La Nation Bénin...
À la faveur du Mois de la Francophonie, le cinéma marocain s’est invité, lundi 16 mars, au Centre culturel français du Bénin à Cotonou à travers la projection du film Annatto, une œuvre de la réalisatrice marocaine Fatima Ali Boubakdi. Une soirée riche en échanges culturels, qui a mis en lumière les enjeux du vivre-ensemble et du dialogue interculturel.
Dès les premières images, Annatto capte l’attention. Pendant plus d’une heure trente, le film entraîne le public dans une plongée intime au cœur des relations interculturelles, entre amour, préjugés et quête d’identité. L’histoire met en scène une femme sénégalaise unie à un commerçant marocain, un couple dont le quotidien révèle les tensions, les incompréhensions, mais aussi les richesses nées de la rencontre entre deux cultures. À travers ce récit, la réalisatrice explore avec subtilité des thématiques universelles à savoir le racisme, le regard de l’autre, le poids des traditions et la construction identitaire. Une approche qui a trouvé un écho particulier auprès du public béninois, visiblement touché par la justesse du propos.
Cette projection, organisée par l’ambassade du Royaume du Maroc, s’inscrit dans une volonté affirmée de promouvoir le dialogue interculturel, l’un des piliers de la Francophonie. Elle illustre également l’ambition du Royaume du Maroc de valoriser son industrie cinématographique au-delà de ses frontières.
Représentant l’ambassadeur du Maroc près le Bénin, Mohammed El Yamani a rappelé le sens de cette initiative. Selon lui, célébrer la Francophonie à travers le cinéma, c’est offrir un espace d’expression aux cultures et favoriser le rapprochement entre les peuples. Il a souligné que le choix du film Annatto n’est pas anodin, tant il incarne les valeurs de tolérance et d’ouverture. Déjà saluée sur la scène internationale, l’œuvre de Fatima Ali Boubakdi a accumulé plusieurs distinctions, dont le Grand Prix Ecran d’or au Festival écran noir au Cameroun et le Prix du président de la République au Sénégal. À cela s’ajoutent des récompenses techniques qui témoignent de la qualité esthétique et narrative du film. La soirée a également été marquée par un hommage émouvant rendu au cinéaste marocain disparu Mohammed Ahed Bensouda, invité de l’édition 2025, salué pour sa contribution au rayonnement du cinéma marocain.
Un message qui résonne
Dans la salle, l’émotion était palpable. Parmi les personnalités présentes, Aminatou Sar, coordonnatrice résidente du système des Nations unies au Bénin, a mis en avant la portée symbolique de l’événement. Elle a notamment relevé la coïncidence entre le Mois de la Francophonie et la Journée internationale des droits des femmes, soulignant la dimension sociale du film. Pour elle, l’histoire racontée fait écho à des réalités bien ancrées, notamment dans la ville de Saint-Louis, carrefour historique d’échanges entre l’Afrique subsaharienne et le Maroc. Elle a insisté sur le rôle du cinéma comme outil de dialogue et de compréhension mutuelle. « Nos différences ne devraient jamais être des facteurs de division, mais des sources de richesse », a-t-elle affirmé, convaincue du pouvoir des œuvres culturelles à promouvoir la paix et la cohésion sociale.
Les réactions du public confirment cet engouement. Plusieurs spectateurs ont salué un film profond, réaliste et nécessaire. Pour certains, Annatto met en lumière les défis auxquels font face les couples interculturels, entre pressions sociales et choc des mentalités. D’autres ont été particulièrement sensibles à la qualité du jeu d’acteurs et à la force émotionnelle du récit. Au-delà de la projection, cette soirée aura surtout été un moment de réflexion collective. En mettant en lumière les réalités du métissage culturel, Annatto rappelle que la compréhension de l’autre passe d’abord par l’écoute et l’ouverture.