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Nouvelles

Pré-collecte de déchets ménagers dans le Grand Nokoué: 550 tricycles remis à 69 Pme
Des centaines de tricycles ont été remises aux petites et moyennes entreprises chargées de la pré-collecte des déchets solides et ménagers dans le Grand Nokoué, ce mercredi 14 octobre, par le ministre du Cadre de vie et du Développement, José Tonato. Cet acte vient consacrer la couverture intégrale des cinq communes du Grand Nokoué en matière de pré-collecte des ordures ménagères. « Aujourd'hui, nous sommes heureux de remettre ces 550 tricycles aux Pme pour leur permettre de se déployer sur les 69 zones réparties dans les cinq communes du Grand Nokoué », a déclaré le ministre du Cadre de bie et du Développement durable, José Tonato. Finies les plaintes concernant l'enlèvement des déchets ménagers dans certaines zones. Dès lundi prochain, les 69 petites et moyennes entreprises chargées de la pré-collecte des ordures vont se déployer dans l'intégralité des cinq communes du Grand Nokoué notamment Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Ouidah et Sèmè-Podji. Les Pme ont été outillées à cet effet. Elles ont reçu, chacune, des tricycles modernes pour les opérations de pré-collecte. Pour faciliter lesdites opérations, il est recommandé aux populations d'avoir des poubelles homologuées, de veiller à ce que les ordures ne débordent pas, d'enlever les déchets plastiques réutilisables et de déposer les poubelles chaque matin au portail avant 5 h. La cérémonie de remise des tricycles s'est déroulée en présence du président du Conseil économique et social (Ces), Augustin Tabé Gbian, qui a salué l'ambition du gouvernement et ses efforts dans l'aménagement territorial. Le préfet de l’Atlantique et du Littoral, Jean-Claude Codjia, se réjouit de l'aboutissement de ce projet à fort impact écologique et social. « Nous venons encore de marquer un point fort pour que ce projet porte... ; pour que le Bénin rayonne à travers ces villes dont l'aménagement impacte la qualité de vie des populations... », affirme-t-il.Le préfet appelle ensuite les différents maires à accompagner les petites et moyennes entreprises pour l'effectivité des opérations de pré-collecte. « La gestion des déchets solides dans le Grand Nokoué ne se fera jamais plus comme avant », va soutenir le ministre José Tonato qui n’a pas manqué de sensibiliser chaque acteur du projet à jouer sa partition. Prenant la mesure du défi, Valéry Lawson, directeur général de la Société de gestion des déchets et de salubrité du Grand Nokoué (Sgds-Gn),a rassuré du suivi minutieux des opérations pour l’atteinte des objectifs. Responsabilité ! Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, salue les Pme qui se sont mobilisées aux côtés du gouvernement et qui ont fait le nécessaire pour respecter les exigences. « C'est avec beaucoup d'engagement que vous avez changé votre nature. Vous êtes pour la plupart passés d'Ong en Pme. Je vous remercie d'avoir cru au Programme d’action du gouvernement et au chef de l'État »,déclare-t-il.Dans le cadre du projet, des actions concrètes ont été engagées à l'égard des Pme. Elles bénéficient d'un contrat de 3 ans, d'une facilité de trésorerie de 3 mois, de la mise à disposition de matériels de travail dont les tricycles... « Ces tricycles ont coûté plus d'un milliard trois cents millions de francs Cfa. Et nous attendons d'autres matériels d'une valeur de près de sept milliards », fait savoir le ministre José Tonato. Les mettant face à leurs responsabilités, il les exhorte à entretenir le matériel reçu et à exécuter leur cahier des charges avec professionnalisme. Ensuite, le ministre invite les cinq maires, qui sont d'ailleurs membres du Conseil d'administration de la Sgds-Gn, à œuvrer pour la vulgarisation et l'effectivité du projet et la Sgds-Gn à élever le niveau de la surveillance du côté des superviseurs pour qu’aucune légèreté ne soit notée... Le ministre rappelle que le projet prend en compte non seulement la collecte mais aussi la valorisation et l'enfouissement. Les 69 Pme travaillent dans la pré-collecte, la collecte, le transport et l'enfouissement... A en croire le ministre José Tonato, ce sont près de 10 mille emplois directs et indirects que ce projet va permettre de créer. Il précise que la création de la Sgds-Gn n'écarte pas les acteurs de la collecte. Contrairement à ce qui se dit, la Sgds-Gn travaille à renforcer, à former, à aguerrir, à rendre plus compétents les acteurs. Société 15 oct. 2020


Rencontre du Ceo du Millennium challenge corporation avec Patrice Talon: Sean Cairncross satisfait des avancées du Bénin
