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Nouvelles

Plan communautaire de développement de la Cedeao: Une table ronde pour financer des projets intégrateurs

A l’instar de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) en septembre 2014, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se prépare à organiser une table ronde des bailleurs de fonds. Ce rendez-vous vise à mobiliser des capitaux pour financier les projets majeurs de son Programme communautaire de développement.

La Cedeao aussi s’inscrit dans la mouvance des grands projets structurants en vue de construire un espace plus intégré. Le Programme communautaire de développement conçu au niveau de l’organisation régionale sera ainsi présenté à la communauté des bailleurs de fonds à travers une table ronde prévue pour le 30 mars prochain à Abidjan en Côte d’Ivoire. Pour les initiateurs, il s’agit « d’assurer l’appropriation des parties prenantes et des partenaires au développement de la Communauté, et consacrer leur adhésion au Programme en vue de mobiliser les ressources nécessaires à son financement ». Mais l’enjeu principal, c’est de recueillir les intentions de financement des bailleurs de fonds et mobiliser les ressources requises pour la mise en œuvre du Programme.

La Cedeao va à sa table ronde avec un paquet de projets prioritaires dont le financement devra lui permettre de gagner le pari de construire une Communauté de peuples à l’horizon 2020. Le Pcd retient ainsi comme chantiers phares, la construction du corridor de l’autoroute Dakar-Abidjan-Lagos, la réalisation de la boucle ferroviaire régionale Niamey-Kaya, Niamey-Cotonou, Ouangolodougou-Bamako, le projet de ligne maritime de la Cedeao (Sealink), le développement de l’industrie du transport aérien en Afrique de l’Ouest, le projet d'interconnexion 225kv et 330kv des réseaux électriques en Afrique de l'Ouest (Nigeria-Niger-Benin-Burkina; Ghana-Burkina Faso- Mali-Guinée), la construction de centrales électriques solaires et éoliennes dans les Etats membres de la Cedeao. Comme projets prioritaires, l’organisation retient également le programme d'appui à la mise en œuvre de l'Offensive régionale pour la relance durable et soutenue de la riziculture en Afrique de l’Ouest, la réalisation de forages à usage alimentaire dans les Etats membres de la Cedeao, la création de six hôpitaux de référence et la mise en place du Centre de contrôle de maladie (Cdc) et d’une équipe d’intervention (Casques blancs).

Le montant global des financements est estimé à plus de 16,45 milliards de dollars. Seulement 2 milliards de dollars sont disponibles, le gap recherché est évalué à plus de 14 milliards de dollars.
Contrairement au schéma classique de tenue de la table ronde en un seul lieu, la Cedeao a prévu un agenda cohérent qui décline une série de rencontres intermédiaires spécifiques à travers plusieurs villes. La feuille de route prévoit, entre autres, une réunion des experts et ministres sur les projets du secteur de l’énergie fin janvier à Cotonou, une rencontre entre la Cedeao et les investisseurs clés sur les projets prioritaires du Pcd à Abuja avec l'appui de la Banque mondiale et Fewacci début février, une consultation des partenaires au développement en Asie dans le même mois de février, une consultation des partenaires et investisseurs du Moyen Orient sur les projets prioritaires du 6 au 10 mars à Djeddah en Arabie Saoudite.
Avec cette initiative, la Cedeao vient d’emboiter les pas à l’Union économique et monétaire ouest-africaine qui a organisé le 9 septembre 2014 à Dubaï aux Emirats arabes unis, un forum international des investisseurs pour le financement de son Programme économique régional (Per). La rencontre s’est soldée par 19 milliards de dollars de contrats signés, soit 90% des engagements attendus pour une estimation de 200 000 emplois directs à créer. Sauf que depuis lors, ces projets ambitieux ont du mal à se concrétiser.

Economie 26 janv. 2017


Réformes politiques et institutionnelles: La royauté s’inquiète du sort de ses préoccupations

Le Secrétariat permanent du comité de suivi de la concertation des rois, reines et autres dignitaires traditionnels du Bénin a tenu sa première session ce mercredi 25 janvier à l’Ecole du patrimoine africain (EPA) de Porto-Novo. Les échanges ont surtout porté sur la prise en compte de leurs propositions et préoccupations dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles en cours au Bénin.

Les rois, reines et autres dignitaires traditionnels du Bénin ont de nombreuses préoccupations à faire prendre en compte dans les réformes politiques et institutionnelles, avec en point de mire la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Lesquelles préoccupations ont été adoptées par ces derniers à l’issue de leurs assises nationales le 30 mai 2016 à Cotonou, et contenues dans un document-synthèse qu’ils ont intitulé : « Préoccupations des dignitaires et intellectuels traditionnels pour un Bénin émancipé. A prendre en compte par la commission technique chargée des réformes politiques et institutionnelles ». Ce document a été déposé à la commission technique des réformes présidée par le ministre chargé de la Justice, Joseph Djogbénou, avec une copie au président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji.

