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Nouvelles

Coups mortels (25e dossier): Ali Méré Tamou Orou condamné à dix ans de travaux forcés

La cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou a connu, mercredi 15 février dernier, du 25e dossier inscrit au rôle. Ali Méré Tamou Orou était à la barre, pour répondre du chef d’accusation de coups mortels. Mis en détention le 20 janvier 2014, il a été condamné à la peine de dix ans de travaux forcés.

Qu’est-il arrivé, en réalité, à l’ouvrier agricole Noël Bio Orou N’Gobi ? Un vrai mystère que seul Ali Méré Tamou Orou pouvait bien aider à élucider. Pour ce qui est de son implication, il sait, depuis le mercredi 15 février dernier, à quoi s’en tenir.

En effet, courant janvier 2014, Noël Bio Orou N’Gobi, originaire de la commune de Kouandé, s’est fait engager en qualité d’ouvrier agricole par Méré Tamou Orou. C’est pour travailler aux côtés de son fils Ali Méré Tamou Orou, dans sa ferme située à 50 km du village de Manou, commune de Kérou. Mais dans la nuit du 3e jour, l’enfant de son employeur estime l’avoir surpris en train de voler sa moto et son téléphone portable. Au cours de la lutte qui s’en est suivi, qu’il l’a terrassé et ligoté aux mains et pieds, avant de le détacher quelques heures plus tard. Le lendemain des faits, voyant les mains et pieds de Noël Bio Orou N’Gobi enflés, Ali Méré Tamou Orou l’a conduit chez son père, Méré Tamou Orou, qui l’a amené à l’hôpital pour les soins. Malheureusement, il rendit l’âme quelques jours après, des suites de ses blessures avec écoulement de sang par le nez et la bouche.
A la barre, mercredi 15 février dernier, ses propos ne sont pas venus corroborer la version des faits telle que rapportée dans le dossier, aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur.C’est le bruit émis par la porte, au moment où Noël Bio Orou N’Gobi s’apprêtait à faire sortir de la chambre, l’engin qu’il essayait de lui voler, qui l’a éveillé, a expliqué Ali Méré Tamou Orou. Une lutte s’engagea entre eux et il parvint à prendre le présumé voleur de dos, à le terrasser et à lui attacher les mains. Il n’a pas reconnu avoir attaché la victime au niveau des pieds, pour l’empêcher de s’enfuir ou de l’attaquer. Des arguments qui sont loin d’avoir convaincu le président Adamou Moussa et l’avocat général, Lucien Mahulé Aballo.
« Si ce n’est déjà pas facile, à une seule personne, de terrasser un mouton et de le ligoter, qu’en sera-t-il avec un homme ? Qu’est-ce qui a pu fatiguer jusqu’à ce point Noël Bio Orou N’Gobi, afin qu’il se laisse attacher aussi facilement ? », insiste le président Adamou Moussa. « Si ce sont seulement les mains que tu lui as attachées, comment se fait-il qu’il avait également ses pieds enflés ? », a-t-il poursuivi.
« S’en tenant à la description des faits, il est évident que Ali Méré Tamou Orou n’a pas agi seul », fera remarquer l’avocat général, Lucien Mahulé Aballo. L’accusé n’ayant pas admis avoir porté des coups à la victime, il dénoncera au passage sa volonté de vouloir se jouer des membres de la cour.

Le grand flou

« Qu’est-ce qui provoque l’écoulement du sang par la bouche et le nez, chez une personne qui est en train de mourir ? », demande le président. « Je ne sais pas », lui répondra l’accusé, avant d’avouer que ce ne sont pas des signes cliniques que laisse transparaître quelqu’un qui a été attaché au niveau des mains.
Malgré toutes les questions du président et de l’avocat général visant à une meilleure compréhension du dossier, Ali Méré Tamou Orou est resté ferme dans sa logique. Même, le rappel à l’ordre de son conseil, Me Maurice Thomas Ligan, ne l’ont pas amené à lâcher prise.
Dans ses réquisitoires, l’avocat général Lucien Mahulé Aballo a indiqué que la culpabilité de Ali Méré Tamou Orou pour le crime de coups mortels prévu et puni par l’article 309 alinéas 4 du Code pénal est établie. Après avoir déploré le manque de collaboration de l’accusé, il a invité la cour à le condamner à quinze ans de réclusion criminelle.
Estimant la sanction du représentant du ministère public hors de la démesure, Me Maurice Thomas Ligan plaidera au principal, l’acquittement au bénéfice du doute pour son client. Au subsidiaire, il appellera la cour à tenir compte du temps déjà passé en prison par l’accusé, au cas où elle voudrait le condamner à tout prix.
Après sa délibération, la cour déclare Ali Méré Tamou Orou coupable d’avoir volontairement porté des coups et fait des blessures à Noël Bio Orou N’Gobi, avec cette circonstance que les coups portés et les blessures faites ont entraîné la mort sans intention de l’occasionner. Elle a condamné Ali Méré Tamou Orou à la peine de dix ans de travaux forcés. En prison depuis le 20 janvier 2014, il y restera encore pendant sept ans.
La cour qui a examiné ce 25e dossier a été présidée par Adamou Moussa. Marius Houndji et Bienvenu Sohou étaient ses assesseurs. Dans le fauteuil du représentant du ministère public, il y avait Lucien Mahulé Aballo. La mémoire de la cour a été assurée par Me Ambroise Alassane ; Quant aux jurés, ils avaient noms Tidjani El Hadj Issa, Emile N’Dah N’Yaba, Anselme Sossou et Célestin Maféïrou Babahoum.

Société 17 févr. 2017


Ouverture de la 1ère session ordinaire de la Haac pour l’année 2017: La migration vers le numérique préoccupe

Adam Boni Tessi, président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, a ouvert ce jeudi 16 février au siège de l’institution à Cotonou, la première session ordinaire de l’institution pour l’année 2017. C’était en présence du vice-président, des conseillers et des autres cadres de l’organe de régulation.

