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Nouvelles

3e édition du processus de labellisation des Osc: Promouvoir l’excellence dans le paysage associatif béninois
La Maison de la société civile est soucieuse de la performance des Organisations de la société civile (Osc) au Bénin. La troisième édition du du processus de labellisation qui a été lancée, mardi 16 juin dernier, vise à donner les outils aux associations pour relever ce défi. La Maison de la société civile (Msc) œuvre pour la crédibilité et la professionnalisation des associations. La labellisation dont la troisième édition vient d’être lancée encourage l’excellence dans les rangs des Organisations de la société civile (Osc). Le processus permet de créer une saine émulation dans le milieu associatif national. « Le processus de labellisation des Osc vise le renforcement des capacités des acteurs de la société civile et de leurs organisations et à les rendre plus performantes dans une dynamique de formation continue », souligne Lawani Arounou, président du Conseil d’administration de la Msc. Le label qualité regorge d’atouts pour les Osc. « Le label qualité tient compte du renforcement et de la crédibilité de l’association qui reçoit son label. Elle bénéficie d’une reconnaissance et d’une grande visibilité, ainsi que d’un crédit de confiance des partenaires avec qui elle travaille », apprécie Armand Vignon, directeur de la Msc. Le processus est conduit de main de maître par la Maison de la société civile. Toutes les associations qui mènent des activités pertinentes sur le terrain sont accompagnées dans le cadre de ce processus. « La Maison de la société civile a pour mission de renforcer les capacités des associations. En principe, toutes les associations nationales doivent pouvoir bénéficier de son accompagnement afin de se distinguer, notamment celles qui ont un système de gouvernance efficace », précise Lawani Arouna. Le label qualité est fondé sur la charte des Osc, en l’occurrence les exigences de gouvernance interne au sein d’une association, les exigences de l’Etat béninois en ce qui concerne les actes administratifs, les principes d’Istanbul, les orientations de la déclaration de Paris par rapport à l’efficacité de l’aide, les exigences universelles des partenaires techniques pour l’éligibilité des associations aux différents outils de financement, détaille-t-il. Le processus s’articule autour de trois paquets, développe Guy Constant Ehoumi, membre de l’Unité technique de certification. Le premier, indique-t-il, est relatif aux exigences d’existence formelle des associations. Le deuxième paquet s’occupe des exigences de fonctionnement opérationnel et le troisième prend en compte les exigences d’utilité sociale et transversale. La labellisation dure trois ans. « Ce processus est une manière de prouver à tous que la Maison de la société civile a opté pour la démarche qualité afin que les organisations qui l’animent soient des Osc de bonne facture », explique Guy Constant Ehoumi. Société 18 juin 2020


Révélation du Bénin à travers ses collectivités territoriales: Quelques pistes de réformes pour une 4e mandature de résultats !
La quatrième mandature des conseils communaux et municipaux s’ouvre au Bénin dans un contexte des plus favorables; relecture en cours de la Politique Nationale de Décentralisation/Déconcentration (Ponadec) et du cadre juridique de la décentralisation, remise au goût du jour des Plans de Décentralisation/Déconcentration, sans oublier l’Agenda 2030 dont une part importante des Objectifs de Développement Durable (Odd) relève de la compétence des communes. Ce Programme mondial de développement atteint progressivement sa vitesse de croisière et offre des opportunités pour les collectivités locales. A cela s’ajoute la volonté du gouvernement de faire de gros investissements dans le développement local. Pour le moment, des Agences logées à la Présidence de la République et dans certains ministères pilotent ces Programmes dans le champ de compétence des communes, unique niveau de décentralisation au Bénin. Dans ce contexte d’opportunités, il est important de faire des réformes structurelles au niveau des collectivités territoriales afin de les rendre plus efficaces dans leurs deux principaux enjeux que sont le développement et la démocratie dans nos territoires. Révision du cadre institutionnel communal Elle permet de donner des missions claires aux deux principaux organes de la commune. Le maire est l’une des rares autorités publiques à cumuler les fonctions de Président Directeur Général, présidant l’organe délibérant et dirigeant l’organe exécutif. Dans certains pays africains, des réformes structurelles ont permis de séparer la direction de l’organe délibérant d’avec celle de l’organe exécutif. Des fonctions purement techniques ont également été soustraites des attributions du maire. Aujourd’hui, le secteur public tend à se réorganiser à la manière des entreprises en adoptant le mode de gestion par des Agences. L’institution communale doit également s’en inspirer. Des réflexions menées par des anciens dont certains ont eu à assumer des responsabilités gouvernementales, il ressort que les pressions et les tentatives de destitution des maires tirent souvent leurs origines de leur fonction d’ordonnateur du budget et de gestionnaire des marchés publics. Ils avaient préconisé que le maire soit officiellement déchargé de ces attributions. Ce qui constitue également une piste de réforme des organes communaux. 1. Faire du conseil communal ou municipal, le haut lieu de la démocratie locale et du contrôle de la gestion du maire. En plus d’être conforté dans sa mission d’organe délibérant, le conseil communal ou municipal doit être le haut lieu de la démocratie locale. Pour cela, dans un contexte d’innovation, il doit être présidé par un autre conseiller que le maire. Le conseil communal ou municipal aura également pour mission, la mise en place des mécanismes permettant : - l’implication des citoyens dans les prises de décisions au niveau de la commune et de ses organes infra communaux ; - le suivi par les citoyens de la mise en œuvre des décisions et politiques publiques à tous les niveaux dans la commune ; - la reddition des comptes aux populations dans des formes variées et améliorées. Les sessions du conseil communal ou municipal, surtout celles ordinaires et budgétaires doivent être participatives et précédées de séances de débats dans les arrondissements, les quartiers de ville et les villages autour de l’ordre du jour et des préoccupations citoyennes. Périodiquement, des séances de reddition de comptes et de consultation des citoyens doivent permettre aux populations de se prononcer sur les grands sujets de l’heure. De même, ces séances donneront lieu à un compte rendu exhaustif des dépenses et des activités de la commune. Sur cette base, la gestion de la commune sera transparente. Le second défi de la démocratie locale est d’initier les populations à faire des débats sains sur les grands enjeux de développement local, les valeurs républicaines pour l’édification d’une citoyenneté responsable. Les conseillers communaux et municipaux doivent périodiquement transmettre aux citoyens des informations et recueillir leurs attentes. 