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Nouvelles

Célestin Tognon, chef service de la Surveillance alimentaire et nutritionnelle à la Dana: « L'iode, un micronutriment essentiel à chaque cellule »
L’iode est essentiel pour le développement humain, voire économique. Mais les populations s’en préoccupent peu par négligence ou par manque d’informations adéquates. Pour bénéficier des effets nutritionnels de cet oligoélément, il convient d’observer certaines règles que Célestin Tognon, chef service de la Surveillance alimentaire et nutritionnelle à la direction de l’Alimentation et de la nutrition appliquée (Dana), structure sous tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), rappelle à travers cette interview. La Nation : Que comprendre à travers l’expression troubles dus à la carence en iode (Tdci)? Célestin Tognon : Les « Troubles dus à la carence en iode » (Tdci) regroupent l’ensemble des manifestations visibles et invisibles qui résultent d’une insuffisance d’iode dans l’organisme. Chaque année, des dizaines de millions de nouveau-nés subissent les conséquences durables des lésions cérébrales que cause la carence en iode. Face à cette situation chaotique, nous avons l’obligation morale de protéger chaque enfant béninois de la première cause au monde de lésions cérébrales pouvant être évitées. Il est de notre devoir envers ces enfants du Bénin de veiller à ce qu’ils naissent en bonne santé et grandissent en réalisant pleinement leur potentiel. L’accomplissement de ce devoir nécessite la participation du secteur privé, l’engagement et la mobilisation politiques, l'organisation de campagnes efficaces d'information et de communication et un système de contrôle efficace afin d’assurer la consommation du sel adéquatement iodé. Quel rôle joue l’iode dans l’organisme au point où sa carence lui est préjudiciable ? L'iode est un micronutriment essentiel dont chaque cellule a besoin. Il est un minéral (oligoélément) utilisé dans la production des hormones thyroïdiennes indispensables à l’organisme pour la croissance de l’enfant, depuis la vie intra-utérine, la maturation du cerveau du foetus et de l’enfant, le fonctionnement du système nerveux de l’adulte, la régulation de la température du corps, le développement des muscles, le fonctionnement normal des organes génitaux et plusieurs autres fonctions vitales chez l’enfant et chez l’adulte. A quoi sont liés les Troubles dus à la carence en iode ? On peut évoquer trois principales raisons.Une consommation insuffisante d’aliments riches en iode (algues, poissons de mer, crustacés, crevette, les produits enrichis en iode tels que le sel iodé, etc.). Une forte consommation de certains aliments goitrigènes qui sont des aliments qui inhibent l’action de l’iode dans l’organisme (manioc, navet, choux, etc.) Certaines formes de malnutrition (malnutrition protéino-énergétique, carence en vitamine A, etc.), sont aussi les causes des Tdci. Comment reconnaitre le sel iodé ? Il est impossible de reconnaître le sel iodé à vue d’œil. Seul l’ajout d’une goutte de solution test permet de le reconnaître à travers une coloration bleu violacé. Comment les Tdci se manifestent-ils? La carence en iode a des conséquences sévères pour le fœtus, le nouveau-né, l’enfant et l’adulte, l’économie et l’éducation. Elle peut donc perturber tout le cycle du développement humain. Expliquez-nous ses manifestations sur le fœtus et l’enfant ? Si une femme enceinte souffre des Tdci, le fœtus peut être victime du retard mental, de la surdi-mutité, des malformations cérébrales, de la morti-naissance et du faible poids à la naissance. Les Tdci peuvent se manifester chez l’enfant par le crétinisme, c’est-à-dire une arriération mentale profonde, le nanisme, les troubles psychomoteurs, le goitre, le strabisme qui est une déviation permanente résultant du défaut de parallélisme des axes visuels des deux yeux et l’hypothyroïdisme, naissance prématurité, décès en bas âge, petit poids à la naissance, retard de croissance, retard mental. Vous avez également évoqué les conséquences chez les adultes et surtout chez la femme. Chez les femmes, on parlera de stérilité, des avortements et fausses couches (mort-nés) à répétition, le strabisme, le goitre, l’hypothyroïdisme et la faible productivité au travail, diminution de la lactation, stérilité, manque de libido chez l’homme. En dehors du goitre, du nanisme et du crétinisme, toutes les autres formes de Tdci sont « invisibles». Existe-t-il d’autres maladies qui découlent de la carence en iode ? En dehors des conséquences précédemment citées, nous pouvons également attribuer à la carence en iode, le cancer du sein, de la thyroïde, des ovaires, de l'utérus, de la prostate, les maladies thyroïdiennes auto-immunes, l’hypothyroïdie, la maladie fibro-kystique du sein, la fatigue chronique, la fibromyalgie. Au-delà des conséquences sanitaires, quelles sont les répercussions sur l’éducation et l’économie ? Sur le plan de l’éducation, il est noté chez les enfants victimes des Tdci, de faibles capacités intellectuelles, faibles capacités d’apprentissage et des échecs scolaires.Sur le plan économique, on note la réduction de la force du travail ainsi que le manque de productivité et d’initiative. En définitive, que ça soit chez l’enfant comme chez l’adulte, la carence en iode est irréversible et réduit l’intelligence de 13,5 points du quotient intellectuel (QI). Quelle est la situation des Tdci au Bénin ? En général, les Tdci se rencontrent surtout dans les zones montagneuses et éloignées de la mer. Les résultats des différentes études réalisées au Bénin ces dernières années ont montré que la proportion de ménages disposant du sel adéquatement iodé est passée de 54,5 % en 2006 à 93,5 % en 2011, selon les Enquêtes démographiques de la Santé 3 et 4. Cette proportion a nettement diminué en 2014, selon l’enquête Mics, à 38,90 %. Cette situation met en évidence un relâchement du suivi de la stratégie d’utilisation de sel iodé. Quelles mesures faut-il alors prendre pour lutter contre les Tdci au Bénin ? Je vais évoquer trois principales stratégies pour lutter contre les troubles dus à la carence en iode. Primo,la supplémentation qui consiste à distribuer des capsules d’iode à la population cible. Cette solution est une stratégie à court terme. Secundo, la fortification qui consiste à adjoindre de l’iode à un aliment véhicule. Le sel a