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Nouvelles

Efficacité énergétique au Bénin : des réflexions pour renforcer la maîtrise d’énergie
Un atelier a été organisé par l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise d’énergie (Aberme), mercredi 10 novembre dernier, pour faire le bilan de la mise en œuvre du décret n°2018-563 du 19 décembre 2018 fixant les normes de performances énergétiques minimales et le système d’étiquetage énergétique des lampes et climatiseurs. Une occasion pour définir des actions afin d’améliorer la maîtrise d’énergie. Il est fréquent que des ménages et entreprises acquièrent des ampoules dont l’étiquette porte cinq watts mais qui en réalité consomment près de vingt watts. Il en est de même pour les climatiseurs et autres appareils électriques. Cette situation n’est pas sans conséquences sur les consommateurs. Pour cela le gouvernement mène des actions hardies dont la mise en application du décret n°2018-563 du 19 décembre 2018 fixant les normes de performances énergétiques minimales et le système d’étiquetage énergétique des lampes et climatiseurs. C’est dans ce cadre que, mercredi 10 novembre dernier, un atelier a été organisé pour faire le bilan de l’application de ce texte règlementaire. Il s’agit d’approfondir et de compléter les pistes de solutions et définir un cadre concerté pour mettre en œuvre des actions d’envergure de communication et sensibilisation visant à promouvoir l’efficacité énergétique dans tous les secteurs d’activité. Selon l’article 5 de l’arrêté interministériel portant procédure d’importation des lampes et climatiseurs individuels et réfrigérateurs au Bénin, c’est l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise d’énergie (Aberme) qui assure la coordination et le suivi de la mise en œuvre de cette réforme et est chargée de délivrer sur la plateforme du Guichet unique pour le commerce extérieur mise en place à cet effet, le certificat de conformité aux normes minimales de performances énergétiques. Faisant le point, Jean-Francis Tchékpo, directeur général de l’Aberme, a indiqué que plus d’un an après la mise en vigueur de ce décret, sa structure a traité sur la plateforme Guce cinquante-huit (58) demandes de certificats soumises par un ensemble de trente-et-un importateurs. « Sur l’ensemble des 58 demandes, seulement huit ont été approuvées et ont permis d’importer 5987 climatiseurs et 5530 lampes électriques tous puissances, modèles et classes énergétiques confondus. A ceci, il faut ajouter la régularisation de classe d’efficacité énergétique du stock restant de seulement deux entreprises», a-t-il ajouté. Il poursuit en faisant savoir que « le taux des demandes rejetées estimé à 86 % est très élevé et ces chiffres ne correspondent pas aux flux réels de ces équipements sur nos territoires, expliquant ainsi la faible pénétration constatée des lampes, des climatiseurs individuels et réfrigérateurs efficaces étiquetés sur le marché ». A son avis, ces statistiques montrent aussi le besoin de poursuivre, de renforcer et d’amplifier à l’échelle nationale les actions de formation et de sensibilisation des utilisateurs, des acteurs de la chaîne de commande et de la chaîne de vente à l’efficacité énergétique, aux normes minimales de performances énergétiques et aux nouvelles procédures d’importation de ces équipements. Déjà, l’Aberme a pris quelques initiatives pour remédier à cette situation. Faire mieux ! Dans son adresse aux participants, Gabriel Dégbègni, coordonnateur national du Millennium challenge account II, s’est félicité des actions déjà mises en œuvre pour « promouvoir les appareils électriques économes en énergie et faciliter leur acquisition dans l’administration publique». Il cite notamment les collaborations ayant permis d’assurer la prise en compte progressive de mesures fiscales concrètes dans les lois de finances pour encourager durablement l’importation des appareils efficaces, la prise en compte des normes et l’étiquetage énergétique dans le répertoire national des prix de référence, les sensibilisations à l’endroit de divers acteurs, etc. Mais il rappelle le faible taux de pénétration et la nécessité de renforcer les actions. Après avoir insisté sur l’utilité de la maîtrise de l’énergie, Jean-Claude Dona Houssou, ministre de l’Energie, a énuméré quelques réalisations du gouvernement dans son secteur. « Plus de 800 milliards F Cfa sont aujourd’hui déjà engagés dans le secteur à travers quatre projets phares pour faire du Bénin, avec des sources d’énergies suffisantes, propres, variées, abordables et constamment disponibles, au service de la croissance économique et du bien-être social, un pays où l’accès aux services énergétiques efficaces et fiables est assuré à toute la population », a déclaré le ministre. Si des économies d’énergies se font, elles permettront de renforcer les fruits de ces investissements du gouvernement pour une meilleure satisfaction des populations, a-t-il soutenu. C’est pour cette raison que l’autorité a recommandé aux participants à l’atelier de diagnostiquer les problèmes liés à l’éclosion de l’efficacité énergétique, d’identifier les éléments de politique publique à mettre en œuvre pour relever les différents défis et de définir un mécanisme de coordination des actions pour plus d’efficacité en prenant en compte le genre et l’inclusion sociale. Société 15 nov. 2021


Présidence de la République : hommage solennel aux 26 œuvres rapatriées
