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Secteur du sport en dix ans: Un bilan qui révèle davantage le Bénin

Sports
22 stades de type omnisports construits pour permettre aux athlètes  de s’entrainer dans les meilleures conditions 22 stades de type omnisports construits pour permettre aux athlètes de s’entrainer dans les meilleures conditions

De 2016 à 2026, le sport béninois a connu une évolution qui mérite d’être soulignée. Des performances sur les différents terrains de compétition aux infrastructures passant par les subventions allouées aux clubs et fédérations, le gouvernement du président Patrice Talon, à la fin de son deuxième quinquennat, aura accompli la grande partie de ses ambitions sportives inscrites dans le Programme d’action du gouvernement (Pag).

Par   Abdul Fataï SANNI, le 22 mai 2026 à 12h34 Durée 4 min.
#Secteur du sport

Dix ans que le président Patrice Talon a pris les rênes du pays et le sport béninois aura connu des avancées notables. Les disciplines sportives et l’environnement des sports en général ont particulièrement bénéficié de l’attention du gouvernement béninois. Tout cela a boosté l’ardeur des athlètes qui ont enregistré de meilleures performances.

Pourtant en 2016, la situation du sport béninois était peu reluisante. Le gouvernement entrant héritait d’un secteur exsangue à tous points de vue. Cette situation se caractérisait essentiellement par des crises dans la plupart des fédérations sportives dont la plus importante était celle qui, depuis de longues années, minait la Fédération béninoise de football (Fbf). A cela s’ajoutent l’absence d’un programme structuré de détection, de formation et de promotion des talents à la base notamment en milieux scolaire, universitaire et dans les communes mais aussi, l’inexistence d’un mécanisme structuré d’incitation au financement du sport par le secteur privé et le manque d’infrastructures sportives aussi bien de type national, départemental, communal que de proximité.

Mais le chantre du « Nouveau départ » s’est employé à développer et à mettre en valeur ces indicateurs pour révéler le Bénin à travers la construction d'infrastructures sportives, l’instauration des classes et académies sportives, des mesures incitatives pour le financement et la professionnalisation du sport, la réorganisation des directions techniques nationales (Dtn) et surtout la hausse progressive des subventions allouées aux clubs et fédérations ainsi qu’au Comité national olympique et sportif béninois (Cnos-Ben) sans oublier le Conseil national des supporters du Bénin (Cnb-B).

Des infrastructures sportives proches des populations

Pour la pratique du sport, il faut des infrastructures de qualité et en quantité. Sur ce plan, le gouvernement béninois a pris le taureau par les cornes en construisant 22 stades de type omnisports, permettant aux footballeurs, handballeurs, volleyeurs, basketteurs, athlètes des courses de fond, demi-fond de s’entrainer dans les meilleures conditions pour performer. Il a dans ce cadre rénové le stade de l’Amitié Mathieu Kérékou de Kouhounou qui a abrité samedi 10 juillet 2021 (à 20 h 00), la finale de la Coupe de la Confédération africaine de football (Caf) entre les Algériens de la Js Kabylie et les Marocains du Raja Casablanca. Une première au Bénin en présence de Patrice Motsepe, président de la Caf ; et devant 12 000 spectateurs. En dehors de cette rencontre, cette infrastructure a également abrité certains matchs des éliminatoires du mondial 2022. La Côte d’Ivoire, le Malawi, le Mozambique se sont déplacés à Cotonou pour y jouer, ainsi que d’autres rencontres officielles de la Caf et de la Fifa. Bientôt, le stade René Pleven, Charles de Gaulle de Porto-Novo et celui de Parakou seront entièrement rénovés et les travaux envisagés concernent notamment la reconstruction du terrain principal de football en gazon naturel/synthétique de 45 mm, répondant aux normes Fifa Quality Pro ; un terrain d’entraînement en terre battue (pour Cotonou 2); la réhabilitation des terrains de handball, basketball, volleyball et tennis, avec des revêtements de sol sportif en polyuréthane, conformes aux standards internationaux, la reconstruction des tribunes, la réhabilitation de la clôture et de la guérite, la rénovation des bâtiments annexes, la réfection de la piscine, les travaux de voirie et réseaux divers (Vrd), d’aménagement paysager, ainsi que la construction d’un château d’eau et d’un forage pour l’approvisionnement en eau, etc.

L'autre projet phare est la construction de Avlékété Golf Course, un parcours de golf international de 100 hectares, accompagné d'un club-house moderne et d'un accès par ponton. En parallèle, un Club Med est en cours de développement, comprenant des infrastructures sportives, de bien-être et d'encadrement pour les enfants, ainsi que 330 chambres, dont des suites de luxe. Le Bénin a aussi pour objet de se doter d'un Boulodrome aux normes internationales pour les boulistes.

Le football : le grand chantier en réussite

Depuis 2016, le football béninois connaît une transformation aussi progressive que spectaculaire, portée par des performances continentales et mondiales. Le temps des approximations et des compétitions entachées de querelles de couloirs semble révolu. Depuis lors, le ballon a commencé par véritablement rouler avec clarté sur les terrains, non plus dans l’opacité des bureaux. Le football béninois est entré dans une nouvelle ère et la consécration des Ecureuils d’alors sur la scène africaine a commencé par prendre forme entre 2019 et 2026. Après une qualification historique pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations en 2019 (une première), le Bénin s’est également qualifié pour les quarts de finale de la Can junior U20 en Egypte avant de décrocher sa cinquième qualification pour la Can Maroc 2025 où il a atteint les huitièmes de finale. Une performance saluée comme un tournant, consolidant le Bénin dans le cercle des nations footballistiques respectées.

