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Lutte contre les violences basées sur le genre: L’Uac et l’Inf s’unissent contre le harcèlement sexuel

Société
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la recrudescence de certains cas signalés Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la recrudescence de certains cas signalés

À travers une séance d’échanges et de sensibilisation tenue, le 8 avril dernier, sur le campus d’Abomey-Calavi, l’Institut national de la femme (Inf) et l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) ont réaffirmé leur engagement commun à éradiquer le harcèlement sexuel en milieu universitaire, en informant et en responsabilisant les étudiants.

Par   Isidore GOZO, le 14 avr. 2026 à 09h46 Durée 2 min.
#lutter contre les Vbg

La lutte s’intensifie contre le harcèlement sexuel en milieu universitaire. Initiée en partenariat avec l’Institut national de la femme, la rencontre du mercredi 8 avril, au campus d’Abomey-Calavi, est la première d’une série d’actions de sensibilisation sur le harcèlement sexuel en milieu universitaire. Celle-ci a réuni étudiants, responsables universitaires ainsi que le personnel enseignant et administratif autour d’un enjeu majeur : la lutte contre les violences basées sur le genre. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la recrudescence de certains cas signalés au cours de l’année académique. Comme l’ont rappelé les organisateurs, ces phénomènes ne sont pas nouveaux et s’inscrivent dans une réalité sociale persistante. Ils affectent durablement la vie des victimes et fragilisent l’environnement universitaire, censé être un espace de savoir, de sécurité et d’épanouissement.

Sensibiliser, prévenir et accompagner

Dans une communication interactive, la secrétaire exécutive de l’Inf, Flore Djinou, a apporté des éclairages essentiels sur les différentes formes de harcèlement sexuel et, plus largement, sur les violences basées sur le genre (Vbg). Elle a expliqué que ces violences se manifestent sous plusieurs formes. Il s'agit des violences physiques (agressions), sexuelles (viol, attouchements, harcèlement), psychologiques (intimidations, chantage), économiques (privation de ressources) et même technologiques via les réseaux sociaux. Selon elle, ces violences débutent souvent de manière insidieuse, notamment par des atteintes psychologiques, avant d’évoluer vers des formes plus graves. D’où la nécessité d’une vigilance accrue et d’une prise de conscience collective. « Chaque femme et chaque fille doivent pouvoir évoluer dans un environnement sûr, où leurs droits et leur intégrité sont respectés », a-t-elle insisté, appelant à faire du campus un lieu d’intégrité et non de crainte.

Au-delà de la sensibilisation, l’Institut national de la femme a mis en avant les dispositifs d’accompagnement existants. Les victimes peuvent bénéficier gratuitement d’un soutien juridique et judiciaire, avec des garanties strictes de confidentialité, de protection des données personnelles et de préservation de leur identité. Des voies de dénonciation sûres ont également été présentées afin d’encourager la libération de la parole. Il s’agit par exemple des numéros que toute personne pouvait contacter en cas de nécessité : 114 (appel gratuit) et 0151078888 (pour des échanges via whatsapp).

La séance a également été marquée par des interventions de Me Josette M. Atadé, chef du Pôle des affaires juridiques de l’Institut. À travers un échange direct avec les participants, elle a clarifié les dispositions légales en vigueur et les sanctions encourues par les auteurs, coauteurs et complices de harcèlement sexuel. Cette phase de questions-réponses a permis de lever de nombreuses zones d’ombre et de mieux outiller les étudiants face à ces situations.

Pour les responsables universitaires, cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large visant à instaurer un cadre éducatif sain et sécurisé. L’université, lieu de prestige et de formation des élites, doit être un espace où règnent respect et dignité. Voilà pourquoi, il est lancé un appel à la responsabilisation collective. Chaque membre de la communauté universitaire est invité à devenir un ambassadeur de la lutte contre les violences basées sur le genre. Car au-delà des lois et des dispositifs, c’est par le changement des mentalités et l’engagement de tous que ce fléau pourra être éradiqué.