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Nouvelles

Assassinat de la petite Gracia Prunelle: Les accusés répondent de leurs actes
Le tribunal de première instance de Cotonou connait depuis hier lundi 15 juin, du dossier d’assassinat de la petite Gracia Prunelle. Un crime odieux intervenu en février dernier et qui a suscité l’indignation des populations et des autorités. Les deux personnes poursuivies dans cette affaire risquent la perpétuité. Justice sera rendue dans l’assassinat de la fillette de 7 ans dont le corps a été retrouvé en février dernier dans un bas-fond à Sainte Rita. Les présumés assassins de la petite Gracia Prunelle répondent de leurs actes devant le tribunal de première instance de Cotonou siègant en session criminelle. Dans ce procès tant attendu par les proches de la petite Gracia Prunelle et toute la société, le ministère public qui représente les intérêts de la société entend exiger une peine exemplaire.«Les auteurs de ce crime ont été présentés au parquet… Ils ont été inculpés des chefs d’assassinat et de pratique de charlatanisme. Ces faits sont prévus et punis par les articles 458, 468 à 471 et 475 de notre code pénal. Ils sont punis de la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet de Cotonou se fera le devoir d’obtenir une condamnation exemplaire des inculpés lors de la prochaine session criminelle… », avait promis Elon’m Mario Mètonou, procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou, lors d'un point de presse donné mardi 11 février sur ladite affaire. Les parents de Gracia restent à jamais frappés par la cruauté des deux accusés qui s’en sont pris impitoyablement à leur fille. Ils espèrent également une peine exemplaire même si la petite Gracia ne reviendra plus.« Je ne pourrai pas me rendre justice… J’attends impatiemment le verdict du tribunal de Cotonou… », a déclaré le père de la victime au micro de Frissons Radio. Retour sur un crime odieux Dans la soirée du lundi 3 février, le commissariat spécial de Dantokpa a été saisi de la disparition de la petite Gracia Prunelle. Les investigations diligentées ont conduit sur la piste d’un employé d'une boutique de vente de liqueurs au quartier Missèbo Agbomè-Gare. « Pour brouiller les pistes, cet individu s’est rendu lui-même au commissariat de Dantokpa dès le lendemain, mardi 4 février, pour déposer formellement plainte contre la mère de la fillette, motif pris de ce que cette dernière l’accuserait à tort de la disparition de son enfant. Interpelé puis soumis à interrogatoire, il passera aux aveux vingt-quatre heures plus tard et dénoncera un complice en cavale. Le samedi 8 février, le complice qui s’était réfugié à Adjohoun dans le département de l’Ouémé, sera interpelé à son tour.L’auteur de l’enlèvement est, en effet, un charlatan, approché par un de ses amis, escroc, qui lui a expliqué qu’il avait besoin d’un pouvoir mystique pour convaincre facilement ses victimes. « Le charlatan de circonstance, en acceptant la mission, fait savoir à son ami qu’il aurait besoin d’argent pour acheter quelques ingrédients mais aussi et surtout, qu’il faudra procéder à un sacrifice humain pour prélever des organes. Deux organes humains devaient rentrer dans la composition d’un savon et d’une pommade magiques. Il s’agit du cœur et de l’encéphale. L’escroc s’est soumis aux conditions de son ami charlatan, et lui a remis la somme de dix-huit mille (18.000) francs Cfa avec la promesse qu’une fois le rituel accompli, ils partageraient équitablement les gains mal acquis et tous deux s’associeraient en affaire pour développer un commerce. Pour accomplir le rituel, les deux larrons avaient retenu d’inviter une prostituée à passer la nuit au domicile du charlatan puis d’en profiter pour la tuer et prélever des organes; une tentative qui a échoué à trois reprises. Le charlatan de circonstance a alors orienté son choix vers une proie plus facile, en face de son lieu de travail ; la petite Gracia, fillette de sept ans dont la mère tient un commerce de vente d’oranges à Agbomè-Gare. Profitant de l’innocence de la fillette qui avait l’habitude de s’amuser avec lui et de l’inattention de sa mère et de l’entourage, le charlatan a enlevé Gracia et l’a conduite à son domicile au quartier Sainte Rita. « Une fois sur place, la petite a été assommée par un objet contondant puis un couteau lui a été enfoncé dans la gorge, du côté gauche. Alors que les prélèvements d’organe allaient commencer, la maman qui avait déjà remarqué la disparition de sa fille, se met à appeler son voisin du marché avec insistance. Ce dernier finit par décrocher, nie avoir enlevé la fillette bien avant qu’on l’interroge. Mais pris de panique, il suspend le prélèvement des organes. Le corps sans vie de Prunelle sera précipitamment emballé dans un sachet plastique et jeté dans un bas-fond non loin du lieu du crime. Le couteau et les sandalettes de la fillette sont jetés dans les toilettes. Le corps, le couteau et les sandalettes seront retrouvés par la police, sur indication des suspects », avait exposé le procureur qui promet de faire appliquer la loi avec rigueur. Société 16 juin 2020


Norbert Fanou-Ako, directeur d’Esam Ong: « Des enfants sont obligés de jouer le rôle de leurs parents »
