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Nouvelles

Mairie de Kétou: Le come-back de Lucie Sessinou
Lucie Sessinou reprend son fauteuil de maire de Kétou qu’elle a perdu depuis 2008 où elle a achevé la première mandature de la décentralisation dans cette commune. Elle a été investie ce samedi 6 juin, comme nouveau maire de Kétou. Lucie Sessinou a bénéficié de la confiance des responsables du bureau politique de son parti, l’Union progressiste qui ont jeté leur dévolu sur elle pour conduire les rênes de Kétou pour les six prochaines années. Elle remplace ainsi Théophile Dessa, le maire sortant désormais réduit à un simple conseiller communal. Puisque ce dernier a réussi à tirer son épingle du jeu en se faisant réélire également sur la liste Up, à l’issue des élections communales et municipales du 17 mai dernier. Théophile Dessa doit maintenant s’apprêter à passer le témoin à son successeur dans les tout prochains pour la poursuite des actions de développement de Kétou. Il faut préciser que Lucie Sessinou est membre du conseil communal sortant de Kétou et préside depuis juillet 2018 le Réseau des femmes élues conseillères du Bénin (Refec-Bénin). Actualités 06 juin 2020


Commune de Sèmè-Podji: Jonas Gbènamèto prend le gouvernail
Jonas Gbènamèto est le nouveau maire de Sèmè-Podji. L’élu du Bloc républicain a désormais en main la destinée de cette commune coincée notamment entre Cotonouet Porto-Novo avec deux grandes frontières avec le géant voisin de l’Est, le Nigeria. Jonas Gbènamèto succède désormais à Charlemagne Honfo pour un mandat de six ans. D’aucuns voyaient venir cette promotion de l’ancien directeur général de la Poste du Bénin depuis sa démission de ses fonctions de député à l’Assemblée nationale puis de juge à la Haute cour de Justice. Les prédictions sont une réalité depuis ce samedi avec l’investiture de Jonas Gbènamèto comme le nouvel édile de Sèmè-Podji. Il sera assisté durant son mandat par Timothée Gbèdiga et Noël Fonton respectivement désignés et installés aux postes de 1 er et de 2 e adjoint au maire. Actualités 06 juin 2020


Commune d’Abomey-Calavi : Georges Bada cède son fauteuil à Angelo Ahouandjinou
Angelo Ahouandjinou est désormais le nouveau patron du conseil communal d’Abomey-Calavi. L’homme a été élu dans la matinée de ce samedi 6 juin. Le successeur de Georges Bada à la tête de la ville dortoir, est issu du parti Union progressiste (Up). Le nouveau maire d’Abomey-Calavi va diriger la commune avec deux adjoints. Le premier a nom Thérèse François Kora et le second, Christelle Dan. Les neuf chefs d’arrondissement de la commune ont été également désignés. Pour rappel, le nouveau conseil communal d’Abomey-Calavi, à l’instar des autres exécutifs communaux du Bénin, est élu pour un mandat de six ans. Actualités 06 juin 2020


Pierre Cocou Awadji, maire sortant de Lokossa: « La réforme du système partisan a corrigé beaucoup de choses »
Elu maire de Lokossa en 2003, après avoir été premier adjoint au maire puis directeur de cabinet de son prédécesseur, Pierre Cocou Awadji totalise 17 années de pratique de décentralisation. Mais tout n’aura pas été rose, puisqu’il a été confronté, durant plus de 18 mois de son mandat de maire, au basculement brusque de la majorité au conseil. Un coup dur qui justifierait selon certains citoyens l’absence du maire sortant aux dernières communales. Enseignant de carrière, membre fondateur du parti Union progressiste, Pierre Cocou Awadji revient dans cette interview sur sa non participation aux communales, son bilan puis évoque la sécurité envisagée pour les nouveaux maires à travers la réforme du système partisan. La Nation : Monsieur le maire, vous vous apprêtez à passer la main à votre successeur et à quitter également le conseil communal de Lokossa. Qu’est-ce qui justifie votre absence aux dernières élections communales ? Pierre Cocou Awadji : C’est vrai, le maire de Lokossa n’a plus été candidat. Vous savez, Lokossa compte cinq arrondissements dont le plus peuplé est celui de Lokossa-centre. Au regard de ce facteur, la population veut que le dirigeant provienne de cet arrondissement. J’ai été élu dans l’arrondissement d’Agamé avant de devenir maire. Ce que j’ai enduré, c’est trop. De par cette expérience, j’ai voulu être conseiller de l’arrondissement central parce que je suis natif d’ici. Mais cela n’a pas été accepté et on me demande de retourner encore à Agamé. Je ne voudrais plus vivre les mêmes difficultés et c’est par rapport à cela que j’ai décidé de me retirer des communales du 17 mai dernier. Cela ne veut pas dire que Pierre Cocou Awadji a abandonné la politique. J’ai marqué une pause pour observer. Je demeure militant de l’Union progressiste, mon parti politique. Et on va travailler ensemble pour faire sortir le meilleur maire qui va continuer mes œuvres. Il y a cinq ans, vous avez été élu à la tête de Lokossa avec douze voix. Mais on a constaté que cette majorité qui vous a permis de prendre le fauteuil de maire a volé en éclats le 17 juin 2018 sous fond d’une fronde qui a failli vous emporter. Quelles étaient les origines de cette fronde ? C’est la politique. Chacun de nous, conseillers, veut l’exercice du pouvoir. Mais le choix est porté sur moi. En évoluant, certains se sont dit que c’est possible de me bousculer pour récupérer le pouvoir. Ils ont tenté, ça n’a pas marché et ils ont relâché. Revenus à de meilleurs sentiments, ils m’ont laissé poursuivre mon mandat. Ce qui a permis que j’arrive jusqu’au terme des cinq ans déterminés par la loi. La crise étant politique comme vous le dites, sa solution aussi a dû être politique. Des libéralités vous auraient permis de rétablir la majorité à votre profit. A combien peut-on évaluer le budget mobilisé pour vous réconcilier avec les dissidents ? De l’argent, monsieur le journaliste, ce n’est pas vrai. Moi, je me suis dit, si les collègues sont revenus, c’est parce qu’ils ont compris que ce n’est pas certain qu’ils parviennent à faire partir le maire de son fauteuil. De l’autre côté, en évoluant, ils ont constaté que le développement de la commune est en train de de prendre un coup, les budgets étant bloqués. Au cœur de cette crise, les frondeurs vous soupçonnaient d’avoir commis des malversations financières. Entre autres, ils parlaient de surfacturation dans l’achat de deux véhicules et d’un bulldozer D7 d’occasion à la place du neuf pour le compte de la mairie. Qu’en est-il réellement ? Qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Par rapport à l’achat de matériels roulants, il n’y a pas eu de malversations. Je prends les deux véhicules achetés à savoir la RAV 4 et la Highlander. Ces deux véhicules sont acquis sur fonds propres et la loi autorise à faire ces dépenses sur fonds propres sans consulter qui que ce soit, ni le ministère