Le Millennium challenge corporation est satisfait de la conduite par le Bénin du deuxième Compact du Millennium challenge account. Sean Cairncross, Ceo de Millennium challenge corporation en visite au Bénin était, mercredi 14 octobre, à la présidence de la République pour une séance de travail avec le chef de l’Etat. Séance à l’issue de laquelle l’hôte américain a exprimé sa satisfaction à l’égard du gouvernement béninois. Le deuxième Compact du Millennium challenge corporation dont bénéficie le Bénin de la part du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique est essentiellement consacré au secteur de l’énergie avec une enveloppe de trois cent soixante quinze millions de dollars. Un projet important au regard de son impact sur la population et qui tient particulièrement à cœur au gouvernement américain, a déclaré mercredi 14 octobre au terme d’une séance de travail avec le président Patrice Talon, le Ceo du Millennium challenge corporation, Sean Cairncross. « Nous avons eu des échanges très fructueux avec le président de la République. Il s’agissait d’échanger sur le Compact du Millennium challenge account en cours qui impactera environ dix millions de Béninois. Nous avons un très bon partenariat et le Compact évolue très bien. Les travaux évoluent avec succès », a confié Sean Cairncross dans sa déclaration de fin d’audience. La conduite exemplaire par le Bénin du Compact en cours a également permis, selon lui, d’aborder des possibilités de lui faire bénéficier d’un Compact régional à venir pour « continuer d’unir le Mcc au Bénin ». Sauf que le Ceo du Mcc ne s’est pas contenté des échanges sur ce seul sujet. Avec le président Patrice Talon, il dit avoir également échangé sur les réformes en cours dans le pays et « les efforts que le Bénin continue de faire afin d’assurer la démocratie et la liberté de la presse ». Sean Cairncross rappelle que le premier compact portait sur la réhabilitation du port de Cotonou avec un montant de trois cent sept millions de dollars et qu’il a été « réalisé avec succès » par le Bénin, ce qui a permis de « doubler le trafic à l’intérieur du port ». Pour lui, cela prouve l’engagement du gouvernement à assurer la pérennité de ces acquis et le deuxième Compact consacré à l’énergie évolue bien malgré la pandémie de la Covid-19. Occasion pour lui, une fois encore, de renouveler sa note de satisfaction et d’exprimer son optimisme pour le 22 juin 2022, date importante dans la conduite du projet. Ces rendements sont à mettre à l’actif de tous les acteurs impliqués. Le bon partenariat et l’engagement des uns et des autres ont permis de réaliser ce progrès, s’est-il aussi réjoui. « Le fait qu’il (le Ceo Ndlr) soit au Bénin malgré la pandémie témoigne de l’importance que notre gouvernement attache à ce Compact, souligne de son côté, Patricia Mahoney, ambassadrice des Etats-Unis près le Bénin. Ces lauriers de la partie américaine, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané les accueille favorablement. Ils sont, selon lui, la matérialisation de l’engagement du gouvernement à résoudre les problèmes du secteur énergétique dans le pays. C’est un compact en cours d’exécution depuis 2015. Il a notamment permis de conjuguer au passé le délestage, facilitant par la même occasion, l’accès de nombreux Béninois à l’énergie. L’ambition du gouvernement, avec le Compact en cours, c’est d’impacter les entreprises et plus de dix millions de Béninois en leur offrant un accès à l’énergie. Si jusque-là, les efforts de tous les acteurs impliqués ont permis d’avoir ces résultats, il faut compter encore plus sur l’engagement du gouvernement pour faire mieux, et surtout intégrer le programme régional à venir. Actualités 15 oct. 2020


Organisation des élections professionnelles nationales: Les membres du comité désormais en mission
Après dix ans de blocage, les élections professionnelles nationales vont enfin se tenir. Les dix-huit membres du Comité électoral national (Cen) commis à l’organisation desdites élections ont été installés, ce mercredi 14 octobre, à Cotonou, par la ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys. C’est parti pour l’organisation de la troisième édition des élections professionnelles nationales. Des élections susceptibles d’assainir le paysage syndical national et d’assurer un dialogue social plus constructif. Hier, mercredi, à la salle des fêtes de la Tour administrative, les membres du Comité électoral national (Cen) devant conduire ce processus ont été officiellement installés par la ministre du Travail et de la Fonction publique. Ce comité est composé de dix-huit membres issus de plusieurs ministères, des centrales et confédérations syndicales et des associations des employeurs. « Il revient à votre Comité, de se doter très rapidement d’une feuille de route devant vous permettre d’organiser lesdites élections dans les meilleurs délais possibles », souligne Adidjatou Mathys à la faveur de son discours d’installation des membres du Cen. Parlant de cette feuille de route, la ministre suggère qu’elle soit déposée sur sa table avant la fin de l’année 2020. « En outre, poursuit-elle, l’élaboration d’un projet de budget des opérations est une urgence pour permettre au gouvernement de mettre à la disposition du Comité, les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission ». Elle rassure également de la disponibilité de l'Exécutif à accompagner convenablement ce processus électoral jusqu’à son terme. La ministre dit ne pas douter que les membres du comité mesurent l’importance de la mission qui leur incombe, et les invite à se rendre disponibles, être tolérants et surtout faire preuve d’esprit de consensus. « Nous sommes dans un tournant décisif d’animation de la vie syndicale dans notre pays et je garde espoir que vous ne ménagerez aucun effort pour que la troisième édition des élections professionnelles nationales devienne réalité», précise-t-elle. Dix ans après Les deux premières éditions des