La situation de l’enfant béninois n’est guère reluisante, selon Norbert Fanou-Ako, directeur de l'Ong Enfants solidaires d'Afrique et du monde (Esam), coordonnateur du Comité de liaison des organisations sociales de défense des droits de l’enfant (Close) et du Partenariat national de lutte contre le mariage des enfants au Bénin. La violation des droits des enfants risque de s’accentuer avec la pandémie du Covid-19, alerte-t-il, dans cet entretien. La Nation : Quelle est la situation de l’enfant aujourd’hui au Bénin ? Norbert Fanou-Ako : Les chiffres ne sont pas bons. Tous les jours, les droits des enfants sont violés, bafoués. Tout ce qu’on lit sur les réseaux sociaux à propos de la violation des droits des enfants, cela inquiète. Si tout était beau, on n’organiserait pas encore des ateliers, des séminaires et les recommandations qu’on formule auraient pu diminuer.Si tout était beau, on aurait constaté que durant la période de confinement (du fait de la pandémie du nouveau coronavirus), on aurait moins d’enfants au travail, dans les marchés et consorts. Aujourd’hui encore, les enfants sont obligés de jouer un rôle déterminant pour supporter la famille. Que ce soit ici ou ailleurs, les enfants n’allant plus à l’école sont dans la rue ou dans les champs ou encore dans les marchés pour travailler et gagner un peu de sous. Alors que cela devrait être le contraire, certains enfants sont obligés de jouer le rôle des parents. Si on n’y prend pas garde, en cette période de Covid-19, si cela se prolonge, on risque d’aller au chaos. C’est vrai que les discours officiels font état de très bonnes choses mais quand on fouille un peu, on voit que la réalité des choses est masquée. Qu’est-ce qui explique cela ? C’est surtout parce que l’impunité continue. Lorsqu'on note les violences et les abus sur les enfants, on ne les dénonce pas, ça veut dire qu’il y a un maillon faible quelque part. Lorsqu’on ne punit pas aussi les auteurs, cela pose également problème. Que préconisez-vous contre l’impunité en matière des droits de l’enfant ? Faut-il intensifier les sensibilisations ou réprimer en fonction des textes ? Je pense qu’il est question d’identifier les personnes qui sont dans la chaîne de protection des enfants. Et cela part de la maison. Des géniteurs eux-mêmes ne constituent-ils pas des bourreaux pour leurs enfants ? Est-ce que les acteurs assurent réellement la protection des enfants ? Le minimum, c’est la survie de l’enfant. Mais de quoi vit-il ? Ses besoins sont-ils satisfaits? Est-ce qu’on lui affecte les moyens qu’il faut pour lui permettre de vivre? Si jamais, la réponse était non, alors il faut se demander pourquoi il en est ainsi. Est-ce que les politiques pensent à la redistribution rationnelle des richesses? Est-ce que cela atteint les plus pauvres ? Il n’est jamais facile à un parent de laisser son enfant se débrouiller tout seul. Cela veut dire qu’il y a un facteur auquel il faudra remédier. Voulez-vous dire que les pouvoirs publics ont une grande part de responsabilité dans cette situation ? Le plus fort de nous tous, c’est qui ? C’est l’Etat. Je pense qu’il faut organiser l’accès des familles pauvres aux ressources disponibles. Il ne s’agit pas de lancer un programme qui couvre quelques-uns. La répartition des ressources, ce n’est pas pour 5 ou 10 % mais pour la grande majorité. Une fille qui est obligée de se marier parce qu’à la maison, cela ne va pas et elle ne peut pas aller à l’école, elle pensera que c’est même une opportunité, pendant que son avenir est hypothéqué, de faire ce choix-là. Je me demande pourquoi cela continue, malgré tout ce qu’on fait. Et je pense qu’il faut chercher ailleurs maintenant, voir ce qu’on n’a pas encore fait. Il faut que les plus pauvres soient considérés comme prioritaires dans les politiques et stratégies de développement. Malheureusement, c’est chez eux qu’il y a beaucoup d’enfants ; c’est chez eux qu’il y en a qui sont très malades ; c’est chez eux que beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école. C’est parmi ces enfants qu’on voit des filles contraintes au mariage précoce ou forcé. Parce que papa espère que si sa fille se marie à un fonctionnaire du coin et qui ne gagne pas assez d’argent, ça va améliorer la situation de sa famille. C’est toute une chaîne et il faut voir tous les acteurs pour envisager des solutions durables. Actualités 16 juin 2020


Conseil des droits de l’Homme : reprise des travaux sous le signe de la lutte contre le racisme
Après trois mois de suspension, le Conseil des droits de l’homme reprend, lundi 15 juin, les travaux de sa quarante-troisième session au Palais des Nations à Genève (Suisse). Cette semaine devra voir l’introduction d’un segment spécial sur la question du racisme, suite au récent décès d’un afro-américain victime de violences policières aux Etats-Unis. La dernière partie de la session du Conseil, du 15 au 19 juin, adoptera un format hybride inédit qui mêlera distance physique, port de masque et présence réduite des participants dans la Salle des Assemblée de l’ONU à Genève. Les échanges pourront également être suivis simultanément en ligne. Demandes urgentes La semaine passée, la présidente du Conseil des droits de l'homme, l’ambassadeur d’Autriche auprès de l’ONU Elisabeth Tichy-Fisslberger, a reçu deux demandes urgentes. D’une part, un courrier signé par plus de 600 ONG réclamant l’organisation d’une session spéciale sur la situation aux Etats-Unis après le décès de l'afro-américain George Floyd. D’autre part une missive rédigée par l'ambassadeur du Burkina Faso auprès des Nations Unies à Genève, Dieudonné Désiré Sougouri, coordonnateur pour les questions relatives aux droits de l’homme du groupe africain. Les 54 pays réclament la tenue d’un débat urgent ayant pour thème « les violations actuelles des droits de l'homme motivées par des considérations raciales, sur le racisme systémique, les violences policières