en charge de la Décentralisation, ni le ministère des Finances et de l’Economie. Ce qui n’est pas le cas pour les fonds Fadec affectés comme non affectés où il faut l’accord des deux institutions. Par rapport aux deux véhicules : l’un de fonction et l’autre de pool, puisque c’est sur fonds propres, nulle part dans le budget voté, il n’a été question de véhicules neufs. Mais par rapport au bulldozer, le principe du neuf était retenu. La prévision dans le temps pour le bull Caterpillar D7 était 37 millions francs Cfa. Pour une première fois, le dossier d’appel d’offres a été infructueux. Pareil pour la deuxième fois. Les fournisseurs se sont rapprochés de nous pour connaître la marque de bull envisagée, puisque la loi interdit de la publier dans le Dao. Et c’est alors qu’ils ont estimé qu’il est impossible de trouver de bulldozer neuf de marque Caterpilar avec le montant prévu. La prévision étant insuffisante, il est question de s’appuyer sur des fonds Fadec. Là, le ministère de la Décentralisation a été saisi. A la suite de cette précaution, nous avons utilisé les fonds Fadec pour compléter et acheter le bulldozer. Mais ce fut après avoir saisi, par écrit, le ministère des Finances et de l’Economie aux fins d’autoriser l’achat d’un bull vieux de plus de sept ans d’usage. Puis le Dao a été relancé par rapport à la nouvelle provision financière. Des offres s’en sont suivies et le mieux disant a obtenu le marché. Mais dire qu’il y a eu de surfacturation par rapport à cela, je ne sais pas. Si on avait fait ce dépouillement d’une manière frauduleuse, je ne serai plus ici aujourd’hui. Parce que l’Inspection générale des finances (Igf) est même venue par rapport à ce dossier. Nous sommes suivis de près. En dehors de ces actions, qu’avez-vous fait à la tête de Lokossa durant la troisième mandature de la décentralisation ? Quand on vous met à la tête d’une commune, il est question de mobiliser des ressources qui, si elles sont bien gérées, vous permettent de mener des activités de développement. J’ai hérité d’un budget de moins d’un milliard de francs Cfa, en 2003, mais aujourd’hui je suis à plus de deux milliards. Ça voudra dire qu’on a progressé. Quand il y a évolution au niveau du budget, ça veut dire que vous avez les moyens pour faire face aux urgences des communautés. Je ne dirai pas que j’ai tout fait mais j’ai fait de mon mieux parce que tant qu’il reste à faire, c’est dire que rien n’est fait. Comment êtes-vous parvenu à doubler le budget ? Le budget est constitué, entre autres, des recettes propres et fiscales. Pour les recettes propres, par exemple, j’ai augmenté les postes de perception des taxes sur l’exploitation et le transport du sable et de gravier. En plus des postes d’Agamé et de Toguèmé, opérationnels par le passé, j’en ai créé dans l’arrondissement de Koudo, et deux autres au niveau de Ouèdèmé pour éviter des fuites. J’ai également révisé à la baisse le coût de location des boutiques de la mairie. Et grâce à cette action, toutes les boutiques sont occupées. La centaine de nouvelles boutiques en construction s’inscrit dans la même logique. Pour les recettes fiscales, nous avons bénéficié de l’accompagnement du Groupement intercommunal du Mono et d’autres partenaires. Lequel accompagnement a permis de limiter les fuites fiscales et ce faisant, les recettes venant des impôts ont augmenté. Concernant les infrastructures marchandes également. Aussi, l’Etat a-t-il revu à la hausse les fonds affectés au développement de la commune. Malgré cette bonne santé financière, les artifices qui agrémentaient la ville pour les fêtes de fin d’année tels que le badigeonnage des artères principales de Lokossa ainsi que les guirlandes ne sont plus en vogue. Quel message doit-on comprendre à travers cette option ? Moi j’ai toujours voulu aller à l’essentiel. Attendre toute une année et c’est à la fin, à l’approche des fêtes, on place des guirlandes, pour moi ce n’est pas l’essentiel. Au lieu de penser aux guirlandes, j’ai plutôt jugé utile d’améliorer l’éclairage public. Et pour cela, nous achetons des lampadaires à énergie solaire. Là où ils sont en panne, on remplace. Il est vrai que tout n’est pas remplacé. De même dans le social où il est question d’assister ici et là, on a retenu d’impacter les femmes constituées en des groupements pour nous aider à rendre la ville propre. L’essentiel pour moi, c’est surtout la construction des salles de classe, des centres de santé et j’en passe. La priorité est accordée à ces domaines-là. A Lokossa, il y a plusieurs chantiers qui sont ouverts surtout dans le cadre du projet Asphaltage. Comment la commune a-t-elle pu avoir une trentaine de kilomètres de voies à asphalter ? Par rapport aux communes choisies pour bénéficier de l’asphaltage, Lokossa est celle qui bénéficie de moins de linéaire, 32 km de route. Mais c’est déjà un exploit. J’étais en voyage au Canada quand le gouvernement a, par courrier, demandé aux maires de choisir les voies à aménager. Ce que mes services avaient envoyé tournait autour de 4 km et c’est à mon retour que j’ai repris le dossier pour porter nos besoins à 32 km. Et cela a été intégralement retenu. Qu’est-ce que vous retenez comme action essentielle menée pendant votre mandat ? J’ai donné priorité à l’éducation. Dans la commune de Lokossa, aujourd’hui, c’est seulement l’Ecole primaire publique Ablodé, dans l’arrondissement de Koudo, qui manque de module de classes. Par rapport aux centres de santé, j’ai cherché à rapprocher les centres des populations. Par le passé, celui qui habite à Tozounmé, par exemple, parcourait des dizaines de kilomètres de distance pour venir se faire soigner jusqu’à Koudo. Pour pallier cela, des centres de santé ont été construits, par endroits, pour rapprocher les agents de santé des patients. Et j’en suis fier. Quel est votre plus grand regret en quittant la tête du conseil ? Mon regret, c’est la fronde des dissidents qui a bloqué le conseil communal pendant plus d’un an et demi. S’il n’y avait pas ça, Lokossa ne serait plus au niveau actuel de développement. De par votre expérience dans la pratique de la décentralisation, quels sont les goulots d’étranglement que le gouvernement doit lever ? L’Etat actuel a fait un effort en augmentant les fonds Fadec, mais ce que moi je déplore c’est que les fonds n’arrivent pas à temps. Le retard dans la mise en place des fonds fait qu’on n’arrive pas à les consommer pour l’année pour laquelle ils sont dédiés. Si l’Etat peut faire un effort pour les envoyer dans l’année dans laquelle le travail serait fait, le tout serait consommé. La quatrième mandature de l’ère de la décentralisation s’installe dans un contexte de réforme du système partisan. Pensez-vous que ce contexte offre plus de sécurité aux nouveaux maires pour leur gestion ? En