Organisation du Mondial 2030 : Le Maroc vote une nouvelle loi pour encadrer la gestion des animaux errants
Sports
Organisation du Mondial 2030
Promulguée le 10 août et entrée en vigueur le 14 août 2026, la loi n° 19.25 instaure un cadre national unifié pour la protection et la prise en charge des chiens et chats errants. À moins de quatre ans de la Coupe du monde 2030, Rabat entend remplacer les interventions ponctuelles par des centres d’accueil, la stérilisation et une base de données nationale, tout en répondant aux critiques internationales sur le traitement des animaux.
Par
Christian HOUNONGBE, le 17 août 2026
à
13h52
Durée 3 min.
#Organisation du Mondial 2030
#CAF TotalEnergies Maroc 2025
Le Maroc se dote pour la première fois d’un dispositif légal dédié aux animaux errants, selon APA-Rabat. Adoptée par le Parlement avec 74 voix pour et 21 abstentions à la Chambre des représentants, la loi n° 19.25 a été publiée au Bulletin officiel avant d’entrer en application vendredi 14 août.
Présentée par Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, au nom du ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, la loi vise à harmoniser les pratiques jusque-là disparates entre collectivités. Elle prévoit la création et la gestion de centres d’accueil et de prise en charge, l’obligation de déclaration des animaux et la mise en place d’une base de données nationale.
Le texte place la question à la croisée du bien-être animal et de la santé publique. L’objectif est de prévenir les maladies transmissibles par les animaux errants, de mieux identifier les responsabilités des autorités et d’encadrer les compétences des agents chargés de constater les infractions.
La promulgation intervient dans un contexte sensible. Le Maroc coorganisera la Coupe du monde de football 2030 avec l’Espagne et le Portugal, et la gestion des chiens errants est devenue un sujet de pression internationale. Ces derniers mois, des médias étrangers et des organisations de protection animale ont accusé les autorités de mener des campagnes d’abattage pour « nettoyer » l’espace public avant la compétition. Des accusations que Rabat rejette en mettant en avant une approche fondée sur la protection, la stérilisation et la prise en charge.
Pour le gouvernement, il s’agit donc d’envoyer un signal réglementaire. Mais le véritable défi se jouera sur le terrain. L’application de la loi dépendra des capacités de stérilisation, du financement des centres d’accueil, de leur multiplication à travers le pays et de l’implication effective des collectivités territoriales. Elle suppose aussi l’abandon des méthodes d’élimination dénoncées par les associations.
À quatre ans du Mondial, l’enjeu dépasse la seule question animale. La manière dont le Maroc appliquera cette législation sera observée de près et pèsera sur l’image du pays et sur sa capacité à se conformer aux standards de protection animale revendiqués par les organisations internationales.