La Nation Bénin...

Ingérence arbitrale à la finale de la CAN 2025: Patrice Motsepe esquive sur l’affaire Safari et ne dément pas

Sports
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, est sorti de sa réserve Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, est sorti de sa réserve

Face aux graves allégations d’interventions directes sur l’arbitrage lors de la finale de la CAN, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a choisi le mutisme et la délégation lors de sa visite à Rabat. En refusant de démentir les consignes qu’aurait données Olivier Safari aux officiels, la Confédération plonge dans une zone d’ombre qui alimente toutes les suspicions.

Par   Christian HOUNONGBE, le 10 avr. 2026 à 15h28 Durée 2 min.
#Ingérence arbitrale à la finale de la CAN 2025

Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football, a manqué hier, jeudi 9 avril 2026, l’occasion de dire la vérité à la famille du football africain et au peuple marocain sur l’affaire Safari. Interrogé frontalement lors d’une conférence de presse en marge de sa visite à Rabat, Patrice Motsepe n’a pas réussi à dissiper les doutes entourant l’intégrité de la finale. La question portait sur une éventuelle intervention d’Olivier Safari, président de la commission d’arbitrage, soupçonné d’avoir dicté des consignes spécifiques à l’arbitre de la rencontre, notamment concernant la gestion des cartons jaunes.

Pourtant, au lieu du démenti catégorique espéré pour protéger l’institution, le président de la CAF a surpris l’assistance par une dérobade savamment orchestrée. En passant la parole à son secrétaire général, Motsepe n’a non seulement pas pris position, mais il a surtout laissé planer un silence que beaucoup interprètent déjà comme un aveu d’impuissance, sinon de culpabilité.

Le silence troublant de la CAF

 

Le relais pris par le secrétaire général n’a en rien apaisé les esprits. Ce dernier s’est enfermé dans un discours bureaucratique, se limitant à rappeler que l’instance suivait « une procédure en cours ». À aucun moment, la direction de la CAF n’a nié les faits reprochés à Olivier Safari.

Cette communication ultra-prudente, centrée exclusivement sur le respect des processus disciplinaires, sonne comme un désaveu pour le patron de l’arbitrage africain. En refusant de blanchir explicitement Safari, la CAF semble le laisser seul face à la tempête, sans pour autant oser lever le voile sur les mécanismes d’influence qui auraient pu polluer le sommet du football continental.

 

Un flou artistique

 

L’absence de transparence dans cette affaire fragilise l’image de la compétition. Si une « procédure est en cours », c’est que les griefs sont jugés suffisamment sérieux pour ne pas être balayés d’un revers de main. Pour les partisans d’une réforme profonde de l’arbitrage africain, ce flou artistique est la preuve qu’une forme d’ingérence politique ou administrative persiste au sein des instances.

Aujourd’hui, l’ombre d’une finale dont le scénario aurait été partiellement dicté en coulisses persiste. Entre un Motsepe qui esquive et une administration qui se retranche derrière le juridisme, la CAF se retrouve dans la tourmente. La question n’est plus de savoir s’il y a eu ingérence, mais jusqu’où celle-ci est remontée.