L’accueil solennel des trésors royaux du Bénin s’est déroulé dans les locaux de la présidence de la République, en présence du chef de l’Etat, Patrice Talon. Les 26 œuvres ont eu droit à une cérémonie de réception mais aussi d’hommage sur place. C’est d’ailleurs là qu’elles séjourneront pour les trois prochains mois. La seconde partie de la cérémonie qui a consacré l’arrivée des 26 trésors royaux du Bénin s’est déroulée dans un timing bien réglé. Le chef de l’Etat a fait son entrée sur les lieux à l’heure indiquée, alors que les trois camions contenant les œuvres poursuivaient leur parade à l’intérieur de la présidence de la République, avant de s’immobiliser au pied de l’espace verdoyant qui borde les lieux. Quelque deux cents personnalités y ont été conviés. Présidents d’institutions de la République, rois et familles royales, acteurs politiques de tous bords, et en invités spéciaux les deux experts et universitaires français et sénégalais, Bénédicte Savoy et Felwine Sarr à qui Emmanuel Macron avait confié, le soin de procéder à de vastes consultations et d’en produire un rapport sur des possibilités de restitution d’œuvres aux anciennes colonies. C’est donc devant ce parterre de personnalités que le rituel d’accueil des œuvres a été exécuté avec des coups de canon. Le trône du roi Ghézo, seul trésor sorti du camion pour une exposition de quelques minutes recevra même des honneurs militaires. Suivra l’exécution des danses royales un peu comme pour rendre hommage à ces biens qui, jadis, côtoyèrent l’univers et le quotidien des souverains. Le conservatoire des danses royales d’Abomey, le ballet national et une troupe d’enfants ont, tout à tour, sous le regard admiratif du président de la République, présenté un tableau de Houngan, de Tèkè, Adjogan puis l’hymne national en langue locale Fongbé. Avant le retrait du trône des lieux, le ministre en charge de la Culture indique que c’est « un jour de gloire pour la culture béninoise, un jour de liesse pour le peuple béninois ». Son souhait, c’est de voir ces œuvres patrimoniales dialoguer avec des œuvres contemporaines. Mais avant, a annoncé le ministre, ces trésors, pour des raisons d’acclimatation, passeront deux mois dans leurs caisses avant d’être exposés pour une période d’un mois, toujours dans les locaux de la présidence. Suivra l’étape de Ouidah pour trois ans d’exposition dans la maison du Gouverneur. Ceci, le temps de finaliser et de rendre opérationnel le musée de l'épopée des Amazones et des rois du Danhomè à Abomey. A sa suite, le président Patrice Talon va exposer le symbole qui doit entourer ces trésors royaux. Il les présentera comme des biens appartenant à la nation tout entière et exclut toute appropriation de courant religieux. « Chacun sera libre d’établir avec ces objets le lien qui lui plaira. Ces œuvres ne revêtent aucun caractère religieux pour la République », indique-t-il. Ces trésors constituent, d’après ses explications, « une synthèse harmonieuse de ce que nous avons été et de ce que nous sommes ». Pour ce qui est des autres biens du pays non encore restitués, il garde la foi qu’ils le seront et reste complètement confiant sur le sujet. Actualités 11 nov. 2021


Restitution des 26 œuvres au Bénin : des acteurs culturels se prononcent
 
Marcel Zounon, directeur de l’Ensemble artistique national « On retiendra que le président Patrice Talon a existé… »
Marcel Zounon, directeur de l’Ensemble artistique national
Nous pouvons dire que le président Patrice Talon a osé, à juste titre, demander ces biens qui font la fierté de notre pays, et qui malheureusement séjournaient dans les musées occidentaux. Nous avons gagné. Patrice Talon a gagné avec tout le peuple béninois. C’est un jour mémorable, et un zoom extraordinaire est fait sur le Bénin. Nous devons dans un premier temps remercier tous ceux qui y ont travaillé, parce que pour l’histoire, nous pouvons dire qu’après 130 ans de déportation de nos biens, l’heure de retour a sonné. Je manque de mots pour remercier le chef de l’Etat, et tous ceux qui y ont travaillé. Bravo ! Aujourd’hui, on retiendra que le président Patrice Talon a existé. 1 000 ans après, on parlera encore du retour de ces biens du Danxomè. Désormais, les collectionneurs qui visitent les musées à travers le monde viendront voir, découvrir ces trônes géants, ce riche patrimoine. Nous devons aussi remercier le gouvernement qui a investi plus de 650 milliards pour la mise en place des structures d’accueil de ces œuvres, dans les meilleures conditions. Bravo à tous les ministres, notamment les ministres de la Culture, Jean Michel Abimbola et des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci. Aujourd’hui, le Bénin est connu à travers son patrimoine immatériel et cela va booster le développement.
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Micheline Adjovi, auteure : « La charge énergétique de ces œuvres est énorme »
Micheline Adjovi, auteure
Un sentiment de fierté m'anime de voir revenir sur leur terre d'origine, la Nation souveraine du Bénin, nos précieux trésors sacrés. La charge énergétique de ces œuvres d'une rare dextérité artistique est énorme, immense. C'est un événement inédit qui prend corps et vie dans notre histoire contemporaine. C'est un grand triomphe à inscrire en lettres d'or. J'ai l'impression de voir renaitre sur leur terre nos intrépides rois et je ressens une force indicible s'incruster dans notre pays. Le Bénin est une grande nation.
Le mérite de ce retour triomphal revient au chef de l'État, le président Patrice Talon qui a osé réclamer notre patrimoine. C'est à son actif. Reconnaissons-le-lui. Nous espérons entrer en possession de tout le reste. Un à un. Jusqu'à épuisement. Ce n'est qu'une question de temps. Ce qui nous appartient est à nous. Et leur place est ici, au Bénin, chez nous.
Bravo à l'équipe gouvernementale. Et félicitations à toute la Nation béninoise.
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Ousmane Alédji, expert culturel : « C'est l'expression d'une détermination et surtout un projet d'Etat »
Ousmane Alédji, expert culturel
Il faut avouer que sans un chef d'Etat comme Patrice Talon, je ne suis pas certain que nous aurions abouti ne serait-ce qu’à ce type de débat ou de démarche parce que l'attitude des chefs d'Etat africains en face de la France, nous le connaissons. Je pense qu’on peut dire que le projet du Bénin a convaincu, la détermination du chef de l'Etat aura servi et l'histoire retiendra que c'est ce président qui a pesé de tout son poids pour qu’on en arrive là. Je pense qu’il faut le remercier et lui rendre hommage pour cela.
