La Nation Bénin...
Du 27 au 31 janvier, le pongiste béninois Ovaldo Blobia disputera à Lille son tout premier tournoi du circuit mondial Wtt. Fort d’un parcours en constante progression en France et d’un palmarès fourni, l’ancien sociétaire des Hirondelles de Lokossa entend vivre cette première expérience internationale avec humilité et détermination.
La Nation : Vous vous apprêtez à disputer, du 27 au 31 janvier, votre tout premier tournoi du circuit international Wtt à Lille. Dans quel état d’esprit abordez-vous ce rendez-vous majeur ?
Ovaldo Blobia : C’est avant tout un immense sentiment de fierté et beaucoup d’enthousiasme. Disputer mon premier Wtt représente une étape déterminante dans mon parcours sportif. C’est l’opportunité d’évoluer au plus haut niveau international. Evidemment, je ressens une certaine pression, mais elle est positive. Elle me pousse à donner le meilleur de moi-même. Je reste concentré afin de bien la gérer.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour cette première expérience sur le circuit mondial ?
Mon objectif principal est de livrer de bonnes prestations match après match, en restant concentré du début à la fin de la compétition. Il y aura essentiellement des joueurs qui évoluent depuis longtemps sur le circuit Wtt et mondial. L’enjeu est donc d’acquérir de l’expérience, de gagner en confiance à ce niveau et, pourquoi pas, d’obtenir de bons résultats face à de grands joueurs.
Comment vous êtes-vous préparé pour répondre aux exigences d’un tel niveau de compétition ?
Je suis très conscient de mon niveau actuel. Je m’entraîne énormément, notamment sur les aspects techniques et tactiques. J’insiste beaucoup sur la régularité, la qualité du service, la remise de balle et la gestion des moments clés. La préparation physique et mentale est également primordiale, car à ce niveau, chaque détail compte. Je prends les matchs les uns après les autres afin de mieux affronter chaque adversaire et continuer à apprendre.
Votre parcours en France témoigne d’une progression constante. Quel regard portez-vous sur ces dernières années?
Depuis mon arrivée en France en 2022, j’ai connu une évolution importante. J’ai remporté plusieurs tournois nationaux, notamment à Avignon, Fréjus, Fos-sur-Mer et Pérols, avec mon ancien club de Marseille Tennis de Table. En 2024, je me suis également qualifié pour les Championnats de France. Aujourd’hui, j’évolue à la Grande Bastide, toujours à Marseille, en tant que joueur et éducateur sportif. Ces expériences ont beaucoup contribué à ma maturation sportive.
Avant la France, votre formation s’est faite au Bénin. Que représente cet héritage dans votre carrière ?
Il est fondamental. J’ai porté les couleurs de l’équipe de l’Université d’Abomey-Calavi et des Hirondelles de Lokossa. Ce sont ces bases qui m’ont construit, tant sur le plan sportif qu’humain. Je reste profondément attaché à ce parcours.
Représenter le Bénin sur la scène internationale, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
C’est un immense honneur, mais aussi une grande responsabilité. Porter les couleurs de mon pays dans une compétition internationale comme le Wtt est une source de motivation supplémentaire. Même si je joue en individuel, à chaque match, je joue aussi pour le Bénin. C’est l’occasion de montrer que le tennis de table béninois progresse et d’inspirer les jeunes à croire en leurs rêves et à continuer de travailler.
Votre histoire avec le tennis de table est singulière. Comment tout a commencé ?
J’ai découvert le tennis de table un peu par hasard, à l’âge de neuf ans. J’étais au point de vente de ma mère lorsqu’un monsieur est venu acheter. J’ai remarqué une pochette de raquette accrochée à sa moto, ce qui m’a intrigué. Après ses explications, j’ai voulu essayer. C’est ainsi que tout a commencé, malgré les réticences initiales de mes parents. J’ai insisté, par passion.
Que diriez-vous à ceux qui considèrent encore le tennis de table comme un sport mineur ?
Le tennis de table est tout sauf un petit sport. C’est une discipline de lucidité, de réflexion et de vitesse mentale. Elle sollicite l’ensemble du corps. Il faut réfléchir, anticiper, se déplacer et agir en même temps que l’adversaire. C’est précisément cette complexité qui me passionne.
Ovaldo Blobia, quand le tennis de table béninois s’invite sur la scène mondiale