Mais depuis lors, les rois et autres dignitaires traditionnels constatent avec amertume un silence assourdissant des autorités par rapport à leurs propositions et préoccupations. Ils n’ont eu jusqu’ici aucune réaction de nature à les rassurer du sort de leur document-synthèse. « Cela nous inquiète d’autant qu’il s’agit de nos valeurs cultuelles et culturelles et aucune réforme politique et institutionnelle qui vise le bien-être de nos populations et le développement du Bénin ne peut ne pas en tenir compte», relève le communiqué final qui a sanctionné les travaux de la première session duSecrétariat permanent du comité de suivi de la concertation des rois, reines et autres dignitaires traditionnels du Bénin tenue ce mercredi 25 janvier, à l’Ecole du patrimoine africain à Porto-Novo. La réunion a été organisée à l’initiative de Sa Majesté Dè Tofa IX Ayontinmè, roi de Porto-Novo.

Elle a connu la participation de plusieurs rois provenant des quatre coins du Bénin, dont Sa Majesté Atchiba II, roi de Bassila. Les rois, reines et autres dignitaires traditionnels souhaitent vivement la prise en compte de leurs préoccupations pour la réhabilitation de nos valeurs endogènes et pour une meilleure affirmation de notre identité culturelle ». Celles-ci concernent entre autres la création au sein du Parlement, de la Chambre des nationalités composée de représentants des autorités traditionnelles et qui aura pour mission de contrôler la conformité des lois votées par les députés de l’Assemblée nationale avec les coutumes positives du Bénin, la création d’une juridiction de droit traditionnel depuis le village jusqu’au sommet et la reconnaissance par l’Etat des rois, chefs de terre, chef de couvents, devins comme administrateurs et juges locaux et dûment payés par les soins et fonds de l’Etat.

Aussi, les rois, reines et autres dignitaires traditionnels veulent-ils que la prochaine Constitution béninoise reconnaisse les groupes de chasseurs de diverses contrées du pays ainsi que les brigades de jeunes comme structures légales contribuant à la sécurité publique et leur rémunération subséquente. A ces préoccupations, le document-synthèse retient la reconnaissance par l’Etat des cabinets et cliniques des tradithérapeutes et guérisseurs comme établissements de soins de santé légaux et partie intégrante de la médecine officielle au Bénin ainsi que le paiement par l’Etat des activités de guérisseurs traditionnels et la reconnaissance de toutes les langues nationales comme langues officielles. Les rois et autres dignitaires traditionnels invitent le Gouvernement et l’Assemblée nationale à donner une suite favorable à ces préoccupations pour la consolidation de la paix et de l’unité nationale au Bénin?

Actualités 26 janv. 2017


Gestion et sécurisation du Complexe transfrontalier WAP: Les grandes recommandations de la réunion de Cotonou

Les ministres en charge de la gestion des ressources partagées du Complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari (WAP) du Bénin, du Burkina Faso et du Niger donnent des orientations pour une meilleure harmonisation des approches en matière de protection, de sécurisation et de valorisation de la biodiversité du complexe. C’est au terme de la réunion qui s’est déroulée ce mardi 24 janvier à Cotonou où ils ont formulé des recommandations.

Les projets et programmes mis en œuvre depuis plusieurs années dans le Complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari (WAP) donnent satisfaction aux ministres en charge de la gestion des ressources partagées dudit complexe partagé par le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Au cours de la réunion qui a regroupé hier des délégations des trois pays à Cotonou, ces ministres ont exprimé l’espoir de voir de nouveaux projets prendre la relève en insistant sur la lutte contre les actes illicites, notamment la criminalité faunique, et la sécurisation dans le complexe. 

A la cérémonie d’ouverture de la réunion, le ministre béninois du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato et ses homologues Nestor Batio Bassiéré du Burkina Faso et Almoustapha Garba du Niger, ont salué les efforts fournis par leurs pays respectifs dans le cadre de la gestion du complexe. En dépit desdits efforts appuyés par les partenaires techniques et financiers, le complexe reste confronté à des difficultés, selon eux.
Selon la présentation qui a été faite par Aristide Tèhou sur le contexte actuel de gestion du complexe, il y a neuf menaces. Et au nombre de celles-ci, il y a : le braconnage, la transhumance non contrôlée, la criminalité faunique, les feux de brousse non contrôlés, l’envasement et la pollution des eaux de surface. Aristide Tèhou cite également l’exploitation illégale du bois, les changements climatiques, l’exploitation non durable des ressources halieutiques….Toutes ces menaces, indique le présentateur, compromettent dangereusement la biodiversité et le développement du tourisme dans le complexe. D’où des mesures qui ont été prises.

