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Nouvelles

Introduction d’équipements électriques performants au Bénin: Le point avec le ministère de l’Energie avant la date butoir
Le Bénin a décidé d’en finir avec les équipements électriques contrefaits. Alors, il a fait l’option de la mise en place dans le pays des normes minimales. Le point du processus devant conduire à ce résultat a été fait par Jean-Claude Houssou en présence de Gabriel Dègbègni, coordonnateur de Mca II, avant la date butoir du 30 juin fixée aux importateurs et distributeurs. La consommation efficiente d’énergie électrique demeure un véritable problème pour les Béninois qui n’arrivent pas toujours à supporter leurs factures. Pour régler le problème, il faut d’abord disposer d’équipements originaux qui puissent refléter la réelle consommation en termes de Kwh. Il y a plus d’équipements contrefaits au Bénin que ceux répondant aux normes. Le gouvernement, à travers son programme d’action affiche clairement sa vision pour le domaine de l’énergie qui repose sur près de 10 % de l’ensemble des projets phares. En citant quelques-uns de ces projets, Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie, rappelle que le premier concerne l’augmentation de la capacité de production. Dans ce cadre, un certain nombre de projets de construction de centrales solaires verront le jour. Des réformes d’appui à la bonne gouvernance au niveau de la Société béninoise d’énergie électrique et la maitrise de l’énergie sont les autres projets prioritaires. Jean-Claude Houssou affirme que tout se conduit méthodiquement pour que les résultats soient satisfaisants. « Dans le secteur, nous constatons que les équipements électriques sont budgétivores », dit-il avant de rappeler qu’un moratoire de dix-huit mois a été donné à l’ensemble des parties prenantes pour faire en sorte que tout puisse démarrer dans de bonnes conditions ; le Millennium Challenge Account II s’étant illustré favorablement aux côtés du gouvernement. « Ce que nous faisons aujourd’hui est quelque chose qui est déjà prévu », affirme Jean-Claude Houssou qui précise que le lancement de l’introduction des équipements électriques performants au Bénin, annonce un nouveau jour dans notre pays, ce qui permettra aux populations de faire un bon choix. Le décret signé à cet effet par le gouvernement entre en vigueur ce jour, 30 juin. Gabriel Dègbègni, coordonnateur du Millennium Challenge Account II, rappelle la contribution importante apportée par sa structure à ce projet initié par le gouvernement et qui marquera la course pour l’efficacité du système d’étiquetage pour les lampes, congélateurs et autres. En termes de résultats obtenus après trois ans d’activités, le coordonnateur de Mca II cite: l’élaboration de projets de textes ; la définition des rôles et responsabilités de chacune des structures concernées par le contrôle ; la surveillance et la vérification des produits du marché ; la formation des différents acteurs. Le directeur général de l’Agence béninoise de l’électrification rurale (Aberme) s’estime très heureux de cette initiative car son agence dispose désormais d’un outil efficace pour accomplir sa mission. « L’Aberme s’occupera de la coordination et la mise en œuvre du respect des normes. Elle va apporter son soutien technique à tous les acteurs», précise-t-il pour expliquer le rôle de sa structure dans la lutte. Les citoyens, de leur côté, ont des gestes obligatoires à faire pour se garantir une économie de l’énergie électrique. Cela commence avant tout par l’achat des appareils étoilés pour plus d’économie d’énergie, remplacer les lampes par des lampes Led, dégivrer le congélateur en cas de givre. Les consommateurs doivent respecter les consignes et laisser les climatiseurs sur une température qui varie entre 24 et 25 degrés au lieu de 16. Société 30 juin 2020


Le marché de l’assurance en Afrique face au défi de la digitalisation
Le nombre d’internautes en Afrique a augmenté de 43 % en 2018 et de 39 % en 2017. Avec cette forte croissance du taux de pénétration d’internet en Afrique, le continent présente de grandes opportunités pour le développement de nouveaux services et canaux de distribution et autres moyens de communication. En dépit de la très faible part de marché de l’Afrique(1,31 % en 2018) relative aux primes d’assurance émises à l’échelle mondiale alors qu’elle pèse pour 15 % de la population mondiale, le marché de l’assurance africain continue sa progression. Le volume total des primes émises par l’ensemble des compagnies a progressé de 12,3 % en 2017 et 5 % en 2018. Avec un taux de pénétration de l’assurance qui oscille autour de 3 % sur le continent, le marché africain de l’assurance est caractérisé par une population sous-assurée. Néanmoins, plusieurs indicateurs et facteurs plaident en faveur d’un essor rapide de l’assurance en Afrique : le dynamisme économique du continent (illustré par l’évolution du taux de croissance du continent depuis les années 2000), l’émergence de classes moyennes, le développement de nouveaux modes de distribution des produits, les avancées technologiques, l’évolution de la réglementation, la diversification des moyens de paiements… A condition notamment d’assurer la bonne gouvernance des sociétés d’assurance, le professionnalisme de leur personnel, l’adéquation des offres aux besoins locaux, etc. Le rapport publié par E-commerce Europe révèle que le nombre d’internautes sur le continent a augmenté de 43 % en 2018 et de 39 % en 2017. Avec cette forte croissance du taux de pénétration d’internet en Afrique, le continent présente de grandes opportunités pour le développement de nouveaux services et canaux de distributions et autres moyens de communication. Dans son rapport 2018 sur la