La Nation Bénin...
Face aux graves allégations
d’interventions directes sur l’arbitrage lors de la finale de la CAN, le
président de la CAF, Patrice Motsepe, a choisi le mutisme et la délégation lors
de sa visite à Rabat. En refusant de démentir les consignes qu’aurait données
Olivier Safari aux officiels, la Confédération plonge dans une zone d’ombre qui
alimente toutes les suspicions.
Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football, a manqué hier, jeudi 9 avril 2026, l’occasion de dire la vérité à la famille du football africain et au peuple marocain sur l’affaire Safari. Interrogé frontalement lors d’une conférence de presse en marge de sa visite à Rabat, Patrice Motsepe n’a pas réussi à dissiper les doutes entourant l’intégrité de la finale. La question portait sur une éventuelle intervention d’Olivier Safari, président de la commission d’arbitrage, soupçonné d’avoir dicté des consignes spécifiques à l’arbitre de la rencontre, notamment concernant la gestion des cartons jaunes.
Pourtant, au lieu du démenti
catégorique espéré pour protéger l’institution, le président de la CAF a
surpris l’assistance par une dérobade savamment orchestrée. En passant la
parole à son secrétaire général, Motsepe n’a non seulement pas pris position, mais
il a surtout laissé planer un silence que beaucoup interprètent déjà comme un
aveu d’impuissance, sinon de culpabilité.
Le silence troublant de la CAF
Le relais pris par le secrétaire général n’a en rien apaisé les esprits. Ce dernier s’est enfermé dans un discours bureaucratique, se limitant à rappeler que l’instance suivait « une procédure en cours ». À aucun moment, la direction de la CAF n’a nié les faits reprochés à Olivier Safari.
Cette communication
ultra-prudente, centrée exclusivement sur le respect des processus
disciplinaires, sonne comme un désaveu pour le patron de l’arbitrage africain.
En refusant de blanchir explicitement Safari, la CAF semble le laisser seul
face à la tempête, sans pour autant oser lever le voile sur les mécanismes
d’influence qui auraient pu polluer le sommet du football continental.
Un flou artistique
L’absence de transparence dans cette affaire fragilise l’image de la compétition. Si une « procédure est en cours », c’est que les griefs sont jugés suffisamment sérieux pour ne pas être balayés d’un revers de main. Pour les partisans d’une réforme profonde de l’arbitrage africain, ce flou artistique est la preuve qu’une forme d’ingérence politique ou administrative persiste au sein des instances.
Aujourd’hui, l’ombre d’une
finale dont le scénario aurait été partiellement dicté en coulisses persiste.
Entre un Motsepe qui esquive et une administration qui se retranche derrière le
juridisme, la CAF se retrouve dans la tourmente. La question n’est plus de
savoir s’il y a eu ingérence, mais jusqu’où celle-ci est remontée.
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, est sorti de sa réserve