termes de sécurité pour les nouveaux maires, la réforme du système partisan a corrigé beaucoup de choses. Par le passé, il suffit que les conseillers soient au nombre de deux tiers du conseil pour que le maire puisse être destitué. Dans le contexte actuel, même si des conseillers sont contre le maire et soupçonnent des malversations dans sa gestion, il va falloir assigner le maire devant un tribunal. Et c’est la juridiction qui apprécie les faits et décide de la sanction. De même, si un conseiller, élu maire ou pas, est passible des pratiques contraires aux directives de son parti, celui-ci peut le relever de son poste de conseiller communal et, par ricochet, du fauteuil de maire. Puisqu’il faut être conseiller avant d’accéder au poste de maire. Ça, c’est très bon. Ce que nous avons connu au cours du mandat qui s’achève, relève de la pagaille. Je vois que l’ordre revient de sorte à permettre aux nouveaux conseils et aux maires de se concentrer sur les préoccupations de développement. Propos recueillis par Désiré C. VIGAN Actualités 05 juin 2020


Lancement de proximité de la campagne agricole: « Dans deux ans, le Bénin sera exportateur de mangues », selon Gaston Dossouhoui
Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche a procédé, hier jeudi 4 juin, au lancement de proximité de la campagne agricole 2020-2021 au pôle de développement agricole (Atda 5) Zou-Couffo située à Saclo, commune de Bohicon par la mise en terre des plants de manguiers. Le thème choisi pour cette campagne est « Accès des produits agricoles au marché : Défis et stratégies ». Le lancement de proximité de la campagne agricole est l’une des innovations du gouvernement dont l’objectif est de booster la production agricole nationale. Par ce geste, le top vient ainsi d’être donné par le ministre Gaston Dossouhoui pour le compte de la campagne agricole 2020-2021. N’ayant pas pu lancer la campagne régulièrement en raison des exigences du Covid-19, il a choisi la formule des lancements de proximité afin d’aller au contact des producteurs pour leur doper le moral et décliner les opportunités qu’offre le budget de l’Etat exercice 2020. C’est un secret de polichinelle qu’aujourd’hui, le secteur agricole béninois a connu une restructuration institutionnelle et dans ce cadre, des produits ont été ciblés pour réduire les importations alimentaires et pour porter les produits locaux sur le marché international. Cette restructuration a amené à analyser les zones favorables à telle ou telle spéculation. Dans le pôle 5 qui couvre le bassin du Couffo et du Zou, l’accent a été porté sur d’importantes filières, à savoir les plantes pérennes qui regroupent les agrumes et les spéculations vivrières. Aujourd’hui, l’un des défis que s’est fixé le gouvernement Talon est de faire du Bénin un pays exportateur de mangues d’ici deux ans. C’est pourquoi le ministre, comptant sur l’engagement des producteurs et la détermination du gouvernement, promet que « Dans deux ans, le Bénin sera exportateur de mangues ». Après avoir mis un accent sur les facilités offertes aux producteurs par le gouvernement, il les a invités à en profiter et à produire suffisamment en vue d’atteindre les objectifs fixés. Bilan de la campagne 2019-2020 Didier Agonyissa, directeur général de L’atda 5 a saisi la balle au bond pour faire le bilan de la campagne agricole 2019-2020. Ainsi, conformément à sa mission de promotion des filières, l’agence a pris des dispositions au titre de la campagne 2019-2020 notamment la facilitation de l’accès aux intrants, le renforcement de la capacité des acteurs, la mise en place de noyaux reproducteurs de volaille et de petits ruminants, d’équipements, d’alevins clarias et autres. Lesquelles dispositions ont permis d’atteindre des résultats appréciables, dont la réalisation de 940 hectares d’aménagements dans le cadre de la contribution du pôle à l’objectif de production d’un million de tonnes de riz par an à l’horizon 2022, le renforcement des capacités des producteurs (formation et appui en équipements) et l’appui à l’émergence des clusters pour l’amélioration de l’accès au marché des produits agricoles. A noter qu’après le cérémonial de mise en terre des plants, le ministre et sa délégation ont visité la ferme Fondogni de Dominique Gnimadi située sur la route de Covè. Il s’y fait la production de palmier, la transformation d’huile de palme, l’élevage, le maraîchage et autres . Actualités 05 juin 2020


Comités de gestion contre le Covid-19: Les mesures de prévention rappelées dans les mosquées
Fermés durant plus de deux mois, les lieux de culte ont rouvert ce mardi 02 juin 2020, grâce à l’allègement des mesures restrictives liées à la riposte contre le Covid-19. Dans cet entretien, Abdoul Jalili Yessoufou, imam de la mosquée centrale de Cadjèhoun et secrétaire général de l’Union Islamique du Bénin (Uib), se prononce sur cette décision du gouvernement et rappelle les dispositions prises dans les mosquées pour qu’il n’y ait pas de faille dans l’observance des mesures barrières à la propagation du coronavirus. Quel sentiment vous anime face à la décision du gouvernement portant la réouverture des lieux de culte dont les mosquées ? Abdoul Jalili Yessoufou: C’est avec une grande joie que nous accueillons la décision gouvernementale annonçant la réouverture des mosquées. La décision était attendue par toute la communauté musulmane à laquelle les mosquées manquaient. Nous louons Allah qui a exaucé nos prières et qui a permis aux autorités d’avoir la maîtrise de la gestion de la crise à travers une réduction considérable du nombre de cas de coronavirus et la mise en place d’un traitement. Il faut avouer qu’au départ, la maladie du Covid-19 a terrorisé tout le monde. Ce qui a abouti à la fermeture des lieux de culte sur toute l’étendue du territoire national. Nous accueillons très favorablement et avec joie l’allègement des mesures restrictives liées à la riposte contre le Covid-19. Une réouverture autorisée sous conditions ! Monsieur le secrétaire général, la communauté musulmane pourra-t-elle respecter les mesures qui conditionnent la réouverture des lieux de culte ? Ce sont des conditions que nous pouvons faire respecter. Les conditions, entre-temps, sont déjà entrées dans les habitudes de tous les fils et toutes les filles du Bénin. Que feront concrètement les responsables pour faire respecter les mesures barrières à la propagation du Covid-19 dans les mosquées? Les responsables au niveau des départements à savoir les bureaux départementaux de l’Union islamique du Bénin (Uib) ont commencé à recevoir des messages qui ne sont qu’un ensemble de mesures d’application tenant compte des spécificités de la religion musulmane. Il s’agit essentiellement des mesures que doivent respecter toutes les mosquées. Il y a