et celles contre les manifestants pacifiques. » Rappel des engagements Selon le courrier des ambassadeurs « le principal objectif du dialogue est de s’attaquer aux causes structurelles et immédiates de la discrimination raciale qui prévaut dans le monde entier, avec un impact énorme sur la jouissance des droits de l’homme, en particulier par les personnes d’ascendance africaine. » Les représentants africains estiment que le débat urgent sera également « l’occasion de rappeler aux Etats leurs engagements de lutter contre ces violations des droits de l’homme, lorsqu’ils ont adoptés la Déclaration et le Programme d’action de Durban il a près de 20 ans. » Pour organiser une session spéciale un tiers des 47 Etats doivent soutenir l'organisation d'une telle discussion. La question des violences policières et des discriminations raciales sera de toute façon abordée mardi 16 et mercredi 17 juin lors d'une discussion régulière sur le racisme qui était déjà prévue au programme. Par Catherine Fiankan-Bokonga, correspondante accréditée auprès des Nations Unies à Genève (Suisse)     Actualités 15 juin 2020


Revue du secteur de l’énergie exercice 2019: De nouvelles orientations pour améliorer les performances
Sous la supervision de Dona Jean-Claude Houssou, les services et directions techniques sous tutelle du ministère de l’Energie et les partenaires techniques et financiers ont procédé, vendredi 12 juin dernier, à la revue dudit secteur au titre de 2019. A cause du coronavirus, les travaux se sont déroulés par visioconférence et de nouvelles recommandations ont été faites pour améliorer les performances. Les performances atteintes en 2019 dans le secteur de l’énergie ont conduit les acteurs à l’issue de la revue à opter pour de nouvelles recommandations pour l’amélioration des résultats futurs. En effet, dans sa présentation, Herman Zimé, directeur de la Programmation et de la prospective du ministère de l’Energie, a révélé qu’au 31 décembre 2019, le taux de mise en œuvre du Programme de travail annuel est de 70, 15 % contre une prévision de 96,57 %. Il en ressort un retard qui se traduit par un écart de 26,42 %. Quant à la consommation des crédits, elle est de l’ordre de 69,32 % base engagement et de 56,98 % base ordonnancement. Herman Zimé a aussi retenu un ratio d’efficacité de 72,64 % et un ratio d’efficience de 0,9881< 1 base d’engagement et de 0,8122< 1 base ordonnancement. Entre autres réalisations, Herman Zimé a relevé la sécurisation de l’approvisionnement en énergie électrique à travers le paiement des frais de location et l’approvisionnement en combustibles des groupes Aggreko, la mise en service d’une centrale de 120 MW en août 2019. « Cela a permis au Bénin de disposer en 2019 d’une capacité propre de production de l’ordre de 157,5 MW », a souligné Herman Zimé. Toujours concernant les réalisations, Dona Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie, a ajouté l’augmentation significative de la production d’électricité passée de 0 à 180 MW grâce à la centrale thermique de 127 MW de Maria Gléta, à la réhabilitation des centrales de la Sbee à Porto-Novo, Parakou et Natitingou et à la turbine à gaz de la Ceb de 23 MW à Maria Gléta. L’acquisition de 75 000 compteurs à prépaiement et leurs accessoires et la pose progressive des kits de branchement, la réalisation des travaux d’alimentation en Hta des localités de Matéri et de Bori, le démarrage des travaux du volet distribution du projet Prera avec l’implantation de 4382 poteaux à Akassato, Cocotomey et Cococodji, la réception sur sites des câbles Hta, Bt en octobre 2019 et les poteaux bois en novembre ont également été mentionnées. Les difficultés Expliquant les dysfonctionnements et écarts, Herman Zimé a fait savoir que les ressources ont été engagées conformément aux seuils programmés sur la période mais les dépenses ordonnancées n’ont pas suivi la même tendance. A cela s’ajoute le faible taux d’engagement enregistré au niveau des dons dû au retard de démarrage des travaux de Presredi à cause de la reprise de l’étude d’impact environnemental et au retard de la demande des fonds de concours sur le projet Prera. En dehors de ces facteurs limitants, Herman Zimé en a identifié d’autres qui ont trait au retard dans la mise en place des fonds de concours et dans la mise en œuvre des plans de lotissement dans certaines localités. « Ce qui a ralenti la mise en œuvre des projets d’électrification », a relevé Herman Zimé. La revue a été une occasion pour mettre un accent particulier sur les énergies renouvelables et noter l’impact du Covid-19 sur l’exécution du Pta 2020? Actualités 15 juin 2020


Gestion des communes et municipalités par ses élus: L’approche innovante de l’Union progressiste
L’Union progressiste (Up) a tenu à son engagement d’encadrer ses élus communaux et municipaux dans l’exercice de leurs fonctions, à travers un séminaire organisé à leur intention, du 13 au 14 juin dernier à Cotonou. Les cent premiers jours du maire de l’Up, tel est intitulé le thème de cette rencontre au cours de laquelle les 128 maires et adjoints aux maires du parti ont été informés sur les lois de la décentralisation et les principes qui régissent la gouvernance administrative et politique. Changer la manière de gérer les communes au Bénin, tel est l’objectif visé par l’Union progressiste en prenant l’engagement d’encadrer ses élus communaux et municipaux dans l’exercice de leurs fonctions. Dans ce cadre, le parti a organisé un séminaire sur les cent premiers jours du maire de l’Up du 13 au 14 juin dernier à Cotonou. A l’ouverture des