La Nation Bénin...
Donner une existence juridique à chaque
enfant pour qu’aucun ne grandisse sans pouvoir prouver son identité : c’est
l’enjeu de l’opération exceptionnelle conduite en septembre par l’Agence
nationale d’identification des personnes (ANIP). En un mois, 50 109 enfants ont
bénéficié gratuitement de leur acte de naissance, dans le cadre de la Journée
de l’identité 2026, avec l’appui du projet WURI-Bénin et de l’UNICEF.
La protection de l’enfant est l’un des leitmotivs du gouvernement béninois. Et quand on parle d’enfant, on parle d’acte de naissance, un document juridique qui atteste officiellement de la naissance et de l’état civil d’une personne. Son absence peut compliquer, au fil des années, l’accès à plusieurs droits et services.
C’est justement pour répondre à cette situation que l’ANIP a ouvert, du 16 au 30 septembre 2026, une opération de délivrance gratuite des actes de naissance aux enfants de moins de 14 ans qui n’en avaient jamais obtenu. Le gouvernement présente cette démarche comme une composante de sa stratégie visant à garantir une identité légale à tous au Bénin dès 2028.
L’action ne s’est pas limitée à la délivrance des documents. À Agonvè, dans la commune de Zagnanado, 814 enfants ont été enrôlés sur réquisition du procureur, dans le cadre du mécanisme ouvert par le décret n° 2025-679 pour certains enfants de moins de 14 ans. Cette disposition permet notamment de traiter les situations d’enfants restés en dehors des circuits ordinaires de l’état civil.
L’opération de septembre s’inscrit ainsi dans une politique plus large de modernisation de l’identification. Depuis 2025, l’ANIP expérimente notamment des guichets uniques dans certaines formations sanitaires afin de permettre la déclaration, l’enregistrement de la naissance et l’obtention des documents liés à l’identité au plus près des familles.
Avec 50 109 actes de naissance délivrés gratuitement, l’opération donne une dimension concrète à l’ambition affichée par les pouvoirs publics : faire de l’identité légale un droit effectivement accessible, y compris pour les enfants issus des familles les plus éloignées des services administratifs.
L’enjeu dépasse donc la simple remise d’un
document : il s’agit de faire en sorte qu’aucun enfant béninois ne soit
juridiquement invisible.
ANIP