« Récemment, je rappelais rapidement le chemin parcouru ces derniers mois relativement à l’importante question de la mise en œuvre méthodique des tâches qui incombent spécifiquement à la Haac dans le cadre de la migration imminente de l’analogique au numérique », a laissé entendre Adam Boni Tessi, président de la Haac, dans son mot d’ouverture de la première session ordinaire pour l’année 2017 de l’institution de régulation des médias. Insistant sur la multiplicité desdites tâches, le président de la Haac a attiré l’attention de l’auditoire sur leur complexité et la nécessité pour l’institution de se mettre à la hauteur des attentes de tout le peuple. Un peuple, relève-t-il, qui espère que le pays entrera fièrement à bonne date dans le concert des nations ayant annoncé avec succès leur entrée dans le monde numérique en matière de médias audiovisuels. La tâche, reconnaît-il, est ardue, mais les dispositions en cours augurent d’un aboutissement heureux.
Le défi majeur, retient Adam Boni Tessi, porte principalement pour les quatre mois que durera la session ainsi ouverte, sur la fin des travaux d’élaboration de tous les textes requis. « Nous y sommes déjà résolument engagés et bénéficions également de l’appui technique demandé », assure le président de la Haac qui invite les acteurs à faire preuve de créativité interne, d’engagement patriotique et d’abnégation à toute épreuve.
Adam Boni Tessi a également rappelé sa ferme détermination à faire de la Haac, l’instrument privilégié du respect de l’Etat de droit dans le secteur des médias. « En cette matière, beaucoup restent à faire. La régulation est notre raison d’être ; nous ne pouvons donc tolérer aucune dérive à ce sujet tant dans le domaine de la presse écrite que dans celui des médias audiovisuels », martèle le président de l’institution de régulation des médias, fort de l’appui juridique que lui confèrent le code de l’information et de la communication et la loi sur le numérique. L’exercice du pouvoir et la mise en œuvre systématique des moyens légaux ne souffriront d’aucune défaillance, assure le président de la Haac qui entend exercer jusqu’au bout les prérogatives et pouvoirs que la loi lui confère, pour faire respecter son autorité.
« La régulation doit prendre une nouvelle dimension. Pour ce faire, la Haac a évidemment besoin de moyens adéquats. Les allocations budgétaires sont insuffisantes aussi bien pour le contrôle technique que pour le contenu de la presse nationale », évoque-t-il, prenant l’engagement de tout mettre en œuvre pour une gestion efficiente et transparente du budget de l’institution et un plaidoyer en direction des partenaires institutionnels étrangers pour l’amélioration des ressources.
La conviction du président de la Haac est que cette première session pour l’année 2017 est celle de l’ancrage de la Haac et du Bénin dans l’ère du numérique et du véritable essor de la régulation?

Actualités 17 févr. 2017


Inès Hadonou Toffoun, directrice de l’Administration pénitentiaire : « La femme prisonnière vit une situation de double détention »

L’effectif minoritaire des femmes et des enfants en détention n’exclut pas les problèmes spécifiques auxquels ces deux couches sont confrontées dans les maisons d’arrêt du Bénin. Dans cette interview, Inès Hadonou Toffoun, enseignante chercheure à la faculté de droit de l’Université de Parakou, et actuelle directrice de l’Administration pénitentiaire et de la Protection des droits humains au ministère de la Justice et de la Législation, lève un coin de voile sur les défis et perspectives du Bénin pour soulager, tant soit peu, les conditions de vie carcérale de ces cibles.

La Nation : Quel est l’état des lieux de nos maisons d’arrêt ?

Inès Hadonou Toffoun : Avec le nouveau décret portant attributions, organisation et fonctionnement du ministère, la direction des Droits de l’Homme (Ddh), et la direction de l’Administration pénitentiaire et de l’action sociale (Dapas) ont été fusionnées en une seule direction qu’on appelle aujourd’hui la direction de l’administration pénitentiaire et de la Protection des droits humains (Dappdh). A ce titre, j’ai parcouru les prisons civiles d’Abomey et de Parakou, juste au lendemain de ma prise de service. C’étaient mes premiers contacts avec les détenus. Depuis lors, j’ai visité plusieurs fois toutes les dix prisons du Bénin afin de m’enquérir des conditions de vie carcérale des détenus. Les premières rencontres avec les pensionnaires n’étaient pas chose aisée. Au-delà de ce qui est visible, beaucoup de choses ne sont pas accessibles à tous parce que c’est un milieu délicat avec ses hauts et ses bas. Heureusement, aujourd’hui avec la fusion de la direction des Droits de l’Homme à la dénomination du ministère en charge de la Justice, beaucoup de réformes sont en cours en vue de l’application effective des droits humains dans les milieux carcéraux.

Vous soulignez la protection des droits humains. Quels sont les efforts de votre direction en matière d’appui au suivi des procédures judiciaires ?

La direction de l’Administration pénitentiaire et de la Protection des droits humains n’a pas pour compétence directe le suivi des dossiers. Toutefois, puisqu’il y a surpopulation carcérale, nous nous sommes rapprochés des présidents de juridictions pour voir dans quelle mesure collaborer. Au lieu qu’il y ait une seule audience de flagrant délit par mois, nous en avons obtenu trois dans certaines juridictions, et deux dans d’autres. Du coup, nous observons que cette démarche a commencé par désengorger un peu les prisons. Avec la nouvelle politique pénale carcérale du Gouvernement, nous avons une vision de nos défis. Et c’est la toute première fois qu’un gouvernement détermine de façon explicite la ligne de conduite en matière pénale sans qu’on ne puisse parler du droit d’injonction ou d’immixtion dans les procédures pénales.

D’après vos observations sur le terrain, quelles sont les charges qui retiennent généralement les femmes et les enfants dans les liens de la détention ?

Il faut dire que les femmes détenues se retrouvent dans nos maisons de détention pour des questions mineures comme la bagarre, parce qu’il y a des circonstances qui amènent le juge à qualifier ces faits d’abus de confiance. Il arrive aussi que les époux, par manque de responsabilité, ne jouent pas convenablement leurs rôles premiers. Dans ces conditions, tout tombe sur le dos de la femme qui doit s’autonomiser d’une certaine façon et tombent ainsi dans certains travers. Mais je n’occulte pas le fait que certaines femmes sont privées de liberté pour des faits majeurs, comme les cas d’assassinat et de meurtre. Sauf que ces cas sont rares.

Parlant des femmes détenues, quelle attention particulière est accordée à celles qui sont en état de grossesse ?

Ce n’est pas parce que la femme est enceinte que la loi sera plus douce. La loi s’applique uniformément à tout le monde. Il n’y a pas de primeur ou de conditions atténuantes lorsqu’une détenue est enceinte.

Quels sont les moyens juridiques dont dispose le Bénin pour soulager les femmes en détention ?

La place qui est la mienne aujourd’hui est un peu délicate pour aborder ces préoccupations, mais j’avoue, à mon corps défendant, que la femme vit une situation de double détention dans la mesure où, pour éviter toute question de harcèlement et de violence, elle est doublement surveillée. Elle ne sort de son bâtiment que lorsqu’un autre détenu surveillant le décide. Elle peut avoir de la visite, mais ce dernier peut opposer qu’on lui rende visite pour une raison ou pour une autre. Du coup, en plus de la détention que les autres vivent, la femme rencontre beaucoup d’obstacles pour voir diminuer sa peine en milieu carcéral. Nous allons peut-être envisager, à terme, une maison carcérale spécifiquement réservée aux femmes.

Sur ce point justement, qu’est-ce qui est fait déjà pour soulager les peines des filles mineures détenues?