travaux, Bruno Amoussou, président du parti, a rappelé l’engagement pris par la formation politique à son congrès constitutif de changer de paradigme dans la gestion des affaires publiques et la responsabilité qui incombe à l’Up, désormais qu’elle tient les rênes de nombreux conseils communaux. « Nous avons dit que nous allons changer de comportements et aujourd’hui, l’occasion nous est donnée de prouver qu’il y a une autre façon de faire ce que nous appelons jusque-là, la politique. Nous sommes là pour réfléchir sur la manière dont nous allons nous entendre pour réussir», a-t-il indiqué. Pour des élus à qui les populations ont donné mandat pour animer les activités communales pendant les six prochaines années, il ne peut en être autrement, à son avis. Aussi, invite-t-il les élus communaux et municipaux à prendre une part active aux travaux du séminaire pour en sortir édifiés par les textes de lois et les réalités de la gouvernance locale. Provenant de toutes les communes du Bénin, les élus communaux et municipaux de l’Union progressiste ont été informés sur les dispositions législatives, juridiques et réglementaires qui encadrent l’exercice du pouvoir communal et municipal, notamment en ce qui concerne le rôle du Conseil communal ou municipal, du maire et des organes infra-communaux, les relations entre la commune et les services déconcentrés de l’Etat, la délégation de pouvoir aux adjoints, les nominations, la constitution des Commissions permanentes et la désignation de leurs présidents. Gérer autrement la cité Ils ont par ailleurs été entretenus sur les mécanismes de promotion de l’économie locale, les procédures de passation des marchés, la chaîne des dépenses publiques, le contrôle des dépenses publiques. Des notions dont la connaissance renforcera sans doute leur leadership managérial ainsi que leur capacité à faire face aux réalités du pouvoir local avec ses corollaires d’intrigues politiques. En tant qu’élus communaux et municipaux, ils devront donner le bon exemple et cultiver les bonnes pratiques, celles privilégiant les intérêts de la commune. Ils ne doivent nullement s’écarter du projet de directive du parti qui insiste sur l’évaluation des budgets en cours (niveau d’exécution, ligne par ligne, explication par rapport aux lignes totalement ou en partie exécutées, celles non exécutées, etc.), les ajustements budgétaires nécessaires, le réalisme et la prise en compte de la promotion de l’économie locale et de l’emploi des jeunes et des femmes, la réalisation d’audits organisationnel et financier. Les élus sont appelés à être à l’écoute de leurs mandants et à partager avec eux la vision du parti. Persuadé que l’absence d’encadrement politique et d’orientation claire ont été les causes des errements passés et que les maires et chefs d’arrondissement, jusqu’à présent, ne reçoivent aucune directive politique lors de leur prise de fonction et durant l’exercice de leur mandat, le président Bruno Amoussou, à la clôture des travaux, a insisté sur une nouvelle approche. « Nous avons une orientation claire, une approche nouvelle du développement local. Nous aurons à nous ouvrir et non à nous enfermer. Réfléchissons à la manière dont nous allons nous y prendre pour répondre efficacement aux aspirations des populations ». Actualités 15 juin 2020


Coopération bénino-allemande: 6,5 milliards F Cfa pour appuyer les collectivités locales
Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances a procédé, vendredi 12 juin dernier, à la signature du contrat de financement entre l’Allemagne et le Bénin pour la cinquième phase de son Programme d’appui au Fonds de développement des communes (Fadec). D’un montant de 10 millions d’Euros, soit environ 6,5 milliards F Cfa, cet appui financier additionnel sera transféré entièrement en 2020 aux collectivités locales pour le financement d’infrastructures socioéconomiques. La République fédérale d’Allemagne appuie une fois encore le Bénin à travers la cinquième phase de son programme d’appui au Fonds de développement des communes (Fadec). À la différence des autres contrats, cet appui comporte une particularité puisqu’il intervient à une période où le monde entier fait face à une crise sanitaire inédite : le coronavirus. De ce fait, en plus des appuis déjà en cours, une partie de ces ressources accordées, 6 millions d’euros (soit 3,9 milliards F Cfa), sera utilisée par les communes pour le prévention et la riposte contre le Covid-19. Il s’agira d’aider la population à garder la distance requise entre personnes, de construire en matériaux localement disponibles d’étalages et hangars de marché supplémentaires et, dans tous les établissements de service (mairies, préfectures), des sièges d’attente supplémentaires avec protection contre les intempéries, de construire des dispositifs d’accueil des malades à l’entrée des centres de santé pour séparer surtout ceux souffrant du Covid-19 , de réhabiliter les branchements publics en eau potable et de mettre en place des dispositifs mobiles de lavage des mains dans les marchés et écoles pour assurer la disponibilité d’eau potable pour la population. Ce financement sera mis en œuvre à travers la Coopération financière allemande (Kfw-Bénin) sous la direction de Günter Roos. Une grande partie des ressources sera utilisée par le biais de l’approche "argent contre travail” et/ou à forte intensité de main-d'œuvre Himo (en consultation avec les communes). Ces mesures contribuent à réduire le choc économique de la crise aux citoyens. Selon Achim Tröster, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Bénin, le