2. Faire de l’organe exécutif de la commune une Entreprise de développement local. Le fonctionnement du maire, organe exécutif de la commune doit être dynamisé afin de rendre l’administration locale très compétitive. Le maire et ses adjoints doivent s’entourer d’un cabinet et surtout d’une équipe technique avec des branches opérationnelles dans les domaines de : - la promotion de l’économie locale et de la mobilisation des ressources y compris la saisine des opportunités de financement sur le plan national et international pour une réelle croissance économique locale ; - la gestion des services sociaux de base ; - la fourniture des services administratifs ; et - deux (02) pôles densifiés pour : - la gestion des Finances. La quête de la bonne gouvernance et de la qualité de la dépense publique communale ou municipale suppose une réforme de ce secteur et des règles de transparence permettant le contrôle citoyen de la gestion locale. Il faudrait donc profiter de la relecture du cadre juridique de la décentralisation pour revoir le pôle de gestion des ressources financières locales ; - la planification et la prospective communales. La planification et la prospective communales sont des domaines négligés au sein des collectivités territoriales. Pour des résultats durables et efficients, il faudrait une planification axée sur des objectifs et des résultats. Au cœur de ce nouveau dispositif exécutif, les dématérialisations et le numérique occuperont des places de choix. Il faudrait donc revoir l’organe exécutif communal et en faire une Entreprise de développement local. Sa mission sera de créer de la richesse locale à travers des partenariats avec l’Etat, le secteur privé, les Ptf pour fournir des services de qualité aux populations. A cet effet, les actions s’appuieront sur une planification locale permettant de faire l’état des lieux et la progression vers l’atteinte d’objectifs fixés pour la couverture des populations et des localités en services essentiels. Dans cette perspective, l’Etat devra mettre en place, un appui au renforcement des capacités des communes en Ressources humaines. Mise en place d’un cadre de dialogue, de travail, de planification et d’évaluation des performances communales entre le gouvernement et les Collectivités territoriales du pays. Compte tenu du partage de rôles et de responsabilités entre l’Etat et les collectivités territoriales en matière de politiques publiques, il est parfois nécessaire de disposer d’un cadre d’échanges et de planification. Dans cette perspective, chaque commune fera l’objet d’une évaluation annuelle de performances et des besoins en services sociaux de base. Cet exercice devra déboucher sur une planification antérieure à la finalisation du projet du budget général de l’Etat, des objectifs communaux à atteindre. L’antériorité de cette planification commune entre l’Etat et les collectivités territoriales au processus budgétaire de l’Etat facilite la prise en compte des préoccupations de part et d’autre. A défaut d’un Haut-Commissariat à la Décentralisation logé à la Présidence de la République (dont les attributions permettront de veiller à la transversalité de la décentralisation et au suivi des planifications et évaluations annuelles), il ne serait pas inutile de disposer d’un cadre où, les ministères et les communes, avec au besoin la société civile et les partenaires techniques et financiers, échangent et projettent l’organisation, la gestion et l’évaluation des services aux populations. Après les travaux des experts, le chef de l’Etat pourra en personne clôturer les sessions et se prononcer sur les engagements budgétaires de l’Etat envers les communes et l’articulation des interventions de l’Etat, étant entendu que les communes sont également des démembrements de l’Etat. Valorisation du principe de subsidiarité à travers le transfert des ressources matérielles, humaines et financières de l’Etat vers les communes et projection à moyen terme d’intercommunalités pour gérer les infrastructures issues des grands projets en cours. La décentralisation sans transfert des compétences et des ressources est une centralisation déguisée, aux antipodes du principe de subsidiarité qui régit la mise en place et la mise en œuvre de la décentralisation. Le principe de subsidiarité met la responsabilité d’une action publique à la charge du niveau d’autorité publique le plus compétent et le plus proche des bénéficiaires. C’est donc, pour l’action publique, la recherche du niveau le plus pertinent, le plus proche et le plus contrôlé par les citoyens. Il conduit à ne pas faire, à un échelon plus élevé, ce qui peut être fait avec plus d’efficacité à un échelon plus bas. En matière de décentralisation, le principe de subsidiarité conduit l’Etat à transférer, déléguer ou partager certaines de ses compétences avec les collectivités territoriales lorsqu’il considère qu’elles sont plus à même de les assumer, compte tenu de leur proximité avec les citoyens. Le transfert des ressources humaines, matérielles et financières de l’État vers les Collectivités locales est une exigence constitutionnelle et légale dans tous les pays qui expérimentent la décentralisation. Au Bénin, la récurrence de la phrase « …A cet effet, l’État lui transfère les ressources nécessaires » dans les lois sur la décentralisation, notamment les lois 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des Communes en République du Bénin et 98-005 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes à statut particulier, qui font corps avec la Constitution, témoigne de la volonté du législateur d’accompagner le transfert des compétences des ressources subséquentes. Depuis 2016, le Bénin peut se réjouir de l’existence d’une volonté politique clairement exprimée de faire des collectivités territoriales les portes d’entrée des politiques de développement, tout en renforçant leurs ressources humaines et financières. Le Plan national de développement (Pnd 2018-2025) et le Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d 2018-2021) ont pris des engagements forts pour la décentralisation. Le Pc2d fixe comme objectif en 2021 que la « part des transferts aux Collectivités territoriales dans le total des dépenses du budget général de l’État soit d’au moins 15 % ». Dans la pratique, les fruits n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs. Dans le Pc2d, on peut lire, au point 179 : « Au plan de la gouvernance financière locale, sur la période 2018-2021, l’accent sera mis sur le développement local, à travers la poursuite des transferts financiers aux communes et la diversification des guichets du Fadec pour faciliter le financement des investissements économiques innovants et structurants par les communes, grâce au Partenariat