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Nouvelles

Littérature: Le roman « Dieu n’est pas là-bas » lancé à Porto-Novo

Après Cotonou, le journaliste-écrivain Abalo Cocou Mèdagbé a lancé à Porto-Novo, samedi 3 février dernier, son roman « Dieu n’est pas là-bas ». Ce deuxième lancement a été parrainé par l’ancien ministre Christine Ouinsavi.

Etalé sur 216 pages et subdivisé en treize chapitres, le roman « Dieu n’est pas là-bas » d’Abalo Cocou Mèdagbé n’est pas une œuvre d’évangélisation comme pouvait laisser penser, à première vue, sa page de garde. C’est un livre qui promeut plutôt le dialogue interreligieux à travers l’amour et la paix.
En effet, de la présentation de l’ouvrage par l’auteur lui-même, l’on retient essentiellement, que le roman s’ouvre sur la vie d’un cultivateur, un redoutable ancien criminel qui a été finalement arrêté et incarcéré au Nigeria par la gendarmerie de ce pays, malgré ses forces surnaturelles. Revenu au village après trente ans de vie carcérale, le braqueur va se marier à un personnage aussi sinistre que lui avec qui il va mener une vie de couple malheureuse dans une cabane à 10 km du village d’Alafiarou dans la commune de Tchaourou. Le hasard fera connaître à ce couple un pasteur venu de Porto-Novo pour évangéliser les âmes dans Alafiarou. Les deux personnages renaîtront en Christ mais seul le cultivateur a véritablement abandonné ses pratiques maléfiques.
Le suspense de l’œuvre demeure dans l’exploit du pasteur sans pareil. Celui-ci réussit une grande campagne d’évangélisation ayant fait déplacer des milliers d’habitants venus de toutes les contrées d’Alafiarou pour soulager leurs douleurs, selon les promesses des affiches et des autres moyens de publicité. Mal en a pris à ce pasteur trop zélé de fouler aux pieds toutes les valeurs culturelles et cultuelles chères aux populations ayant fait le déplacement. De retour d’une séance d’évangélisation, le pasteur entendit à 3 h du matin des chants et danses provenant d’une rivière. Il décida d’aller détruire l’esprit ‘’satanique’’ qui troublait la quiétude des paisibles citoyens. Il sera porté disparu par la divinité « Tchankpanan » appelé en région Fon le vodoun Sakpata dont il a méprisé la capacité spirituelle, malgré les mises en garde de ses disciples natifs du milieu qui ont échappé au piège en prenant leurs jambes au cou. Malgré les prières des autres pasteurs, des parents et amis, ce n’est qu’après moult négociations avec la haute dignitaire de la divinité, que le pasteur réapparaîtra avec comme un nouveau statut : initié et adepte de la divinité Tchankpanan. Le pasteur reconverti prouvera désormais la force surnaturelle de son pouvoir actuel en guérissant tous les malades venus à la cérémonie de sa réapparition. Bien que ce pasteur consulte désormais le Fâ pour guérir miraculeusement des malades qui se présentent à lui, il ne se sépare pas de sa bible et va montrer à son épouse que les religions se valent et que l’une ne doit mépriser ou discréditer l’autre, note Abalo Cocou Mèdagbé. Un enseignement que salue la marraine de la cérémonie. Christine Ouinsavi s’est dite très impressionnée par l’ouvrage « Dieu n’est pas là-bas », un roman à suspens, selon elle. Elle laisse comprendre que Dieu n’est exclusivement dans aucune religion et qu’il est dans toutes les religions et tout processus qui concourt à édifier l’homme dans l’amour de l’autre. Un point de vue que le Pape Jean Paul II avait toujours prôné dans le monde, souligne Christine Ouinsavi.

Culture 05 févr. 2018


Epidémie de fièvre hémorragique à virus Lassa au Bénin: Mieux connaître la maladie pour mieux la prévenir

Le Bénin est à nouveau confronté à une épidémie de fièvre hémorragique à virus Lassa qui sévit dans le nord du pays. Déjà quatre décès sur les sept cas enregistrés à la date du 24 janvier dernier. Mais qu’est-ce que la fièvre de Lassa et comment la prendre en charge et la prévenir ? L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) y consacre son aide-mémoire n°179 de juillet 2017.

Selon l’OMS, « La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale aiguë d’une durée d’une à quatre semaines qui sévit en Afrique occidentale. Le virus de Lassa se transmet à l’homme par contact avec des aliments ou des articles ménagers contaminés par l’urine ou les excréments de rongeurs ». Il s’agit d’une zoonose, ce qui signifie que l’homme est contaminé par contact avec des animaux infectés et le réservoir du virus est un rongeur du genre Mastomys, communément appelé «rat à mamelles multiples». Le virus peut aussi se transmettre d’homme à homme par contact direct avec le sang, l’urine, les excréments ou autres sécrétions organiques d’une personne contaminée.
Selon l’Oms, « Environ 80% des personnes contaminées par le virus de Lassa n’ont pas de symptômes », ce qui rend difficile la détection de la maladie.Il est difficile de distinguer la fièvre de Lassa d’autres fièvres hémorragiques virales, comme la maladie à virus Ebola et de beaucoup d’autres maladies provoquant de la fièvre, notamment le paludisme, la fièvre typhoïde et la fièvre jaune. D’où le recours aux examens en laboratoire pour confirmer le diagnostic.
Lorsque la maladie est symptomatique, précise l’organisation, « le début des manifestations cliniques est en général progressif, avec de la fièvre, une faiblesse généralisée et un mauvais état général. Après quelques jours, les malades peuvent présenter des céphalées, une irritation de la gorge, des myalgies (douleurs dans les muscles), des douleurs thoraciques, des nausées, des vomissements, des diarrhées, une toux et des douleurs abdominales ». Dans les cas graves, d’autres signes tels qu’un œdème de la face, une pleurésie, une hémorragie buccale, nasale, vaginale ou digestive et une hypotension peuvent apparaître. Mais lorsque la maladie est détectée à un stade tardif, les signes manifestes observés sont plus graves allant d’un état de choc, des convulsions, des tremblements, à une désorientation pouvant entrainer un coma. Dans les cas mortels, le décès survient généralement dans les 14 jours qui suivent l’apparition des symptômes.
Pour ce qui est du traitement, des soins de soutien précoces, axés sur la réhydratation et le traitement symptomatique, améliorent les chances de survie.Le traitement antiviral semble efficace s’il est administré au début de l’évolution clinique.