FadeC est un instrument qui contribue à l’harmonisation des procédures de financement des communes. Il est destiné au transfert de ressources financières du gouvernement et des Ptf aux communes. A ce titre, il permet de mobiliser des ressources destinées au développement de l’offre des communes et des structures intercommunales, à concourir à la correction des déséquilibres entre les communes par un système de péréquation, et à transférer des ressources additionnelles nécessaires aux communes pour exercer leurs compétences. Réelle évolution dans la gestion des fonds Les communes ont un rôle important à jouer. D’où cette particularité dans ce financement de l’Allemagne pour le Fadec. Romuald Wadagni au nom du gouvernement a remercié l’Allemagne pour l’orientation de ce soutien aussi dans l’appui à la riposte contre le coronavirus. Avec la nouvelle génération d’élus communaux issue des dernières élections, le ministre a rassuré qu’il y aura une réelle évolution dans la manière de gérer ces fonds alloués aux collectivités locales. « C’est grâce à la décentralisation qu’on peut aller vers une vraie démocratie à la base. C’est surtout et grâce à elle qu’on peut avoir un développement équilibré du pays », a laissé entendre le ministre de l’Economie et des Finances. Il faut souligner que le volume total de la Coopération allemande (bilatérale technique et financière), depuis son lancement en 1960, s’élève à environ 1,1 milliard d’Euros (720 Milliards de F Cfa) tandis que les programmes en cours au niveau de la Banque de Développement – Kfw (Coopération financière) s’élèvent à 195 millions d’Euros (128 milliards de F Cfa). Actualités 15 juin 2020


Assemblée nationale: Le député Alidou Démolé Moko décédé
Le député Alidou Démolé Moko n’est plus. Il a tiré sa révérence, ce dimanche 14 juin, des suites d’une courte maladie. Le défunt était, mardi 2 juin dernier, à l’Assemblée nationale où il a pris partà la séance plénière au cours de laquelle a été adoptée la loi portant interprétation et complétive du Code électoral. Laquelle loi a permis de faciliter l’élection des nouveaux maires de la quatrième mandature de la décentralisation. Le désormais feu député est même intervenu dans le débat général ayant conduit au vote de ce texte. Alidou Démolé Moko finit désormais son mandat de député pour le compte de la 8e législature. Son siège restera vacant jusqu’à la fin de la législature. Puisque le défunt, alors maire de Kandi, a été invité en mai 2019 à siéger en lieu et place du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Alassane Séidou dont il est le suppléant. Thibaud C. NAGNONHOU, A/Ouémé/Plateau Actualités 15 juin 2020


Riposte contre la Covid-19: Educo et la Coopération suisse appuient le Foyer Don Bosco
L’Ong Educo et la Coopération suisse apportent leur soutien au Foyer Don Bosco. C’est à travers plusieurs lots de matériels offerts, ce jeudi 11 juin aux enfants travailleurs en mobilité. Ce geste dont le financement est assuré par les deux structures s’inscrit dans le cadre du projet « Stop Covid-19 ». L’Ong Educo et la Coopération suisse sont sensibles au bien-être des enfants vulnérables par ces temps de Covid-19. C’est le sens du don qu’elles ont fait ce jeudi aux enfants du Foyer Don Bosco à Cotonou. Le geste s’inscrit dans le cadre du projet « d’appui à l’amélioration des conditions de vie et d’apprentissage des enfants et jeunes travailleurs en mobilité dans les marchés de Dantokpa, du Port de pêche à Cotonou et de Ouando à Porto-Novo ». « La pandémie de la Covid-19 que connaît le Bénin à l’instar du monde entier vient augmenter la vulnérabilité des enfants. On ne peut rester sans agir à ce tableau», assure Souleymane Ouédraogo, directeur pays de l’Ong Educo. D’où les équipements offerts aux enfants du Foyer Don Bosco constitués de soixante-huit dispositifs de lavage des mains à l’eau et au savon, cent cinquante paquets de masques, 720 savons liquides, 225 serviettes hygiéniques, six thermomètres... Les deux structures donatrices n’ont pas voulu faire les choses à moitié. Elles ont également pensé à la sensibilisation des enfants par le biais des supports de communication. Dans ce registre, elles ont offert cinq cent bandes dessinées, des disques de court métrage, d’émission radio…. Ces matériels représentent une partie des équipements prévus par les donateurs et dont l’ensemble du lot est estimé à plus de quatorze millions de francs Cfa. « L’objectif de cette action est de contribuer à la prévention de la propagation de la Covid-19 au sein de la cible bénéficiaire», explique Souleymane Ouédraogo. « Agés entre 7 et 17ans, tous les enfants bénéficiaires n’accèdent pas aux informations dans les médias. Il faut aller vers eux avec la bonne information pour attendre d’eux des conduites idoines en ces moments critiques. Educo se sent donc interpellée », poursuit-il. En cette période rendue pénible par la crise sanitaire, ce don est un réel soulagement pour les bénéficiaires. « Nous vous savons gré de nous apporter des matériels pouvant nous aider à respecter les mesures barrières. Merci à la Coopération suisse et à l’Ong Educo pour avoir pensé à nous », témoigne la représentante des bénéficiaires, Madeleine Okou. Miet Boel, responsable des Sœurs salésiennes, est très heureuse du choix porté sur le Foyer Don Bosco. « Le don représente beaucoup à nos yeux à cause de cette maladie qui ronge le monde entier », apprécie-t-elle. Ce don est destiné aux enfants de l’Institut des filles de Marie-Auxiliatrice, de l’Association foyer Don Bosco et d’Assovie. Esméralda Sindété, coordonnatrice de programme, a réitéré ses remerciements aux donateurs au nom des trois structures pour la cible choisie, en ce sens que les enfants en mobilité sont davantage exposés à la crise de la Covid-19, en raison de leur âge, leur niveau d’instruction et leurs conditions de vie. Elle s’engage à œuvrer davantage à leur bien-être conformément à la volonté de leur St patron, Don Bosco. Le souhait des donateurs est que l’initiative puisse toucher cinquante centres d’apprentissage impliqués dans le projet et au moins cent cinquante enfants et jeunes travailleurs en mobilité, en vue du respect des règles de prévention de la Covid-19. Société 13 juin 2020