public-privé ». S’il est vrai que le Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021), n’indique pas clairement des mesures au profit de la décentralisation, il regorge de projets et d’actions orientés vers le développement local. Le défi étant désormais d’œuvrer pour une gestion, à moyen terme, de ces investissements sous maîtrise d’ouvrage communal ou dans le cadre d’un Établissement Public de Coopération Intercommunal (Epci). Dans le cadre d’un Epci, on pourrait envisager des mesures d’ouverture assurant la présence de l’État. Le Livre blanc sur la décentralisation Financière dans l’espace Uemoa, adopté par le Conseil des collectivités territoriales de l’Uemoa, préconise une fourchette de transfert de 20 à 30 % des ressources budgétaires nationales au profit des collectivités territoriales, et ce, à l’horizon 2025. Cette fourchette tient compte des aspirations et revendications constatées dans les différents pays. Au Bénin, l’Ancb a depuis plusieurs années axé son plaidoyer sur le transfert d’au moins 15 % des recettes budgétaires. Ce plaidoyer a été pris en compte par le gouvernement qui en a fait un objectif à atteindre d’ici 2021. A une année d’exercice budgétaire de cette échéance, le Bénin est toujours à environ 4 %. Koffi Annan, ancien secrétaire général des Nations-Unies, lors du Sommet du millénaire en 2005, avait interrogé les dirigeants des États en ces termes : «comment pouvons-nous espérer atteindre les objectifs de développement sans accomplir de progrès dans des domaines comme l’éducation, la lutte contre la faim, la santé, l’accès à l’eau, les conditions sanitaires et l’égalité des genres ? Les villes et les gouvernements locaux ont un rôle crucial à jouer dans tous ces domaines. Si nos objectifs sont mondiaux, c’est au niveau local qu’ils peuvent être le plus efficaces». Cette interpellation doit à nouveau résonner dans les oreilles et dans les cœurs de l’ensemble des décideurs du pays. Par Franck KINNINVO Expert en Communication et en Décentralisation Société 18 juin 2020


Audience du président de l’Assemblée nationale: Louis Vlavonou reçoit le maire de Porto-Novo
« Ce matin, nous sommes venus voir le président de l’Assemblée nationale parce que nous avons la chance que l’institution parlementaire se trouve sur notre territoire et à ce titre, c’est un devoir pour nous de rendre une visite de courtoisie à la deuxième personnalité de l’Etat », a déclaré le nouveau maire de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty à sa sortie d’audience ce mercredi avec le président Louis Vlavonou. Selon lui, cette audience a été l’occasion pour lui de présenter à l’autorité parlementaire ses trois adjoints qui vont l’accompagner dans sa mission de développement de Porto-Novo pendant les prochaines années. Charlemagne Yankoty a saisi l’occasion pour dire toute sa satisfaction d’avoir le président Louis Vlavonou à ses côtés à Porto-Novo parce qu’il sera d’une grande utilité pour le conseil municipal. « Nous sommes aussi venus pour prendre conseils. Au regard de la riche expérience de la deuxième personnalité de l’Etat, il est important que nous venions à son école et que nous l’écoutions avant de rentrer pleinement dans nos nouvelles fonctions », précise le maire de Porto-Novo. Charlemagne Yankoty rassure la population de ce que son conseil municipal travaillera la main dans la main avec elle. « A Porto-Novo, les élections sont terminées. Il n’y a pas de vaincus ni de vainqueurs. C’est la ville qui a gagné. Que chacun de nous soit rassuré, quels que soient nos bords politiques. L’heure est au développement de Porto-Novo », rassure le nouvel édile de la ville capitale. Il dit que ses portes sont grandement ouvertes pour recevoir toutes sortes de propositions constructives. Charlemagne Yankoty félicite pour ce faire le président Louis Vlavonou qui a promis de ne pas marchander son soutien à la nouvelle équipe municipale. Le nouveau maire se dit satisfait de la qualité des échanges ponctués par de nombreux conseils devant permettre à son équipe de conduire à bon port le conseil municipal, quatrième mandature. Avant le président de l’Assemblée nationale, le maire de Porto-Novo a fait le même exercice avec l’imam de la mosquée centrale de Porto-Novo et le président du Conseil des sages de Porto-Novo, Urbain Karim da Silva. Actualités 18 juin 2020


Promotion du patrimoine culturel : Un jeu-concours pour « réveiller » et magnifier les héros du Bénin
Peu ou pas connus des plus jeunes générations, les héros qui ont fait les heures glorieuses de l’histoire du Bénin constituent un riche patrimoine qui peine à être valorisé. A travers un jeu-concours dénommé « Les masques de nos héros », un collectif d’acteurs culturels invite les enfants de 6 à 13 ans à dessiner le masque de leur personnage historique béninois préféré. Les masques de Batman, de SpiderMan ou encore de Black Panther sont très connus des jeunes enfants. Ils en raffolent et s’identifient parfois à ces personnages étrangers dont la bravoure apparente semble les épater. Mais ce qu’ignorent ces jeunes enfants, c’est qu’il y existe dans l’histoire de leur pays des héros plus braves dont le nom reste intimement lié au patrimoine culturel et historique du pays. « Les masques de nos héros » est un jeu-concours qui invite les enfants de 6 à 13 ans à dessiner le masque de leur personnage historique béninois préféré du patrimoine culturel. Le projet est porté par un collectif d’acteurs culturels bien connus et dont l’engagement pour la cause du patrimoine est indéniable. On y retrouve entre autres Erick Ahouansou, artiste plasticien, Christiane Chabi-Kao, réalisatrice, Komy Agboguin, artiste visuel, Francel Dagbéto, artiste plasticien… La marraine et présidente du jury est Annette Carole Borna, conseiller technique du ministre en charge de la Culture et directrice de la galerie Abc à Cotonou. « Ce jeu-concours ludique est un outil de sensibilisation des enfants au patrimoine culturel et à l’histoire du Bénin. Il s’adresse aux élèves et enfants béninois à travers tout le pays. La première catégorie concerne les enfants de 6 à 9 ans et la deuxième catégorie celle des enfants de 10 à 13 ans. Pour participer à cette activité, les enfants identifieront leur héros national parmi quatre illustres personnages que sont le roi Béhanzin, le roi Toffa, l’amazone du Dahomey et le guerrier Kaba. Le concours prend fin le 31 juin prochain et les prix seront remis fin juillet. Aussi, le collectif des artistes dispose des dons pour acheter du matériel de dessin pour récompenser le plus grand nombre d'enfants. Des dons en nature (papier à dessin, crayons de couleurs, feutres, pastels, etc.) sont aussi attendus. Ces dons sont reçus sur le 90018324 et sur le 95504901. « Les dessins qui incarneront ou se rapporteront aux masques de ces personnages seront réalisés sur une feuille de papier Canson A4 et tous les médiums sont permis, comme les crayons feutres, les crayons de couleurs, les pastels, la peinture à l’huile ou à l’eau », laisse entendre l’organisation. Tous les dessins devront être envoyés sur le site web https://masquesdesheros.com/ et seront présentés tous les jours jusqu’à la fin du concours et seront évalués en fonction du nombre de votes. L'inscription est gratuite. L’ambition d’une telle initiative, selon Annette Carole Borna, c’est d’éveiller la jeunesse à l’art et au patrimoine de manière ludique. Une aubaine, pour sensibiliser les plus jeunes à devenir dès le bas âge, des acteurs engagés pour la cause du patrimoine culturel béninois et mondial. Culture 18 juin 2020