été choisi à cet effet, car tout le monde consomme du sel sur le territoire national et dans les milieux les plus reculés. Il s’agit ici d’une stratégie à moyen terme. Tertio, la diversification alimentaire qui consiste à consommer des aliments riches en iode et à réduire la consommation des aliments goitrigènes, qui est une stratégie à long terme. De quel arsenal juridique dispose le Bénin pour renforcer la lutte contre les Tdci? L’élimination des Tdci par la «Stratégie d’iodation universelle du sel ». C’est une stratégie mondiale adoptée depuis 1990 par plusieurs Sommets internationaux soutenus notamment par l’Unicef, l’Oms, le Pam et la Fao. La Cédéao a rendu obligatoire l’iodation du sel dans tous les Etats membres par la Résolution A/RES/518/94 du 8 août 1994. Au Bénin, c’est l’arrêté N°422/Maep/Ms/Micpme/Mef/Mcaat/Mdglaat/Dc/Sgm/Dana/Sa du 6 août 2013 qui fixe les conditions de production, d'importation, de commercialisation et d'utilisation du sel iodé au Bénin. Quelles sont les bonnes pratiques à promouvoir pour l’éradication des Tdci au Bénin ? L’éradication des Tdci au Bénin passe principalement par la promotion de la consommation du sel iodé. Il importe que la population ait un accès facile à du sel adéquatement iodé. A ce titre, il faudra faire la promotion de l'iodation du sel et de la consommation du sel adéquatement iodé. Il importe aussi de renforcer le contrôle de qualité, la promotion de la conservation du sel iodé sur toute la chaîne de production. Les bonnes pratiques de conservation du sel iodé consistent à reconditionner le contenu du sac de sel en petits sachets, à conserver le sel à l’abri de l’humidité et de la chaleur et dans un bocal fermé. Il faut refermer le bocal après chaque usage tout en le gardant loin du feu. Nous recommandons de mettre le sel dans la sauce en préparation au moment où elle est prête à être descendue du feu.Le respect de ces précautions empêche l’iode contenu dans le sel de se volatiliser. La solution que nous préconisons consiste à faire en sorte que chacun ait accès et consomme de petites quantités de sel adéquatement iodé. Actualités 03 nov. 2020


Soutenance de thèse à l’Uac: Gérard Agognon décroche son doctorat avec brio
Il accède désormais au grade de docteur de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), en Sociologie-anthropologie, spécialité Sociologie du développement. Wandji Gérard Agognon, journaliste, a soutenu sa thèse sur les fonctions sociologiques de la revue de presse en langue nationale fongbé dans la ville de Cotonou. La soutenance qui s’est déroulée, mardi 27 octobre dernier, au Campus numérique francophone de l'Uac, par visioconférence a été sanctionnée par la mention très honorable avec félicitations du jury. Désormais docteur en Sociologie-anthropologie dans la spécialité Sociologie du développement, le journaliste Wandji Gérard Agognon a soutenu sa thèse, mardi 27 octobre dernier. Ses travaux ont porté sur le thème : « Emprise du journalisme sur les politiques publiques au Bénin : fonctions sociologiques de la revue de presse en « f?n » dans la ville de Cotonou ». Son exposé a séduit le jury et lui a valu la mention très honorable avec félicitations du jury et autorisation de publication. En effet, à travers ses travaux de recherche, Wandji Gérard Agognon a montré que la revue de presse en langue nationale fongbé au Bénin est devenue un espace de marchandisation et de confrontation des acteurs où la manipulation de l’information prend le pas sur l’impératif d’informer objectivement les citoyens. La revue de presse en langue nationale fongbé s’est donc muée en une sorte de terrain de confrontation d’acteurs politiques qui recherchent de la visibilité en vue de leur promotion, fait-il observer. L’impétrant ajoute que ce genre journalistique sert d’espace de négociations pour légitimer les décisions publiques ou pour exiger le partage du pouvoir. C’est donc un terrain délocalisé du jeu politique, un terrain de manipulation politique et de détournement de l’information, selon lui. Aussi, à travers ses travaux, l'impétrant dévoile les mécanismes par lesquels la revue de presse en langue nationale fongbé influence la mise en œuvre des politiques publiques dans la ville de Cotonou au Bénin. Ses fonctions socio-politiques rendent dynamique le processus de développement de l’information. Globalement, cette thèse a permis de restituer les logiques d’actions propres aux acteurs impliqués et d’éclairer sur différentes stratégies d’accès aux médias. Selon le directeur de thèse, Dr Mohamed Abdou, maître de conférences des universités du Cames, l’impétrant a abordé une thématique nouvelle. Il a très bien travaillé et le jury international a reconnu la valeur de cette thèse de doctorat. Le jury international chargé d'examiner les travaux de l’impétrant est composé de six membres venus du Bénin et du Togo avec à sa tête, Cyriaque C. Ahodékon, professeur titulaire à l’Uac. Education 03 nov. 2020


Réformes portuaires: Le Port de Cotonou en voie d’être un ‘’Port intelligent’’
Devenir ‘’intelligent’’ pour un port, c’est devenir plus attractif, plus compétitif. C’est faire plus avec moins1. Etre intelligent pour un port consiste aussi à adopter une approche collaborative, créative et audacieuse dans la gestion de ses activités. L’attractivité, la performance, la compétitivité, l’adaptation, la collaboration, la créativité, l’investissement, l’audace, l’anticipation, la citoyenneté, la sociabilité et la rentabilité dans le management des affaires portuaires sont de nos jours les divers défis de plus en plus forts auxquels les ports en général, et ceux d’Afrique en particulier font face. En effet, la question ici est de savoir si le port de Cotonou, remplit les conditions pour devenir un port intelligent, un smart port? La réponse à cette question demande à ce que la gestion du Port de Cotonou soit confiée à un averti du domaine portuaire, un spécialiste des affaires portuaires ou un groupe de spécialistes du secteur. Ce dernier ou ce groupe de spécialistes va œuvrer non seulement pour la modernisation de l’espace portuaire mais aussi pour l’optimisation de la rentabilité des ressources portuaires ; l’une des meilleures solutions qui sortira le port de Cotonou de sa léthargie et de sa gouvernance catastrophique. Ces contraintes ou ce qui est précédemment appelé défis sont de quatre ordres. Premièrement, on assiste à