élections professionnelles nationales ont été organisées en 2001 et 2006. La troisième, prévue pour 2010, a connu des blocages dus à certaines contingences d’ordre socio-économique et politique. « Cet état de choses n’a pas permis de redéfinir le paysage syndical national, et ne permet pas non plus au gouvernement de disposer d’interlocuteurs représentatifs et régulièrement élus », a déploré Adidjatou Mathys. C’est donc pour mettre fin à cet état de choses que le comité préparatoire tripartite de la troisième édition des élections professionnelles nationales, a été mis en place par deux décrets, explique-t-elle. Ce faisant, le gouvernement donne la preuve de sa ferme volonté d’organiser ces élections nationales, se réjouit Adidjatou Mathys. En 2017, l’Exécutif béninois a entamé les démarches pour l’organisation desdites élections. Mais les consultations n’ont pas abouti du fait des mouvements sociaux des travailleurs. Notons que selon l’article 5 du décret portant différentes formes d’organisation syndicale de travailleurs en République du Bénin, le syndicat de base, pour être représentatif, doit obtenir au moins 20 % des suffrages exprimés aux élections professionnelles. Pareil pour les centrales ou confédérations syndicales. Société 15 oct. 2020


Audiences à la Haute cour de Justice:Cécile de Dravo échange avec le maire de Porto-Novo
La présidente de la Haute cour de Justice, Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué, s’est entretenue ce mercredi 14 octobre, à son cabinet, avec le maire de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty. Cette audience s’inscrit dans le cadre de la tournée de prise de contact entreprise par l’édile de la ville capitale depuis sa prise de fonction, auprès des différentes personnalités se trouvant sur son territoire. Selon le maire Charlemagne Yankoty, les échanges avec la présidente Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué ont porté sur divers sujets d’intérêt commun pour l’administration municipale et la Haute cour de Justice. Il évoque entre autres la situation du bâtiment abritant le siège de la haute juridiction et classé aujourd’hui patrimoine de l’Unesco. Les deux personnalités ont jugé utile qu’une rencontre plus technique soit tenue en vue de se pencher de façon sérieuse sur la question et trouver des solutions durables devant permettre de doter la Haute cour de Justice d’un site sur lequel sera érigé un bâtiment propre à elle. La présidente Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué se serait par ailleurs réjouie de voir à la tête de la ville capitale du Bénin, un maire jeune, dynamique et plein d’ambitions. Elle salue les actions de développement déjà entreprises en peu de temps par l’équipe municipale et dont les résultats ont déjà changé un tant soit peu le visage de Porto-Novo. Le maire et toute son équipe ont été encouragés à maintenir le cap pour que vive enfin le développement de la ville de Porto-Novo, une ville dont est aussi native la présidente de la Haute cour de Justice. Celle-ci n’a pas manqué de rassurer le conseil municipal de Porto-Novo de ce qu’elle ne ménagera aucun effort pour accompagner toutes les actions et autres initiatives qu’entreprendront le maire et son équipe dans le sens d’un véritable développement de la ville capitale. A la suite du maire de Porto-Novo, la présidente de la Haute cour de Justice a également reçu deux autres délégations, celles de l’Ong Nouvelle famille et de l’Union des béninoises patriotes. Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé/Plateau Actualités 15 oct. 2020


Fonds d’Appui à l’entrepreneuriat numérique: Le financement Oumandera ouvert aux start-up béninoises
Destiné aux start-up béninoises, le financement Oumandera a été lancé, vendredi 9 octobre dernier. Cette initiative du Fonds d’appui à l’entrepreneuriat numérique (Faen) vise à aider les jeunes entreprises à démarrer une nouvelle phase du développement de leurs activités en saisissant les opportunités qu’offre le numérique. Annoncé dans l’agenda numérique 2020, le Fonds d’appui à l’entrepreneuriat numérique (Faen) a été rendu opérationnel avec le lancement du financement Oumandera, vendredi 9 octobre dernier. Ce Fonds s’inscrit dans la vision du gouvernement du Bénin, d’asseoir un écosystème viable et solide pour l’entrepreneuriat numérique. Selon le ministère du Numérique et de la Digitalisation, les activités du Fonds ont pour objectifs de créer un environnement d’innovation pour les jeunes pousses du numérique, de mettre à leur disposition des outils et ressources favorisant leur transition vers des entreprises prospères et durables, et d’améliorer la visibilité nationale et internationale des start-up béninoises. A travers Oumandera, les start-up béninoises peuvent bénéficier d’un appui financier direct non remboursable. « Cette somme est octroyée à une start-up avec la condition qu'elle dispose déjà d’une partie du montant demandé », précise le communiqué du ministère. Les start-up sélectionnées devront avoir au moins 10% du montant total du besoin exprimé. « Par exemple, si une start-up a besoin de 20 millions pour réaliser l’ensemble de son projet, il est recommandé qu’elle dispose d’au moins deux millions, et puisse fournir la preuve de l’existence de la somme », explique l’appel à