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Nouvelles

Débats budgétaires au Parlement: 59 milliards F Cfa pour 25 projets dans le secteur de l’énergie
Pour l’année 2021, le ministère de l’Energie exécutera au moyen de son budget établi à 59,166 milliards F Cfa, 25 projets qui permettront de consolider la production d’électricité à partir notamment des sources thermiques et d’impacter 450 nouvelles localités. 2021 sera l’année de la vraie transition énergétique au Bénin. Le ministre de l’Energie, Jean-Claude Houssou, était face à la Commission budgétaire de l’Assemblée nationale pour défendre le projet de budget de son département au titre de 2021. Lequel budget est établi à la somme de 59,166 milliards F Cfa et va permettre au ministère de réaliser 25 projets dans le secteur énergétique et d’impacter 450 nouvelles localités. Il est en accroissement de 30 % par rapport aux crédits ouverts en 2020. Cette augmentation traduit la volonté et l’engagement du gouvernement à faire de ce secteur, un pôle stratégique, capitalistique et prioritaire dans le cadre du Programme d’action du gouvernement (Pag). Face à la presse parlementaire, le ministre Jean-Claude Houssou a laissé entendre que 2021 sera l’année des grands travaux et d’efficacité énergétique. Ceci, compte tenu de la multiplicité des projets prévus allant de la production à la distribution en passant par le transport de l’énergie électrique. « Nous avons plusieurs grands projets emblématiques pour l’année 2021. Nous avons le début de construction de nouvelles centrales thermiques, une nouvelle centrale de 120 mégawatts comme celle que nous avons inaugurée à Maria-Gléta il y a un an et une autre de 25 mégawatts », a souligné le ministre. Le secteur des énergies renouvelables n’est pas du reste. Ici, le ministre de l’Energie annonce la construction de six centrales solaires dont quatre d’une puissance de 50 mégawatts à Bohicon, Parakou, Djougou et Natitingou dans le cadre des relations entre le Bénin et le programme Mca-Bénin. Les deux autres sont de 10 mégawatts chacune et seront réalisées par des investisseurs privés. Toutes ces infrastructures énergétiques viendront pour renforcer la centrale solaire de 25 mégawatts lancée, il y a deux semaines, à Illoulofin dans la commune de Pobé. Selon le ministre, le Bénin a atteint une autonomie énergétique de 60 %. Le pays n’a plus loué aucun moyen de production en location, assure Jean-Claude Houssou. Plusieurs réseaux de haute ou de basse tension sont construits. Le nombre de clients de la Sbee a augmenté de 25 % pour passer de 535 000 au début 2016 à aujourd’hui 670 000 clients. Le temps de coupure qui était à plus de 75 heures par an et par client est descendue à 13 h. Mieux, le temps moyen de dépannage qui était de 10,6 h à fin 2015-début 2016 est passé aujourd’hui à moins de deux heures, informe le ministre de l’Energie. Actualités 30 nov. 2020


Préliminaires de la Ligue des champions d’Afrique: Belle opération du Mouloudia Club d’Alger à Porto-Novo
Champions du Bénin en titre, les Buffles FC du Borgou ont été tenus en échec (1-1), samedi 28 novembre dernier, au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo par le Mouloudia Club d’Alger dans le cadre de la manche aller du premier tour des préliminaires de la Ligue des champions de la Confédération africaine de Football. C'est une belle opération pour les visiteurs qui prennent une sérieuse option pour la qualification avant le match retour prévu pour le vendredi 4 décembre prochain, au stade du 5 Juillet d’Alger. Actualités 29 nov. 2020


Véronique Janssen à propos de la coopération Union européenne-Bénin: « Le changement climatique est au cœur de nos programmes »
Plus vieux que le Covid-19, le changement climatique est un phénomène qui agite le monde et concentre l’attention de tous les Etats. C’est d’ailleurs pour sensibiliser à cette réalité que la Délégation de l’Union européenne organise la Semaine de la diplomatie climatique. Véronique Janssen, chargée d’affaires de la Délégation de l’Union européenne au Bénin, explique ici l’enjeu de la semaine diplomatique et partage les axes de coopération entre l’Union européenne et le Bénin dans le sens de la protection de l’environnement. La Nation : En quoi consiste la Semaine de la diplomatie climatique ? Véronique Janssen : L’Union européenne voit dans cette semaine une période de sensibilisation et de mobilisation de l’ensemble des acteurs autour de la problématique du climat. C’est aussi l’occasion pour elle de réaffirmer ses politiques et engagements par rapport au climat et de lancer un appel à ses partenaires pour une prise en compte sérieuse de la question du climat et son intégration dans les options politiques. En 2019, nous avions déjà organisé une semaine de diplomatie climatique au cours de laquelle nous avons participé à une session d’éco-running au quartier Fidjrossè avec Sachets Héloué ; organisé des activités manuelles avec les enfants des Ong"Atelier des Griots" et "Tamaee" sur le thème du recyclage - changement climatique et énergies renouvelables à la Maison des jeunes d'Akpakpa-Dodomey. Nous avions également participé à des émissions radios sur Ortb et Frissons au sujet de la thématique du changement climatique. L’édition 2020 de la Semaine de la diplomatie climatique s’est étendue du 24 septembre au 11 octobre 2020. Les activités réalisées dans ce cadre sont essentiellement numériques: un concours de réalisation d’autoportrait avec des objets recyclés sur les réseaux sociaux; la publication d’une tribune dans la presse ; 4 émissions radios et télévisuelles sur des thématiques comme la protection de la biodiversité ; l’agro-écologie et l’assainissement ; la publication de vidéos de sensibilisation d’influenceurs, d’artistes et d’Ong du secteur sur Facebook, Twitter et Instagram ; la diffusion d’un quiz sur la biodiversité sur Facebook, Twitter et Instagram, une interview radiophonique pour sensibiliser et mobiliser le public sur le changement climatique. La diplomatie climatique est déterminante en dépit de la crise sanitaire. Pourquoi cette diplomatie climatique reste si importante en période de Covid ? C’est à juste titre que la crise liée au Covid-19 avec son impact dramatique sur la santé et l’économie est au centre de notre attention immédiate. Toutefois, il faut se rendre à l’évidence qu’au moment où la planète s’allie pour trouver un vaccin pour le Covid, il n’y aura pas de vaccin pour le changement climatique. On peut considérer que les émissions de gaz à effet de serre ont été