif de réduction de la pauvreté et de partage de la prospérité », soutient Katrina Sharkey, représentante résidente de la Banque mondiale au Bénin. Elle rassure que le projet va accroitre le nombre de touristes, les investissements privés dans le secteur, ainsi que les bénéfices induits vers les secteurs comme l’agrobusiness, l’artisanat, et les services qui interviennent dans l’industrie touristique. Le Pctt, poursuit-il, prévoit ainsi des investissements clés dans l’offre touristique et le bien-être des populations autour de la zone de Ouidah, des réformes réglementaires pour atténuer les contraintes au développement du secteur privé touristique, des mécanismes de financement dédiés au développement des liaisons entre le secteur de l’hospitalité et les petites et moyennes entreprises béninoises. « La capacité à agir contre la pauvreté est entre nos mains. Il est donc de notre responsabilité commune d’assurer le succès de ce premier engagement à grande échelle d’un partenaire au développement dans le secteur du tourisme », suggère-t-elle.
Les effets induits du tourisme
Si le projet a été approuvé par le Groupe de la Banque mondiale en mars 2016, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, assure que le nouveau régime a mis des semaines et des mois à le redimensionner pour le conformer à sa nouvelle vision du tourisme national. Il rappelle que ce secteur est en première position dans les projets phares du Programme d’actions du Gouvernement pour un financement attendu de 685 milliards F Cfa. « L’expérience que représente le Pctt, compte tenu de son envergure et de sa durée, peut être considérée comme une expérience pilote, une expérience dont la réussite et le succès favoriseront une mise à l’échelle nationale des réformes du secteur du tourisme », parie-t-il. Le ministre d’Etat insiste sur la transversalité du secteur touristique dont les investissements auront des retombées sur les autres secteurs. Et de conclure : « L’ensemble du financement orienté vers les autres secteurs est une forme de financement indirect du tourisme ».
Le Pctt se décline en trois composantes, à savoir l’amélioration du cadre de développement du tourisme, le développement des destinations et produits touristiques, l’appui au renforcement et à l’expansion des micro, petites et moyennes entreprises opérant dans le secteur touristique. Une étude dans les destinations en développement a démontré que chaque dollar investi dans le tourisme peut générer 2,07 dollars à terme. L’ambition du Gouvernement actuel est de porter à terme la contribution du tourisme au Pib de moins de 3% actuellement à 10% ?

La mauvaise gestion des cours et plans d’eau nuit à la production halieutique nationale. Pour corriger le tir, le Gouvernement vient de décider de la création d’une unité de police des pêches.
Le rapport de la commission ad’hoc chargée de proposer des mesures d’assainissement et de réhabilitation des lacs Ahémé, Nokoué et de la lagune de Porto-Novo mis en place par le Gouvernement a été étudié en Conseil des ministres, ce mercredi 22 février. Ce rapport recommande, entre autres, l’adoption de décrets et arrêtés d’application de la loi-cadre 2014-19 du 7 août 2014 relative à la pêche et à l’aquaculture, la création d’une cellule « Observatoire des pêches » à la direction de la Production halieutique, la création d’une Police des pêches et la sensibilisation des acteurs directs de la pêche. Pour assurer l’efficacité de la mise en œuvre des mesures préconisées, qui impliquent plusieurs départements ministériels, il est aussi suggéré, à titre transitoire, la création d’une Unité spéciale de suivi rattachée à la présidence de la République.
Le Conseil a pris connaissance de ce rapport et a autorisé la création de ladite Unité spéciale de suivi. Il a aussi instruit les ministres concernés « à prendre les mesures administratives et règlementaires pour la création d’une unité de la Police des pêches ». Tous les départements ministériels ont également été instruits pour mettre en œuvre les actions prévues à la feuille de route et qui contribuent à l’assainissement et à la réhabilitation des plans et cours d’eau concernés.
Pour rappel, « La production totale de poisson au Bénin ne couvre pas les besoins en protéines d’origine halieutique des populations ». En outre, les plans et cours d’eau concernés sont confrontés à plusieurs formes de dégradation environnementale dues à la destruction accélérée des frayères, à l’occupation anarchique des berges, à l’utilisation des engins et techniques de pêche dévastateurs, aux déversements d’ordures ménagères. A ces facteurs humains s’ajoutent d’autres facteurs naturels tels que la prolifération des plantes aquatiques envahissantes et les effets des changements climatiques, qui concourent à la baisse de la productivité des eaux et à la diminution de la production halieutique?

Depuis le 1er janvier 2017, le Gouvernement a réintroduit dans la grille des impôts, la taxe sur les véhicules à moteur (Tvm). Nicolas Yénoussi, directeur général des Impôts revient en détails sur les raisons de la création de cette taxe, ses caractéristiques ainsi que sa contribution aux recettes nationales.
La Nation : Le Gouvernement a lancé depuis début janvier la mise en application de la Taxe sur les véhicules à moteur (Tvm). Qu’est-ce qui justifie la mise en place de cette nouvelle taxe ?