Engagement pour la conservation des ressources

Dans le communiqué final qui a sanctionné la réunion, les ministres ont réaffirmé leur engagement de mettre en œuvre la volonté politique de leurs chefs d’Etat respectifs, de faire du complexe, un espace communautaire de conservation de la biodiversité et d’intégration régionale. C’est pourquoi, ils recommandent de maintenir et d’améliorer les dispositifs de surveillance et de sécurisation en cours en vue de l’éradication du grand braconnage. L’objectif étant aussi d’empêcher que le WAP devienne les bases arrières des malfaiteurs, coupeurs de route et autres groupes terroristes.
Les ministres recommandent également la mise en œuvre du projet régional de développement du tourisme durable sur l’ensemble du complexe, pour faire des aires protégées de véritables outils de promotion de l’industrie touristique.
A l’endroit des Etats, les ministres en charge de la gestion des ressources partagées du complexe WAP demandent de mettre en œuvre la stratégie régionale sur la pêche et d’arrêter toute activité de pêche dans les parcs nationaux conformément aux conventions internationales. De même qu’aux engagements sous-régionaux et aux textes législatifs et réglementaires en vigueur dans les Etats du complexe.
Aussi, les ministres encouragent-ils les Etats à créer une structure autonome de gestion des aires protégées et d’analyser la possibilité d’avoir une convention de partenariat avec des Organisations non gouvernementales spécialisées dans l’appui à l’application de la loi?

Actualités 25 janv. 2017


Présidence de la Commission de l’Union africaine: La Kenyane Amina Mohamed sollicite le soutien du Bénin

Le président de la République a reçu en audience ce mardi 24 janvier, Dr Amina Mohamed, ministre des Affaires étrangères du Kenya. Outre la coopération bilatérale, elle est venue solliciter le soutien du chef de l’Etat pour sa candidature à la présidence de la Commission de l’Union africaine. 

Souriante et détendue au sortir du cabinet du président de la République avec qui elle s’est entretenue hier, Dr Amina Mohamed dit avoir eu avec le chef de l’Etat des échanges fructueux. La dynamique de la coopération bilatérale était au menu des échanges. La ministre kenyane des Affaires étrangères en a profité pour transmettre un message du président kenyan Uhuru Kenyatta à son homologue béninois.
Pour Dr Amina Mohamed, le président Patrice Talon, issu du secteur privé, est un « visionnaire » qui comprend les défis auxquels l’Afrique est confrontée. Il sait qu’il y a des opportunités que les deux pays peuvent exploiter en se mettant ensemble et en se donnant la main. Elle déclare avoir été impressionnée par cette vision des choses du chef de l’Etat qui s’est montré très préoccupé par les questions de développement. A ce propos, le Bénin et le Kenya espèrent agir ensemble dans plusieurs domaines. Ils comptent explorer les possibilités d’investissement en commun dans des secteurs comme la pêche, les parcs, les projets industriels… et par la suite créer des projets qui pourront utiliser la main-d’œuvre juvénile, complète pour sa part le ministre des Affaires étrangères Aurélien Agbénonci.
Au-delà de la coopération bilatérale, la ministre Amina Mohamed, candidate au poste de présidente de la Commission de l’Union africaine est venue solliciter le concours du Bénin à ce propos. « Le Bénin faisant partie de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), s’agissant des questions de la candidature, nous sommes partie à la discipline régionale, mais les concertations continuent en ce qui concerne le processus », a expliqué le ministre des Affaires étrangères. «Je suis très contente d’avoir eu cette séance avec le chef le de l’Etat béninois qui connaît les challenges actuels du continent, notamment en ce qui concerne son développement », a confié Dr Amina Mohamed?

Actualités 25 janv. 2017


Gestion du contentieux des élections locales de 2015 : La Cour suprême annonce un atelier-bilan sur les écueils

La Cour suprême organise avant la fin du premier trimestre de cette année, un atelier pour faire le bilan des difficultés rencontrées dans la gestion du contentieux des élections municipales, communales et locales de 2015. Des propositions seront faites à cette occasion pour une meilleure organisation de ces scrutins à l’avenir. L’annonce a été faite le vendredi 20 janvier dernier, lors de la cérémonie de présentation des vœux du Nouvel an entre le personnel, les membres et le président de la Cour suprême.

Alors que le Code électoral prévoit un délai de six mois pour la gestion du contentieux des élections communales, municipales et locales, la Cour suprême continue d’examiner ces dossiers près de deux ans après. Une situation qui est surtout due au volume des dossiers reçus. En effet, pour ces élections, la haute juridiction a enrôlé environs 1700 recours. Elle se félicite d’avoir statué et vidé 1500 dossiers. Bien qu’elle s’est acquittée de cette mission dans un délai anormalement long. Le président Ousmane Batoko se réjouit que ses appels à la mobilisation générale pour faire face à ce contentieux électoral en direction des membres et du personnel de la Cour suprême en janvier 2015, soit à la veille de l’organisation de ce scrutin, aient été couronnés de succès. Il dit avoir pris à cet effet deux directives en la matière, à savoir l’installation d’un comité de pilotage et la mise sur pied d’un comité d’appui pour la gestion des dossiers de contentieux des élections municipales, communales et locales de 2015. Ousmane Batoko se dit satisfait de constater à l’heure du bilan que son institution ait été à la hauteur de la tâche. Il salue l’efficacité, le dynamisme et surtout l’impartialité dont ont fait preuve les membres de la Cour face à la gestion du volumineux dossier de contentieux desdites élections. 