candidatures. Les start-up éligibles sont celles dont les promoteurs sont de nationalité béninoise et en phase d’amorçage (c’est-à-dire avoir dépassé la phase de l’idéation et de conceptualisation). Ce financement est destiné également aux jeunes pousses capables de fournir un service ou produit numérique et faisant une utilisation quantifiable et substantielle de technologie numérique dans la chaîne de valeur dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, le tourisme, l’éducation, les finances, etc. Les start-up remplissant toutes les conditions définies par l’appel à candidatures sont invitées à candidater en envoyant l’ensemble des différentes pièces nécessaires à l’adresse mnd.faen@gouv.bj au plus tard le 31 octobre prochain (17 heures).Un comité de professionnels et d’experts est mis en place pour évaluer les candidatures de façon transparente afin de procéder à une première sélection. La liste des pièces justificatives à joindre au formulaire de candidature est disponible sur le site du ministère du Numérique et de la Digitalisation. Société 14 oct. 2020


Rencontres virtuelles du quotidien La Nation:L’accélération vers un avenir numérique au menu des échanges
Engagé dans sa transformation digitale, le quotidien La Nation organise, vendredi 16 octobre prochain, une visioconférence via zoom. Des diplomates, universitaires, représentants d’organisations internationales, journalistes, leaders d’opinion, activistes sociaux et autres sont attendus à cette rencontre virtuelle. Les participants vont échanger autour de deux thèmes à savoir : « Les dynamiques de développement » et « Covid-19 : l’accélération vers un avenir numérique ». Ainsi, la première partie sera consacrée aux dynamiques de développement avec Alain Sourou Orounla, ministre de la Communication et de la Poste et Isabelle Durant, secrétaire générale adjointe de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (Cnuced) comme intervenants principaux ainsi que Wilfried Léandre Houngbédji, directeur de la Communication de la présidence et Roger Gbégnonvi, éminent acteur de la Société civile en qualité de panélistes. Au cours de la seconde partie de cette rencontre, pendant une demi-heure, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation et Doreen Bogdan-Martin, directeur du Bureau de Développement des Télécommunications de l’Union Internationale des Télécommunications (Iut) ainsi que les panélistes Venance Konan, directeur général de Fraternité Matin (Côte d’Ivoire) et Bertin Sowakoudé, Dg Onip/Bénin, vont aborder le thème : « Covid-19 l’accélération vers un avenir numérique ». Les débats seront conduits respectivement par Paul Amoussou, directeur de publication du quotidien La Nation, Cathérine Fiankan, senior Un Correspondent. Pour prendre part à ces rencontres, les participants doivent s’inscrire à l’adresse mail : forumlanation@onip.bj. Société 14 oct. 2020


Plateforme nationale de paiement électronique:Les Fintechs s’imprègnent de la portée du projet
La Plateforme nationale de paiement électronique sera bientôt opérationnelle. En attendant, l’Agence des services et systèmes d'information (Assi) en charge de sa conception, a échangé, ce mardi 13 octobre à Cotonou, avec les Fintechs sur la portée de ce qui sera un hub de concentration des solutions de paiement digitales. Faire du mobile money ce qu’est la carte bancaire dans les pays occidentaux, c’est l’ambition nourrie à travers l’initiative de la Plateforme nationale de paiement électronique (Pnpe). Interconnexion des différents modes de paiement digitaux, son opérationnalisation sera bientôt une réalité, annonce Serge Laurent Adjovi, directeur de l’Agence des services et systèmes d'information (Assi), structure en charge de l’exécution du projet. Sous l’égide de la ministre du Numérique et de la Digitalisation, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, l’Assi a organisé, ce mardi à Cotonou, une rencontre d’échanges avec les acteurs majeurs que sont les Fintechs pour leur présenter la plateforme, recueillir leurs attentes et les éventuelles suggestions en vue de son amélioration et de sa mise en œuvre diligente. C’est un projet phare du Programme d’action du gouvernement visant à lutter contre l’exclusion financière et qui permettra le paiement des services fournis par l’État et les entreprises à terme avec tous les moyens de paiement électroniques actuels, précise Serge Adjovi. Imaginée comme catalyseur des affaires, la plateforme devrait favoriser le commerce en ligne (e-commerce) et d’autres services dématérialisés (e-services) et ainsi la mise en œuvre d’une administration intelligente. La Pnpe contribuera à matérialiser la vision du gouvernement de faire du Bénin la plateforme de services numériques en Afrique de l’Ouest, renchérit la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou. Il s’agit, précise-t-elle, de faire en sorte que le consommateur final des services numériques, qu’il soit client de l’administration publique ou du secteur privé, puisse librement et en toute sérénité choisir le moyen de paiement qui lui convient.A l’en croire, « La plateforme nationale sera le hub de concentration de toutes les solutions de paiement existantes et futures, rendra ces solutions interopérables et par la même occasion permettra de remplir d’autres objectifs