Je crois que la demande de restitution n’a jamais été le commencement du processus. Le commencement du processus, c'est déjà le projet de société du candidat Patrice Talon, ensuite l'élaboration du Pag. Cela relève de l’ambition du chef de l’Etat à avoir des infrastructures, dynamiser le secteur touristique par la construction de nouvelles infrastructures muséales. C'était ça le projet et comme ces infrastructures sont prévues pour couvrir tout le territoire national, il fallait des contenus nouveaux, des contenus historiques pour justement alimenter et renforcer l'existant et c'est en réfléchissant à cela et par rapport sans doute à ses relations avec le palais royal d'Abomey comme avec la diaspora béninoise que le chef de l'Etat s'est décidé à adresser cette demande à la France. Donc la demande, on peut dire, c'est la troisième étape, l'avant-dernière étape de l'aboutissement du projet.
Le mécanisme était long et complexe, vu que les biens relevaient du patrimoine français et frappés d'une inaliénabilité. Il fallait passer par l'Assemblée nationale française et par le Sénat français. Ce processus a été long mais je pense que la diplomatie béninoise s'est bien illustrée sur ce terrain et que le chef de l’Etat lui-même s'est bien illustré, sans oublier le fait que les parlementaires français aussi ont répondu à l'opinion française en général. Je ne suis pas certain que la majorité des citoyens français soient encore à l'aise à profiter des biens culturels d'autrui. Je ne suis pas certain que les citoyens français soient encore à l'aise avec ce legs politique très lourd.
Il fallait un menu subtilement, intelligemment orchestré avec la courtoisie et les contacts qu'il faut. Il faut féliciter toutes les parties prenantes. Il y a les experts qui ont fait le travail mais ce sont d'abord des volontés politiques qui se sont rencontrées et qui ont été harmonisées pour donner ce résultat historique que nous connaissons aujourd'hui et qui va certainement en inspirer d'autres.
Je ne parlerai pas d’audace du Bénin, mais je parlerais de détermination. Il y a audace quand on a des adversaires en face ou quand on a des ennemis en face.
Je pense que c'est l'expression d'une détermination, mais c'est surtout un projet d'Etat porté par un homme d'Etat qui a connu un heureux aboutissement parce que en face aussi, on a un homme de vision, le président français avec une certaine idée de la diplomatie modèle.
Je pense qu'il a prêté attention et écoute à la détermination béninoise.
Cela relève de mon point de vue de la logique de la justice et de la réparation historique. Je pense que les deux hommes sont en train de rentrer dans l'histoire, en tout cas de ce point de vue, par la grande porte. Cela va inspirer d'autres pays.
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Dr Franck Ogou, directeur de l’Ecole du patrimoine africain : « Il faut saluer la démarche et la volonté de la France de collaborer »
Dr Franck Ogou, directeur de l’Ecole du patrimoine africain
Vous attendiez-vous à voir le Bénin recevoir en 2021 une partie de ses trésors culturels pillés par la France ? 
On s’attendait à ce que, à un moment ou un autre, ces objets-là soient au Bénin. Puisque le processus a été conduit dans le respect des parties et c'était la seule voie que nous avions. Il ne nous est pas possible de faire autrement et la réponse de la France a été juste à la hauteur de nos attentes. Vous aviez dû noter toutes les démarches entreprises par la France pour qu'on en arrive à ce point. Il faut saluer la démarche et la volonté de la France de collaborer.
Beaucoup parlent d’audace du Bénin. Est-ce votre avis ? 
Je partage le point de vue de ceux qui évoquent une certaine “audace” de la part du Bénin dans ce processus. Oui audace parce que ce n'était pas gagné d'avance. Combien de pays n'ont pas fait cette réclamation et ont dû faire face au refus de la France ? Même la première demande du Bénin a été rejetée. Donc il a fallu de l'audace du président béninois et l’humanité du président Macron pour en arriver là. C'est un long processus exemplaire qui a démontré la qualité de la diplomatie béninoise.
Pensez-vous comme certains que le pays ne dispose pas des moyens et ressources pour conserver ces œuvres comme ce fut le cas en France ?
C'est normal d’avoir des inquiétudes quant à l'avenir des œuvres une fois au Bénin. Mais je voudrais rassurer les uns et les autres que le Bénin dispose aujourd'hui de plus en plus de ressources humaines de qualité pour prendre en main la gestion des œuvres qui arrivent et l'ensemble des œuvres du Bénin. Nous avons des écoles de formation qui font un travail de qualité et fort appréciable. Il y a l'Ecole du Patrimoine africain (Epa) et d'autres qui se sont lancés dans ce sillage. Je dois aussi évoquer la détermination salutaire du chef de l’Etat dans ce processus. Il faut surtout saluer la dynamique en cours dans ce processus de restitution des biens et garder espoir pour la suite.