Les mesures préventives

La fièvre de Lassa touche toutes les tranches d’âge et les deux sexes. Les personnes les plus exposées sont les habitants de zones rurales où vivent des rongeurs. Pour endiguer la propagation du virus dans une communauté où la présence de la maladie est confirmée, l’isolement rapide des sujets touchés est de mise. A cela s’ajoute la mise en œuvre de bonnes pratiques de protection contre l’infection et le suivi rigoureux des contacts. Actuellement, aucun vaccin ne protège contre la fièvre de Lassa. Dans le cadre de la prévention, l’Oms préconise la promotion d’une bonne hygiène communautaire pour éviter que les rongeurs ne pénètrent dans les habitations. Cela passe, entre autres, par la conservation des denrées alimentaires dans des contenants résistant aux rongeurs, l’élimination des ordures loin des habitations, le maintien de la propreté à l’intérieur de celles-ci et la présence de chats. Aux agents de santé, il est demandé de prendre les précautions d’usage en matière de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins quand ils s’occupent des patients, quel que soit le diagnostic présumé. Il est recommandé aux familles d’éviter tout contact avec le sang et les liquides biologiques d’un malade même au moment des rites funéraires.
Le ministère de la Santé, pour sa part, invite les populations à protéger les réserves et les restes de nourritures, éviter la manipulation et la consommation des rats, se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, éviter tout contact avec une personne suspecte ou malade de fièvre Lassa. Il est en outre demandé à toute personne présentant des signes de la fièvre de Lassa de se rendre immédiatement dans le centre de santé le plus proche pour une prise en charge rapide et efficace.

Une épidémie devenue cyclique

La fièvre de Lassa est endémique dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest dont le Bénin où elle a été diagnostiquée pour la première fois en novembre 2014. Elle y a sévi cette année avec à la clé plusieurs décès. Cette épidémie est devenue cyclique, reconnait le gouvernement béninois. En 2016, le ministère de la Santé a enregistré 54 cas suspects avec 28 décès dans huit départements du pays. Sur les 54 cas, 16 ont été confirmés. En février 2017, le ministère de la Santé a notifié à l’OMS un autre cas de fièvre de Lassa dans la commune de Tchaourou.
La récurrence de la fièvre de Lassa dans la région est favorisée par les déplacements importants et constants entre les peuples. Cependant, l’OMS considère le risque de propagation comme faible, au vu des mesures prises en matière de préparation et de riposte à la maladie.
Face à cette nouvelle épidémie au Bénin, des mesures ont été prises en vue d’enrayer sa propagation. Il s’agit de la prise en charge gratuite des malades et le suivi des personnes ayant été en contact avec eux, l’approvisionnement des formations sanitaires en solutés, médicaments et consommables médicaux, la surveillance épidémiologique quotidienne et le renforcement des actions d’information et de communication.

Santé 30 janv. 2018


Audiences du président de l’Assemblée nationale : La 9e édition de Wémèxwé aura lieu en février prochain

L’édition 2018 de la fête identitaire des filles et fils de la Vallée de l’Ouémé baptisée Wémèxwé, aura lieu dans la commune d’Adjohoun du 21 au 25 février prochain. Cette date a été annoncée par le coordonnateur général du Comité intercommunal de coordination de Wémèxwé, Antoine Bonou, reçu en audience, ce mercredi 24 janvier, par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji.

Il est allé lui présenter le programme des manifestations entrant dans le cadre de la neuvième édition de cette fête. Laquelle n’avait pas eu lieu en 2017 en raison de quelques dissensions entre des filles et fils de la région et la coordination générale.
Les divergences semblent être désormais aplanies. « Le président nous a très bien reçu, nous a promis son soutien et nous a prodigué beaucoup de conseils pour le développement de la Vallée de l’Ouémé », a confié le coordonnateur général du Comité intercommunal de coordination de Wémèxwé au sortir de l’audience. Antoine Bonou dit avoir saisi l’occasion pour remercier Me Adrien Houngbédji pour l’importance qu’il accorde à la Vallée de l’Ouémé à travers ses nombreuses actions qu’il fait et continue de faire pour booster le développement des quatre communes de la région, à savoir Aguégués, Bonou, Dangbo et Adjohoun.
A la suite du coordonnateur général de Wémèxwé, le président Adrien Houngbédji s’est entretenu avec le bureau du Parlement des jeunes du Bénin (Pjb) conduit par son président, Aymard Konty. La délégation dit avoir effectué le déplacement du palais des Gouverneurs pour sacrifier à la tradition de présentation de vœux du Nouvel an au président de l’Assemblée nationale. Aymard Konty et sa suite ont profité de cet entretien pour adresser leurs doléances au président Adrien Houngbédji, afin de permettre au Parlement des jeunes du Bénin ainsi qu'à ses instances décisionnelles d’être plus dynamiques et visibles. Le président du Parlement des jeunes se réjouit de la grande écoute du président de l’Assemblée nationale qui a promis de faire le nécessaire pour que soient prises en compte les doléances en question dans les activités du Parlement au cours de cette année 2018?