qui sont liés à l’inclusion financière, à la facilité de paiement, au suivi des paiements ». Implications La majorité des paiements se fait en espèces au Bénin : le taux de bancarisation est inférieur à 20 % ; moins de 500 points de vente acceptent les paiements par cartes, fait remarquer Jean-Yves Ogoundélé, chef du projet. De même, poursuit-il, le nombre de points de vente acceptant le paiement par mobile money reste faible (moins de 5000) et il existe très peu de sites internet avec acquéreur local, qui proposent le paiement par carte bancaire ou mobile money. Dans le même temps, le nombre de personnes ayant un compte mobile money actif dépasse les 3 millions. Aussi, les guichets de paiement sont inégalement répartis sur le territoire national et les nombreux flux épars entraînent des déperditions pour l’économie nationale. Dans ce contexte, indique M. Ogoundélé, la Pnpe se veut une solution pour réduire la masse fiduciaire et sera un pourvoyeur de croissance à travers la baisse des coûts de transaction et la mutualisation des services. Elle fera décoller le paiement électronique marchand encore à la traîne et sécuriser les ressources destinées à l’Etat. Elle est conçue pour supporter tous les types de canaux de distribution : terminaux de paiement électronique (Tpe), guichets automatiques, kiosques multimédias, internet, et tous les types de cartes et produits traditionnels et cartes de crédit Emv (Mastercard et Visa) de tous les grands réseaux. Actualités 14 oct. 2020


Habib Dakpogan à propos de "Mémoire du chaudron": « Le livre est une saga sociopolitique »
Habib Dakpogan connu comme musicien et écrivain, ajoute une autre corde à son arc par l’édition du livre "Mémoire du chaudron" de Tiburce Adagbè. Un ouvrage qui retrace les coulisses, côté cour et côté jardin de l'accesssion de Boni Yayi à la magistrature surpême en 2006. Il en dit long sur cette initiative à travers la présente interview. La Nation : L’essai politique de Tiburce Adagbé intitulé « Mémoire du Chaudron » au sujet de la conquête du pouvoir par Boni Yayi en 2006 sort bientôt et vous en êtes l'éditeur. Pouvez-vous nous en dire plus? Habib Dakpogan : Il s’agit de la rencontre d’un écrivain qui se lance dans l’édition et cherche des projets d’écriture convaincants, donc porteurs, et d’un écrivain, éditeur dans une autre vie, qui veut éditer son premier ouvrage. Tout a commencé le plus fortuitement possible à l’occasion d’un lancement où j’ai croisé Tiburce Adagbè dix ans après un projet que nous avions piloté dans sa maison d’édition. Il était en train de se faire une agréable réputation sur la toile en publiant sur Facebook à une fréquence régulière, de sulfureux épisodes d’une chronique au titre curieux de Mémoire du chaudron, qui retraçait avec un style enjoué et une vivacité particulière, les coulisses de la conquête du pouvoir par Boni Yayi en 2006. Je lui ai suggéré sans ambages d’en faire un livre et il m’a informé que ma suggestion était une raison supplémentaire pour qu’il commence à y penser sérieusement, puisque beaucoup de personnes, proches ou simples connaissances, ne cessaient de l’exhorter à poser ces souvenirs croustillants sur papier. On a repris et gardé le contact dès lors, travaillant sur divers projets dont le journal satirique -Le Déchainé du Jeudi-où je suis rédacteur et relecteur et lui le Conseiller éditorial. De temps à autre, nous parlions de Mémoire du Chaudron, Tiburce faisant part de son avancement dans le processus d’en faire un livre et moi ne cessant de l’encourager car pour moi c’était incontestablement une œuvre majeure s’inscrivant à l’aise dans les milieux littéraire et politique. Au même moment, à l’intérieur d’un cercle d’amis écrivains et journalistes, les discussions ont commencé à s’orienter sérieusement vers la création d’une maison d’édition pour contribuer auprès des autres maisons, à absorber dans la mesure du possible la faim du dire qui devenait boulimie dans les rangs des jeunes auteurs dont certains sont vraiment très doués. Nous avons donc mis sur pied-Encrage Editions-, sous ma direction. La structure créée, j’ai approché Tiburce et je lui ai proposé d’éditer son œuvre. Il a éclaté de rire, car il ne comprenait pas pourquoi je voulais qu’il serve de cobaye pour une maison d’édition qui n’avait pas encore un seul titre alors qu'il est l'objet d'une cour assidue de la part de plusieurs éditeurs tant au Bénin qu'à l'international. Ce n’est pas que l’idée lui a déplu, mais pour lui, le risque était exorbitant et c’était légitime. Mais Tiburce est un fin intellectuel qui sait gérer ses a priori. Il n’ignore pas que la qualité prime sur le nom. Alors, un peu comme pour m’écarter avec bonne conscience, il a posé les conditions : qualité supérieure à la hauteur de ses ambitions (reliure, tranche, papier, encre, mise en page, graphisme et illustration), visibilité (présence du livre sur les plus grandes plateformes) et garanties de distribution. C’est un très gros morceau pour quelqu’un qui débute dans le milieu. Mais l’essentiel est le professionnalisme. J’ai réuni l’équipe et je leur ai dit que notre premier coup ne sera même pas un coup d’essai mais un sacré coup de maître. Nous avons fait nos offres à Tiburce, il a réfléchi un peu, et il a accepté, en se fiant plus à mon souci de qualité