Lutte contre l’érosion côtière: Les fortes actions du Bénin pour protéger sa façade maritime
La protection de la façade maritime du Bénin, enclenchée depuis quelques années, se poursuit afin de maîtriser l’érosion côtière, l’autre phénomène qui déloge les populations riveraines. Le Bénin est en guerre contre l’érosion côtière et multiplie les actions. D’énormes investissements ont été engagés à cet effet à la satisfaction des populations, pour protéger la façade maritime, longue de 125 kilomètres. Les impacts de ces actions, selon les autorités du ministère du Cadre de vie et du Développement durable sont très encourageants et motivent la poursuite des actions contre le phénomène de l’érosion côtière. Phillipe Zounmènou, coordonnateur du programme de protection du littoral contre l’érosion côtière précise, que lorsqu’on parle de la protection des océans, il faut voir la protection de l’environnement physique à travers la façade qu’offre le pays face à l’océan Atlantique et en plus la protection en termes de ressources, de préservation des écosystèmes marins, et des ressources de la faune et de la flore marines. «Cette protection, vue sous ces deux angles, a commencé dans notre pays depuis que le gouvernement a eu la vision d’une intervention globale sur la préservation des ressources naturelles », justifie-t-il. « La première chose que nous faisons depuis 2016-2017, c’est la protection contre ce phénomène de l’érosion côtière, qui se poursuit inexorablement pour que nous puissions couvrir toute la façade maritime avec les différents points critiques », a indiqué Philippe Zounmènou. Il fait savoir que le segment de Cotonou a été traité. Le segment du centre de Ouidah est en train d’être traité pour développer les activités touristiques et balnéaires. Quant à ceux de Grand-Popo et d’Illacondji les travaux sont très avancés. Il faut dire que le segment d’Illacondji, est un segment transfrontalier qui nécessite la conjonction d’un certain nombre de forces, d’après le coordonnateur. Il s’agit ici d’un projet sous régional qui relie le Bénin et le Togo pour aller à une protection globale et durable de la façade maritime du Bénin. Des mesures hardies En matière de protection de la côte, il y a de bonnes perspectives pour le Bénin avec des mesures fortes prises par le gouvernement pour créer un cadre juridique de gestion rationnelle et durable de l’environnement marin et côtier. Le coordonnateur du programme de protection du littoral contre l’érosion côtière, Philippe Zounmènou évoque entre autres, la loi sur la protection du littoral, celle sur l’aménagement et la mise en valeur de la zone littorale, ainsi que celle relative aux sachets biodégradables. Il y a également, d’après lui, les lois qui visent la préservation des écosystèmes marins, notamment la lutte contre la pêche frauduleuse, la préservation des mangroves et des écosystèmes adjacents à la zone marine. « En dehors de ces activités, le projet Gestion intégrée de la zone marine et côtière (Gizmac) piloté par le point focal de la Convention d’Abidjan a permis de commencer un travail de création des aires marines protégées. Les zones marines d’importance écologiques et biologiques (Zieb) ont été identifiées et à terme elles seront transformées en des aires marines protégées », a rappelé Philippe Zounmènou. Poursuivant, il a affirmé que le Bénin travaille pour qu’à travers le projet d’investissement des zones côtières en Afrique de l’Ouest (Waca Resip), un certain nombre d’activités se déroulent pour aboutir à la restauration des aires communautaires de conservation de la biodiversité. En ajoutant que le rapport élaboré sur l’état du milieu marin est en cours de validation, le coordonnateur Philippe Zoumènou a souligné que toutes ces activités permettront aux cadres du ministère d’avoir une vue claire de ce qu’ils doivent faire pour que la zone maritime et la façade littorale soient préservées et restaurées. Environnement 12 juin 2020


Résilience aux changements climatiques à Savalou: Le Pmsd au chevet de Damè et d’Aouiankanmè
Aouiankanmè et Damè sont deux localités enclavées de l’arrondissement de Lahotan dans la commune de Savalou où les conditions de vie sont des plus pénibles. Un sol essentiellement rocailleux qui ne laisse aucune place à l’eau pourtant indispensable à la vie. Mais, depuis quelques mois, les populations, notamment les femmes reprennent goût à la vie grâce à l’appui du Projet moyens de subsistance durable (Pmsd) qui a réalisé des infrastructures intelligentes et qui les initie à des activités génératrices de revenus. Afin d’assister les populations vulnérables à mieux s’adapter aux affres des changements climatiques, il a été mis en œuvre le Projet de renforcement de la résilience des moyens de subsistance ruraux et du système de gouvernance national et infranational face aux risques et à la variabilité du climat au Bénin encore appelé Projet