Th. C. N.

Actualités 25 janv. 2018


Entretien avec Hervé Wégbomè, artiste comédien: « Ne rien faire pour corriger la mauvaise image donnée à l’Afrique serait l’entretenir… »

Positiver autour des réalités d’Afrique contrairement à l’image apocalyptique que se font les médias occidentaux du continent. C’est le credo qui justifie la dernière tournée théâtrale d'Hervé Wégbomè en France. Une odyssée artistique sur laquelle revient l’artiste comédien à travers cet entretien…

La Nation : Presque trois mois durant, vous vous êtes engagé dans une tournée qui vous a conduit à donner à différents publics français plus de 500 représentations de quatre spectacles évoquant divers sujets qui concourent à montrer à l’Occident une autre image de l’Afrique. Que représente pour le comédien que vous êtes, cet élan à positiver autour des réalités d’un continent longtemps martyrisé par l’image que les médias occidentaux renvoient à l’opinion internationale ?

Hervé Wégbomè : J’ai effectivement eu la chance de donner plus de 500 représentations en terre française. L’aventure a commencé en 2004 avec un projet théâtral de lutte contre le trafic et la maltraitance des enfants ; c’est ce projet mis en œuvre ensemble avec des jeunes béninois et français qui m’a conduit en France pour la première fois en 2004 et ensuite en 2006 puis en 2008. Au cours de l’un de mes séjours dans le cadre de ce projet, j’ai créé, en collaboration avec mon metteur en scène français, un premier spectacle solo : ‘’Les contes de Baï, ma grand-mère’’. C’était une série de contes qui parlent de l’Afrique traditionnelle. Je l’ai présenté dans plusieurs écoles, centres culturels, bibliothèques, centres de loisirs, etc. Après les représentations de ce spectacle et de ceux créés pour le projet, il y a eu des échanges avec le public et la grande majorité des questions posées était essentiellement sur la vie quotidienne en Afrique… « Comment vivez-vous dans votre pays ? En Afrique, avez-vous des voitures ? La télé ? Dormez-vous dans des arbres ? Par quel moyen êtes-vous arrivé en France ?... ».

Des questions qui illustrent réellement que même au XXIe siècle, les enfants et même les jeunes français n’ont de l’Afrique qu’une image erronée, puisée dans les dessins animés, les films fiction : Tarzan, Kirikou et autres… En plus du fait que les médias français, dans leurs éditions du journal télévisé, ne parlent pas beaucoup de l’Afrique qui se développe, mais plutôt de l’Afrique misérable, l’Afrique des guerres, l’Afrique de la famine, l’Afrique des épidémies… Pour le comédien que je suis, ne rien faire pour corriger cette mauvaise image serait l’entretenir… C’est de là que nous avons eu l’idée, avec mes deux metteurs en scène, de créer un nouveau spectacle, pour parler de l’Afrique d’aujourd’hui, montrer sa vraie image ; son image d’hier et d’aujourd’hui : l’Afrique de la tradition et du modernisme, l’Afrique des contes au clair de lune, des chasses aux porcs-épics, l’Afrique avec ses cérémonies d’initiation, ses cérémonies de « sortie d’enfant », ses prières à la nouvelle lune… en comparaison avec l’Afrique des téléphones portables à quatre cartes ‘’Sim’’ simultanées, l’Afrique des connexions internet, l’Afrique des jeux vidéo, etc. C’était ‘’Kan hoho nou’’ créé en 2011 ; un conte théâtralisé, seul sur scène avec une quatre-vingtaine d’objets. Jouer ce spectacle en France a été pour moi un rêve, une opportunité, une chance de pouvoir apporter quelque chose, contribuer à changer en quelque sorte cette fausse image… Et cela a marché ! En tout cas au niveau des petits et grands qui viennent me voir jouer et qui m’écoutent. Ce spectacle a connu et connaît toujours un grand succès jusqu’aujourd’hui en France ! Je le leur en mets plein la vue et les oreilles, je fais connaître véritablement mon pays, le Bénin et j’en suis très fier.

Des clichés et autres préjugés loufoques qui contribuent à altérer l’embellie de ce continent en plein essor, n’ont pas, semble-t-il, trouvé grâce aux yeux des auteurs des différentes pièces représentées. Est-ce une option ou un engagement de votre part à donner au public « une image vraie de l’Afrique d’aujourd’hui, tiraillée entre tradition et modernisme, une image non misérabiliste, exempte de tout préjugé » ?

C’est d’abord un engagement. Je suis Béninois né au Bénin et vivant au Bénin. J’adore mon pays et fier de mon continent, l’Afrique. J’ai grandi au Bénin et moulé dans nos traditions et cultures africaines. Puisque j’ai eu la chance de pouvoir monter sur des scènes françaises et de me faire écouter par des gens, la seule chose que je peux leur présenter, c’est ce que je maîtrise le mieux : la culture africaine, la beauté de chez moi, recto-verso. C’est un engagement depuis que j’ai touché du doigt la réalité de l’image irréelle et erronée que les jeunes français ont de mon pays et de mon continent.