réduites de 30 à 35 % durant ces derniers mois, en grande partie grâce à la forte diminution du trafic aérien et routier. Mais cette baisse drastique repose sur une sobriété imposée et non organisée et certainement pas souhaitée. Cette réduction des émissions risque donc de n’être qu’éphémère. De plus, les conséquences du changement climatique sont indéniables. Depuis deux décennies environ, les régimes pluviométriques du Bénin connaissent des fluctuations parfois très marquées, caractérisées par des phénomènes de sécheresse, d'inondations et de pluies violentes. Ceci se traduit par des effets très visibles comme la montée fulgurante du fleuve Niger au mois d’août dernier qui a entraîné l’inondation de plus de 500 habitations et la destruction de 1700 hectares de cultures, pour un total de 56 000 sinistrés. Mais les principaux dangers ne se dévoilent que lentement et il est beaucoup plus difficile d'y remédier. C'est par exemple l'érosion des côtes qui menace les populations locales, ce sont les pluies tardives qui perturbent la semence, ou encore la sécheresse qui entraîne la disparition des récoltes, de la faune et de la flore et qui engendre l’appauvrissement des terres agricoles. Dans la presse béninoise, la directrice de Cabinet du ministre du Cadre de vie et du Développement durable a notamment relevé une baisse de la productivité agricole de 10 % sur les 10 dernières années due aux effets conjugués de la dégradation rapide des forêts et de la gestion non durable des écosystèmes. Le changement climatique constitue aussi une menace à la paix et à la sécurité; il multiplie les risques d'instabilité géopolitique affectant en particulier les pays les plus vulnérables, avec des impacts dévastateurs allant de l'instabilité politique à l'insécurité alimentaire, aux faiblesses économiques et aux déplacements massifs de populations. Agir contre le changement climatique est donc agir en faveur de toute la population, qu'elle soit urbaine ou rurale. Et puisqu'il s'agit d'un défi sur le long terme, agir maintenant est également agir en faveur de la jeunesse puisque c'est elle qui payera le prix plus tard pour l'inaction dont on ferait preuve maintenant. Quand le Covid nous oblige à réfléchir à la relance économique, il est important d’y incorporer les leçons climatiques pour être sûrs que cet avenir soit le meilleur possible. Ensuite, il est tout aussi important de mobiliser toute la population autour de cette ambition. Quelle est la place de la lutte contre le changement climatique dans la politique de coopération de l'Ue aujourd’hui au Bénin ? La lutte contre le changement climatique est au cœur de nos programmes et actions de coopération au Bénin et vise tous les secteurs vitaux du pays à savoir l'agriculture, l'eau, l'énergie, les écosystèmes, la stabilité et la sécurité. Quelques exemples concrets sont : la construction en partenariat avec l’Agence française de développement d’une importante centrale solaire à Onigbolo (dans la commune de Pobé ) avec une capacité de 25 Mw (la centrale Defissol), qui permettra de couvrir la consommation d'environ 180 000 personnes et de réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 23 000 tonnes de Co2 par an sur une période de 25 ans ; l’appui aux autorités nationales dans le domaine du bois-énergie par le biais du programme de Renforcement des capacités des acteurs du secteur de l’Energie au Bénin (Recaseb), notamment à travers des formations ciblées pour des artisans charbonniers et des formateurs forestiers certifiés dans différents départements et bassins forestiers du pays. 155 artisans charbonniers ont ainsi été formés à utiliser peu de bois pour obtenir une grande quantité de charbon, ce qui permettra de lutter efficacement contre la destruction massive des ressources forestières ; la gestion des forêts de mangroves qui cible la Bouche du Roy exposée à l’érosion et où la mangrove joue un rôle essentiel dans la fixation des sédiments et le stockage du carbone…, la liste est longue. Le changement climatique est également le fil rouge de notre coopération avec le gouvernement, que ce soit dans l’accompagnement de mesures d’énergie renouvelable et efficacité énergétique avec le programme Recaseb de près de 12 milliards de F Cfa, ou nos activités et appui budgétaire dans le cadre de l’agriculture pour plus de 45 milliards de F Cfa. Environnement 27 nov. 2020


World Athletics 2020: L’Ougandais Joshua Cheptegei présent dans le top 5
Le meilleur athlète masculin de l’année sera connu le 5 décembre prochain lors d’un gala qu’organisera la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) en ligne. Le titre pourrait revenir à l’un de ces cinq athlètes à savoir l’Ougandais Joshua Cheptegei (Fond), l’Américain Ryan Crouser (Poids), le Suédois Mondo Duplantis (Perche), l’Allemand Johannes Vetter (Javelot) et le Norvégien Karsten Warholm (400 m haies). Joshua Cheptegei qui a battu le record du monde sur les 5 000 m (12:35.36), 10.000 m (26:11.00) et les 5 km sur route (12:51) portera les espoirs de l’Afrique, après l’élimination de son compatriote Jacob Kiplimo et du Kényan Timothy Cheruiyot qui figuraient parmi les dix nominés. L’Ethiopienne Letesenb et Gidey (5 000 m), la Néerlandaise Sifan Hassan (demi-fond, fond), la Kényane Peres Jepchirchir (semi-marathon), la Vénézuélienne Yulimar Rojas (triple saut) et la Jamaïcaine Elaine Thompson-Herah (100 m) sont les cinq finalistes du trophée de l'athlète féminine de l'année. Par contre l’Ethiopienne Ababel Yeshaneh (semi-marathon), les Kényanes Hellen Obiri et Faith Kipyegon qui étaient dans le top 10 des nominées ont été éliminées. Hommage à Diego Maradona Plusieurs personnalités politiques et sportives ont salué la mémoire de la légende argentine du football Diego Maradona, décédé, mercredi 25 novembre à l’âge de 60 ans. Au nombre de ceux-ci figurent le président français, Emmanuel Macron, les internationaux Zinédine Zidane, Peter Shilton et le roi Pelé. Zinédine Zidane : « Nous sommes très tristes » « C'est une perte énorme pour le monde en général, et pour le monde du football en particulier. J'ai gravé dans ma tête son Mondial 1986. Cela nous touche profondément, nous sommes désolés, surtout pour sa famille. Je n'ai pas de mots. Nous sommes très tristes de cette nouvelle». L’Elysée au nom d’Emmanuel Macron : « Diego se queda ». « Le président de la République salue ce souverain incontesté du ballon rond que les Français ont tant aimé. À tous ceux qui ont économisé leur argent de poche pour compléter enfin l'album Panini Mexico 