Campagne « Restons prudents pour l’Afrique »: Les légendes du foot africain se mobilisent
Dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, la Confédération africaine de Football, en partenariat avec Speak Up Africa, a lancé la campagne « Restons prudents pour l’Afrique » sur les réseaux sociaux. A travers cette campagne, les stars africaines du football s’engagent à sensibiliser aux méthodes de lutte contre le coronavirus. La Confédération africaine de Football en partenariat avec Speak Up Africa a lancé sur les réseaux sociaux le challenge #19KickUpsAgainstCovid19# pour encourager les populations à interrompre la propagation du Covid-19 sur le continent africain. Dans un communiqué, la Caf a indiqué que cette initiative s'inscrit dans le cadre de la campagne Restons prudents pour l’Afrique, qui vise à donner aux communautés et aux individus les moyens de prendre des mesures préventives simples et efficaces contre la transmission du virus. Engagées dans cette campagne, les stars du football africain invitent leurs pairs à participer à cette campagne en enregistrant une vidéo d'eux, faisant les 19 jongles et à la partager sur les réseaux sociaux. Ainsi, les légendes du football africain comme Ahmed Hassan (Égypte), Perpetua Nkwocha (Nigeria), Joseph Yobo (Nigeria), Karim Haggui (Tunisie) et Trésor Lomana Lualua (RD Congo) et l’International Anthony Baffoe, secrétaire général adjoint de la Caf, ont déjà partagé leurs vidéos. La Caf souhaite par ce défi mobiliser ses influenceurs, ses clubs et ses légendes pour contribuer à protéger un milliard d'Africains du Covid-19. « Le football rassemble tant de personnes d’origines, de nationalités et de langues diverses, nous espérons que ce défi sur les réseaux sociaux rassemblera les gens de la même manière même si la saison de football a été suspendue, a confié Anthony Baffoe, secrétaire général adjoint de la Caf. Yacine Djibo, directrice exécutive de Speak Up Africa se réjouit de voir les joueurs et membres de la Caf prendre part à ce défi sur les réseaux sociaux et ainsi sensibiliser le grand public à l’importance de se protéger et de protéger les autres contre le Covid-19. « Nous encourageons tout un chacun à participer à ce défi en ligne pour partager des connaissances et inciter à des changements positifs dans les pratiques et les comportements en matière de santé », conclut-elle. Sports 17 juin 2020


Charles Ana: Le gardien de but des Ecureuils au talent inégalé
Talent incontestable et sans équivoque. Charles Odaté Ana demeure simplement le plus grand. Ancien sociétaire de l’Alliance de Cotonou et de la sélection nationale du Bénin, il a contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire du football du Bénin dans les années 60 et 70. Ce qui, définitivement, l’inscrit dans les annales des grands gardiens de but du Bénin. Dire aujourd’hui du septuagénaire, Charles Odaté Ana qu’il est un passionné du football relève simplement de lapalissade. Fils de Ekoué Anani Ana et de la princesse de Bantè (centre du Bénin), Lazarine Allagbé Laourou, l’ex-international béninois est né dans les années 40 à Zongo ; un quartier musulman de Cotonou. Celui que d’aucuns appellent dans le milieu du football « araignée noire », a, en réalité, découvert le football avec son père qui est un émigré ghanéen au Dahomey, et filleul de Gratien Vieyra, géniteur de l’ex-première dame et députée Rosine Soglo. C’est donc avec un papa poule, fanatique du foot, et ex-sociétaire de La Renaissance football club de Cotonou, que la fratrie a pris connaissance de ce jeu. C’est ainsi qu’ils se lançaient le ballon en famille à la maison, lorsque les activités du père, technicien mécanicien à Réseau Dahomey Niger ( Rnd), devenu plus tard Organisation commune Bénin-Niger (Ocbn), les lui permettaient. Le grand et longiligne gardien de but des Ecureuils des années 60 est donc d’origine ghanéenne. Et il aime si bien le rappeler, avec précision, en appoint, qu’en réalité, il est de la famille Annan Mills du Ghana. « C’est par déformation que mon patronyme a changé. L’ancien secrétaire général de l’Onu, Koffi Annan est mon cousin », indique-t-il. Au cours de la décennie 50, à Zongo, Charles ; gamin primesautier, écolier à l’école primaire publique Urbaine centre de Gbéto, découvre le football de rue. Ainsi, ensemble avec les enfants de certaines familles passionnées de football comme les Salou, Dine, Séfou…, il a commencé à taper véritablement dans les ballons de fortune en équipe sur la pelouse de l’aire de jeu ‘’les filaos’’ - actuel site du parc gros porteur de Zongo-. Avec le temps, son agilité, son endurance et sa force physique ont forcé l’admiration de quelques adultes dans son environnement. La Jeunesse sportive musulmane (Jsm) saisit l’occasion et enrôle le jeune joueur polyvalent dans son effectif. Ainsi, pour la première fois, Charles Ana, arrière central, devient sociétaire d’un club de niveau élevé. Pour lui, ce fut une joie, un des moments forts de sa vie puisque cela lui a conféré « un autre statut dans le quartier et à l’école. Il fera les beaux jours de ce club avec ses coups de têtes rageuses et la précision de ses tirs. Malheureusement, il n’y évoluera que quelques années, avec des fortunes diverses. Car le club a été dissout. Loin de connaître une longue période de chômage, le destin aussi tend la main à ce jeune homme capable d’évoluer aussi bien en arrière central qu’en milieu de terrain. Son cousin, Luc Olivier, ex-sociétaire de Nantes Fc ayant à charge la sélection nationale de football du Dahomey et du club Alliance de Cotonou, a tôt fait de récupérer son protégé. Une nouvelle chance pour le jeune Charles d’évoluer au sein de l’Alliance de Cotonou, l’un des clubs les plus huppés et mieux structurés de la ville. Ainsi démarre pour le fils du mécanicien cheminot, une autre vie de footballeur. Ce club de la capitale administrative du Bénin va changer le cours de la carrière footballistique du jeune homme longiligne au physique de sahélien que beaucoup prennent, à tort, pour un Haoussa. En effet, joueur de champs, l’Alliance de Cotonou a offert, fortuitement, à Charles, l’opportunité de devenir gardien de but. Avec force détails, il aime à conter l’aventure qui l’a conduit dans les buts de son club. « C’était à quelques instants d’une rencontre capitale du club, et le gardien de but s’est mis à faire son petit numéro. J’ai pris mes responsabilités et demandé qu’on me donne