Sur toute l’étendue du territoire national, nous comptons à peine deux filles mineures en conflit avec la loi. Par manque de bâtiments et de moyens aujourd’hui, il ne serait pas aisé de leur créer une situation particulière. Ce sera difficile, vu qu’elles constituent une donnée minimale.

Au regard de la situation carcérale du pays, que faire, selon vous, pour que la politique nationale et les processus applicables au système carcéral puissent répondre efficacement aux besoins spécifiques des femmes ?

Par rapport à cette préoccupation, il y a une grande réforme en cours. Les réflexions sont assez avancées sur la question. Je ne vais pas m’attarder là-dessus, mais la société pourra apprécier prochainement les réformes en cours au profit des maisons d’arrêt.

Qu’en-est-il des détenus mineurs et la part de responsabilité des parents ?

Parlant des détenus mineurs, il faut distinguer trois différents cas. Ceux qui accompagnent leurs mères en prison, ceux qui y sont nés et dont les mamans sont détenues et ceux en conflit avec la loi. Pour les deux premiers cas, nous ne saurons parler de fuite de responsabilité des parents puisque qu’ils sont avec leurs mamans qui se retrouvent dans une procédure judiciaire. La société ayant démissionné, il n’y a personne pour récupérer ces enfants. Ils sont donc obligés d’accompagner leurs mères en détention et vivent la détention au même titre que les femmes détenues. En ce qui concerne la catégorie des enfants en conflit avec la loi, nous distinguons également deux cas en fonction du milieu sociologique. Nous assistons à l’abandon des enfants. Ces derniers dont on vole l’enfance, sont obligés de se prendre en charge eux-mêmes.

Ils ne sont sous le couvert de personne et rentrent donc inconsciemment dans des travers de la loi. Du fait aussi de l’irresponsabilité des parents, il y en a parmi les enfants qui se retrouvent en prison. Mais chose curieuse, la société les abandonne. Et lorsqu’ils finissent de purger leurs peines, il n’y a personne pour les récupérer. De quelle réinsertion sociale peut-on parler lorsque ces enfants sont abandonnés à leur propre sort ? A l’âge adulte, ils peuvent se retrouver encore en prison, parce qu’ils ne bénéficient d’aucun suivi. L’autre catégorie, ce sont les enfants qui, de par leurs comportements, contraignent leurs parents à les laisser faire l’expérience de la vie carcérale. Ces parents qui sont dans la perspective d’éducation de leurs enfants leur rendent visite en prison et contribuent progressivement à leur réintégration sociale.

Ces enfants en situation carcérale bénéficient-ils d’un suivi dans ces milieux ?

Les mineurs bénéficient de certains privilèges de par l’administration pénitentiaire, le régisseur, certaines Ong sans oublier le concours de l’Unicef qui vient en appui à tous ces efforts. Le Bénin enregistre aujourd’hui deux ‘’tribunaux amis des enfants’’, qui essayent de suivre la cible avec l’aide des assistants sociaux.

Le 20 février prochain sera la Journée internationale de la Justice sociale. Quel message avez-vous à lancer en direction des femmes détenues et de la société entière ?

Je vais combiner la journée du 20 février, Journée internationale de la Justice sociale à celle du 1er mars, journée mondiale de la protection civile et celle du 20 mars, Journée mondiale du bonheur, pour souligner que la population béninoise doit cesser les stigmatisations envers les détenus. Chaque citoyen est un potentiel détenu. Ce n’est pas parce qu’un individu a fait la prison qu’il est forcément un délinquant. Un citoyen peut se retrouver dans ce milieu parce que sa chance a tourné autrement. De la même manière, quelqu’un d’autre peut s’y retrouver parce qu’il a effectivement commis un forfait. Les deux cas existent. Mais les cas de malefortune ne devraient pas amener la population à stigmatiser les détenus, en ce sens que la prison est un lieu pour corriger ce que la société n’est peut-être pas arrivée à faire. Il faudrait que la population puisse être éduquée dans ce sens afin de corriger son approche de la détention.

Pour les prisonniers, une chose est de recouvrer la liberté, l’autre est de bénéficier d’une réinsertion sociale. Quels sont les défis à relever dans ce sens ?

L’un de nos plus gros chantiers aujourd’hui, c’est la question de la réinsertion sociale de ceux qui recouvrent leur liberté. Il ne s’agit plus de la détention punitive. Dans le Plan de travail annuel du ministère de la Justice et de la Législation, il est prévu un budget important pour l’atteinte de cet objectif. Nous envisageons d’aller au Burkina Faso en vue de nous inspirer du modèle de ce pays en la matière. Nous irons au cas par cas. En dehors des différents ateliers que nous prévoyons, nous installerons progressivement des fermes pénitentiaires, avec le soutien de l’Etat afin de suivre aussi bien les pensionnaires de nos maisons d’arrêt que ceux qui en sont déjà sortis. Tout partira de la volonté des prisonniers, afin que notre démarche ne soit pas assimilée à un travail forcé. Ce sont des réformes auxquelles nous pensons. Nous y arriverons?

Société 16 févr. 2017


Audience à la Cour suprême : L’amélioration des conditions carcérales préoccupe

Le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a reçu en audience ce mercredi 15 février, plusieurs délégations dont celle de l’Ong « Défense sans frontières » (Dsf-Ong) conduite par sa présidente, Christhelle Houndonougbo, préoccupée par l’amélioration des conditions de détention dans les maisons d’arrêt.

L’Organisation non gouvernementale « Défense sans frontières » (Dsf-Ong) œuvre pour l’épanouissement, le bien-être physique et moral des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires du Bénin. Aussi, contribue-t-elle à leur insertion professionnelle et facilite l’accès à la justice des personnes vulnérables et défavorisées par la fourniture gratuite d’assistance juridique et des prestations d’auxiliaires de justice. La présidente de cette Ong, Christhelle Houndonougbo est allée présenter ce mercredi 15 février, les objectifs de son organisation au président de la Cour suprême qui l’a reçue en audience. « Dsf-Ong intervient dans le milieu judiciaire en général et particulièrement dans le milieu carcéral. Après cette audience, nous nous estimons heureux parce que nous sommes venus voir un homme déjà convaincu de ce dont nous sommes venus lui parler. Je pense que nous avons déjà son soutien en ce qui concerne certains aspects comme l’état de la justice au Bénin ; ce qui nous permet de dire que la Cour suprême est un partenaire privilégié pour notre organisation », a confié Christhelle Houndonougbo à sa sortie de l’audience.

