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Nouvelles

En visite sur les chantiers touristiques à Ouidah: Jean-Michel Abimbola rappelle les exigences du gouvernement aux entrepreneurs
La commune de Ouidah attend d’inaugurer dans les mois à venir d’importantes infrastructures dans le cadre du programme touristique déployé par le gouvernement. Jean-Michel Abimbola, ministre en charge du Tourisme, est descendu sur certains sites, jeudi 30 juillet, pour s’assurer que les entrepreneurs mettent tout en œuvre pour une exécution diligente des travaux. A Djègbadji à Ouidah, première étape de sa descente sur les chantiers des projets touristiques, Jean-Michel Abimbola, ministre en charge du Tourisme, et la délégation qui l’accompagne ont visité la base-vie de l’entreprise Yunnan Construction, chargée des travaux de construction du complexe hôtelier La Marina. Le ministre est allé s’enquérir des dispositions prises pour le démarrage imminent des travaux. Le directeur général de l’entreprise et ses techniciens ont fait visiter sur le plan architectural les différents compartiments du complexe hôtelier. Les questions liées au dédommagement des citoyens affectés par le projet, l’emploi de la main-d’œuvre locale et bien d’autres préoccupations ont été abordés au cours de la visite. Deuxième étape, le Fort portugais de Ouidah. Ici, le ministre a pu se rendre à l’évidence que les employés et ouvriers du site travaillent sans désemparer pour rattraper le retard accusé. Il ne leur reste en effet que sept mois pour achever les travaux. « Au niveau de notre groupement, nous comptons doubler les effectifs pour vraiment tenir dans le délai. Il y a des équipes sur chaque infrastructure du projet. Et nous travaillons tous les jours afin de rattraper les écarts connus par le passé et finir les travaux à fin février 2021 », a rassuré Hospice Houngbèmè, directeur des travaux de l’entreprise en charge des travaux. A la suite de sa visite, Jean-Michel Abimbola a tenu une séance de travail avec ses hôtes. Occasion pour rappeler les attentes du gouvernement et l’obligation pour le Bénin d’apprêter ses musées. Cette autre préoccupation tient particulièrement à cœur au ministre. D’ici à là, le pays recevra des œuvres culturelles à rapatrier de la France. Faut-il le rappeler, le Fort portugais comporte trois compartiments. Le compartiment central est composé de la Maison du gouverneur, du bâtiment accueil principal, du bâtiment de l’esclaverie situé dans la cour des esclaves, d’un local technique et du bâtiment de casernement. Dans la cour du gouverneur, on note deux grands bâtiments, le snack-bar, des boutiques et ateliers et le bâtiment de l’accueil scolaire. L’ensemble est clôturé par le mur d’enceinte avec des tourelles au niveau des quatre angles. Sur le demi-périmètre extérieur, il sera construit la douve qui, selon l’histoire, servait de dissuasion pour les esclaves qui tentaient de fuir et un aménagement extérieur tout autour du Fort. « Et pour ne pas dévoiler très tôt le prochain visage de Ouidah notre cité, je voudrais m’inspirer d’une image du pays Adja-Tado où l’on raconte l’histoire de cet homme qui vit dans une hutte en paille, mais qui prend le luxe d’ériger une case en tôle galvanisée pour son vodoun. Interrogé, il répond que ce qui se laisse voir à l’intérieur de sa maison en ce moment n’est que la préfiguration de ce que deviendra cette maison sous peu ». Cette déclaration de fin de visite, le ministre l’a partagée avec l’assistance, un peu comme pour annoncer les couleurs, quant aux profondes transformations attendues dans la cité des Kpassè. Partenaire du Bénin sur ces projets, la Banque mondiale à travers son chef de projet, Magueye Dia a également pu toucher du doigt le niveau d’avancement des travaux. « La Banque mondiale a très tôt compris que le développement économique du Bénin pouvait être aussi porté par le tourisme patrimonial, le tourisme culturel qui a été jusque-là sous-estimé. Nous avons tenu à accompagner les efforts du gouvernement pour rehausser tout ce patrimoine historique qui existe et qui était en jachère. C’est pour cela que la Banque mondiale s’est investie en mettant les ressources à disposition », soutient ce dernier. La fin des travaux est attendue pour fin février 2021. Actualités 04 août 2020


Lutte contre le coronavirus: La douane béninoise reçoit du matériel de protection de l’Allemagne
La Giz, sur mandat du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, dans le cadre de sa composante régionale Cedeao dote la douane béninoise de matériel de protection contre le Covid-19. La cérémonie de remise a eu lieu, jeudi 30 juillet dernier, à la direction générale des Douanes et Droits indirects, en présence des autorités sous-régionales, béninoises et allemandes. Le matériel remis à la douane béninoise s’inscrit dans le cadre de l’appui de l’Allemagne au programme Frontière de l’Union africaine qui, selon l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, a été lancé en 2007. Intervenant dans plusieurs domaines, notamment l’appui à vingt-cinq pays africains dans leurs activités de délimitation, de démarcation et de gestion de leurs frontières, la promotion et la mise en œuvre de la coopération transfrontalière, la gestion commune des frontières par différents acteurs dont la police des frontières, la douane, les maires, les associations de femmes et les organisations de jeunes, la gestion intégrée des frontières tient une place importante dans la coopération entre la République fédérale d’Allemagne et ses différents partenaires. Au nom de Jean-Claude Kouassi Brou, président de la Commission de la Cedeao, Armand M. Sounton, coordonnateur de la Cellule de suivi de l’intégration régionale du Bureau national Uemoa/Cedeao, a transmis les remerciements de la Commission pour toutes les facilités qui lui sont offertes dans le cadre de la mise en œuvre de ses différents programmes et projets communautaires en cours au Bénin. Il rappelle que le Bénin, à l’instar des autres pays, n’est pas épargné par la pandémie du Covid- 19. Armand Sounton reste reconnaissant au président de la République, Patrice Talon et à son gouvernement pour les mesures appropriées prises pour endiguer la crise sanitaire et surtout pour les appuis financiers à l’endroit des différentes couches sociales touchées par la pandémie au Bénin. Il invite par ailleurs les citoyens à observer les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires. Pour justifier l’intérêt du don effectué par l’Allemagne à la douane béninoise, Armand Sounton affirme que le Covid-19 qui sévit actuellement dans le monde nécessite plus d’importation et d’exportation de matériels sanitaires ainsi que des échanges quotidiens de marchandises entre les Etats. Les Etats membres de la Cedeao sont aussi concernés car le besoin d’exportation et d’importation de ces biens de secours devient de plus en plus crucial. C’est dans ce contexte de fortes demandes que, selon Armand Sounton, malgré la pandémie du coronavirus, les fonctionnaires de la douane de l’espace Cedeao travaillent sur le terrain pour assurer la continuité des approvisionnements des Etats membres à travers les opérations de dédouanement et de contrôle opérés par les agents. Ce qui les expose à des risques de contamination au virus. Il est donc urgent et nécessaire que les administrations douanières puissent être dotées de moyens adéquats de protection pour remplir convenablement leur mission sur le terrain. Le coordonnateur de la Cellule de suivi de l’intégration régionale indique que c’est pour toutes ces raisons que la Commission de la Cedeao, à travers le département en charge des questions douanières, en collaboration avec la Giz, met à la disposition de la direction générale des Douanes et Droits indirects, le matériel nécessaire pour se protéger contre la pandémie du Covid-19 afin de remplir sa mission avec efficacité. D’un coût d’environ quatre millions de F Cfa, le don est composé de 1500 masques homologués en tissu douane, 60 packs de 100 gants en latex, 33 cartons de gel/ solution hydroalcoolique de 500 ml et 15 thermo flashs infrarouges pour la prise de température. Charles Inoussa Sacca Bocco, directeur général des Douanes et Droits indirects, a exprimé sa gratitude pour le soutien et les efforts consentis par les donateurs. Tout en promettant que le matériel offert sera utilisé à bon escient. Actualités 04 août 2020