également des mesures qui concernent les fidèles eux-mêmes. En ce qui concerne les mosquées, il est demandé de faire installer des dispositifs de lavage des mains à l’entrée, de procéder à la désinfection régulière des lieux. Nous avons demandé dans les mosquées, où il y a la possibilité, de ranger carrément les tapis de prière pour que le nettoyage se fasse. Cette désinfection est de mise. Nous avons mis un accent particulier là-dessus. Les imams auront à faire respecter surtout à l’intérieur des mosquées la distanciation d’au moins un mètre entre fidèles musulmans. Il est demandé aux responsables de revoir les sermons faits par les imams pour que cela se fasse surtout les vendredis dans une marge de temps raisonnable parce qu’il s’agira de ne pas permettre la propagation de la maladie. Nous avons limité nos prières quotidiennes et canoniques dans un temps donné et les prières du vendredi seront également de courte durée. Nous avons responsabilisé les comités de gestion des mosquées pour veiller au respect des mesures. Quant aux fidèles, nous leur avions demandé de porter chacun un masque et de se laver les mains à l’entrée comme à la sortie de la mosquée. Nous avons demandé à chaque fidèle musulman de venir à la mosquée avec son propre tapis. Ces mesures sont déjà notifiées à tous les démembrements de l’Union islamique du Bénin (Uib). L’Uib a procédé à la finalisation des mesures ce samedi (30 mai 2020, ndlr). La désinfection des mosquées commence le dimanche 31 mai 2020 et sera faite sur toute l’étendue du territoire national avant la tenue du premier culte le mardi 02 juin 2020. Quelles dispositions avez-vous prises en cas de non-respect de ces mesures? Puisque l’allègement des mesures restrictives liées à la riposte contre le Covid-19 est une décision gouvernementale que l’Union islamique du Bénin (Uib) met en application, chaque comité de gestion des mosquées a le pouvoir d’engager la responsabilité des imams en cas de défaillance en ce qui concerne le respect des mesures barrières. L’Uib a pris toutes les dispositions pour qu’il n’y ait pas de failles dans l’observance des mesures dans les mosquées. C’est le moment d’ailleurs de remercier les imams et les fidèles musulmans qui ont respecté les mesures concernant la fermeture des lieux de culte. Nous les invitons à avoir le même comportement à la réouverture pour qu’il n’y ait pas de désobéissance par rapport à toutes les mesures. Il faut avouer que le problème de moyens se pose dans certaines mosquées. Nous réitérons notre demande de soutien à l’endroit de toutes les personnes de bonne volonté au sein de la communauté et au gouvernement pour soutenir les mosquées dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19. Par Marc MENSAH (Stag.) Actualités 05 juin 2020


Gestion des déchets pneumatiques: De fortes actions de valorisation et de protection de l’environnement
En se fixant pour credo « les ordures sont les ors durs», Jérémie Gbègniho œuvre pour la protection de l’environnement à travers la valorisation des déchets. Grâce à une technique de recyclage, il donne une seconde vie aux pneus, bouteilles et sachets en plastique qui polluent l’environnement. Après une formation initiée par l’Organisation non gouvernementale Nature tropicale à laquelle il a pris part en 2006, Jérémie Gbègniho découvre sa vocation de spécialiste et de citoyen engagé dans la protection de l’environnement. Ladite formation portait sur une initiative dénommée graine du futur qui consiste à faire séjourner les jeunes dans la forêt pour prendre contact et communiquer avec la nature et à se faire former sur les connaissances endogènes au service de la protection de la nature. Une sorte d’éducation environnementale par expérience qui a déchaîné sa passion pour la cause environnementale. Il a initié en 2015, un programme de création de dix mille emplois verts en Afrique basés uniquement sur la valorisation des déchets. Après la mobilisation des jeunes dans sept pays de la sous-région qui ont adhéré à la cause de la protection de l’environnement au départ, d’autres pays se sont intéressés à l’initiative et actuellement elle s’est étendue à vingt-cinq pays qui ont fini par fonder en 2015 l’Union africaine des ambassadeurs du climat dont Jérémie Gbègniho est le président. Selon ses explications, l’objectif est de mettre en place un programme dans chacun des pays africains qui puisse se focaliser sur la valorisation des déchets et la création d’emplois verts. « Au début, nous avions commencé par la transformation des pneus pour en fabriquer des guéridons et des sièges. Par la suite, nous avons œuvré pour transformation des sachets plastiques pour en fabriquer des pavés plastiques. Les jeunes étaient beaucoup plus exposés à la fumée des sachets brûlés et du coup l’initiative n’a pas été promue par manque de matériels adéquats », informe-t-il. Les techniques de fabrication ont été donc améliorées et il parvient à réaliser des poufs de grande valeur faits avec des matériaux de qualité, qui peuvent retrouver leur place dans les palaces. Aujourd’hui, avec des sachets et des bouteilles plastiques recyclés, Jérémie G. fabrique des poufs, des divans, des tables de nuit, des tables à manger, des murs de séparation, des divans à dossiers et bien d’autres objets de décoration qu’il offre aux connaissances et aux personnalités pour en apprécier la qualité. « Jusque-là, je ne vends aucun produit, j’en donne juste aux connaissances pour apprécier la résistance de la matière », a-t-il souligné. Ainsi donc, à base des pneus, il fabrique des guéridons de qualité exceptionnelle, tout en protégeant l'environnement. Le procédé a l’avantage de libérer l’environnement des polluants. « Dans chaque bouteille en plastique, nous essayons d’emprisonner des centaines de sachets plastiques qui ne constituent rien en matière de poids. C’est une manière pour nous de débarrasser l’environnement de tous ces sachets plastiques qui le polluent », confie Jérémie Gbègniho. Satisfaction Si Jérémie Gbègniho n’est pas prêt à abandonner l’activité, il estime qu’elle le rend utile à la vie, à l’environnement. Et pour cause. Pour fabriquer un pouf, il faut utiliser environ deux kilogrammes de sachets plastiques et un minimum de 48 bouteilles en plastique de 0,5 litre de contenance. On imagine bien le nombre de sachets que cela représente. Pour un salon complet par exemple, cela varie entre 450 et 577 bouteilles en plastique et près de sept kilogrammes de sachets plastiques. « Au total, nous avons 1377 bouteilles en plastique pour fabriquer un salon de cinq places et environ vingt kilos de sachets plastiques. « Même celui qui investit de l’argent à acheter un objet qui dégorge l’environnement des déchets plastiques doit en être fier », a-t-il ajouté avant d’affirmer qu’en matière