1986 avec sa vignette, à tous ceux qui ont tenté de négocier avec leur compagne pour baptiser leur fils Diego, à ses compatriotes argentins, aux Napolitains qui ont dessiné des fresques dignes de Diego Rivera à son effigie, à tous les amoureux de football, le président de la République adresse ses condoléances émues. Diego se queda ». Peter Shilton : « Le plus grand joueur que j'aie jamais affronté» « C’est le plus grand joueur que j'aie jamais affronté. Ce que je n'aime pas, c'est qu'il ne se soit jamais excusé. A aucun moment, il n'a admis avoir triché et dit qu'il voudrait s'excuser. A la place, il a utilisé son expression main de Dieu. Ce n'était pas juste. Il semble qu'il avait de la grandeur en lui, mais malheureusement pas d'esprit sportif ». Roi Pelé : « J'espère qu'un jour nous pourrons jouer ensemble au ciel » « Quelle triste nouvelle. J'ai perdu un grand ami et le monde a perdu une légende. Il y a beaucoup à dire, mais pour l'heure, que Dieu donne de la force à ses proches. J'espère qu'un jour nous pourrons jouer ensemble au ciel ». Maradona enterré hier L'icône du football argentin décédé à 60 ans, Diego Maradona a été inhumé, hier, jeudi 26 novembre au Jardin de paix, à Bellavista, au nord-est de la capitale argentine, où reposent ses parents. Avant l’enterrement, des dizaines de milliers de personnes dont l’ex-femme du disparu, Claudia Villafane, et leurs deux filles, Dalma et Gianinna, ont passé la nuit mercredi sur la Plaza de Mayo, face au palais de la présidence argentine pour rendre hommage à la légende du football. Sports 27 nov. 2020


Santé: Bougez plus, vivez mieux et plus longtemps !
L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) annonce que 5 millions de décès par an pourraient être évités si la population mondiale était plus active. Un adulte sur quatre et, quatre adolescents sur cinq n’ont pas assez d’activités physiques. À l’échelle mondiale, on estime le coût en soins de santé directs à 54 milliards de dollars. L’Oms rappelle que l’activité physique, quels qu’en soient le type et la durée, peut améliorer la santé et le bien-être. Dans le contexte de la pandémie de la Covid-19 où de nombreuses personnes sont contraintes de rester chez elles, les nouvelles Lignes directrices sur l’activité physique et la sédentarité, insistent sur le fait que chacun doit avoir une activité aérobique quotidienne. Selon les experts, au moins 150 à 300 minutes par semaine sont conseillées pour tous les adultes, y compris les personnes atteintes de maladies chroniques ou en situation de handicap, et une moyenne de 60 minutes par jour pour les enfants et les adolescents. L’exercice régulier est essentiel Une activité physique régulière est essentielle pour prévenir et mieux prendre en charge les maladies cardiaques, le diabète de type 2 et le cancer, ainsi que pour réduire les symptômes de dépression et d’anxiété, atténuer le déclin cognitif, améliorer la mémoire et stimuler la santé du cerveau. Tout au long de la grossesse et après l’accouchement, les femmes sont encouragées à maintenir une activité physique régulière. Les nouveaux conseils de l’Oms soulignent également les avantages précieux que l’activité physique apporte pour la santé des personnes handicapées. En ce qui concerne les personnes âgées de plus de 65 ans, il est fortement conseillé d’ajouter des activités axées sur l’équilibre et la coordination, ainsi que sur le renforcement musculaire, ce qui aide à prévenir les chutes et à améliorer la santé. Toute activité physique est bénéfique. Marche, course, trottinette ou vélo, mais aussi tâches ménagères, nettoyage, jardinage, danse et jeu, tout mouvement est bénéfique pour conserver la forme. Etat des lieux inquiétant Selon l’Oms, un quart des adultes et 80 % des adolescents ne remplissent pas les objectifs fixés. On se doute que les mesures de confinement liées à la pandémie n’ont pas amélioré la situation, bien que, pour l’instant, aucune étude n’ait pu être effectuée. Quoi qu’il en soit, le phénomène est inquiétant parce que la sédentarité a des conséquences sur la santé et peut susciter toute une palette d’effets délétères pour la santé. Au niveau mondial, cette inactivité coûte cher en soins directs : 54 milliards de dollars, et 14 milliards de plus en pertes de productivité. L’Oms encourage les pays à adopter ces lignes directrices mondiales en vue d’élaborer des politiques nationales de santé à l’appui de son « Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique 2018-2030 ». Les dirigeants mondiaux avaient adopté ce plan en 2018 à l’occasion de la 71e Assemblée mondiale de la Santé dans le but de réduire de 15 % le manque d’activité physique à l’horizon 2030. Par Catherine Fiankan-Bokonga Correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse) Santé 27 nov. 2020


Sécurité dans les zones frontalières: Les priorités d’action pour un climat de paix
La question sécuritaire prégnante dans les zones transfrontalières sera résolue par la mise en œuvre de plans locaux de sécurité. Des priorités d’action sont définies pour préserver le climat de paix et les richesses nationales dans les communes concernées. Le Guide méthodologique des Plans locaux de sécurité (Pls) dont le Bénin s’est doté en 2014 prend corps. La phase pilote s’est concrétisée avec le lancement du tout premier Pls, celui de la commune de Kétou pour la période 2021-2030, après un diagnostic révélant un malaise d’insécurité chez les populations des zones frontalières. Les espaces frontaliers terrestres couvrent dix des douze départements, soit 36 communes frontalières sur les 77 que compte le Bénin pour quelque 90 arrondissements concernés. Ces zones regorgent d’importantes ressources naturelles, comme le fer à Loumbou-Loumbou et à Madécali, l’or à Perma, etc. Le coton qui porte la croissance du pays vient en grande partie de Banikoara, une commune frontalière avec le Burkina Faso en proie aux actes terroristes. L’enjeu est grand et il convient de doter chacune des communes concernées d’une stratégie territoriale de maîtrise des questions sécuritaires en lien avec les Plans de développement communal (Pdc), confie Dr Marcel Ayité Baglo, directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief). Le Pls permettra au maire de coordonner l’ensemble des activités de police administrative dans sa commune afin d’assurer l’ordre, la tranquillité, la sûreté et la salubrité publics. Après Kétou, six communes suivront l’année prochaine dans le cadre de la phase pilote de la mise en place des Pls, notamment dans des « zones