un ‘’gigantisme naval’’, 2 notamment au niveau des navires porte-conteneurs. Ces navires de nos jours sont de plus en plus grands. Et pour donner un ordre de grandeur, les plus grands porte-conteneurs aujourd’hui approchent les 400 mètres de long. Pour les ports en général, ce gigantisme implique une adaptation des infrastructures. Or celles-ci ne peuvent pas se modifier miraculeusement. Il faut savoir anticiper ; une dynamique dans laquelle le Port de Cotonou se trouve actuellement. De là découle le deuxième défi, qui est ‘’économique et financier’’. Alors que les modèles économiques résultant du gigantisme font peser de plus en plus de risques économiques et financiers sur les autorités portuaires, qui doivent trouver des réponses attractives, compétitives et rentables. Et être smart est l’une des solutions à ces défis. Le troisième défi est la ‘’sécurité maritime, la sûreté des navires et des installations portuaires’’ qui coûte cher à assurer. Un port est un dispositif géostratégique majeur pour les États et plus il y a concentration des stockages pétroliers plus il devient une cible de choix. Plus de 80 % des hydrocarbures à destination des pays de l’hinterland transitent par le port de Cotonou. D’ailleurs, le Code International pour la Sûreté des Navires et des Installations Portuaires (Code Isps) de l’Organisation Maritime Internationale (Omi) a été mis en place suite aux attentats du 11 septembre 2001 pour sécuriser les territoires portuaires du monde. Mais l’application efficace de ce Code au Port de Cotonou a connu dans le passé assez d’entraves dues à une mauvaise coordination et coopération avec les autres administrations et parties prenantes. Même la Direction de la Marine Marchande (Dmm), Structure responsable décrétée3 pour contrôler l’application de la règlementation de sûreté des ports et des navires au niveau national et chargée surtout du suivi de la mise en œuvre effective dudit Code au Port de Cotonou, avait éprouvé assez de difficultés à accomplir sa mission et du coup n’arrivait pas à exercer son pouvoir régalien, vu les dispositions de fait de l’établissement public qu’est le Port autonome de Cotonou (Pac). Convient-il de mentionner que depuis 2004, la République du Bénin s’est inscrite dans la démarche de sécurisation de ses installations portuaires avec l’application dudit Code. Dans ce cadre, le Bénin reçoit périodiquement les garde-côtes américains pour des missions de suivi et d’évaluation du niveau de mise en œuvre du Code au Port de Cotonou. Une mission effectuée en décembre 2015, a révélé d’importantes lacunes dans la mise en œuvre effective du Code Isps au Port de Cotonou sur lequel ont plané des menaces de déclassement. Un autre défi qu’il fallait éminemment relever. Ainsi, du 6 au 10 août 2018, la même délégation des garde-côtes américains a effectué une mission de suivi au Port de Cotonou pour voir l’effectivité de la mise en œuvre du Code Isps dans le Port et la correction des défaillances antérieurement relevées. Cette mission fait suite à l’évaluation de la sûreté du Port de Cotonou de décembre 2015 et aux missions de suivi de juin 2016 et août 2017. Elle intervient à un moment où la gestion du Port de Cotonou est assurée par la Société Port d’Anvers International (Pai). Cette nouvelle équipe, ayant été informée des menaces de déclassement du Port de Cotonou, le 12 avril 2018, a diligemment entrepris plusieurs et courageuses actions pour améliorer le niveau de sûreté dudit port. De nos jours, de nombreux efforts sont consentis dans la mise en œuvre effective du Code au Port de Cotonou. Il a été cependant démontré que l’une des toutes premières mesures hardies dans la mise en œuvre du Code Isps au Port de Cotonou, reste le Renforcement du Contrôle des Accès de ce port. Actuellement, le port de Cotonou s’est doté de moyens efficaces en vue de l’application rigoureuse de cette mesure. Il convient entre autres de mentionner que depuis août 2019,4 les conditions d’accès et de séjour au Port de Cotonou ont été renforcées. Cependant, le défi demeure toujours à relever car des efforts restent encore à faire par l’Administration maritime et portuaire du Bénin, sur le plan de la sûreté, en vue de combler les attentes des évaluateurs. En ce qui concerne la sécurité maritime, un port est plus sûr lorsque les eaux maritimes menant à ce port sont sûres. Rendre les eaux maritimes béninoises plus sûres demande de sérieux investissements en vue de lutter efficacement contre les brigandages maritimes, les actes de piraterie et les vols à main armée contre les navires qui pourraient être commis dans ces eaux avec pour conséquences la fuite des navires et le détournement vers les ports voisins, la diminution des activités maritimes (pêche, transports, commerces, explorations et investissements maritimes), la baisse des activités économiques au Port de Cotonou, et qui pourraient négativement impacter l’économie nationale du Bénin. Voulant relever un tant soit peu ce défi, l’Autorité portuaire a pris en janvier 2020 des dispositions idoines en vue du renforcement des mesures de protection des navires en escale au Port de Cotonou contre les actes de piraterie. 5 En vue de renforcer le Port de Cotonou dans sa dynamique de sécurisation des navires dans les eaux maritimes béninoises, le gouvernement du Bénin a pris la décision courageuse en adoptant un Décret 6 et en prenant un Arrêté interministériel,7 obligeant tous les navires de commerce à destination des Ports du Bénin à avoir à leur bord une protection armée. Mais le défi demeure toujours car des efforts restent encore à faire sur le plan du renforcement des équipements de lutte contre la piraterie et ceux de surveillance des eaux maritimes béninoises. Enfin, le quatrième défi auquel les ports en général font face de nos jours est l’évaluation dans leurs performances non pas seulement économique, financière et logistique mais aussi et surtout ‘’citoyenne’’ et ‘’sociétale’’.Comment parviendra alors le Port de Cotonou à intégrer les citoyens, les habitants et la ville à ses activités ? C’est un quatrième défi, certes en arrière-plan par rapport aux autres mais très présent puisque les ports les plus avancés aujourd’hui utilisent souvent ce levier pour accroitre le niveau de développement socioéconomique de leurs pays. Aujourd’hui, un port qui n’a pas d’intelligence vis-à-vis du marché et vis-à-vis des acteurs, qui