Par rapport aux nombreuses insuffisances relevées dans la gestion de ce volumineux dossier, la Cour suprême annonce organiser d’ici à la fin du mois de mars prochain un atelier pour faire le bilan des écueils rencontrés.
Avec l’éclairage d’une expertise extérieure à la haute juridiction, ce séminaire accouchera des propositions qui permettront de résorber tant soit peu les insuffisances relevées pour une meilleure organisation les fois à venir des élections municipales, communales et locales.
Le président Ousmane Batoko a saisi l’occasion de présentation des vœux pour s’interroger sur certains tares et dysfonctionnements notés à la haute juridiction: entre autres, les retards, l’absentéisme, le manque de célérité dans l’exécution des tâches, la violation constante des principes de hiérarchie, l’usurpation de titre et les fuites d’informations relatives à des dossiers parfois très sensibles. Le président de la Cour suprême a indexé le personnel du greffe de la haute juridiction plus concerné par ces pratiques répréhensibles qui ternissent l’image de l’institution. Il a invité les uns et les autres à faire preuve de professionnalisme et au respect de leur serment.
Avant le président Ousmane Batoko, l’honneur a échu à la présidente de la chambre judiciaire de la Cour suprême de planter le décor de la cérémonie. Amélie Assionvi a souhaité, au nom des membres et du personnel de la haute juridiction, les bons vœux de l’année 2017 au président de la Cour suprême. Elle n’a pas manqué de réitérer à Ousmane Batoko la détermination de tous ses collègues membres de la Cour et de tout le personnel administratif pour le rayonnement de la Cour suprême.
Il faut souligner qu’en marge de la cérémonie de présentation des vœux, 23 agents, toutes catégories confondues de la Cour suprême ayant fait valoir leurs droits à la retraite ces deux dernières années, ont été gratifiés de présents.

Actualités 24 janv. 2017


Cotonou: Qui détient la clé de la ville actuellement ?

Entre le préfet du Littoral et le maire de la ville de Cotonou, l’entente n’est visiblement pas la chose la mieux partagée. Le premier prenant des initiatives au grand dam de l'autre.

Le 29 juin 2016, le préfet du Littoral, Modeste Toboula adressait une demande d’explication au maire de Cotonou, Léhady Vinagnon Soglo, le sommant de lui signifier dans les vingt-quatre heures, les raisons de son absence à sa cérémonie de prise de fonction. Beaucoup d’observateurs avaient cru à un manquement de néophyte ignorant les règles élémentaires de courtoisie administrative, de surcroît à l’endroit de l’une des personnalités politiques de premier plan dans le pays. Pourtant, Modeste Toboula lançait le top de la nature de la collaboration entre la tutelle et le maire de la plus grande commune du Bénin. L’affichage quelques jours plus tard des deux hommes devant les caméras au détour d’une visite de courtoise du maire à la préfecture n’aura été que de façade. Sur les réseaux sociaux, de nombreux citoyens se délectent ostensiblement de la bisbille qui couve entre le sémillant préfet et le locataire de l'hôtel de ville de Cotonou, au fil des communiqués que le premier publie assez souvent pour marcher dans les plates-bandes du second, comme pour lui indiquer que c’est désormais Toboula qui règne en maître sur Cotonou. 

Mais, il a fallu attendre la décision gouvernementale de libération des espaces publics pour montrer au grand jour la distance manifeste qui module le rapport entre le préfet du Littoral et le maire de Cotonou. Premier point de malentendu, bien que l’initiative de déguerpissement émane du ministère en charge du Cadre de vie, le Gouvernement a, à tort ou à raison, fait du préfet du Littoral, le bras opérationnel du projet à Cotonou. Dans les autres communes concernées par la même initiative, les maires sont pourtant aux avant-postes. Alors que la mairie dispose des compétences techniques pour assurer d’abord la phase de marquage, le préfet du Littoral, avec l’appui technique des cadres du ministère du Cadre de vie, a choisi d’agir en solo, faisant de la direction des Services techniques de la mairie de Cotonou un appendice. Durant toute la phase de sensibilisation, la municipalité de Cotonou, à son tour, n’a pris aucun engagement fort pour accompagner l’initiative gouvernementale. La mairie ayant tout aussi à perdre que les populations déguerpies, elle espérait sans doute une réprobation populaire de l’opération pour reprendre du poil de la bête.

Toboula a le vent en poupe !