Je suis heureux d’avoir avec moi des amis, des metteurs en scène qui partagent la même vision. Et depuis 2011, on le fait de façon assidue tous les ans. En plus de ‘’Kan hoho nou’’, nous avons créé et tourné trois autres spectacles. Il s’agit de ‘’Sin liho’’ créé en 2013, ‘’Parenthèse’’ en 2014, et ‘’Traversées’’ créé en 2016… Toutes ces pièces sont des créations collectives ; je les ai écrites en collaboration avec mes deux metteurs en scène. Les créations sont un alliage de plusieurs expressions artistiques : le conte, la musique, l’art plastique, le théâtre… Cela est un choix bien pensé et bien mûri puisque les spectacles sont joués partout, pour toutes les tranches d’âge. Ce mélange donne un caractère vivant et dynamique aux spectacles et ne laisse aucun moment de décrochage au spectateur. Pour chacune des pièces, nous avons trois ou quatre versions ; une version pour la petite enfance, une autre pour les enfants du primaire ; élémentaire ou cours moyen et une version pour le collège et le tout public. J’ai joué dans des crèches, j’ai joué dans des maisons de retraite, dans des écoles maternelles, primaires, des collèges, des lycées, des centres de loisirs, des centres culturels, des salles de fêtes, des salles de spectacles, dans des maisons en privé, j’ai joué dans des services, j’ai même joué dans l’hémicycle du Conseil départemental du Pas de Calais… C’est une très belle expérience pour le comédien que je suis.

Quel bilan pourriez-vous faire de ces représentations et de cette expérience Nord-Sud menée également avec un autre Béninois, Brice Bonou, co-metteur en scène de la plupart des spectacles donnés à l’occasion de votre tournée ?

Je suis revenu de ma tournée française en 2017, il y a juste un mois. Pour cette édition 2017, j’ai eu en même temps les quatre spectacles en tournée, comme en 2016. Chacun des spectacles connaît beaucoup de succès et les quatre sont demandés en même temps selon les lieux et le public. Il y a ‘’Kan hoho nou’’ créé en 2011 et joué 235 fois en France ; il y a aussi ‘’Sin liho’’, un spectacle qui traite de la problématique de l’eau en Afrique. Ce spectacle a été créé en 2013 toujours dans le même style que ‘’Kan hoho nou’’ et joué en tout 140 fois en France. Ce thème a été choisi puisque 2013 était l’année internationale de l’eau. Au départ, nous avions choisi créer une nouvelle pièce tous les deux ans mais en 2014, année du démarrage des célébrations du centenaire de la Grande guerre, pour concorder avec l’actualité en France, nous avions créé ‘’Parenthèse’’, un spectacle sur la Guerre 14-18. Ce spectacle qui raconte l’histoire d’un tirailleur sénégalais et d’une infirmière française à l’arrière du front, a mis la lumière sur les tirailleurs sénégalais venus aussi du Dahomey et d’un peu partout en Afrique. Il a traité aussi de rapport Noir et Blanc de l’époque… ce spectacle a été joué au total 75 fois depuis sa création. Sur ‘’Parenthèse’’, je n’ai pas été en solo, j’ai joué avec une comédienne française, Christine Gomez.

En 2016, avec les problèmes de l’immigration et pour aussi rentrer dans le programme scolaire sur conseil d’amis professeurs, nous avons créé ‘’Traversées’’ ; un spectacle qui traite des différentes traversées qu’a connues l’Afrique : la traite négrière, la colonisation, et surtout les causes des migrations des jeunes africains d’aujourd’hui vers l’Europe…Au total, 42 représentations de ce spectacle ont été données jusqu’en 2017. Comme bilan, de 2011 à 2017, j’ai joué en tout 492 fois en tournée en France plus trois participations à un festival ; ce qui fait un total de 495 représentations en France. Ce nombre, ajouté aux représentations dans le cadre du projet contre le trafic et la maltraitance des enfants avec une vingtaine de représentations, plus les premières expériences de tournée française solo avec le spectacle ’’Les contes de Baï, ma grand-mère’’ pour une quinzaine de représentations, je peux dire sans prétention que je totalise amplement plus de 500 représentations théâtrales en France du nord au sud et de l’est à l’ouest !!! Je dois ajouter que le spectacle ‘’Kan hoho nou’’ a été joué également 10 fois au Bénin en 2012 et 10 fois au Bénin et au Togo en 2013 tandis que ‘’Sin liho’’ a été joué 11 fois au Burkina Faso en 2014.

Les deux autres pièces ont été jouées exclusivement en France. Avec les tournées, des amis me disent souvent que c’est un record au niveau des artistes comédiens béninois, vivant au Bénin et qui vont donner des spectacles en France… Je ne sais pas si c’est vrai, mais ce qui est sûr, cette expérience est très enrichissante pour moi et pour Brice Bonou, co-metteur en scène de toutes les pièces depuis 2011 avec Bernard Renoult, metteur en scène français. C’est une très belle aventure remplie de découverte, d’apprentissage et d’expérience théâtrale pour moi. Je parcours une cinquantaine de villes à chaque fois dans toute la France, avec des milliers de spectateurs… Rien que pour 2017, j’ai donné en trois mois environ, 75 représentations qui ont rassemblé plus de 5000 spectateurs dans 50 villes et nous avons effectué plus de 9700 kilomètres de route.
Le public a l’habitude de vous voir exceller dans l’humour aux côtés d’artistes distingués comme tels dans ce registre. Le théâtre nourrit-il aujourd’hui cette envie d’explorer d’autres expressions artistiques chez le comédien ?