en crise » se situant dans les communes du Borgou, de l’Alibori et de l’Atacora, précise Dr Marcel Ayité Baglo. « Les frontières sont à prendre de mieux en mieux au sérieux. Car, quand l’Etat est absent, il est remplacé soit par les religieux, soit par les entrepreneurs de violence, les délinquants », explique-t-il. Dans toutes les régions en crise dans la sous-région, que ce soit au Mali, au Burkina Faso, au Nigeria, au Niger, il y a une forte coïncidence entre les zones frontalières et les zones où le terrorisme sévit, fait remarquer Marcel Ayité Baglo. « Les années à venir doivent être consacrées au développement des espaces frontaliers», préconise-t-il, plaidant pour une discrimination positive à l’égard des zones frontalières. « C’est pourquoi notre pays a pris l’option d’aller vers le développement humain dans ces zones-là, en mettant l’accent sur la sécurité ; d’où la nécessité de faire participer ces populations à la coproduction de la sécurité », précise-t-il. Diagnostic Outre les vols de toutes sortes, les cambriolages, les viols, la contrebande de produits prohibés (drogues, armes, faux médicaments), les zones frontalières connaissent une prolifération anarchique des mosquées et églises, lesquelles s’installent sans autorisation et sans un regard de l’autorité communale. Ce libertinage facilite le blanchiment d’argent, l’endoctrinement des fidèles et engendre des clivages interreligieux pouvant amener à l’extrémisme violent. Une étude qualitative exploratoire sur les risques et facteurs potentiels de radicalisation et d’extrémisme violent, réalisée pour le compte de l’Union européenne (Ue) par une équipe d’experts nationaux dans les quatre départements du Nord en octobre 2018 a alerté sur la situation préoccupante à Kandi, Malanville, Matéri, Natitingou, Parakou, Tanguiéta, Djougou, Nikki. C’est aussi le cas à Kétou où l’analyse diagnostique en prélude à l’élaboration du Pls laisse à craindre dans un contexte régional de montée en puissance des mouvements radicaux et des rébellions. Comme dans d’autres localités frontalières avec le Nigeria, il y est également noté que la souveraineté de l’Etat est mise à rude épreuve par la prédominance du naira, la monnaie nigériane, sur le franc Cfa en vigueur au Bénin. A tout cela s’ajoutent les conflits fonciers, les problèmes de délimitation des frontières avec les localités voisines et les rivalités liées à la transhumance qui engendrent souvent de nombreux dégâts matériels et humains. Toutes choses qui induisent un climat de méfiance et de terreur et justifient la réticence de certains fonctionnaires et des hommes d’affaires non autochtones à s’installer dans ces zones. Par exemple, la commune de Kétou ne dispose d’aucune banque, ni d’aucun centre de loisirs digne du nom. Parer au plus pressé Fort de ces constats, les plans locaux de sécurité viennent à point nommé pour déterminer les priorités d’action ainsi que des réponses opérationnelles et ciblées pour faire face à la criminalité transfrontalière, au grand banditisme, à l’incivisme, aux prémices de la radicalisation et de l’extrémisme violent qui menacent les populations. Outil d’organisation spatio-temporel et de gestion à base communautaire de la sécurité de proximité, le Pls a pour but d’élargir la chaîne des acteurs intervenant dans la prévention et la gestion de la sécurité dans une collectivité territoriale décentralisée. En plus des efforts déjà déployés par l’Etat central et les autorités à divers niveaux, il s’avère un « instrument précieux » qui contribuera à instaurer un climat stable et permanent de paix en vue d’un développement harmonieux et durable de la commune, estime Lucie A. Sessinou, maire de Kétou. Le plan implique le gouvernement central à travers les unités en charge de la sécurité, les élus locaux, les acteurs de l’éducation nationale, les services fiscaux, les chefferies traditionnelles, le secteur privé local, les organisations socioprofessionnelles, les confessions religieuses, les organisations de jeunes et de femmes, les représentants des communautés étrangères. Il permettra d’intensifier la collaboration entre les différents maillons de la chaîne locale de sécurité et de faire comprendre à chacun les enjeux de sa participation à la lutte contre la criminalité. Société 27 nov. 2020


Le président Patrice Talon à Comè: « Je suis fier de mon pays et des Béninois »
Comè a été la deuxième et dernière commune à recevoir le président Patrice Talon au onzième jour de sa tournée de reddition de comptes dans les communes. A la Maison des jeunes de Comè ce jeudi après-midi, l’ambiance était à la fête. Chants, danses et animations folkloriques de tous genres pour recevoir un hôte particulièrement attendu. Bientôt cinq ans que le chantre de la Rupture n’a plus été vu dans cette commune qui lui voue une grande admiration. A Comè, le président de la République a bénéficié d'un accueil chaleureux. « Comè m’a tant adopté», a reconnu le chef de l’Etat. Cet accueil, le maire de la commune le justifie par la vision de développement incarnée par l’homme. « Votre présence ici est un honneur pour Comè. Comè attendait avec impatience cette visite», lance Coffi Bernard Adanhokpè, son maire. Dans la plus peuplée des communes de la 17e circonscription électorale, on s’accorde à dire que le pays se transforme et que les fruits de la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag) font la fierté des populations. Tout cela, le Bénin le doit à l’audace de son président, pense le maire, l’économie, le commerce, la culture, la sécurité, le sport et même le système partisan ont été réformés à telle enseigne que le pays présente désormais un paysage assaini, porteur de développement, estime le maire. Certaines pratiques antisociales n’ont plus droit de cité, se satisfait le maire. Autant de choses qui amènent le maire à lâcher, « on ne change pas une équipe qui gagne », car, selon lui, le président Patrice Talon est le choix convenable pour développer le pays. « Vos efforts louables sont bien visibles sur toute l’étendue du territoire national », lance le maire à l’endroit du président de la République, assurant que Comè connait sa part de transformation dans le Bénin nouveau qui se construit. Comè est dans la première phase de construction de stades aux normes internationales, ce qui anoblit son image au même titre que la modernisation de son marché central. Il se fera donc le porte-parole des jeunes et des femmes et dira ses sincères gratitudes au gouvernement pour ces actions. Dorénavant, plus rien ne sera