mobilité, le groupe Ericsson affirme que le taux de pénétration des smartphones en Afrique et au Moyen-Orient sera à 70 % en 2024 contre 40 % en 2018. Environ 80 % de la population africaine utilise un téléphone portable, alors que seulement 3 % a souscrit à un contrat d’assurance. Quel paradoxe ! En Côte d’Ivoire par exemple, en 2018, nous avons 27 451 000 abonnés, soit un taux de pénétration de 113 %, 8.000.000 d’abonnés internet et 58 % de la population se connectant à internet via le téléphone mobile. De plus, selon les statistiques de la Gsma (Association mondiale des opérateurs de téléphonie), l’Afrique subsaharienne pèse à elle seule 64,15 % des transactions de paiements mobiles dans le monde en 2019, avec un total de transactions d’environ 456,3 milliards Usd pour 469 millions de comptes déjà créés. Dans cette mouvance, bien plus qu’une opportunité, le digital se présente comme un élément catalyseur pouvant accélérer le développement de l’assurance en Afrique en général et au Bénin en particulier, à travers les solutions technologiques de pointe, l’ouverture et l’accessibilité de l’assurance à une plus large cible, la proximité entre l’assureur et l’assuré, la simplicité et la célérité dans le traitement des différents processus de gestion (cotation, souscription, paiement, déclaration sinistre, réclamation…), le gain de temps et la transparence qu’il apporte, tout en bénéficiant d’un environnement favorable à son éclosion. Toutefois, bien que cette opportunité semble reconnue par la plupart des acteurs, ceux-ci tardent encore à la saisir et pourraient s’en mordre les doigts dans un avenir très proche. D’après l’étude réalisée entre novembre 2019 et janvier 2020 sur l’«Etat des lieux de la digitalisation des compagnies d’assurance de la zone Cima » par les cabinets Karburas.A et P2A dirigés respectivement par Franck Assou et Protais Ayangma, sous l’accompagnement de la Fanaf, la quasi-totalité des compagnies ont une application métier d’assurance, soit un taux de 96 %. A contrario, seulement 8 % dispose d’une application mobile ouverte aux assurés. Parmi les raisons évoquées par les compagnies, le manque des ressources financières et technologiques en est la principale, du moins, pour 42 % d’entre elles. Le défaut de compétences y est pour 24 %. Aussi, la grande majorité des compagnies (88 %) ont un site internet. Toutefois, très peu d’entre elles (19 %) proposent sur leur site internet des fonctionnalités d’e-assurance. Et seules 8% de ces compagnies disposent d’une application mobile (android/ios) ouverte aux assurés. En dépit des quelques textes réglementaires promulgués au niveau de certains Etats pour prendre en compte les nouveaux paradigmes liés au Web & Digital, une réforme de la réglementation par les régulateurs est nécessaire dans plusieurs branches pour permettre aux compagnies d’assurance de pleinement mettre en œuvre et profiter des avantages qu’offre la digitalisation en toute légalité et professionnalisme. Cet état de choses, combiné aux contraintes sur la protection des données, sur la signature électronique des documents, restent encore des points d’ombre dans certaines zones qui ne permettent pas aux assureurs traditionnels de démarrer sereinement leur processus de transformation digitale. La numérisation de l’économie mondiale et africaine est un fait, elle a déjà atteint des proportions importantes dans plusieurs secteurs d’activité comme la banque avec un réel impact pour les clients. L’entrée dans le monde digital du secteur de l’Assurance est une réalité incontournable devant faire passer les assureurs traditionnels au statut d’« assureur 2.0 ». A ce titre, les nouvelles technologies offrent de grandes possibilités pour les compagnies d’assurance. L’assuré est aujourd’hui connecté, il faut donc s’adapter à cette nouvelle donne en investissant pour répondre présent, afin d’améliorer son parcours et l’expérience client, d’accroître le chiffre d’affaires, de gagner de nouvelles parts de marché, d’innover en mettant en place de nouveaux produits et services adaptés, d’avoir accès aux données des utilisateurs grâce aux technologies de Big Data et d’Intelligence artificielle pour formuler des offres sur-mesure, et surtout booster la notoriété de l’entreprise. Développées initialement en Afrique du Sud et en Afrique du Nord, on observe un essor de quelques assureurs 2.0 depuis quatre ans sur tout le continent. Leur but est de faciliter la vie des assurés, de leur faire gagner du temps et de l’argent en misant sur l’expérience utilisateur. Dans le secteur de l’assurance santé par exemple, la compagnie Bima en Afrique australe a lancé des services de santé mobiles. Elle fournit une couverture décès et hospitalisation en effectuant des micro prélèvements mensuels sur le crédit téléphonique de leurs clients. Elle s’adresse à une population précaire qui n’avait jamais été assurée auparavant. Dans la branche automobile, on peut citer Naked Insurance, start-up sud-africaine qui propose une tarification et souscription en ligne avec possibilité de suspendre le contrat lorsque l’usager n’utilise pas sa voiture. L’agriculture est aussi largement ciblée par les insurtech, le courtier PlaNet Guarantee en Afrique de l’Ouest offre une assurance récolte à partir de données satellites en cas de sécheresse. La compagnie Helvetica Assurances au Maroc a dématérialisé complétement le processus de souscription afin que les assurés puissent s’assurer à distance tout en bénéficiant de plusieurs avantages liés à l’assurance 100 % en ligne. La plateforme Insurance market au Nigeria donne la possibilité aux assurés de souscrire n’importe quel type de police d’assurance auprès de l’une des compagnies d’assurance du marché en utilisant un ordinateur portable, une