n’a pas de stratégie et n’anticipe pas, ne peut pas survivre dans l’intensité concurrentielle régionale et internationale. Mais avec les atouts dont dispose le port de Cotonou, il est tout à fait indiqué que sa gestion soit confiée à un professionnel du secteur portuaire en vue de lui permettre d’être intelligent. Mais, qu’est ce qui avait empêché le port de Cotonou d’être véritablement compétitif, d’être plus attractif? Trois raisons : *La première est relative à la période révolutionnaire au cours de laquelle les grandes décisions relatives à la gestion du Port de Cotonou venaient du pouvoir central. Au cours de cette période, le pouvoir décisionnel lié à la gestion portuaire n’est pas délégué à l’Autorité portuaire. *La deuxième renvoie à la période démocratique, mais pour une courte durée, où le Port de Cotonou a connu un développement remarquable dû au professionnalisme exceptionnel du Directeur Général de l’époque. *La dernière qui se réfère aux vingt dernières années où le Port de Cotonou a connu à sa tête des dirigeants politiques, plus de dix directeurs en quinze ans, avec un personnel peu qualifié. La conséquence, c’est que le Port de Cotonou a connu plus d’une décennie de retard en termes de performance. Comment je vois le Port de Cotonou, le Port du futur dans dix ans s’il devient véritablement performant? La performance du port de Cotonou reposera surtout sur la stratégie. Le port du futur devra être un port stratège. Être ‘’stratège’’ signifie savoir prendre des risques et arriver à se lancer sur des pistes prospectives à long terme. Et pour l’être, le port du futur, que je peux appeler le port ‘’Rénové’’, devra être investisseur; un pilier très capital pour sa modernisation et sa redynamisation. De nos jours, le Port de Cotonou est encore à l’image des ports d’Afrique des années 1970. Le moderniser demande le rasage des vieux magasins, d’environ cinquante ans d’âge, situés au cœur dudit port ; l’agrandissement des espaces en vue de poser un nombre important de conteneurs, la construction d’un nombre considérable de quais pour recevoir les navires de dernière génération ; le développement des infrastructures routières et ferroviaires en vue de la facilitation de l’acheminement des marchandises du port vers leurs lieux de destination et vice versa. Investir au Port de Cotonou devient une nécessité et il va falloir que ce Port ait incontestablement une autonomie financière et une capacité à prendre des risques. Faire du port de Cotonou un port investisseur du futur demandera donc la garde d’une tutelle forte avec des dirigeants forts ayant des compétences d’investisseurs. Sur le plan national, et comme il n’est un secret pour personne, le Port de Cotonou est le véritable levier stratégique et économique de la République du Bénin. En effet, plus le port est attractif, plus il aura des chances de générer des recettes importantes pour l’Etat. Plus de 80% des importations et exportations passent par ce port. Alors la nécessité d’investir en vue de sa performance s’impose. Mais l’un des investissements qui aura le plus d’impact reste le dragage, une technique qui permet d’enlever du sable, ou du gravier du fond de la mer. Cet investissement permet au port ‘’Rénové’’ d’accueillir des navires avec des tirants d’eau plus importants, et qui peuvent par conséquent transporter plus de conteneurs. Un pareil investissement au Port de Cotonou résoudra le problème de ‘’gigantisme naval’’ précédemment énuméré. La bonne nouvelle est qu’un grand effort a été fait dans ce sens et le Port de Cotonou a commencé par recevoir en partie depuis juillet 2020 des navires de 300 mètres. Par Germain Jessugnon AHISSOU Diplômé de l’Université Maritime Mondiale (Suède) Administrateur des Affaires Maritimes Spécialiste des questions de la Sécurité Maritime et de l’Environnement Marin. Actualités 03 nov. 2020


Hommage à l’ex-cheffe service commercial de l’Onip: Les mérites de Marie-Madeleine Akoffodji célébrés
Après trente-sept ans de carrière à l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip), Marie-Madeleine Akoffodji, ancienne cheffe service commercial, est admise à faire valoir ses droits à la retraite. Ses anciens collaborateurs ont célébré ses mérites à travers une cérémonie festive, vendredi 30 octobre dernier, dans les locaux de l’Onip à Cotonou. Marie-Madeleine Akoffodji est tout abasourdie, vendredi dernier, dès son entrée dans la salle de conférence de l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip) où tout est en place pour lui rendre hommage après son départ à la retraite. Alors qu’elle est invitée par le directeur général de l’Office, Bertin Sowakoudé, pour finaliser un vieux dossier, l'ancienne cheffe service commercial s’est plutôt retrouvée à une réjouissance initiée par ses anciens collaborateurs assis autour des tables dressées pour la circonstance. « C’est votre fête, Madame... », lui lance Olivier Houessou, maitre de cérémonie. Tout heureux d’avoir réussi ce coup, le directeur général de l’Onip informe l’assistance de comment cela s’est passé. Au dire de Bertin Sowakoudé, faire déplacer l’ancienne cheffe service commercial n’était pas gagné d’avance. « Elles m’ont dit que l’aspect surprise de la fête leur tient beaucoup à cœur. Alors que faire ?... On a envisagé des scénarii que je n’ai pas trouvés convaincants… », détaille le directeur général. Plus loin, il explique que c’est finalement un autre ex-collaborateur de Marie-Madeleine Akoffodji qui lui a suggéré l’argument d’un « rendez-vous d’affaires » pour la faire venir. Le prétexte du « rendez-vous d’affaires » est passé comme une lettre à la poste et Marie-Madeleine Akoffodji a fait son entrée dans les murs de l’Onip à l’heure convenue. « Donc, elle est venue dans l’optique de contribuer à faire affaires, pas pour faire la fête », déclare le directeur général de l’Onip. Toujours disponible Il revient sur les mérites de sa vaillante ex-collaboratrice qui, même à la retraite, donne de son temps précieux afin que de vieux dossiers soient finalisés. Il poursuit son témoignage en affirmant que, pour ses exigences au travail, certains anciens collaborateurs de Marie-Madeleine Akoffodji, se sentaient agacés. Mais «quand on lui confie un dossier et qu’elle n’a pas le résultat attendu, elle ne lâche pas », souligne le directeur général qui y voit une attitude que tout collaborateur doit avoir. Pour leur part, les