C’est vrai qu’au Bénin, on me connaît beaucoup plus avec mes spectacles ‘’humoristiques’’ et mes productions audiovisuelles aux côtés des célèbres Pipi Wobaho et Eléphant mouillé. Mais en réalité, j’étais aussi depuis très longtemps dans le conte, le théâtre dit classique et d’autres formes d’expression artistique. Ceux qui ont bonne mémoire pourront se souvenir de mes apparitions régulières sur l’émission Ayessi dominicale avec des pièces classiques, des déclamations poétiques, etc. Mais chez nous au Bénin, ces genres n’attirent pas la grande masse comme c’est le cas avec le théâtre populaire, le vaudeville, l’humour. Au Bénin, depuis que j’ai commencé véritablement le théâtre en 1996, j’ai déjà joué avec les ‘’Muses du Bénin’’, ‘’Ori Théâtre’’, le ‘’Théâtre Wassangari’’ pour ne citer que ces troupes et compagnies-là… Aujourd’hui, en plus du théâtre, je suis aussi dans la réalisation cinématographique. J’ai le plaisir de me mettre à la fois devant et derrière la caméra.
Pour finir, aujourd’hui, ma plus grande actualité, ce sont mes tournées françaises annuelles. Pour cette année 2018, nous avons en projet une nouvelle création théâtrale et une nouvelle tournée. Ce sera toujours avec l’Afrique et mon pays, le Bénin au centre du sujet. Je suis fier de le faire même sans aucun soutien de quelque nature que ce soit venant du Bénin. Mais cette fierté est d’autant plus grande qu’à travers ces spectacles, la vision de milliers de Français change en ce qui concerne l’image qu’ils ont de l’Afrique en général et de mon pays en particulier. Depuis 2011 que nous avons commencé cette expérience, plusieurs dizaines de Français ont déjà poussé leur curiosité à venir visiter le Bénin ; même si c’est à petite échelle, ces visites ont fait entrer des devises dans mon pays et j’en suis fier.

Aussi les bénéfices de ces tournées ont-elles permis dans un premier temps la création en 2012 d’un centre de loisirs à Zakpota avec l’objectif de donner gratuitement du loisir sain aux enfants de cette commune et continuer avec la lutte contre le trafic des enfants. Dans un deuxième temps, ces bénéfices vont intégralement à la tenue de ce centre de loisirs qui accueille gratuitement plus de 300 enfants sur six à huit semaines par an avec le recrutement d'une dizaine d’animateurs pour le centre et le financement d’une formation spécialisée à leur profit.
Une grande fierté pour moi, et je saisis l’occasion ici pour dire toute ma reconnaissance à mes deux metteurs en scène Brice Bonou et Bernard Renoult, ainsi qu’à toute l’équipe qui organise et rend possible cette aventure?

Culture 24 janv. 2018


Rencontre Patrice Talon-Responsables syndicaux: La séance d'échanges reportée sine die

La séance d'échanges annoncée ce mardi 23 janvier à 16 heures à la salle du Peuple du Palais de la Présidence entre le Chef de l'Etat et les responsables syndicaux a été reportée sine die, informe la direction de la Communication de la Présidence de la Présidence. Cette rencontre à travers laquelle Patrice Talon entendait discuter sans exclusive avec ses interlocuteurs ne pourrait se tenir comme prévu, par suite d'une contrainte de dernière minute, apprend-on. La Présidence de la République rassure qu'elle interviendra au plus tôt dès que l'agenda présidentiel le permettra. 

Politique 23 janv. 2018


Incendie à Porto-Novo : Trois boutiques consumées au marché d’Ahouangbo

Trois boutiques parties en fumée avec tous leur contenu. C’est le bilan d’un incendie qui s’est produit aux environs de 14 h 15, ce lundi 22 janvier au marché d’Ahouangbo situé à deux pas de la Place Jean Bayol à Porto-Novo. C’est un marché qui s’anime au quotidien, du matin jusqu’au soir.

Le feu a attaqué trois boutiques faisant corps avec une maison mitoyenne à la pharmacie Place Bayol. Il s’agit d’une papeterie où sont vendus des articles scolaires et de bureau et de deux boutiques dont l’une est consacrée à la vente de chaussures et autres produits cosmétiques et l’autre de commerce de l’eau et de jus de fruit glacés. Le contenu des trois boutiques a totalement consumé. Leurs propriétaires n’ont pu rien récupérer. La tenancière de la boutique de vente des fournitures scolaires n’a pas pu résister au drame. Elle est tombée évanouie et sera vite isolée des lieux du sinistre.
Les dégâts auraient pu être plus lourds si les sapeurs-pompiers dont la base se trouvait à quelque trois minutes de marche du marché n’avaient pas promptement répondu à l’alerte. Ce qui a permis de circonscrire et de maîtriser les flammes dans leur furie. Les témoins de l’incendie ont salué cette intervention rapide des sapeurs-pompiers qui a permis d’éviter que le feu n’atteigne d’autres hangars surtout la maison abritant les boutiques. Quelques traces sérieuses de fumée noire étaient même perceptibles sur le mur de la maison.
Mais pour l’instant, les causes de l’incendie restent encore un mystère. Beaucoup suspectent un court-circuit certainement dû à une mauvaise installation électrique. Ce qui est plausible à voir le point du départ du feu, selon des témoins, où l’on retrouve un fil électrique enchevêtré avec le toit des boutiques fait de tôle.
Après les sapeurs-pompiers, la Police est venue sur les lieux faire le constat. Une enquête sera certainement ouverte pour tirer au clair l’origine de cet incendie que les victimes ne vont pas oublier de sitôt.

Thibaud C. NAGNONHOU,
A/R Ouémé-Plateau

Société 23 janv. 2018


Audience à la Cour suprême : Les agents licenciés de la Sbee chez Ousmane Batoko

Le président de la Cour suprême a reçu à son cabinet, ce jeudi 18 janvier, plusieurs personnalités et délégations dont le Collectif des agents contractuels licenciés de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Ce dernier est allé plaider pour l’examen de son recours en souffrance à la chambre administrative de la Cour suprême.