de lutte contre la pollution, il ressent une grande satisfaction. « Ce qui me réjouit, c’est quand je réunis des déchets et que j’arrive à leur donner une beauté, une grandeur », laisse-t-il entendre. De cette expérience, le président de l’Union africaine des ambassadeurs du climat retient que le secteur porteur d’emploi en Afrique est la valorisation des sachets et des objets en plastique usagés qui courent les rues et qui représentent un véritable danger pour l’environnement et le climat. Ces objets polluants sont pour la plupart à la base de nombreux maux qui minent la santé des populations, d’après lui. Pour parvenir à débarrasser l’environnement de ces déchets, il a fait savoir que lorsqu’il y a un projet de fabrication, son équipe et lui lancent une campagne de collecte de bouteilles et de sachets en plastique. Le défi actuel pour une production à grande échelle est son combat pour la mobilisation de ressources pour créer un grand centre intelligent de valorisation des déchets plastiques. « Je sais que, ce faisant, nous pouvons créer de milliers d’emplois et des milliards de richesse pour notre pays », envisage-t-il. Dès lors, chaque citoyen devra savoir qu’il a un rôle à jouer dans la protection de l’environnement et éviter d’y jeter des objets polluants. Environnement 05 juin 2020


Lutte contre le coronavirus: Rendre performant le système immunitaire par la pratique d’activités physiques
Cinq mois après son déclenchement, la pandémie à coronavirus 2019 (Covid-19) continue de défier l’être humain et la science. Malgré le partage des informations médicales au niveau mondial, des questions concernant l’origine du virus, les mécanismes de transmission, la validité des tests de dépistage et l’efficacité des traitements en cours restent sans réponses scientifiques consensuelles. Dans ce contexte incertain serti d’intérêts géopolitique et financier, stimuler la réponse immunitaire contre ce féroce virus par les moyens simples comme la pratique d’activités physiques, est à coup sûr une option gagnante. Et cet article révèle les bénéfices des activités physiques sur le système immunitaire, la santé physique et mentale en général. Pour limiter la propagation vertigineuse du coronavirus, les pays ont adopté des mesures de riposte et de précaution telles que la fermeture des frontières et lieux publics, le couvre-feu, la limite du trafic aérien, le télétravail, le confinement et les gestes barrières. Le respect desdites mesures impérieuses engendre la restriction des déplacements, la perte d’emploi, l’isolement et le stress chez de nombreuses personnes. Au demeurant, leur santé et leur bien-être mental peuvent être menacés, surtout si elles ne pratiquent aucune forme d'activité physique à domicile. Et c’est fort de ce constat que nous avons recommandé aux citoyens, dans un article intitulé «Comment booster votre système immunitaire pour lutter contre le coronavirus?» (La Nation, numéro7469 en date du 20 avril 2020), de s’adonner aux activités physiques durant cette pandémie. Il importe de comprendre que le système immunitaire (expliqué dans l’article susmentionné) est au cœur des mécanismes d’action de vaccins et traitements antiviraux. En attendant la mise au point de remèdes prouvés contre ce scabreux coronavirus, aussi bien en Afrique qu’ailleurs, stimuler le système immunitaire par les moyens pratiques et sûrs est une option gagnante. Dans les sections suivantes, nous traitons des bienfaits de l’activité physique sur le système immunitaire durant cette crise sanitaire; nous suggérons enfin quelques exercices adaptés au contexte. Généralités sur l'activité physique L'activité physique (Ap) est définie comme tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques entraînant une dépense énergétique. Il y a, brièvement, trois types d’Ap: l’endurance aérobie ou cardiorespiratoire pour faire travailler le cœur et les poumons; l’entraînement musculaire en résistance pour renforcer les muscles et les os et la flexibilité pour détendre les muscles et demeurer souple. Les bénéfices d’un type sur la santé sont tributaires de la fréquence, la durée et l’intensité de l'activité. La notion d’intensité renvoie à l’énergie dépensée au cours de l’effort. Pour une même durée, la dépense énergétique est d’autant plus élevée que l’activité ou l’exercice est intense. Voici quelques exemples proposés par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) : ¦ Activité physique modérée (elle demande un effort moyen et accélère sensiblement la fréquence cardiaque) : marcher d'un pas vif; danser; s'acquitter de travaux ménagers et domestiques; soulever/déplacer de lourdes charges ; faire du bricolage (par ex. réparations de toitures, peinture), etc. ¦ Activité physique d'intensité élevée (elle demande un effort important ; le souffle se raccourcit et la fréquence cardiaque s'accélère considérablement.) : courir; faire du vélo à vive allure; nager à vive allure; faire des sports et jeux de compétition, etc. Durant cette pandémie, l'Oms recommande aux adultes, 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée ou 75 minutes d'activité physique d'intensité élevée par semaine ou une combinaison des deux (1). Impact de l'activité physique sur la fonction immunitaire Les études ont globalement montré que l'activité physique (surtout modérée) améliore la fonction immunitaire en ce sens qu’elle favorise la production et la mobilisation des lymphocytes capables de reconnaître et de détruire les cellules infectées par un virus. A titre d’exemple, une étude conduite au Danemark a montré que l'interleukine-15 (ou cytokine L-15, une protéine d’origine musculaire), cruciale pour l'activation et la prolifération des lymphocytes T, était libérée après un exercice en résistance chez les hommes Danois âgés de 25 ans; ce qui avait entrainé par la suite une mobilisation efficace des cellules T (2). Une Ap régulière peut également avoir un effet positif sur le système immunitaire via d'autres mécanismes tels que la prévention d'une inflammation chronique dite de bas grade. Pour rappel, l'inflammation provoquée par notre système immunitaire est un phénomène essentiel qui permet à certains globules blancs (les macrophages) d’éliminer d’éventuels agents pathogènes qui tenteraient d’envahir notre corps. Par contre, lorsqu’elle se produit sur une longue période ou de façon intense, elle devient chronique et nuit au système immunitaire. L'inflammation chronique peut provoquer le développement de plusieurs pathologies. Les comportements sédentaires (s’asseoir à ne rien faire, conduire une voiture, regarder la télévision, s’adonner au jeu vidéo, etc.), doublés de l’excès de lipides ou matières grasses dans notre alimentation, sont responsables de la prévalence accrue de l’obésité caractérisée par un