Généralisation de l’usage du numérique dans l’éducation: La salle numérique de l’Enam mise en service
Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation et sa collègue Eléonore Yayi Ladékan, chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et les autorités de l’Université d’Abomey-Calavi, ont procédé, jeudi 30 juillet dernier, à la mise en service de la salle numérique de l’Ecole nationale d’Administration et de Magistrature (Enam). A l’occasion, le directeur de cette école ainsi que les étudiants ont exprimé leur reconnaissance au gouvernement pour ce geste utile, ce surtout en cette période de la crise du coronavirus. Financée par l’Agence béninoise des Services universels des Communications électroniques et de la Poste (Absu-Cep), la salle numérique de l’Ecole nationale d’Administration et de Magistrature (Enam), a été mise en service, jeudi 30 juillet dernier, à Abomey-Calavi. Eléonore Yayi Ladékan, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, se réjouit du choix porté sur cette école qui fournit chaque année des milliers de cadres compétents à l’administration béninoise. Selon elle, cette cérémonie est une occasion pour célébrer l’efficacité dans l'identification des besoins des étudiants et les opportunités que cette salle va leur apporter. Au nom de la communauté universitaire, elle a témoigné sa gratitude à sa collègue du Numérique et de la Digitalisation qui a répondu favorablement à la demande de l’Enam de se voir dotée d’une salle numérique. « En avril 2019, l'Enam a fait une doléance et dès juillet 2019, la ministre a donné un avis favorable pour cette demande et nous a offert deux salles », a-t-elle rappelé. C’est le lieu pour elle de féliciter la direction de l'Enam qui a donné comme contrepartie la transformation du centre informatique de recherche de l’Ena. Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, se félicite de l’aboutissement de ce projet dans le cadre de la généralisation de l'usage du numérique par la formation et l'éducation. Selon elle, cette révolution technologique offrira des opportunités aux apprenants, c’est pourquoi le gouvernement travaille à installer des salles de classe numériques connectées à internet sur toute l’étendue du territoire national. Une consolation pour les étudiants « Cet investissement vient à point nommé en cette période de crise sanitaire et renforcera non seulement la qualité de l'enseignement mais aussi la disponibilité de la formation », a-t-elle déclaré. Elle salue la disponibilité des autorités de l’Enam qui répond à la vision du gouvernement de faire du Bénin le quartier numérique de la sous-région. Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, invite les apprenants à faire bon usage de ce centre en s’adaptant aux réalités de leur ère afin d’impacter davantage l'enseignement supérieur. « Les jeunes doivent faire face à la situation actuelle en s'adaptant aux nouvelles réalités et montrer leur capacité à innover », a-t-elle ajouté. Épiphane Sohouénou, directeur de l'Ecole nationale d'Administration et de Magistrature, se dit heureux de l’installation de cette salle dans cette école qui forme les cadres depuis 1984. Pour lui, cette cérémonie est une consolation pour plus de 2500 étudiants inscrits à l'Enam cette année. Il rassure du bon usage de ce centre qui va permettre à cette école de faire un saut qualitatif dans l'écosystème du numérique. Actualités 04 août 2020


Regard d’un observateur sur 60 ans d’indépendance: « Le Bénin a fait un très bon parcours », soutient Roger Gbégnonvi
Il y a soixante années, le Dahomey accédait à la souveraineté internationale, prenant en main sa destinée contre vents et marées. Depuis lors, le pays a vécu bien de péripéties.Il a fallu passer par instabilité politique, coups d’Etat, révolution, conférence nationale…, avant de connaitre le renouveau démocratique. De son domicile à Ouidah, confortablement installé sur l’estrade de sa bibliothèque, le professeur Roger Gbégnonvi partage sa lecture du parcours politique du Dahomey devenu Bénin. La Nation : Le 1er août 1960, le Bénin accédait à la souveraineté internationale. Que vous inspire cette date ? Roger Gbégnonvi : Cette date a certainement été festive sur toute l’étendue du territoire. Mais ce dont je me souviens avec certitude, c’est que l’enfant de chœur que j’étais à l’époque, a servi la messe du matin et nous avons suivi le prêtre blanc qui a célébré cette messe d’action de grâce pour l’indépendance. Je me souviens avec précision qu’à la fin de la messe, il nous amène à la porte du réfectoire et il nous montre une affiche qui ressemble à ces photos de Paris match puis il nous dit : « Voilà ce que nous avons fait là-bas et ils sont en train de nous chasser. C’est ce que vous voulez faire aussi ? ». J’avoue que sur le fait, je n’avais pas compris grand-chose. J’avais simplement lu que le prêtre français n’était pas très heureux de ce que nous célébrions ce jour. C’est plus tard que j’ai su que la photo qu’il nous a montrée sur la porte du réfectoire n’était autre que l’image des immeubles d’Alger, alors que moi je pensais qu’il s’agissait de l’image d’une capitale européenne. Le missionnaire exprimait donc son mécontentement. Au moment où le Bénin prenait son indépendance, les acteurs politiques étaient-ils préparés ? Sinon comment expliquer l’instabilité politique qui a suivi ? Je compare les indépendances qui nous ont été données à la liberté que l’adolescent prend. Je pense que lorsque vous avez été assisté tout le temps, ce qui était notre cas, car c’était la France qui prenait les décisions et qui les prenait bien, même si c’était dans son intérêt ; le jour où vous êtes laissé libre à vous-même, vous devez quelque part repartir à zéro. Au niveau personnel, on en fait l’expérience ! Au cours primaire, vous avez un maitre autoritaire qui vous dicte ce qu’il y a à faire. Tout va bien parce que c’est le maître qui décide. Quand vous passez au Lycée, au collège, il y a plusieurs enseignants, vous découvrez une liberté et ces premières heures sont souvent mal vécues par le collégien. Il me revient aussi l’histoire de l’enfant prodige qui a pris sa liberté et est allé faire son expérience à ses dépens. Je crois que les premiers moments de l’indépendance ont été difficiles un peu partout. Remercions le ciel que le Bénin ait soixante ans d’indépendance sans qu’il n’y ait bain de sang. Donc, oui nous n’étions pas prêts pour la liberté mais on n’est jamais assez prêt pour la liberté. Et quand on vous l’a donnée, il faut encore que vous appreniez à l’approprier car vous n’aviez jamais appris à être libre. Le Bénin finalement a appris tout seul, sans l’aide de la France, à être indépendant, à être autonome. Quelle est la traduction de cette autonomie acquise ? Vous faites bien de dire autonomie acquise car nous n’avons pas fait partie des pays africains qui ont arraché l’indépendance. La France, après s’être fait forcer la main en 1958 par Sékou Touré, va, deux ans plus tard, distribuer les indépendances. Un Senghor voulait que le Sénégal fut déclaré Département français. De Gaulle lui a dit Non, vous prenez l’indépendance. Pour revenir à la question, il faut retenir au lendemain de l’indépendance, une grande déception. Je ne sais pas ce que les adultes d’alors attendaient de l’indépendance, mais trois ans après, j’entendais souvent nos parents dire : « Si c’est ça l’indépendance, les Blancs n’ont qu’à revenir ! ». Ce qui amenait l’enfant ou l’adolescent non politisé que j’étais, à comprendre que nous nous gouvernions si mal qu’il était préférable que les Blancs reviennent. Les gens se sont mis à faire une comparaison entre le passé immédiat et le présent et