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Nouvelles

Second tour de l’élection présidentielle: La mission d’observation de la Cédeao souligne la maturité du peuple béninois

Comme au lendemain du 1er tour de l’élection présidentielle, la mission d’observation de la Cédeao a fait une déclaration préliminaire lundi 21 mars, après le vote du dimanche 20 mars dernier. Elle portait sur le processus électoral en général et le second tour en particulier, ainsi que son aboutissement heureux.

La mission d’observation de la Cédeao avait déployé dans le cadre du second tour de l’élection présidentielle, 70 observateurs sur toute l’étendue du territoire national. Au terme des observations effectuées sur le terrain depuis la campagne jusqu’au soir du scrutin, une déclaration préliminaire a été faite lundi 21 mars. De cette déclaration qui fait le point des observations depuis la campagne jusqu’au scrutin, se dégage l’expression de satisfaction de la mission par rapport à l’organisation réussie du scrutin.

C’est le chef de la mission, Kabiné Komara qui a lu la déclaration en présence des représentants des autres missions d’observation internationales. « Le principal objectif de la mission d’observation électorale était de soutenir le peuple béninois dans la poursuite de sa longue tradition démocratique, en assurant la tenue correcte, pacifique et réussie du second tour de l’élection présidentielle, à l’image du premier tour», a indiqué, Kabiné Komara à l’entame de sa déclaration. Premièrement, la mission d’observation de la Cédeao trouve que la campagne électorale pour le second tour s’est déroulée de manière «pacifique». Kabiné Komara a indiqué que «malgré l’importance des enjeux du second tour, la mission n’a pas noté de discours de haine de la part des candidats ou de leurs partisans». En ce qui concerne l’observation du scrutin proprement dit, les équipes de la Cédeao ont été déployées sur l’ensemble des 12 départements. Après l’évaluation « minutieuse » des informations fournies par les observateurs et après une séance de briefing avec ces derniers de retour du terrain, la mission a noté un bon déroulement du scrutin en général avec l’observation des règles indiquées. La mission note également qu’il n’y a eu aucun incident majeur. Selon Kabiné Komara, l’acceptation du débat contradictoire et l’atmosphère cordiale qui ont marqué la campagne électorale et le climat paisible qui a prévalu le jour du scrutin, attestent du sens de responsabilité des acteurs politiques en général et des deux candidats en particulier. « Ils témoignent également de la maturité du peuple béninois, comme de la commune détermination de tous les citoyens à préserver et à amplifier les avancées démocratiques de leur pays », a ajouté le chef de la mission d’observation de la Cédeao. Par ailleurs, la mission a salué « les efforts déployés par les autorités gouvernementales béninoises, les responsables des organes de gestion des élections, les Organisations de la Société civile et toutes les parties prenantes pour assurer le bon déroulement des opérations électorales dans un climat pacifique ». Kabiné Komara a précisé que des recommandations seront faites aux autorités béninoises compétentes, en ce qui concerne divers défis, insuffisances et autres lacunes qu’a relevées la mission au cours des deux tours de l’élection présidentielle. La mission s’est également réjouie qu’avant même l’annonce des résultats officiels, Lionel Zinsou ait félicité Patrice Talon. « Cet acte combien louable honore le peuple béninois et à travers lui l’ensemble de la communauté ouest-africaine», a dit Kabiné Komara. ?

Actualités 22 mars 2016


2nd tour de la présidentielle: Un scrutin dans le calme mais sans engouement à Parakou

Dans le calme et la discipline, les citoyens en âge de voter étaient encore aux urnes dimanche 20 mars pour départager les deux candidats qualifiés pour le second tour : Lionel Zinsou et Patrice Talon.

A Parakou, le scrutin s’est déroulé globalement sans incident majeur. Les opérations de vote ont démarré dans l’ensemble à temps. Le retard dans les postes de vote qui n’ont pas commencé à l’heure ne dépasse guère le quart d’heure. A cet effet, observateurs et électeurs rencontrés décernent un satisfecit à la Commission électorale nationale autonome (Céna) et à ses démembrements pour avoir déployé le matériel à temps dans les centres de vote, quoique le matériel ne soit pas au complet dans certains centres de vote. Aussi, les agents de vote paraissent-ils mieux formés et ont moins balbutié dans la conduite de l’opération et le remplissage des feuilles de dépouillement.

Seulement, le taux de participation reste faible par rapport au premier tour de la présidentielle qui a eu lieu le 6 mars dernier. Moins de trois citoyens sur cinq sont effectivement sortis pour accomplir leur devoir civique. C’est le cas à l’EPP OCBN de Parakou où au poste de vote (PV) n°1 du groupe B, sur 426 inscrits, seulement 194 se sont rendus aux urnes y compris les votes par dérogation. Dans ce centre de vote qui compte sept postes, le manque d’affluence est général. Cependant, il y a des centres où la participation est relativement un peu plus élevée, comme à l’EPP Camp Adagbè où au PV n°3, sur 479 inscrits, 314 ont effectivement voté. Dans la mi-journée, des chefs de quartiers, des sages et notables ont dû faire appel à des crieurs publics et passer dans certaines maisons pour faire sortir les électeurs qui se laissaient désirer dans les centres de vote clairsemés.
Le manque d’engouement à ce second tour de l’élection présidentielle serait dû au fait que la journée d’hier, une journée consacrée à la fête des rameaux, chère aux chrétiens. Aussi, certains électeurs sont-ils découragés parce que leur candidat préféré ne s’est pas retrouvé au second tour et ils ne seraient intéressés outre mesure par l’affiche du second tour entre Patrice Talon et Lionel Zinsou-Derlin. De sources concordantes, d’autres auraient vendu leurs cartes d’électeur alors que d’autres encore disent ne pas percevoir l’enjeu de l’élection de celui qui prendra les destinées du Bénin pendant les cinq prochaines années. ?