excès de graisse corporelle abdominale. Cette adiposité abdominale, à son tour, engendre une inflammation chronique dont les conséquences sont une hausse significative de l’incidence de maladies chroniques (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers). C’est dire que l’exercice physique peut réduire l’inflammation chronique par son impact positif sur la prévention ou le traitement de l’obésité. Autre possibilité rapportée dans la littérature, l’exercice pourrait prévenir l’inflammation chronique indépendamment du statut pondéral. Cependant, les mécanismes sous-jacents responsables de cet effet anti-inflammatoire direct ne sont pas entièrement élucidés (3, 4 et 7). Impact de l'activité physique sur la sénescence des tissus immunitaires Le système immunitaire vieillit avec l'âge ; ce qui génère davantage, entre autres, une sensibilité aux infections notamment respiratoires et une réactivation fréquente des virus latents. On remarque d’ailleurs que les personnes de troisième âge sont particulièrement plus vulnérables aux symptômes sévères du Covid-19. Il a été démontré que l’augmentation du niveau d’activité physique de sujets âgés prévient le déclin des fonctions immunitaires. De plus, on rapporte dans les études que les sujets âgés qui ont pratiqué une activité physique sur une base régulière avaient de meilleures performances cognitives puis présentaient une perte de tissu cérébral moindre que leurs homologues sédentaires (5 et 6). Bienfaits psychologiques de l’activité physique L'exercice a des effets positifs dans la prévention et le soulagement des symptômes dépressifs. On rapporte que la pratique d’un exercice de plus de 45 minutes provoquait la sécrétion d’endorphines, un antidépresseur naturel qui favorisait la détente et la bonne humeur (8). L'activité physique aide à équilibrer les niveaux de cortisol; ce qui est bénéfique pour le contrôle du stress. En effet, la crise sanitaire actuelle est fortement source de stress et de détresse à bien des égards. Elle peut donc créer un déséquilibre des niveaux de cortisol chez les citoyens, ce qui va impacter négativement la fonction immunitaire (9). La littérature scientifique a examiné le lien entre l’activité physique et la stimulation de la réponse immunitaire contre les infections virales. Les activités comme la marche rapide sur une base régulière activent les cellules du système immunitaire puis contribuent à la gestion du stress. Vous n’avez donc pas besoin d’entreprendre un programme d’entraînement olympique pour profiter pleinement des bienfaits de l’exercice par ce temps de pandémie. En plus de respecter les gestes barrières, nous vous suggérons de : - Marcher d’un bon pas, 30 minutes au moins par jour. -Vous lever de votre siège après 1 heure de travail ; faire des exercices d’étirements ; les exemples de mouvements sont montrés dans le document de l’Oms (http://www.euro.who.int/en/health-topics/health-emergencies/coronavirus-covid-19/technical-guidance/stay-physically-active-during-self-quarantine). -Jouer activement avec les enfants. - Danser chez vous : la salsa, les danses traditionnelles béninoises sont convenables. -Avant de vous coucher, effectuer les exercices de respiration pour vous relaxer. Références bibliographiques 1- Oms. Stay Physically Active During Self-Quarantine.2020. Disponible sur : http://www.euro.who.int/en/health-topics/healthemergencies/ coronavirus-covid-19/novel-coronavirus-2019-ncov-technicalguidance/ stay-physically-active-during-self-quarantine (consulté le 29 mai 2020). 2-Nielsen AR, Mounier R, Plomgaard P et al. Expression of interleukin-15 in human skeletal muscle effect of exercise and muscle fibre type composition. J. Physiol.2007; 584(P1):305–312. 3- Dorneles GP, Dos Passos AAZ, Romao, PRT et al. New insights about regulatory T cells distribution and function with exercise: the role of immunometabolism. Curr Pharm Des. 2020; 26:979–990. 4- Jakobsson J, Malm C, Furberg M et al.Physical Activity During the Coronavirus (COVID-19) Pandemic: Prevention ofa Decline in Metabolic and Immunological Functions.Frontiers in Sports and Active Living.2020; 2(57):1–4. 5-Weyh C, Kruger K, Strasser, B. Physical activity and diet shape theimmune system during aging. Nutrients.2020; 12:622. 6-Bangsbo J, Blackwell J, Boraxbekk CJ et al. Copenhagen consensus statement 2019: physical activity and ageing. Br.J. Sports Med. 2019; 53:856. 7-Campbell P, TurnerJE. Debunking the myth of exercise inducedimmune suppression: redefining the impact of exercise onimmunological health across the lifespan. Front. Immunol.2018; 9:648. 8- Dunn AL, Trivedi MH, Kampert JB et al. Exercise treatment for depression: Efficacy and dose response.Am. J. Prev. Med.2005; 28(1):1-8. 9-Stubbs B, Vancampfort D, Rosenbaum S et al. An examination of the anxiolytic effects of exercise for peoplewith anxiety and stress-related disorders: a meta-analysis. Psychiatry Res. 2017; 249,102–108. Par Karimou MOROU, PhD (Coll. extérieur) Société 05 juin 2020


Ouémé/Plateau: Les derniers conseils communaux installés sans l’élection des maires
Tous les quatorze conseils communaux des départements de l’Ouémé et du Plateau sont désormais installés. Les tout derniers à savoir Bonou, Adjohoun, Dangbo, Porto-Novo et Sèmè-Podji dans l’Ouémé ainsi que Adja-Ouèrè et Pobé dans le Plateau ont été à tour de rôle officiellement investis, conformément au Code électoral. Lequel prévoit que les conseils communaux doivent être installés au plus tard dans les quinze jours suivant la proclamation des résultats par la Commission électorale nationale autonome (Cena). Les cérémonies d’installation ont été présidées par les préfets de chacun des deux départements. Le seul hic ici est que les nouveaux conseils communaux ont été officiellement installés mais sans l’élection des maires. Le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy et son collègue du Plateau, Valère Sètonnougbo ont renvoyé les opérations électorales à une date ultérieure. Face au conseil communal d’Adjohoun ce mercredi, le préfet Joachim Apithy a été on ne peut clair. Il a invité les nouveaux conseillers communaux à la patience. Car, il y a la loi portant interprétation et complétant le nouveau Code électoral adoptée par les députés, mardi 2 juin dernier, qui est en instance de promulgation par le président de la République, après contrôle de constitutionnalité par la Cour constitutionnelle. Les choses devront être bientôt claires après la mise en vigueur de cette nouvelle loi relativement surtout aux élections des maires. Lesquelles élections ont fait objet de blocage à plusieurs endroits. Puisque sur les 14 communes que comptent les deux départements, seules Avrankou et Aguégués ont réussi jusqu’ici à élire sans problème leurs maires. Les douze autres n’ont pas pu