Nicolas Yénoussi : Vous savez que dans le cadre du financement de notre développement, même si nous recevons des appuis budgétaires, nous devons avant tout compter sur nous-mêmes, nos propres forces. Evidemment dans les négociations avec les bailleurs de fonds en général, on veut bien regarder l’effort de mobilisation des ressources domestiques. C’est pour cela que l’Etat doit pouvoir améliorer ses performances en matière de mobilisation des ressources internes. C’est dans ce sens que nous avons jugé opportun de ramener la taxe sur les véhicules à moteur qui avait existé dans notre pays et a été supprimée il y a une quinzaine d’années.
Quelles sont les caractéristiques de cette taxe qui n’est pas uniforme ?
Effectivement, c’est l’une des particularités de la taxe sur les véhicules à moteur. C’est un impôt qui tient compte de la faculté contributive de chaque propriétaire de voiture, la faculté contributive étant la capacité de chacun à contribuer aux recettes fiscales. Lorsque vous avez une voiture dont la puissance n’excède pas 7 CV, vous allez payer un impôt de 20 000 F Cfa. Si la puissance est comprise entre 8 et 10 CV, vous payez 30 000 francs Cfa, entre 11 et 15 CV 40 000 F et enfin 60.000 F Cfa pour une puissance supérieure à 15 CV.
La taxe est due pour l’année entière en raison des véhicules possédés au 1er janvier de l’année d’imposition. Les personnes qui, dans le courant de l’année, mettent en circulation des véhicules imposables, sont redevables de la taxe, à compter du premier jour du premier trimestre au cours duquel le véhicule est mis en circulation.
Lorsque le retrait de la circulation d’un véhicule pour diverses raisons est certifié par les autorités compétences, en l’occurrence l’Agence nationale des Transports terrestres, le propriétaire dudit véhicule est dispensé du paiement de la Tvm pour la période de mise hors circulation.
Quelle estimation faites-vous en termes de contribution de cette taxe aux recettes nationales ?
Nous avons fait des simulations au moment de l’élaboration des documents pouvant déboucher sur la validation de cette taxe. Nous sommes partis sur la base d’une estimation de 5 milliards F Cfa. En principe, si nous travaillons bien, nous devons en avoir davantage. Cette estimation repose sur le nombre de véhicules qui procèdent à la visite technique chaque année, le nombre de véhicules assurés dans notre pays. On a fait cette simulation pour avoir cette estimation minimale qui tourne autour de 5 milliards F Cfa.
A quel taux de recouvrement êtes-vous actuellement ?
Entre le 2 janvier et le 15 février, nous avons déjà dépassé les 350 millions F Cfa. On avoisine pratiquement 400 millions F Cfa de collecte de la Tvm.
Le gros défi de l’administration des impôts, c’est la capacité de recouvrement. Quelle stratégie est mise en place pour recouvrer cette taxe dans les meilleurs délais ?
Nous avons essayé d’anticiper par rapport aux difficultés que vous insinuez. En réalité, contrairement à ce que nous pensions, puisqu’il y a eu beaucoup de critiques par rapport à cet impôt, le 2 janvier, des gens se sont manifestés spontanément pour payer. On a compris que l’accueil a été assez favorable au niveau de nos populations. Ce qui a fait que nous avons multiplié les caisses de paiement de la Taxe sur les véhicules à moteur. Pratiquement dans toutes les communes, vous avez la possibilité de payer la Tvm. En dehors des recettes des impôts, nous avons discuté avec les autorités du Centre national de sécurité routière. La Tvm, comme le prescrit la loi peut être directement payée sur les sites de visite technique. C’est déjà une réalité au niveau des Centres de visite technique d’Ekpè, de Tangbo-Djèvié, de Bohicon et de Parakou. Pendant la période de fin janvier dernier, nous avons observé une grosse affluence à nos guichets. Cela était dû au fait qu’il y a eu une coïncidence entre les échéances de paiement habituelles des impôts fonciers et des impôts professionnels avec celle de la Tvm. La première mesure que nous avons prise pour juguler cette difficulté, c’est de proroger désormais les heures d’ouverture et de fermeture des caisses. Avant, les caisses des impôts sont fermées à 11 heures. Nous avons prorogé cela jusqu’à 12 h 30 et dans l’après-midi jusqu’à 17 h 30. A partir du 1er mars, nous allons autoriser des banques à recevoir directement le paiement de la Tvm. La Banque va délivrer régulièrement les quittances avec la mention dans les livrets. Nous avons conçu des vignettes à ceux qui vont payer. Ces vignettes seront collées sur le pare-brise des véhicules.
Une échéance a été fixée pour payer la Tvm. Que se passera-t-il après ?