ils arrivaient à la conclusion que l’indépendance ne nous apportait rien de nouveau et pire, elle apportait plus de malheurs à telle enseigne qu’on aurait préféré ne pas l’avoir eue. D’où le premier coup d’Etat en 1963, qui a renversé le président Hubert Maga. Mais ce que l’histoire n’a pas retenu, c’est que ce sont les syndicats qui ont demandé à l’armée de prendre le pouvoir. Le Général Christophe Soglo n’était pas homme à prendre l’initiative personnelle de chasser le président de la République. Ce sont les syndicalistes qui ont insisté pour que l’armée prenne le pouvoir parce qu’ils estimaient que les civils au pouvoir dirigeaient mal. Il est vrai qu’ils se battaient entre eux : Maga au Nord, Apithy à Porto-Novo, Ahomadégbé à Abomey… Il y avait plus de disputes que de gouvernance. Les syndicalistes voyant cela et réalisant que leur sort de travailleurs ne s’améliorait pas, ont demandé à l’armée de prendre le pouvoir. Et dès lors, l’armée a pris goût au pouvoir ; tous les deux ans, il y avait un coup d’Etat. Mais des coups d’Etat des plus pacifiques. Moi je me souviens, il y avait de la musique militaire à la radio pendant trois jours. Il y a une proclamation que je n’écoutais pas mais j’aimais bien la musique militaire. Nous enfants, nous étions souvent dans la rue pour célébrer le nouveau coup d’Etat. Nous sommes donc allés de coup d’Etat en coup d’Etat jusqu’à celui du 26 octobre 1972. Une proclamation comme une autre, on était bien habitué. Mais la proclamation cette fois-ci, s’est achevée avec le slogan: « Vive la Révolution ! » J’étais déjà un grand adolescent en ce moment et j’ai toute suite compris que ce coup d’Etat n’était pas comme les autres. Nous avons tous oublié coup d’Etat pour retenir Révolution. C’est de là que la ligue a rejoint les militaires et cette aventure a duré comme vous le savez, dix-sept (17) ans. Et que retenir de la période révolutionnaire ? Je pense que des trois hommes de la Révolution notamment Ayikpé, Assogba et leur grand-frère Kérékou, Ayikpé avait peut-être une idée de ce qu’est une Révolution ; il avait surtout une idée de ce que peut être une dictature ! Evidemment, quelqu’un comme moi en voulait à mort à la pensée unique, aux organisations uniques, au syndicat unique. Moi je suis né pour le débat, mais il n’y avait pas de débat. Quand tout est unique, ce sont les médiocres qui prennent le pouvoir et qui le gardent ! Je pense que cette glaciation pendant dix-sept ans a contribué à faire prendre conscience au pays que de toute façon, la démocratie vaut mieux que la dictature. J’ai cessé très vite d’être révolutionnaire. Mais je crois qu’il y a eu des acquis de cet intervalle politique. Et quels sont ces acquis ? Qu’est-ce que la Révolution a pu impulser ? Premier acquis, je pense que le pays s’est politisé et c’est une bonne chose. Des gens qui ne sont pas allés à l’école ont pris goût à la chose politique parce qu’on leur a dit : « Le peuple, c’est vous et c’est vous qui devez gouverner ! ». Il y avait des symboles ! Par exemple, les maires n’étaient pas élus à travers les urnes. Quand vous êtes candidat à être maire d’une région ou chef d’un village, vous vous alignez, le peuple est rassemblé, vous montez sur une table et le peuple est interrogé. « Celui-là peut-il être chef ? » Et le peuple pouvait dire : « Celui-là, nous le connaissons ! Il boit trop, il est toujours à courir après les femmes des autres… Non il ne peut pas ». Vous descendez et d’autres passent jusqu’à ce qu’on trouve le bon candidat. C’est assez artisanal comme mode de scrutin. Mais cela a permis au peuple de comprendre qu’il peut nommer lui-même ses représentants. Il y a eu davantage prise de conscience et la Révolution a fait en sorte que du Nord au Sud, on commence à se sentir tous Béninois. Avant 1975, le Nordiste voyait le Sudiste comme ressortissant d’un autre pays. En 1975, le pays va cesser de porter le nom Dahomey pour porter un nom plus neutre et mieux accepté de tous : Bénin. En fait, Dahomey est le nom d’un royaume et il y en avait bien d’autres sur le même territoire. Au nom de quoi l’homme de Nikki, de Sakété s’appellerait alors Dahoméen ? Je pense qu’Abomey a tellement impressionné la France que lorsque la conquête a été acquise en 1894, la France a jugé bon, comme l’a écrit plus tard Robert Cornevin, de faire quelque chose qui n’existe qu’en un seul exemplaire dans l’histoire des colonies, d’étendre le nom d’un royaume vaincu à un territoire cinq fois plus grand. Après quatorze ans d’indépendance, il fallait donc régler ce problème en prenant un nom sous lequel tout le monde pouvait se rassembler. Ce qu’il faut retenir entre 1972 et 1990, c’est ce que j’appelle, pour ma part, une véritable politisation du pays. Avec le recul, comment jugez-vous l’état d’esprit des intellectuels d’alors ? Comment appréciez-vous l’idéologie révolutionnaire ? N’est pas intellectuel quelqu’un qui a des diplômes. Est intellectuel quelqu’un qui poursuit un idéal et le défend bec et ongles. En général, on ne le voit pas beaucoup en politique car l’idéal de l’intellectuel ne correspond souvent en rien à celui du politique. Les politiques veulent le pouvoir matériel, lui il veut plutôt le pouvoir de l’intellect. Bref, voulant faire la Révolution, nous avons fait une bêtise en allant chercher une idéologie qui n’est pas la nôtre et qui ne correspond pas à la réalité sociologique du pays ! Nous avons adopté le marxisme-léninisme. Deux ans après avoir proclamé la Révolution, les intellectuels ont dit aux militaires qu’on ne fait pas de Révolution sans une feuille de route et que la meilleure feuille de route pour faire la Révolution, c’est le marxisme-léninisme. Je pense que les militaires se sont laissés convaincre. Mais comment peut-on faire la Révolution, dans un pays comme le nôtre, en 1974, avec le marxisme-léninisme ? Certes, Marx défendait la classe ouvrière, c’était révolutionnaire et c’était pour libérer les ouvriers. Et Lénine a trouvé le courant opportun mais a dû modifier le concept en tenant compte des composantes de sa société. Nous, nous copions un marxisme modifié par Lénine pour l’appliquer à notre société. Nous sommes allés chercher une feuille de route que nous n’avions pas écrite. En tant qu’intellectuels, on aurait pu étudier notre société, ce qu’on aurait dû faire bien avant l’indépendance, afin d’élaborer une feuille de route qui réponde à nos besoins. Après la révolution, le Bénin a connu un tournant décisif avec la Conférence nationale des forces vives de la Nation qui a sonné la cloche de la démocratie. 30 ans après, quel bilan faites-vous ? Pour moi, avec le recul, en dépit des mécontentements, je pense que le Bénin a fait un très bon parcours. Il y a eu quelque chose de très positif. Il fallait maintenir ensemble ce pays, rassembler les fils et filles du Bénin et nous y sommes arrivés. Nous savons maintenant faire de la politique même si ce n’est pas toujours de la bonne politique et nous savons ce qu’est la démocratie. Nous savons que ce n’est pas simple. Je considère même tous les coups d’Etat que nous avons connus comme un apprentissage de la démocratie. Et puis nous avons compris que la confiscation des libertés pendant la Révolution ne nous a pas apporté le développement. Il faut garder en tête que la démocratie sera toujours une chose à conquérir. C’est le cas partout dans le monde. Démocratie ne veut pas dire qu’il faut laisser celui qui est arrivé démocratiquement faire ce qu’il veut. On oublie qu’Hitler a pris le pouvoir démocratiquement mais il avait sa feuille de route ! Vous l’avez dit, nous avons appris à faire la politique. De 1960 à 2020, le Bénin a connu plusieurs gouvernants. Comment appréciez-vous la gestion du pays d’hier à aujourd’hui ? Laissons les personnes de côté et prenons le paysage politique. Je pense que tous, de Maga à Talon, ont contribué à leur manière à faire du pays ce que nous sommes. Mais en réalité, ce que nous sommes aujourd’hui a commencé en 2006. Et moi j’étais l’homme le plus heureux. Il est vrai que j’ai participé en sourdine