moyens de subsistance durable (Pmsd). Ce projet est exécuté par le Centre de partenariat et d'expertise pour le développement durable (Ceped) avec comme partenaires techniques et financiers, le Fonds pour l'environnement mondial (Fem) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Couvrant Avrankou (Kotan et Danmè-Kpossou), Bohicon (Zakanmè), Bopa (Agbodji et Sèhomi), Ouaké (Kadolasi et Kpakpalaré) et Savalou (Aouiankanmè et Damé), le Pmsd, assure Marie José Kogbéto, s’est engagé à soutenir une agriculture résiliente, mettre en place des moyens de subsistance durables et intégrer les considérations relatives aux risques climatiques dans les processus de planification aux niveaux national et infranational afin que les communautés locales soient moins vulnérables aux changements climatiques. Il s’agit de faire en sorte que les changements climatiques et l'égalité des sexes soient inclus dans les plans et budgets de développement aux niveaux national et local. Que les infrastructures agricoles productives et les compétences humaines pour faire face à l'altération des régimes pluviométriques soient améliorées. Ceci pour une meilleure adaptation des collectivités à travers une plus grande diversification des activités génératrices de revenus. Subsistance alternative pour 4000 personnes Aujourd’hui, pas moins de neuf infrastructures de collecte de l'eau résistantes au climat à petite échelle sont conçues et mises en œuvre dans les neuf villages ciblés. Les risques d'inondation et d'érosion des berges sont réduits grâce à la stabilisation des talus des berges critiques en utilisant au moins 300 ha de plantations de bambous. Des pratiques résilientes telles que les techniques d'irrigation goutte à goutte ou les semences améliorées à cycle court sont adoptées par au moins 300 ménages dans les cinq communes ciblées. La dépendance et la vulnérabilité de la population ciblée aux effets du changement climatique sont réduites grâce à l'introduction de moyens de subsistance alternatifs pour environ 4000 personnes. Trois mille deux cent quatre-vingt-et-une (3 281) femmes sont formées aux moyens de subsistance alternatifs à l'agriculture pour mieux faire face aux impacts du changement climatique. Il faut aussi noter le renforcement des capacités de 300 entrepreneurs ruraux et de 50 Pme (visant 50 % de femmes) à élaborer des plans d'entreprise dans le domaine de l'artisanat durable et de la fabrication à petite échelle afin de stimuler l’emploi et l'augmentation des recettes. A Aouiankanmè, un site de plus de deux hectares est aménagé et accueille 149 personnes qui y font du maraîchage. A Adamè, dans le village voisin, ce sont 73 personnes qui interviennent sur un hectare aménagé. Sur les deux sites qui disposent des barrages hydrauliques avec un système d’irrigation, des femmes et hommes cultivent toutes sortes de produits maraîchers qu’ils mettent en vente. Ce qui leur a permis d’améliorer considérablement leurs conditions de vie. Et le Pmsd ne s’arrête pas en si bon chemin. Il continue d’accompagner les bénéficiaires avec un suivi permanent sur les sites. A cet effet, vendredi 5 juin dernier, dans le cadre du plan de formation des bénéficiaires, il a été organisé, sur le terrain à Lahotan une séance d’initiation à la tenue des comptes d’exploitation pour une bonne gestion de leur activité. Cette formation était exclusivement destinée aux bénéficiaires des sites de Savalou et une soixantaine y ont pris part. ----------------------------- Appréciations de quelques acteurs clés sur le terrain ---------- Roger Ahossi, Sg par intérim de la mairie « Savalou s’honore aujourd’hui d’attirer la foule pour ses produits maraîchers », Avant le site de maraîchage, je voudrais parler de la retenue d’eau parce qu’au début, il y a environ un an, nous étions venus ici et c’était une brousse, et le projet Pmsd a décidé d’accompagner la commune de Savalou en améliorant les conditions de vie des populations pour s’adapter aux effets néfastes du changement climatique ; parce que dans ce village comme partout ailleurs dans Savalou, il y a un problème d’eau. En saison sèche, les populations n’ont d’autres activités que les loisirs. Avec le projet, la retenue d’eau a été installée et un périmètre d’environ deux hectares a été aménagé pour des activités de maraîchage. Ces activités n’étaient jamais menées dans la localité auparavant. Sur le terrain, les femmes sont vraiment enthousiastes de pouvoir bénéficier de ces genres de formation parce que, dans le passé, c’est dans les autres communes telles que Dassa, Bohicon et Glazoué, qu’on allait chercher les produits maraîchers. Aujourd’hui, Savalou aussi va attirer une foule pour l’approvisionnement en produits maraîchers. ------------------------------------ Dodékon Azonhiwé, jardinière bénéficiaire « Les femmes étaient démunies ici, mais aujourd’hui nous avons des revenus » Nous cultivons la tomate, le piment rond, la grande morelle, le crincrin, le légume " fotêtê". Ils étaient venus nous informer du projet et nous avions prié pour qu’il soit réalisé et par la grâce de Dieu, nous assistons aujourd’hui à sa réalisation. Les femmes sont démunies ici ; mais quand nous avons commencé, nous voyons maintenant qu’il n’y a que des avantages. Il y en a tellement que je ne peux les citer tous. Par exemple, nous vendons nos produits et trouvons de l’argent sans oublier que nous-mêmes en consommons. Avec cet argent, nous arrivons à payer la scolarité de nos enfants ; quand nos époux manquent de moyens pour faire face aux autres charges du foyer, nous leur venons en aide. Nous