Elle dit avoir plaidé dans ce cadre auprès du président de la Cour suprême pour que certaines actions soient menées en direction de l’Exécutif pour amener ce dernier à jouer sa partition pour le règlement de certains problèmes urgents, notamment le cas des anciens condamnés à mort qui n’attendent qu’une décision gouvernementale pour voir leurs peines communiées en d’autres. Elle plaide par ailleurs pour l’ouverture de la nouvelle prison civile d’Abomey, complètement construite et qui n’attend que le Gouvernement apporte sa contrepartie pour que le transfert des détenus vers cette maison carcérale se fasse.
La présidente de Dsf-Ong sollicite le concours de la Cour suprême pour qu’un regard bienveillant soit accordé aux détenus sur les plans social, sanitaire et psychologique, sans oublier la sécurité au niveau des prisons. « Nous ne demandons pas qu’on crée des eldorados pour ceux qui sont en conflit avec la loi ; encore que si on arrive à traiter les dossiers rapidement dans les prisons, celles-ci vont se vider de la moitié de leurs pensionnaires… », soutient Christhelle Houndonougbo. Elle confie avoir été très touchée par les conditions de vie des prisonniers dans les maisons d’arrêt suite à une tournée qui a conduit son Ong récemment dans les prisons du Sud et du Centre-Bénin?

Autres visites

Mais avant Dsf-Ong, le président de la Cour suprême a reçu le directeur général Mtn-Bénin, Stephen Blewett, accompagné de Nicolas Gomez, directeur de corporate services Mtn. Il s’agit aussi d’une visite de courtoisie au cours de laquelle le nouveau directeur s’est présenté au président de la Cour suprême, échangé avec lui sur les activités de ce réseau de téléphonie mobile au Bénin, une entreprise qui se veut « citoyenne » et œuvrant pour le développement social au Bénin. Stephen Blewett dit avoir aussi saisi l’occasion pour dire ce qu’il attend du président de la Cour suprême. Ousmane Batoko se dit heureux de cette visite qu’il trouve être un signe de respect pour l’institution qu’il dirige.
La présidente de l’Association pour le développement des enfants, familles et personnes âgées abandonnés en zones périurbaines et urbaines du Bénin (Adefa-Zpur-Bénin), Odette Kpamègan Agbessi, a été aussi reçue par le président de la Cour suprême. Tout comme les autres, celle-ci est allée présenter son association à Ousmane Batoko, recueillir ses conseils afin d’améliorer ses prestations sur le terrain vis-à-vis des couches vulnérables cibles à travers le don de kits de secours, l’appui-conseil en santé surtout au profit des personnes âgées et l’éducation alternative pour les enfants. La présidente Odette Kpamègan Agbessi saisit l’occasion pour inviter les personnes de bonne volonté à soutenir son Ong pour l’atteinte de ses objectifs.

Société 16 févr. 2017


Suite à des constats de mauvaise gouvernance: L’Etat reprend aux privés son patrimoine hôtelier

Quatre décisions importantes ont été prises, mercredi 15 février en Conseil des ministres, relativement à la situation du patrimoine hôtelier de l’Etat. L’une des plus importantes, rapportées par le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, est relative à la résiliation des conventions de cession ou de gérance des quatre hôtels.

Bénin Marina hôtel, hôtel Croix du Sud, motel d’Abomey et hôtel Alédjo retournent dans le patrimoine de l’Etat. Le Conseil des ministres de ce mercredi 15 février, statuant sur la situation du patrimoine hôtelier de l’Etat, a pris une série de mesures dont la résiliation des conventions de cession ou de gérance des quatre hôtels sus-cités et a instruit les ministres compétents de notifier cette décision aux opérateurs privés concernés. Dans la même veine, et c’est la seconde décision, le ministre de l’Economie et des Finances a été instruit « à l’effet de nommer un administrateur provisoire ayant à charge la gestion des quatre réceptifs hôteliers concernés ». Aussi, le Gouvernement a-t-il souhaité la réintégration de tout le patrimoine foncier objet de conventions résolues par voie de mutation au profit de l’Etat. Enfin, le garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, a été instruit pour « engager les procédures appropriées en vue de la réparation des préjudices et dommages subis par l’Etat ». 

Ces quatre décisions, selon les explications du ministre d’Etat secrétaire général à la Présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki, relèvent d’une série de constats et de violations. L’Etat, a-t-il rappelé, a confié la gestion de son patrimoine hôtelier à des opérateurs économiques et dans certains cas, il a cédé une partie du patrimoine hôtelier constitué de : l’hôtel de la plage, l’hôtel Croix du Sud, Bénin Marina hôtel, motel d’Abomey, l’hôtel Alédjo et l’hôtel Tata Somba.
« Aux termes des différentes conventions, liant ces opérateurs privés à l’Etat, ceux-là devraient réaliser des programmes d’investissement, des projets de modernisation et/ou d’agrandissement ». Pour apprécier la mise en œuvre de ces conventions, le Gouvernement a fait réaliser deux études : l’une en 2012 et l’autre en août 2016. Les conclusions de ces études relèvent entre autres, « …le non-respect des obligations substantielles du contrat de la part des partenaires ». Toutes choses qui, analyse le ministre d’Etat, « ruinent l’économie du contrat et induit la mauvaise gestion du sort des salariés ». Selon lui, « Les partenaires privés ont manqué à leurs obligations essentielles dans l’exploitation de ces hôtels et certaines de ces obligations constituent des conditions résolutoires des contrats ».

Des manquements aux obligations contractuelles

Des détails importants ont été donnés sur le cas de Bénin Marina hôtel par le ministre d’Etat au cours de son point de presse hier, eu égard à l’importance de cet hôtel et la vague de dénonciations sur la gestion faites dernièrement par le personnel et le syndicat. Selon lui, cet hôtel a été cédé en mars 2004 et « le concessionnaire avait pour obligation de réaliser un programme d’investissement sur une période de vingt-six mois, en procédant à la rénovation et la modernisation du bâtiment existant, et en construisant un bâtiment annexe avec cinquante-quatre suites présidentielles et cent huit chambres.
S’agissant de l’hôtel Croix du Sud cédé en 2007, le cessionnaire avait pour obligation de raser l’hôtel dans un délai de douze mois après le transfert effectif du bien cédé et de réaliser des travaux de construction d’un hôtel quatre étoiles et d’un centre commercial moderne conformément au plan indiqué. Mais à ce jour, « soit plus de dix ans après, les aménagements prévus n’ont point été réalisés ». Et c’est fort de ces constats alarmants, que le Conseil a pris la décision de reprendre lesdits hôtels, explique le ministre d’Etat ?