à la campagne de Boni Yayi. J’étais heureux parce que pour la première fois de mon existence de Dahoméen et de Béninois, le peuple, toutes tendances confondues, Nord, Sud et Centre confondus, a fait son choix dès le premier tour. Pour la première fois dans mon pays, j’ai vu, non pas l’union qui est un mot statique mais l’unité du pays qui venait de faire un grand pas. Et cela s’est répété en 2016. Nous avons attendu au deuxième tour, et nous avons fait notre choix à 65 %. Ce n’est pas un taux habituel. D’habitude, c’est à 51 ou 52 % que le candidat vainqueur du second tour, se faisait élire. En 2006 dès le premier tour et en 2016 au second tour, le pays s’est uni autour d’un homme. Les hommes politiques de notre pays doivent en tenir compte désormais : le pays va vers son unité à grands pas et ils n’ont pas le droit de casser cette dynamique. Car ce sont eux qui cassaient la dynamique, ce sont eux qui entretenaient les divisions régionalistes. Ce sont eux qui disaient : « Vous allez laisser celui-là diriger le pays. Moi je suis votre fils, c’est moi qu’il faut choisir… ». Le Fils du pays, c’est celui que le pays a choisi pour être à la tête de tout le monde. Et cela, le peuple l’a compris depuis 2006. Depuis le Renouveau démocratique, nous avons appris à respecter le mandat de chaque président quelle que soit sa région et aujourd’hui, nous sommes capables de nous mettre ensemble pour choisir celui qui doit gouverner. Pour moi, c’est une bonne dynamique. Que dire des apports majeurs de l’un comme de l’autre des gouvernants que nous avons connus ? Je pense que les trois premières années après l’indépendance, ont été peu honorables. Nous venions d’acquérir ladite indépendance, nous ne faisions que recopier strictement ce que la France faisait, ou nous avait appris à faire : de grandes réceptions, un grand palais… Je ne crois pas qu’on ait eu vraiment une vision sinon on aurait expliqué au peuple et le peuple aurait pu tout au moins dire : « Il nous a promis… et il a commencé à le faire ». Je crois que pendant les trois premières années, nous n’avons rien commencé à faire. Et les syndicalistes qui sont allés demander à l’armée de prendre le pouvoir, n’avaient pas non plus une feuille de route. Il fallait juste prendre le contrôle quand ça va mal et c’est tout ! Et de coup d’Etat en coup d’Etat, il y a eu le 26 octobre 1972. Et, il faut le reconnaitre, le discours-programme du 30 novembre 1972, jusqu’à ce jour, que tous les hommes politiques me pardonnent, c’est le meilleur. C’est le meilleur programme de gouvernement que nous ayons eu. Si on l’avait appliqué, il y a longtemps qu’on aurait pris le chemin du développement. C’est là que nous avons affirmé pour la première fois, noir sur blanc, qu’il faut qu’on écrive nos langues maternelles. C’est le meilleur programme mais nous ne l’avons jamais appliqué. Très vite la Révolution a plongé dans la corruption. C’est pendant la Révolution que la corruption est devenue systémique. Et il fallait y mettre fin. On a fait venir Nicéphore Soglo, qui n'était pas forcément préparé. Il était jeune retraité de la Banque mondiale, il est tombé là-dedans en qualité de personne ressource à la Conférence nationale. Nous avions besoin d’argent, il n’y avait plus de sous. Le Fmi avait beaucoup d’exigences, et comme Soglo est dans le domaine, il maitrise les rouages, on s’est dit qu’il serait le meilleur interface. Il ne s’est pas cassé les dents à être premier ministre de Kérékou, puis il est devenu président dans les conditions les plus idéales et pendant cinq ans, il a travaillé. Je pense qu’il a été le premier à avoir acquis des résultats probants, parce qu’il n’y avait plus de banques. Il a ressuscité les banques. Les fonctionnaires n’avaient plus leurs salaires, Soglo a rétabli les salaires et a même payé les arriérés, pas sans le concours de la Banque mondiale et du Fmi et pas sans avoir privatisé certains offices. De toute façon, le pays a recommencé à respirer. Mais il aura commis une erreur qui de mon point de vue n’en est pas une. Il n’a pas appelé les ténors politiques à gouverner le pays avec lui. Il a dû se dire, lui qui est technocrate, qu’en s’entourant de ces personnes, ils feraient de la politique politicienne ; et lui, il risquerait de ne pas pouvoir entreprendre les restructurations qu’il avait à faire. Et comme on est en démocratie, les ténors politiques ont pris patience, ils ont attendu et après cinq ans, ils sont allés chercher qui ? Celui sous le régime de qui ce pays est descendu le plus bas. Et il a dit qu’à cela ne tienne : « Si vous êtes prêts, je suis prêt ». Or Kérékou, intelligent qu’il est, savait bien ce qu’il faisait. Il est revenu, il a fait dix ans et la corruption a pris son envol. Puis nous nous sommes dits, il y en a marre ! Kérékou doit partir ! J’étais dans la bataille pour qu’il s’en aille, et subitement est apparu quelqu’un, un jeune, qui nous a rappelé Soglo, même si Soglo n’aime pas qu’on compare Boni Yayi à lui. Le jeune avait l’air aisé, nous nous sommes dits : Celui-là ne viendra pas prendre notre argent. Il sait ce que c’est que diriger économiquement un pays. Et c’est ainsi que nous avons choisi Boni Yayi. J’ai été son ministre mais je ne peux pas dire que ce fut le bon choix. Car ce fut un choix pour se débarrasser de quelqu’un, de Kérékou et de la vieille classe. On a fait venir un homme neuf mais qui s’est révélé finalement un vieil homme en ce sens qu’il a fait la vieille politique. Le peuple béninois qui a choisi cet homme dès le premier tour, avait placé en lui toute sa confiance. Cette confiance était si grande que l’espoir a été très vite déçu. En 2011, ils ont dit que ce sera un K.O et c’est ce qui s’est passé. Mais les Béninois ne sont pas bêtes. C’était soit Boni Yayi soit Houngbédji.Entre la peste ou le choléra, on choisit ce qui est déjà là ! Au bout de dix ans, il voulait apparemment poursuivre mais le peuple lui a dit Non. Nous avons appris à faire la politique et un acquis fondamental, c’est l’intouchabilité des deux mandats. Il a fait son temps puis quelqu’un d’autre est arrivé, Patrice Talon ! En 2016, je n’ai pas cru qu’un homme d’affaires pouvait diriger ce pays et comme j’ai appris à connaître le Roi du coton derrière Boni Yayi en 2006 et que nous avons sympathisé, je me suis permis d’aller lui dire, trois mois avant les élections : « Jeune frère, tout le monde sauf toi ! Tu y as pensé ? ». Moi je me suis aligné derrière Pascal Irénée Koupaki. Et au deuxième tour, pour que mon non vote ne serve pas à quelqu’un que je ne veux pas, je suis allé voter pour Talon sans y croire. Mais très tôt, j’ai été surpris ! J’ai eu le sentiment que pour une première fois, il y avait une vision politique claire et que bien qu’en étant commerçant, il est peut-être capable de faire le job. J’avais eu tort. Aujourd’hui, je réalise que c’est bien lui qu’il fallait. Il a voulu réviser la Constitution mais le peuple lui a dit Non: « Tu veux faire des réformes, arrange-toi pour le faire avec la Constitution ». Mais c’est un homme qui a dit une fois, qu’il a un certain génie. Finalement, je pense qu’il a vraiment un génie puisqu’il a révisé la Constitution sans même que nous nous apercevions ! Il a compris que dans la Constitution, ce à quoi les Béninois tiennent, ce ne sont pas les 160 articles, c’est deux articles : la limite d’âge et la limite de mandat. Il a suffi qu’il nous dise qu’on ne touchera pas aux deux articles fétiches et c’est passé. Il est intelligent ! Il a créé la Criet pour que les corrupteurs fuient. Vous vous rendez compte ! Elias Jean-Baptiste, Martin Assogba et moi, nous luttions contre la corruption mais nous n’avions pas les moyens d’arrêter les corrupteurs. Il vient avec le pouvoir d’Etat et crée la Criet ! Il paraît qu’il y a des gens qui, dès qu’ils sentent qu’ils ont un dossier là-bas, comme ils ont suffisamment d’argent, ils s’en vont ailleurs. Maintenant, dites-lui qu’il est temps qu’il nous mette sur la piste de l’écriture. Après la Conférence nationale, le Bénin a pris l’option du