Actualités 10 nov. 2021


Restitution des 26 œuvres au Bénin : des personnalités politiques apprécient
Plus qu’historique, le retour des trésors royaux du Bénin sur leur terre d’origine est salué par divers acteurs du monde culturel, artistique et politique. Boni Yayi : « A l’Afrique de savoir toujours compter avec le Bénin… »   Pour la première fois dans l’Histoire, la France restitue certaines des œuvres pillées à une de ses anciennes colonies. Chose impossible hier, une réalité aujourd’hui, avec comme bénéficiaire, le Bénin qui en devient pionnier à une telle échelle. De quoi prouver à nos aïeux que le combat pour la liberté et la maitrise de notre Histoire passée, présente et à venir, n’a jamais été abandonné. À l’Afrique de savoir toujours compter avec le Bénin. Je salue le courage et l’esprit d’ouverture du président français. Merci au président de la République du Bénin pour les diligences accomplies et à notre vaillant peuple si attaché à sa culture et son patrimoine. Je suis de cœur avec vous. Que Dieu bénisse le Bénin, notre patrie commune.   Irénée Agossa, président du parti Restaurer la confiance : « Le retour de ces objets doit consacrer l’unité nationale »   rénée Agossa, président du parti Restaurer la confiance   Le retour de ces trésors culturels et historiques du royaume d’Abomey est une satisfaction totale. Cela fait de nous un peuple qui a une histoire et qui doit être considéré comme tel. Cela fait de nous une Nation qui a un parcours historique et culturel. Donc, nous en sommes fiers. Tout Béninois, toutes tendances confondues, doit être fier de cela. Nous en sommes satisfaits. Nous sommes d’autant plus fiers que le président Talon, en signant le protocole de retour de ces trésors, a dit que ce n’est que le début. Donc, d’autres trésors qui sont de l’autre côté doivent revenir et permettre à ce que les jeunes générations puissent vivre en direct l’histoire de leur pays. Il ne faut pas qu’ils la vivent  comme nous autres. Qu’ils aient la chance d’aller visiter ces objets et pouvoir en être fiers. Cela contribue à la consolidation du patriotisme et de l’esprit patriotique. Je tire aussi comme enseignement de ce retour des trésors que c’est ceux qui nous ont dépossédé de ces trésors qui ont eu aujourd’hui une élévation de conscience et ont jugé utile de nous les rétrocéder. Donc, aucune condition politique, économique et sociale ne doit pousser un Béninois à aller en France à la recherche d’une liberté. C’est une inculture historique. Parce que le retour de ces objets, c’est le retour de l’âme de nos rois. C’est symbolique pour nous. Nous devons aussi prendre toutes les dispositions pour que ces objets ne soient pas dégradés. C’est pourquoi nous proposons qu’une copie soit faite et que cela soit mis à la disposition du public. Que ces trésors soient conservés dans leur état naturel quelque part, et que ça soit exceptionnellement par an, qu’on aille visiter, afin que nous puissions garder cet héritage pour les générations à venir. C’est ainsi qu’une Nation se met en place. Parce que ces objets ont besoin d’être sacralisés pour rentrer dans le patrimoine traditionnel des royaumes. Nous n’avons pas les mêmes cultures que les Français. Il faut que ces objets soient sacralisés et que les copies soient mises à la disposition du public. Et que lors de nos cérémonies qui cadrent avec la tradition, qu’on ait l’opportunité d’aller voir les originaux aux lieux consacrés à ces objets dans la tradition. Nous félicitons le gouvernement qui a eu la capacité, l’intelligence de faire aboutir ce projet. Le retour de ces objets doit consacrer l’unité nationale. Propos recueillis : Arnaud DOUMANHOUN  
Octave Houdégbé, député Union progressiste  « C’est tout le Bénin qui est sous les feux de la rampe » 
Octave Houdégbé
Je ne peux que féliciter le chef de l’Etat. Il faut avoir le courage d’affronter ces colons qui, depuis des années, ont confisqué nos biens, des choses sacrées de notre patrimoine culturel. Le peuple béninois ne peut que remercier le président Patrice Talon qui vient de nous ramener nos objets très sacrés. Je peux vous rassurer que la royauté dont je fais partie mettra en place bientôt  une organisation pour remercier le chef de l’Etat et soutenir l’initiative. Je n’ai pas d’inquiétudes pour la conservation et la gestion de ces biens. Le président de la République, pour qui le connait, a réfléchi pendant longtemps avant d’aller chercher ces biens culturels qui sont partis surtout de Ouidah et d’Abomey. Il  ne va pas les négliger une fois au bercail. Il a déjà préparé tout cela. La loi sur le patrimoine culturel récemment adoptée par le Parlement lui donne de tonus pour relever ce défi. Ce n’est pas n’importe quel président de la République qui peut réussir ce que Patrice Talon a fait. C’est tout le Bénin qui est sous les feux de la rampe.
Abdoulaye Gounou, président du Groupe parlementaire Bloc républicain : « Tout ne se monnaie pas en termes d’argent » 
Abdoulaye Gounou, président du Groupe parlementaire Bloc républicain
Il faut d’abord remercier le chef de l’Etat qui a été le fer de lance de ce retour triomphal de nos biens culturels emportés. Il faut le féliciter car c’est lui qui en est l’initiateur. Cette prouesse du gouvernement béninois va rester gravée  dans les annales de l’histoire du continent africain. Je pense que le Bénin est le tout premier pays en Afrique à avoir pu réussir à rapatrier son patrimoine culturel. C’est à l’actif du gouvernement.  Il faut saluer  cet effort du président de la République, ce succès dont je manque les mots pour qualifier la portée historique. Tout ne se monnaie pas en termes d’argent. C’est une fierté pour le peuple d'abord de revoir son patrimoine emporté et ensuite de voir les touristes rien que pour venir visiter ces trésors royaux. Je suis heureux et satisfait. C’est tout le continent africain qui est concerné. C’est sûr que les royaumes maliens, burkinabè et autres doivent être concernés aussi par ce pillage du patrimoine culturel africain. L’Afrique a été pillée. Si les autres chefs d’Etat ont le courage du président Patrice Talon, ils peuvent lui emboiter le pas en demandant également le rapatriement de leur patrimoine culturel.
Gildas Agonkan, député Union progressiste : « Le tourisme se nourrit du patrimoine »  
Gildas Agonkan, député Union progressiste « Le tourisme se nourrit du patrimoine »
Ce mercredi 10 novembre est un grand jour sinon une grande période puisque le processus a commencé depuis quelques années. Il a été déclenché par le gouvernement béninois à travers son chef d’Etat. Le processus a subi des résistances avec des lobbies français qui se sont opposés au rapatriement de ces biens culturels. Mais il y a eu des engagements fermes non seulement du pouvoir politique béninois mais aussi français qui ont fait bouger les lignes. Le retour de ces biens culturels est  aujourd’hui effectif. C’est une réalité pour le Bénin, une réalité pour l’Afrique et une réalité pour l’humanité. C’est une grande joie pour l’ensemble des peuples noirs et endogènes de voir ce qui appartient à leur patrimoine culturel retourné avec une démarche de communication orientée sur la valorisation du tourisme. Tous les peuples qui ont un patrimoine doivent s’enorgueillir. Cela parce que le tourisme se nourrit du patrimoine. C’est le milieu touristique béninois qui se sent honoré avec le retour de ces biens culturels. Au-delà du Dahomey, c’est tout le peuple béninois et africain qui se sent concerné. Il faut saluer les deux chefs d’Etat français et béninois  qui ont conduit ce processus.