Couacs du 2nd tour

Le second tour de l’élection présidentielle a été émaillé d’irrégularités à Parakou et environs. L’électeur Apollinaire Alagbé porteur de la carte n°10225317 s’est présenté au poste de vote du CEG Titirou où il dit avoir voté au premier tour, le 6 mars dernier, mais comme par enchantement, son nom a disparu de la liste d’émargement deux semaines après. L’homme a été simplement éconduit par le président du poste de vote, non sans manifester sa désapprobation et en vain. D’autres cas ont été signalés dans la ville. Toujours à Titirou, un homme tentait de photographier son vote mais surpris, il a été rappelé rapidement à l’ordre par la présidente du poste de vote qui a ordonné le dépôt des téléphones et smartphones avant l’accès à l’isoloir.
Au nombre des fausses notes, un garçon qui n’a pas l’âge de voter a été démasqué à l’Ecole maternelle de Ladjifarani où il était muni de la carte d’autrui. Avant que les forces de sécurité alertées ne s’occupent de lui, le jeune homme a pris la clé des champs abandonnant la pièce présentée. Un monsieur s’est présenté par la suite pour la retirer et le président du poste de vote s’est opposé et cela a créé un remue-ménage. Il y a eu également une mésintelligence à l’EPP Orou Tokorou où un représentant de la majorité présidentielle a voulu exprimer son suffrage, alors qu’il n’avait pas sa carte d’électeur. Il n’est muni que d’un ordre de mission et de sa carte d’identité nationale. Comme lui, beaucoup sont éconduits pour avoir mal compris la décision de la Céna de faire voter les nouveaux majeurs qui n’ont pas pu retirer leurs cartes d’électeur, avec leurs cartes d’identité nationale. Mais d’abord, faudrait-il que ces nouveaux majeurs soient effectivement inscrits sur la liste électorale et sur la liste d’émargement.
A l’EPP Baka, un militaire s’est pointé dans le centre de vote avec son arme au poing ; ce qui a fait peur à nombre de citoyens venus voter. Il a quitté les lieux plus tard.
Autre raté, le matériel n’était au complet dans plusieurs centres de vote, surtout à Tchaourou où certains agents ont déploré l’absence du coton, de liste électorale, de calculatrice, de procès-verbal, de cahier d’observations.

Gbadamassi menace de saisir la justice

Alerté, le député Rachidi Gbadamassi a fait remarquer que certains bulletins de vote portaient par endroits à Parakou des signes distinctifs et il n’a pas manqué de tempêter. « Nos amis d’en face veulent le pouvoir à tout prix. On ne peut pas comprendre que sur le candidat Lionel Zinsou, il y a des signes visibles, en violation flagrante du Code électoral », indique le soutien du candidat Patrice Talon. Il a menacé de faire appel à un huissier et espère que « les milliers de bulletins pré-cachetés sur le candidat Lionel Zinsou soient simplement annulés ». « Pour tous les bulletins pré-estampillés, nous allons utiliser toutes les voies de recours pour qu’on les annule sur toute l’étendue du territoire national », insiste-t-il.
Rachidi Gbadamassi a saisi l’occasion pour fustiger le fait que des autorités aient fait campagne la veille du scrutin en organisant des meetings et distribué de l’argent, en donnant des consignes de vote et en injuriant même un des candidats. « C’est avec regret que j’ai constaté qu’après la fin de la campagne électorale, certaines autorités au plus haut niveau ont continué à violer violemment le Code électoral en faisant des meetings hors-délai », fustige le député. « Nul n’est au-dessus de la loi, fut-il président de la République, ministre ou député...Et c’est parce qu’on ne respecte pas la loi, qu’il y a les guerres délibérées », relève Rachidi Gbadamassi. ?

Liesse dans des rues de Parakou

D’Okédama à Dokparou en passant par Gah, Dépôt, Wansirou, certains électeurs ont manifesté leur joie dimanche 20 mars dans les rues de Parakou en chantant : « Oyé Talon ! Talon président ! Vive la Rupture ! C’est le Nouveau départ ! etc. » A l’affichage des premiers résultats provisoires issus des urnes, le porte-flambeau de la coalition de la Rupture vient largement en tête dans la majorité des postes de vote de Parakou. Ses partisans ont jubilé pour ce qu’ils appellent « le K.O. , le requiem du Changement, la fin de la Refondation ». Outre les klaxons et les cris assourdissants, certains se laissaient aller à des acrobaties sur les motos tout en criant à tue-tête une prétendue victoire. « On a pris ABT, ça n’a pas marché. Avec Talon maintenant, c’est un vrai K.O. Maintenant, le chômage va diminuer », exulte Soulé Abdoulaye, un trentenaire rencontré à l’EPP Camp Adagbè. Dans tous les trois postes de vote de ce centre, Patrice Talon vient en tête respectivement avec 187 contre 89 ; 197 contre 81 et 191 contre 114 pour Lionel Zinsou. Plus loin, au quartier Alaga dans le premier arrondissement, les chiffres provisoires en disent long sur le raz-de-marée. Dans les quartiers parcourus dimanche 20 mars au terme du dépouillement, le candidat Patrice Talon vient, de façon provisoire, largement en tête, en dehors des quartiers tels que Gah, Madina. Là encore, les écarts de voix entre les deux challengers sont assez minces. ?
Par Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Actualités 21 mars 2016