tablette ou un téléphone portable et en payant avec une carte de crédit. Plus récemment, l’assureur marocain Wafa Assurance a lancé sa «DigitalFactory», un département technologique spécialisé, chargé d’accélérer la transformation digitale de la société. L’horizon du marché de l’assurance en Afrique semble s’éclaircir en dépit des effets néfastes de la récente pandémie de Covid-19, grâce aux solutions innovantes proposées par le Web & Digital afin de répondre au mieux aux besoins des particuliers et entreprises pour une accélération de la croissance en Afrique. Les assureurs traditionnels ont bien pris conscience de la nécessité de s’adapter à la nouvelle donne et doivent investir financièrement pour l’acquisition des ressources technologiques et humaines pour rester dans la course et faire partie de la transformation du marché, au risque de rester en marge du développement du secteur et de disparaitre. En définitive, le défi de la digitalisation pour les assureurs ne devrait enlever en rien la dimension humaine de la relation assureur-assuré très importante pour instaurer une relation de confiance et offrir le meilleur service possible Par Romaric Cyrille TEGUO Expert en transformation digitale et gestion du changement Sources : http://fanaf.org/ https://www.digitalbusiness.africa/ http://bankassurafrik.com/ https://www.agenceecofin.com/ https://www.assurancepourtous.africa/ https://afrique.latribune.fr/africa-tech/ https://cima-afrique.org/ https://www.atlas-mag.net/ Société 29 juin 2020


Intercommunalité au Bénin: Yaya Garba prend le commandement de l’Adecob
L’Association pour le développement des communes du Borgou (Adecob) a désormais un nouveau président en la personne du maire Yaya Garba. C’est Miftaou Saliou qui lui a passé le témoin, vendredi 26 juin dernier au siège de l’institution à N’Dali. Le siège de l’Adecob à N’dali a servi de cadre, vendredi 26 juin dernier, à la cérémonie de passation de charges entre l’ancien président, Miftaou Saliou, et le tout nouveau, Yaya Garba. C’était en présence du préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, du premier président de l’association, Issaou Inoussa Babio, ainsi que des anciens et nouveaux maires des communes du département. En se déchargeant, le président sortant a dressé le bilan des réalisations sous son mandat. Il en ressort qu’il a surtout travaillé pour la consolidation des acquis de l’association et la bonne collaboration avec les partenaires techniques et financiers. Miftaou Saliou a invité le nouveau président à réfléchir sur les mécanismes d’amélioration des performances de l’association, et partant, de toutes les huit communes du Borgou. A sa suite, le président entrant a d’abord témoigné sa reconnaissance à la Coopération Suisse, pour son implication dans le combat qui vise l’amélioration des conditions de vie des populations du département. Il a promis de s’inscrire dans la même dynamique que ses prédécesseurs. Profitant de l’opportunité qui lui a été offerte, le préfet a félicité les nouveaux maires du Borgou. Après leur avoir fait constater que leurs prédécesseurs avaient mis la barre très haut, il les a invités à relever les défis énormes qui se présentent désormais à eux. Il a ensuite appelé le nouveau président et son bureau à continuer à mettre l’accent sur le respect de la bonne gouvernance dans leurs différentes actions afin de hisser davantage les communes du Borgou au rang des plus performantes au Bénin. Actualités 29 juin 2020


Décentralisation et Gouvernance locale: Les nouveaux maires de l’Ouémé/Plateau aguerris
Le ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale (Mdgl) a tenu à Porto- Novo, jeudi 25 juin dernier, une rencontre de prise de contact et d’orientation avec les nouveaux maires et adjoints aux maires des quatorze communes des départements de l’Ouémé et du Plateau. La séance a connu la participation des deux préfets et des cadres du ministère du Numérique et de la Digitalisation. Le ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale (Mdgl) veut éviter toute navigation à vue à la quatrième mandature de la décentralisation. C’est dans ce cadre qu’il a initié, jeudi dernier à Porto-Novo, une rencontre de prise de contact et d’orientation avec les nouveaux maires et adjoints aux maires de l’Ouémé et du Plateau. Ces derniers sont appelés à tirer leçons des insuffisances des trois premières mandatures de la décentralisation pour mieux relever les défis de développement à la base et de la démocratie locale. Le Mdgl a jugé utile de renforcer leurs capacités pour que les résultats soient au rendez-vous au bout des six ans de leur mandat, précise le directeur de cabinet du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Nöel Gakpé, qui a ouvert les travaux. Il a rappelé aux membres des nouvelles équipes dirigeantes des communes de l’Ouémé et du Plateau que l’on attend beaucoup d’eux. Ils doivent s’atteler à relever un certain nombre de défis, notamment la mobilisation des ressources propres des communes, une mission sur laquelle les mandatures précédentes ont consenti très peu d’efforts ; la gestion des ressources humaines de l’administration communale qui doit être dépolitisée ; le respect des règles de procédure de passation des marchés publics dans l’attribution des marchés locaux et la gestion des ressources communales ainsi que l’obligation de reddition de comptes aux populations. Les participants ont été outillés sur les fondamentaux de leur mission avec de nouvelles orientations afin d’être performants à leurs postes et de remplir convenablement leurs fonctions. Ils ont suivi une série de communications portant sur des thèmes variés à savoir : « Rôles et responsabilités du maire » ; « Le préfet et ses relations avec les maires » ; « Le