Il faut souhaiter maintenant qu’au-delà des 26 œuvres qui rentrent, que le grand nombre encore dispersé à travers le monde puisse être rapatrié aussi pour garnir et relever le patrimoine africain. Nous avons déjà fait des efforts et pris des initiatives  pour améliorer nos capacités de conservation. Nous avons voté récemment au Bénin une loi pour la protection du patrimoine culturel. C’est déjà un acte fort. On souhaite que tous les pays africains puissent voter aussi ces lois pour garantir la protection du patrimoine. Et en même temps nous mettons en place des infrastructures pour accueillir ces œuvres et montrer nos capacités à les conserver et à les sécuriser. Il y a un investissement lourd en cours de finalisation au Bénin pour accueillir ces biens culturels. A travers moi, tous les Aboméens, Danxoméens et Béninois remercient et félicitent le gouvernement pour cet investissement titanesque qui est fait dans le cadre de la conservation de ces trésors royaux. Car, nous aurions déçu l’humanité si ces biens ne sont pas bien conservés et valorisés. Il faut que chacun puisse considérer ces œuvres comme sa chose, la chose de la communauté toute entière et ne dise pas que c’est l’affaire du gouvernement ou du pouvoir en place.
Propos recueillis par Thibaud C. NAGNONHOU, 
A/R Ouémé-Plateau 
Actualités 10 nov. 2021


Fort portugais : une marque indélébile de la traite négrière
C’est connu de tous ! Le Fort portugais de Ouidah est l’un des vestiges les plus en vue au Bénin et sur le continent noir s’agissant de la traite négrière. L’histoire douloureuse de l’esclavage renseigne que ce fort a été construit en 1721 par le capitaine de vaisseau Joseph de Torres, originaire du Brésil. A l’époque, le fort portait le nom de São-João-Batista-de-Ajuda. Au cours de la traite transatlantique, le joyau a servi d’administration coloniale pour les Portugais. Il fut une étape importante de la traite négrière qui s’est déroulée sur les côtes du Golfe de Guinée. De 1721 à 1759, le Fort portugais était constitué d’un corps de garde, d’une église, d’une poudrière, de la maison des officiers, d’une armurerie, d’une captiverie et d’une citerne pour servir aux fins militaires qui lui étaient conférées. En 1865, la caserne, la maison du gouverneur et un cimetière furent intégrés au site. Contrôlé par les Portugais, le fort permettait à ceux-ci de maintenir leurs relations diplomatiques et commerciales avec le pouvoir local du Danxomè. Sa fonction évoluait au gré des changements sur les plans social, religieux et commercial. Après la proclamation de l’indépendance, la République du Dahomey invite les étrangers à libérer des territoires sous leur tutelle. C’est ainsi que dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1961, les administrateurs portugais ont mis le feu au fort avant de plier bagages. Ils ont ainsi détruit l’intégralité des documents qui renseignent sur leurs activités. Le 13 novembre 1964, le gouvernement du Bénin par le décret n°266/Pc-Menc classe le Fort portugais dans le patrimoine historique national. Il entame la reconstruction du site, qui prendra fin le 6 novembre 1967. Avant la réhabilitation effectuée par le régime de la Rupture, deux autres travaux de restauration ont été réalisés. La première a eu lieu de 1984 à 1986 grâce à la coopération française. La seconde fut l’œuvre de la fondation portugaise Calouste Gulbenkian, de 1988 à 1990. Actualités 10 nov. 2021


Fort portugais de Ouidah : des retombées pour l’économie de Ouidah
Les autorités de la cité des Kpassè se frottent les mains au regard du projet de réhabilitation du Fort portugais et des autres projets en cours ou à venir dans la ville, vu que ces derniers vont générer de la plus-value et donc des ressources supplémentaires pour la commune. Le maire Christian Mawugnon Houétchénou apprécie l’action du gouvernement, et énumère les retombées desdits projets pour sa ville. Presque aucun dirigeant de la commune de Ouidah n’a eu l’occasion de vivre, pendant qu’il était encore en fonction, la révolution silencieuse en cours à Ouidah. Celle de la valorisation, au plan mondial, des potentialités touristiques, cultuelles et culturelles de la commune. Les autorités actuelles de la mairie se disent très chanceuses. Elles félicitent le chef de l’Etat, Patrice Talon, pour sa noble vision. « Je salue le président de la République, Patrice Talon, pour sa vision magnifique et sa capacité à pouvoir mobiliser les ressources financières nécessaires. Ce n’est pas chose aisée et il est en train de réussir sur toute la ligne. On ne peut que le féliciter pour tout cela », souligne Christian Mawugnon Houétchénou, maire de la cité des Kpassè. Une fois les sites ouverts au public, Ouidah va drainer des centaines de milliers de touristes et s’en mettra alors plein les poches. « Je pense qu’on n’a pas besoin de faire un dessin avant qu’on le sache. De façon directe, pour les filles et fils de Ouidah, qu’ils soient restaurateurs, artisans, guides touristiques, promoteurs d’hôtel, etc., ils vont voir leurs chiffres d’affaires s’accroitre. Sur le plan du foncier, Ouidah va connaître des avancées énormes et les recettes de la ville vont s’accroitre en un temps record », note le premier citoyen de Ouidah. Edmond Toli, directeur général de l’Anpt, confirme cette analyse du maire Christian M. Houétchénou, et sur le plan national, ajoute-t-il, la contribution du secteur touristique au Pib du Bénin connaîtra également une amélioration. A l’hôtel de ville de Ouidah, les autorités ne comptent pas rester les bras croisés pour observer l’Etat central à l’œuvre. Le maire assure que son administration met déjà les petits plats dans les grands pour accompagner le gouvernement dans l’atteinte de l’objectif fixé. « Nous avons défini un plan de gestion de la ville qui permet à la commune de se mettre aux normes, de voir les problèmes que nous devons résoudre et qui ne sont pas forcément de la responsabilité du gouvernement. Nous avons notamment les rues et ruelles