Impressions après le vote de quelques personnalités à Porto-Novo

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji et deux des 31 candidats malheureux candidats lors du premier tour du scrutin présidentiel en l’occurrence, Richard Sènou et Simon-Pierre Adovèlandé, ont voté dimanche 20 mars à Porto-Novo, pour le compte du second tour de l’élection présidentielle. A l’issue de leurs votes, ces personnalités ont chacune livré leurs impressions.

Me Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale

«Je souhaite que le vaincu soit un bon perdant comme je l’ai été»

«Je me réjouis d’abord que tout se passe dans le calme et la paix, en tout cas pour ce qui est de ce centre de vote, et selon les informations qui me parviennent pour ce qui est de la ville de Porto-Novo. J’espère qu’il en sera de même dans tout le Bénin, parce qu’organiser des élections dans la paix constitue pour le Bénin un devoir, d’abord vis-à-vis de nous-mêmes et ensuite de la communauté internationale. Je vais souhaiter que les résultats qui vont sortir des urnes soient des résultats non contestables et que le meilleur gagne. Mon message à l’endroit du vaincu est qu’il soit un bon perdant comme je l’ai été moi-même».

Simon-Pierre Adovèlandé, candidat malheureux au premier tour du scrutin

«C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le Bénin»

«C’est un sentiment de fierté qui m’anime. Fierté d’avoir accompli mon devoir civique et fierté également pour mon pays, parce que nous sommes dans l’alternance. Ce qui n’est pas fréquent en Afrique. Je suis donc fier d’être Béninois. C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour notre pays. Cette page est porteuse de nouvelles idées et de nouvelles autorités. Nous aurons au terme du vote, un nouveau président de la République. Cela marque également une opportunité de développement et de faire le point de ce qui a été fait ces dix dernières années. C'est-à-dire, de voir comment bâtir de nouvelles choses sur ce qui a été fait, voir là où nous avons failli et là où nous devons faire mieux. C’est une nouvelle saison qui commence. En tant qu’économiste, je pense que nous avons une bonne opportunité pour nous donner le cadre nécessaire afin d’amorcer véritablement le développement.
A l’endroit du vainqueur qui sera élu à partir des résultats définitifs du scrutin, il faut qu’il ne se considère pas comme étant le président de la République d’un groupe, mais le chef de l’Etat de tous les Béninois. Il y a qu’un seul fauteuil. On ne peut pas mettre deux fauteuils pour une personne. Il faut qu’il comprenne qu’un fauteuil est fait pour être occupé par une seule personne. Je souhaite au vaincu de faire tout ce qu’il peut faire, pour accompagner le vainqueur. Car on n’a pas besoin forcément d’être président de la République avant d’apporter sa contribution pour le décollage de son pays. Nous devrons faire la part des choses entre les postes politiques et les postes techniques. Il faut que ce qui est technique aille aux techniques et que ce qui est politique aux politiques. Je prie du fond de mon cœur que le vainqueur et le vaincu sachent que le dénominateur commun, c’est le développement du Bénin ». ?

Propos recueillis par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

Actualités 21 mars 2016


Scrutin du dimanche 20 mars: Impressions de quelques personnalités

Jean-Baptiste Elias, président du Fonac

« Nous avons sillonné les bureaux de vote à Cotonou, Allada, Abomey-Calavi et poursuivrons notre randonnée dans d’autres bureaux de vote. Le premier constat que nous avons fait, c’est qu’il y a le calme partout. C’est déjà un signe important et intéressant. Le second constat est qu’à cette heure-ci (environ 13heures), les populations ne sont pas sorties aussi nombreuses qu’au premier tour.

Tout semble bien se passer partout où nous sommes passés, sauf qu’il y a quelques problèmes par rapport à certaines cartes d’électeur où les cachets d’identification ne sont pas toujours à la disposition des postes de vote. Nous avons reçu des informations alarmantes de l’intérieur du pays pour lesquelles nous avons demandé des vérifications à nos observateurs. Il y a eu des situations où des personnes votent avec des cartes qui ne sont pas les leurs. D’autres personnes ont été surprises avec plusieurs cartes de vote. Il y a également des personnes postées aux alentours des postes de vote, distribuant des billets de banque aux électeurs. L’argent circule beaucoup dans ce vote. Cela pose énormément de problèmes. Nous nous interrogeons sur la source de ces billets. Malheureusement, nous avons constaté que les huissiers de justice ne sont pas présents partout à l’intérieur du pays. De ce fait, le constat d’huissier sera difficile à faire. A Matéri, par exemple, où il y a eu des problèmes, nous n’avons pas trouvé d’huissiers. Ils seraient à Natitingou et à Djougou. Vous imaginez les contraintes que cela pose, s’il faut les déplacer de ces villes pour aller régler des problèmes à Matéri. Le temps d’arrivée, ce serait difficile. La Gendarmerie et la Police semblent être aussi dans des conditions difficiles pour faire ces constats. Les populations s’impatientent et nous les avons appelées au calme et à la sérénité. Que ceux qui donnent des consignes favorisant les bourrages d’urnes puissent cesser, parce qu’ils ne rendent pas service aux populations. Le problème semble se poser avec des personnes qui développent les mêmes stratégies. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, des fraudes peuvent s’orchestrer ».