financement du développement local » et « Le Centre de Formation pour l’administration locale (CeFal) et ses activités ». Coaching La rencontre sera suivie, informe le directeur de cabinet du Mdgl, de plusieurs autres dont des séances de coaching qui seront organisées sur le terrain par les services techniques du ministère au profit de chaque commune. Toutes ces initiatives visent à permettre aux nouveaux maires d’être suffisamment aguerris pour le job et de ne pas tomber dans les mêmes travers que les trois premières mandatures de la décentralisation dont le bilan reste assez mitigé comme en témoignent les résultats des missions d’audits et de contrôles organisées dans les mairies, poursuit Nöel Gakpé. Selon lui, ces audits ont révélé de nombreuses insuffisances tant dans le fonctionnement général que dans la gestion financière et administrative des communes. Le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, trouve très pertinente l’organisation de cette formation qui vise à tirer leçons du passé pour mieux s’orienter pour la suite. Mieux, la séance permet aux nouveaux élus d’avoir une bonne compréhension des compétences et attributions qui sont les leurs conformément aux lois sur la décentralisation et leurs décrets d’application, souligne Joachim Apithy. Au nom de son collègue du Plateau également présent, le préfet de l’Ouémé rassure les nouvelles équipes dirigeantes des communes des deux départements de ce que les deux préfectures seront à leurs côtés dans le cadre de leur mission de tutelle pour que tout se passe bien. Le maire de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty, se réjouit de la tenue de cette formation. Celle-ci vient à point nommé, selon lui, en ce sens qu’elle permettra à ses collègues et lui de prendre contact avec les réalités de l’administration locale en vue d’une bonne gouvernance locale. Actualités 29 juin 2020


Session du Conseil municipal de Porto-Novo: Charlemagne Yankoty annonce ses premiers grands chantiers
Le maire de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty, annonce une série d’actions pour poser les balises de sa gestion. Il l’a dévoilée lors de la cérémonie d’ouverture des travaux de la deuxième session ordinaire de l’année 2020 du Conseil municipal de la ville capitale. La cérémonie d’ouverture des travaux de la deuxième session ordinaire de l’année 2020 du Conseil municipal de Porto-Novo, a été l’occasion choisie par le maire Charlemagne Yankoty pour dévoiler certaines des grandes priorités de son mandat. Il a annoncé à cet effet une kyrielle de chantiers dont surtout l’audit organisationnel, administratif, financier et comptable des mandatures précédentes. « Je ne vous apprends rien en rappelant que plusieurs missions d’audit sont passées et passeront encore ». C’est en ces termes que le maire de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty, exprime sa détermination à passer au peigne fin la gestion de ses prédécesseurs. Mais il précise qu’un audit n’a rien de gênant. Selon lui, il a pour but de réaliser l’état des lieux d’un service ou d’une administration à un moment donné afin de permettre entre autres, aux dirigeants, d’avoir une vision globale sur la bonne santé de l’organisation et de tous ses démembrements. Un audit, poursuit le nouvel édile de Porto-Novo, est aussi un outil performant d’aide à la prise de décision. Pris sous cet angle, Charlemagne Yankoty invite tout le personnel de l’administration municipale de Porto-Novo à s’approprier davantage les différentes recommandations issues des rapports des missions d’audit passées afin de corriger les insuffisances relevées. « La qualité de gestion attendue de vous sera désormais d’un très haut niveau et je sais que les capacités techniques et la volonté de bien faire ne feront pas défaut », déclare Charlemagne Yankoty à l’adresse de ses collaborateurs. Pour ce faire, il exhorte chaque travailleur à mesurer l’enjeu et à prendre sa grande part de responsabilité dans la marche vers le développement de Porto-Novo. « Ma fierté est de travailler avec vous et je note déjà le sentiment réciproque chez certains qui témoignent de la disponibilité et de l’engagement au travail », souligne-t-il. Nul ne sera de trop Le maire de Porto-Novo s’est adressé aussi à ses pairs élus municipaux. Il invite ces derniers à retrousser les manches pour répondre à l’appel du devoir. Le maire exhorte ses 32 autres collègues conseillers municipaux à rester soudés autour de lui comme un seul homme, à unir leurs forces et à harmoniser leur vision pour l’atteinte des objectifs. Charlemagne Yankoty annonce pour très bientôt l’élaboration d’un nouveau Plan de développement municipal (Pdm) de Porto-Novo qui servira de boussole durant les six ans de son mandat. Il compte également mettre l’accent au cours de sa mandature sur deux directions clés de l’administration municipale. Il s’agit de la direction des Affaires financières et économiques (Dafe) pour la mobilisation des recettes propres pour le financement des activités de souveraineté et ensuite la direction des Services techniques (Dst) dont l’importance n’est plus à démontrer. Le maire rassure qu’il n’y aura pas d’exclusion et qu’il fera une gestion participative. « La gestion et l’administration de notre commune sera inclusive et nous obligera donc à prendre appui sur toutes les forces vives de Porto-Novo. Le défi est de taille et nul ne sera de trop », promet l’autorité municipale. Pour lui, les élections sont terminées. Il n’y a eu ni vainqueurs ni vaincus. Le gagnant c’est incontestablement la ville de Porto-Novo, conclut Charlemagne Yankoty. Actualités 29 juin 2020


Lutte contre le Covid-19: Les chercheurs optent pour une solution endogène