Actualités 16 févr. 2017


Conseil des ministres: D’importants chantiers routiers relancés

D’importants chantiers routiers suspendus, il y a peu par le Gouvernement pour les arrimer aux nouvelles options du Programme d’actions du Gouvernement (Pag) ont été relancés, certains avec des avenants au terme du Conseil des ministres de ce jeudi 15 février.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’actions du Gouvernement et en vue de décongestionner la ville de Cotonou, le Gouvernement a retenu de faire passer désormais une partie du trafic portuaire par la route des pêches. Dans cette perspective, la structure de la chaussée initialement retenue devrait être redimensionnée en vue de la renforcer. « Les négociations engagées avec l’entreprise Adeoti Sarl (Ndlr : société en charge des travaux) ont permis de retenir une nouvelle structure de la chaussée dont les caractéristiques rassurent quant à la solidité de cette voie, qui pourra supporter un trafic lourd pour une durée de vingt ans », a annoncé hier au cours de son traditionnel point de presse, le ministre d’Etat secrétaire général à la Présidence de la République. Des implications techniques afférentes à cette nouvelle option ont été précisées par le ministre d’Etat. Le Conseil des ministres, indique-t-il, « a autorisé la poursuite des travaux sur la base des nouvelles options retenues et la prise d’un avenant au marché relatif à l’exécution des travaux d’aménagement et de bitumage de la route des pêches phase I, tronçon Cotonou-Adounko (13,20 km) confiés à l’entreprise Adeoti Sarl. Le coût global des travaux s’élève à 26,2 milliards de FCfa hors taxe. Le financement est assuré par la Banque ouest-africaine de développement (Boad) et un préfinancement de l’entreprise concernée à hauteur de 18,7 milliards F Cfa. Le Conseil a, par ailleurs, instruit le ministre de l’Economie et des Finances à l’effet de signer avec l’entreprise cette convention de préfinancement. 

Les travaux d’aménagement et de bitumage des routes Zagnanado - Banamè Paouignan (57 km), Covè - Banamè (12 km) et Koguédé - Za-Kpota (5,2 km) par l’entreprise sus-citée ont également été abordés au cours du Conseil des ministres, puis au cours du point de presse y afférent. Il s’agit, rappelle le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki, d’un des projets phares du Pag. « La réalisation de ces routes avait été confiée à l’entreprise Adeoti Sarl en mars 2016. Le Gouvernement a suspendu les travaux en avril 2016, pour se donner la possibilité d’améliorer les caractéristiques de ces voies ». Ainsi, « la nouvelle structure de chaussée sera davantage renforcée et comportera : une couche de fondation en grave latéritique de 20 cm d’épaisseur, une 1ère couche de base en latérite améliorée au ciment de 25 cm d’épaisseur, une 2e couche de base en latérite 12 améliorée au ciment de 25 cm d’épaisseur, puis un revêtement en béton bitumineux de 5 cm d’épaisseur ». Sur cette base, la nouvelle offre financière de l’entreprise, après négociations, s’élève à 54,9 milliards F Cfa. Cette offre intègre les coûts de contrôle et de surveillance des travaux, ainsi que ceux de déplacement des réseaux et de l’éclairage public, souligne le ministre d’Etat. Une convention de préfinancement des travaux sera signée avec l’entreprise.

Tronçon Cococodji-Hêvié- Ouèdo-Calavi-Kpota

En février 2016 l’entreprise Ebomaf SA a été chargée de la réalisation des travaux d’aménagement et de bitumage des routes Missessinto-Zinvié-
Sèdjèdénou-Zè (32 Km), RNIE1 Cococodji-Hêvié-Ouèdo (9 km) et Ouèdo-Calavi Kpota (12,2 km). Le montant dudit marché est de 64,3 milliards FCfa. Dans le cadre du Pag il a été inscrit, au titre des dix projets phares, l’aménagement du second côté des sections Rnie1 Cococodji-Hêvié-Ouèdo (9Km) et Ouèdo-Calavi Kpota (12,2 km). Les travaux du contrat initial étant en phase de démarrage, il est apparu plus avantageux de discuter avec l’entreprise des conditions de l’exécution des travaux de bitumage et d’aménagement du second côté du tronçon. Cette option a pour avantage de faire économiser à l’Etat les coûts liés aux installations de chantier, de réduire le délai de contractualisation et de favoriser une meilleure organisation du chantier. Les négociations avec l’entreprise ont permis (prenant en compte le dédoublement du pont de Hêvié et une provision pour le déplacement des réseaux), d’arrêter le coût des travaux à 35,2 milliards F Cfa TTC. Le Conseil a instruit le ministre de l’Economie et des Finances, aux fins d’engager les actions urgentes en vue de la signature du marché avec l’entreprise, ainsi qu’un avenant pour la maintenance par celle-ci, sur dix ans, de la route à construire, puis une convention de préfinancement des travaux à hauteur de 35,2 milliards FCfa ?

Actualités 16 févr. 2017


Conseil des ministres: La gestion du parc automobile de l’Etat passe en mode « leasing »

Les nombreux dysfonctionnements qui plombent la gestion du parc automobile de l’Etat a obligé le Gouvernement à penser un nouveau mode de gestion. Désormais, la tendance sera au leasing.

Les solutions innovantes envisagées par le Gouvernement pour assurer le financement des services de logistique liés à la mobilité des agents de l’Etat, notamment le « leasing » ou location de véhicules à longue durée, font suite à une série de constats. De 2014 à 2016, l’acquisition des véhicules, leur entretien et l’achat de carburant ont coûté respectivement 49 763 810 275 F Cfa,
41 544 298 228 F Cfa et 23 418 439 711 F Cfa.

« Au regard du volume de ces dépenses et des actes de mal gouvernance relevés dans la gestion des véhicules administratifs », il apparaît nécessaire de penser un nouveau mode de gestion du parc automobile de l’Etat, souligne le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki. A cela s’ajoute « une accumulation inquiétante, sur plusieurs exercices budgétaires, des arriérés de frais d’achat de véhicules, de maintenance et de location, des achats de carburants ».

Le Conseil a donc fait l’option de « leasing » pour mettre à la disposition des agents et services de l’Etat, des matériels roulants. Comme avantages, précise-t-il, « le locataire qu’est l’administration disposera de voitures neuves et entretenues aux frais du fournisseur, tout en bénéficiant de la garantie constructeur pendant tout ou partie du contrat de location ». Une formule qui, de l’avis du ministre d’Etat, induira une réduction substantielle des charges de fonctionnement de l’Etat.

J. F. M.

Actualités 16 févr. 2017


Meurtre (24e dossier): Toumoudagou Kombetto retourne en homme libre au village

Tomoudagou Kombetto a été entendu, mardi 14 février dernier, par la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Le crime de meurtre pour lequel il était venu répondre, ayant été finalement disqualifié en coups mortels, il a été condamné à deux ans d’emprisonnement ferme. Embastillé depuis le 18 août 2014, c’est en homme libre qu’il a rejoint les siens.

La première session de la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou au titre de 2017 a examiné son 24e dossier, mardi 14 février dernier. Sur le banc des accusés, il y avait un vieillard de 78 ans qui, face à la rouée de coups que lui administrait un jeune de 25 ans a dû le poignarder mortellement pour se tirer d’affaire. 