Lionel Zinsou, candidat

« Je viens de voter en ce jour historique pour le Bénin. J’ai accompli mon devoir citoyen avec beaucoup de sérénité et de confiance. J’exhorte tous nos compatriotes à sortir massivement pour accomplir leur devoir civique. De grands espoirs se sont soulevés dans notre pays. Il faut que nous puissions satisfaire ces espoirs. Cela passe donc par un vote massif en faveur de la démocratie béninoise. C’est un jour rempli d’émotions pour moi parce que ma grand-mère est née un dimanche des Rameaux à Cotonou. Je suis content comme son petit-fils, d’avoir accompli mon devoir civique. Je félicite tous les militants des candidats qui ont livré une campagne exemplaire. Cela reste un modèle pour l’Afrique. Je souhaite que ce jour du scrutin traduise la même sérénité qui a règné pendant la campagne électorale et que pour le reste, tout puisse se passe sans tension. Je souhaite que les jours qui suivront le scrutin et qui auront désigné le président de tous les Béninois, soient aussi empreints de paix. La paix, c’est ce qui nous rassemble tous et nous devons tous la préserver ».

Sébastien Ajavon, candidat au 1er tour, membre de la coalition de rupture

« Je viens d’accomplir mon devoir citoyen. Que l’Esprit Saint veille sur le Bénin pour que cette élection présidentielle se passe dans la paix et la sérénité. Nous déplorons beaucoup de cas de fraudes, de malversations au plus haut niveau. Mais nous devons rester calmes. Le peuple tranchera et le Bénin vaincra. Si le candidat Patrice Talon est élu président, je travaillerai avec lui. Il n’y a même pas de débat autour de la question, parce que nous devons apporter notre pierre à l’édifice de la Nation. Il y a beaucoup de similitudes entre mon programme de société et le sien. Nous ferons donc le chemin ensemble. Que Dieu nous prête vie et vous verrez dans quelques temps, le changement positif dans le pays ».

Koubourath Osséni, grande chancelière de l’Ordre national du Bénin

« J'ai vu que tout se passe bien, les gens sont joyeux. Que le Seigneur ait sa main sur le Bénin. Depuis 25 ans qu’on vote, pourquoi veut-on que ça se passe mal ? Le Togo n’a pas de place ; le Nigeria non plus. Prions le Seigneur afin que tout se déroule bien. Aidons-nous pour que le Bénin ne se casse pas ».

Robert Dossou, ancien président de la Cour constitutionnelle
L’ancien président de la Cour constitutionnelle, opinant, a salué la Céna et tous ceux qui ont participé à l’organisation du 2e tour du scrutin. « Mes impressions sont bonnes », a déclaré Me Robert Dossou en saluant également la plate-forme des Organisations de la Société civile. Il pense aussi que les appels à la paix constituent une bonne partition. En cela, il félicite le Centre Afrika Obota et toutes les autres institutions qui se battent pour la préservation de la paix.
« Etre adversaires au plan politique n’est pas être ennemis ; notre peuple est à l’apprentissage et il y a beaucoup de leçons positives à tirer et des corrections à faire », a retenu l’ancien président de la Cour constitutionnelle qui pense que le Bénin est un peuple qui aime les raccourcis.
Pour Robert Dossou, la grande majorité des Béninois ne veut plus des pratiques du passé. « J’espère que nous n’en viendrons pas là », enchaine-t-il, appelant les observateurs et les délégués de la Cour constitutionnelle à rassembler les preuves pour les indélicatesses éventuelles en cas de recours.
Il a donc invité les supporters et autres sympathisants des candidats à être raisonnables car, espère-t-il, la victoire coûte que coûte n’amènera pas là.
Par ailleurs, il pense que l’achat des consciences décrié et proscrit doit être banni.

Propos recueillis par Didier Pascal DOGUE et Maryse Assogbadjo

Actualités 21 mars 2016


Théodore Holo, président de la Cour constitutionnelle: S’assurer que tout se déroule conformément aux exigences de la loi

Dans sa mission de s’assurer de la régularité de l’élection, le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a parcouru quelques postes de vote. Rencontré au Ceg Océan, il a bien voulu se prêter à quelques questions.

La Nation : Qu’est-ce qui explique votre présence au Ceg Océan ?

Théodore Holo : « La Cour constitutionnelle doit veiller à la régularité des élections. Nous avons déployé nos délégués dans les différents postes de vote. Ma visite au Ceg Océan vise à m’assurer que ces délégués sont présents et que le processus se déroule conformément aux exigences de la loi. Ce que j’ai pu observer, me rassure sur le respect des exigences du Code électoral. J’ai constaté que le scrutin se déroule dans la discipline, la sérénité et dans un climat apaisé. Mon souhait est qu’il en soit ainsi dans les différents postes de vote sur toute l’étendue du territoire national puisqu’il s’agit de choisir en toute liberté, celui qui aura la charge pendant cinq ans, d’incarner le destin de notre pays. Il faut qu’il soit réellement l’expression de la volonté populaire. Voilà pourquoi, nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de tripatouillage dans le processus de désignation du prochain président de la République afin que ce dernier puisse bénéficier de la légitimité utile pour accomplir sa mission. Pour ce que j’ai pu observer, tout se passe bien.

