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Le Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi a condamné, le 24 mars 2026, le professeur Marcel Houinato à dix ans de réclusion criminelle pour viol sur mineure. Une décision saluée par l’Institut national de la femme, qui y voit un signal fort dans la lutte contre l’impunité.
Le verdict est tombé et se veut exemplaire. Le 24 mars 2026, le Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi a reconnu Marcel Houinato, ancien directeur adjoint de l’École doctorale des Sciences agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi, coupable de viol sur mineure. Il a été condamné à dix ans de réclusion criminelle, assortis d’une amende ferme de 500 000 francs Cfa et du paiement de cinq millions de francs Cfa de dommages et intérêts à la victime. Dans une déclaration officielle, l’Institut national de la femme (Inf), par la voix de sa secrétaire exécutive, Flore Djinou, a salué une décision «qui fera date dans les annales de la lutte contre l’impunité au Bénin ». L’institution évoque une « double trahison » de la part du condamné, à la fois en tant que responsable académique et acteur humanitaire. Selon les éléments du dossier, la victime est une jeune fille de 17 ans, orpheline et bénéficiaire des services d’une organisation non gouvernementale dans laquelle le mis en cause intervenait. Profitant de sa position et de la vulnérabilité de l’adolescente, il l’aurait attirée à son domicile sous prétexte de lui remettre une aide financière, avant de commettre les faits.
L’Inf indique avoir été saisi en septembre 2025 via un message WhatsApp. Dès lors, ses services ont engagé plusieurs démarches pour accompagner la victime. Celle-ci a été orientée vers le commissariat de Hêvié afin d’obtenir une réquisition pour un certificat médical, élément clé de la procédure judiciaire. L’institution affirme également avoir assuré un accompagnement psychologique et juridique, en offrant un espace d’écoute et en facilitant le dépôt d’une plainte auprès du procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Le dossier a par la suite été transmis au Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi pour jugement.
Tout au long du processus, l’Institut national de la femme s’est constitué partie civile et a fourni une assistance judiciaire gratuite à la victime, contribuant à l’issue du procès.
Un signal fort contre l’impunité
Dans sa déclaration, l’Inf insiste sur la portée symbolique de cette condamnation : « L’autorité n’est pas un droit de cuissage. Quel que soit le rang social ou le titre, nul n’est au-dessus de la loi. » L’institution a également tenu à saluer « l’exemplarité » de la décision judiciaire, tout en rappelant que les voies de recours restent ouvertes. Elle réaffirme néanmoins sa confiance dans la justice béninoise pour maintenir la fermeté nécessaire dans ce type de dossier. Par ailleurs, l’Inf révèle que d’autres victimes présumées du même individu continuent de se manifester pour dénoncer des faits similaires. Une situation qui renforce, selon la secrétaire exécutive de l'Inf, la nécessité de vigilance dans les milieux académiques et humanitaires. « Nos universités et nos écoles doivent rester des sanctuaires de l’excellence et non des terrains de prédation », souligne l’institution.
Au-delà de ce cas, l’Institut national de la femme lance un appel aux victimes de violences sexuelles. « Ne portez plus seules le poids de la honte qui doit changer de camp. Brisez le silence », exhorte-t-il. L’Inf rappelle qu’un dispositif d’assistance est disponible, notamment à travers une ligne gratuite et des services d’accompagnement accessibles via téléphone et messagerie. Pour l’institution, cette condamnation marque une étape importante dans la protection des femmes et des jeunes filles au Bénin. « Protéger une femme, c’est sauvegarder l’avenir de toute une nation », conclut la déclaration.
Pour l’Inf, cette condamnation marque une étape importante dans la protection des femmes et des jeunes filles au Bénin