pluralisme. Nous avons assisté à une floraison de partis politiques. Aujourd’hui, avec la réforme du système partisan, le paysage politique se limite à quelques partis. Qu’en pensez-vous ? Je n’ai pas attendu 2016 pour dire que pour le Bénin, trois partis politiques, c’est bon ; cinq, c’est le maximum. Je connais les Allemands, les Français, les Britanniques…, ils n’ont pas 200 partis politiques. Je n’ai jamais été content du pullulement des partis politiques au Bénin. Ça ne veut rien dire ! Mais il faut comprendre qu’avec la Conférence nationale, nous sortions de 17 ans de mutisme, de 17 ans de parti unique. Le constituant a donc voulu donner toute la liberté au peuple mais c’est le peuple qui n’a pas eu l’intelligence d’encadrer très vite la liberté. Car la liberté, si elle n’est pas encadrée, débouche sur l’anarchie et l’anarchie débouche toujours sur une dictature parce que quelqu’un de plus fort arrive et met un terme à tout. Donc aujourd’hui, j’avoue que je suis très heureux que quelqu’un ait réussi à nous faire comprendre que trop c’était trop. Evidemment, je ne suis pas le plus heureux des hommes, de ce qu’aux législatives dernières, communales et municipales, tout le monde n’ait pas pu se présenter ? Mais il n’y a pas de réforme sans douleur. Même dans votre vie privée, vous ne vous réformez pas sans douleur. Nous avons connu une grande douleur aux élections législatives, parce que les gens n’avaient pas rempli les conditions draconiennes subitement imposées. Etait-ce une bonne pédagogie que de ne pas leur donner une période de transition de deux ans ? Mais on ne s’en sortirait jamais car le Béninois est comme tous les autres peuples. Même à la veille de l’échéance, le Béninois continuera à dire que la mesure ne sera pas appliquée. Il n’y a pas de réforme sans douleur. Et les réformes qui ont commencé depuis 2016, si ce sont de bonnes réformes, elles ne peuvent que nous faire souffrir. Mais souffrir pour demain être heureux, souffrir au purgatoire pour pouvoir demain être au paradis, moi je préfère ça qu’être tout de suite en enfer et pour toujours. Quels sont les défis majeurs qui restent à relever ? Au moment où le Bénin accédait à l’indépendance, le 1er août 1960, la population tournait autour de 2 millions d’habitants. Le mot chômage n’existait pas, les enfants avaient de quoi manger à leur faim. On allait à l’école, on n’était pas nombreux. Le 1er août 2020, nous sommes quasiment douze millions. Cela veut dire que dans dix ans, en 2030, nous serons probablement 20 millions. La population va croitre beaucoup plus vite car chacun des douze millions d’aujourd’hui continue de procréer. Comment allons-nous nourrir tout ce monde-là, si aujourd’hui on parle déjà de chômage ! C’est un gros problème ! La seule chose qui ait augmenté dans le pays en soixante ans d’indépendance, c’est la démographie, c’est l’explosion démographique. Or, nous n’avons pas encore découvert quelque part un gisement pouvant nous apporter beaucoup plus d’argent. Encore que je ne nous le souhaite même pas. Puisque ne sachant pas exploiter ce gisement, nous allons appeler les pays développés et ce faisant, ils vont nous apporter la guerre pour pouvoir mieux exploiter cette ressource. J’en arrive à me dire même s’il y en avait, il vaut mieux ne pas en parler. Bref, il faudra que nous travaillions au développement pour faire face à l’avenir. Pour moi, les deux problèmes qui restent à maitriser, c’est en premier la croissance démographique. Et là, ce n’est pas du ressort de l’Etat. Car dans une démocratie libérale, l’Etat n’a pas le droit d’intervenir dans nos vies privées. Il faut que chaque Béninois et chaque Béninoise se dise : « Ai-je le droit d’inviter des gens à manger alors que je n’ai pas de quoi leur offrir décemment à manger ! Ai-je de quoi les envoyer à l’école, ai-je de quoi les élever jusqu’à ce qu’ils aient l’âge et les moyens de se détacher de moi ? ». Si je n’ai les moyens d’en élever que deux et j’en fais six, ce n’est pas à l’Etat d’élever les quatre autres pour moi ! La deuxième chose que nous devons maitriser, mais dont l’Etat est cette fois-ci responsable, c’est ce que j’appelle l’écriture. Si nous ne savons pas lire et écrire, nous sommes unijambistes, ou borgnes ou manchots. Il nous manque la deuxième partie essentielle pour aller vers le développement. L’écriture, c’est l’arme qui nous fait avancer. Si tout de suite, par miracle, 80 % des Béninois peuvent savoir écrire et lire, les 20 % restants vont suivre et nous avancerons plus vite. Parce que ces 80 % vont finalement se dire : « Si j’écris la langue de Molière, la langue de Shakespeare, c’est que je peux écrire ma propre langue ». Et une fois que nous avons maitrisé l’écriture dans nos langues, nous avons maitrisé l’arme par excellence de tous les développements. Car l’écriture conduit vers l’abstraction, vers la science. Et sans l’abstraction et la science, il n’y a pas de développement. Propos recueillis par Paul AMOUSSOU & Anselme Pascal AGUEHOUNDE Société 03 août 2020


François Codjo Azodogbèhou, ancien préfet de l’Ouémé: « Patrice Talon a fait un travail infrastructurel profond à Porto-Novo »
Du haut de ses 80 ans révolus, l’ancien préfet de l’Ouémé, sous la période révolutionnaire, François Codjo Azodogbèhou, trouve historiques les réalisations infrastructurelles du gouvernement à Porto- Novo. La Nation : 60 ans après, comment appréciez-vous aujourd’hui l’évolution de Porto-Novo, proclamée ville capitale du Bénin le 1er août 1960 ? François Codjo Azodogbèhou : D’abord, le 1er août 1960, j’étais en voyage, une sortie organisée par ma promotion de la classe de Terminale du Collège Victor Ballot de Porto-Novo. On était en fait en excursion. On quittait l’Atacora pour le Borgou quand les cérémonies ont été faites dans la journée. Mais on n’a rien suivi parce que le développement des technologies de l’information était très faible et quasiment nul à l’époque. Ce n’était pas comme aujourd’hui. Ceci étant, je ne suis pas natif de Porto-Novo. Je suis arrivé en 1953 pour rentrer au collège Victor Ballot où j’ai terminé mes études au niveau du baccalauréat. Puis je suis revenu plus tard comme fonctionnaire, préfet adjoint en 1967 ensuite préfet de 1982 à 1984. Je peux dire que Porto-Novo m’a adopté. C’est une ville que je crois connaître un peu. Du point de vue surtout infrastructurel, on ne peut pas comparer Porto-Novo de la fin des années 1950 à Porto-Novo de la deuxième moitié du 21e siècle. Le président Patrice Talon a fait un travail infrastructurel profond et très visible même pour ceux qui voudraient fermer les yeux. Beaucoup le disent d’ailleurs. Tout citoyen qui part de Beaurivage jusqu’à Akpro-Missérété se rend compte que cette route n’a rien à voir avec ce que nous connûmes dans les années 90. Il n’y avait même pas le petit goudron lorsque je déménageais en 1990 dans ma maison où j’y suis actuellement, située au bord de la route nationale inter-Etats n°1. C’était même un nid de ruisseaux difficile à pratiquer. Il était difficile de rouler en voiture sur cette voie. Puis, il y a eu les travaux au début du Renouveau démocratique qui ont légèrement amélioré l’état de la voie. Mais la route que nous voyons aujourd’hui et que tout le monde voit n’a rien à voir avec tout ce passé. Elle est comparable à bien d’autres routes des pays dits développés. Porto-Novo présente donc un visage digne d’une ville capitale sous le président Patrice Talon… Non pas de ville capitale mais je dirai plutôt de ville moderne. Ville capitale peut- être, il lui reste à conquérir d’autres prérogatives. Et ce sera, j’espère, le travail des générations qui sont en train d’émerger. Ce qu’il faut reconnaître, c’est que la colonisation même qui est venue installer sa capitale n’a pas fait grand-chose. En dehors du palais des Gouverneurs et de quelques bâtisses de l’administration et peut-être des descendants brésiliens à Porto-Novo,il n’y a pratiquement plus rien. Sous la Révolution, on n’a pas fait grand-chose en dehors de la Bibliothèque nationale et autres. Tout ça, c’est