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Défi des Ambassadeurs de la promotion sino-béninoise: Rapprocher les peuples par le sport et la culture

Sports
Fano-Dosh Oswald Ash a organisé, samedi 5 septembre dernier,  le tournoi de badminton de l’Ambassadeur de la promotion sino- béninoise de badminton... Fano-Dosh Oswald Ash a organisé, samedi 5 septembre dernier, le tournoi de badminton de l’Ambassadeur de la promotion sino- béninoise de badminton...

De la salle de Wushu aux tables de tennis de table, des courts de badminton aux plateaux de cinéma et salles d’apprentissage du chinois, une nouvelle génération d’ambassadeurs veut donner un visage concret à la coopération entre le Bénin et la Chine. Désignés «Ambassadeurs de la promotion sino-béninoise » dans leurs domaines respectifs, Fabrice Noudofinin, Adou Amir Atanda, Fano-Dosh Oswald Ash, Rawdoth Alazi Soumaïla connue sous le nom chinois Mulan, et Dr Maurice Vignon portent désormais la même ambition, faire du sport et de la culture des passerelles entre les deux peuples.

Par   Abdul Fataï SANNI, le 09 oct. 2026 à 19h16 Durée 3 min.
#Coopération sino-béninoise

Dans leur regard, il y a d’abord de la fierté. Puis, derrière les sourires et les mots de circonstance, apparaît rapidement le poids de la responsabilité. Leur titre n’est pas perçu comme une simple distinction. Pour les « Ambassadeurs de la promotion sino-béninoise », la reconnaissance reçue du Centre culturel chinois et de l’Ambassade de la Chine près le Bénin ouvre surtout un nouveau chapitre de leur parcours. Fabrice Noudofinin, ambassadeur de la promotion sino-béninoise du Wushu, parle d’un « grand honneur », mais aussi d’une responsabilité envers la discipline, la Chine, le Bénin et surtout la jeunesse. Après plusieurs années consacrées aux arts martiaux, il mesure la portée de cette nouvelle mission. Même sentiment chez Adou Amir Atanda, ambassadeur de la promotion sino-béninoise du tennis de table. Pour lui, cette désignation constitue à la fois une fierté et une source supplémentaire de motivation. Fano-Dosh Oswald Ash, ambassadeur de la promotion sino-béninoise du badminton, y voit un engagement à servir une cause qui dépasse les frontières de sa discipline.

Dans un autre registre, Rawdoth Alazi Soumaïla, connue sous le nom chinois de Mulan, reçoit cette mission avec une sensibilité particulière. Actrice et cinéaste, elle considère le cinéma comme un langage capable de rapprocher des univers parfois éloignés. Le titre représente pour elle «un pont entre deux cultures, le Bénin et la Chine », mais aussi l’occasion de faire dialoguer les imaginaires béninois et chinois. Dr Maurice Vignon, ambassadeur de la promotion sino-béninoise de la langue chinoise, mesure cette reconnaissance à l’aune d’un parcours commencé en 1998. Son apprentissage du chinois l’a conduit jusqu’en Chine, où il a consacré onze années à ses études, jusqu’au doctorat en droit, avec une spécialisation en diplomatie de la Chine contemporaine. Une trajectoire qui donne à son engagement une dimension particulière.

Principales attributions

Le titre d’« Ambassadeurs de la promotion sino-béninoise », point commun entre ces cinq récipiendaires doit se traduire en actions. Pour Fabrice Noudofinin, la priorité est de faire du Wushu un véritable trait d’union entre les deux pays. Il entend travailler davantage avec le Centre culturel chinois et la Fédération béninoise de wushu, tout en renforçant la visibilité de la discipline auprès du public. Son objectif est également de rapprocher le Wushu et la culture Shaolin de la jeunesse béninoise. La création de clubs dans les localités où la discipline demeure peu implantée figure parmi les pistes envisagées. A cela s’ajoute la volonté de mettre en place des formations de haut niveau afin de faire émerger des athlètes capables de représenter dignement le Bénin sur la scène internationale. Dans le tennis de table, Adou Amir Atanda veut également miser sur la jeunesse. Son rôle sera de représenter la coopération sportive, de partager son expérience avec les jeunes pratiquants et de participer aux échanges sportifs et culturels. A travers cette mission, il entend contribuer à renforcer les liens entre la Fédération béninoise de tennis de table et le Centre culturel chinois. Fano-Dosh Oswald Ash inscrit son action dans la même dynamique. Le badminton doit, selon lui, bénéficier davantage des échanges internationaux. La mise en valeur des talents béninois à travers des compétitions, des rencontres et des collaborations avec la Fédération béninoise de badminton et le Centre culturel chinois constitue l’une de ses priorités. Le sport devient ainsi un outil de découverte mutuelle et véhicule des valeurs communes notamment la discipline, le respect, la persévérance et le dépassement de soi.

