La Nation Bénin...
À la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), des milliers de jeunes Béninois, majoritairement recrutés grâce au programme Azôli, participent chaque jour à la confection de vêtements destinés à des marques de renommée internationale. Formés aux métiers du textile selon les standards internationaux, ces jeunes, souvent sans qualification professionnelle à leur arrivée, incarnent une réussite en matière d'insertion professionnelle et de transformation industrielle. À travers les parcours de Doriane, Vicentia et de nombreux autres bénéficiaires, cet article met en lumière l'impact du programme Azôli sur l'emploi des jeunes et la montée en puissance du « Made in Benin » sur les marchés mondiaux.
Tôt le matin à l’entrée de la Glo Djigbe Industrial Zone (GDIZ) à 45 km environ au nord de Cotonou, nos yeux comptent des dizaines de milliers de jeunes femmes et jeunes hommes à pas pressés vers leurs unités de production, surtout les unités textiles.
Doriane vient de la commune de Kétou à l’Est du Bénin. A 25 ans, née de parents pauvres, petit corps frêle au regard vif, elle fait partie de ces opératrices travaillant à Bénin Textiles (BTEX), une des quatre (04) sociétés textiles opérationnelles à la GDIZ. Aux heures de travail, elle est concentrée sur sa machine à coudre électronique de dernière génération. Elle fait partie d’une chaîne de production portée par de nombreux ouvriers textiles, initialement sans qualification professionnelle, que le programme Azôli a accompagnés vers l’emploi. Doriane et des milliers d’autres ouvriers travaillent à produire des vêtements commandés par des marques à réputation internationale : KIABI, BYT.OM, US POLO ASSN, GEMO, PLACE, THE CHILDREN PLACE (TCP)…. « C’est une fierté pour moi de travailler ici», murmure-t-elle au milieu des ronronnements de centaines de machines dans l’immense hall de Bénin Textiles.
Ici dans les industries textiles, ce sont des milliers de jeunes âgés en moyenne de 25 à 27 ans qui travaillent principalement à l’exécution de commandes venues du monde entier. Tenez, sur les 25 000 employés présents à la GDIZ, ils sont environ 19 000 insérés par l’Agence nationale pour l’Emploi (AnpE) par le biais du programme Azôli financé par l’Etat béninois avec le soutien de la Banque mondiale. Ces jeunes représentent 84 % des personnels employés dans cette zone industrielle.
Vicentia, elle, est orpheline de père. Les charges de la famille reposaient entièrement sur sa mère qui menait des activités précaires pour subvenir aux besoins de ses enfants. C’est dans ces conditions que cette jeune fille a entendu parler pour la première fois du programme Azôli. Après son inscription à la mairie d’Abomey-Calavi, elle a eu l’opportunité d’intégrer BTC (Benin Textiles Corporation), une entreprise textile de la GDIZ. D’abord ouvrière textile, elle s’est distinguée par ses performances, au point d’attirer l’attention des responsables de l’entreprise, qui l’ont promue au poste de superviseur. Elle aide désormais sa mère à satisfaire aux besoins de la famille. Son sourire permanent à la tâche est le signe d’une jeune désormais confiante en elle et devenue financièrement autonome.
Sans qualification professionnelle préalable, les bénéficiaires du programme Azôli intégrés à la GDIZ suivent, dès leur arrivée dans les unités textiles, une formation spécifique, alignée sur les standards internationaux et basée sur un programme de professionnalisation et de montée en compétences (couture, confection, contrôle qualité) mis en place avec l’expertise indo-pakistanaise. Cette formation permet aux bénéficiaires d’acquérir les compétences techniques nécessaires pour travailler sur des machines de dernière génération. Ces jeunes passent ainsi de l’étape de « Peu ou Pas Instruits (PPI) » à celle de « Très Techniquement Qualifiés (TTQ) », pour emprunter les termes d’un des Responsables des Ressources Humaines à la GDIZ. C’est donc à juste titre que les commandes internationales s’appuient sur leur savoir-faire. Les différents ateliers de confection disposent ainsi d’une main-d’œuvre qualifiée pour produire des vêtements de diverses marques. Selon leurs formateurs, ces bénéficiaires sont capables d’utiliser des machines textiles partout dans le monde. La qualité de la formation reçue fait d’eux des maillons essentiels de la chaîne de production de vêtements destinés aux marques internationales. Leur contribution permet ainsi aux entreprises textiles installées à la GDIZ de respecter leurs engagements envers leurs clients en Europe, aux États-Unis et ailleurs. À titre d’exemple, ces jeunes travailleurs ont contribué à la confection de soixante-quinze mille (75 000) tee-shirts pour la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), destinés au programme « Football for Schools » déployé dans plusieurs pays, contribuant à renforcer le positionnement du Bénin comme une destination de référence pour le textile en Afrique et dans le monde. L’expérience menée à la GDIZ au Bénin n’est pas le fruit du hasard. Conçue par le gouvernement béninois et mise en œuvre avec rigueur, elle s’appuie sur des ressources humaines qualifiées et engagées. En cinq ans d’exploitation, la Zone industrielle de Glo-Djigbé a développé un fort potentiel, notamment dans le textile, apportant de la valeur ajoutée à la production locale. Par ailleurs, les activités dans la zone contribuent à l’emploi des jeunes, en particulier ceux issus des milieux défavorisés, leur offrant de meilleures perspectives d’insertion sociale.