qu’à notre amitié. Il sait surtout, avec son expérience d'éditeur, la nécessité d'une relation de complicité entre l'écrivain et son éditeur. Nous avons appris que l’ouvrage va connaître une commercialisation internationale ! Comment cela va-t-il se passer concrètement? Mémoire du Chaudron est disponible sur Amazon dès demain. Nous nouons déjà des partenariats avec d’autres distributeurs en ligne et des distributeurs locaux. Le livre physique est sorti de presses en France en fin de semaine passée et sera disponible dans les librairies du Bénin et de la sous-région en Novembre. Nous avons déjà de solides références pour les Fnac en France. Les Béninois d'ici devront attendre encore jusqu'à quand pour avoir accès à la version livre de ce récit qui a secoué toute la toile? L'impression de Mémoire du Chaudron est achevée à Lyon en France. Ceci pourrait titiller des susceptibilités et faire débat, je le sais, mais tout panafricaniste que je suis, j’ai reçu une énorme pression de l’auteur qui a mis la qualité au premier plan. J’avais une obligation de résultat. Pour un livre d'un volume de plus de 600 pages, et pour un auteur qui ne veut pas voir le moindre travers sur la tranche, nous n’avons pas eu le choix. Cependant nous avons ouvert la consultation chez les imprimeurs tant au Bénin, en Côte-d'Ivoire, en Tunisie, qu'en France. Nous avons une réputation à bâtir et la confiance d’un excellent auteur à mériter. Alors nous sommes allés à la meilleure offre technique pour un rendu convenant à nos exigences. Ceci explique donc en partie que le livre papier ait pris un peu plus de temps que s’il était fait sur place. Heureusement, l’attente des lecteurs ne sera que de courte durée. Le lancement se fera le 12 novembre prochain à Cotonou. Mais le livre sera disponible quelques jours plus tôt. Votre regard sur le livre en tant qu’écrivain ? Je suis tombé amoureux des histoires de Mémoire du Chaudron depuis le temps que je les lisais sur Facebook. Je me suis demandé comment il se faisait que Tiburce Adagbè se soit caché tout ce temps alors qu’il a l’une des meilleures plumes de ce pays, toutes époques confondues. Quand le livre a pris la forme papier, l’extase n’a fait que grandir. En faisant le travail éditorial, tous les comités de lecture étaient enchantés, à l’unanimité, même les critiques les plus difficiles dont je fais partie. Nous sommes très honorés de faire partie de ce projet. Il s’agit d’une fresque truculente, qui raconte avec une langue littéraire et un style gracile, les incroyables péripéties ayant animé les coulisses de la prise de pouvoir par Boni Yayi en 2006. Nourrie d’histoire, parsemée d’humour, auréolée d'impertinence, elle fait revivre aussi bien les instants critiques que les moments enjoués de cette saga sociopolitique, avec des intrigues et des personnages réels. Elle questionne la sociologie, l’ethnologie, la philosophie, l’art, et bien entendu, la politique sous les tropiques béninois. Et surtout, croyez-moi, la version numérique du livre qui nous a tous tenus en haleine sur la toile n'est qu'une préfiguration de la grande puissance du livre qui entre bientôt en librairie. Car pour la cause, notre maison d'édition a mis la pression nécessaire pour que l'auteur reprenne la plume et détaille son récit. Mémoire du Chaudron, version livre que Me Robert Dossou nous a fait l'honneur de préfacer, vaut donc la peine d'être lu, surtout quand on a déjà lu et aimé le premier jet qu'est la version numérique. Culture 14 oct. 2020


Reprise des classes en période de Covid-19: Offrir de meilleurs systèmes éducatifs
«Un enfant, un enseignant, un livre, un stylo peuvent changer le monde.» Ces mots de la lauréate du prix Nobel de la paix MalalaYousafzai ne sauraient être plus pertinents. C’est en nous assurant que les filles et les garçons du monde entier bénéficient d’un enseignement de qualité que nous bâtirons un monde plus durable, plus juste et plus pacifique. La fermeture des écoles à l’échelle mondiale face à la pandémie de Covid-19 a constitué un bouleversement sans précédent de l’enseignement des enfants et touché plus d’un milliard d’élèves. Celles et ceux qui ont repris le chemin de l’école sont confrontés à des problèmes inédits: port du masque, distanciation sociale, manque d’infrastructures pour se laver les mains et peur de tomber malade. Étant donné l’accentuation de la fracture numérique, la plupart n’auront pas eu la possibilité de suivre un apprentissage à domicile au cours des derniers mois. Ils auront donc accusé un retard qui rendra le retour en classe d’autant plus redoutable, pour eux – et pour leurs enseignants. À bien des égards, ils ne sont pas les plus à plaindre. Les nouveaux défis auxquels ils sont confrontés sont largement éclipsés par l’impact catastrophique à long terme de l’absence de scolarité, en particulier dans les pays les plus pauvres et ceux frappés par des conflits ou des crises. Les crises précédentes nous ont appris que plus les enfants sont déscolarisés, moins ils sont susceptibles de retourner à l’école. Nous savons également que lorsque les enfants ne vont pas à l’école, ils sont davantage exposés à la violence, aux abus et à l’exploitation. Les filles sont confrontées au risque supplémentaire de mariage précoce et de grossesse. Du fait de la Covid et compte tenu