La menace de la pandémie du coronavirus ne laisse pas indifférents les membres de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (Ansalb). Au cours d’une séance spéciale organisée sur le Covid-19, vendredi 26 juin dernier à l’amphi Idriss Deby Itno de l’Université d’Abomey-Calavi, les académiciens et chercheurs ont présenté l’importance de la recherche pour sauver l’humanité de la pandémie du coronavirus. La quête de solution africaine au coronavirus a mobilisé les chercheurs et membres de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (Ansalb) à l’amphi Idriss Déby Itno de l’Université d’Abomey-Calavi, vendredi 26 juin dernier. Initiative de l’Ansalb dénommée séance spéciale sur le Covid-19, la rencontre a permis aux participants, des chercheurs de différents laboratoires, d’exposer leurs connaissances sur le traitement de la pandémie du coronavirus qui sévit dans le monde entier. C’est une préoccupation de l’ensemble de la communauté universitaire, selon Maxime da Cruz, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi. Il y a, souligne le recteur, un fait d’actualité qui est venu bousculer la vie, et il dérange les hommes dans leur confort habituel. Ce fait impose des changements de comportement qui ne doivent pas déranger, même si c’est contraignant parce qu’il concerne la vie. « Que nous puissions apprendre davantage sur le mal qui déstabilise notre environnement et que les échanges permettent d’aller de l’avant », a-t-il souhaité. C’est l’espoir qui fonde la démarche des membres de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (Ansalb) dont le président, le professeur Mahouton Norbert Hounkonnou, a rappelé les limites de la communauté internationale à gérer cette pandémie. « Les certitudes tombent, la science est à rude épreuve. Les oligarchies financières dictent leur loi partout, parviennent à contrôler la recherche et à en financer les résultats, plus rien ne leur résiste. Les institutions scientifiques et les autorités sanitaires internationales sont ébranlées, les chercheurs déroutés », fait-il savoir. Il a indiqué que la seule certitude, c’est que le virus est inconnu, invisible et prend possession de la cité et de tout l’édifice de l’humanité, réduisant l’homme à ses justes valeurs et limites, à ses doutes réels, indépendamment de sa race, de ses origines, de ses richesses, et de son statut social. Nouveaux défis Le professeur Mahouton Norbert Hounkonnou estime que de nouveaux défis s’imposent à l’homme et en appelle à une nouvelle conscience construite sur le socle de l’éthique universelle et de l’humanisme absolu, qui transcende les nations et les frontières dans une solidarité généralisée. « C’est seulement plongé dans cet espace que la recherche africaine saura dépasser le cadre formel de servitude où elle est aujourd’hui piégée pour s’élever et aller puiser dans les ressources naturelles, les savoir-faire endogènes, la médecine traditionnelle multiséculaire pour servir nos peuples et l’humanité et enrichir le patrimoine universel», suggère le président de l’Ansalb. Dans sa communication inaugurale sur le thème ‘’Covid-19 : Comprendre pour mieux riposter, certitudes, hypothèses et perspectives’’, le professeur Achille Massougbodji, membre de la cellule de crise de l’Ansalb sur le Covid-19, a rappelé les problèmes posés par la pandémie, les erreurs systématiques liées à sa gestion et leurs conséquences, son évolution... Les participants ont eu droit à plusieurs communications de chercheurs de différents laboratoires. Entre autres, ‘’Approche de chimio prophylaxie dans l’infection à Covid-19’’, ‘’Modélisation mathématique de la Covid-19 au Bénin : simulation de différents scénarios de gestion’’, ‘’Système d’aide à la détection de pneumonie causée par le coronavirus et mise en place d’un entrepôt de données décisionnel’’, ‘’ Valorisation des plantes antivirales et immunostimulantes dans le traitement de Covid-19 au Bénin’’, ‘’ Faire participer de façon critique les sciences sociales à la riposte contre la Covid-19 au Bénin’’, ‘’Apivirine, effet sur la Covid-19’’, ‘’ La Covid-19 dans les armées’’… Actualités 29 juin 2020


Face à la montée des cas: Les imams de Natitingou sommés de faire respecter les consignes
La plateforme départementale de gestion des risques, catastrophes et d’adaptation au changement climatique a sommé, jeudi 25 juin dernier, au cours d’une séance, le conseil des imams de la ville de Natitingou de faire respecter les mesures barrières dans les mosquées. La séance présidée par le secrétaire général du département de l’Atacora, Abdoulaye Affo et le chargé de mission du préfet, Maguidi Kora Gbéré, a été marquée par l'intervention de Jacob Namboni, directeur départemental de la Santé de l'Atacora. Celui-ci a, dans un langage direct, déploré le laxisme dont font preuve les responsables religieux s'agissant du respect des mesures barrières dans les mosquées. Sur la base d'une projection de photos prises lors des différentes descentes inopinées du préfet de l’Atacora dans les mosquées, le directeur départemental de la Santé a fustigé le non-respect de la distanciation sociale d’un mètre par les fidèles musulmans, la présence et l'attroupement d’un grand nombre d’enfants au niveau des mosquées pendant les prières de vendredi, l’absence de dispositifs de lavage de mains aux entrées des mosquées et le faible taux de port de masque par les fidèles. « La situation est très grave au niveau des mosquées au regard de ce qu’on a constaté; j’exhorte les imams à prendre des dispositions pour corriger le tir au plus vite parce que la police républicaine va veiller au respect des consignes barrières à tous les niveaux », a prévenu le directeur départemental de la Police républicaine de l’Atacora, Cossi Lamas. L’imam de la mosquée centrale, au nom du collectif des imams, a pris l’engagement de redoubler d’efforts pour une meilleure application des consignes sanitaires au niveau de toutes les mosquées de Natitingou. Cheik Nourou Dine Mouhamed Sanni a également sollicité l’accompagnement des autorités pour l’acquisition des dispositifs de lavage de mains dans les mosquées. Des recommandations ont été également faites, notamment sur les services d’ordre à l’entrée des mosquées afin de contraindre les fidèles au respect des mesures barrières. Il sera procédé à la fermeture des mosquées qui persisteraient dans le non-respect des consignes sanitaires, ont averti les autorités. Société 29 juin 2020