comme avant. « La route du développement est longue et il faudra du temps pour que chaque localité puisse en bénéficier », martèle Coffi Bernard Adanhokpè qui entrevoit sa commune comme une ville moderne, un pôle économique à fortes potentialités, résiliente aux effets du changement climatique et où règnent la paix et l’unité. Pour en arriver là, Comè doit régler de nombreux problèmes. La longue liste des attentes de la localité sera alors soumise au chef de l’Etat par le maire. Fierté ! Au terme de onze jours de tournée dans les communes du pays, le président Patrice Talon demeure convaincu que les mêmes doléances reviennent çà et là ». Il y a cinq ans, la situation du pays était telle que presque similaire et plus personne ne croyait au changement. Mais au fil des mois, avec la rigueur et les exigences imposées par son gouvernement, tout change. Il invite dès lors la population à y croire davantage. Pour ce qui le concerne, a-t-il expliqué, il est fier du pays et de tous les Béninois. C’est d’ailleurs fort de cela qu’il va à la rencontre des populations pour faire avec elles le point des engagements d’il y a cinq ans et les avancées notées. « Il y a cinq ans, nous avons pris le pari que le moment est arrivé. Vous m’avez confié la tâche de conduire notre pays pendant cinq ans, je suis venu vous dire que pendant ces cinq ans, il semble qu’ensemble nous avons fait certains chemins », indique le chef de l’Etat sous les ovations des populations. « Nous avons fait des efforts dans tous les domaines, pourtant beaucoup de choses manquent encore à l’ensemble », reprend-il. Ce qui est important « dans ce beau pays », selon lui, « c’est le rythme, la vitesse et la qualité avec ce chantier immense dans lequel nous sommes… et il y a espoir et assurance que demain, le marché, la route, l’asphaltage iront dans les localités et les contrées et les maisons qui manquent d’eau l’auront ». La réforme du système partisan, les avancées du Bénin en matière d’eau, d’énergie, d’érection des ouvrages, de l’amélioration des services publics fournis à la population, les réformes concernant le pension des retraites… constituent les autres point sur lesquels le président Patrice Talon a entretenu la population de Comè au cours de cette séance de reddition de comptes. Faut-il le rappeler, une forte délégation gouvernementale composée des ministres Aurélien Agbénonci, Oswald Homeky, José Tonato, Kakpo Mahougnon, Romuald Wadagni, Séverin Quenum ainsi que le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Jonas Gbian, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago et bien d’autres personnalités ont pris part à cette séance. Actualités 27 nov. 2020


Débats budgétaires au Parlement : 88, 639 milliards F Cfa pour le secteur de la santé en 2021
«Le projet de budget du secteur de la santé exercice 2021 s’élève à 88 639 000 000 F Cfa contre 70 639 000 000 F Cfa en 2020 soit une augmentation de 18 320 000 000 F Cfa équivalant à un taux d'accroissement de 26,05%. Ce budget sera consacré à la question de la pandémie du Covid-19 pour renforcer la riposte, mais également pour les investissements qui ont connu une augmentation en vue d’adresser la question des infrastructures. Ainsi, nous allons poursuivre la construction du Centre hospitalier universitaire d'Abomey-Calavi, finaliser les études architecturales pour démarrer la construction de l’hôpital de zone d’Adjarra-Avrankou-Akpro-Missérété, l’hôpital de Zone d’Adjohoun-Bonou-Dangbo, l’hôpital de zone de Zogbodomey-Bohicon-Zakpota, l’hôpital de référence de Ouidah et l’hôpital de zone d'Allada. En dehors de cela, nous allons bientôt opérationnaliser la mise en place de l'appareil d'Imagerie par résonance magnétique (Irm) au niveau du Centre hospitalier national universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), la mise en place d'un scanner au niveau du Centre hospitalier départemental de l’Ouémé et également la mise en place d'un scanner à Parakou. En matière de construction, nous avons la mise en service des équipements pour l’hôpital de zone de Savè-Ouèssè mais aussi le démarrage de l’hôpital de Tchaourou et de six centres de santé qui vont s'ajouter. Il faut dire que nous allons poursuivre le programme de gratuité au niveau de la césarienne, au niveau du paludisme et renforcer les capacités de l'Agence nationale de transfusion sanguine. La question de la mère et de l'enfant constitue une préoccupation avec l’accès aux vaccins. D'ailleurs en matière de vaccin, nous allons adresser la question de la vaccination contre le Covid-19. Nous allons mettre l'accent sur le renforcement du déploiement des ressources humaines dans les structures sanitaires qui existent et les nouvelles afin de pouvoir assurer une couverture efficiente sur toute l’étendue du territoire national et offrir des soins de qualité aux populations. Les députés ont accueilli favorablement la présentation du ministère de la Santé. Ils ont exprimé des préoccupations qui montrent qu'ils ont une connaissance pointue des problèmes de santé prioritaires des populations. Ils ont eu à poser un certain nombre de préoccupations majeures, notamment comment renforcer ce budget en termes d'investissements, de ressources humaines de façon plus efficiente… ». Actualités 27 nov. 2020


Débats budgétaires au Parlement : Environ 107 milliards F Cfa pour les infrastructures et les transports
Le ministre des Infrastructures et des Transports, Hervé Hèhomey, était ce jeudi face aux députés membres de la Commission budgétaire de l’Assemblée nationale. Comme ses autres collègues, il a présenté le projet de budget de son ministère au titre de 2021 estimé à 106 782 290 000 F Cfa pour relever de grands défis. Le ministère des Infrastructures et des Transports aura un peu plus de moyens en 2021 par rapport à 2020. C’est du moins ce qu’il faut retenir du point de presse qui a suivi le passage, ce jeudi, du ministre Hervé Hèhomey, en charge de ce département, devant la Commission budgétaire de l’Assemblée nationale. « Nous venons de présenter le projet de budget du ministère des Infrastructures et des Transports. Nous avons présenté un projet à hauteur de 106 610 935 000 F Cfa qui se décompose en fonctionnement à 3 782 290 000 F Cfa et en investissements à 102 828 645 000 F Cfa », a expliqué le ministre Hervé Hèhomey. Selon lui, il s’agit d’un budget en accroissement de 17 % par rapport à celui de 2020. L'essentiel de ce budget est consacré aux investissements qui seront réalisés au cours de l'année 2021. Lesquels vont concerner, poursuit le