peut-être par faute de moyens. Mais également faute d’une certaine ambition de la population elle-même. Je me rappelais un jour, dans mes responsabilités de préfet, les notables étaient venus me voir et se plaignaient de ce que rien ne soit fait pour Porto-Novo. Je leur ai montré qu’ils n’ont pas tort mais qu’ils en étaient pour quelque chose, car se sont eux-mêmes qui ont négligé leur ville. Je leur ai demandé qui a construit Akpakpa à Cotonou si ce ne sont des filles et fils de Porto-Novo. Si ces maisons étaient construites à Porto-Novo, il est évident qu’on va trouver à tracer des routes pour les atteindre et les moderniser. Et aujourd’hui, on n’en serait pas là. La responsabilité des originaires d’une localité dans le développement de celle-ci est vraiment importante. Ce n’est pas en fuyant et en se cachant dans d’autres localités qu’on trouve l’occasion de se plaindre de ce qui se passe chez soi. Mais d’aucuns pensent plutôt que la ville a connu ce triste sort parce que ses leaders seraient restés tout le temps dans l’Opposition ? Ça, c’est un prétexte. D’autant que Apithy est d’ici et a été une grande autorité. Il a vécu à Porto-Novo ainsi que bien d’autres politiciens. Je crois qu’il faut laisser ce prétexte. Il faut beaucoup d’ambitions pour Porto-Novo, pas en paroles mais en actes concrets et assez de sacrifices que cela demande. Il ne faudrait pas que ce qui est conçu pour être mis à la disposition et pour la transformation de la ville, soit un concours pour que les individus et les collectivités se développent. Ça, c’est mauvais et c’est partout dans le pays. Ce que le président Patrice Talon fait aujourd’hui, en d’autres temps, cela n’allait pas connaître cette ampleur si ceux qui sont chargés de la mise en œuvre ne pensent qu’à ce qu’ils feront pour eux-mêmes. L’ampleur de ce que nous voyons est même supérieure à certaines critiques qui disent qu’on ne mange pas les pavés. Même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court bien. C’est pour dire que ceux qui sont en opposition au régime du président Talon sont obligés de reconnaître que ce qui se fait n’est pas rien. Comment appréciez-vous l’état de la Place de l’indépendance à Porto-Novo ? Je pense qu’on n’a pas encore touché à cette place importante. De mon point de vue, il faut organiser une information touchant les riverains et les architectes nationaux pour la mettre en valeur. Cette place ne peut plus revêtir l’envergure qu’ elle est censée avoir à moins qu’on casse beaucoup de choses sur le site. Mais il faut y ériger quelque chose d’important parce que 1960 est une lueur dans notre effort de conquérir notre souveraineté. Ce n’est rien du tout mais c’est également tout parce que c’est à partir de là que beaucoup de chapitres de conquêtes de la souveraineté nationale sont engagés d’une manière ou d’une autre par différentes générations à des vitesses différentes. Que diriez-vous pour conclure cet entretien ? Quand je vois ce qui se passe dans le monde aujourd’hui, parce que je suis dans ma 81e année, je pense que le tout n’est pas de réaliser. Il faut conscientiser les populations et faire en sorte que les gens prennent ces biens comme les leurs. Car, beaucoup de villes africaines sont en feu et en flamme. C’est vrai, on peut marcher pour manifester son mécontentement. Mais on doit éviter de détruire ou d’incendier le peu que nous avons. Le mécontentement doit se mener dans la perspective que si ça change, c’est pour bâtir un peu plus. Mais c’est valable pour ceux qui sont à la base de ce qui se passe. Car, s’il y a injustice et qu’elle est top forte et les gens sont affamés, il ne faut pas s’attendre à ce que les prières changent ce que l’être humain est réellement. J’ai la conviction que la force véritable se trouve dans le peuple. Si l’on sait cela, nous, intellectuels n’allons pas continuer à isoler la population des affaires qu’il faut régler. On dit qu’il y a 70 % d’illettrés au Bénin et on fait la démocratie en écartant ces gens-là des organes locaux du pouvoir d’Etat. Tout simplement parce que ces gens n’ont pas eu l’opportunité d’être lettrés en français. Malheureusement, nous intellectuels, ne prenons pas conscience de ce que nous commettons comme erreur grave, pas seulement au Bénin mais en Afrique en général. Il faut que chaque intellectuel qui veut être encore élu à la base se mette au travail pour savoir lire et écrire une langue du pays. Car, il est important de savoir ce qu’endurent les autres qu’on écarte et qui font tout. Nous bombons le torse pour dire que nous battons le record du coton dans la sous-région mais ce résultat ne peut être atteint sans le concours de ceux-là que nous oublions et qui mettent les produits chimiques. Je crois que si nous pouvons trouver une formule d’administration qui associe davantage ces acteurs de développement, un peu comme ce qui a été fait sous la Révolution, la solution aux problèmes a la chance d’être stable et la richesse plus humainement répartie dans le pays. Société 03 août 2020


60 ans d’indépendance du Bénin: Porto-Novo, enfin le visage d’une capitale !
Il aura fallu 60 ans et surtout le président Patrice Talon pour que Porto-Novo se métamorphose avec de grands travaux infrastructurels pour mériter un tant soit peu son titre de ville capitale du Bénin. Porto-Novo a changé de visage. La ville présente maintenant une physionomie attrayante et force l’admiration. Toutes choses qui sont à l’actif du président de la République. En bon bâtisseur, Patrice Talon a ouvert plusieurs chantiers infrastructurels qui, du coup, métamorphosent la ville. Il s’agit notamment des travaux d’aménagement et de bitumage en 2X2 voies de la route Porto-Novo-Akpro-Missérété ; du projet asphaltage et des travaux d’aménagement et de bitumage de la rocade de Porto-Novo. Tous ces chantiers évoluent normalement. D’autres sont presque achevés. C’est le cas par exemple des travaux d’aménagement et de bitumage en 2X2 voies de la route Porto-Novo-Akpro-Missérété, lancés le 25 juillet 2017 et longue de 12,06 km. Les derniers travaux concernant la pose des lampadaires solaires pour l’éclairage public et le tracé des signalisations horizontales et verticales sont terminés. C’est presque la fin des travaux, se réjouit le directeur départemental des Infrastructures de l’Ouémé et du Plateau, Jean-Marie Houégbonou. Selon lui, l’entreprise Ofmas en charge des travaux a respecté les clauses du contrat et est restée relativement dans le délai contractuel. Les travaux d’asphaltage sont aussi en phase de finition. Ils concernent 11 rues sur un linéaire total de 23 km environ avec 6000 m linéaires d’amorphes. Les rues primaires font 9,29 km comprenant Avakpa- carrefour Pobè Gare (le long des rails) ciné Iréakari-pharmacie Adjibadé-Siège du 4e arrondissement-Dodji-Boulevard du cinquantenaire-Limite de Porto-Novo avec Adjarra y compris la bretelle fin clôture Lycée Béhanzin-Boulevard extérieur au niveau de ex-Hecm et Ecole primaire publique Houinvié-pharmacie Tokpota-Nouveau Programme-Collège Les Jambettes-Epp Ouando. Les rues secondaires sont de 6,55 km quittant la Route nationale inter-Etats n°1 bis-Ceg Koutongbé-Hinkoudé-Marché Djègan Daho plus la bretelle de la direction départementale du Cadre de vie et du Développement durable (1,94 km) et ensuite le tronçon El Fateh-Place de l’Unité-Louho (4,61 km). Les rues tertiaires sont au nombre de six et sont longues de 6,54 km comprenant la rue Sadognon-Ahouanticomè-Idi Araba-Aglansa-Dèguécomè - Hassoucomé-Place Togo (1,7 km). Fête historique Les cinq autres concernent les alentours de Sadognon et la mairie de Porto-Novo, le Lycée technique industriel ; le Ceg Davié ; la Recette des Finances de l’Ouémé et le centre de regroupement d’ordures de Kandévié Sériki. Les rues tertiaires sont en pavé et celles primaires et secondaires en bitume. Les travaux d’asphaltage sont à un taux global de 80 %, informe le chef Mission du projet, Vladimir Okay. Il ne reste, selon lui, que quatre mois sur les 27 prévus dans le délai contractuel pour que l’entreprise Ofmas