Descente du maire et de ses adjoints sur des chantiers à Lokossa: Gervais Houénou tient au respect des cahiers des charges
Une quinzaine de chantiers en cours à Lokossa ont reçu, mercredi 24 juin dernier, la visite de l’équipe dirigeante du conseil communal. Le maire Gervais Hounkpè Houénou et ses adjoints Norbert Gangbédji et Rodéo Mégnikpa, accompagnés des cadres de la mairie, tiennent au respect strict des cahiers des charges régissant l’exécution des travaux en cours sur les sites visités. Visiter les chantiers, voir leur niveau d’exécution ainsi que les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises afin de trouver avec elles des solutions pour un aboutissement heureux. Tels sont les objectifs de la descente effectuée, mercredi dernier, par l’équipe dirigeante du conseil communal de Lokossa. Pour cette première sortie de l’exécutif communal, le maire Gervais Hounkpè Houénou et ses adjoints Norbert Gangbédji et Rodéo Mégnikpa ont visité une quinzaine de chantiers dans les arrondissements de Koudo, d’Agamè, d’Agnivèdji et de Lokossa-centre. Accompagnée du directeur du service technique et du secrétaire permanent de la Personne responsable des marchés publics de la mairie, la délégation a marqué son premier arrêt à l’école primaire publique d’Agnito, dans l’arrondissement de Koudo. Ici, un module de trois salles de classe et des latrines à quatre cabines sont en train d’être achevés pour le bonheur des apprenants. Mais les travaux, lancés en février dernier, pour un délai contractuel de quatre mois, sont encore à l’étape d’enduit quand la délégation communale est descendue sur les lieux. De là, la délégation s’est rendue à l’école maternelle d’Alligoudo, site de construction d’un module de deux salles de classe plus bureau et magasin et des latrines à quatre cabines. L’Epp Agnivèdji, l’Epp Guéhounkon, l’Epp Adjakomey, l’Epp d’Agonvè sont les autres arrêts successifs ayant permis de visiter le reste des modules de salles de classe, magasin et latrines en cours de construction. A chacune des étapes de leur visite, le maire et sa suite, qui n’ont pas caché leur mécontentement par rapport au non-respect du délai contractuel, se montrent attentifs aux matériaux utilisés, à la qualité de la toiture et du dallage puis aux dimensions du dispositif de rangement des affaires. Ils relèvent, par endroits, des malfaçons et confondent les responsables des entreprises adjudicataires des travaux. Au cours des échanges, les cadres de la mairie apportent leurs contributions en rappelant les normes spécifiées dans le dossier d’appel d’offres relatif aux chantiers. Marché et voies de circulation Le maire Gervais Hounkpè Houénou et ses adjoints se sont intéressés également à l’évolution d’autres travaux de réalisation d’infrastructures au profit des citoyens de la cité des Kotafon. Sur ce registre, des travaux de pavage de deux voies dans l’arrondissement central ont été visités. La première est d’une longueur de 100 m linéaires reliant le siège de l’arrondissement central au carrefour Tessi. La seconde longue de 330 m linéaires mène de l’Epp Akodedjro au marché Nesto d’Almeida. Après avoir écouté les responsables des chantiers, le maire et sa suite ont exhorté à la prise de dispositions en vue de causer moins de désagréments aux riverains. Pour finir, la délégation s’est rendue au marché Nesto d’Almeida, le marché principal de Lokossa. Pour leur première visite officielle dans le marché, qui battait son plein, la sortie a fait l’effet de surprise suscitant une scène de liesse spontanée. Gervais Hounkpè Houenou et sa suite ont fait le tour de la centaine de boutiques et hangars en construction dans le marché. Ils ont tenu également à s’informer de la réalisation des voies de circulation pour véhicules à quatre roues en cours dans le marché. Pour le reste, il faut retenir que la place publique d’Agamè et celle d’Agbodomey où des travaux d’aménagement sont engagés figurent dans l’agenda de la descente de l’exécutif communal de Lokossa. Mais à l’étape d’Agamè, la délégation a été informée de la nécessité de prendre un avenant devant permettre la réalisation des bancs publics et autres travaux de mise aux normes qui n’étaient pas prévus dans le dossier initial. Au terme du périple, le maire relève que « les chantiers ont évolué par endroits dans les normes. Mais pour certains, les clauses techniques annoncées n’ont pas été respectées ». « Nous avons fait des remarques et avons exigé la reprise pour certains chantiers et cela sera suivi comme de lait sur le feu », confie l’autorité communale. Pour lui, il est question d’avoir des ouvrages de qualité et durables. Actualités 26 juin 2020


Conseil des droits de l’homme: Une 44e session hybride