Effectivement, les citoyens sont conviés à payer spontanément la Tvm jusqu’au 31 mars. A partir du 1er avril, l’impôt sera majoré de 20%. Le délai légal de paiement étant le 31 mars, les paiements qui vont se faire après seront frappés de pénalités de retard de 20%. En outre, la loi subordonne l’accomplissement de la formalité de la visite technique au paiement de la Tvm. Si vous ne payez pas la Tvm, vous ne pouvez pas faire votre visite technique. Enfin, il est possible d’immobiliser et de mettre la voiture à la fourrière lorsque vous ne payez pas et qu’on vous découvre au cours des contrôles.
En tout cas, je note que le taux de recouvrement est assez satisfaisant et je voudrais féliciter les propriétaires de véhicules à quatre roues. C’est un geste citoyen qui devrait nous permettre d’avoir suffisamment de ressources pour financer les ressources de l’Etat.
Economie 23 févr. 2017

Le ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement a procédé, hier mercredi 22 février, au lancement officiel des activités de Coris Bank International (Cbi) succursale Bénin. Cette nouvelle banque s’installe sur le marché national avec beaucoup d’ambitions.
La quinzième banque opérant sur la place financière de Cotonou a pour nom : Coris Bank International. La nouvelle institution bancaire a lancé officiellement ses activités hier, deux mois jour pour jour, après l’ouverture effective de ses locaux à la clientèle.
« Nous sommes une banque universelle, avec des produits destinés aux grandes entreprises, aux institutions publiques et parapubliques, aux Pme/Pmi qui ont fait le succès de Cbi, de même qu’aux particuliers et salariés », informe Jean-Jacques Golou, directeur général de Cbi, succursale Bénin. Selon lui, cette banque se lance comme défis de participer aux efforts de financement de l’économie nationale dont les perspectives de croissance devraient atteindre 5,7% en 2017, de contribuer à l’amélioration du taux de bancarisation qui avoisine actuellement les 17% tout comme la digitalisation de la finance qui reste un chemin obligatoire pour le Bénin. « Nous travaillerons à assurer une disponibilité constante, une écoute permanente auprès de notre clientèle, à respecter davantage le client qui est notre raison d’être. Nous voulons résolument faire la banque autrement en innovant, et en respectant nos engagements », assure-t-il.
« Nous voudrions rassurer le monde des affaires du Bénin de ce que les meilleures pratiques qui ont fait en quelques années, le succès de la filiale Coris Bank International du Burkina, et validées à travers sa récente certification Iso 9001 version 2015 et sa notation Bbb par la West African Rating Agency (Wara) seront mises en œuvre également ici au Bénin », souligne Bienvenu Comlan, représentant du Conseil d’administration de Coris Bank International succursale Bénin. Il rappelle qu’après sa création en 2008, Coris Bank International est crédité d’un total bilan de 885 milliards de francs Cfa et de 94 milliards de fonds propres bruts à fin décembre 2016. Mieux, le groupe s’est diversifié au fil des années à travers les métiers de l’assurance, avec Coris Assurance Iard et Vie, de la finance de marché avec Coris Bourse, de la gestion d’actifs avec Coris Asset Management, de l’investissement et du conseil avec Coris Capital.
La banque autrement
Coris Bank International dispose d’une solidité financière qui se traduit par la confiance dont il jouit sur le marché financier régional. Le cours de l’action du groupe à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) a progressé de 65% et reste à ce jour la septième plus grande capitalisation après une introduction en bourse le 23 décembre dernier.
L’ouverture de la succursale de Cotonou fait du Bénin le sixième pays dans lequel Cbi s’installe après le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Togo et le Sénégal. « Ce réseau en expansion continue facilitera davantage les activités économiques sous- régionales pour les dizaines de milliers de clients dont nous disposons. Cette extension entre dans notre vison de construire un groupe bancaire panafricain, sur les valeurs de Coris que sont la confiance, l’originalité, la responsabilité, l’intégrité et la sociabilité », soutient Bienvenu Comlan.
Mady Compaoré, président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers au Bénin, salue l’arrivée de Cbi sur le marché bancaire béninois. « Nous vous adressons tous nos vœux de succès sur ce marché concurrentiel où on peut toujours se faire de la place si l’on sait réellement faire la banque », souhaite-t-il.
Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, se réjouit de l’installation de Coris Bank International à Cotonou. Pour avoir suivi de bout en bout le processus de création et de développement de cette banque au Burkina Faso, il a souligné l’esprit managérial du groupe qui, en moins de dix ans, est passé de la treizième à la première place du classement des banques au Burkina Faso. « C’est la banque de tous les petits, la banque des Pme. Quiconque a quelque-chose à déposer à Ouaga sait qu’il peut aller à Coris Bank. C’est un message que tous les Africains doivent savoir qu’on peut avoir une banque avec les capitaux et le personnel domestiques et être le premier », témoigne-t-il. Il soutient que le Bénin a besoin d’avoir des services bancaires dans tous les quartiers, dans les villages et dans les marchés. « Ce n’est pas le nombre de banques qui compte mais il faut plus de services bancaires et des institutions qui font la banque autrement », conclut-il.