le maillot de portier pour le remplacer dans les buts. Outre les premières minutes difficiles, j’ai tout de même tenu bon », raconte- t-il, tout sourire. Depuis lors, entre le nouveau poste de gardien de but et lui, c’est toute une histoire d’amour. Et l’idylle a duré toute sa son longue carrière. Désormais gardien de but titulaire, Charles Ana est devenu, à la fois un sportif respecté, craint mais rassurant aux yeux des dirigeants du football de l’époque. Autant de qualités qui lui ouvrent les portes de la sélection nationale. A l’époque, à Cotonou dans les années 60, l’Alliance avec dans ses rangs de grands noms comme Pendra Kanani, Pascal Agbodjalou, Mattey Félix, Arthur Bocco, Abel Agbégninnou et … Charles Ana soutenait la rivalité avec son voisin Asso Cotonou ainsi que les autres: Postel, Asso Porto-Novo et Etoile. Premier pas en sélection nationale Au cours de la décennie 60, les talents foisonnaient dans chaque club du pays. Ce qui fait des titulaires à chaque poste, de véritables fortunés. Le jeune gardien de but de l’Alliance de Cotonou, fraîchement débarqué au sein de la sélection nationale, l’a compris et a fait de la patience, son cheval de bataille. Il n’a nullement nourri l’intention de précipiter les choses. Mais le destin lui a porté un coup de pouce. Un après-midi, en terre ghanéenne, alors que la sélection nationale affrontait les Black stars du Ghana pour le compte d’une rencontre amicale internationale, le titulaire au poste de gardien de but du Dahomey a déjà encaissé 3 buts, avant la mi-temps. Charles Ana est sollicité pour le remplacer. « Si le titulaire n’a rien pu, qui suis-je moi, gardien réserviste pour prétendre sauver les meubles ? », avait-il lancé à son coach. Ce dernier le rassure puis l’envoie au front. Le jeune gardien prend son courage à deux mains et saisit sa chance. Mais l’accueil a été des plus inoubliables. Le premier tir adverse ; véritable boulet de canon, l’a « propulsé dans les filets. Heureusement que j’ai réussi à repousser le ballon », se souvient l’infortuné gardien qui précise que son coéquipier Firmin Coffi a réussi à réduire le score, lequel est demeuré 3 buts à 1. C’est parti pour la titularisation d’office de Charles. Depuis cette rencontre, il s’est accaparé sans désemparer de ce poste de 1962 à 1975, année où il raccroche définitivement en sélection nationale. Son épopée en sélection nationale, Charles Ana la conte avec émerveillement et d’une voix empreinte de fierté : « Avec mes coéquipiers, Félix Mattey, Jean Hodonou, Arthur Bocco, Gomez Xavier Mamadou Eyissè, Nourou Bello, Benjamin Contayon, Germain Kpokpo Ola, on jouait pour se faire plaisir et réjouir le public. Le seul crédo : jouer et ne pas perdre. », confie, avec un long soupire, le septuagénaire qui avale une gorgée de salive qui fait bouger sa pomme d’Adam saillante. Et il ajoute : « C’était la belle époque. Il y avait une fraternité agissante entre nous. On se croyait dans un club d’amis…». Il parle aussi du « couvre-feu, d’après match à l’époque » qui consistait en une balade systématique des joueurs souvent sanctionnée par le partage d’un pot. L’objectif étant de « montrer aux passants et autres que les ressortissants du Dahomey ; quartier latin du continent, savaient, eux aussi, jouer au ballon ». Se référant à ses meilleurs souvenirs au sein de la sélection nationale, il évoque sans équivoque, la rencontre Dahomey-Tunisie de 1964, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde de 1966. Une rencontre jouée à trois reprises dont deux en nocturne. Or, à l’époque, les Béninois n’avaient jamais connu, auparavant, pareille expérience. Frustrés au terme du match aller à Porto Novo, soldé par le score de 2 buts partout, les joueurs dahoméens n’ont pu dîner ce soir-là. Déçus qu’ils fussent de n’avoir pas été capables de gagner cette formation tunisienne, et ses vedettes : le remuant attaquant Sassi et le portier Atouga. Ce dernier est considéré, à l’époque, comme l’un des plus grands sur le continent. Lors de la manche retour, deux semaines plus tard, en nocturne à Tunis, l’attaquant retors, Sassi, remuant comme à son habitude, remet ça. Il réussit à marquer un but à Charles Ana, suite à une action anodine. Surpris et énervé, Coffi Firmin s’emporte et administre une gifle à son propre portier: « As-tu perdu de vue d’où nous venons? », vociféra-t-il, à l’endroit du portier fautif avant de promettre l’égalisation à ses coéquipiers. Chose faite dans les instants qui ont suivi. Au grand bonheur de la délégation béninoise. Les séances de tirs au but n’étant pas encore instituées, la rencontre a été déplacée sur terrain neutre à Casablanca au Maroc. Toujours le même Sassi pour ouvrir le score avant que l’attaquant Irenée Corréa égalise pour un score final nul : 1-1, dans un stade archi-comble qui a pris fait et cause pour l’adversaire. Ainsi, grâce à l’efficacité, la prestance et la classe du gardien du Dahomey : Charles Ana, le Bénin a obtenu son 3e match nul contre la Tunisie ; grande nation de football à l’époque. Une prouesse personnelle du jeune portier des Ecureuils saluée, au passage, par la presse tunisienne, même si le Bénin a été finalement éliminé, par tirage au sort qualifié plus tard de « truqué ». Charles n’oublie pas non plus la médaille de bronze décrochée par le Bénin aux jeux de l’Amitié à Abidjan en 1963. « Une performance jusque-là inégalée dans le football du Bénin ». Joueur efficace et pièce maitresse de la sélection nationale, Charles n’a guère connu une vie professionnelle épanouie. En effet, grand gardien de but devant l’éternel, Charles Odaté Ana, agent du Topo - une direction du ministère en charge des travaux publics - a égrené un chapelet d’ennuis avec ses responsables au plan professionnel. « Malgré mes autorisations d’absence signées en bonne et due forme, chacune de mes absences pour répondre à la sélection nationale est toujours sanctionnée par une demande d’explication », confie aujourd’hui l’ex-agent de Topo. Un harcèlement administratif, en somme, qui a contraint le joueur à partir de cette direction en 1969 pour rejoindre d’abord, avec l’autorisation du ministre des sports Kouyami, le Ceg Gbégamey aux fins d’aider son équipe de football. L’ex-gardien de but des Ecureuils s’est donc fait une autre nouvelle carrière professionnelle dès 1970. Il dispense des cours d’Education physique et sportive (Eps) dans certains collèges et lycées à Cotonou. Ainsi, a-t-il traîné sa bosse au Ceg Gbégamey, Collège Notre-Dame des Apôtres, Collège Père Aupiais, au Lycée technique Coulibaly…. Il a même enseigné la même matière au Collège Polytechnique universitaire (Cpu) à l’Université d’Abomey-Calavi. Finalement, c’est en 1994, au Collège d’enseignement général Ste Rita, que le professeur de sports au statut jamais varié d’agent de Topo, et n’ayant guère connu d’avancement au cours de sa carrière, a fait valoir ses droits à la retraite. Jouissant, de sa retraite depuis plus d’un quart de siècle, l’ex- international de football vit