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Rapport Women, Business and Law 2026 de la Banque mondiale: Des avancées remarquables pour le Bénin

Société
Le document permet de comprendre où se situent les obstacles non seulement  dans la loi, mais aussi dans sa mise en œuvre Le document permet de comprendre où se situent les obstacles non seulement dans la loi, mais aussi dans sa mise en œuvre

Le rapport 2026 « Les femmes, l'entreprise et le droit » de la Banque mondiale, publié il y a quelques semaines, relève des performances encourageantes du Bénin en termes de réduction des inégalités du genre. Il a été présenté au public à l’occasion de la commémoration en différé, par la Banque mondiale, de la Journée internationale de la Femme. La présentation a été suivie d’échanges et partage d’expériences entre femmes entrepreneures, le 31 mars dernier, au siège de l’institution à Cotonou.

 

Par   Ariel GBAGUIDI, le 08 avr. 2026 à 16h16 Durée 2 min.
#Banque mondiale

A travers son rapport 2026 «Les femmes, l'entreprise et le droit », la Banque mondiale explore les poches de résistance qui persistent dans les pays en matière d’égalité du genre. Le document permet de comprendre où se situent les obstacles non seulement dans la loi, mais aussi dans sa mise en œuvre. Ce rapport offre un diagnostic précis des cadres juridiques, des politiques publiques et de leur application dans les 190 pays membres.

Le document mesure l'égalité économique de la gent féminine dans deux domaines qui couvrent la trajectoire économique des femmes. De la sécurité à la mobilité, aux protections à l'emploi et à la rémunération, en passant par l'accès aux services de garde d'enfants, l'entrepreneuriat, l'accès à la propriété, et enfin la sécurité financière à la retraite.

Selon Lolita Laperle-Forget, présentatrice du rapport, l’étude analyse désormais trois piliers qui sont complémentaires. D’une part, il y a le cadre juridique, qui évalue l'égalité formelle des droits ; ensuite le cadre d'appui qui examine les politiques, les institutions, les services soutenant la mise en œuvre de ces lois. Le dernier pilier se focalise sur la perception de l'application des lois, qui est fondée sur les avis d'experts juridiques et leur application.

« Trois constats clés sont notés sur le Bénin. Premièrement, sur le pilier des cadres juridiques, le pays affiche une performance qui est comparable à la moyenne mondiale et au-dessus de la moyenne régionale avec un score de 67 sur 100 », explique l’experte. D’après elle, cela indique ou suggère que, sur le plan formel, les lois béninoises sont généralement favorables à la participation économique des femmes tout en révélant des opportunités de renforcement. Deuxième constat, « les résultats relatifs aux cadres d'appui montrent qu'il existe encore une marge de progression dans le renforcement des politiques, des institutions et des services qui accompagnent ces lois, avec un score de 41 sur 100 qui demeure tout de même au-delà de la moyenne régionale ».

Lolita Laperle-Forget souligne que ces résultats ne remettent pas en cause la qualité du cadre juridique mais soulignent plutôt des opportunités concrètes d'investissement et de consolidation pour maximiser l'impact des réformes existantes. Pour finir, les perceptions des experts sur l'application des lois au Bénin suggèrent des opportunités de renforcement puisque, en moyenne, les experts estiment que les lois favorables à la participation économique des femmes ne sont mises en œuvre que partiellement. Le score du Bénin à ce niveau est inférieur à la moyenne mondiale (53,31) mais supérieur à la moyenne régionale (45,02).

Peut mieux faire

L’experte fait remarquer que des lois solides sont indispensables, mais ne suffisent pas. Transformer les droits juridiques en opportunités économiques concrètes pour les femmes, nécessite, affirme-t-elle, des investissements ciblés dans les politiques, les services et les institutions, notamment en matière de garde d'enfants, d'application de l'égalité salariale et de soutien à l'entrepreneuriat féminin. Le rapport 2026 « Les femmes, l'entreprise et le droit» offre un outil de diagnostic opérationnel pour identifier où le renforcement de la mise en œuvre peut générer le plus d'impact.

Les acteurs béninois impliqués en amont du rapport, notamment la responsable du groupe de travail, ont noté des forces et faiblesses et rappelé que le Bénin met en œuvre des actions sur la garde d’enfants, l’entrepreneuriat et le travail des femmes ainsi que d’autres réformes qui seront prises en compte dans la prochaine consultation en vue de l’amélioration du score du pays.

Plusieurs autres intervenants se sont succédé dont Laurent Gangbès, directeur général de l’Agence de développement des Petites et moyennes entreprises, qui a présenté le programme Wedaf dédié aux femmes entrepreneures. Après la keynote de Uche Ofodile, directrice générale de Mtn Bénin, un panel de discussion a réuni Bertille Marcos Guèdègbé, directrice générale des fruits Tillou, Greta Luce Gangbo, promotrice d’une maison de mode et Johanne Bruffaerts, directrice générale de Epitech Bénin, sur l’«entrepreneuriat féminin et accès au financement».