Si tout se passe bien au second tour, la Cour constitutionnelle pourrait-elle proclamer les résultats au cours de cette semaine?

La Cour constitutionnelle ne donne pas les résultats sur la base des informations recueillies çà et là. Elle doit procéder à la vérification des plis électoraux des différents postes de vote. Et naturellement, cela prend du temps. N’oubliez pas que nous avons à peu près, quatre millions sept cent mille électeurs. Il est vrai qu’il y aura des abstentions. Mais tous les bulletins et feuilles de dépouillement doivent être vérifiés un à un. Et ce n’est qu’après cela, que nous procédons à la vérification des données mentionnées sur les feuilles de dépouillement pour voir si elles sont conformes aux exigences du Code électoral. C’est après que ceci est envoyé au service informatique qui se chargera de la saisie et de la sommation. C’est de ce travail que sortiront les résultats définitifs. S’il suffisait seulement de nous fonder sur la compilation des chiffres issus des bureaux de vote, les résultats pouvaient être donnés dans les heures qui suivent la fermeture des bureaux de vote. Mais ces résultats traduiront-ils réellement l’expression du suffrage de nos compatriotes ? Nous devons nous en assurer par ce travail de vérification et c’est cela qui prend du temps. La tradition depuis le renouveau démocratique est que les résultats sont proclamés une semaine après le scrutin. Par conséquent, cette règle sera également respectée pour cette élection pour éviter la précipitation, pour éviter que nous travaillions sans tenir compte de tous les éléments des différents dossiers qui nous seront affectés. Quand on nous envoie les bulletins nuls, nous devons nous assurer qu’ils le sont effectivement. Le travail à faire concerne également les feuilles de dépouillement des compatriotes de la diaspora. ?

Actualités 21 mars 2016


Vote du candidat Patrice Talon: Dans l’enthousiasme et la satisfaction

Le candidat Patrice Talon a voté dimanche 20 mars dans l’enceinte de l’EPP Charles Guillot de Cotonou au poste de vote 2 de Zongo Ehuzu, un peu avant midi. Son arrivée sur les lieux a draîné un monde impressionnant scandant des slogans en son honneur.

Très forte mobilisation, dimanche 20 mars, autour du candidat au second tour de l’élection présidentielle, Patrice Talon. Il sonnait environ 11h 50 mn lorsqu’une sirène retentit. Ovations nourries et vivats débordants ont marqué l’assistance. Les regards de curieux étaient portés sur la voie pavée qui menait vers l’Ecole primaire publique de Charles Guillot à Zongo.

En effet, c’est au même endroit que le candidat avait voté lors du premier tour de l’élection présidentielle qu’il s’est dirigé. Un peu plus tôt, c’est l’entrée de Candide Azannaï et des autres lieutenants du candidat dans le centre de vote qui a confirmé l’imminence de son arrivée. Quelques minutes plus tard donc, il fit son irruption sur les lieux, bien entouré par des gardes, avant de se diriger vers le poste de vote pour accomplir son devoir civique. Après avoir fini de voter, il a accepté de confier ses impressions à la presse.
« J’éprouve un sentiment de grande satisfaction et de fierté. J’invite tous mes compatriotes à sortir pour accomplir cet acte qui nous honore tous. C’est formidable. C’est un plaisir. Je profite pour féliciter la Céna et la Cour constitutionnelle pour la qualité de l’organisation ».?

Actualités 21 mars 2016


Second tour de l'élection présidentielle: Patrice Talon : le retour en grâce d’un banni

Accusé de tous les péchés d’Israël après avoir fait la pluie et le beau temps dans l’univers du coton, Patrice Talon renoue avec la réussite qui naguère faisait de lui l’un des plus puissants hommes d’affaires du pays. La politique qu’il n’a côtoyée que pour favoriser l’ascension de ses acteurs semble aujourd’hui lui ouvrir grandement les bras.

La présence du public venu en masse ce 23 février au stade municipal de Natitingou tient plus d’un désir de satisfaire une curiosité qu’à tout. En dépit de la longue attente l’envie de voir l’homme dont les ennuis avec le pouvoir de Boni Yayi ont défrayé la chronique, ne s’est point altérée. Taille moyenne, cet homme de 58 ans à la barbichette grise peu fournie, en pleine campagne électorale attise les passions. Le public s’est tôt laissé charmer par la verve et la lucidité de celui qu’on lui a toujours présenté comme un prédateur de l’économie nationale. Eloquent, élégant et stylé dans sa posture, l’ancien banni de la République en rajoute une couche à ses atouts en se fendant de compliments pour reconnaître à ce public tout le soutien qu’il lui a porté au cours de son exil et toutes les prières faites à son endroit pour son retour au bercail. Avec un brin d’émotion contenue par son assurance et son aisance à communiquer et un sens d’anticipation sans pareil. Quelque peu bluffés par le candidat en course pour la présidentielle, bon nombre d’entre eux s’en iront chez eux, convaincus par ses atouts maîtres.