Lors de la phase répressive de l’opération, lancée le 4 janvier avec beaucoup de boucan dans Cotonou, la mairie a encore brillé par son peu d'entrain. Les casses ont commencé et contrairement à l’effet escompté, l’opération suscite l’adhésion des populations. Modeste Toboula, « le méchant préfet », est devenu aujourd’hui le nouvel homme fort de la ville de Cotonou. Son action est applaudie au point où des causeries de bistrot exigent souvent que le Gouvernement du président Patrice Talon le monte en grade pour faire de lui l’homme des missions difficiles. Devant un tel triomphe, Léhady Soglo n’a autre choix que de surfer sur la vague d’adhésion. Il lance, la semaine dernière, son opération de nettoyage des surfaces rasées et de relogement des déguerpis dans les marchés de Cotonou. Balai en main, il se paie quelques clichés dans les marchés secondaires pendant que son rival poursuit avec la même détermination le ménage dans la ville de Cotonou. Mais ayant l’avantage de la tutelle, Modeste Toboula n’a pas hésité à montrer ses muscles au moindre faux pas des autorités de la mairie de Cotonou. « Il nous est revenu avec insistance que la direction des services techniques de la mairie de Cotonou adresse à certaines personnes des sommations de déguerpissement. Cette situation entraine une confusion avec les opérations en cours conduites par le préfet », tonne-t-il dans un communiqué en date du 22 janvier dernier. Tout en rappelant que les opérations relèvent de la décision exclusive du Gouvernement et sa mise en œuvre par le ministère du Cadre de vie représenté par le préfet du Littoral, il tranche que toute sommation délivrée par la mairie de Cotonou courant la durée des opérations en cours est « nulle et de nul effet ».
Aujourd’hui, il n’est plus imprudent d’affirmer que le maire de Cotonou a quasiment perdu de son autorité devant le cran et l’entrain du jeune préfet à qui reviennent aussi les effets positifs de l’interdiction de la circulation des moteurs à deux roues dans la zone de Missèbo.
Cette popularité inattendue ferait-elle de l'ombre à Léhady Vinagnon Soglo?.

Actualités 24 janv. 2017


Développement économique: Les choix de politiques pertinents du Pag

Le Programme d’actions du Gouvernement (Pag) lancé le 16 décembre 2016 est de plus en plus exposé à certaines critiques de fond. Pourtant ses options de politiques ne manquent pas de pertinence.

Dire que le Programme d’actions du Gouvernement (Pag) est audacieux est un doux euphémisme. Il est donc normal que l’ambition qu’il porte suscite de l’intérêt et parfois même des critiques. Mais le mérite de ce document, c’est d’avoir été pensé sur des orientations claires qui dégagent la qualité des options du Gouvernement en termes de mobilisation de ressources, de priorités en infrastructures structurantes et de résultats à atteindre. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, certaines critiques reposent sur le fait que le Pag doit rechercher prioritairement son financement auprès du secteur privé à hauteur de 71% pour les projets phares et 61% pour l’ensemble. Il sied de faire remarquer que la dynamique économique mondiale est aujourd’hui au recours aux ressources privées. Les Etats ont de moins en moins de moyens pour faire face aux œuvres de développement, surtout quand ils n’ont pas de matières premières mises en évidence et exploitées. Pour la taille du financement recherché et pour les grandes ambitions affichées par le Pag, il faut trouver les moyens en urgence. En l’espèce, le « comptons d’abord sur nos propres forces » aurait été un manque de réalisme. Sérieusement, peut-on rigoureusement soutenir par exemple qu’il est possible, en cinq ans, de mobiliser ne serait-ce que la moitié de ce financement uniquement par les taxes diverses sur les populations ? Il est donc indiqué dans les arcanes du pouvoir qu’il ne s’agit donc nullement, à travers ce choix stratégique et objectif du gouvernement, de dérouler le tapis des profits aux acteurs du privé ; mais il est question d’un choix de raison et surtout d’efficacité. 

On reproche également au Programme, l’absence notoire de grands projets industriels. L’Etat n’a pas vocation à construire des usines mais mettre en place les facteurs de production et l’environnement fiscal adéquat pour favoriser l’industrialisation. Sur le coup, le Pag a vu juste de considérer que l’élément basique de toute industrialisation reste l’énergie. Avons-nous aujourd’hui l’énergie à profusion pour soutenir une industrialisation d’envergure ? Non ! Ceci explique toute la volonté du Gouvernement d’investir massivement dans l’énergie pour assurer, après avoir comblé le déficit, l’indépendance énergétique du Bénin. Les investissements engagés depuis 9 mois concourent d’ailleurs à la réalisation de cette ambition. Le Pag l’énonce bien, à terme, le Bénin devrait disposer en propre d’une capacité de 500 MW. C’est donc ce préalable qu’il faut lever d’abord avant d’espérer une industrialisation conséquente du pays. On ne peut reprocher au gouvernement de vouloir créer les bases nécessaires à l’émergence d’une industrie porteuse de création massive d’emplois, d’autant que son Programme d’actions projette de génèrer 500.000 emplois.

La problématique de la dette !

