La Nation Bénin...

Violences en atelier au Bénin : quels recours pour les apprentis ?

Société

L’apprentissage artisanal offre à de nombreux jeunes la possibilité d’acquérir un métier et de préparer leur avenir professionnel. Mais les violences physiques, psychologiques et sexuelles peuvent compromettre leur formation. Le Code du travail prévoit des mesures de protection, tandis que l’Institut national de la femme (INF) contribue à la prévention des abus et à l’orientation des victimes.

Par   Essènandé Florence KOUMENOUGBO (Coll.), le 22 oct. 2026 à 21h45 Durée 2 min.
#violences physiques #métiers

Apprendre un métier demande du temps, de la patience et de la discipline. Dans un atelier, le maître artisan transmet son savoir-faire, corrige les erreurs et accompagne l’apprenti dans sa progression. Cette relation repose toutefois sur des responsabilités précises. Les coups, les humiliations, les insultes et le harcèlement ne peuvent être justifiés par les exigences de la formation.

Au Bénin, la loi n° 98-004 du 27 janvier 1998 portant Code du travail encadre la relation entre le maître artisan et l’apprenti. Son article 65 prévoit un contrat d’apprentissage écrit, soumis au visa des services compétents du travail. L’article 66 fixe à 14 ans l’âge minimum pour entrer en apprentissage. Il précise également que le maître qui accueille un apprenti mineur doit avoir au moins 25 ans.

Des règles pour protéger les apprentis

Le décret n° 2008-423 relatif à l’apprentissage précise les obligations des maîtres artisans. Son article 20 limite les tâches de l’apprenti aux activités liées au métier qu’il apprend. L’article 21 prévoit un examen médical annuel. Quant à l’article 22, il interdit les châtiments corporels et les amendes infligées aux apprentis.

Ces dispositions rappellent que la discipline ne doit jamais servir de prétexte à la violence. Un jeune peut se tromper, avoir besoin de temps pour maîtriser un geste ou rencontrer des difficultés. Le rôle du maître est de le guider et de lui transmettre les bonnes pratiques dans un cadre respectueux de sa dignité.

L’Institut national de la femme contribue à la prévention des violences faites aux femmes et aux filles. Son action favorise une meilleure reconnaissance des différentes formes d’abus et l’orientation des victimes vers des services de prise en charge adaptés. Cette démarche concerne aussi les situations de harcèlement et de violence qui peuvent survenir dans les espaces de formation.

Signaler les abus pour obtenir de l’aide

Face à des violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques, les victimes et les témoins peuvent se rapprocher de l’INF, d’un Guichet unique de protection sociale ou du commissariat de police compétent. Ces structures peuvent les orienter vers un accompagnement psychosocial, médical ou juridique, selon les besoins.

Les parents et les proches ont également un rôle à jouer. Écouter l’apprenti sans le culpabiliser, prendre ses confidences au sérieux et l’aider à signaler les faits peuvent faciliter sa protection. Une blessure inexpliquée, une peur inhabituelle de se rendre à l’atelier ou un changement de comportement méritent une attention particulière.