Les faits remontent au mercredi 13 août 2014. Au marché de Ouoro, dans la commune de Cobly, N’dah Sambiéni et Toumoudagou Kombetto ont failli en venir aux mains. C’est l’interposition des voisins qui a empêché la bagarre. Mais tard dans la nuit, sur le chemin du retour, N’dah Sambiéni a poursuivi Toumoudagou Kombetto. Après l’avoir rattrapé, il engagea une bagarre avec lui. Il le projeta au sol avant de lui faire subir la furie de ses coups de poings. De guerre lasse, Toumoudagou Kombetto a dégainé son couteau, avant de lui asséner un coup à la poitrine. Il s’écroule et meurt sur le champ.
Interpellé puis inculpé de meurtre, Toumoudagou Kombetto a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure, sauf nuance-t-il qu’il n’avait pas l’intention de donner la mort.

A la barre

A l’audience, mardi 14 février dernier, il est resté dans la même logique.
« Pourquoi, avais-tu ce couteau sur toi ? », lui demande le président Epiphane Yéyé. « Chez nous, c’est une tradition. Ce sont les vieux qui le portent sur eux. Même au lit, ils l’ont toujours à côté. Cela ne veut pas dire que celui qui le porte a l’intention de tuer », a répondu l’accusé. A la question de savoir s’il n’y avait-il pas un précédent entre la victime et lui ; non, laissera-t-il échapper. « N’y a-t-il pas une affaire de sac d’engrais disparu, entre vous ? », insiste le président de la cour. « Si, il avait dérobé un sac d’engrais à sa mère qu’il est venu déposer chez moi. Il a voulu me le vendre et j’ai refusé. Le sac a été récupéré par sa mère. Il pense que c’est moi qui l’ai informé », expliquera Toumoudagou Kombetto. « Ne savais-tu pas que tu pouvais le tuer en dégainant ton couteau ? », poursuit le président. « Moi, je cherchais à me défendre. Il tenait ma gorge et je ne pouvais même plus réfléchir. Il était plus fort que moi », se justifiera l’accusé. Secoué de questions par le président, Epiphane Yéyé, l’avocat général, Fiacre T. Azalou et son conseil, Julien Togbadja, il avouera qu’il ne peut se rendre au marché, sans faire un tour à N’Koota, dans les cabarets à plein air, pour prendre la boisson locale « Tchoukoutou ». Le septuagénaire confiera que s’il était ivre, c’est depuis les lieux qu’il allait céder aux provocations de N’dah Sambiéni.
Le seul témoin présent à l’audience, c’était le chef du village, Abdou Issifou. C’est chez ce dernier que l’accusé s’est rendu aussitôt après le drame. Pour Abdou Issifou, la victime était un homme agressif qui n’épargnait personne. Entre-temps, il avait même fracassé la porte de sa mère, puis fléché son grand frère.
Suspectant des actes de représailles, comme il est de tradition dans la localité, lorsqu’une personne décède après avoir été poignardée, Abdou Issifou avait fait débarquer deux gendarmes. Ce qui n’a pas empêché les proches de la victime de procéder à la destruction de cinq maisons, des champs de coton, de produits vivriers et des greniers appartenant à la famille de Toumoudagou Kombetto.
Pour le compte de la partie civile, la mère de la victime, Konan Sambiéni, a aussi été écoutée. Depuis environ trois ans que son fils qui l’aide pour les travaux champêtres l’a quittée, elle ne fait que se débrouiller, a-t-elle rapporté à la cour. Elle demande du soutien pour vivre.

L’excuse de provocation

Selon l’avocat général, Fiacre T. Azalou, il est constant que Toumoudagou Kombetto a donné un coup de couteau à N’dah Sambiéni des suites duquel ce dernier est décédé sur le champ. Essayant de réunir les éléments constitutifs du crime d’homicide commis volontairement, il fait remarquer que l’accusé a fui le danger qui, malheureusement, l’a poursuivi et rattrapé. Cherchant le mobile pour lequel l’accusé a tué, l’avocat général fait constater qu’il a volontairement porté un coup de couteau à un délinquant, lequel en est mort. Il a été victime de son esprit de vengeance, selon le ministère public qui imagine le degré de rage qu’il nourrissait à l’endroit de Toumoudagou Kombetto. L’avocat général invitera alors la cour à disqualifier le crime de meurtre en coups mortels, tout en trouvant des circonstances atténuantes et l’excuse de provocation au profit de l’accusé dont il a loué la loyauté et son refus de faire du recel. L’avocat général requiert qu’il plaise à la cour, de le condamner à 60 mois d’emprisonnement dont 30 fermes, soit au temps déjà passé en prison, puis les 30 mois restants assortis de sursis.
Pour le conseil de l’accusé, Me Julien Togbadja, les faits sont d’une telle netteté qu’on ne pourrait procéder autrement. Il est resté en phase avec les réquisitions de l’avocat général. « Si c’était vous qui étiez Toumoudagou Kombetto, qu’auriez-vous fait ? Vous avez entendu la cohue de témoignages qui blâment N’dah Sambiéni et, sont à l’avantage de Toumoudagou Kombetto », a-t-il demandé. Le malheur de son client, a-t-il déploré, c’est d’avoir refusé d’être un receleur d’un sac d’engrais que N’dah Sambiéni a soustrait à sa mère. Mécontent, il a donc voulu lui régler son compte. Selon Me Julien Togbadja, c’est n’en pouvant plus que l’accusé, dans le cadre du réflexe ultime, s’est finalement servi de son couteau, « le complément du vieillard en cas de danger ». « Terrassé par ce jeune de 25 ans et aveuglé par ses coups, le vieillard de 75 ans ne pouvait pas discerner, cibler ou viser une quelconque partie d’un corps dans la nuit profonde », soutient l’avocat, en évoquant la légitime défense, sur le terrain du droit. « Le seul grief qu’on lui fera, c’est la question de la proportionnalité entre les armes utilisées. Mais elle est relative. Il faut regarder les rapports de forces en présence. Et, autant une arme blanche peut tuer, autant la main peut tuer », poursuit Me Julien Togbadja. Estimant que son client est un concentré de valeurs recommandables que l’on ne peut plus envoyer en prison. Il invite également la cour à lui accorder des circonstances atténuantes et l’excuse de provocation.
Au cours de sa délibération, la cour a disqualifié le crime de meurtre en coups mortels, infraction prévue et punie par l’article 309 alinéas 4 du Code pénal. Elle déclare Toumoudagou Kombetto coupable d’avoir volontairement porté des coups et fait des blessures sur N’dah Sambiéni, avec cette circonstance que les coups et blessures, sans intention de donner la mort, l’ont occasionné. La cour l’a condamné à la peine de deux ans d’emprisonnement ferme. En détention depuis le 18 août 2014, le vieux Toumoudagou Kombetto peut retourner chez lui au village où déjà, il promet organiser une grande fête de réconciliation avec les membres de la famille de N’dah Sambiéni.
La cour a été présidée par Epiphane Yéyé. Ses assesseurs étaient Essowè Batamoussi et Hervé T. Houdégbé. Le fauteuil du ministère public a été occupé par Fiacre T. Azalou. C’est Me Brice Dossou-Yovo qui a tenu la plume de l’audience. Comme jurés, il y avait Adizatou C. Séro Kpéra, Poulo Amadou Sambo, Imorou Abdoulaye et Kouandi Toura.