touristiques sur lesquelles nous travaillons. Nous allons sensibiliser les populations parce qu’accueillir des milliers de touristes, ce sont des habitudes qui vont changer. Et donc, nous devons veiller à la propreté de la ville. Il ne faudrait pas que des moutons, des poulets et autres animaux soient en divagation sur ces sites touristiques de classe mondiale. Donc, tout cela est de notre responsabilité, et nous sommes en train de travailler là-dessus », rassure l’autorité communale. Les questions liées à la sécurité foncière et à la sécurité des personnes et des biens font aussi partie des préoccupations du conseil communal. « Nous allons également faire en sorte que le foncier soit définitivement sécurisé à Ouidah afin que les hommes d’affaires viennent investir dans la ville sans crainte. Nous devons aussi assurer la sécurité dans la ville, nous assurer que les rues et ruelles sont électrifiées pour que chaque touriste qui vient, se sente à l’aise et en sécurité. Autrement dit, nous allons travailler à ce que la ville soit calme et apaisée. Cela nous amène à mettre en place un dispositif pour accompagner la Police républicaine. Nous sommes en train de structurer ce dispositif avec l’aide du gouvernement », renseigne-t-il Actualités 10 nov. 2021


Fort portugais de Ouidah : Vestiges réhabilités à l’identique
La première phase des travaux de réhabilitation du Fort portugais de Ouidah est achevée. Les derniers réglages sont en cours pour accueillir, au cours du premier semestre de l’année 2022, l’exposition temporaire des 26 œuvres restituées par la France. Notre équipe de reportage y a fait un tour, ce vendredi 5 novembre. Une réhabilitation à l’identique a été souhaitée pour le Fort portugais chargé de raconter l’histoire et de faire revivre la mémoire collective sur la traite des Noirs au Dahomey. Clôture surélevée avec une tourelle équipée de canons installée aux quatre coins du site, corps de garde à l’entrée, bref, pour qui connaît le Fort portugais de Ouidah, il constatera que ses principaux constituants ont été maintenus et modernisés. En effet, trois entrées donnent accès à l’esplanade extérieure du fort. Il y a l’entrée principale ouverte sur Ouidah et deux entrées latérales. La première située à gauche, s’ouvre sur l’esplanade à partir d’un parking de dix places. La seconde débouche au même endroit depuis le parking des visiteurs situé à gauche, en contrebas. Pour rejoindre l’esplanade extérieure via ce parking, le visiteur emprunte des escaliers recouverts de palettes. La balustrade au milieu est faite de branches d’arbres sèches vernissées reliées les unes aux autres par des vices en fer forgé, tandis que celles situées aux deux extrémités sont faites à partir du granite béninois. Le passage dans ces escaliers rappelle bien la période douloureuse de l’esclavage où le granite, les branches d’arbres, les chaînes en fer noir et autres ferrailles sont abondamment utilisés pour maintenir en captivité les esclaves et prisonniers. Sur l’esplanade extérieure, le visiteur est séduit par le paysage pittoresque et verdoyant qui l’accueille. Le gazon toujours vert, les fleurs provenant de pépinières locales et les orangers sur lesquels pendent déjà de nombreux fruits mûrs, sont taillés avec minutie. Le vent doux qui y souffle, fait de ce parterre un endroit agréable qui s’intègre dans le tissu urbain local. En face, les murs d’enceinte du fort, qui s’étaient affaissés avec le temps ont été réhabilités et rehaussés. Ils mesurent en moyenne 4,5 mètres. La douve a été reconstituée en partie, et pour des raisons écologiques, elle est privée d’eau. Comme toujours, le corps de garde, un bloc de type R+1, donne accès à l’enceinte du fort. Le rez-de-chaussée est désormais transformé en service accueil et billetterie. Les locaux à l’étage sont réservés au service administratif du musée. Après avoir franchi l’accueil, le visiteur se retrouve sur la cour intérieure du fort. Elle est baptisée « promenade patrimoniale », informe notre guide circonstanciel, Nathalie Blanc Chékété, coordinatrice du Projet de compétitivité du Tourisme transfrontalier (Pctt) à l’Agence nationale de promotion des Patrimoines et de développement du Tourisme (Anpt). Dans la cour, à droite, se trouve la maison du gouverneur. C’est elle qui accueillera, courant mai 2022, les 26 œuvres restituées par la France en attendant la fin des travaux de construction du musée de l’épopée des Amazones et des rois du Danxomè. Ce bâtiment de type R+1 est remarquable par son architecture afro-brésilienne. Il est réhabilité à l’identique pour recevoir des expositions temporaires majeures. Hospice Houngbèmè, directeur des travaux sur la phase 1 du projet, énumère les nouvelles caractéristiques de l’édifice. « C’est un très vieux bâtiment colonial historique de 280 m2 que nous avons conservé dans son entièreté. Il a été renforcé du point de vue structure compte tenu du fait qu’il est maintenant destiné à accueillir un plus large public. La dalle a donc été redimensionnée pour recevoir des charges en exploitation allant jusqu’à 800 g par m2 », explique-t-il. Depuis quelque temps, l’accès à la maison du gouverneur est restreint. « Pour le moment, il y a des règles à respecter. Seuls quelques ouvriers peuvent y entrer pour des touches de finition », indique Nathalie Blanc Chékété. Elle ajoutera que le bâtiment a fait l’objet d’une mise aux normes en matière de régulation thermique afin de respecter le niveau d’hygrométrie qui permettra d’exposer les 26 œuvres dans des conditions optimales, étant donné que les conditions climatiques au Bénin sont différentes de celles de la France où les œuvres sont restées pendant 130 ans. Un peu plus au nord dans l’enceinte du musée, il y a la chapelle que les populations pourront continuer par utiliser. « On veut vraiment que cet espace soit ouvert à la population », insiste notre guide circonstanciel. Derrière cette chapelle se trouve le Musée international de la mémoire de l’esclavage (Mime). Edmond