anciens collaborateurs de Marie-Madeleine Akoffodji retiennent que leur ancienne patronne manage avec le bâton et la carotte. Très émue l’ancienne cheffe service commercial s’est confondue en remerciements. Elle revient sur les circonstances de son invitation à cette cérémonie, de même que celles de son départ à la retraite et brièvement sur quelques difficultés rencontrées au cours de sa carrière à l’Onip. Profitant de cette cérémonie, Marie-Madeleine Akoffodji demande pardon à ceux qu’elle aurait offensés. « Je n’ai rien contre aucun agent ici mais si j’ai eu à blesser des gens, volontairement ou involontairement, excusez-moi et accordez-moi votre pardon », implore-t-elle. «Et je demande que cette maison prospère, prospère et prospère encore !!! », lance-t-elle en guise de prière avant de prodiguer des conseils à ses hôtes. Il renouvelle sa disponibilité à accompagner l’Office si le besoin se fait sentir. La cérémonie riche en divertissements a pris fin par une remise de tableau conçue en son honneur et de joyeuses agapes Société 02 nov. 2020


Ecole nationale supérieure de l’enseignement technique à Lokossa: L’achèvement des travaux préoccupe le gouvernement et la Badea
Des infrastructures d’accueil plus confortables sont en construction à Lokossa, dans le Mono, au profit de l’Ecole nationale supérieure de l’enseignement technique (Enset). Ceci sur financement conjoint du budget national et de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea). Le chantier a reçu, vendredi 30 octobre dernier, la visite de la ministre Eléonore Yayi Ladékan et d’une mission d'experts de la Badea conduite par Mounir Bensidigh. L’objectif de la descente effectuée, vendredi dernier à Lokossa, par la ministre Eléonore Ladékan Yayi, en charge de l’Enseignement supérieur, et une mission de la Badea, conduite par Mounir Bensidigh, est de s’assurer du niveau d'avancement des travaux de construction des infrastructures d’accueil à l’Ecole nationale supérieure de l’enseignement technique (Enset). La Badea (Banque arabe pour le développement économique en Afrique) apporte une contribution avoisinant 88 % du financement des travaux. Sur le site, non loin de l’ex-Iut à Lokossa, la délégation a eu droit à une visite guidée des différents compartiments à savoir le bloc administratif et les seize salles de cours érigées en deux modules de bâtiment R+1. Une bibliothèque et sept ateliers dédiés à une gamme variée de formations font également partie des infrastructures en construction. Aussi, le pavage et bien d’autres travaux de commodité du site évoluent. Les formations offertes à l’Enset-Lokossa portent sur la mécanique générale, le froid et climatisation, le génie civil et ouvrage et bois, etc. Mais l’ensemble de ce qui est construit ne représente que 52 % de taux d’exécution physique de la nomenclature des travaux prévus alors que le délai contractuel est consommé à 100 %. Il s’en dégage un retard préoccupant que les entreprises en charge du chantier et de la mission de contrôle mettent sur le compte de la crise sanitaire liée au Covid-19 et des pluies exceptionnelles qui se sont abattues sur la ville de Lokossa en 2019, année de démarrage du chantier. Des recommandations Prenant acte des explications, les experts de la Badea se sont dit tout de même satisfaits de voir que toutes les superstructures ainsi que les fondations qui prennent du temps sont sorties du sol. Pour le reste, Mounir Bensidigh, chef de la mission, exhorte à mettre les bouchées doubles pour achever le chantier dans un meilleur délai. Mais pour Zul Kifl Salami, chargé de mission du chef de l’Etat, l’achèvement des travaux doit intégrer les recommandations de la mission sans violer les limites budgétaires. Lesquelles recommandations, détaille-t-il, sont relatives à l’assainissement du site, à la qualité des constructions et à celle des travaux de voirie. La ministre Eléonore Yayi Ladékan conclut que leur visite a été utile en ce sens qu’elle a permis aux bailleurs de s’accorder avec les acteurs sur ce qu’il reste à faire pour livrer dans un bref délai les infrastructures très attendues par les bénéficiaires. A l’occasion, la ministre a réaffirmé la place de choix qu'occupe l’enseignement technique dans les réformes du secteur éducatif et le Programme d’action du gouvernement. Education 02 nov. 2020


Lancement de la rentrée 2020-2021 à l'Uac: Le recteur appelle à maintenir le climat de paix"
La rentrée académique 2020-2021 est officiellement lancée à l'Université d'Abomey-Calavi. La traditionnelle cérémonie solennelle a eu lieu, mercredi 28 octobre dernier à l'amphithéâtre Idriss Itno Déby, en présence des membres du conseil rectoral, d'une délégation des corps professoral et administratif et d'une représentation d'étudiants. A l’occasion, le recteur Maxime da Cruz appelle à «maintenir le climat de paix ». La perpétuation du climat de paix à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). C’est la priorité du recteur Maxime da Cruz pour cette année universitaire dont la cérémonie de lancement solennelle a eu lieu, mercredi 28 octobre dernier. Pour le recteur de l'Uac, Maxime da Cruz, il y a de quoi se réjouir. «Avec la collaboration de tous les acteurs de la communauté universitaire, l'année académique 2019-2020 est allée à son terme en dépit des différentes crises», a-t-il fait remarquer... Il invite tous les acteurs et partenaires de l'Uac à rester dans la même dynamique. « Travaillons à maintenir constamment un climat de paix. C'est un gage de succès et de progrès. L'équipe rectorale et moi, nous nous engageons à inscrire notre démarche dans la consultation des partenaires sociaux pour toute question ayant trait à l'animation de la vie universitaire. C'est un engagement pris et il restera ainsi», assure le recteur de l'Uac. Maxime da Cruz appelle enfin toute la communauté universitaire au respect des gestes barrières et salue les laboratoires qui contribuent à la riposte à la crise par la fabrication de gels et de dispositifs de lavage des mains. Après avoir salué les efforts du rectorat dans la conduite des affaires de l'université et le dialogue préventif, le représentant des étudiants a relevé quelques situations pénibles en l'occurrence la difficulté pour les étudiants de suivre les cours sur la plateforme dédiée à l'enseignement à distance. A l'en croire, l'utilisation de cette plateforme pose des problèmes de