Société 16 févr. 2017


Séance de travail à la Haac: Les perspectives du Riarc au menu

Deux délégations de la coordination du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (Riarc) venues du Ghana et du Cameroun se sont entretenues ce mardi 14 février avec le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). La rencontre a eu lieu au siège de l’instance béninoise de régulation des médias.

Des membres du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (Riarc) échangent sur les perspectives de l’institution avec la Haac. Il s’agit pour les délégations venues du Cameroun et du Ghana de s’associer à leurs homologues du Bénin pour revisiter la feuille de route adoptée à la 8e Conférence des présidents des instances de régulation des médias africains, tenue à Cotonou les 6,7 et 8 décembre 2016. 

La présente rencontre balise le terrain pour les activités inscrites au biennium 2017-2018 et se focalise sur le bilan des actions effectuées par le Riarc. Les réflexions à ce niveau se sont appesanties sur toutes les dispositions nécessaires à prendre dans le cadre de l’avènement du numérique.
« Nous devons travailler de sorte à harmoniser les différentes législations de nos pays, afin de ne laisser aucun pays membre sur le carreau en matière du numérique; c’est le défi de notre réseau », soutient le président de la Haac, Adam Boni Tessi. Il en a profité pour féliciter ses hôtes pour leur rôle d’encadrement des médias lors de l’élection présidentielle du Ghana et de la Coupe d’Afrique des nations (Can 2017). Ces deux évènements, selon lui, rehaussent l’image du Riarc.
« Nous allons continuer par nous battre pour la liberté de la presse, en vue du développement économique et politique du continent », s’engage, pour sa part, le président du Riarc, Nana Kwasi Gyan-Apenteg.
La rencontre d’hier permettra également aux différents membres du Riarc, de s’imprégner du fonctionnement du secrétariat exécutif du réseau, dont le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) du Bénin, Adam Boni Tessi, assure la gestion.
A l’issue de la rencontre, les participants seront informés du calendrier de la première réunion du Comité d’orientation qui procèdera à la validation du prochain plan d’actions du Riarc. « Nous jouerons notre partition pour que les activités programmées pour le compte du Riarc les deux prochaines années soient un succès », promet Adam Boni Tessi.
Il faut noter que la Haac du Bénin abrite le siège du Riarc qui regroupe en son sein trente-neuf Etats africains. Il s’agira à terme, pour ces différents Etats, de fédérer leurs énergies pour relever les défis du numérique. Le Réseau des instances africaines de régulation de la communication est actuellement présidé par Nana Kwasi Gyan-Apenteg, président de la Commission nationale des médias du Ghana et c’est le Cameroun qui assure le poste de vice-président.

Actualités 15 févr. 2017


Recyclage de trois mois aux étudiants en Licence de l’Enstic-Uac: Etudiants et enseignants s’opposent à l’administration

Avec la redéfinition de la carte universitaire opérée par le Gouvernement du Nouveau départ, l’Ecole nationale des sciences et techniques de l’information et de la communication (Enstic) de Savalou est transférée au campus d’Abomey-Calavi. Ainsi, ses étudiants sont désormais appelés à se plier aux exigences de l’Uac. Mais le collectif des étudiants en attente de soutenance de leur mémoire de Licence n’entend pas suivre quelconque recyclage exigé par la nouvelle administration dirigée par Jean Euloge Gbaguidi. Même réaction de la part du corps enseignant venu de Savalou.

Le torchon brûle entre étudiants en attente de soutenance de Licence de l’Ecole nationale des sciences et techniques de l’information et de la communication (Enstic) et la direction. La pomme de discorde, le recyclage de trois mois à compter de ce jeudi 16 février, exigé par la nouvelle administration avant la soutenance de mémoires de Licence.

De l’avis de Jean Euloge Gbaguidi, directeur de l’Ecole nationale des sciences et techniques de l’information et de la communication (Enstic) de l’Université d’Abomey-Calavi, le recyclage constitue une mesure de rachat, compte tenu de certaines insuffisances.
Selon lui, les mémoires n’ont pas été rejetés. L’Uac avec les exigences du système Lmd doit respecter les normes dans la démarche qualité. Ainsi, ayant hérité du dossier des étudiants en instance de soutenance, l’administration de l’Enstic-Uac a expertisé les mémoires que les étudiants ont déposés par une commission technique indépendante dévaluation des mémoires de Licence. Cette commission a pour mission d’évaluer les mémoires et d’en apprécier la recevabilité suivant un certain nombre de critères. Il s’agit des profils et grades des maîtres de mémoire, de la pertinence des sujets, de la clarté des problématiques abordées, de la pertinence des hypothèses, de la précision de la formulation des objectifs, de la rigueur de l’approche méthodologique, de la cohérence interne des documents, de la maîtrise de la langue française et de la bonne présentation de la bibliographie. Les observations révèlent des anomalies à la lumière des critères d’appréciation.
Par rapport aux profils et grades des maîtres de mémoire, le document renseigne qu’ils « n’ont pas tous le grade (au moins le grade maître assistant) pour encadrer les étudiants » en plus du profil qu’ils n’ont pas. « Ils sont pour la plupart des géographes et des sociologues alors qu’il s’agit d’encadrer des étudiants en journalisme », souligne le rapport de la commission. En matière de pertinence, poursuit le rapport, les sujets, bien qu’intéressants, « sont en grande majorité orientés en sociologie, à l’exception de quelques rares… ». Quant aux problématiques, elles présentent des défauts de clarté et « des questions de recherche sont absentes ou mal formulées ». Du point de vue pertinence des hypothèses, la commission mentionne que « la plupart des étudiants ne maîtrisent pas la notion d’hypothèses ». Les objectifs sont « ambitieux et irréalistes ». Si la commission reconnaît un effort notable dans la présentation des éléments de méthodologie, elle relève néanmoins quelques limites dans la présentation des outils et de leur justification et au niveau des techniques de traitement des données. Par ailleurs, sur le plan de la cohérence interne des documents, les observations soulignent « qu’il n’y a pas du tout de cohérence entre les problématiques, les hypothèses, les objectifs et la démarche méthodologique ». Sur le registre de la maîtrise de la langue, les membres se rendent compte que le niveau est « passable en général ». Enfin, mentionne le rapport, la présentation de la bibliographie est souvent mal faite et caractérisée par le non-respect de l’ordre alphabétique et des exigences de présentation de la webographie.