Toli, directeur général de l’Anpt, précise que le Mime permettra de raconter l’histoire douloureuse de la traite négrière au Bénin en particulier et dans les Amériques de façon globale, sans occulter ses conséquences ou impacts sur les continents impliqués de même que les luttes qui ont conduit à son abolition. Caserne et captiverie Dans la cour, « promenade patrimoniale », se trouve également la caserne où vivaient les officiers portugais. Ce bâtiment de trois pièces et la maison du gouverneur se font face. La caserne est aussi réhabilitée à l’identique. Elle couvre une superficie de 300 m2. « D’abord, explique Nathalie Blanc Chékété, vous avez l’armurerie qui est l’espace où les officiers portugais rangeaient leurs armes. Ensuite, suit le mess qui était leur espace de vie. A l’intérieur des salles, le visiteur verra exactement ce qu’étaient une armurerie et un mess des officiers au temps fort de la traite négrière. Nous avons installé des éléments scénographiques qui les a reconstitués à l’identique », détaille la coordinatrice du Pctt à l’Anpt. Une salle pouvant accueillir 30 à 40 personnes pour des conférences internationales sur les sujets liés à la traite négrière, complète ce bâtiment. Ce dernier, comme l’ensemble du site, a été réhabilité suivant les standards internationaux que doivent respecter les lieux ayant vocation à recevoir du public y compris les personnes à mobilité réduite qui profiteront de rampes d’accès Pmr. Derrière la caserne, se trouve un espace singulier : la captiverie. Il s’agit d’un petit hangar sous lequel prévalaient constamment peur, angoisse, crainte, peine et tristesse. Nathalie Blanc Chékété précise que c’est là que les captifs étaient entassés comme du bétail avant de prendre la route de l’esclave. Toujours dans l’enceinte du musée, un préau de 75 m2 est nouvellement construit. Il est destiné à accueillir les groupes scolaires en visite dans le fort. Pour faire vivre l’espace muséal, une zone commerciale est érigée à l’intérieur. On y verra une boutique-souvenirs, des ateliers d’artistes et un snack bar où les visiteurs pourront se restaurer. Promouvoir Ouidah et la destination Bénin La réhabilitation du Fort portugais de Ouidah de même que les autres chantiers en cours ou à venir sont l’expression matérielle de la vision du président Patrice Talon pour le secteur du tourisme béninois. Ils s’inscrivent dans le volet Tourisme du Programme d’action du gouvernement qui entend reconstruire la cité historique de Ouidah à l’identique. L’objectif affiché est de faire de cette ville côtière la destination phare du tourisme mémoriel en Afrique et dans le monde, de renforcer son potentiel touristique et de préserver la mémoire sur le sujet de la traite. « L’investissement effectué au niveau du Fort portugais s’inscrit dans le cadre d’un financement global d’environ 50 millions de dollars Us (à peu près 27 milliards Cfa) alloués par la Banque mondiale. Il couvre non seulement les travaux au fort mais également un certain nombre de travaux tels que la rénovation de la place aux enchères, de la porte du non-retour, le mémorial de Zoungbodji, l’aménagement autour de l’arbre de l’oubli. Ce financement couvre également d’autres aspects pour améliorer la compétitivité du Tourisme, le travail qu’on fait avec l’Organisation mondiale du Tourisme pour la formation des guides touristiques, les licences touristiques, etc. », renseigne le directeur général de l’Anpt, Edmond Toli. Ce vendredi 5 novembre, le président du comité sur la Coopération muséale et patrimoniale entre la France et le Bénin, professeur Nouréini Tidjani Serpos, a également effectué une visite sur le site pour voir le niveau d’avancement des travaux. Il constate avec satisfaction que la première phase des travaux. L’ancien sous-directeur général de l’Unesco chargé de l’Afrique félicite alors l’équipe qui est à l’œuvre et se dit confiant pour la suite. « Il y a une équipe de professionnels dévoués sur le chantier. Ils sont en train de faire du bon travail. Avec ce que j’ai vu et tout ce qui est en train d’être préparé, les œuvres seront accueillies», a-t-il déclaré. Sur la capacité du Bénin à conserver les œuvres restituées, le professeur Nouréini Tidjani Serpos martèle qu’il n’y a aucun doute à se faire au regard des investissements consentis. Actualités 10 nov. 2021


Allocution du président Patrice Talon à l'occasion de la restitution des 26 œuvres : « Désormais, l'espoir est permis... »
Monsieur le président, Merci.
Merci à vous personnellement.
Merci au Parlement et au peuple français, pour ce geste combien symbolique et inespéré, avec toute sa charge d’émotions et de polémiques.
Par ma voix, c’est le peuple béninois tout entier qui vous exprime sa gratitude et ses
félicitations pour votre clairvoyance et votre courage qui ont permis de franchir le cap du tabou de la restitution.
Bravo, bravo Monsieur le président !
Mais, Monsieur le président, cher Président, convenez avec moi, que la restitution de vingt-six (26) œuvres que nous consacrons aujourd’hui, n’est qu’une étape dans le processus ambitieux d’équité et de restitution des patrimoines mémoriels, extorqués jadis aux royaumes du territoire du Bénin, par la France.
Monsieur le président,
Il est regrettable que cet acte de restitution, si pourtant appréciable, ne soit pas de portée à nous donner entièrement satisfaction.
En effet, comment voulez-vous, qu’à mon départ d’ici avec les 26 œuvres, mon enthousiasme soit total pendant que le dieu Gou, œuvre emblématique représentant le dieu des métaux et de la forge, la tablette du fâ, œuvre mythique de divination du célèbre devin Guèdègbé, et beaucoup d’autres, continuent d’être retenus ici en France, au grand dam de leurs ayants droit ?
Mais, est-ce que désormais l’espoir n’est pas permis ?
Si, Monsieur le président.
L’espoir de leur retour au pays, eux aussi, ces œuvres que je viens de citer, et les autres, l’espoir de leur retour au pays est désormais permis grâce à vous. C’est extraordinaire.
