La Nation Bénin...
A Casablanca, du 24 au 31 mars dernier, les Guépards du Bénin ont su tirer profit de la fenêtre Fifa pour affiner leurs automatismes et esquisser les contours d’un collectif en pleine maturation. Au terme de deux rencontres amicales remportées sur le même score (1-0) face au Liberia puis à la Guinée, plusieurs enseignements majeurs se dégagent.
La trêve internationale de mars 2026 aura servi de révélateur pour l’équipe nationale du Bénin. Et le premier motif de satisfaction réside dans l’efficacité des résultats. Deux matchs, deux victoires, sans encaisser le moindre but. Le bilan comptable est irréprochable. Mais au-delà des chiffres, c’est la manière qui interpelle. Face au Liberia, la connexion offensive entre Steve Mounié et Tosin Aiyegun a fait mouche, le premier offrant une passe décisive au second. Quelques jours plus tard, le capitaine béninois s’est illustré en inscrivant lui-même le but victorieux contre la Guinée, portant son total à 23 réalisations en sélection. Une performance qui le rapproche à une longueur seulement du record détenu par Stéphane Sessegnon. Autre enseignement de taille est la solidité défensive. Longtemps pointée du doigt, l’arrière-garde béninoise a affiché une rigueur et une discipline remarquables. Le portier Marcel Dandjinou s’est imposé comme un dernier rempart décisif, notamment face à la Guinée, où il a stoppé le penalty de Sehrou Guirassy. Outre cet exploit, c’est toute l’organisation défensive qui a su contenir des individualités de haut niveau, preuve d’une progression notable dans l’animation collective. Sur le plan tactique, le sélectionneur Gernot Rohr a apporté des ajustements pertinents. Le repositionnement de Junior Olaïtan en meneur de jeu s’est révélé judicieux. Plus libre dans ses mouvements, il a su orienter le jeu et fluidifier les transitions offensives, ponctuées par une passe décisive. A ses côtés, Samadou Attidjikou a assuré l’équilibre du milieu de terrain par son volume de jeu et son impact défensif, compensant efficacement l’absence de Sessi d’Almeida.
Les retombées
Cette fenêtre internationale a également été marquée par une volonté d’élargir la base de l’équipe. Plusieurs nouveaux visages, à l’image de Michel Boni, Felipe Santos et Sahid Ngobi, ont effectué leurs premiers pas en sélection, certains bénéficiant d’un temps de jeu significatif. Une ouverture qui témoigne d’une stratégie tournée vers l’avenir, même si quelques éléments n’ont pas été utilisés, à l’instar de Jodel Dossou ou Serge Obassa. Les retombées de ces performances ne se sont pas fait attendre. Le Bénin progresse au classement Fifa, gagnant deux places au niveau mondial pour se hisser au 90e rang, et intégrant le top 20 africain (19e). Une avancée symbolique qui traduit la dynamique actuelle du groupe.
Pour autant, tout n’est pas encore parfait. Si la défense rassure, l’animation offensive peut encore gagner en efficacité, notamment dans la gestion des occasions franches. Comme l’a souligné Gernot Rohr, le potentiel est là, mais nécessite davantage de précision dans le dernier geste. En somme, cette trêve de mars 2026 laisse entrevoir un Bénin en construction, mais résolument ambitieux. Entre solidité retrouvée, ajustements tactiques pertinents et intégration progressive de nouveaux talents, les Guépards semblent avoir posé les bases d’un projet crédible. Reste désormais à confirmer ces prouesses lors des prochaines échéances.
Entre rigueur défensive et perfectionnement tactique, le Bénin sous Gernot Rohr progresse