aujourd’hui grâce à sa famille. Mais ne bénéficie pas d’une qualité de vie à la hauteur de la réputation qui est la sienne. Comme tous les anciens internationaux du pays, il vivote. « Aucune considération pour ce que nous avons été, et ce que nous avons fait pour le pays », confie-t-il, les yeux larmoyants. Il parle de son mal pour lequel il est resté hospitalisé pendant plus d’un mois, au Centre national hospitalier universitaire, sans prise en charge et sans aucun soutien officiel. « Le professeur Houénassi, le docteur Adjagba et leurs collaborateurs m’ont sauvé la vie. Sans leur diligence, le professionnalisme dont ils ont fait montre et surtout leur amour du prochain, peut-être que je ne serai plus de ce monde », avance -t-il les yeux rivés dans le vide. Il exhorte simplement les autorités à accorder davantage une toute petite attention à ceux qui ont sacrifié leur jeunesse pour défendre les couleurs nationales. « Un bilan de santé annuel, une petite allocation mensuelle sortiraient beaucoup parmi nous de la situation de clochard dans laquelle on nous plonge malheureusement », insiste le septuagénaire, à la voix tremblante et visiblement affaibli par son mal. « Notre génération est la première à porter le maillot avec écusson ‘’Ecureuils’’ à gauche sur la poitrine. Mais aujourd’hui, tout nous éloigne de cette équipe » regrette- t-il. Sa doléance à l’endroit des dirigeants est de travailler pour un brassage intergénérationnel. Sports 17 juin 2020


« La corruption au Bénin Tel un serpent de mer »: Une compilation d’enquêtes journalistiques lancée
‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’, une compilation de dix dossiers d’enquêtes journalistiques est lancée, ce mardi 16 juin 2020, à la Maison des médias à Cotonou. C’est en présence des délégations de l’Union Européenne (Ue), du Front des Organisations nationales de lutte contre la corruption (Fonac), d’Alcreer Ong, du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin) et de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb). ‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’. Ainsi s’intitule le folio compilé d’enquêtes journalistiques lancé, ce mardi 16 juin 2020, à la Maison des médias. La publication fait suite à la restitution des résultats d’une dizaine d’enquêtes journalistiques réalisées dans le cadre de la phase 2 du projet « Pour des médias plus professionnels au Bénin » financé par Open Society Initiative for West Africa (Osiwa). Selon la présentation faite au lancement, le document comporte dix dossiers d’enquêtes réalisées dans divers domaines tels que les transports, le foncier, l’éducation, l’économie, les finances, etc. Les articles ont révélé les multiples facettes de la corruption qui sévit au Bénin malgré les différentes initiatives prises par les gouvernants pour lutter efficacement contre ce fléau. Romuald Logbo, présentateur, a invité à la lecture des enquêtes réalisées sur le lotissement, sur les dimensions de la corruption notamment dans les dossiers « Encadrement des mémoires et thèses à l’Uac : Les étudiants à l’épreuve du rançonnement » et « Fonds des arts et de la culture: Des soupçons persistants de rétrocommissions ». « Deux articles, portant l’un sur le Tarif extérieur commun (Tec), et l’autre sur la transhumance, ont révélé que ces secteurs sont des nids de corruption. Deux dossiers sur le foncier ont montré comment la corruption constitue un cancer pour la conduite des travaux de lotissement», a expliqué le présentateur. Procédant au lancement officiel de l’ouvrage, Zakiath Latoundji, présidente de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), a fait savoir qu’il s’agit d’un « travail de qualité ». Elle a souhaité que tous les professionnels des médias s’inspirent du travail réalisé par le pool des journalistes enquêteurs de la Maison des médias. Un modèle pour les journalistes ! « C’est un document sur l’une des causes de conflit au Bénin et sur l’un des facteurs de sous-développement des pays africains. Il aidera les acteurs de la société civile à avoir des données sur la corruption. C’est une initiative louable !», a salué Maryse Ahanhanzo-Glèlè, coordonnatrice du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin). Le président du Front des Organisations nationales de lutte contre la Corruption (Fonac), Jean-Baptiste Elias, ex-président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc), quant à lui, a exhorté tous les journalistes à plus de professionnalisme dans la conduite des travaux d’enquêtes. Le «lancement symbolique» du folio ‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’, précise Alain Gbénou Sessou, directeur de la Maison des médias, sera « suivi d’une vaste campagne de vulgarisation organisée pour permettre à tous les professionnels des médias d’avoir un exemplaire du recueil ‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’ ». A l’en croire, la réalisation des sujets d’enquêtes est la seule manière pour le journaliste de survivre à l’ère des réseaux sociaux. C’est un recueil d’enquêtes réalisées par les professionnels des médias dans le cadre de la phase 2 du projet « Pour des médias plus professionnels au Bénin » initié par la Maison des médias (Mdm) grâce à l’appui financier de Open Society Initiative for West Africa (Osiwa). Par Marc MENSAH (Stag.) Société 17 juin 2020


Riposte contre le Vih: La stratégie communautaire de prise en charge en validation
Les agents de santé, les relais communautaires et les personnes ressources de prise en charge du Vih sont en atelier à Ouidah, du 16 au 17 juin, pour se pencher sur le document portant sur la stratégie communautaire de prise en charge du Vih. L’objectif de cet atelier est de valider ce document capital dans l’atteinte des Objectifs du développement durable 3 relatifs à la santé. Deux jours d’intenses réflexions pour valider la Stratégie communautaire de prise en charge du Vih. Au cours d’un atelier démarré à cet effet, hier mardi 16 juin, la directrice pays de l’Onu Sida, a rappelé aux participants que le dispositif devra s’appuyer et s’enrichir des expériences déjà capitalisées par les Organisations de la société civile impliquées dans la lutte au niveau communautaire dès les débuts de la riposte du Vih au Bénin. Les rôles de ces dernières doivent être clairement définis dans ce nouveau schéma d’intervention en complémentarité et non en conflit avec le rôle des agents de santé et relais communautaires, d’après Marie-Margarète Molnar, pour ne pas être en porte à faux avec les stratégies nationales en la matière. L’atelier vise spécifiquement à retenir les approches communautaires applicables au Bénin en matière de prise en charge du Vih, à amender les tâches et les rôles des organisations et des prestataires communautaires dans cette approche en lien avec l’organisation du système communautaire défini dans la nouvelle politique, à entériner le mécanisme de suivi des prestataires communautaires proposé en lien avec le système de suivi-évaluation défini dans la