Pourquoi n’allons-nous pas nous congratuler franchement pour ce tout premier épisode, en attendant de nous retrouver à nouveau bientôt, sur ce même écran, pour la suite ? Je n’ai pas de doute.
Vous savez, l’émotion qui m’étreint ce matin est dévastatrice parce que j’ai espéré, j’ai désespéré, je me suis accroché et j’ai prié tous les dieux, tous nos ancêtres pour que vous soyez bien inspiré et ils l’ont fait. Vous aurez, monsieur le président, le retour. Vous le verrez bientôt, vous-même. Et la France aura toute la grâce qu’elle mérite par cet acte si élogieux qui permet à ces œuvres, si je ne voudrais pas utiliser le mot « symboliques» simplement, parce que les mots qu’elles m’inspirent, vous ne les comprendrez pas. Tout à l’heure j’ai entendu le maître de cérémonie dire les biens culturels du royaume d’Abomey, mais c’est beaucoup plus que ça, c’est notre âme, Monsieur le président.
Je voudrais donc par ce remerciement vous dire combien ce qui, pour nous, relève de notre patrimoine génétique profond, combien le fait de leur permettre de retourner chez eux, parmi les leurs, pour notre bien, pour notre tranquillité, pour notre sérénité désormais, combien ces patrimoines seront de toute grâce pour vous, pour la France. Parce que j’ai l’assurance que ça ne va pas s’arrêter là. J’ai l’assurance que très bientôt, puisque vous avez instruit les travaux législatifs pour définir un cadre plus général de restitution, j’ai donc l’assurance que par ce fait là, le reste connaîtra le même sort que les 26 œuvres que j’emporte avec moi.
A Cotonou demain à leur arrivée, elles seront célébrées, mais vous aussi. La France sera célébrée aussi parce que nous n’avons plus de doute que la suite viendra.
Merci.
Actualités 10 nov. 2021


7e revue annuelle des réformes et programmes de l’Uemoa : les efforts d’intégration du Bénin évalués
Experts du Bénin et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine procèdent à l’évaluation de la mise en œuvre des réformes et projets communautaires au Bénin. C’est dans le cadre de l’édition 2021 de la revue annuelle des réformes politiques, programmes et projets de l’Uemoa, ouverte hier lundi 8 novembre à Cotonou. Le Bénin accorde un grand intérêt à l’intégration régionale et cela passe par la prise en compte et la mise en œuvre des actes et programmes communautaires. La 7e revue annuelle des réformes politiques, programmes et projets de l’Union économique et monétaire ouest africaine en cours, va justement permettre d’évaluer les efforts d’intégration du Bénin. Les travaux se déroulent du 8 au 10 novembre avec une phase technique consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre effective de 116 textes réglementaires ainsi que de huit projets communautaires pour un montant de près de 34 milliards de francs Cfa. A en croire Yawovi Batchassi, représentant résident de l’Uemoa au Bénin, il s’agira d’échanger sur la base de la grille de pondération retenue de commun accord afin de mettre en lumière les progrès faits par le Bénin dans la mise en œuvre des réformes politiques, programmes et projets communautaires. « Il est question de faire ensemble le point de la mise en œuvre des directives et programmes », a-t-il déclaré. Les experts du Bénin vont dans ce cadre, fournir à leurs homologues de l’Uemoa les éléments permettant de traduire et de certifier la transposition au plan national, des actes et directives de l’Union. A l’ouverture des travaux, Yawovi Batchassi a également exprimé la reconnaissance de l’Union aux autorités béninoises qui donnent la preuve de leur engagement et de leur adhésion. Un engagement réaffirmé par Hermann Takou, directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances. Il précise d’ailleurs que cette revue est d’une grande importance pour le Bénin qui reste très attaché à l’intégration régionale. Hermann Takou a alors invité les experts à une prise en compte effective des progrès réalisés par le Bénin, pour une notation transparente. Au cours de ces assises, les participants vont évaluer la mise en œuvre au Bénin des réformes, programmes et projets communautaires en 2021 notamment au niveau de la gouvernance économique et de la convergence dans les domaines de la passation des marchés, de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ; au niveau des marchés communs notamment dans les domaines de la fiscalité intérieure, de l’union douanière… Ils se pencheront aussi sur le point d’avancement des programmes et projets dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’environnement, l’eau, l’énergie, l’artisanat, le tourisme, l’industrie, les télécommunications, l’aménagement du territoire communautaire… Comme il est de coutume en de pareilles circonstances, les participants vont conclure leurs travaux par l’adoption et la signature d’un mémorandum. La revue annuelle, faut-il le rappeler, a été instituée par la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa en octobre 2013 pour favoriser et faciliter l’accélération de la mise en œuvre des réformes et programmes communautaires. Les résultats des six précédentes éditions ont suscité l’engouement des pays membres et attestent de la nécessité d’une telle initiative. Economie 09 nov. 2021


Election sénatoriale du 26 septembre 2021 : Jean-Damien de Sinzogan saisit le Conseil constitutionnel français
Jean-Damien de Sinzogan, alias Jean de Bourbon conteste devant le Conseil Constitutionnel français, en application de l’article 59 de la Constitution, l’élection partielle du 26 septembre 2021 des sénateurs des Français de l’étranger.
Il a accusé réception de sa requête enregistrée sous le numéro 2021-5730 Sen, à travers une correspondance à lui adressée par Jean Maïa, secrétaire général du Conseil constitutionnel.
Candidat à cette élection, cet entrepreneur, fondateur de la société Hello Juriste France, dénonce la validation de bulletins de vote non conformes au standard légal et s’en remet à la décision de l’institution. Une décision attendue dans un délai de six mois.
Le requérant est invité à communiquer son adresse électronique pour la notification des actes et pièces de procédure, ainsi que des avertissements ou convocations, une fois l’instruction en cours devant le Conseil constitutionnel.
Actualités 09 nov. 2021


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