Près de 150 agents occasionnels et prestataires de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) qui disent avoir été « abusivement » licenciés en 2008 attendent que la Cour suprême se prononce sur le recours introduit au niveau de la chambre administrative de la Haute juridiction. Une délégation du collectif était, ce jeudi 18 janvier en audience chez le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, pour lui faire part de son impatience et de ses inquiétudes par rapport à la lenteur qu’accuse l’examen du dossier. Elle sollicite par la même occasion l’appui du président de la Cour suprême pour que soit accélérée cette procédure administrative.
Selon Simplice Dédjrossè, porte-parole de la délégation, c’est difficilement que ses collègues licenciés arrivent à joindre les deux bouts avec leurs familles. Leur situation de chômage leur crée beaucoup de difficultés, a-t-il signalé.
Ces agents confient que c’est un beau matin que, par lettre n°4084/08/SBEE/DG/DRHC/SAPR du 30 juillet 2008, il leur a été notifié la rupture de leur contrat d’insertion professionnelle à la Sbee. C’est ainsi qu’ils sont devenus depuis lors des chômeurs. La promesse des autorités de la société de leur faire appel en cas de besoin est restée jusque-là lettre morte. C’est seulement onze d’entre eux qui ont réintégrés et titularisés en novembre 2008. Mais la situation du reste n’a pas connu de suite jusqu’ici. Ils disent avoir rencontré le médiateur de la République pour faire fléchir les autorités de la Sbee mais sans suite.

Situation des Gsm

« Au début de l’année 2017, nous avons pu rencontrer certaines autorités de la Sbee mandatées par la direction générale et qui ont promis de nous donner une suite favorable d’ici fin juin 2017. Mais jusqu’à ce jour c’est le silence plat », se désole le porte-parole du collectif, Simplice Dédjrossè. Lui et ses camarades appellent la Cour suprême au secours pour corriger ce qu’ils appellent « une injustice »
A la suite de ses ex-agents de la Sbee, le président de la Cour suprême s’est entretenu aussi avec le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste du Bénin (Arcep-Bénin). Flavien Bachabi a abordé avec Ousmane Batoko les actions que mène son institution dans le cadre de l’assainissement du secteur des Gsm au Bénin. Selon lui, l’autorité reste accrochée au respect strict des textes qui existent dans le secteur. Il est hors de question que les opérateurs Gsm ne respectent pas les clauses des cahiers des charges et des conventions qu’ils ont signées avec l’Etat, insiste Flavien Bachabi. L’Arcep est là pour faire appliquer les lois sans complaisance et sans état d’âme. Ce sont ces mesures fortes qui expliquent aujourd’hui que le Bénin soit en train de passer de cinq à deux réseaux, renseigne le président de l’Arcep-Bénin. Selon lui, le président de la Cour suprême aurait beaucoup apprécié ces actions d’assainissement que l’Autorité mène depuis l’avènement du régime du Nouveau départ?

Société 19 janv. 2018


Audience à l’Assemblée nationale: Me Adrien Houngbédji reçoit la chargée de programme de l’Uip

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, a reçu en audience, ce mercredi 17 janvier, Mariana Duarte Mutzenberg, chargée de programme et chef de la délégation de l’Union interparlementaire en séjour au Bénin dans le cadre de la conférence parlementaire sur le renforcement de la participation des femmes au Parlement. 

La rencontre qui s’ouvre ce matin à Cotonou, est organisée par l’Assemblée nationale avec l’appui de l’Uip. Le chef de la délégation de l’Uip a jugé utile d’aller présenter ses civilités au président Adrien Houngbédji à quelques heures du démarrage de la conférence.
Au sortir de l’audience, Mariana Duarte Mutzenberg loue l’organisation de cette conférence interparlementaire qui cadre bien, selon elle, avec les objectifs de l’Uip. Car, il existe au sein de l’institution, un pilier axé sur le partenariat entre  les hommes et les femmes c'est-à-dire renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes dans les Parlements et par  le biais du travail parlementaire. Elle dit avoir réitéré au président de l’Assemblée nationale tout le soutien de l’Uip pour son engagement depuis qu’il est élu au perchoir de la septième législature au profit du renforcement de la participation des femmes au Parlement. «  Nous sommes heureux de savoir qu’il y a cette démarche qui est faite ici puisque le Bénin, dans son histoire démocratique récent, n’a pu encore atteint 10 % de femmes au Parlement. La moyenne mondiale est actuellement de 23,5 %. Ce n’est pas l’idéal, mais on  voit que le Bénin n’est pas encore dans le rythme », relève la chargée de programme et chef de la délégation de l’Union interparlementaire en mission au Bénin. Mariana Duarte Mutzenberg salue cette envie du président de l’Assemblée nationale d’œuvrer à inverser la tendance actuelle. « La conférence de Cotonou est une conférence de dialogue avec des acteurs clé comme les parlementaires, la Société civile, ainsi que des expertises venant d’autres pays comme le Sénégal et la Belgique qui ont atteint un niveau important de participation des femmes à l’Assemblée nationale… », dévoile-t-elle?

 

Actualités 18 janv. 2018


Etudier à Dikouan: La précarité plombe la volonté des écoliers

 

De jeunes écoliers à la peine à Dikouan. 23 km de Natitingou, les conditions d’existence militent peu à leur maintien à l’école.