le faire en raison de la guerre de leadership à l’interne de chacun des conseils communaux. En attente de la loi complétive La loi interprétative et complétant le Code électoral est venu un tant soit peu pour débloquer la situation et faire évoluer les choses. Puisqu’elle dispose en son article 189 nouveau que : « Le maire et ses adjoints sont désignés par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers. A défaut de majorité absolue, le maire et ses adjoints sont désignés par l’ensemble des partis ayant constitué une majorité absolue par la signature d’un accord de gouvernance communale. L’accord de gouvernance communale est notifié à l’autorité de tutelle ». Et à l’article 190 nouveau de préciser : « A défaut de majorité absolue ou d’accord de gouvernance communale, le maire et ses adjoints sont élus par le conseil communal ou municipal au scrutin uninominal secret à la majorité absolue. En cas d’absence de majorité absolue lors du premier tour du scrutin, il est procédé, en cas d’égalité de voix, à autant de tours qu’il sera nécessaire pour que le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés soit élu ». Comme on le voit, les deux dispositions donnent désormais les armes au préfet pour conduire sereinement le processus de mise en place des organes dirigeants des communes en attente dans l’Ouémé et le Plateau. Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé/Plateau Actualités 04 juin 2020


Tissage au Bénin: Un métier qui renaît de ses cendres
Véritable savoir-faire des aînés, le tissage a connu des revers mais renaît aujourd’hui avec le changement des habitudes. Le pagne tissé reprend progressivement sa valeur au sein de la société. Considéré comme l’un des plus vieux métiers pratiqués au Bénin, de façon artisanale, le tissage est matérialisé par l’entrecroisement des fils de coton. Au Bénin, les pagnes tissés étaient réservés aux chefs de villages, aux notables. Mais avec le temps, il est porté par tous ceux qui peuvent en acheter les grands jours, lors de grandes cérémonies. Artistes décorateurs, et autres professionnels de la mode s’en servent pour réaliser des décorations, des œuvres d’art et autres objets. Les tisserands transmettaient leur savoir-faire de père en fils et d’une génération à une autre. C’est le cas de dame Adidjatou Taïrou, responsable de l’atelier de tissage « Espace Tissage » situé à Djougou. Le tissage, pour elle, est un métier de famille, exercé par sa grand-mère maternelle. Cette dernière fabriquait des toiles utilisées pour les cérémonies, mais aussi des supports pour bébés, car cultivatrices pour la plupart, les femmes portaient leurs enfants au dos et les attachaient avec les toiles tissées. Elle faisait son travail à la main avec du coton à la quenouille. La passion pour ce métier lui est venue de sa grand-mère, talent qu’elle a perfectionné par une formation de tisserande chez une patronne. « Déjà au Ce2, je m’entrainais auprès de ma grand-mère. Devenue par la suite enseignante contractuelle, j’ai décidé de faire ce métier juste pour aider les filles de mon village qui, pour la plupart, allaient exerçer comme domestiques dans des ménages à Cotonou », nous apprend-elle pour justifier son choix. Elle révèle que déjà en classe de cinquième, elle a ouvert un atelier, car la situation de ces filles la préoccupait. Donc au retour de l’école, Adidjatou Taïrou s’occupait de ses apprenties. Mieux, elle a décidé d’abandonner la fonction d’enseignante contractuelle pour se consacrer entièrement au tissage, ceci pour prendre en charge ces filles qui, faute de moyens, laissaient l’école pour se rendre dans d’autres régions du pays ou au Nigeria en quête de petits jobs pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs parents. « J’ai dû rassembler les filles des périphéries de Djougou pour les sensibiliser et les persuader d’apprendre un métier pour subvenir à leurs besoins », révèle- t-elle. En 2004, elle prend la décision d’ouvrir un centre d’apprentissage, parce qu’elle a constaté que le métier de tissage est en voie de disparition. Ainsi, elle se dit fière d’avoir contribué à arrêter l’exode rural dans sa localité et surtout à pérenniser un métier qui était en voie de disparition. Pour maintenir ses apprenties dans les ateliers, elle leur donne gratuitement la formation et à la fin de celle-ci, les filles dont les parents n’ont pas les moyens de leur ouvrir un atelier sont recrutées par elle. Elle avoue que ses débuts ont été un peu difficiles, mais elle a suivi les pas de sa grand-mère et fabriquait surtout des supports pour bébé. Au départ, elle utilisait des machines en bois. La clientèle était rare et il n’y avait que quelques touristes qui achètent les uniformes et objets qu’elle fabrique. Mais la tisserande avoue qu’aujourd’hui le métier reprend vie, car les stylistes s’intéressent de plus en plus aux pagnes tissés. Son destin a changé grâce au projet d’appui à l’artisanat qui lui a permis d’avoir un accompagnement de la Coopération suisse pour financer la construction de son centre avec une capacité d’accueil de plus d’une centaine de filles. Cet appui, elle l’a eu grâce à Cyr Davodoun, un cadre du ministère de la Culture et du Tourisme qui, ayant appris qu’il y a des tisserands béninois exposant à Evreux en France, a fait le déplacement sur place pour les encourager. Surpris par leur réussite et par le fait que Adidjatou ait réussi à vendre tous ses produits à l’exposition et reçu des commandes sur place, il a décidé de lui apporter son aide. Ainsi, l’a-t-elle aidée à monter un projet qui a été soumis à la Coopération suisse. Mais, son ascension est surtout due à la première place qu’elle a occupée lors d’un concours national organisé pour les tisserands. Adidjatou a travaillé avec du coton filé à la main. Une œuvre d’art qui a été appréciée de tous. Elle reste confiante et juge que «le métier de tissage, aujourd’hui, nourrit son homme ». Mieux, il ne se passe de semaine, de mois où elle ne reçoit de commandes» assure-t-elle. Ceci du fait que sa clientèle est constituée surtout de touristes, des stylistes de Cotonou et d’ailleurs qu’elle rencontre lors des foires nationales et internationales. Son sérieux au travail, ses créations et son génie lui ont permis de participer grâce à une amie française résidant à Djougou à l’époque, à la foire à Evreux en France. Une aventure qui s’est révélée assez fructueuse vu les recettes et commandes. Pour fabriquer ses produits, elle utilise les métiers vertical et horizontal. « Aujourd’hui, je remercie le Seigneur d’être utile à ma communauté et d’avoir réussi dans un métier que j’aime tant et qui m’a tout donné », dit-elle satisfaite. Son objectif de l’heure est d’œuvrer à l’amélioration de la compétitivité des produits du tissage, faciliter l’écoulement des