en charge de l’ouvrage livre le chantier. La plupart des rues bitumées sont à la phase de raccordement et de l’éclairage public avec des lampadaires photovoltaïques. Les routes pavées sont à l’étape d’aménagement des trottoirs, assure le chef de Mission. Pour Vladimir Okay, avec l’évolution des travaux, il n’y a pas de raison que les 11 rues ne soient prêtes d’ici quatre mois. L’autre ouvrage qui embellit la ville de Porto-Novo est la section 1 du projet d’aménagement et de bitumage en 2X2 voies de la rocade de Porto-Novo allant du carrefour Beaurivage au début du carrefour cinquantenaire à Ouando en passant par Dowa, longue de 5,6 km. Les travaux avancent aussi correctement. A ces chantiers s’ajoutent plusieurs autres ouvrages dont la reconstruction en cours des marchés de Ouando et d’Ahouangbo visant à les rendre plus modernes. Tous ces ouvrages donnent peu à peu à Porto-Novo ses attributs de ville capitale, saluent les populations. « Seul Dieu va remercier le président Patrice Talon. Il est en train de révéler vraiment Porto-Novo. Longue vie à lui », apprécie Lucresse Assogba, vendeuse de maïs grillé au carrefour du marché Ouando. Raïmi Ayinla, coiffeur au carrefour Y à Porto-Novo a compris avec les réalisations et les réformes du président Patrice Talon que le développement du Bénin n’était pas une affaire de diplôme. Selon Alice Hounsou, institutrice, la ville de Porto-Novo, ne s’endort plus depuis l’ouverture à la circulation de la double voie Beaurivage-Akpro-Missérété, tout éclairée au moyen de lampadaires solaires. « La ville vit désormais et présente un beau visage, surtout la nuit », poursuit l’enseignante. Gafarou Olowo, tenancier d’un atelier de vitrerie à Porto-Novo, déplore, quant à lui, la cupidité des propriétaires de maisons et de boutiques installées aux abords de ces voies bitumées ou pavées. « Ceux-ci profitent de l’occasion pour augmenter, voire doubler le coût du loyer. Ce qui n’est pas bien pour nous autres artisans surtout avec la rareté des clients par ces temps de crise sanitaire liée au Covid-19 », se désole le vitrier. Les populations félicitent le président de la République pour avoir révélé Porto-Novo après 60 ans d’indépendance. Elles demandent au chef de l’Etat de maintenir le cap en lançant les travaux de la seconde phase du projet d’asphaltage devant prendre en compte plusieurs autres rues primaires, secondaires et tertiaires à Porto-Novo. Seulement, au regard du coût des investissements qui s’élèvent à plusieurs milliards FCfa, le chef Mission du projet Asphaltage, Vladimir Okay, invite les populations à éviter les excès de vitesse pour limiter les cas d’accidents de la circulation et à ne pas endommager les ouvrages pour une raison ou une autre. Actualités 03 août 2020


Bepc session de juillet 2020 : 51,19 % d’admissibilité contre 56,72 % l’année dernière
La délibération du Brevet d’étude du premier cycle a lieu ce dimanche 2 août 2020 à la salle de conférence du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Le taux de réussite national est de 51,19 %. La direction des Examens et Concours du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle a délibéré l’examen du Brevet d'étude du premier cycle, ce dimanche. Le taux de réussite au plan national est de 51,19 % contre 56,72 % l'année dernière. Le département du Mono vient en première position avec un taux de 64,12 %. Celui du Couffo est classé deuxième avec un taux de 61,67%. Le Littoral est troisième avec 58,48 %, le Zou est quatrième avec un taux de 56,93 % suivi de l'Atlantique qui a enregistré 54,08 %. Le département des Collines est sixième avec 53,05 %, la Donga, septième a enregistré un taux de 49,24 %, l'Atacora est huitième avec 46,13 %. Le département du Borgou est neuvième avec 45,37 %. Celui de l'Ouémé est dixième avec 43,02 % et l'Alibori est classé onzième avec 41,86 %. Le département qui vient en dernière position est celui du Plateau, classé douzième avec 40,07 %. Les candidats admissibles de la série Modèle court sont invités le jeudi 6 août 2020 dans les centres pour les épreuves orales et sportives. Ceux de la série modèle long y sont conviés le vendredi 7 août 2020. L'affichage des résultats est prévu pour le mardi 4 août 2020 dans les établissements sur toute l'étendue du territoire national. Toutefois, les candidats admissibles peuvent consulter leurs résultats via la plateforme e-resultats. Actualités 02 août 2020


Célébration de la Tabaski à Abomey: Les musulmans fêteront en respectant les gestes barrières
Demain vendredi 31 juillet, c’est la Tabaski ou l’Aïd el-Kébir. La communauté musulmane du Bénin va commémorer la Tabaski dans un contexte particulier de crise sanitaire. Cette célébration plus connue sous le nom de "fête du mouton" est définie dans le Coran comme une fête se déroulant lors du pèlerinage à la Mecque. Mais pour une fois, elle se déroule sans ce pèlerinage à la Mecque. L’imam de la mosquée centrale d’Abomey, El hadj Ilias Nondichao, explique les conditions dans lesquelles cette fête se déroule demain à Abomey. La Tabaski ou l'Aïd-el-Kébir plus connue sous le nom de "fête du mouton" est définie dans le Coran comme une fête se déroulant lors du pèlerinage à la Mecque. Pour une première fois, elle se déroulera dans des conditions particulières. « A Abomey, c’est loin de la place Idi que cette fête se déroulera », a confié hier El hadj Ilias Nondichao, imam de la mosquée Zongo d’Abomey. C’est à la Mosquée centrale d’Abomey que les musulmans de cette ville devront se retrouver autour de leur imam pour sacrifier à la tradition. « Mais dans le strict respect des gestes barrières », insiste-t-il. C’est donc en respectant la distanciation sociale et les autres mesures barrières que les musulmans fêtent l'événement qui est une grande célébration prescrite par le prophète. Rappelant le sens qu’il faut donner à cette fête, El Hadj Nondichao indique que « c’est après un rêve où Dieu ordonna à Ibrahim de tuer son unique fils Ismaël âgé de 12 ans environ, qu’Ibrahim décida d’exécuter l’ordre avec le consentement de sa femme et de son fils pour prouver à son créateur sa grande ferveur. C’est ainsi qu’au milieu de l’accomplissement du sacrifice à Mouna, actuel lieu d’immolation des moutons de la Tabaski à la Mecque, Dieu lui envoya un bélier bien cornu par le biais de l’ange Jibril qu’il égorgea à la place d’Ismaël. C’est pour se rappeler donc ce geste de foi très significatif du prophète Ibrahim et de sa famille que les musulmans du monde entier perpétuent aujourd’hui la tradition. La Tabaski est la plus grande fête des musulmans béninois. Chaque responsable de famille musulmane doit immoler une ou plusieurs bêtes pour célébrer le sacrifice d'Ibrahim ». Demain vendredi, jour de cette célébration, précise l’imam d’Abomey, cette tradition sera bel et bien respectée, même dans un contexte de crise sanitaire due au coronavirus ayant entrainé aussi une morosité économique. Ainsi, il se note une absence d’effervescence autour des marchés de moutons qui grouillaient de monde de par le passé. Même dans les marchés habituels, la clientèle est rare. Les étalages des marchés attendent désespérément la clientèle pour les préparatifs de la fête du mouton. Société 30 juil. 2020


Suite aux effets néfastes du Covid-19: Près de 10 millions F Cfa de semences pour les maraîchers
