Apprendre le décès d’un parent sur les réseaux sociaux : un double choc
Société
Apprendre le décès d’un parent sur les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux facilitent aujourd’hui le quotidien de millions d’utilisateurs. De l’actualité aux offres d’emploi, en passant par le commerce en ligne ou les petites annonces, tout y transite. Même l’annonce des décès.
Sur ces plateformes, il convient toutefois de distinguer deux formes d’annonces de décès : d’un côté, les familles qui partagent dignement le programme des obsèques d’un des leurs ; de l’autre, une pratique plus invasive et risquée, où des individus s’empressent de publier la disparition d’une personne dès qu’ils en ont connaissance.
Par
Karimath Foumilayo Lawani (coll.), le 10 oct. 2026
à
08h55
Durée 3 min.
#Apprendre le décès d’un parent sur les réseaux sociaux
La course au buzz au mépris de la douleur
Sur la toile, l’information circule à la vitesse de l’éclair, surtout lorsqu’elle est susceptible de faire sensation. En quête de clics ou de visibilité, certains internautes relaient la mort d’une connaissance sans vérifier si ses proches en ont été préalablement informés. C’est ainsi que des personnes découvrent la perte d’un être cher au détour d’un fil d’actualité, subissant un traumatisme d’une violence inouïe.
Pour Fleur MEKPOE, psychologue clinicienne, les séquelles sont profondes : « Le décès d’un proche est un événement durant lequel on a besoin de bienveillance, de respect et d’acceptation de cette douloureuse séparation. Voir l’annonce de la mort d’un parent relayée pour faire du buzz constitue une souffrance supplémentaire pour la famille, d’autant plus que l’information pourrait être erronée. Un sujet si intime ne devrait jamais servir à la recherche de vues. »
Traditionnellement, il revient au cercle familial d’apprendre la nouvelle en premier et de la transmettre au reste des proches. Apprendre la disparition d’un parent par un tiers sur internet est souvent ressenti comme un manque de considération ou une exclusion.
Mme MEKPOE souligne que cette démarche rompt la dynamique de communication au sein de la famille : « Découvrir cette information sur les réseaux sociaux peut générer un sentiment de non-appartenance et participer à l’effritement du socle familial. En cas de doute ou d’information sur le décès d’un ami, la moindre des choses est de contacter directement sa famille. Il appartient à cette dernière seule de vérifier les faits et de décider si elle souhaite porter la nouvelle au grand public. Ce droit lui revient exclusivement. »
Face au deuil, la retenue doit primer. Connaître une information ne donne pas le droit de la publier. Apprendre à respecter le silence et la douleur d’une famille éprouvée demeure une exigence éthique et humaine fondamentale.