La question de l’augmentation de la pression fiscale sur les populations suite à l’alourdissement de l’encours de la dette est pertinente pour peu qu’on soit soucieux du respect des critères de convergence au niveau de l’Uémoa. Selon le schéma du Pag, l’encours de la dette devra passer de 41,6% à 61,3% du Pib au cours de la période 2016-2021. Si les chiffres évoqués semblent intrigantes, il convient de rappeler le contexte dans lequel ils ont été définis. Même si comparaison n’est pas raison, il faut signaler que le gouvernement Talon a hérité d’un encours culminant à 70% en 2016. Ce qui l’a conduit à réaliser le collectif budgétaire pour le ramener à la proportion plus soutenable de 50%. Puis, une lecture sérieuse et objective du document montre que de 2017 à 2019, l’encours de la dette connaît un accroissement constant. Cela est dû, ainsi que l’a révélé le ministre de l’Economie et des Finances, au choix stratégique du Gouvernement de s’endetter pour réaliser des investissements structurants. La philosophie qui porte cette volonté est que pour compter de 2020, les investissements structurants effectués ont commencé à générer leurs effets. D’où l’encours connaît-il une baisse à partir de 2020, passant de 63,1% en 2019 à 62% en 2020. Une tendance baissière qui se poursuit en 2021 avec un encours descendant à 61,3%. Et la même tendance se poursuit sur le long terme, jusqu’en 2032.
D’autres critiques évoquent un « processus bureaucratique d’élaboration et de mobilisation autour du programme». Pourtant, il est de notoriété publique que la matrice du Pag demeure le projet de société du candidat Patrice Talon dont la réalisation avait recueilli les critiques et amendements des populations. Mieux, le processus d’élaboration du Pag a consisté en une mobilisation des compétences de tous horizons, et en des descentes sur le terrain. Le Pag est sorti des tripes des cadres béninois. Les cabinets Deloitte et Attias ont été sollicités, c’était juste, s’agissant du premier, pour aider à l’élaboration des fiches de certains projets et, pour ce qui est du second, dans le cadre d’un appui-conseil pour l’événementiel ?

Actualités 20 janv. 2017


Parc national de la Pendjari : La mise en affermage fait rêver

La décision du Gouvernement béninois de mettre en affermage le parc national de la Pendjari est visiblement bien accueillie par des acteurs de la réserve. Ils espèrent des investissements privés pour élever son niveau de conservation et accroitre son attrait touristique.

Les acteurs intervenant dans la réserve de la Pendjari sont unanimes. N’eut été l’appui des partenaires techniques et financiers, ce parc national serait un patrimoine touristique en ruine. A l’intérieur du parc, 60 km de pistes sont nouvellement réhabilitées, des miradors reconstruits, des actions de surveillance renforcées grâce au Projet d’appui à la gestion des aires protégées (Pagap) financé par la Banque mondiale, en complément à d’autres appuis de partenaires tels que la coopération allemande, le Fonds français pour l’Environnement mondial (Ffem) ou le programme Mab/Unesco.
Si ces investissements ont sonné le regain d’intérêt des touristes, des défis restent encore à relever pour faire du parc de la Pendjari un choix de destination privilégié des touristes en quête de Safari. Du coup, la décision gouvernementale de mise en affermage du parc est saluée par de nombreux acteurs. La gérance du Parc sera assurée le mois de février prochain par African Park Network, un organisme non gouvernemental de bonne réputation en matière de gestion des réserves de biosphère en Afrique. « Cette mesure permettra surtout d’élever le niveau de conservation et de drainer des investissements dans le parc qui en a vraiment besoin pour son attractivité », soutient Cosme Kpadonou, chargé de promotion à la direction nationale du parc de la Pendjari. Le nombre de visiteurs du parc est estimé en moyenne à 6500 ces cinq dernières années. Insuffisant au regard de son potentiel. A la marre à crocodile de Bali, premier passage de curiosité pour tous les touristes, les mauvaises herbes ont envahi une bonne partie de la surface de l’eau, une situation inconfortable pour les guides. Mais il faut de la liquidité pour opérer le curage de la marre. « On est conscient que le potentiel du parc n’est pas totalement exploité. Avec tout ce qui se dit, on s’attend à ce que le niveau de qualité soit rehaussé. Gérer un parc demande beaucoup de moyens que l’Etat n’a pas. Avec African Park, ces moyens pourront être mobilisés », espère-t-il.
La zone classée de la réserve de biosphère de la Pendjari couvre une superficie de 480.000 hectares. Elle est constituée de trois zones de chasse et du Parc national de la Pendjari qui occupe à lui seul une superficie de 275 000 hectares. Le tourisme dans la réserve est générateur de revenus pour les populations riveraines. Chaque année, une dotation non négligeable des recettes de la chasse et de la pêche est réservée à hauteur de 30% aux 37 Associations villageoises de gestion des réserves de faune (Avigref) de la réserve. Elle est destinée essentiellement à soutenir les efforts de surveillance villageoise mais également les actions de développement comme la construction d’écoles, le forage de puits et l’accès aux soins de santé.

Economie 19 janv. 2017


Plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort au Bénin: Amnesty international et Acat chez le président Houngbédji

Plusieurs délégations ont été reçues en audience ce mercredi 18 janvier par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Parmi celles-ci figurent les sections béninoises d’Amnesty international et Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) qui travaillent entre autres pour l’abolition effective de la peine de mort au Bénin.

S’il faut reconnaître que le Bénin a fait des avancées législatives significatives sur le plan pénal, il n’en demeure pas moins vrai que des efforts restent à faire. Le pays n’a pas encore totalement aboli la peine de mort. Actuellement, on dénombre encore quatorze condamnés qui attendent dans le couloir de la mort. C’est une situation qui n’honore pas le Bénin. Et Amnesty international et Acat Bénin qui travaillent pour changer les données ont jugé utile d’aller échanger avec le président de l’Assemblée nationale sur la question. La délégation a été reçue en audience ce mercredi 18 janvier. Au sortir de l’entretien, Fidèle Kikan, directeur de la section béninoise d’Amnesty international a souligné que le président Adrien Houngbédji a été très sensible à la préoccupation. Il a demandé, à en croire Fidèle Kikan, à ses collaborateurs immédiats de lui produire une fiche pour accélérer l’étude et l’adoption du projet de loi portant Code pénal en République du Bénin. Les deux organisations de la Société civile, quant à elles,ont été instruites pour saisir le président de l’Assemblée nationale par courrier, aux fins du vote d’une recommandation à l’endroit du Gouvernement pour la prise d’un décret dans les meilleurs délais. Ledit décret aura pour but de commuer les peines de mort en peine de prison à temps.