Candidat de la Rupture, Patrice Talon s’estime capable de changer le visage de son pays devenu à ses yeux «une terre de misère pour ses propres fils».
«Mon pays va mal sur tous les plans», admet-il. Egrenant un chapelet de maux tels que le chômage des jeunes, la mal gouvernance, la corruption, la politisation à outrance de l’administration…Un tableau sombre qu’il entend redorer avec sa capacité à s’entourer de compétences et à s’offrir toutes sortes d’expertises. Il se reconnaît un talent. Celui de traquer des valeurs pour réussir dans ses entreprises. «Quand la maison brûle il n’y a pas que le pompier pour aider à éteindre le feu», défend-il pour montrer combien il mesure les défis à relever à la tête de son pays. Face à la déchéance morale et aux impairs de la politique politicienne, il pense être la solution pour redresser la barre. Pour lui rien ne vaudra des réformes structurelles pour remettre les pendules à l’heure. Puisant dans son expérience personnelle, il estime que l’on peut vaincre la fatalité. Son success-story en est un témoignage.
Aspirant à une carrière dans l’aéronautique, le golden boy se reconvertira dans le commerce après des tests non concluants. Parti de rien, ses activités font florès et l’installent au premier rang des fournisseurs d’intrants agricoles de l’Etat. «Je ne suis pas un banquier mais tout son contraire. Si le banquier sait garder l’argent, moi je sais comment le chercher. Aucun banquier ne me résiste», lâche-t-il pour montrer comment il compte à travers son esprit entreprenant et son goût prononcé pour les affaires impulser le développement au Bénin.
Avec une équipe de dirigeants bien inspirés et compétents il clame avec une effarante modestie sa capacité à mettre en œuvre avec succès un programme de relance de l’économie nationale dans un environnement apaisé de démocratie et de liberté.

Solo d’un golden boy

Favori du second tour de la présidentielle, le 20 mars prochain, fort du ralliement des candidats membres de la Coalition de la Rupture dont Sébastien Germain Ajavon, Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané, Patrice Talon joue la carte de l’unité pour tourner la page du régime du président Thomas Boni Yayi dont il a soutenu l’avènement en 2006 et le maintien en 2011. Convaincu à l’instar de nombre de ses électeurs que le dauphin du chef de l’Etat ne saurait se démarquer de la tutelle de son mentor pour des réformes conséquentes pour un renouveau du pays, le candidat oppose à ses détracteurs sa bonne foi et sa mue, marqué par les tourments de l’exil et la situation dégradante des conditions de vie de ses concitoyens. Pris individuellement, les Béninois sont remplis de talents et de dynamisme mais sont malheureusement englués dans des travers qui ne facilitent guère leur éclosion et épanouissement, juge-t-il avec cet esprit de compétiteur qu’il prône.
Première fortune du Bénin, lui qui se dit un privilégié pour s’être fait dans le monde des affaires, le coton notamment (400 millions de dollars soit 2000 milliards de francs CFA selon un classement Forbes), a surpris nombre d’observateurs de la vie politique du pays en arrivant deuxième derrière Lionel Zinsou, candidat de l’Alliance dite républicaine composée des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), du Parti du Renouveau démocratique (Prd) et de la Renaissance du Bénin (RB). Entouré au départ d’un cercle restreint d’amis, d’employés de ses sociétés qui en comptent 7000 et d’une poignée d’acteurs politiques, il s’est appuyé sur un réseau très achalandé de producteurs de coton et d’acteurs du monde rural pour s’ancrer dans le cœur des populations. L’un de ces politiciens confiera d’ailleurs que «soutenir Patrice Talon c’est trahir Boni Yayi». Seul contre tous au moment où Sébastien Germain Ajavon et son désormais challenger au second tour recrutaient du monde à leur cause, il s’investissait dans les contacts de proximité. Une stratégie qui fait mouche dans de grandes villes du pays telles que Cotonou, Bohicon, Abomey et Calavi. Mieux il doit une fière chandelle à la campagne d’intoxication de ses détracteurs. Au lieu de l’installer dans la gadoue, elle fait remonter sa cote de popularité auprès des électeurs outrés par les attaques et persécutions dont il a fait l’objet dans un passé récent. Le pestiféré devient la coqueluche de tout un peuple habitué à célébrer ces genres de victimes.
Avec l’espoir que le soleil luira de plus belle pour le peuple béninois sous ses hospices Patrice Talon a repris le chemin des hameaux et faubourgs du pays pour convaincre les 75% de Béninois encore indécis quant à porter leurs suffrages sur lui pour le nouveau départ qu’il indique à travers son projet de société.?

Actualités 18 mars 2016


Second tour de l'élection présidentielle: Lionel Zinsou : A la quête de ce crédit qui rassure

Il pouvait se targuer d’être mieux loti que ses pairs à l’entame de la campagne présidentielle avec l’alignement à ses côtés de trois grandes forces politiques du pays. Economiste de son Etat, Lionel Zinsou devra s’assurer ce crédit qui rassure l’opinion publique plus que le legs d’un régime qui est loin d’être irréprochable.

