La Nation Bénin...
En l’espace de quelques semaines, deux sélections nationales féminines ont offert au pays des qualifications mondiales, révélant au grand jour une nouvelle génération d’athlètes ambitieuses, talentueuses et désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations.
La première sélection féminine à ouvrir la voie du Mondial, c'est l'équipe de beach handball. A Lomé, les Amazones du beach handball au football ont réalisé un exploit en décrochant le titre continental face au Togo (2-1), validant ainsi leur qualification pour la Coupe du monde Croatie 2026 (du 23 au 28 juin prochain). Une première pour le handball béninois. En juin prochain, elles auront rendez-vous avec l’élite mondiale dans un groupe particulièrement relevé composé de l’Argentine, du Danemark et des Philippines. Quelques semaines plus tard, les Amazones U20 de football ont pris le relais avec une qualification pour la Coupe du Monde Féminine U20 Fifa Pologne 2026 (du 5 au 27 septembre). Face à la Côte d’Ivoire, dimanche dernier à Lomé, lors du dernier tour des éliminatoires, les jeunes Béninoises ont impressionné par leur maîtrise et leur efficacité, s’imposant après un parcours marqué notamment par l'élimination de la Guinée et de l’Egypte, deux références du football féminin africain.
Cette campagne a également révélé une étoile montante du football béninois, Romaine Gandonou. Avec 14 buts inscrits en six matchs, l’attaquante béninoise a terminé meilleure buteuse des éliminatoires africaines. Aujourd’hui à Paris pour un essai dans un club français, elle symbolise cette nouvelle génération décomplexée qui rêve désormais plus grand.
Une progression qui ne relève pas du hasard
Ces performances ne sont pas des exploits isolés. Elles traduisent les résultats d’une politique sportive progressivement structurée autour de la formation, de l’encadrement technique et des infrastructures. Depuis plusieurs années, les autorités béninoises multiplient les investissements dans le sport, avec une attention particulière portée au développement des disciplines féminines. Les classes sportives, le suivi des jeunes talents et la professionnalisation de l’encadrement commencent aujourd’hui à produire des résultats concrets. Dans le football, le travail de formation effectué à la base porte ses fruits. En athlétisme également, les performances d’Odile Ahouanwanou, triple championne d’Afrique de l’heptathlon (2018, 2022, 2024), ou encore les progrès constants de Noélie Yarigo, ont largement contribué à renforcer la crédibilité du sport féminin béninois. Mais au-delà des médailles et des qualifications, c’est surtout un changement d’état d’esprit qui saute désormais aux yeux. Longtemps considérées comme des outsiders, les sélections féminines béninoises abordent aujourd’hui les grandes compétitions avec ambition. Elles ne participent plus simplement pour apprendre mais jouent désormais pour gagner et marquer l’histoire. Le dîner officiel offert récemment par le ministre des Sports, Benoît Dato, aux Amazones de beach handball et de football illustre d’ailleurs cette reconnaissance grandissante. Le tapis rouge déroulé aujourd’hui à ces athlètes dépasse le cadre symbolique mais récompense plutôt des années de sacrifices souvent discrets.
Ainsi, du sable de Croatie aux pelouses de Pologne, les Amazones béninoises matérialisent désormais l’audace d’un pays qui découvre peu à peu la force de son sport féminin. En décrochant ces qualifications mondiales, ces Amazones laissent une empreinte éternelle dans le sport national, prouvant que leur potentiel offensif et leur volonté de gagner ensemble sont les moteurs d'une révolution qui changera l'image du Bénin à l'international.