produits du tissage tant sur le marché national, régional et international, puis de rechercher des débouchés nouveaux pour une exportation à grande échelle des produits du tissage du Bénin. Depuis 2007, elle organise une formation de type dual de niveau 1et 2 pour les filles qui savent lire et écrire le français pour leur permettre de comprendre l’origine et le fonctionnement de ce qui se fait en pratique. Ces apprenantes suivent une formation théorique et pratique pour leur qualification dans le secteur du tissage? D’une tisserande hors pair à une autre Adamou Mounirath est venue dans le métier par la volonté de son père, alors qu’elle était élève en classe de sixième. Son géniteur, père de plusieurs enfants et n’ayant pas trop de moyens pour subvenir à leurs besoins a imposé à Mounirath, sa fille aînée, l’apprentissage pour aider ses frères et sœurs, une fois sa formation terminée. C’est ainsi qu’elle a été confiée à la patronne d’un atelier de tissage à Djougou pour apprendre le métier pendant quatre ans avant d’obtenir sa libération. Grâce à un oncle maternel, elle ouvre un an après sa libération son atelier. Elle fabrique des tenues tissées pour hommes et femmes, des sacs à main, couvertures, foulards, porte-bébé et bien d’autres. Ses produits sont directement écoulés à Cotonou par le biais d’un de ses cousins qui, par ses relations au Bénin et à l’extérieur lui trouve des clients. Son magasin de vente ouvert à Djougou propose des tenues de toutes sortes. « Mon père a vu juste en m’envoyant très tôt en apprentissage. Aujourd’hui, j’arrive à venir en aide à trois de mes sœurs encore élèves, donc l’objectif qu’il avait en tête est atteint, car je ne me plains pas pour autant », nous dit-elle pour marquer sa satisfaction. Elle est venue dans le métier à un moment où l’activité reprend vie après une période de vache maigre. Quand vous êtes créatif, vous ne manquez plus d’opportunités en termes de clientèle, de marché pour écouler vos produits. Le pagne tissé reprend progressivement sa place dans les habitudes vestimentaires. A Djougou, il y a pas mal d’ateliers de tissage, souvent remplis d’apprenties. C’est dire que le métier connait un regain d’intérêt. A Bassila, le métier n’est pas aussi répandu comme dans les autres communes du département de la Donga. Les ateliers n’y fleurissent pas non plus. Le pagne tissé a quelque peu disparu des habitudes vestimentaires. Selon Issa Madjidou, tailleur, le pagne tissé est prisé par les personnes âgées qui en connaissent la valeur. Ils le portent pour les fêtes et cérémonies traditionnelles. « Aujourd’hui, très peu de jeunes s’intéressent au pagne tissé ici chez nous à Bassila. C’est dans les villages environnants que vous rencontrez quelques rares personnes les porter pendant les fêtes », affirme-t-il? A Ouaké, une cérémonie de remise de certificats de qualification aux métiers à cent trente-sept apprentis nouvellement libérés dans diverses spécialités retient l’attention. Parmi eux, il y a vingt tisserandes. Leur patronne, Yacoubou Adama, a choisi ce métier parce que sa grand-mère, elle-même, tisserande le lui a conseillé. Et comme l’école ne marchait pas, elle a dû abandonner les classes pour s’orienter vers l’apprentissage. Mais, elle ne l’a pas fait auprès de sa grand-mère, parce que ses parents ont estimé que cette dernière réalise d’anciens motifs et travaillait avec de vieux métiers à tisser en bois. Elle a donc fait son apprentissage à Ouaké chez une patronne très exigeante. Ayant reçu son diplôme en 1998, elle a bataillé dur pour ouvrir son atelier en 2003. Ses activités ne lui permettent pas de subvenir à tous ses besoins et elle est obligée de mener d’autres activités pour joindre les deux bouts. C’est lorsqu’il y a une cérémonie ou une fête importante dans la localité que les clients viennent à elle. « Pour vendre nos productions, il faut attendre que nos frères résidant dans les pays comme le Niger ou le Ghana arrivent en vacances et se procurent les habits que nous réalisons en pagnes tissés pour les revendre à leur retour », nous renseigne-t-elle. Adama a aujourd’hui vingt-trois apprenties et parmi elles, il y a trois orphelines qu’elle a sous sa charge. A Ouaké, il n’y a que les personnes âgées qui prisent les pagnes tissés. Leur importance est grande à l’intronisation d’un roi. Mais depuis quelques années, la situation a changé quelque peu. Yacoubou Adama confie qu’aujourd’hui, une fille qui se marie dans la commune de Ouaké et qui ne porte pas de pagne tissé est vue comme une incapable et critiquée. Elle note qu’avant, personne n’aimait apprendre ce métier, c’était la couture et la coiffure qui attiraient toutes les jeunes filles, mais aujourd’hui, elles sont nombreuses à s’intéresser au tissage. Pour attirer la clientèle, les tisserandes de Ouaké font preuve d’imagination et créent des modèles. L’année dernière, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, Yacoubou Adama a confectionné des écharpes en pagne tissé qu’elle est allée proposer au maire. Intéressés, le maire et son conseil ont fait une commande. C’est dire que les tisserandes n’attendent plus que les clients viennent à elles. Quant à l’avenir du tissage, elle garde bon espoir. « Nous pensons que le métier a de l’avenir, car avant, ce n’était que les pagnes, mais aujourd’hui nous tissons des robes, des pantalons et bien d’autres choses, l’avenir est prometteur», souligne Yacoubou Adama très confiante. Malgré les difficultés rencontrées dans le métier, elle pense qu’il y a espoir, car les populations, depuis un moment y accordent un nouvel intérêt. Abaroutou Raïmatou, une des nouvelles diplômées, a choisi ce métier parce que ses parents le lui ont conseillé. Elle se réjouit d’avoir appris le tissage et son objectif est de vite ouvrir un atelier pour former d’autres apprenties. Elle conseille aux filles de son âge de ne plus choisir d’aller à Cotonou pour servir de domestiques dans les ménages. Les tisserands de Ouaké se retrouvent dans une association dénommée « Association Essossina », un creuset au sein duquel ils discutent des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leurs tâches quotidiennes et y trouver des solutions. Cela leur permet de se faire entendre aussi par les autorités dont l’appui aussi bien matériel que financier est sollicité. Pas d’usine de filature Des difficultés des acteurs de ce secteur, l’absence d’usine de filature au Bénin n’est pas pour faciliter leur exercice. Le pays ne fait qu’exporter son coton. Alors que les fils reviennent très chers. Selon eux, « Ce sont les fils venus du Ghana qui sont les meilleurs », mais les tracasseries douanières répugnent les tisserandes qui s’en remettent à l’arbitrage du gouvernement. P. G Société 04 juin 2020


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