Vingt-cinq mille grammes de semences améliorées d'une valeur de près de 10 millions francs Cfa vont aux maraîchers en vue de renforcer leur résilience face aux chocs résultant de la crise sanitaire de Covid-19. La distribution gracieuse des kits de semences démarrée, mardi 28 juillet dernier, par Grand-Popo sous l’égide du ministre Gaston Dossouhoui, impacte 27 communes grâce aux contributions du Centre mondial des cultures maraîchères basé à Taïwan et du Procar (Programme d'appui au développement agricole). La remise des kits de semences qui a commencé, mardi 28 juillet dernier, par la commune de Grand-Popo, dans le Mono, porte sur huit spéculations légumières. Faciles à cultiver et à cycle court, il s'agit des semences de la tomate, de piment, de gombo, de crincrin, de l'oignon, de l'amarante, de la grande morelle et de la basilique africaine. Ce sont au total 25 000g de semences améliorées d'un montant avoisinant 10 millions francs Cfa, qui ont été mobilisés grâce aux apports de l’institution internationale World vegetable center (en anglais) et son partenaire Procar, un programme cadre d'intervention en milieu rural du Fida (Fonds international de développement agricole). La part du Procar est libérée à travers l'un de ses bras exécutants à savoir le Projet d'appui au développement du maraîchage (Padmar) intervenant dans 27 communes. Au dire d'Ousmane Kora, chef du Padmar, la coopération avec l’institution internationale réputée dans l’amélioration des semences maraîchères dure depuis plus de deux ans. Outre son expertise légendaire mise à la disposition du Bénin, poursuit-il, l’institution s’associe au gouvernement à travers Procar, pour donner un nouveau souffle au monde des maraîchers touché par les effets néfastes de la crise sanitaire de Covid-19 qui préoccupe au plan mondial. Au total, ce sont quelque 420 coopérateurs du maraîchage qui seront impactés, appuie Victor Afari-Sefa, directeur régional de World vegetable center. Il explique que l'initiative va aider les producteurs à se remettre des difficultés engendrées par la pandémie du Covid-19, à surmonter les effets néfastes ressentis dans la chaîne agroalimentaire en général. Notamment, il est question, à l'en croire, de relancer la production dans le maraîchage, de redonner le sourire aux acteurs du secteur. Heureux de cette attention accordée à leur secteur, les représentants des bénéficiaires ont promis de faire bon usage des dons en vue d'atteindre les objectifs visés. Particulièrement à l'endroit du gouvernement, Mathieu Sahui, président de la Fédération nationale des organisations de maraîchers du Bénin, a manqué de mots pour exprimer, au nom de ses pairs sa gratitude. Le présent geste faisant suite à plusieurs autres dont la remise, à Sèmè-Podji, de 200 moto-pompes et divers autres équipements de travail, toujours pour atténuer les effets pervers de la crise sanitaire sur leur secteur. Promesse tenue L'opération de dotation des maraîchers en semences améliorées qui a démarré mardi dernier, a plus d'un sens pour le ministre en charge du secteur. Gaston Dossouhoui y trouve les prémices d'une agriculture plus résiliente au Bénin. Mieux, l'effectivité de la remise des semences traduit la tenue d’une promesse. « Il y a un an, j’étais venu ici les yeux rouges parce que nous avons été victimes de la fermeture unilatérale des frontières de l'Est du Bénin. Vous aviez des produits qui pourrissaient et je vous ai dit que nous allons transformer cette situation en une détermination pour aborder une agriculture résiliente », rappelle le ministre. Pour lui, c'est tout un agenda qui est en train d’être déroulé. Les présents kits de semences s’entendent comme l'acte fondateur de ce type d'agriculture résiliente, et les huit spéculations, relève le ministre, ont été choisies dans la logique de diversification agricole devant permettre aux petits producteurs de sortir de la précarité. « Si une culture ne marche pas, l'autre réussira. Si le marché n'est pas bon pour une spéculation, il sera propice pour une autre », explique-t-il. Sélectionnés dans la catégorie des exploitants dont la superficie ne dépasse pas un demi-hectare, les maraîchers impactés constituent, pour le ministre, les pionniers de la nouvelle génération des agriculteurs résilients. Dans les 27 communes où ils ont été sélectionnés, rappelle-t-il, 88 puits avaient été forés et 35 tonnes de compost ont été préalablement distribuées en plus des séances de renforcement de capacités. Les postes de dépenses les plus importantes pour les petits exploitants étant, au dire du ministre, la semence, les engrais et la maîtrise d'eau. Gaston Dossouhoui annonce que les grands exploitants ne sont pas oubliés. Dotés de capacités pour aller vers les institutions bancaires, un programme de crédit de financement aux conditions alléchantes est concocté à leur profit, fait savoir Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Actualités 30 juil. 2020


En prélude à leur insertion: Les bénéficiaires du Psie entretenus sur les clés de réussite
En attendant l’ultime étape qui consacrera la mise à disposition des entreprises pour sélection des candidats retenus au titre de la première cohorte des bénéficiaires du Programme spécial d’insertion dans l’emploi (Psie), une formation a été initiée à leur profit. Mercredi 29 juillet à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, les exigences du milieu professionnel ont été partagées avec ces jeunes pour les préparer à mieux y faire face. Pour les bénéficiaires du Programme spécial d’insertion des jeunes dans l’emploi (Psie), les entretiens finaux avec les chefs d’entreprises pour leur insertion en milieu professionnel sont pour bientôt. Mais comment parviendront-ils à se rendre utiles et surtout professionnels s’ils n’y sont pas préparés ? Pour relever ce défi, la coordination du programme a initié à leur endroit une journée d’information et de formation. L’objectif, c’est de leur donner les rudiments sans lesquels leur séjour en milieu professionnel sera un pur échec, surtout pour ceux qui n’ont jamais fait cette expérience. Covid-19 oblige, et pour ne laisser personne sur le carreau, les 885 bénéficiaires ont tous pris part à cette formation. Une cinquantaine y étaient en présentiel et le reste, en ligne. Sur les comportements attendus d’eux en entreprise, c’est Léone Vignon qui a assuré le coaching. Elle a partagé des outils et des aptitudes avec eux. Les échanges étaient interactifs, animés et ont donné l’occasion aux jeunes du Psie de se faire une idée de la vie en milieu professionnel. Une vie qui, pour être réussie, passe par des exigences comme la gestion du stress, le dynamisme, la disponibilité, le sens de l’initiative, de l’organisation, la loyauté, l’intégrité… Sur ce dernier point, la formatrice s’est voulue incisive, expliquant aux participants que les entreprises mettent un point d’honneur à ce critère. Il leur faut avoir aussi, indique Léone Vignon, le sens du travail en équipe. Challenge La réaction et la réceptivité des participants ont été bien appréciées par la formatrice qui voit en eux des jeunes engagés, prêts à impacter positivement leur environnement. Le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (Anpe), Urbain Amégbédji, venu lui aussi entretenir la cohorte, a indiqué des points essentiels qui feront d’eux de bons employés, de sorte qu’à l’issue de la première année à prendre en charge par l’Etat, ils puissent être maintenus et intégrés dans leurs structures d’accueil. Qu’on soit retenu ou pas, le seul fait d’avoir pris part aux phases antérieures est un avantage à tout point de vue, soutient Charlemagne Lokossou, le coordonnateur du programme. Avec ce programme, les jeunes ont été familiarisés avec les réalités du terrain qui ne s’enseignent nulle part dans les écoles. C’est du concret qu’ils ont touché du doigt avec des conseils, des exemples et des enseignements qui feront d’eux de bons professionnels en milieu de travail. C’est donc, poursuit-il, des jeunes préparés à la vie active, en plus de la formation académique, que le programme met sur le marché, aussi bien dans le cadre des 2000 bénéficiaires à introduire en entreprises qu’en ce qui concerne le marché du travail en général. Christelle Bocco n’en dit pas le contraire. Candidate dans la catégorie industrie agro alimentaire et participante à la journée d’information, la jeune aspirante à la vie professionnelle ressort de la formation ragaillardie. Autant l’initiative est bonne autant les clés de réussite en entreprise partagées avec eux constituent des piliers pour être des employés exemplaires, assure-t-elle. Le grand bien qu’elle en a pu tirer, c’est surtout la gestion du stress. Société 30 juil. 2020


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