En pleine expansion
Créé en janvier 2008, Coris Bank International ambitionne d’être la banque de référence en Afrique. Le groupe dispose actuellement de quatre filiales (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Togo) et de deux succursales opérationnelles au Sénégal et au Bénin avec 54 guichets automatiques et 64 agences. Il compte parmi ses actionnaires des entreprises d’envergure internationale, des institutions régionales, des structures publiques burkinabé, et quelques privés, avec lesquels elle développe des synergies multiples, notamment en termes d’expertise et de création de valeur. En novembre 2016, Coris Bank International a procédé à l’ouverture de 20% de son capital sur le marché boursier pour un montant de 36 milliards de francs Cfa. L’opération a été clôturée par anticipation, avec un taux de souscription de 291,8%.
Société 23 févr. 2017

La décision du Conseil des ministres de ramener Bénin Marina Hôtel et autres complexes hôteliers dans le giron de l’Etat suscite quelques remous. Pourtant, des faits démontrent le non-respect des engagements contractuels par les acquéreurs.
Qui connaît le prestige d’antan de l’hôtel Sheraton devrait s’offusquer du sort actuel de Bénin Marina Hôtel. Joyau du patrimoine hôtelier national, il est devenu aujourd’hui le symbole d’une privatisation ratée, obligeant le Gouvernement du président Patrice Talon à prendre ses responsabilités. « Inexistence de plan d’investissement, personnel aux abois, chute de la clientèle, Bénin Marina Hôtel se retrouve, treize ans après sa cession, dans une situation de désespoir dans ce nouveau contexte où le Gouvernement décide de faire du secteur touristique l’un des leviers de la relance économique du pays ». Sévère réquisitoire d’une source proche du dossier ! Mais la décision issue du Conseil des ministres du 15 février dernier de procéder à la résolution des contrats de cet hôtel suscite parfois certaines incompréhensions au sein des Béninois. D’aucuns évoquent un règlement du compte avec le repreneur ; d’autres, un coup de force de la puissance publique pour nationaliser des concessions faites au secteur privé. De quoi s’agit-il ?
Bénin Marina Hôtel a été cédé par l’Etat béninois à la société anonyme Bmd Investment & Finance au titre de la Convention de vente signée le 3 mars 2004. Une clause exorbitante de droit commun prévue à l’article 5 de la présente convention dispose : « L’acquéreur s’oblige à restituer à l’Etat béninois le bien vendu en pleine propriété sans valeur des travaux de réhabilitation et d’extension réalisés sur le dit bien si, de son fait, il n’a pas exécuté le plan d’investissement convenu dans un délai de vingt-six mois à compter de la date de signature de la présente convention ». Dans la réalité, les investissements prévus par le repreneur n’ont jamais été au rendez-vous. Le groupe Bmd s’est contenté du potentiel et de l’image de cet hôtel alors que l’Etat béninois, en le cédant, espérait lui conférer les atouts d’un complexe arrimé aux nouveaux standards internationaux, dénonce la même source.
Mauvaise foi avérée
Suite au constat avéré du non-respect par l’acquéreur de ses obligations, il a été signé le 21 mai 2011 un cahier de charges constatant que les délais prévus pour la réhabilitation et l’agrandissement du complexe sont passés. L’article 8 de ce document prévoit : « La cession du complexe hôtelier est consentie et subordonnée au respect des obligations du présent cahier de charges et des dispositions de l’arrêté N°5/MPDEPP-CAG/MEF/DC/SGM/CPI/DAS du 9 décembre 2010 portant agrément de la société de gestion du Bénin Marina Hôtel (SG-BMH) au régime spécial du Code des investissements pour le projet de rénovation et d’extension de l’hôtel ». Le premier alinéa de cet article dispose par ailleurs que les parties conviennent que l’acquéreur procédera à la réhabilitation des bâtiments existants, des installations et dépendances, des équipements et matériels mobiliers et autres biens immeubles immobilisés de l’hôtel dans un délai de 15 mois à compter de la date de signature du cahier de charges.
Les engagements pris par l’acquéreur au titre de ce protocole d’accord n’ont pas été respectés au point où, le 30 septembre 2013, le Gouvernement s’est vu obligé de le mettre en demeure de commencer les travaux tels que prévus par la convention de cession et le cahier des charges. Les relances et les mises en demeure successives n’ont produit aucun effet, Bmd Investment & Finance s’est terré dans le non-respect de ses engagements contractuels. Pire, le fonds de terre de 10 ha 86 a 33 ca, objet du titre foncier n°6469 de Cotonou, aurait été hypothéqué par le promoteur auprès des banques.
Le 15 janvier 2016, le dossier a été transmis à l’agent judiciaire du Trésor en vue de la préparation de la défense des intérêts de l’Etat béninois. Ainsi, en vertu de l’article 5 de la convention de vente, l’Etat béninois et le Gouvernement ès qualité considèrent que l’acquéreur a violé ses obligations contractuels et par ricochet que le contrat de vente peut être résolu.