politique nationale de santé communautaire. Selon la directrice pays de l’Onu Sida, le document objet de validation fait suite à la stratégie de démédicalisation du dépistage adoptée par le Programme santé de lutte contre le sida (Psls) en 2018, en conformité avec ces orientations internationales. Marie-Margarète Molnar a fait remarquer que le Bénin a entrepris, depuis 2019, des réformes audacieuses, ambitieuses et pertinentes en développant sa nouvelle politique nationale de santé communautaire, basée sur le « One health ». Celle-ci prévoit le déploiement de relais communautaires et des agents de santé communautaires sur toute l’étendue du territoire. Déclaration de politique Elle a rappelé que la déclaration politique sur le Vih et le Sida faite lors de l’Assemblée générale des chefs d’Etat et de gouvernement en 2016 préconisait à travers l’une de ces vingt cibles de s’assurer qu’au moins 30 % de toute l’offre de service Vih est à base communautaire d’ici 2030. «En se basant sur sa stratégie africaine pour la santé et son Cadre catalytique pour éliminer le Sida, la tuberculose et le paludisme en Afrique à l’horizon 2030, l’Union africaine a lancé en 2017 son initiative ''deux millions d’agents de santé communautaires d’ici à 2020'', nécessaires pour combler les déficits en personnel de santé des formations sanitaires et accélérer les progrès vers l’Odd 3 relatif à la santé », détaille-t-elle. Pour accélérer l’atteinte des objectifs 90 90 90 d’ici la fin de cette année 2020 et 95 95 95 d’ici 2030, l’Onu Sida recommande l’adoption des stratégies différenciées et de traitement Vih parmi lesquelles celles initiées par les communautaires. Flore Gangbo, coordonnatrice nationale du Psls, a souligné que le levier communautaire à travers les individus, les structures et les organisations communautaires qui l’animent joue un rôle très important dans la défense des droits de l’homme, dans la fourniture aux membres de leur communauté des services de prévention, qui sont embryonnaires au Bénin dans le traitement et les soins liés au Vih. « Le Bénin a pris la mesure, dans sa démarche de parvenir aux Objectifs de développement durable, en mettant un accent particulier sur ce rôle important. Tout cela a été défini dans tous les documents normatifs qui ont été adoptés lors des réunions statutaires », d’après la coordonnatrice. Rappelons que le document élaboré par Henri Mukumbi, consultant de l’Onu Sida, et Yessoufou Afissou, socio-anthropologue, dont les résultats ont été présentés aux participants, permettra aux acteurs de s’orienter vers les stratégies nationales cohérentes, pertinentes et efficientes qui vont améliorer au Bénin la prise en charge du Vih, d’après Flore Gangbo. Société 17 juin 2020


Promotion des produits agricoles à l’étranger: L’Apiex reçoit l’appui technique du Parasep
L’Agence de promotion des investissements et des exportations (Apiex) et le Projet d’appui au renforcement des acteurs du secteur privé (Parasep) se donnent la main pour mieux promouvoir les produits agricoles du Bénin à l’extérieur. Les deux parties ont donné vie à cette coopération à travers un protocole d’accord signé, ce mardi 16 juin, au siège de l’Apiex, à Cotonou. Bonne nouvelle pour les agriculteurs béninois. Désormais, les produits agricoles tels que le karité, le cajou et l’ananas seront plus que jamais valorisés au-delà des frontières béninoises. Ceci, grâce à un partenariat d’assistance technique entre l’Agence de promotion des investissements et des exportations (Apiex) et le Projet d’appui au renforcement des acteurs du secteur privé (Parasep). La signature du protocole d’accord intervenue, hier, entre les deux parties permettra « une meilleure valorisation des produits agricoles du Bénin grâce à un meilleur accès aux marchés internationaux ». En outre, le partenariat signé offre l’opportunité de développer des outils de communication adaptés à la promotion des produits agricoles « Made in Benin». Il permettra également de renforcer les capacités export de l’Apiex en termes de restructuration, de formation du personnel, de lancement des « Sos Export» au profit des entrepreneurs. Mais ce n'est pas tout. Cet accord ouvre aussi la voie à la conception et au lancement des actions promotionnelles telles que « Invest in Benin », « Business Benin ambassadors » et l’organisation de trois ateliers de concertation autour des filières ananas, cajou et karité. Le coordonnateur du Parasep, Oumar Barry, salue ce nouveau partenariat entre sa structure et l’Apiex et espère vivement que l’accord permettra aux deux parties « de relever ensemble les défis » des secteurs cibles pour «le développement du Bénin et la mise en oeuvre du plan d’action gouvernemental 2020-2021 ». Pour un meilleur écoulement à l'international Laurent Gangbès, directeur général de l’Apiex, après avoir exprimé sa satisfaction, fait savoir que la signature dudit accord vient à point nommé. Il rappelle, entre autres, que le projet l’a déjà accompagné à travailler sur le plan de communication de l’Apiex, et cette fois-ci, le Parasep veut aller plus loin avec l’Agence en élargissant son appui à deux autres composantes essentielles. Ce qui, en tout, porte les composantes d’assistance à trois. Et à en croire Laurent Gangbès, « le Bénin ne peut gagner la bataille de l’accessibilité et de l’installation durable de ses produits agricoles sur les marchés à l’extérieur » que si un véritable travail est fait dans ce sens. « C’est là que le Parasep vient nous donner un coup de main très important parce qu’il va permettre que nos produits soient mieux connus à l’étranger», se réjouit le directeur général de l’Apiex. Concrètement, poursuit-il, cet accord « va nous permettre de mettre en place une structuration de notre organisation notamment celle dédiée à l’export. C’est dire que les producteurs de notre pays, les entrepreneurs, intéressés par le développement de ce secteur d’activité vont trouver au niveau de l’Apiex tout un dispositif qui va permettre de leur donner les informations dont ils ont besoin pour pouvoir assurer l’écoulement de leurs produits agricoles à l’extérieur… ». Ainsi, les fermiers béninois, grâce à cet arsenal qui est en train d’être mis en place, auront la facilité d’exporter leurs produits agricoles dans plusieurs pays de la sous-région, à l’international afin de ne plus dépendre d’un seul marché d’écoulement qui les rend malheureux en cas de crise. Economie 17 juin 2020


Opinion: Les parlements doivent eux aussi sortir du confinement