parlons du projet à nos sœurs qui n’ont pas pu ou qui n’ont pas voulu y participer afin qu’elles viennent en bénéficier. Nous sommes ici depuis trois (3) mois. Pour la vente des produits, nous informons nos acheteurs et ils viennent. Par exemple pour le crincrin, au départ ça n’a pas beaucoup donné mais actuellement, nous en avons suffisamment et nous vendons cinq (5) billons à 2500 francs Cfa. Au temps où nous n’en avions pas suffisamment, c’était à 5000 francs ou 6000 francs au plus bas prix. Avant de commencer la culture maraîchère, nous avons d’abord reçu une formation puisqu’auparavant, nous ne cultivions qu’avec les connaissances et les méthodes traditionnelles mais là où nous en sommes maintenant, même si les formateurs s’en vont, nous pouvons bien travailler et vivre de cette activité agricole. Aubin K. Fafeh, expert en adaptation aux changements climatiques sur le Pmsd « Nous travaillons à renforcer la résilience des populations » Dans la commune de Savalou comme ailleurs dans le pays, l’agriculture est une activité qui occupe plus de 50 % de la population. Il s’est fait qu’il y a eu un choc mondial, des changements climatiques qui impactent négativement ce secteur qui procure quand même de revenus à une grande partie de la population. Alors, il a fallu penser à renforcer la résilience des populations qui vivent de ce métier, l’agriculture. C’est ça qui nous a amenés à réaliser des infrastructures intelligentes par rapport au climat pour pouvoir soulager un peu les populations et leur permettre de maintenir à un niveau acceptable leurs revenus qu’elles peuvent utiliser pour satisfaire leurs besoins de base. Avec la capacité de notre retenue aujourd’hui, nous pouvons alimenter les trois hectares que nous avons retenus dans le cadre du projet. Nous pouvons donc alimenter l’ensemble de ces trois hectares sur toute l’année, 365 j/365. --------------------------------------- Marie-José Kogbéto, Coordonnatrice nationale du Pmsd « Nous aidons les communautés à mieux s’organiser pour résister aux changements climatiques » Nous aidons les communautés à mieux s’organiser pour résister aux changements climatiques. La communauté de Aouiankanmè et de Damè est une communauté agricole certes, mais il y a des activités que nous appelons des activités alternatives qui n’y étaient pas menées. Avec les questions de changements climatiques, la production n’est plus la même, les rendements ont chuté d’une certaine manière et il fallait trouver quelque chose de plus pour leur permettre, même après les cultures pluviales, de toujours continuer de mener les activités agricoles pour pouvoir toujours avoir des revenus complémentaires. A cet effet, nous avons, avec l’appui du Fem, mis en place des infrastructures résilientes pour toujours mener des activités agricoles, en l’occurrence les cultures maraîchères. C’est un projet qui vient compléter ce que faisaient les populations. Le projet a une durée de vie et le projet vient pour mener des activités que nous appelons « activités levier ». Donc le projet n’est pas conçu ou élaboré pour durer tout le temps. C’est un projet pour renforcer les capacités au niveau local pour permettre aux autorités locales de saisir et de voir les opportunités et les potentialités de leurs territoires. --------------------------------------- Victorin Atadé, époux d’une jardinière bénéficiaire : « Grâce à cette activité, ma femme me soulage » Avant, pour quitter la maison, si je n’arrivais pas à déposer quelque chose, elle m’appelait pour réclamer. Mais depuis qu’elle a commencé le travail ici, j’ai constaté que même avant mon arrivée, elle prépare déjà avec ce qu’elle gagne ici. Mieux, elle achète même des habits pour les enfants et paye aussi la scolarité parfois. Donc je peux dire que ça a changé considérablement. Il y a certains villages qui n’ont pas bénéficié de ce projet. Je demande au gouvernement de penser aux autres villages et aux autres arrondissements de la commune de Savalou. -------------------------------------- Bruno Enangnon Hounkponou, entrepreneur agricole et formateur : « J’avoue que c’est la joie totale chez les bénéficiaires et on note un changement » Les bénéficiaires sont les habitants du village (…) dans l’arrondissement de Lahotan dans la commune de Savalou. Ce site maraîcher s’étend sur 2,5 hectares et nous avons au total 149 bénéficiaires. Au départ, c’était 127 mais avec l’engouement, nous nous sommes retrouvés à 149. Il était prévu 1300 tranches mais à ce jour, nous sommes à 2350 tranches environ et les femmes sont majoritaires et font environ 80 % alors que les hommes font 20 %. Nous avons comme spéculations le gombo, le piment rond, le piment long, la tomate, le crincrin, la grande morelle. Il faut dire également que sur ce site, nous avons commencé la récolte, il y a trois semaines pour le gombo. Nous récoltons environ huit sacs de 100 kg tous les trois jours là où nous en sommes. Je vous avoue, c’est une joie totale chez les bénéficiaires et on note un changement dans leur quotidien. De l’autre côté du barrage, il y a un domaine qui n’était même pas prévu pour le maraîchage. Les femmes du groupe ont pris d’assaut ce domaine d’environ 2600m2 qu’elles ont aménagé elles-mêmes sans aucun système d’irrigation. Avec les connaissances acquises lors des différentes formations que nous avons animées, elles ont aménagé l’espace afin d’installer les spéculations. C’est la preuve qu’elles ont compris l’importance de cette activité pour sortir de la précarité. Société 12 juin 2020


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