Le cinéma élargit encore cette passerelle. Pour Mulan, l’enjeu consiste à faire circuler les histoires. Le public chinois doit pouvoir découvrir un autre visage du Bénin, tandis que les Béninois doivent mieux connaître la création cinématographique chinoise. Elle envisage notamment des projections croisées, des rencontres entre réalisateurs, producteurs et techniciens, mais également des projets de coproduction. Des collaborations qui pourraient offrir aux jeunes professionnels béninois des possibilités de stages, d’immersion et de formation au contact de spécialistes chinois. «Je suis une marieuse du cinéma», résume-t-elle, dans une formule qui traduit son ambition. Pour elle, il s’agira de provoquer des rencontres et permettre aux deux aires cinématographiques de créer ensemble.

Promouvoir la coopération sino-béninoise

Sur le terrain, les projets annoncés sont divers, mais poursuivent le même objectif: sortir la coopération des seuls espaces institutionnels pour la rapprocher des populations. Dans le Wushu, Fabrice Noudofinin souhaite développer la pratique dans de nouvelles localités, sensibiliser les acteurs et favoriser la formation de haut niveau. L’enjeu est autant sportif que culturel, puisque le Wushu charrie avec lui une histoire, une philosophie et une conception particulière de la discipline martiale. Adou Amir Atanda entend, pour sa part, multiplier les rencontres avec les jeunes. Son expérience doit servir de repère à ceux qui commencent leur parcours. Le tennis de table devient alors un moyen d’échange, mais aussi un outil d’éducation et de transmission. Quant au badminton, Fano-Dosh Oswald Ash veut donner davantage de visibilité aux talents béninois et favoriser leur confrontation avec d’autres pratiquants à l’étranger. L’objectif est de créer un environnement susceptible de faire progresser la discipline et d’inspirer une nouvelle génération.

Mulan souhaite aller plus loin dans le domaine cinématographique. Les projets de coproduction déjà envisagés avec des partenaires chinois pourraient ouvrir des espaces de travail à de jeunes Béninois. Derrière la caméra, dans les métiers techniques ou dans la production, la coopération culturelle pourrait ainsi devenir un levier d’insertion professionnelle. Mais pour Dr Maurice Vignon, la priorité est ailleurs. Pour lui, il faut porter la langue chinoise vers des publics qui en sont encore éloignés. Son projet commence par une tournée ciblée dans des écoles, notamment dans les périphéries de Cotonou, d’Abomey-Calavi, de Porto-Novo, de Sèmè-Kpodji et de Ouidah. Il souhaite aller à la rencontre des élèves, en particulier dans les établissements primaires et secondaires, pour leur donner un premier contact avec la langue et la culture chinoises. A l’en croire, l’idée est d’éveiller tôt la curiosité des enfants à la langue chinoise. Le linguiste entend également mettre à la disposition des apprenants de petits ouvrages et documents pédagogiques afin de faciliter cette première découverte. De même, il envisage la création de « Chinese Corners » à Cotonou et à Calavi. Ces espaces seraient des lieux de rencontre pour les étudiants, apprenants et autres amoureux du mandarin. Ils pourraient s’y retrouver régulièrement pour échanger autour de thèmes culturels et linguistiques, en présence, lorsque cela est possible, de ressortissants chinois. Une manière de faire vivre la langue en dehors des salles de cours et de créer un espace d’échanges plus naturel.

Des doléances

Pour transformer leurs ambitions en actions durables, les nouveaux ambassadeurs savent qu’ils auront besoin de soutien. Fabrice Noudofinin appelle ainsi à un appui concret de l’ambassade de Chine et du Centre culturel chinois, afin de donner à cette mission les chances de produire des résultats. Adou Amir Atanda formule des attentes précises à travers des stages de formation en Chine, l'équipement des clubs et la formation des jeunes pongistes béninois.

Dans le cinéma, Mulan salue le soutien déjà reçu et souhaite voir se poursuivre cette dynamique. Son ambition est de contribuer à l’émergence d’un cinéma béninois capable de raconter le pays au monde, tout en multipliant les collaborations internationales. Quant à Dr Maurice Vignon, l’attente principale tient à la possibilité de toucher davantage de territoires et de publics. La langue chinoise, estime-t-il, ne doit pas rester concentrée dans les grands centres urbains ou dans les espaces déjà habitués aux manifestations culturelles chinoises.

En somme, dans le sillage de la modernisation à la chinoise, dont ils souhaitent partager certains aspects à travers leurs domaines respectifs, les ambassadeurs de la promotion sino-béninoise veulent donner un contenu humain à la coopération entre les deux pays mais surtout rapprocher les peuples par ce qu’ils ont de plus universel à savoir, le goût de l’effort, la création, l’apprentissage et la rencontre. Ainsi, le défi est désormais de transformer les titres en initiatives, les intentions en rendez-vous et les rendez-vous en collaborations durables. Car un pont ne vaut que par les personnes qui l’empruntent. Et celui que ces ambassadeurs ambitionnent de construire entre le Bénin et la Chine commence précisément par là.