ministre, la continuité de certains grands projets et d'autres projets nouveaux qui vont également démarrer. « Nous allons engager l’année prochaine la construction du contournement Nord de Cotonou. Nous avons d’abord fait une première partie des études. Nous avons fait l’approfondissement de ces études ; ce que nous appelons les études techniques détaillées et l’année prochaine, nous allons commencer les travaux proprement dits », a informé le ministre des Infrastructures et des Transports. Il annonce aussi le démarrage d’un certain nombre de travaux routiers en 2021. Le ministre cite surtout la route cotonnière, c’est-à-dire l’axe Djougou-Pèhunco-Kérou-Banikoara. « Cette route, nous allons la démarrer en début d’année prochaine. Tout est quasiment prêt pour le démarrage des travaux », assure Hervé Hèhomey. En termes de grands projets qui vont démarrer en 2021, le ministre ajoute le projet de l’autoroute Sèmè-Podji-Porto-Novo pour lequel le ministère est actuellement à la phase de sélection des entreprises. Plusieurs travaux sont également prévus au Port de Cotonou l’année prochaine. « Nous allons engager la construction des quais Nord. Nous allons en termes de plan directeur du port, réaliser une zone nautique. Il y a aussi le terminal 5», fait savoir l’autorité ministérielle. Il s’agit, selon lui, certes des projets portés par le port mais il est important d’annoncer aux populations ces grandes réalisations. Il y a aussi le centre des affaires maritimes qui sera construit sur le site abritant le bâtiment du ministère des Infrastructures et des Transports, l’Agence nationale des transports terrestres et même la Grande chancellerie. « Cette aire va faire place au Centre des affaires maritimes qui est un grand bâtiment que nous allons construire pour abriter toutes les structures dans le secteur portuaire et maritime », dévoile Hervé Hèhomey. Selon lui, il y aura à côté de tout ceci les travaux de modernisation de l’aéroport de Cotonou sans oublier le projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé pour lequel seront poursuivies l’année prochaine les études d’approfondissement et les services de transport. Le ministre Hervé Hèhomey félicite les députés qui ont été très attentifs aux projets soumis par le gouvernement. «J'ai noté une approche participative des députés pour aider le gouvernement à atteindre ses objectifs. Les députés nous ont fait part de leurs préoccupations et je pense que c'est comme ça que nous allons construire ce pays», se réjouit le ministre des Infrastructures et des Transports. Actualités 27 nov. 2020


Saisine de l’Académie francaise ( Croisade contre les violences faites aux femmes : méditation sur la situation)
A l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous titrions naguère un article ‘’ Nécessaire abandon du concept du sexe faible et nécessité de saisine de l’Académie française’’. Nous tirons avantage de la croisade que mène la ministre des Affaires sociales pour rendre compte de notre engagement en saisissant Madame le Secrétaire Perpétuel de l’Académie française dans les termes qui suivent : « J’ai l’insigne honneur de soumettre à votre bienveillant jugement l’impact effectif qu’a la locution nominale ‘’Sexe faible’’ inscrite au dictionnaire, sur toute politique d’émancipation de la femme notamment dans les pays de l’espace francophone d’Afrique et de suggérer à votre Haute Autorité de bien vouloir se pencher sur l’opportunité de favoriser une expression alternative. I- Notre argumentaire De la légitimité du recours à l’Académie Dans le monde francophone, et particulièrement en Afrique subsaharienne, nous nous prévalons, ainsi que vous le savez, d’une culture ambivalente : l’une fondamentale ayant pour ressort la tradition et l’autre d’apport que véhicule la langue française qui, par son intermédiaire, défend par ricochet, les valeurs de l’Hexagone auprès d’environ 300 millions de locuteurs répartis sur tous les continents dont 212 millions en font un usage quotidien, si nous nous fions aux statistiques dont nous disposons. Et il n’est pas superflu de rappeler que l’espace francophone africain utilise le français, tout à la fois, comme langue de première socialisation, d’usage courant, de travail et d’enseignement. Son influence sur les mentalités de l’espace qu’elle dessert, au rang duquel figure mon pays, la République du Bénin, est si décisive qu’elle autorise ceux qui la pratiquent à appeler l’attention de l’Académie sur les effets induits qu’elle entraine sur le comportement des populations en certaines approches, et singulièrement, en matière de respect des droits de la femme. Du fondement de notre requête Nous fondons notre requête de réforme de la locution ‘’ sexe faible’’ sur la différence que nous faisons entre l’origine d’un mot et l’expression émotive qui en est donnée par le biais de la langue. L’origine nous parait tributaire de l’histoire qui peut remonter aux temps immémoriaux, et l’on n’a pas compétence à modifier les données de l’histoire quand bien même littéraires. A ce titre, l’on peut comprendre que la locution’’ sexe faible’’ que nous mettons sur la sellette, à présent, reste dans sa substance et à travers les âges, figée dans le dictionnaire. Si, trouvant son origine et sa signification dans la bible, elle n’y apparait qu’au dix-huitième siècle, c’est qu’elle reflétait l’état de la considération que l’on donnait à la femme en ces temps-là. Et il sied de reconnaitre, en l’occurrence, que l’Académie elle-même ne s’était pas toujours montrée bien accommodante avec la gent féminine. Le respect que nous devons à l’Institution, en ces temps présents, ne nous autorise point à rapporter les propos, on ne peut plus outrageants, d’académiciens tels Louis Simon Auger au dix-neuvième siècle ou Pierre Gaxotte en plein siècle dernier qui, estimons-nous, ont contribué à tenir, jusqu’en l’année 1980, les femmes à bonne distance de l’auguste assemblée ; d’ailleurs, ne compte-t-elle pas à ce jour que cinq d’entre elles au milieu de vingt-neuf hommes ? Quant à l’expression qui est donnée au mot par la langue, elle nous parait devoir évoluer pour tenir le plus grand compte des réalités socioéconomiques des temps présents. Du déphasage de l’expression ‘’sexe faible’’ avec les réalités sociales des temps modernes et son handicap dans le processus d’émancipation de la femme. Il se fait que les temps ont bien changé depuis lors et que la situation sociale de la femme a évolué tant et si bien que l’expression ‘’sexe faible’’ est devenue non seulement anachronique, mais