La situation du personnel est peu reluisante. Le complexe fait face à une grogne sociale chronique. A ce sujet, l’article 6 de la convention de vente du 3 mars 2004 retient que l’acquéreur s’engage à poursuivre à la place du vendeur l’ensemble des contrats de travail du personnel attaché au fonds de commerce. Or le mémorandum fourni par les salariés de Bénin Marina Hôtel fait état de la situation selon laquelle l’employeur aurait modifié la structure des salaires. Cette modification peut être qualifiée de modification unilatérale contraire au principe de consensualisme qui prévaut en matière de contrat de travail si la personne n’a pas acquiescé. Toujours est-il que dans ce dossier, le Gouvernement a décidé de sauver le patrimoine de l’Etat qui n’a pas produit les effets escomptés de la dénationalisation. Et tout comme Bénin Marina Hôtel, les repreneurs de l’hôtel Croix du Sud, du motel d’Abomey et de l’hôtel Alédjo ont également manqué à leurs obligations essentielles dans l’exploitation de ces hôtels, alors que certaines de ces obligations comme les projets de modernisation et ou d’agrandissement constituent des conditions résolutoires des contrats ¦

L’Université d’Abomey-Calavi abrite depuis ce mardi 21 février un colloque sur le thème : « L’élection présidentielle de 2016 au Bénin, un an après/ analyse électorale et chantiers gouvernementaux ». Le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena) y lève un coin de voile sur les facteurs de réussite du scrutin présidentiel.
L’élection présidentielle de 2016 au Bénin a connu un succès retentissant à travers le monde. Un an après, un colloque réunit chercheurs, praticiens de droit, hommes politiques et acteurs de la société civile aux fins de passer cette période électorale sous la loupe de l’analyse scientifique. Défi important que se sont lancé la Chaire Unesco des droits de l’Homme, de la Personne et de la Démocratie et le Centre d’études sociologiques et de sciences politiques (Cespo) de l’Université d’Abomey-Calavi en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert. « C’est une bonne initiative et un vaste programme de réflexion sur un événement qui sera considéré comme une séquence importante de l’histoire politique de notre pays », assure d’emblée Emmanuel Tiando, président de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Pour lui, nul doute que cette élection a été couronnée de succès, en témoigne le satisfecit décerné par la communauté internationale. Cette réussite, poursuit-il, se traduit à l’interne par le calme, la paix et la transparence du scrutin qui n’a souffert d’aucun recours, ni contestation, le candidat malheureux au second tour ayant d’ailleurs reconnu sa défaite le soir même de l’élection.
Le président de la Cena soutient que les causes de ce succès sont à rechercher dans un paquet d’actes et de mesures. Il évoque notamment la concertation permanente et la franche collaboration entre la Cour constitutionnelle et la Cena dans le strict respect de leurs prérogatives et du Code électoral, le respect des règles du jeu démocratique et les dispositions du code électoral par les partis politiques et les candidats, le rôle déterminant des organisations de la société civile dans leur mission de veille électorale et de sensibilisation. Le grand mérite, ajoute-t-il, revient au peuple béninois qui a fait preuve d’attachement à la paix déjouant tous les pronostics les plus pessimistes. Car en réalité, reconnaît Emmanuel Tiando, le contexte et les défis ne présageaient pas d’une issue heureuse à cette élection. « Beaucoup de Béninois et observateurs s’interrogeaient sur la capacité du peuple à réussir cette élection. Beaucoup se demandaient si la Cena était en mesure de relever les défis techniques de l’organisation de cette élection dans la transparence, l’impartialité et l’équité », rappelle-t-il. Il en déduit que le cas béninois démontre la capacité des pays africains à éviter les crises électorales pour peu que les acteurs respectent les règles édictées et acceptent les valeurs démocratiques. Le colloque constitue alors pour lui « une piqure de rappel » pour la promotion de ces valeurs. Emmanuel Tiando suggère une harmonisation des règles électorales à l’échelle régionale, la création d’un Observateur régional des élections et d’un Centre de formation en démocratie et développement devant aider à promouvoir les bonnes pratiques électorales sur le continent africain.
Klaus Peter Treydte, représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert indique que l’élection constitue un élément central de la démocratie. Pour avoir observé le processus électoral dans plusieurs africains, il affirme qu’il est tout aussi nécessaire que la recherche aille au-delà des acteurs politiques de premier plan pour questionner les ressorts qui orientent les choix au sein du bas-peuple. L’enjeu de ce colloque, enchaîne Hygin Kakaï, directeur du Centre d’études sociologiques et de sciences politiques, c’est d’arriver à construire une sociologie électorale et instaurer une tradition de lecture scientifique sur le fait électoral au Bénin. Noël Gbaguidi, titulaire de la Chaire Unesco des Droits de l’Homme, de la Personne et de la Démocratie ajoute que la réflexion vise aussi à explorer les chantiers gouvernementaux. « Ce colloque vient à point nommé pour permettre aux universitaires du Bénin et de la sous-région de s’exprimer sur cette expérience électorale. Il faut surtout y tirer les leçons qui permettront d’assainir le champ électoral », insiste Maxime Da Cruz, premier vice-recteur de l’Université d’Abomey-Calavi.
