La Nation Bénin...
Eliminé
par la Tunisie au terme de la double confrontation du premier tour des
éliminatoires de la Can U23 Egypte 2027, qualificative pour les Jeux olympiques
de Los Angeles 2028, le Bénin quitte la compétition avec des regrets, mais
aussi des enseignements. Après la victoire tunisienne à l’aller, les Guépards
U23 ont livré une prestation plus convaincante au retour, sans parvenir à
renverser la situation. Damien Kakpo, sélectionneur adjoint, revient sur les
deux rencontres, les choix tactiques et les perspectives de cette jeune équipe.
La
Nation : Quel bilan faites-vous de cette double confrontation face à la
Tunisie?
Damien
Kakpo : Tout d’abord, nous devons rendre hommage à l’équipe tunisienne. Sur
l’ensemble des deux rencontres, je pense que nous avons eu des possibilités de
passer. Nous avons eu nos chances, mais l’expérience nous a peut-être fait
défaut à certains moments. Lors du match aller, par exemple, nous avons
encaissé un deuxième but dans les dernières minutes. C’est le genre de
situation qui montre que nous devons encore gagner en maturité. Au retour, nous
avons également eu plusieurs occasions, notamment dans le dernier quart
d’heure, qui auraient pu nous permettre de revenir au score et de relancer
complètement la rencontre. Dans l’ensemble, je retiens tout de même beaucoup de
positif. Cette double confrontation nous a permis d’apprendre et d’identifier
plusieurs aspects sur lesquels nous devons progresser. Pour la suite, il faudra
corriger nos insuffisances et continuer à faire évoluer cette équipe.
Peut-on dire que quelque chose n’a pas fonctionné dans votre dispositif, notamment au regard du résultat final ?
Je ne dirais pas que notre système n’a pas fonctionné. Les joueurs ont essayé d’appliquer les consignes qui leur avaient été données et c’est justement ce travail qui nous a permis de nous créer des occasions. Une chose est de parvenir à se procurer des occasions, une autre est de les convertir. Nous en avons créé énormément, mais nous avons manqué d’efficacité dans les moments importants. Il faut également rappeler que cette équipe a été constituée il y a à peine deux mois. Nous avons donc travaillé pendant une période relativement courte avec l’ensemble du groupe. Il reste forcément beaucoup de choses à améliorer, notamment dans la finition et dans la capacité à être plus efficaces devant le but.
Au retour, la Tunisie a évolué très bas. Comment avez-vous tenté de contourner ce bloc défensif ?
Nous savions que la Tunisie allait probablement jouer de cette manière, puisqu’elle avait remporté le match aller avec deux buts d’écart. Elle avait donc tout intérêt à protéger son avantage. Elle a évolué avec un bloc très bas pour nous empêcher de trouver des espaces. De notre côté, nous avons essayé de mettre en place une stratégie qui devait permettre de déplacer ce bloc et de fatiguer progressivement l’adversaire. Nous avons également attendu le moment opportun pour faire entrer Razack. Lorsqu’il est entré, il s’est créé plusieurs occasions et a apporté davantage de profondeur à notre jeu. Nous pensions qu’en faisant courir l’équipe tunisienne et en profitant de la fatigue, nous pourrions obtenir davantage de situations favorables. Cela a effectivement produit des occasions, mais nous n’avons pas suffisamment concrétisé.
Sur l’ensemble des deux matchs, avez-vous des regrets?
Bien sûr. Nous avons beaucoup de regrets parce que cette équipe tunisienne était à notre portée. Au match aller, nous aurions pu terminer sur un score de 1-0. Le deuxième but encaissé dans les arrêts de jeu, à la 97e minute, m’a particulièrement affecté. Nous avions la possibilité de mieux gérer cette fin de rencontre et de limiter les dégâts. Au retour également, nous avions les moyens de marquer davantage. Nous aurions pu inscrire deux ou trois buts au regard des occasions que nous nous sommes procurées. C’est forcément regrettable. Mais nous devons maintenant regarder vers l’avenir. Cette équipe est jeune, elle est vaillante et elle dispose d’un potentiel intéressant. Notre responsabilité est de poursuivre le travail, de corriger nos erreurs et de lui permettre de progresser.
Cinq changements ont été opérés par rapport au onze de départ du match aller. Était-ce principalement lié à votre choix tactique ?
Oui. Ces changements étaient liés au système que nous voulions mettre en place. A l’aller, nous avions évolué en 3-5-2. Pour le match retour, nous sommes passés en 4-3-3. Nous savions que la Tunisie n’allait pas nécessairement sortir de son bloc, compte tenu de son avantage au score. Il fallait donc adapter notre organisation pour essayer de trouver des solutions et contourner ce bloc bas. Les changements opérés répondaient donc à cette volonté d’avoir davantage de présence offensive et de mieux exploiter les espaces.
Que retenez-vous de la comparaison des deux matchs, notamment sur les plans défensif et offensif ?
Au match aller, nous avons connu quelques difficultés sur le plan défensif, malgré notre système en 3-5-2. Nous avons également manqué d’efficacité sur le plan offensif, alors que nous avions la possibilité de marquer. Au retour, en revanche, nous avons affiché davantage de solidité. Avec le 4-3-3, notre défense a été beaucoup plus présente et plus rassurante. Le milieu de terrain a également réalisé une prestation intéressante dans la récupération et l’utilisation du ballon. C’est surtout dans le dernier geste que nous pouvions faire mieux. Nous avons eu des situations pour inscrire davantage de buts, mais nous n’avons pas su les convertir.
Quelles sont désormais les perspectives pour cette génération des U23 ?
Nous allons continuer à travailler et à corriger ce qui doit l’être. Ce que vous avez vu aujourd’hui est le résultat d’environ un mois et demi de travail avec cette équipe. C’est encore peu. Avec davantage de temps et de continuité, je suis convaincu que nous pouvons construire une équipe beaucoup plus solide et redoutable. Cette élimination doit nous servir de leçon. Nous devons tirer les enseignements de ces deux matchs, améliorer nos automatismes, notre efficacité et notre maîtrise des moments importants. Cette jeune équipe a montré de belles choses. A nous maintenant de l’accompagner pour qu’elle franchisse un nouveau palier
Le sélectionneur adjoint des Guépards U23 Damien Kakpo tire les enseignements de l’échec face à la Tunisie