aussi embarrassante ; et, qui plus est, handicapante autant pour la défense des droits de la femme que pour la promotion de son émancipation. L’on peut comprendre cependant que, prenant le contre-pied de ce point de vue, d’aucuns rétorquent, d’entrée de jeu, que l’expression n’est handicapante d’aucune manière dans la mesure où elle se révèle n’entraver en rien la détermination des Françaises à poursuivre leur lutte notamment aux fins d’obtenir l’égalité des salaires et la parité dans tous les organes de décision. Elles restent donc fermement ancrées dans la dynamique qui les anime depuis fort longtemps pour conquérir leurs droits civiques et sociaux avec pour référence ceux dont bénéficient les hommes, apparemment sans se soucier, outre mesure, du qualificatif que le dictionnaire leur attribue. Il convient de reconnaitre, cependant, que dans leur pays, elles ont l’avantage d’être accompagnées et soutenues par l’évolution des esprits, la loi, et même par la solidarité de la gent masculine éclairée. Force est de constater, toutefois, que dans le reste du monde francophone, en l’occurrence africain, cette dynamique n’en est qu’à ses débuts ; elle est donc fragile. Et au lieu que l’expression qui étiquette la femme l’épaule et la conforte, elle étouffe dans l’œuf cette dynamique naissante, dégradant et rabaissant d’emblée la femme dans les esprits en la discriminant systématiquement. La chose est d’autant plus dommageable en Afrique que déjà, l’éducation traditionnelle, celle donnée au village, enseigne sans nuances et tout en bloc, la suprématie de l’homme sur la femme. En outre, les petites filles et les petits garçons scolarisés apprennent à l’école que ‘’sexe faible’’ signifie femme et que, de manière discursive, l’homme est le sexe fort. Les enfants grandissent avec cette perception de la gent féminine et l’homme contracte mariage avec l’intime conviction qu’il est seul maitre à bord et, qu’en toutes circonstances, la femme, considérée comme une mineure, devra suivre. La femme ordinaire y va avec cet esprit de soumission doublé du sentiment de résignation qui s’ensuit. Et l’expression ‘’sexe faible’’ donne, malencontreusement, l’impression de corroborer et d’entériner cet état de choses. De l’innovante responsabilité citoyenne et sociopolitique des académiciens Il est de notre opinion que si l’on ne peut manipuler l’origine d’un mot, l’expression qui en résulte devrait, à un moment donné du temps, pouvoir être retouchée de quelque manière, particulièrement lorsque la prise en compte de son évolution s’avère nécessaire pour garantir le progrès de l’humanité et la paix sociale. Il est de notoriété publique que la situation de la femme est devenue un enjeu politique majeur, ressortant du bien-être social et de la gestion des affaires publiques. Nous estimons que, dans ce cadre, l’Académie pourrait jouer sa partition en évitant de laisser en l’état toute expression qui, en raison de sa permanence, refrène l’émancipation de l’individu et, en la circonstance, celle de la femme. Elle devrait, pensons-nous, se donner une double responsabilité citoyenne et sociopolitique toute particulière en veillant à ce qu’aucune expression du dictionnaire sous son contrôle ne compromette quelque avancée sociale que ce soit ni ne fasse spécifiquement barrage aux droits de la femme, source de vie qu’elle est. Nouvelle et innovante elle sera, certes, cette responsabilité, d’autant qu’elle transcendera la traditionnelle et tacite neutralité de l’Académie vis-à-vis des affaires publiques alors que les mots dont elle a la garde à travers le dictionnaire peuvent, par leur substance, leur définition et, des fois, leurs interprétations divergentes, influer gravement sur la concorde sociétale tant à l’échelle nationale qu’internationale. En dernière analyse, il appert que la notion de ‘’sexe faible’’ que véhicule la langue française à travers le monde entier manque de rimer avec la valeur ‘’Egalité’’ inscrite dans la devise française et considérée comme un ‘’principe de la République’’. L’expression nous paraît, en effet, rompre avec le principe de l’égalité tant du point de vue métaphysique que constitutionnel en laissant entendre que toute force se trouve du côté masculin et qu’à l’inverse, toute faiblesse est l’apanage de la femme. La dichotomie ainsi entretenue par le dictionnaire interfère inopinément dans la lutte que nous autres, menons dans l’espace francophone africain, en faveur de l’émancipation de la femme. Elle dérange d’autant que, sous son couvert, des hommes, quand bien même lettrés, ont tendance à se comporter envers leurs compagnes avec un machisme d’une autre époque, que continue de véhiculer pourtant la langue française, à son corps défendant certes, mais à mal escient, il faut bien en convenir. Des instruments du changement de la donne et de la marge d’intervention de l’Académie Pour changer l’image, on ne peut plus négative que donne littéralement le dictionnaire de la femme, l’Académie ne pourrait-elle pas mettre à contribution sa rubrique ‘’A dire, et ne pas dire’’ à travers laquelle elle veille sur le bon usage des mots, de l’orthographe et des tournures de la langue ? Nous estimons qu’elle pourrait utiliser ce site, somme toute populaire, pour transformer fondamentalement les regards que les garçons et les adultes masculins portent sur les filles et les femmes. De plus, la révision du dictionnaire par une commission spécifiquement chargée d’y procéder que, du reste, vous présidez vous-même, est effective. A cette occasion, il convient de rappeler, à tout seigneur tout honneur, que cherchant déjà à amoindrir la misogynie de la locution ‘’sexe faible’’, l’Académie avait également attribué à la femme le qualificatif ‘’beau sexe’. Mais il sied de reconnaître que, nonobstant cette tentative d’ennoblissement en quelque sorte de la première, les deux locutions restent sexistes et, à notre avis, suffisamment condescendantes et péjoratives envers la gent féminine pour justifier une nouvelle intervention de l’Académie. Il est vrai que l’Institution aura beau jeu de faire valoir qu’elle n’enregistre pas, en France, un mouvement réprobateur de l’usage ni de l’une ni de l’autre locution dont elle pourrait prendre acte et réagir conséquemment, le cas échéant. Et c’est là que le bât blesse. Le dictionnaire et l’Académie qui le gère sont dans le giron de la France et condamnés à faire cause commune. Mais alors que le dictionnaire a cours dans un espace autrement plus vaste que l’Hexagone et que la signification des mots qu’il contient