Le visage illuminé, la centaine d’écoliers de l’école primaire publique de Dikouan, village situé à 23 km de Natitingou, dans la discipline, se ruent vers la baraque qui sert de cuisine à l’arrière-cour de l’établissement scolaire. Premier repas de la journée pour la plupart, cet instant reste des plus privilégiés pour eux. Sous la direction de Dieudonné Massikè Essohanam, instituteur au Cours d’initiation et maître-cantine, chaque classe se présente aux deux cuisinières de circonstance pour recevoir sa ration de riz. Le tout achalandé d’une sauce tomate sans autres ajouts que l’eau et l’huile qui la composent. A tour de rôle, les élèves se font servir dans leur bol et s’en vont manger dans les salles de classe. Dernier jour de classe avant les fêtes de fin d’année, la journée prend fin au grand soulagement de l’administration scolaire. Si les vivres essentiels sont fournis par le programme de cantines scolaires du gouvernement, il faudra mobiliser les autres ingrédients pour la sauce tomate. Un véritable casse-tête en cette saison où la tomate s’amenuise dans les jardins des parents d’élèves. « Les enfants n’en apportent plus comme il le leur est demandé en classe », note le maître-cantine. Deux semaines déjà qu’il a lancé la collecte de fonds auprès des parents d’élèves pour faire face à la période de soudure observée depuis peu dans le village. « Elle est bien maigre ce que nous avons pu mobiliser. Juste de quoi faire les achats pour cinq repas », indique-t-il. 

Peu avant 9 h, ce dernier est allé prendre les provisions de vivres au magasin pour la préparation du repas de ce mercredi 20 décembre, sous le contrôle du directeur de l’école. A la cuisine, deux anciennes élèves de l’école, des filles-mères, s’activent autour d’un foyer de fortune. Non loin du hangar hâlé par la fumée, une bassine d’eau retient l’attention par sa couleur ocre. « C’est l’eau que nous utilisons pour faire la cuisine aux enfants. C’est l’eau du marigot », précise l’une d’entre elles, interpellée. En l’absence d’une pompe aux alentours de l’école, cette eau sert en effet d'eau de boisson et à la préparation des repas des 135 élèves que compte l’établissement scolaire.
Volontaires, elles font ce qu’elles peuvent pour donner à manger à ces enfants qui arrivent le plus souvent à l’école, le ventre creux ou peut-être avec pour seul aliment de la journée, la bouillie de pâte de mil de la veille. Avec pour seule motivation, la possibilité à elles offerte de déjeuner au même titre que les élèves de l’établissement à l’heure de la pause. Même si cette habitude est interdite par les autorités en charge du programme de cantine scolaire. « Nous n’avons aucune ressource pour les motiver à rester au service des enfants de l’école », confie Hubert Gnonlonfin, directeur de l’école primaire publique de Dikouan. Estimant le rôle combien important de ces bonnes dames dans le fonctionnement de la cantine et par ricochet dans la rétention à l’école des élèves, il avoue son incapacité à aller contre cette décision de l’Association des parents d’élèves.

Spectre de l’abandon

Bien que Thomas N’koué, président de l’association des parents d'élèves, loue les efforts consentis par le gouvernement pour relancer dans les écoles des contrées déshéritées les cantines scolaires, il n’occulte pas les problèmes récurrents dans le village de Dikouan, et qui plombent toute volonté des enfants d'accéder au savoir. En l’absence d’électricité, la localité est plongée dans le noir et étudier constitue une autre paire de manche pour des élèves déjà contraints à parcourir une longue distance avant d’accéder à l’école. Quoique pour la plupart des parents analphabètes, envoyer son enfant à l’école contribue à faire reculer l’ignorance dans le village et à garantir une chance de réussite dans la vie, les conditions de vie sont loin d’être reluisantes. Aussi, assistent-ils parfois impuissants à l’abandon par certains de leurs enfants. Nombre d’entre eux prennent le chemin du Nigeria à la quête de gain pour soulager leurs peines. En début d’année scolaire, sur 157 élèves régulièrement inscrits, 22 ont fini par faire défection.
« L’année dernière, sur 16 candidats présentés au Certificat d’études primaires, 14 seulement ont pu réellement composer. Un élève est allé au Nigeria tandis que l’une des filles s’estimant grande s’est mariée. Sur l’ensemble des 14, cinq seulement ont connu le succès. A cette rentrée scolaire, six des neuf redoublants ont pu reprendre les classes ; les trois autres ont opposé un refus catégorique à toute reprise et ont même brûlé leurs cahiers avant de s’en aller au Nigeria », souligne Hubert Gnonlonfin.
Affecté par cette infortune, le directeur de l’école s’est promis de faire des six élèves que compte désormais sa classe des exemples dans leur milieu. Ce qui l’amène à les visiter dans leur domicile et à s’enquérir de leurs nouvelles une fois leur absence constatée en classe. « Ce sont des enfants qui ont envie d’étudier mais ce sont les conditions qui constituent pour eux des facteurs limitants », lâche-t-il, tout en rappelant que tous sont appelés à aller composer les épreuves du Certificat d’études primaires à Natitingou. « Ils ont tous l’habitude de marcher pour aller composer à Natitingou. Imaginez un enfant parcourir une vingtaine de kilomètres la veille de l’examen juste parce qu’il n’y a pas de centre d’examen dans les environs de leur localité. L’année dernière, nous tous, enseignants, nous avions dû, pour les aider, en remorquer à deux sur nos motos. Ils sont des enfants béninois aussi », avance-t-il, amer. Citant au passage des abus dont ont fait l’objet des filles envoyées chez des proches pour composer à l’examen.