connexion, d'équipements et d'incompréhension des cours... Par conséquent, les étudiants ont suggéré une reprise en présentiel. Il évoque également les faux frais créés chaque année et déplore les agissements hostiles de certains chefs de départements ainsi que le décret portant nomination des chefs d'entité... Il a enfin invité le recteur de l'Uac à plaider pour plus de social dans les services octroyés aux étudiants. Une université forte A sa suite, Gérard Agossa, représentant du personnel administratif a salué le recteur de l'Uac pour son sens d'écoute et son bon cœur. Il énumère au titre des acquis de l'année écoulée, le rétablissement de l'assurance maladie, l'amélioration du cadre de travail, les travaux de construction pour pallier le manque d'infrastructures, la nouvelle convention...Le représentant de l'intersyndicale du personnel enseignant de l'Uac, Cyr Eténé, a également félicité l'équipe rectorale pour avoir élaboré un plan d'aménagement. Peignant les réalités universitaires, il fait savoir : « Une université doit être forte, indépendante, riche de son savoir, de ses enseignants et de ses étudiants. Une université doit être un laboratoire... Malheureusement les impératifs financiers ou le manque de volonté nous forcent à laisser de côté certaines convictions». Précarité, privatisation de l'accès à la science, course au poste de recteur sont autant de maux qui, à en croire le représentant de l'intersyndicale, gangrènent l'Uac. L'intersyndicale n'a pas manqué d'encourager les enseignants dans leur prise de position contre la nomination des chefs d'entité et l'achat de conscience. Comme à l'accoutumée, la cérémonie solennelle de lancement de la rentrée académique 2020-2021 a été marquée par une conférence inaugurale. Le thème de cette année est : " La recherche portant sur la personne humaine". La conférence a été animée par Flore Gangbo, professeur titulaire en Histologie, Embryologie, Cysto-génétique, enseignante à la Faculté des sciences de la santé. Education 02 nov. 2020


Coopération franco-Béninoise: L'ambassadeur Marc Vizy échange avec Alain Orounla
Le ministre de la Communication et de la Poste, Alain Orounla, a reçu en audience dans l’après-midi du vendredi 30 octobre, le nouvel ambassadeur de la France près le Bénin. Une occasion pour Marc Vizy de prendre contact avec le ministre et d’évoquer les probables chantiers de la coopération dans le domaine des médias. Marc Vizy, nouvel ambas-sadeur de la France près le Bénin est sorti satisfait de l’audience à lui accordée par Alain Orounla, ministre de la Communication et de la Poste, ce vendredi 30 octobre. Il y était, selon ses dires, pour se présenter au ministre, après la remise des copies figurées de ses lettres de créance au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. « J’ai remis les copies figurées de mes lettres de créance au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, ce qui me permet désormais de venir me présenter aux autres membres du gouvernement », a souligné Marc Vizy, très admiratif de la disponibilité du ministre. « Nous avons pu parler du rôle du porte-parole du gouvernement. C’est la voix la plus autorisée pour parler des projets gouvernementaux. Ils sont nombreux et nous avons passé en revue un certain nombre et les possibilités de coopération et de partenariat avec mon pays. Dans le prolongement de ce qui a été fait par le ministre des Affaires étrangères il y a quelques jours, on a aussi parlé des prochains mois sur le plan politique », a informé Marc Vizy. Dans le secteur des médias, la France a des partenariats dans le domaine de la formation des journalistes, a indiqué l’ambassadeur qui a rappelé l’expérience du Togo. D’après ses explications, il y a un programme important dans ce domaine, notamment l’échange de stagiaires…, qu’il entend évoquer à nouveau de façon beaucoup plus détaillée avec Alain Orounla. Ce dernier n’a pas manqué de saluer la démarche de son hôte. « Je dois d’abord dire la fierté qui résulte de l’honneur que l’ambassadeur de France au Bénin nous fait, de nous rendre visite au ministère de la Communication et de la Poste », s’est réjoui Alain Orounla. Selon lui, la coopération entre le Bénin et la France a toujours été une coopération privilégiée. «L’ambassadeur vient de nous dire dans quelle mesure cette coopération sera renforcée. Il est l’ambassadeur d’un pays qui est très attentif à notre gouvernance. Nous avons échangé sur ces questions et sur les observations que les pays étrangers en général peuvent avoir à l’endroit de notre démocratie dont les mérites sont salués », confie le ministre porte-parole du gouvernement. Exprimant sa satisfaction, Alain Orounla indique : « C’est la preuve que nous sommes en phase et quand on est en phase à la veille d’événement important pour notre nation, il est tout à fait souhaité qu’il y ait des concertations, des échanges sans aucune contrainte pour qui que ce soit afin que les choses demeurent et s’améliorent ». Magloire Dato souhaite le parrainage du ministre Parmi les hôtes du ministre de la Communication et de la Poste figure Magloire Dato, consultant en communication politique et institutionnelle, auteur d’un livre intitulé ‘’La face cachée du président Patrice Talon’’. Il est allé au cabinet du ministre de la Communication et de la Poste pour lui présenter ce livre qui sera disponible dans les librairies du Bénin et de la France bientôt. Il laisse le soin aux populations de découvrir le contenu de son ouvrage. « Je laisse le peuple découvrir, je ne vais pas donner la quintessence, comme je l’ai déjà fait au ministre. Le ministre a été très attentif à notre démarche et a promis d’être le porte-parole au niveau des autorités béninoises pour nous soutenir dans l’initiative », indique-t-il. Dans cette même démarche, Nadjibatou Ibrahim, présidente du comité d’organisation du lancement du livre, souhaite le parrainage du ministre dans ce cadre. Selon ses propos, le soutien d’Alain Orounla ne leur fera pas défaut. Actualités 02 nov. 2020


Adoption de la Ponader: Jean-Claude Houssou salue une avancée