peut avoir des résonances sociales différentes, selon que l’on se trouve en territoire français ou dans les autres territoires francophones, l’Académie ne donne pas l’impression de le suivre. Certes, les Françaises n’en ont cure de la manière dont le dictionnaire les qualifie dans la mesure où elle n’entrave en rien leur combat et que la législation française les soutient, mais il ne saurait en être de même dans le reste de l’espace francophone où la locution ‘’sexe faible’’ impacte les comportements et où les femmes ont besoin de voix d’intercession pour se faire entendre de l’Académie, mais aussi des autorités politiques de leurs pays respectifs ; c’est, du reste, à cette sollicitude que nous répondons. Il nous parait, en l’occurrence, que la double responsabilité citoyenne et sociopolitique à laquelle nous exhortons l’Académie devrait lui permettre également de prendre en considération les préoccupations spécifiques de l’espace francophone autre que français. II- Notre plaidoirie Outre sa finesse et sa délicatesse que l’homme n’a généralement pas, la femme incarne, sous nos cieux en tout cas, la volonté forte et la détermination dans les fonctions qu’elle occupe ; de même, elle assume avec dignité et abnégation les charges qui lui incombent. Dans nos sociétés, elle est, tout à la fois, épouse, mère, éducatrice et, bien souvent, seule source de revenus de la famille. Elle est mère, et la nature lui a donné l’instinct maternel pour qu’elle s’occupe de ses enfants en symbiose avec son mari. Mais force est de constater que, dans bien des cas, la charge des enfants revient à elle seule ; le papa démissionne bien trop souvent et se décharge carrément de l’éducation des enfants ainsi que des frais y afférents sur leur maman. Abstraction faite des intellectuelles qui, au demeurant, ne représentent qu’une infime partie de la gent féminine, la femme africaine est commerçante, travailleuse agricole, vendeuse à l’étalage, vendeuse ambulante, ouvrière dans les marchés, tout cela sous le chaud soleil ; servante dans les ‘’maquis’’- restaurants populaires ainsi désignés chez nous- et que sais-je encore ? C’est elle qui, son bébé langé dans le dos, s’en va de bonne heure, chanson et sourire aux lèvres cependant, puiser l’eau qu’attend son homme pour se laver. Les sacrifices qu’elle consent à faire n’autorisent vraiment pas à continuer de ne voir en elle que sexe, faiblesse de son sexe et beauté de son sexe par le biais du vocabulaire de la langue qui, paradoxalement, est dans nos pays, celle de la promotion sociale. La femme africaine n’est pas sexe faible, elle est courageuse sans préjudice du fait que, par les temps qui courent, aucune femme au monde ne mérite plus les attributs que lui donne le dictionnaire. De nos jours, les femmes instruites de la planète Terre entière entrent en force dans la vie politique et dans la gestion des affaires publiques au niveau tant civil que militaire. Elles investissent aussi bien les secteurs économiques que scientifiques et littéraires. En outre, l’on ne saurait faire abstraction du fait qu’elles ont participé et participent toujours aux guerres de libération et qu’elles sont aujourd’hui présentes dans les systèmes de défense des pays de la sphère francophone. Dans le mien, elles ont jadis démontré leur courage guerrier ‘’marchant sur les hommes et les défiant’’ dans les conquêtes territoriales de nos rois et dans la lutte contre les forces d’occupation. Amazones, ces dernières les avaient dénommées, en raison de leur combattivité ; forces guerrières féminines hors pair n’ayant rien à voir avec la mythologie grecque. Le Bénin, Dahomey d’antan, était alors dirigé en ce début du dix-huitième siècle, par une reine. III- Nos conclusions : Une dénomination innovante : ‘’la matrice de la vie’’ C’est pour toutes les raisons ci-dessus évoquées, et tout bien pesé, que nous nous permettons de suggérer à votre Haute Autorité, Madame le Secrétaire Perpétuel, d’envisager une alternative à la locution ‘’sexe faible’’ et de favoriser l’expression ‘’matrice de la vie’’. Nous tournerons ainsi définitivement le dos aux deux composantes du traditionnel ‘’sexe faible’’. La biologie et l’identification civile requièrent la différenciation de l’espèce humaine par le sexe, légitimement si tant est que l’on ne peut faire autrement ; mais hors de cette considération, l’usage du terme ne paraît point bienséant parce qu’il induit tout aussi légitimement et déjà, la pudeur. Et lorsque, de surcroît, on lui accole le qualificatif ‘’faible’’ portant jugement de valeur, c’est marginaliser socialement la femme à qui s’applique la locution ne voyant en elle que sexe et faiblesse alors que sa fonction est la plus sociale qui soit. C’est elle qui donne la vie, c’est elle qui fait l’ossature de la société ; elle en est la matrice. Peut-être aussi que, faisant d’une pierre deux coups, l’expression que nous suggérons rehaussera, par ricochet, celle de ‘’ gent féminine’’ qui, elle aussi, connaît une tendance à l’ironisation. En tout état de cause, nous aimons à penser que notre suggestion, ou toute autre qui vous paraîtra meilleure, aura l’avantage de conforter et de positiver le rôle initial de la femme dans la société de l’espace francophone afin d’y permettre son émancipation à l’instar de l’homme ; et ce ne sera qu’équité. Nous concevons, néanmoins, que la locution ‘’sexe faible’’ ne disparaisse pas du dictionnaire; il faut bien qu’elle témoigne de la considération faite à la femme jusqu’alors. Nous souhaitons par contre qu’elle soit affectée de la mention anachronique ou désuet, au même titre que son succédané ‘’beau sexe’. Au total, il nous plaît d’espérer que par sa rubrique ‘’ A dire et à ne pas dire‘’ et qu’à la faveur d’une révision du dictionnaire, l’Académie débarrassera la femme de l’attribut désobligeant de ‘’sexe faible’’ qu’elle traîne comme un boulet depuis des siècles alors que, décidément, elle ne le mérite point. Pourrions-nous, également, nous avancer à dire que l’espoir est de mise dans la mesure où, à nous fier aux informations dont nous disposons, la commission compétente de l’Académie se propose de ‘’refléter l’adaptation de la langue à l’évolution de nos sociétés’’ dans la prochaine édition du dictionnaire ? Nous recourons à la mémoire du Cardinal de Richelieu qui, en confiant la défense de la langue française aux « Immortels », leur demandait, tout à la fois, de la ‘’ normaliser’’ mais aussi de la ‘’réformer ‘’ » Candide Ahouansou Société 27 nov. 2020


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