Pendant la crise liée au coronavirus, des mesures extraordinaires ont dû être mises en œuvre pour que les dirigeants nationaux puissent prendre des décisions rapides et essentielles – des décisions qui ont limité nos libertés. Toutefois, ces mesures ne doivent pas perdurer dans le temps. Elles ne doivent pas devenir la norme. Tandis que de nombreux pays commencent à lever leurs mesures de confinement, le pouvoir doit être restitué aux parlements nationaux. La plupart d’entre nous avons accepté de céder une partie de nos libertés, car nous savions que nous contribuions ainsi à sauver des vies – y compris notre propre vie –, à décharger nos systèmes de santé et à protéger nos économies. Il ne faut pas oublier que cette pandémie a contraint des millions d’entre nous à rester à la maison, à divulguer des données personnelles et même à changer nos modes de vie et de travail. La santé est rarement sujette à controverse. Personne ne peut légitimement mettre en cause la nécessité de protéger la santé de chacun. Et même si nos méthodes diffèrent, nous devrions tous pouvoir nous rallier à une si noble cause. Aussi, les parlements et des milliers de parlementaires partout dans le monde ont modifié leurs modes de fonctionnement, faisant souvent recours aux dernières technologies de visioconférence. Les parlements ont réagi avec poigne à la crise et ont ainsi donné la preuve de leur rôle essentiel et central dans tout système de gouvernance, en particulier dans une période où le contrôle parlementaire est plus important que jamais. Malheureusement, certains dirigeants nationaux ont profité de cette crise pour renforcer leurs prérogatives et pour s’approprier des fonctions qui appartiennent au parlement. Tout en s’arrogeant plus de pouvoir, ils avancent la nécessité d’un leadership efficace dans l’intérêt de leurs citoyens. On recense au moins 84 gouvernements ayant introduit des lois d’urgence conférant des pouvoirs supplémentaires à l’exécutif (
lien). Les autocrates élargissent leur pouvoir. Or, en tolérant ces prises de pouvoir, nous créons des problèmes pour l’avenir. Tandis que les pays lèvent progressivement leurs mesures de confinement, nos sociétés se retrouvent face à des questions épineuses : comment se protéger au mieux alors que nous n’avons pas encore eu raison du virus ? Quels risques sommes-nous prêts à prendre ? Qui seront les gagnants et qui seront les perdants dans le monde d’après ? Les démocraties parlementaires répondront mieux à ces questions que n’importe quelle autocratie. Personne ne peut prétendre que les démocraties parlementaires sont parfaites.  Mais il est sûr que lorsque le débat est ouvert, les idées, les connaissances et les informations circulent mieux et les sociétés ont plus de chances de trouver des solutions efficaces. C’est pourquoi les démocraties parlementaires ont souvent des politiques, des sociétés et des économies plus fortes, plus justes et plus stables. Grâce à la nature représentative de nos parlements, les solutions trouvées sont efficaces pour de larges pans de la société et pas uniquement pour un groupe restreint de citoyens. C’est pourquoi nous nous devons de rendre nos parlements aussi représentatifs que possible, notamment en termes d’âge et de sexe. Nos parlements deviennent plus inclusifs. Nos sociétés deviennent beaucoup plus justes. Ne dit-on pas que les parlements doivent être le miroir de la société, tant au regard de sa composition que de sa diversité et de ses intérêts ? Cette fonction n’est-elle pas à la base de sa légitimité ? Dès lors que nos dirigeants ne veulent ou ne peuvent tirer les bonnes conclusions, les démocraties amènent un changement progressif dans le leadership politique. L’obligation de rendre des comptes – qui est imposée par l’intermédiaire du contrôle parlementaire, des médias, de la société civile et des élections – met nos dirigeants sous pression et les poussent à obtenir les meilleurs résultats possibles, au risque, s’ils n’y parviennent pas, de perdre le pouvoir, généralement lors des élections. Les systèmes autoritaires tendent au contraire à mettre leurs dirigeants à l’abri de cette obligation, ouvrant ainsi la voie à davantage d’erreurs et de mauvais jugements. UNE COLÈRE ET UNE FRUSTRATION LATENTES La démocratie n’est pas un produit que l’on peut exposer dans une vitrine et vendre telle une montre. Elle n’est jamais achevée et demande toujours des améliorations, ce qui semble d’autant plus vrai aujourd’hui que le populisme et les informations mensongères altèrent nos politiques. Et pourtant, la démocratie n’a jamais été aussi essentielle qu’en ce moment. La pandémie transforme nos sociétés et nos économies, parfois au point de les rendre méconnaissables. Elle martèle nos économies, détruit des emplois et met au jour nos inégalités. Et des défis de taille nous attendent encore. Quel sera l’impact de cette crise sur le commerce, la mondialisation et la production économique, par exemple ? Comment restructurerons-nous nos économies ? Comment prendrons-nous en charge les personnes qui ont perdu leur emploi ? Aux dires de certains dirigeants, le monde a besoin, pour venir à bout de la crise actuelle, de gouvernements forts et "autocratiques". Mais ce n’est pas vrai. Au contraire, nous avons besoin de gouvernements prudents et empathiques qui prennent soin de leurs citoyens. Dans la plupart des démocraties parlementaires, les gouvernements s’engagent pour le bien de tous et pas seulement de certaines personnes en particulier. De nombreux dirigeants des régimes les plus autocratiques du monde ont échoué dans leurs tentatives de gérer efficacement la crise du coronavirus. Et ce n’est pas un hasard. En effet, un gouvernement qui se soucie davantage de détenir le pouvoir que de servir ses citoyens cesse de se sentir concerné. Fait inquiétant, certains autocrates ont déjà essayé de trouver un moyen de ne pas être tenus responsables de leurs échecs et ont ainsi rejeté la faute sur les réfugiés ou sur les autres pays, par exemple. Ces dirigeants devraient se méfier de la colère refoulée qui ne tardera pas à s’extérioriser. La crise économique généralisée et la frustration qui l’accompagnera porteront un coup encore plus violent à nos sociétés. À ce type de situations, les autocrates réagissent souvent par une répression encore plus sévère. Le processus démocratique permet au contraire à la colère de se faire entendre et aux dirigeants d’apporter des solutions efficaces et d’opérer les changements nécessaires. C’est pourquoi les démocraties sont souvent plus stables. Nous nous trouvons à un moment important et critique de l’histoire. Les autocrates ont vu dans la crise une opportunité de s’arroger plus de pouvoir. Toutefois, de nombreux siècles durant, la démocratie a montré sa capacité d’adaptation. La démocratie crée des gouvernements plus efficaces, plus stables et plus inclusifs. Les populations et les parlements doivent exiger que cette prise de pouvoir par les autocrates soit un phénomène extraordinaire et temporaire. Je préconise aujourd’hui plus de démocratie, car c’est ce dont le monde a besoin pour surmonter la crise actuelle et ses conséquences. Les parlements jouent un rôle essentiel dans le système démocratique pour qu’à l’avenir, au lieu de tenter d’éteindre l’incendie comme nous le faisons aujourd’hui, nous puissions le prévenir.  Martin Chungong Secrétaire général de l’Union interparlementaire (UIP) Actualités 16 juin 2020


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