Le colloque qui prend fin ce jour doit déboucher sur la rédaction d’un ouvrage collectif sur l’élection présidentielle de 2016 au Bénin.

Un nouvel ouvrage pour assouvir tant soit peu la soif des activistes du genre. Il s’agit du livre intitulé « Le déséquilibre », financé par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung et dont le lancement a eu lieu hier lundi 20 février, au siège de ladite fondation.
« Le déséquilibre » est un ouvrage qui aborde exclusivement les questions liées aux disparités touchant les femmes, les enfants et les personnes handicapées. Il s’agit d’une compilation d’articles de presse sur le genre et l’équité, riche de 126 pages et quinze chapitres illustrés par une caricature chacun.
Les propos de l’un des préfaciers, Jérôme Carlos, en disent long sur le contenu de l’ouvrage. « Le lecteur lira des chroniques, découvrira des portraits, se délectera des reportages dans le droit fil d’une réflexion qui ne doit rien à un quelconque activisme féministe ».
L’auteur Isabelle Otchoumaré relate des faits liés à l’excision, aux violences et au harcèlement et s’attarde sur l’éducation des jeunes filles. « Ce sens de l’équilibre me laisse admirative de la nouvelle assertion de la notion du genre qui prend en compte la notion de l’équité pour permettre d’apporter un plus à chacun et à tous en vue d’une résilience des plus vulnérables ». C’est ce qui l’a contrainte, souligne-t-elle, à couler quelques gouttes d’encre pour peindre avec des chiffres, des enquêtes et histoires de vie des faits pouvant susciter d’autres initiatives. «Je rêve d’un effet de vague », espère la journaliste de la Radio Capp Fm.
Pour Expédit Ologou, directeur général des médias, représentant le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, l’ouvrage suscite stupéfaction et admiration. Stupéfaction en raison de la qualité du contenu de la réflexion faite dans l’ouvrage ; admiration au regard de l’exploit relevé par la jeune auteure, explique-t-il. Il a souhaité que son exemple puisse inspirer beaucoup d’autres jeunes femmes journalistes à sortir de l’ombre.
Selon le représentant résident sortant de Friedrich Ebert Stiftung, Klaus-Peter Treydte, l’ouvrage « est un appel à la réflexion collective sur le chemin de l’éradication des inégalités entre les sexes afin que des engagements individuels et collectifs concourent à bâtir un monde plus juste axé sur les valeurs cardinales de justice sociale et d’équité ». Expliquant la motivation de la Fondation à soutenir l’auteure, il a fait référence à la rigueur et à la logique des articles qui constituent le socle du « déséquilibre ». Il s’agit en somme, conclut-il, d’une belle œuvre journalistique et d’un travail approfondi sur la thématique du genre.
« Si tous nous nous accordons que la reprécision du nouveau contenu donné à la notion du genre doit être vulgarisé pour faciliter l’équilibre et l’équité sociaux, qui pourra refuser le rôle stratégique qui revient aux acteurs de la presse dans ce combat au Bénin ? », s’interroge pour sa part le président de l’Union des professionnels des médias, Franck Kpochémè. Pour lui, un livre qui reflète les réalités des femmes et des enfants reste une initiative salutaire en ce sens qu’elle permettra de mieux attirer l’attention sur les défis à relever pour rétablir l’équilibre. « Le déséquilibre » de Isabelle Otchoumaré est une invite aux autres femmes et hommes, acteurs des médias,à plus documenter les réalités vécues par les femmes, les personnes vivant avec un handicap, les personnes du 3e âge afin de mieux accompagner les acteurs locaux, nationaux et internationaux dans la lutte contre la pauvreté, avec un accent particulier sur les clichés et stéréotypes à bannir pour un mieux-être de tous.

Comme tous les autres organes, les reins jouent un rôle important dans le corps humain. Lorsqu’ils cessent de fonctionner, il en résulte une accumulation de déchets dans l'organisme. Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale du rein le 10 mars prochain, nous faisons une incursion dans l’univers des maladies rénales, à travers une série d’articles pour mieux les connaitre et mieux les prévenir. Dans la première partie de cet entretien avec le docteur Christian Hounsounou, néphrologue au Centre national hospitalier et universitaire (Cnhu) Hkm de Cotonou, nous aborderons la maladie rénale, ses causes et manifestations.
La Nation : Dr Hounsounou, quelle est la fonction des reins dans l'organisme humain?
Dr Christian Hounsounou : Les reins sont de petits organes en forme de haricots situés à l’arrière du péritoine. Malgré leur taille réduite (12x6x3 cm), ils jouent un rôle fondamental dans la physiologie du corps humain. Les reins assurent de façon globale, trois fonctions principales dont la plus connue est la fonction d’épuration (celle qui permet de filtrer le sang et de débarrasser l’organisme des déchets du métabolisme, des toxines, des excédents de sel et d’eau). Mais il existe également deux autres fonctions qui sont le maintien de l’équilibre acido-basique ; et la fonction endocrine qui permet la sécrétion d’hormones notamment l’érythropoïétine pour la production de globules rouges, la vitamine D pour l’absorption du calcium et la rénine qui intervient dans la régulation de la tension artérielle.