de la suspension des services essentiels de santé, de nutrition, d’immunisation et de protection de l’enfance, les enfants sont également exposés à la sous-alimentation, aux maladies, aux problèmes de santé mentale et aux abus. Dans un contexte aussi difficile, pouvons-nous encore remporter la bataille pour l’éducation de nos enfants ? La réponse est un «oui» retentissant. Mais pour ce faire, tels des étudiants modèles, nous devrons redoubler d’efforts pour arriver aux résultats que nous recherchons. Face à la pandémie mondiale, l’Union européenne et ses États membres – Team Europe – ont démontré combien la collaboration était efficace pour parvenir à de meilleurs résultats. Il est avéré que les partenariats que nous avons noués par le passé ont donné de bons résultats et l’Ue et l’Unicef peuvent donc agir ensemble pour peser de manière durable dans l’éducation dans le monde. Préserver l’avenir de nos enfants Nous pouvons prendre des mesures concrètes pour préserver l’avenir de nos enfants, mesures qui s’inspireront des travaux existants et emprunteront des voies nouvelles et innovantes. Cela suppose d’investir dès à présent, pour que les enfants les plus vulnérables puissent reprendre le chemin de l’école. Cela suppose de veiller à ce que leurs écoles soient synonymes de sécurité et que leurs enseignants puissent répondre à leurs besoins. Cela suppose de repenser les systèmes éducatifs pour que les enfants décrochent un diplôme en ayant acquis des compétences adaptées au 21e siècle, comme des compétences numériques et une formation en entrepreneuriat, et puissent ainsi affronter le monde nouveau qui s’offre à eux. Nous avons assisté récemment à de véritables bouleversements, de nombreux gouvernements proposant un enseignement en ligne ou utilisant la télévision, la radio et la téléphonie mobile. Ainsi, en Somalie, des cours enregistrés hors ligne sont chargés sur des tablettes fonctionnant à l’énergie solaire et mis à la disposition des enfants. Au Kirghizstan, les enfants peuvent accéder gratuitement à l’apprentissage à distance par l’intermédiaire de plateformes en ligne, de trois chaînes nationales de télévision et de deux applications pour réseaux mobiles. Au Viêt Nam, certains tests et modules ont été retirés du programme, tandis que d’autres ont été reportés jusqu’à la prochaine année scolaire afin de permettre aux élèves de rattraper leur retard d'apprentissage tout au long de l’année prochaine et réduire ainsi la pression académique et le stress psychosocial. Les premières pousses de la relance sont donc là. Il s’agit à présent de les faire croître. C’est le moment de repenser les systèmes éducatifs, de se tourner vers les technologies, d'abattre les barrières et d'offrir à tous les enfants le même accès à des systèmes éducatifs modernes. Il faut notamment combler le fossé en matière d’enseignement en ligne. Nous devons croire en la promesse de l’enseignement en ligne et nous y investir – pas seulement dans les compétences de base comme la lecture et les mathématiques, mais aussi dans les compétences numériques, entrepreneuriales et professionnelles, afin que les jeunes puissent intégrer le marché du travail. Par-dessus tout, les budgets de l’éducation doivent échapper aux coupes budgétaires à l’heure où frappe la crise économique mondiale. L’éducation doit être considérée comme partie intégrante du plan de relance pour sortir de la crise de la Covid-19: plutôt que de priver l’enseignement des sources de financement, il faut investir davantage pour renforcer les systèmes éducatifs. L’éducation est essentielle pour le développement humain, lequel est à la base de tous les investissements dans la coopération internationale réalisés par l’Ue, investissements qui seront stimulés dans le cadre du financement par l’Ue du développement pour la période à venir. Reconstruire en mieux s'applique autant à l’éducation qu’à tout autre domaine. L’ampleur de cette crise suppose une réponse mondiale et coordonnée, et l’Ue et l’Unicef entendent être aux avant-postes de cette réponse. La communauté éducative doit développer de façon conjointe un plan d'action mondial qui ouvrirait la voie à un enseignement équitable et de qualité pour tous. Nous avons là une occasion unique de sortir de cette crise unique en agissant différemment, en luttant contre les inégalités à l’aide de systèmes sociaux plus durables. Pour nous engager dans cette entreprise titanesque, nous devons comprendre que nous ne pouvons plus agir comme par le passé. Si nous tirons les bons enseignements maintenant, nous pourrons repenser et offrir de meilleurs systèmes éducatifs — à la génération d’aujourd’hui et à celle de demain Par Jutta Urpilainen* & Henrietta H. Fore* * Commissaire européen aux Partenariats internationaux * Directeur exécutif de l'Unicef Actualités 14 oct. 2020


Résidence thématique d’artistes à Hambourg: Eliane Aïsso relance le débat sur le colonialisme