Espoir

Dans sa classe, le directeur se félicite du progrès fait par les anciens candidats au Cep et ne cache pas son espoir de les voir tous connaître le succès en dépit des conditions précaires dans leur famille. C’est le cas de Nestor M’po. Ayant occupé le 3e rang au cours de l’évaluation du mois de novembre, il tient un mois plus tard le peloton de tête, affichant son aisance à s’exprimer mieux en français. Dans la hutte de ses parents, ressortissants otammari comme la plupart des habitants de Dikouan, il confie à la sortie des classes qu’il étudie à l’aide d’une lampe-torche qu’il attache au front à l’aide de lacets élastiques. Une sorte de torche utilisée généralement dans les mines et dont l’une des lampes est défectueuse. A l’instar de tous ses frères, Nestor se sert de cette lampe dont les piles lui sont fournies par son père. Si dans la tradition otammari, les garçons sont dispensés des travaux domestiques, tel n’est pas le cas de Colette Koudiégou, camarade de classe du jeune garçon et 3e lors de l’évaluation du mois de décembre. Tenue aussi d’étudier par le biais d’une lampe-torche à la suite de la vaisselle et de la corvée d’eau, elle déplore l’inconfort qui caractérise l’exercice. « J’étale mon cahier sur la natte et tenant la torche de ma main gauche j’apprends mes leçons à partir de 22 h », indique-t-elle, sous le regard de son tuteur, sensible à ses peines. « Je ne sais ni lire ni écrire mais à voir ma nièce je me rends compte de ses difficultés à étudier avec une torche. N’ayant pas les moyens de disposer d’un panneau solaire pour éclairer son lieu d’études je ne peux que regretter cette situation », défend André M’po Koudiégou.
La voir obtenir le Cep constituerait pour ce dernier un réconfort d’autant plus qu’un de ses fils, étudiant à l’Université de Parakou, a promis la prendre sous sa coupe pour la poursuite de ses études. Le père de la jeune écolière parti en aventure au Nigeria, André M’po Koudiégou lui assure l’essentiel pour éviter l’infernal sort connu par les filles du village : mariage forcé, grossesse précoce et séquestration, etc. Des réalités que confirment Félix Kouagou, chef du village, très engagé dans le combat pour la déclaration systématique des nouvelles naissances dans la localité. Déjà, faudrait-il, avec le concours de la direction de l’école, faire établir aux élèves des actes de naissance et surtout à ceux qui vont à l’examen.
Avec cinq cours au primaire, le village de Dikouan n’a pas fini de faire son chemin de croix. « Les conditions de vie ne sont pas pour autant favorables à l’installation des enseignants dans le milieu. Nous n’avons pas de logement pour eux et tous sont obligés de louer une chambre à Natitingou. Même l’eau qui est source de vie ne leur est pas accessible. Ce qui nous installe dans une permanente incertitude quant à leur envie de rester au service de notre communauté », craint le chef du village. Ses habitants devront par ailleurs affronter la dure réalité de se séparer de leurs enfants une fois qu’ils réussiraient au Certificat d’études primaires, cette année. Ces derniers, une fois ce cap franchi, seront obligés d’aller vivre à Kouaba, arrondissement distant de 18 km du village, où l’on recense le seul collège de la zone?

 

Education 18 janv. 2018


Audience à la Cour constitutionnelle: Renforcer les capacités de la Cena

Afin d’évaluer les besoins de formation de la Commission électorale nationale autonome (Cena), une délégation d’experts conduite par le professeur Augustin Loada a rencontré, ce mercredi 17 janvier, le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo. Il ressort des échanges que le rendement de la Cena en période électorale a effectivement besoin d’amélioration.

Dans le souci d’améliorer l’organisation des prochaines élections, la Commission électorale nationale autonome (Cena) suivra une série de formations visant à renforcer ses capacités. La Cour constitutionnelle a reçu, ce mercredi, la visite des experts mandatés pour évaluer les besoins de la Commission électorale nationale autonome (Cena) pour une série de formations visant à perfectionner l’organisation des élections au Bénin. Après la vingtaine de minutes qu’ont duré les échanges avec Théodore Holo qui préside l’institution, Augustin Loada, porte-parole de la délégation, a souligné que « Le président de la Cour constitutionnelle a eu aussi à identifier un certain nombre de domaines dans lesquels, il serait bon de renforcer les capacités du personnel électoral ». « Il s’agit notamment, rapporte-t-il, de l’appropriation des règles qui régissent l’organisation et l’administration des élections ; autrement dit, l’appropriation du Code électoral par le personnel ».
Selon Augustin Loada, professeur de droit public et sciences politiques, le président Holo aurait suggéré que des initiatives soient prises pour que le personnel électoral s’approprie davantage ces règles.
Le module de formation prévu pour être administré à la Cena est intitulé « Building resources on democraty, governance and election (Bridge) ». D’après l’hôte du président Holo, c’est un cours qui a été créé entre 1999 et 2000, pour répondre à un besoin ponctuel pour l’organisation d'un référendum au Timor oriental. «  Mais par la suite, le cours s’est élargi pour contenir une vingtaine de modules et il faut choisir les modules en fonction des besoins de renforcement des capacités », ajoute Augustin Loada, avant de notifier que presque tous les pays africains et occidentaux en ont bénéficié. Si le Bénin, à travers la Cena, tend à en faire partie aujourd’hui, les informations recueillies sur les lieux véhiculent que c’est grâce à l’appui du Réseau des structures de gestion des élections en Afrique de l’Ouest (Resao), et au financement de l’Open society initiative for west Africa (Osiwa).
Cette visite des experts dans les locaux de la Cour vient clôturer la mission exploratoire à eux confiée du 15 au 17 janvier 2018 par la Cena. Ils expliquent, par la voix de leur porte-parole, que le rapport des activités menées sera remis à l’institution qui prendra l’initiative de la formation du personnel électoral?

Actualités 18 janv. 2018


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