Qu’est-ce qu’une maladie rénale ?
Nous pouvons appeler maladie rénale, toutes les pathologies qui se traduisent par une modification morphologique ou fonctionnelle associée ou non à une insuffisance rénale. La présence d’une insuffisance rénale n’est donc pas indispensable pour parler de maladie rénale. Lorsque vous avez par exemple du sang ou des protéines dans les urines, on peut également parler de maladie rénale.
Quels sont les facteurs qui peuvent altérer le bon fonctionnement des reins?
Ces facteurs sont nombreux. En réalité, les urines sont ce que l’on appelle un ultrafiltrat du sang. C’est-à-dire que le sang reçu au niveau rénal est filtré en continu pour être débarrassé de toutes les substances toxiques que nous consommons quotidiennement. Chaque jour, environ 180 litres de sang sont filtrés par nos reins pour produire 1,5-2 litre d’urine. Le bon fonctionnement rénal peut ainsi être affecté par toutes les situations qui modifient ou perturbent le débit sanguin rénal. Il s’agit par exemple des situations d’hémorragies ou de déshydratation ou encore de certains médicaments comme les anti-inflammatoires (que les gens consomment pourtant beaucoup chez nous). Il y a également toutes les maladies qui retentissent sur les reins comme le diabète et l’hypertension ; les maladies infectieuses (bactériennes, virales ou parasitaires) ; et enfin la consommation de substances toxiques.
La consommation abusive ou non contrôlée des médicaments (automédication) ainsi que des tisanes serait également la cause d’une maladie rénale. Qu'en est-il en réalité?
Beaucoup de personnes abusent de traitements divers et variés et pratiquent l’automédication de façon récurrente. Il existe des tisanes pour traiter tout et n’importe quoi. Certains vendeurs d’illusions abusent de la crédulité des populations et diffusent des idées erronées qui concourent à un important retard de diagnostic. Malheureusement, ces pratiques sont très profondément ancrées dans nos cultures et dans nos modes de vie. Les interdire seulement ne suffit pas et n’a d’ailleurs jusqu’ici jamais porté ses fruits. Il faut plutôt choisir l’option de la sensibilisation et de la coopération scientifique. Dans la mesure où plus de 90% des médicaments ingérés sont éliminés par les reins, nous devrions nous entourer d’un minimum de sécurité pour protéger les populations. Ainsi, tout produit ou tisane à usage pharmacologique, doit avoir une forme galénique (comprimés, gélules, pommade, etc…), une posologie, un dosage et des contre-indications clairement identifiés.
Comment savoir que ses reins ne fonctionnent plus correctement ?
Dans un grand nombre de situations, la maladie rénale est souvent silencieuse. Très peu de signes sont évocateurs du dysfonctionnement rénal. On peut ainsi perdre jusqu’à 70% de son capital néphronique fonctionnel sans aucun symptôme ou presque. Cependant, certains signes peuvent vous alerter. On peut citer, la présence de sang dans les urines, la survenue d’œdèmes au visage ou aux pieds, les urines mousseuses, ou encore les mictions nocturnes trop fréquentes (uriner plus de 3 fois la nuit).
Est-ce à dire qu’il y a des personnes qui sont plus à risque que d’autres de développer des maladies rénales ?
Tout à fait. Les signes que nous avons évoqués précédemment ne sont que des signes d’appel et ne sont pas forcément synonymes de dysfonctionnement rénal. Par exemple dans le diabète, vous pouvez aussi uriner fréquemment sans que ça ne soit de cause rénale. Mais comme vous l’avez dit, certains sont plus à risque notamment les personnes diabétiques ou hypertendues.
La conduite à tenir lorsqu'on constate ces signes?
Ces signes doivent vous faire penser qu’il y a problème et vous décider à consulter un spécialiste ou même un médecin généraliste qui vous orientera en fonction des examens préliminaires qu’il aura réalisé.
Retenons qu’il est important de consulter votre médecin surtout dans les cas suivants : vous êtes hypertendu(e) ou avez des antécédents familiaux d’hypertension; vous êtes diabétique ou avez des antécédents familiaux de diabète ; vous avez-vous-même une maladie rénale connue (calculs, insuffisance rénale, polykystose…) ou vos parents (ascendants ou collatéraux) en souffrent; vous présentez des facteurs de risques cardio-vasculaires (obésité, sédentarité, tabac, alcool) ; ou encore si vous consommez en abondance de nombreux médicaments et autres produits toxiques.
Comment peut-on prévenir les maladies du rein?