Le président de l’Assemblée nationale a aussi reçu en audience, Léontine Konou Idohou, président du Rifonga-Bénin. Elle a déclaré avoir plaidé pour l’examen et le vote rapide du projet de loi visant la situation des personnes handicapées, déjà en étude au Parlement. Le vote de cette loi et son harmonisation avec la Constitution du 11 décembre 1990, le Code électoral et les Conventions internationales ratifiées par le Bénin, permettra de mettre un terme aux discriminations dont sont victimes les personnes handicapées, explique Léontine Konou Idohou.
A sa suite, le président Adrien Houngbédji a échangé avec une délégation du Conseil national du patronat de la presse et de l’Audiovisuel (Cnpa) conduite par son président Basile Tchibozo. Cette dernière est allée plaider pour la relecture de la loi portant Code de l’information et de la communication en République du Bénin adoptée en 2015, pour le renforcement de la liberté de presse au Bénin. Aussi, le Cnpa Bénin souhaite-t-il, l’avènement d’un Fonds du développement des médias pour évoluer vers de grands groupes de presse et la mise en place de la centrale des intrants. Basile Tchibozo, le président de cette structure, a annoncé pour les heures à venir la levée probable, par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), de la mesure conservatoire de fermeture de certains organes de presse de la place. Les discussions toujours en cours sur ce dossier ont beaucoup évolué, révèle le président du Cnpa?

Actualités 19 janv. 2017


Dr Stamaël Makoutodé, médecin de travail: « Celui qui fait le bilan de santé s’achète la longévité »

L’intérêt du bilan de santé n’est pas toujours perçu de tous. Pourtant, cet exercice annuel est une garantie de longévité. Dr Stamaël Makoutodé, médecin de travail, explique ici son importance.

La Nation : Qu’est-ce qu’un bilan de santé ?

Dr Stamaël Makoutodé : Quand on parle de bilan de santé, on y voit deux aspects. Le premier, c’est que vous avez été en consultation pour un mal et le médecin vous a demandé de faire des analyses. Dans ce cas de figure, le thème bilan de santé n’est pas approprié. On parlera plutôt des analyses biomédicales pour approfondir son diagnostic ou son traitement. Mais en réalité, lorsqu’on parle de bilan de santé, on pense à un bilan systématique que nous devons faire un certain nombre de fois par an. Le bilan de santé renvoie aussi à un ensemble d’analyses et d’examens qui permet d’anticiper sur un problème de santé. Il permet de prévenir certaines maladies et d’adapter le travail du patient au sein de l’entreprise.

Quel est l’intérêt du bilan de santé ?

Le bilan de santé permet de maintenir les gens en forme. Cet exercice annuel permet au médecin d’apprécier le travail professionnel du patient par rapport à son âge. Ce n’est pas à l’heure du recrutement qu’il faut recourir au bilan de santé.

Quelle catégorie de personnes peut faire le bilan de santé ?

Le bilan de santé dépend de trois facteurs : l’âge, les antécédents médicaux et le métier qu’exerce le patient. Le bilan qu’un médecin va demander à un journaliste sera différent de celui qu’il fera à un cadreur ou à un travailleur d’usine par exemple. La démarche varie également lorsqu’il s’agit d’un diabétique ou d’un asthmatique. A partir de 16 ans, tout le monde peut faire son bilan de santé. Travailleur ou non, tout individu doit faire son bilan de santé au moins une fois par an.

Que diriez-vous alors à ceux qui prétextent du stress des résultats des différentes analyses pour le négliger ?

La première des choses, c’est de savoir que le bilan de santé vise d’abord à protéger celui qui le fait. En le faisant, vous allez découvrir que vous êtes en forme ou vous êtes malade. Les 99% des cas révèlent que toutes les maladies détectées aujourd’hui, surtout quand elles sont précoces, doivent être traitées. Lorsqu’on procède au dépistage précoce, le traitement est facile. La date du bilan de santé dépend de l’organisation individuelle et personnelle. Il est préférable de choisir une date ou une période dans l’année pour le faire. C’est le bilan initial qui va démontrer si le patient est hypertendu, ou s’il a la goutte. L’article 197 du chapitre 4 du Code du travail oblige l’employeur qui a au moins trente employés à procéder aux visites médicales obligatoires. Ces visites sont adaptées au poste de travail et à la personne. L’employeur peut changer de poste à son employé au sein de l’entreprise au terme d’un bilan de santé. On appelle ça les aménagements de postes. Le médecin de travail n’est pas obligé de dire à l’employeur ce pourquoi il faut lui changer de place. Lorsqu’on parle de bilan de santé, il y a aussi ce qu’on appelle les visites de reprises de poste. Ce volet prend en compte les personnes qui quittent momentanément l’entreprise pour des raisons de missions,de voyages, ou d’arrêt de travail,… et qui peuvent y revenir avec des maladies endémiques. Au titre de ces maladies, on peut citer la varicelle, la conjonctivite, etc. En principe, lorsqu’un employé s’absente de son poste de travail pour ces différents motifs, à son retour, il doit chercher à rencontrer un médecin pour une visite.
Les gens ne doivent pas avoir peur du bilan de santé. De nos jours, il n’y a pas de maladiessans solution médicale. C’est encore mieux de le savoir et de le prendre en charge plutôt que de traîner les pas pour faire face après aux conséquences désastreuses. Il vaut mieux prévenir que guérir.