Recommandations

Au regard de ces observations, la commission a fait deux principales recommandations. D’une part, elle préconise « un renforcement du niveau des étudiants en méthodologie (ou en rédaction de mémoire) dans le but d’améliorer substantiellement la qualité des documents avant leur soutenance ». D’autre part, il faut y ajouter « la réalisation obligatoire par chaque étudiant d’une production de presse ». Car de façon générale, sur les 72 mémoires évalués par la commission, un seul contient une production journalistique sur CD. « Tous les mémoires devraient intégrer une partie production journalistique », indique le rapport.
Sur la base de ces observations et des recommandations de la commission, l’administration s’est rendue à l’évidence qu’il faut améliorer les mémoires. « Il n’a jamais été question de rejeter les mémoires », rectifie Jean Euloge Gbaguidi, ajoutant qu’il s’agit de ne pas les livrer sur le marché de l’emploi avec des lacunes d’une telle ampleur. Ainsi, pour les nouveaux responsables de l’école, il faut racheter « une situation désastreuse pour les étudiants ». L’amélioration passe par un recyclage de trois mois. Sur cette période, ils vont bénéficier d’un mois de cours de renforcement de capacités en culture générale et en français. Ils auront aussi droit à un mois de stage pratique. A ce niveau, indique le directeur, chacun sera envoyé dans le média de son choix. Mais ceux qui sont déjà en situation de stage dans une structure y seront maintenus. En codirection des mémoires, des journalistes seront associés aux anciens maîtres de mémoire. « Il faut la couverture professionnelle », précisera-t-il.

L’opposition des professeurs et des étudiants

Contre cette façon de voir les choses, Théophile Aballo, docteur en Informatique et enseignant à l’Enstic, soutient que « depuis que l’école a été créée en 2012, les étudiants ont été formés par ces enseignants recrutés selon les procédures administratives requises ». Pour lui, dire qu’un « docteur ne peut pas encadrer un mémoire de Licence est un faux problème ». « C’est un problème de justice personnelle », soutient-il. Dans son argumentaire, il fait observer que le métier de journaliste est une carrière de culture. Dans ces conditions, le journaliste a besoin des connaissances en géographie, en sociologie et autres, assure-t-il en soulignant que « Le défaut de profils et de grades est une fausse histoire ». Car, explique-t-il, s’il l’on doit tenir compte du profil des enseignants, l’école n’aura aucun enseignant. « Au Bénin, on n’a pas encore de journaliste ayant rang de professeur », soutient Théophile Aballo, précisant qu’exercer sur les antennes est différent de se présenter devant les étudiants pour leur dispenser des cours ». Mieux, renchérit-il, « Les 95% des professeurs sont des missionnaires de l’Uac » pour dispenser les matières fondamentales aux étudiants en journalisme.
A travers la reprise des mémoires, il perçoit un rejet des documents et compte s’en plaindre au recteur Brice Sinsin. A ce propos, il fait savoir qu’à trois reprises le recteur a demandé au corps enseignant venu de Savalou de faire soutenir les étudiants pour leur permettre de saisir les opportunités d’emploi. Il s’insurge contre ce qu’il appelle la banalisation des autres universités qui, explique-t-il du point de vue de la nouvelle administration,feraient la promotion de la médiocrité et seule l’Uac ferait la promotion de l’excellence.
Même appréhension de la part des étudiants. Le Collectif a adressé un courrier au directeur de l’Enstic-Uac pour lui signifier son refus des trois mois de recyclage. Pour le collectif, « Les trois mois de cours de renforcement ne répondent à aucun texte en vigueur dans l’enseignement ». Dès lors, soulignant qu’ils ont déjà fait des stages professionnels de trois mois sanctionnés par des attestations, ils considèrent ce recyclage comme « un programme de retardement » et refusent d’y participer. A travers leur collectif, ils n’admettent pas la reprise des matières. « …nous sommes surpris de constater que les matières dans lesquelles nous sommes supposés faire des recyclages sont des cours que nous avons déjà reçus tout au long de notre formation à l’Enstic », tempêtent-ils dans leur correspondance en date du lundi 14 février 2017.
Le report des soutenances désole des parents d’étudiants. « Mon fils a bien des projets qui sont freinés par le report des soutenances », signale Aurélien A. Il dit ne pas savoir ce que la nouvelle administration « va apprendre de nouveau aux étudiants qui ont déjà fait de nombreux stages ». « Ne serait-ce pas simplement une perte de temps ? », se demande-t-il, tout en invitant les étudiants à la patience. D’autres parents craignent plutôt pour les dépenses qu’engendrerait cette mesure de recyclage.

Le cas Gloria Kpédjo

Gloria Kpédjo est une étudiante du lot qui a déjà soutenu. Cette situation constitue un acte discriminatoire, selon les étudiants. Ces derniers estiment qu’en autorisant cette étudiante, l’administration de l’Enstic devrait faire de même envers eux. « Cet état de choses rend directement tous les autres étudiants de la promotion aptes à soutenir leurs mémoires du moment qu’ils remplissent totalement les conditions », soutiennent-ils.
A cette accusation, la nouvelle administration répond qu’il s’agit d’une autorisation de soutenance par anticipation et sous réserve. A en croire Jean Euloge Gbaguidi, c’est sur pression des enseignants venus de Savalou sous prétexte que l’étudiante s’apprêtait à aller au Burkina pour son Master qu’il a dû autoriser cette soutenance. Pour Jean Euloge Gbaguidi comme pour Serge Armel Attènoukon, son adjoint, rien n’est encore acquis quant à cette soutenance tant que cette étudiante n’aura pas épuisé les unités d’enseignement qu’elle traîne. « Si j’ai autorisé qu’elle soutienne, c’est pour éviter d’être accusé de l’empêcher d’aller étudier à l’étranger. Ils m’ont présenté à trois jours de son départ pour le Burkina, une liste sur laquelle figurait son nom », explique Jean Euloge Gbaguidi.

Les conditions de soutenance

Selon l’article 25 de l’arrêté 2012-710/MESRS/CAB/DC/SGM/DRFM/DGES/R-UAC/R-UP/SA du 31 décembre 2012, un apprenant inscrit en Licence n’est autorisé à soutenir son mémoire que s’il « a validé l’ensemble des unités d’enseignement (Ue) qui composent son parcours de formation ». A la lumière de ces dispositions, le directeur indique qu’ils ne sont qu’une vingtaine d’étudiants à être à jour, le reste devant, selon lui, être considéré comme des redoublants. Mais pour sauver la situation, laisse-t-il entendre, l’administration ne tient pas rigueur à cette exigence ?

Education 15 févr. 2017


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