Le gouvernement, au cours du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre dernier, a approuvé le nouveau cadre stratégique pour la mise en œuvre et le suivi-évaluation des projets et programmes du domaine des énergies renouvelables en République du Bénin. Pour le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, c’est une première dans l’histoire du pays. Appréciant sur sa page Linkedin le bien-fondé de l’adoption du document de politique nationale de développement des énergies renouvelables (Ponader) 2020-2030, il souligne qu’une nouvelle étape vient d’être franchie par le Bénin dans l’assainissement de son cadre réglementaire. Le pays, avec l’adoption de la Ponader, à l’en croire, confirme l’engagement et la vision du gouvernement pour les énergies renouvelables à l’horizon 2030. « Pour la 1re fois de son histoire, le Bénin vient de se doter d’une politique nationale traçant clairement la vision et l’ambition du gouvernement pour les énergies renouvelables pour les dix prochaines années. Après le nouveau code de l’électricité adopté à l’unanimité par le Parlement en février 2020 (le précédant datant d’une quinzaine d’années) et le décret fixant les normes minimales de performance énergétique et le système d’étiquetage énergétique obligatoire des lampes et climatiseurs... pour éviter que le Bénin ne continue à être un dépotoir de matériels énergivores et dangereux non acceptés ailleurs… », note-t-il. Il salue les efforts consentis par les différents acteurs impliqués dans la concrétisation de cette ambition. Le document de politique nationale de développement des énergies renouvelables (Ponader) 2020-2030, fixe, en effet les nouvelles orientations pour l’implémentation des actions concourant à l’atteinte de la vision qui est de « faire des énergies renouvelables la source prioritaire d’une satisfaction durable et optimale des besoins énergétiques nationaux à l’horizon 2030 ». La Ponader vise à prendre des mesures et mettre en place les cadres de planification, d’orientation, de coordination et de suivi-évaluation des actions liées au développement des énergies renouvelables, des mécanismes d’intervention pour rendre adéquats, harmonieux et complémentaires les cadres institutionnels et juridiques existants et à créer. Au plan institutionnel et règlementaire, la recherche d’une plus grande harmonie et d’une synergie d’interventions concerne plusieurs acteurs dont l’Etat, ses démembrements, l’Autorité de Régulation de l’Electricité, les collectivités décentralisées et les populations qui sont les principaux bénéficiaires. Kokouvi EKLOU Société 30 oct. 2020


Défécation à l’air libre: 53 localités d’Avrankou délivrées
53 localités issues de 12 villages de la commune d’Avrankou tournent définitivement dos à la défécation à l’air libre. Elles adoptent désormais les latrines pour promouvoir l’hygiène et l’assainissement de leur cadre de vie, grâce à une synergie d’actions entre la mairie d’Avrankou et l’Ong Autre Vie. 2917 personnes de 53 localités issues de 12 villages des arrondissements de Sado, Djomon, Gbozounmè et Kouti dans la commune d’Avrankou disent désormais Non à la défécation à l’air libre! Elles décident d’adopter et de promouvoir dorénavant les bonnes pratiques hygiéniques dans leurs localités respectives avec déjà 960 latrines construites sans subvention en l’espace de 12 mois. Ces infrastructures ont été réalisées grâce à l’approche des chambres d’initiative de développement (Cid) et l’approche totale pilotée par les communautés. Le processus a été conduit par l’Ong Autre Vie et la mairie d’Avrankou, grâce à l’appui financier des Pays-Bas à travers le programme Omidelta dans son volet « Eau, hygiène et assainissement de base ». Le directeur exécutif de l’Ong Autre Vie, Romuald Djivoessoun et le premier adjoint au maire d’Avrankou, Mathieu Hounkanrin, sont descendus sur le terrain, le 28 octobre dernier, pour aller voir comment les populations bénéficiaires utilisent ces latrines et leur impact sur elles. La délégation a sillonné les villages Agamadin, Gbagla-Ganfan et autres, tous pré-certifiés Fin de la défécation à l’air libre (Fdal) par l’Ong Autre Vie. Pour Romuald Djivoessoun, le mercredi 28 octobre est un grand jour parce que son Ong a fait une œuvre utile. Celle d’avoir réussi à montrer qu’un environnement sain et un cadre de vie propre sans excrétats permettent aux enfants de réussir à l'école. Le directeur exécutif de l’Ong Autre Vie se réjouit que les 53 localités soient désormais délivrées des conséquences fâcheuses de la défécation à l’air libre dont surtout la malnutrition. La défécation à l’air libre, à en croire Romuald Djivoessoun, contribue à plus de 40 % à la malnutrition des enfants de 0 à 5 ans et un enfant malnutri perd plus de 50 % de son coefficient intellectuel. Latrines sur fonds propres C’est pourquoi, il loue l’initiative du Bénin qui s’est doté de la Stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base en milieu rural (Snphab) en application de la Politique nationale d’hygiène et d’assainissement (Pnha). Mieux, l’un des enjeux majeurs pour le secteur Eau, hygiène et assainissement à l’horizon 2030 à travers les Objectifs de développement durable est de mettre fin à la défécation à l’air libre, fait savoir Romuald Djivoessoun. De Kandi à Avrankou en passant par Zagnanado, Zakpota et Kétou, les équipes de l’Ong sont mobilisées pour soutenir les communautés à dire non à la défécation à l’air libre, ajoute-t-il. Le premier adjoint au maire d’Avrankou s’est réjoui de constater, partout dans les localités sillonnées, l’impact positif de ce projet sur les populations bénéficiaires. Lesquelles ont changé de comportement et respectent désormais les règles d’hygiène et d’assainissement en matière de défécation. Des certificats de reconnaissance de mérite ont été distribués aux meilleurs leaders naturels et chefs de villages. Mathieu Hounkanrin a demandé aux populations et aux récipiendaires de maintenir le cap. Les ménages bénéficiaires s’engagent à être partout des ambassadeurs contre la vieille pratique consistant à déféquer à l’air libre. Société 30 oct. 2020


Construction des logements sociaux à Ouèdo: L’appui de la Badea se précise