Après une 43e réunion, interrompue par les mesures de confinement en Suisse liées à la pandémie du Covid-19, le Conseil des droits de l’homme entame une nouvelle session le 30 juin sous la présidence de l’Autriche. La première séance sera marquée par la présentation du rapport annuel de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet. C’est à la suite de beaucoup d’hésitations et de désaccords que les représentants des Etats-membres du Conseil des droits de l’homme ont finalement accepté la proposition de son Bureau soumise par la Présidente,Elisabeth Tichy-Fisslberger, représentante permanente de l’Autriche auprès de l’Office européen des Nations Unies à Genève. En effet, les dispositions relatives au coronavirus empêchant les voyages et bon nombre de frontières étant encore fermées, il était dès le départ question de largement se reposer sur des participations virtuelles. Dans les conditions décrites, certains groupes régionaux préféraient que cette session n’ait pas lieu. A leurs yeux, la stabilité inégale des réseaux internet et l’impossibilité de participation de nombreux acteurs, particulièrement de la société civile, confèrent à cette réunion hybride un caractère incomplet. Durant cette 44e session ordinaire, s’étendant du 30 juin au 20 juillet, outre la présentation du rapport annuel de Michelle Bachelet et une mise à jour orale au sujet des incidences de la pandémie de Covid-19 sur les droits de l’homme, le Conseil examinera les rapports présentés par des experts du domaine et autres organes d’enquête concernant la situation dans une douzaine de pays. Il écoutera, entre autres,la présentation du rapport du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Érythrée. Au titre du point de l’ordre du jour consacré aux situations des droits de l'homme qui requièrent son attention, le Conseil sera saisi,le 15 juillet, d’une mise à jour orale de la Commission d’enquête sur le Burundi. Au titre de l'assistance technique et du renforcement des capacités, il tiendra un dialogue approfondi sur les comptes rendus oraux du Gouvernement soudanais et du Haut-Commissariat s’agissant de l’ouverture d’un bureau de pays au Soudan (17 juillet). Pendant la session, le Conseil prévoit de tenir cinq débats thématiques. La journée du 1er juillet sera ainsi consacrée au droit de l’enfant de se réaliser grâce à un environnement sain. Le 8 juillet, deux réunions-débats portant sur, respectivement, les enjeux des nouvelles technologies numériques pour la promotion et la protection des droits de l’homme, et les droits des personnes handicapées dans le contexte des changements climatiques auront lieu. Le débat annuel portera sur les droits humains des femmes. Toutes ces réunions se dérouleront de manière virtuelle. Une séance sera aussi consacrée à l’adoption des rapports du Groupe de travail du Conseil chargé de l’Examen Périodique Universel (16 juillet) portant sur quatorze pays dont la Guinée, le Lesotho, le Kenya et la Guinée-Bissau. Les deux derniers jours de sa session, les 17 & 20 juillet le Conseil se prononcera sur les projets de décision et de résolution qui lui seront soumis sur les questions examinées pendant la session. La Présidente procédera en outre à la nomination de quatre nouveaux titulaires de mandats, à savoir les Rapporteurs spéciaux sur les incidences sur les droits de l'homme de la gestion et de l'élimination écologiquement rationnelles des produits et déchets dangereux ; sur le droit à la liberté d'opinion et d'expression ; sur le droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible ; et sur la traite des êtres humains. Par Catherine Fiankan-Bokonga (Correspondante accréditée auprès de l’office des Nations Unies à Genève) Société 26 juin 2020


Le juriste Worou Paul Mama sur les services juridiques digitalisés: « L’univers juridique béninois est favorable au concept de la LegalTech »
Avec les avancées technologiques, le numérique s’est imposé dans presque tous les secteurs d’activité, comme un outil indispensable. Les métiers du droit n’en sont pas épargnés. On parle de plus en plus de LegalTech, pour désigner les entreprises proposant des services juridiques digitalisés. Expert en droit pénal informatique, numérique, cybercriminalité et cyberattaque, le juriste Paul Mama en dit davantage sur ce concept devenu incontournable. La Nation : Que comprendre du vocable LegalTech ? Worou Paul Mama : La LegalTech, c’est l’industrie moderne du droit. Quand on parle de LegalTech, on fait référence aux entreprises qui utilisent la technologie, et des logiciels ou applications, pour proposer un service juridique. Je peux la définir comme l’industrie des services juridiques digitalisés. Ces entreprises utilisent la technologie, principalement le web, les algorithmes et l’intelligence artificielle pour démocratiser l’accès au droit. L’objectif est double, dans un contexte où le besoin des services de droit est en croissance, en parallèle à l’entrepreneuriat. Il s’agit à la fois de « mieux adresser le besoin de droit », et de « rendre les services plus accessibles». C’est donc une industrie qui démocratise et fluidifie l’un des secteurs canoniques de l’économie. Somme toute, la LegalTech, c’est la technologie au service du droit. C’est une notion issue de l’anglais Legal Technology qui fait référence à l’usage de la technologie et de logiciels pour offrir des services juridiques. Elle désigne également les technologies qui permettent l’automatisation d’un service juridique, que ce soit au niveau du support c’est-à-dire le document, du processus en ce qui concerne la procédure, ou de la relation avec les professionnels du droit. Comment ce concept a-t-il émergé ? Il me faut là, remonter à la genèse. Le concept nous vient du monde anglophone, où il a été forgé dès les années 2000. Aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, on l’utilisait pour désigner des entreprises qui se servaient de la technologie pour automatiser des services annexes au droit : la facturation, la réalisation d’actes juridiques, le classement de documents, la comptabilité, etc. Aujourd’hui, le mot s’entend dans une acception beaucoup plus large, car la LegalTech comprend