Mais le bilan de santé a un coût ?

Aujourd’hui, on chiffre le bilan de santé entre 60 et 100 mille francs. Et il existe suffisamment de laboratoires sérieux à Cotonou qui peuvent le faire. Mais n’oubliez pas, il faut toujours commencer le bilan de santé par un médecin et même au terme dudit bilan, il faut toujours lui exiger un rapport médical qui atteste que vous avez été vraiment reçu. Cela sert de pièce au patient qui peut le fait valoir à des postes.

Quels risques court celui qui ne fait pas son bilan de santé ?

Celui qui ne fait pas le bilan de santé court un grand risque. Il sera étonné de tomber gravement malade et on ne pourra rien pour lui. Il n’y a pas de maladies que l’homme contracte brusquement. Ça n’existe pas. C’est comme la moto ou la voiture. Il n’y a aucune panne brusque sur un véhicule. Ça prévient toujours comme la maladie. Donc quelqu’un qui fait un bilan de santé régulièrement ne serait-ce qu’une seule fois par mois, peut anticiper sur des maladies graves. Si je suis hypertendu et que je ne fais pas du tout de visites, de consultations et des analyses biomédicales, c’est le jour où je ferai un accident cardio-vasculaire (AVC), que tout le monde se rendra compte que je souffrais de l’hypertension. Donc c’est très important de faire le bilan de santé et que l’employé sache qu’il a des droits dans ce sens.

Beaucoup d’employés ne le savent pas

Il y a les délégués du personnel qui doivent pouvoir former avec leur direction ce que nous appelons le Comité d’hygiène, de santé et de sécurité dans l’entreprise (CHSST). C’est dans ce creuset là qu’on défend tout ce qu’il faut pour la santé et la sécurité au travail, d’où la visite médicale.

Quels sont les examens qui constituent le bilan de santé ?

Pour faire le bilan de santé, il faut commencer par le médecin généraliste ou le médecin de travail et selon les résultats obtenus. Ces derniers peuvent vous renvoyer vers les spécialistes. Pour quelqu’un qui a un problème de cœur, il sera envoyé chez le cardiologue. Il y a le bilan sanguin qui nécessite la prise de sang et qui prend en compte plusieurs analyses. Après ça, il y a le bilan urinaire, qui passe par la prise de l’urine. Ce bilan permet de détecter les germes se trouvant dans l’urine, et d’apprécier le taux de sucre que renferme l’urine. Passée cette étape, on va procéder à la prise de selle parce qu’il y a des maladies qui se manifestent par la selle. Il faut maintenant procéder aux mesures biométriques, qui consistent en la prise de la taille, du poids et du calcul de l’indice de masse corporelle. S’ensuit le test visuel. Il faut ensuite interroger le cœur et le poumon pour faire ce qu’on appelle l’électrocardiogramme (OCG) qui renseigne sur l’électricité du cœur. Du poumon, on peut aller jusqu’à la radio parce qu’on va faire l’exploration fonctionnelle respiratoire qui permet de voir votre puissance respiratoire.
En termes d’examens entrant dans le cadre du bilan de santé chez la femme par exemple, nous parlerons du cancer du col de l’utérus, des tumeurs et du cancer du sein. Chez l’homme, nous parlerons du cancer de la prostate. Celui qui fait le bilan de santé une fois par an, s’achète ainsi la longévité. Le bilan de santé est un examen pluridimensionnel.

Quels conseils pouvez-vous prodiguer aux populations pour qu’elles comprennent l’intérêt du bilan de santé ?

Je donnerai trois conseils essentiels. Premièrement, il importe que les gens cessent l’automédication. Un mal de tête peut faire penser à un minimum de 15 maladies. Or, nous nous jetons pour traiter le palu et la fatigue. Deuxièmement, il ne faut pas négliger les examens que demande le médecin après diagnostic. Et troisième chose, je vais vous emprunter l’adage qui dit que mieux vaut prévenir que guérir. Il vaut mieux savoir que de ne pas savoir. En faisant le bilan de santé vous prévenez la survenue de toutes les maladies ou lorsque les maladies sont là, vous les prenez en charge plus tôt.

Propos recueillis par Maryse ASSOGBADJO

Santé 17 janv. 2017


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