Le projet de construction de logements sociaux à Ouèdo dans la commune d’Abomey-Calavi avance à grands pas. Mercredi 28 octobre dernier, une mission de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) était sur le site et a pu se convaincre de l’ambition du gouvernement, des innovations et commodités prévues. Le partenariat envisagé par la Banque devrait se concrétiser très vite, au regard de la satisfaction affichée par la mission. Sur le site de 25 hectares retenu à Ouèdo dans la commune d’Abomey-Calavi pour la construction des logements sociaux, gros et petits engins, équipements, techniciens de divers acabits et manœuvres de tous ordres s’activent à faire sortir de terre, les futures habitations modernes pour la cité verte et innovante que projette le gouvernement. Sur les vingt mille habitations retenues pour le projet, onze mille sont en cours de réalisation sur le site. La viabilisation primaire du site prise en compte par le gouvernement est presque achevée. L’accès au lieu est d’aisance. Le déploiement de l’eau, de l’électricité et de la fibre optique en phase terminale. D’autres commodités sont aussi fin prêtes et pour ce qui est des logements, les premières bâtisses se dressent au rythme de l’engagement des ouvriers. Leur détermination ainsi que le déroulement dont ils font montre sur le site ont été appréciés, mercredi 28 octobre au cours d’une visite d’inspection et de découverte du site effectuée par une délégation de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea). La mission est conduite par Mounir Bensidigh, un des experts de la banque. Aux côtés du chargé de mission du président de la République, Zul Kifl Salami, du directeur général de la Société immobilière et d’aménagement urbain (Simau) Moïse Achille Houssou et ses collaborateurs, les émissaires de la Badea ont fait le tour du site, pour se rendre à l’évidence de l’ambition du gouvernement, de la réalité du projet, ainsi que des données à eux fournies au cours des multiples séances de travail tenues depuis leur arrivée au Bénin. « Nous sommes très satisfaits de ce projet… » Mounir Bensidigh, expert de la Badea et chef de la mission avait l’air très satisfait au terme des 57 minutes de visite et d’échanges sur le site. « Nous avons tenu à être là pour voir le site destiné à ce projet. Nous avons constaté l’avancement des travaux de viabilisation primaire qui tirent à leur fin, visité des logements en construction. Le niveau d’exécution est ingénieux… Nous sommes très satisfaits de ce projet ». Il s’est réjoui à plus d’un titre du déroulement de ce projet immobilier d’envergure sur lequel sa banque se positionne. Autre élément de satisfaction relevé par son équipe et lui, « le site est totalement exproprié de toutes contraintes, ce qui nous réconforte bien ». Même si la Badea n’est pas habituée à de tels financements, elle s’engage sur cette première au regard du sérieux et de la rigueur dont font preuve les autorités béninoises. « La Badea est à sa première expérience de financer un tel modèle de projet parce qu’avant, elle finançait le social à travers la construction des hôpitaux, des écoles, des universités. Mais financer des logements sociaux, sa première expérience modèle, est unique dans la sous région et constituera un modèle témoin, et cela se transmettra dans la sous région», confie-t-il entendre. A sa suite, l’ancien ministre d’Etat Zul Kifl Salami, chargé de mission du président de la République et administrateur du groupe de la Bid soutiendra que « l’expérience est la meilleure des écoles ». Pour lui, des séances de travail se sont enchaînées depuis l’arrivée de la délégation de la Badea et ont donné un aspect théorique du projet. Mais il fallait venir sur le terrain et voir la réalité. Cet exercice accompli, il ne doute plus de « la qualité à l’entrée » du projet dont il salue la dextérité de l’équipe managériale. Il apprécie surtout l’engagement de la Badea sur ce projet innovant avec une organisation rationnelle et professionnelle du chantier. « Les conditions sont réunies pour que ce projet devienne un projet de référence » avec l’appui de la Badea, un partenaire de vieille date du Bénin note-t-il. Pour lui, il ne fait l’ombre du moindre doute que « la Badea va s’illustrer par son engagement vis-à-vis du pays à travers ce projet». Il invite les émissaires de la banque dépêchés à Cotonou à être « les porte-paroles du Bénin» à leur retour. Avec cette visite et les conclusions et perspectives qui s’en dégagent, l’engagement de la Badea est certain et il s’en réjouit fort bien. « Tout cela montre que la Badea est disponible pour être pionnier dans la construction des logements», poursuit-il. C’est un bébé à porter ensemble et le projet est tellement holistique que les autres pays doivent s’en inspirer, explique le chargé de mission du chef de l’Etat qui, pour finir, a plaidé pour une accélération de la procédure d’approbation et la signature du contrat. Projet hautement social Si du côté de la Badea, les choses se précisent et se concrétiseront très vite, le Bénin joue déjà sa partition. « Nous sommes prêts dès lors que l’accord de financement serait obtenu, à lancer immédiatement les travaux qui seraient sous financement de la Badea », a assuré Moïse Achille Houssou, directeur général de la Simau. « Vous venez sur un programme hautement social en ce sens qu’il s’agit de logements, l’un des besoins et priorités des Béninois », soutient-il. L’option du gouvernement, explique-t-il, c’est de faciliter l’accès au logement, créer de nouveaux modes de logement, ainsi qu’une dynamique urbaine. Il est question ici, fait-il savoir, de permettre désormais aux Béninois de vivre dans des cités modernes et d’obtenir un cadre de vie comparable à ce qui est vu dans les pays développés. Les logements de Ouèdo sont de type F4, trois chambres et un salon (une chambre principale avec sa salle d’eau et deux autres chambres). « C’est le standard que la famille moyenne béninoise réalise quand elle veut construire et c’est cela qui justifie entre autres le choix du gouvernement», précise-t-il aussi. Sur ce site, « on construit sur la durabilité avec des matériaux de classe et une finition impeccable », se félicite Moïse Achille Houssou. A terme donc, une cité verte et un mode d’accès qui permet au Béninois ayant un revenu moyen de classe intermédiaire d’avoir son logement et de le planifier sur 15 à 17 ans, en payant l’équivalent du loyer qu’il paye dans une location privée. « Il n’y a pas un effet supplémentaire et c’est là l’originalité de ce projet qui est très social de par le mode d’accès et les dispositions prises par l’Etat », conclut-il. L’appui de la Badea sur ce projet est attendu surtout pour les travaux de viabilisation secondaire et tertiaire et l’érection de mille logements collectifs à construire sur l’îlot numéro 6. Actualités 30 oct. 2020


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