bon nombre de sociétés qui modifient la pratique du droit. La LegalTech est donc depuis près de vingt ans bien implantée dans le monde anglophone. Il faut attendre 2014 pour constater la multiplication des start-up puis en 2015, Stanford University a ouvert un incubateur LegalTech appelé Codex pour booster l’innovation dans les services au croisement entre droit et technologie.Il faut noter que depuis quelques années, cette industrie a connu une véritable accélération dans le monde francophone. Par exemple en France, plus de soixante-quinze start-up LegalTech existent à l’heure actuelle. Malheureusement, en Afrique et particulièrement au Bénin, il n’en existe pas encore. Il est probablement trop tôt pour pouvoir parler d’un marché de la LegalTech sur le continent africain et sur le plan national. Nous y travaillerons. Quelle est l’utilité de la LegalTech et dans quels domaines ou métiers, ce concept est utile ? Vous demandez certainement à quoi cela sert de façon pratique! Eh bien, la LegalTech est très utile parce qu’elle permet la mise à disposition de l’information juridique (accessibilité); le stockage et l’analyse des data, notamment de la jurisprudence ou des contrats (Big Data) ; la génération de factures, de bilans comptables, de contrats, de documents, la communication de pièces administratives lors des procédures judiciaires ou gouvernementales bref,l’automatisation de la rédaction juridique en général (automatisation). Elle favorise non seulement l’optimisation de la procédure juridique, notamment grâce à des dispositifs permettant aux particuliers d’effectuer de nombreuses procédures juridiques de manière autonome,mais aussi la mise en relation des professionnels du droit avec leurs clients. S’agissant du champ d’action des LegalTechs, je dirai que les LegalTechs n’opèrent pas sur un secteur en particulier car leurs services profitent aux entreprises ayant un besoin juridique, quel que soient leurs domaines d’activités.On peut néanmoins circonscrire leur champ d’action en fonction de leurs cibles : les particuliers qui ont un besoin de droit accru ; les entreprises qui veulent optimiser leurs actions juridiques ; les professionnels du droit dans le cadre de leur pratique. Comme vous le constatez, la LegalTech est aujourd’hui, plus qu’une industrie, partie intégrante de l’écosystème juridique et c’est avec elle que nous avons les nouveaux métiers du droit à savoir : le juriste codeur, le juriste data, le juriste privacy, le chef projet LegalTech, le legal design… La LegalTech est utile dans plusieurs professions. Que vous soyez avocat ( de toutes spécialités), juriste, chef de produit juridique (legal product manager), notaire, administrateur de biens, administrateur judiciaire, gestionnaire de contrats d’assurance, comptable, gestionnaire de paie, analyste ou architecte des Data, commissaire-priseur…, ou que vous exerciez les métiers de développement ou de la communication et du marketing, vous avez besoin de la LegalTech. Vous l’avez dit, cette industrie nouvelle n’est pas développée en Afrique. Le Bénin intègre-t-il ce concept dans son univers juridique ? Je dirais que l’univers juridique béninois n’est pas hostile au concept de la LegalTech. Il y est favorable. La preuve, dans nos rencontres, nous avons pu échanger avec certains acteurs de droit du Bénin au sujet de la LegalTech. Tous étaient passionnés par les questions de transformation numérique et de droit des nouvelles technologies. Nous n’avons rencontré aucune méfiance ou hostilité. D’ailleurs, à l’instar des autres pays, l’Etat béninois s’est engagé dans l’économie numérique et investit énormément pour faire du Bénin une plateforme numérique dans la sous-région. Il n’y a pas si longtemps par exemple, que près de 250 services publics ont été dématérialisés et sont en ligne. Nous en ferons un débat lors de la première Conférence nationale des juristes de l’Etat du Bénin (Conajeb) que nous organisons très prochainement en partenariat avec les facultés de droit du Bénin et lors de notre prochaine conférence-formation sur la protection de la vie privée dans le monde numérique et la nouvelle loi sur la vie privée. Notre ambition, c’est d’asseoir progressivement un écosystème LegalTech au Bénin. C’est un défi ! Et comment comptez-vous relever ce défi ? Ce n’est pas impossible. Beaucoup de choses se font déjà dans le domaine du numérique au Bénin. Et cela représente un tremplin favorable pour la LegalTech. Pour asseoir l’écosystème au Bénin, avec nos partenaires, nous installons une clinique cyber droit (Cyber law clinic) qui accueillera la première vague des cliniciens et qui démarrera en août prochain. Cette clinique consistera en la formation en LegalTech. Toute cette année durant, nous formerons aussi bien les acteurs de droit-justice que les étudiants en droit. A la fin de la formation, ils recevront une attestation de compétences aux nouveaux métiers de la LegalTech et passeront la certification Afnor « Juriste numérique ». Ils intégreront ainsi tout l’écosystème mondial de la LegalTech et pourront ouvrir leurs cabinets LegalTech pour valoriser leur expertise auprès des entreprises privées et publiques ou de tout citoyen. En outre, nous sommes en train d’élaborer un plan de transformation numérique des pratiques de droit pour « rendre la justice plus rapide, efficace, accessible et transparente » que nous proposerons et soumettrons au ministère de la Justice. Je reste optimiste quant à l’implantation de l’écosystème LegalTech au Bénin car je sais que le gouvernement actuel s’intéresse assez au numérique et à la digitalisation. La preuve, il y a tout un département ministériel qui est consacré à cette fin. Actualités 26 juin 2020


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