L’homme qui nourrit l’espoir d’un Bénin gagnant à son avènement au pouvoir se veut être le nouveau venu dont le passé n’est entaché d’aucune indélicatesse. Un crédit que réfutent d’aucuns en tenant pour fait que ce métis à la silhouette longiligne originaire de Doïssa dans la commune de Savalou n’a eu pour fière chandelle que son désintérêt entretemps de la gestion des affaires de sa cité mère. Pour eux, aucun Béninois ne peut se prévaloir d’une virginité en occupant un poste au plus haut sommet de l’Etat. Lionel Zinsou arrivé au gouvernement en juin 2015 avait tout à prouver dans son pays quoiqu’affichant un profil des plus flatteurs au regard des postes qu’il a occupés dans l’Hexagone.

Beaucoup espéraient qu’en neuf mois il apporterait un substantiel souffle à l’économie nationale. Son parcours que ses proches disent qu'il s’est construit en France et sa réputation outre-Manche en fait l’une des cinquante personnalités les plus influentes d’Afrique. L’ancien cadre du groupe Danone et associé-gérant au sein de la banque d’affaires Rothschild devenu par la suite patron du plus important fonds d’investissement français s’est lancé dans la course pour la présidentielle suite à sa désignation par les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) comme candidat unique de l’alliance à cette échéance électorale. Première force politique du pays, cette désignation devrait être un atout certain pour le Premier ministre d’autant plus que d’autres formations politiques et pas des moindres ont été convaincues de ses capacités à prendre les destinées du pays.
L’assurance à peine cachée, Lionel Zinsou espérait une victoire au premier tour de la présidentielle, dopé par les promesses d’une alliance forte des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), le Parti du renouveau démocratique (Prd) et la Renaissance du Bénin (RB). Ce qui devrait se formaliser dans les urnes s’est révélé une chimère. Un second tour devant départager inéluctablement les deux challengers arrivés en tête de ce premier round. Et dans ce scénario, loin de la sérénité de la Coalition de la Rupture portant le candidat Patrice Talon, le Premier ministre croit dur en ses chances de l’emporter, arguant que le report de voix de la majorité des candidats sur son adversaire n’influencerait pas si tant le scrutin. Chantre de l’afro-optimisme, l’hypothèse vaut son pesant d’or et seuls les électeurs pourraient arbitrer le duel du dimanche 20 mars prochain.

La réalité du terrain

Lionel Zinsou entend, à travers son projet de société, écrire une nouvelle page de la vie de son pays. Faire en sorte que le Bénin entre dans une nouvelle ère de gouvernance où l’administration est davantage au service des populations et évolue au rythme des entreprises.
«L’administration ne doit plus constituer un boulet au pied des entreprises, mais plutôt le facilitateur de la vie de ces entreprises», note-t-on dans les lignes de cette vision qui se veut prospective et orientée vers la croissance. Une ère où la corruption et le népotisme n’auront aucune place. «La corruption est un délit, une atteinte à la démocratie et un obstacle majeur au développement du Bénin. Il faudra dans la perspective de la lutte contre la corruption accélérer la numérisation de l’administration», croit-il.
Des idées auxquelles se seront opposées entretemps diverses forces de la vie sociopolitique du pays. Dans un contexte où le régime du président Boni Yayi connaît sa fin, beaucoup d’acteurs de la vie politique béninoise voient en cette candidature un troisième mandat du chef de l’Etat et considère sa désignation comme un parachutage. Lui qui n’aura fait que six mois dans le gouvernement en son temps fait ainsi l’objet de critiques. Face aux vaines promesses de la table ronde de Paris, rencontre dont il aurait été la cheville ouvrière et à son flirt avec le milieu des affaires et politique français, nombre de ses contradicteurs évoquent le retour de la Françafrique considérée comme le mal français dont le soubassement est la défense des intérêts de la France au détriment de ceux de ses anciennes colonies. La pilule est amère et effleure l’image du Premier ministre qui devra batailler dur pour conquérir le cœur des populations, fragilisé qu’il était déjà par les départs de nombreuses figures de proue des Forces cauris pour un Bénin émergent parties explorer d’autres horizons à la suite de sa désignation et frustrées qu’elles étaient des conditions dans lesquelles s’est opéré son choix.
Pour ce second tour, Lionel Zinsou devra s’assurer ce crédit qui rassure l’opinion publique plus que le legs d’un régime qui n’est point irréprochable.
Face à un électorat qui est loin d’être acquis derechef à la cause du président de la République parce que le sachant au crépuscule de son mandat, l’homme devra en ajouter davantage aux atouts que constituent les trois alliances qui le soutiennent vu le score que ces dernières ont fait dans leurs fiefs respectifs. Le pouvoir de Boni Yayi s’acheminant mal an bon an vers sa fin et face à la volonté de certains de voir s’opérer une alternance au sommet de l’Etat, la tâche s’annonce herculéenne pour le Premier ministre.
Rien n’est gagné d’avance pour le candidat de l’Alliance dite républicaine surtout que le K.O tant annoncé a fait chou blanc et que le ralliement de la majorité des candidats engagés dans la course à la Coalition de la Rupture portant son adversaire n'augure pour lui, rien de rassurant. ?

Actualités 18 mars 2016


Face à face Lionel Zinsou-Patrice Talon: Deux visions antagoniques sur le secteur de l’éducation

Attendues comme l’un des sujets majeurs du débat entre les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle prévu pour le dimanche 20 mars prochain, les questions touchants à la jeunesse et à l’éducation se sont révélés les parents pauvres des cent vingt minutes d’échange. Mais ce n’est pas pour autant que les deux candidats ont manqué de faire part de leurs ambitions pour ces secteurs.