La nouvelle résidence thématique d’artistes de l’association Kulturforum Süd-Nord a reçu pour le compte de l’acte 1, l’artiste béninoise Eliane Aïsso pour un séjour à Hambourg. Pendant deux semaines, elle a exploré les vestiges de la ville et partagé avec le public, son regard critique sur les vestiges coloniaux à travers les photos prises par elle et travaillées suivant sa technique. Des œuvres photographiques sur les vestiges coloniaux de la ville de Hambourg. C’est ce qu’a fait découvrir la jeune artiste plasticienne béninoise, Eliane Aïsso, à la population Hambourgeoise au terme de son séjour dans cette ville au mois d’août dernier. La jeune artiste y a séjourné dans le cadre du projet de résidence « Exploration inversée de la ville et les citoyens de Hambourg » initié par l’association Kulturforum Süd-Nord à travers son président fondateur, Stephan Köhler. Cette initiative soutenue par le ministère de la Culture de Hambourg, avec la participation des artistes de diverses nationalités, s’est ouverte entre autres pour le compte de l’acte 1 de sa première édition à la jeune artiste plasticienne béninoise Eliane Aïsso. Pur produit du Studio national des arts contemporains à Tourcoing en France, la jeune plasticienne dont le pinceau s’est révélé à Cotonou, à diverses occasions, a pris part à une résidence de création artistique du 1er au 15 août dernier. Mais avant, elle a effectué une visite d’exploration guidée à travers la ville de Hambourg. Guidée par Hanni Jokinen, l’artiste a parcouru à Hambourg plusieurs lieux qui témoignent du passé colonial de cette cité. C’est en se livrant à cet exercice que la jeune artiste s’est résolue à orienter son objectif vers le passé colonialiste de la ville. Un exercice qui lui a permis de disposer d’une bonne matière première pour finaliser ses photographies d’art. Mais elle ne s’est pas limitée à cela. Dans un but d’originalité, Eliane a recouru au cours de sa résidence à des personnes ressources, tels des historiens d’art, des chercheurs, des photographes d’art… pour des moments d’échanges et de partage. Cette rigueur dans le travail a abouti à un résultat que le public allemand a été le premier à apprécier. Lors des travaux de la résidence, Eliane qui vient de terminer son master en photo et vidéo à l'Université Fresnoy près de Paris, a retravaillé avec sa technique de photographie, les images des vestiges et traces coloniaux qu’elle a prises lors de sa visite à travers la ville. Ce séjour doublé d’une résidence aura été tout bénéfique pour la jeune artiste qui a fait parler d’elle à la suite de la conférence de restitution de ses travaux. Sa technique et son angle de travail ont été pour une large part appréciés par le public de Hambourg. La rencontre transmise en direct sur les médias sociaux a permis à l’artiste de partager son regard critique sur les vestiges coloniaux à travers ses photos retouchées aux crayons et aux lames de rasoir. Réveiller le passé colonial Une aubaine pour Eliane Aïsso qui, pour cette première expérience, repart avec les appréciations du public de Hambourg. Public qui n’a pas tari d’éloges à l’endroit de cette jeune artiste créditée d’un talent certain. Des témoignages des participants à cette conférence, il ressort que les œuvres issues de la résidence «Exploration inversée» sont de bonne facture et que la jeune Eliane Aïsso est pétrie de talents. « Cette résidence à moi offerte par l’association Kulturforum Süd-Nord a été une véritable opportunité. De cette rencontre, j’ai eu d’autres contacts et appris beaucoup de choses pour ma propre gouverne et pour mon évolution dans la carrière artistique », confie Eliane. L’artiste se veut reconnaissante à l’endroit de Stephan Köhler, non seulement pour l’initiative, mais aussi pour lui avoir donné l’opportunité d’y participer. « Mon souhait, c’est de voir d’autres artistes bénéficier de ce projet et que l’initiative dure dans le temps, car ces rencontres poussent les citoyens de Hambourg à changer leur perspective et les encouragent à lutter contre toutes formes de racisme », note-t-elle. Ce qui fait davantage la notoriété de ce projet, c’est que Kulturforum Süd-Nord a fait imprimer, en grandes quantités, les œuvres réalisées au cours de la résidence en format A3 et les a fait insérer dans des journaux à Hambourg. L’objectif, c’est de pousser les lecteurs à réfléchir sur le passé colonial et lutter contre toutes formes de racisme. Ce pan du projet plait bien à Eliane Aïsso qui se réjouit de continuer par susciter la réflexion des Hambourgeois sur leur passé colonial et les nouvelles formes de racisme. Au dire de Stephan Köhler, « pendant des siècles, les Européens se sont réservés le rôle exclusif d’explorer et exploiter le reste du monde. Le titre ‘‘Exploration Inversée’’ pour la résidence d’artistes indique que le moment est venu pour que les explorés deviennent les explorateurs. Il sonne d’abord comme un acte de vengeance polémique de la part de ceux qui ont été découverts, classés, collectionnés et exposés par les Européens ». La devise quelque peu provocante, reconnait-il. Mais il vise avant tout à indiquer que les flux mondiaux d’échanges, d’économie, de voyageurs ne doivent pas toujours aller dans le même sens. L’ambition ici, conclut-il, « c’est de stabiliser le processus d’ouverture et de regard des uns sur les autres, et de maintenir la pluralité des interprétations du monde ». L’association Kulturforum Süd-Nord prévoit une série de visites d'artistes (écrivains) du Sud par an à Hambourg. Les observations des artistes visent à déclencher à chaque fois des dialogues avec le public. Culture 13 oct. 2020


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