D’une façon générale, il faut maintenir une hygiène de vie correcte, éviter l’automédication abusive et limiter au maximum la consommation de sel, de tabac et d’alcool. Il faut lutter contre l’obésité, la sédentarité et maintenir une activité physique régulière. Sauf avis contraire de votre médecin, buvez et hydratez-vous convenablement tout au long de la journée.
Les personnes à risque tels que les diabétiques et les hypertendus de même que les patients porteurs de pathologies urologiques (lithiases rénales, hypertrophie prostatique) ou développant des infections urinaires de manière trop fréquente, doivent quant à elles bénéficier d’un dépistage plus rigoureux et d’un suivi strict pour éviter la survenue et/ou l’aggravation d’une insuffisance rénale?

En 1990 alors qu’un grand vent de mutation politique soufflait sur le monde entier, le Bénin a fait un pas singulier peut-on dire qui a séduit beaucoup de personnes sur le continent. Il s’agit de l’organisation des assises nationales connues sous le vocable de «Conférence nationale», ou «Conférence des Forces vives de la nation». C’était du 19 au 28 février 1990. Il y a donc précisément 27 ans.
Hier 19 février, il y a exactement 27 ans qu’ont démarré les travaux de la Conférence nationale des Forces vives de la nation. Ces assises ont été l’un des moments forts de la vie politique de notre pays et lui ont ouvert la voie du régime démocratique.
En pleine crise socioéconomique en 1989, le Bénin, petit pays du golfe de Guinée, a eu l’intelligence de réunir ses fils et filles, toutes obédiences, classe sociale et politique confondues à une grand-messe politique aux fins de trouver solutions aux problèmes du pays, notamment la crise sociale politique, économique et financière à laquelle le Bénin révolutionnaire était confronté. Cette rencontre inédite, le pays la doit à la clairvoyance du «Grand camarade de lutte», le général Mathieu Kérékou, au pouvoir à l’époque et certains de ses collaborateurs.
Originale, jamais l’expression « Conférence nationale » n’avait jusque-là été utilisée en tout cas, pour désigner pareille réunion.
A quoi aboutira cette invention béninoise ? Interrogation capitale dont les échos étaient allés au-delà des frontières. Pendant les travaux, nos compatriotes étaient dans l’anxiété, tout le continent retenait son souffle.
Vendredi 19 février, s’ouvre la grand’messe pour dix jours. Dans la grande salle de conférence du Plm Alédjo, 493 délégués dont 15 femmes y prennent part. Les débats, parfois houleux, sont relatifs à plusieurs questions importantes dont, entre autres, la souveraineté des assises. Sur le sujet, le président Mathieu Kérékou a simplement renvoyé l’auditoire à son discours d’ouverture pour confirmer que la mission assignée aux assises consistait à élaborer une nouvelle Constitution. « C’est à vous qu’il revient de mettre en place la commission qui sera chargée de faire ce travail d’élaboration d’une nouvelle Constitution, puisqu’il y a dans vos rangs des cadres et des juristes compétents pour accomplir cette tâche », a t- il confié.
Les travaux ont également enregistré des moments de dénonciations « des tares du régime marxiste-léniniste » par certains participants. Certains délégués, ont même souhaité « la liquidation de l’ancienne politique à travers les hommes, les structures et l’idéologie qui la portent». Pour d’autres, il faut « faire rendre gorge à tous ceux qui se sont enrichis illicitement sous le régime marxiste ».
S’il y a entre autres faits importants qui marquent les esprits de bon nombre de participants, c’est bien la présence inopinée à ces assises du chef de l’Etat, le président Mathieu Kérékou pour répondre à certaines préoccupations de l’assistance. « La Conférence nationale doit déboucher sur des résultats concrets à la mesure des légitimes attentes de notre peuple », prévoyait déjà le président, dans un long discours rassurant. Le ton ferme, le Général insiste que tant que la nouvelle Constitution ne sera pas mise en place et les élections organisées, la Loi fondamentale reste en vigueur et les institutions de l’Etat demeurent. Mathieu Kérékou a marqué davantage les esprits par la boutade « Si certaines sensibilités veulent faire l’apprentissage du pouvoir, en attendant les élections, je suis prêt à envisager un remaniement, mais ne demandez pas la démission en bloc de l’actuel gouvernement ». Des propos accueillis dans la salle par un timide applaudissement.
Au terme des dix jours des travaux, d’importantes recommandations ont été prises dont, entre autres, la fin du parti unique et le choix d’un régime démocratique. L’autre fait marquant aura été le choix porté sur Nicéphore Soglo, jeune cadre du pays, exerçant à la Banque mondiale, pour assurer la transition d’une durée d’un an pour aboutir à un régime démocratique. Nicephore Soglo dit « Hercule » a su diriger le pays avec comme Parlement de transition, le Haut conseil de la République (Hcr) qui avait à sa tête, un prélat : Monseigneur Isidore de Souza.
C’est le début de l’ère démocratique que vit aujourd’hui le Bénin. Une expérience tant enviée et même copiée ailleurs mais jamais réussie comme ce qui est sortie du laboratoire béninois. C’est bien cela le génie béninois.