Deux candidats, deux visions antagoniques du secteur de l’éducation et de la formation. C’est le moins qu’on puisse retenir au terme du débat entre les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle. Patrice Talon veut asseoir sa gouvernance en matière d’éducation sur le Conseil national de l’Education(Cne) car «nous avons été jadis quartier latin de l’Afrique mais il est malheureux de constater que la qualité de l’enseignement se dégrade». La principale cause selon lui, et cela est valable pour les trois ordres d’enseignement (primaire, secondaire, supérieur), c’est bien évidemment la politisation à outrance. Un mal essentiel, dit-il, qu’il compte résoudre en attribuant de nouvelles prérogatives à cette institution déjà existante mais peu opérationnelle. S’il était élu président de la République, Patrice Talon en fera le siège de l’éducation nationale. Ses membres seront élus parmi d’éminentes personnalités des trois ordres d’enseignement et veilleront à la qualité de chaque ordre d’enseignement en s'attelant aussi bien à la qualité de la formation qu’à la compétence des enseignants. L’autre maillon essentiel sur lequel se fera la réforme du système éducatif selon lui, c’est d’affecter désormais la mutation des enseignants au Cne afin d’en finir avec les affectations punitives. Ce faisant, «Nous aurons réglé une bonne partie des problèmes», pense le candidat de la Rupture qui estime qu’il faudra aussi une orientation budgétaire.

A l’opposé, Lionel Zinsou mise fortement sur les Technologies de l’information et de la communication. «Nous avons un problème que nous pouvons régler à travers les nouvelles technologies à condition que les écoles soient équipées», martèle le candidat. Avec Lionel Zinsou président, on assistera à une modernisation au plan technique et qualitatif du secteur éducatif. C’est l’essentiel à faire, pense-t-il, puisque le pays est déjà doté de nombreuses expériences à ce propos. Il leur faut selon lui des «cartables numériques pour un prix faible». Mais il n’exclut pas qu’il faille au-delà de la modernisation, «Améliorer et moderniser les conditions» afin «d’augmenter le nombre d’enfants intelligents du Bénin». ?

Actualités 18 mars 2016


Face à face Lionel Zinsou-Patrice Talon: Les positions des deux candidats sur les réformes institutionnelles

Prévu dans le cadre du second tour de l’élection présidentielle de dimanche prochain, le face à face entre les deux candidats qualifiés Lionel Zinsou et Patrice Talon a eu lieu jeudi 17 mars sur les antennes de l’Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin (ORTB). Entre autres sujets abordés, les questions relatives à la gouvernance du pays et aux réformes institutionnelles.

«Il faut des réformes profondes dans les domaines de la politique, de l’économie et du social pour un Nouveau départ». C’est par cette affirmation que le candidat de la Rupture Patrice Talon, le premier à qui les journalistes Georges Amlon et Benjamin Agon qui animaient le débat, a planté le décor. Pour lui, le Bénin va mal. D’où faut-il redonner confiance aux Béninois et améliorer leur bien-être et opérer des réformes. De son côté, le candidat de l’alliance dite républicaine Lionel Zinsou estime que le Bénin gagnant qu’il propose aux Béninois, est de construire un pays qui gagne dans tous les secteurs d’activités. Mais avant d’atteindre cet objectif, il faut selon lui une solidarité nationale pour donner aux fils et filles du Bénin une égalité de chance.

Pour Patrice Talon, il y a aujourd’hui, une crise de confiance des Béninois vis-à-vis des institutions de la République. Et pour illustrer cette affirmation, il prend l’exemple de l’angoisse et l’inquiétude des Béninois qui après la proclamation des grandes tendances du premier tour de la présidentielle du 6 mars dernier par la Commission électorale nationale autonome (Cena) attendaient impatiemment les résultats la Cour constitutionnelle. C’est pourquoi, pour le prochain quinquennat, il propose des réformes au niveau de toutes ces institutions de l’Etat afin de redonner confiance aux citoyens béninois. Autrement dit, revoir le mode de désignation des membres de ces institutions de l’Etat, leur fonctionnement et surtout leur indépendance. Patrice Talon estime qu’avec les dérives observées au niveau de l’Exécutif, il va falloir encadrer son pouvoir pour qu’il ne cherche plus à avoir la main mise sur les autres institutions républicaines.
Le candidat Lionel Zinsou pour sa part salue le travail que font ses institutions qu’il faut aujourd’hui respecter. A son avis, il y a lieu de consolider ces institutions et redorer leur image.
Dans le domaine de la Santé, le candidat de l’alliance dite républicaine estime qu’il faut réhabiliter les services du Centre national hospitalier et universitaire, améliorer les conditions de travail du personnel de santé et assurer une meilleure formation des agents de santé. Il faut également selon lui construire des infrastructures sanitaires dans les différentes régions du pays.
Patrice Talon de son côté trouve qu’il y a différentes catégories de Béninois qui reçoivent des soins de santé. La grande masse de ces catégories est composée des artisans et les producteurs qui n’ont aucune couverture sanitaire. Contrairement au niveau des villes où les fonctionnaires ont un minimum qu’il faut pour se soigner, c’est un dénuement total dans les villages et les hameaux. Il faudra selon lui, mettre en place des programmes qui puissent permettre aux plus démunis de se soigner à moindre coût.

Actualités 18 mars 2016


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