Le souffle nouveau du football béninois se lit également dans les rangs des juniors. En 2022, lors du tournoi Ufoa-B, les Ecureuils U20 décrochent une précieuse médaille d’argent, ne cédant qu’en finale face au Nigeria (3-1). Un an plus tard, au Caire, la jeune garde béninoise franchit avec panache la phase de groupes avant de s’incliner une fois encore contre le Sénégal en quart de finale (1-0). Ces résultats traduisent une politique de formation en maturation, et une meilleure structuration de la direction technique nationale (Dtn), avec des sessions régulières de formation pour l’obtention des licences Caf D, C, B et A. On ne peut omettre le développement du football féminin avec la qualification du Bénin pour la Coupe du monde U20 féminine, Pologne 2026 sans oublier la progression au classement Fifa. Mais cette évolution est indissociable des réformes structurelles engagées par l’Etat béninois.

Visionnaire, le gouvernement béninois a mis en place un arsenal de mesures incitatives à travers la défiscalisation des investissements dans le sport, l’exonération des salaires des encadreurs et athlètes, la création d’une taxe dédiée au développement sportif, et surtout, l’instauration des sociétés sportives. Ces instruments ont changé la donne. Les clubs se structurent, les joueurs sont régulièrement rémunérés, les entraîneurs travaillent dans la stabilité, et les privés trouvent désormais un cadre propice à l’investissement.

De même, le championnat de première division s’est définitivement affranchi de son passé erratique. Régulièrement organisé, il voit chaque saison s’achever sur un verdict sportif clair, désignant champion et dauphin à l’issue des matches. Une unité de production audiovisuelle dédiée aux compétitions permet aujourd’hui une retransmission de qualité, sur la télévision nationale et sur A+ Bénin, apportant une visibilité au football local.

Le football féminin connaît également une émancipation vigoureuse. Compétitions régulières, structuration des championnats à tous les niveaux, meilleure exposition médiatique. Les Amazones béninoises avancent avec détermination. In fine, le Bénin footballistique ne prétend pas encore aux sommets, mais il en a fini avec les profondeurs. Ce parcours en dix années témoigne d’un cheminement lucide et d’une volonté politique et sportive affirmée. Pour l’heure, les Guépards d’aujourd’hui, qu’ils soient seniors ou juniors, ou les Amazones, redonnent fierté à un pays qui, jadis en marge, s’invite désormais dans la cour des grands. Le football béninois n’est plus un espoir. Il est devenu un projet qui avance.

Les classes sportives et leurs fruits

Les classes sportives sont le pari gagnant du Bénin pour l’avenir du football. En effet, en quelques années, le pays s’est imposé comme un laboratoire réussi de l’intégration du sport à l’école. Loin d’un simple supplément éducatif, les classes sportives, instaurées depuis la rentrée scolaire 2017-2018, se sont affirmées comme un levier structurant de détection, de formation et de promotion des jeunes talents, dans une République où le football, en particulier, est une passion populaire et un enjeu de développement national. Pensées comme un outil de transformation sociale, les classes sportives offrent un cadre adapté où l’éducation et la pratique sportive de qualité cohabitent. L’objectif est de permettre à des milliers de jeunes de concilier scolarité et passion pour le sport, dans des conditions encadrées, régulières, et formatrices.

Chaque mercredi après-midi, vendredi après-midi, samedi matin et, à l’occasion, dimanche matin, des centaines d’élèves troquent leurs cahiers contre des crampons ou des équipements sportifs, sous la supervision d’encadreurs professionnels formés et déployés sur le territoire. A ce jour, 88 classes sportives ont vu le jour à travers tout le pays, grâce à la mobilisation de 816 encadreurs qualifiés, dans le cadre d’un programme étatique ambitieux, novateur et inclusif. Et ce n’est qu’un début car 76 autres établissements ont également intégré le dispositif, avec pour finalité de couvrir au moins deux collèges par commune, selon les réalités locales. Le modèle béninois ne tarde pas à porter ses fruits sur le plan compétitif. Les sélections scolaires issues de ces classes sportives commencent à briller au-delà des frontières. Sur le continent, les jeunes représentants du Bénin remportent le titre de champion de l’Ufoa-B dans la catégorie scolaire, surclassant des nations pourtant mieux établies dans le domaine. Mais c’est à l’échelle mondiale que la surprise est totale. Lors de la Coupe du monde scolaire de football, les jeunes béninois créent la surprise par la qualité de leur jeu, leur discipline tactique et leur maturité physique. Sans complexe, ils rivalisent avec les meilleures sélections scolaires venues d’Amérique, d’Europe et d’Asie, laissant entrevoir l’émergence d’une génération dorée issue d’un processus long, mais rigoureusement encadré.

Quid des autres disciplines?

Outre le football, il y a eu des exploits en handball et basket 3x3. Le handball béninois a brillé grâce à Flowers handball club, vice-champion de la 45e édition du Championnat d’Afrique des Clubs Champions. Ce résultat consolide la réputation du Bénin comme une nation montante de ce sport sur le continent. L'on ne peut oublier le sacre du Bénin à Lomé au terme de la 1re édition de la Can Beach handball chez les dames, synonyme de qualification pour la Coupe du monde féminine de Beach handball, Croatie 2026.    

En basket 3x3, les Amazones et les Guépards s’illustrent davantage dans les compétitions continentales et mondiales. Ces performances confirment le dynamisme du Bénin dans les sports collectifs et l’émergence de talents capables de rivaliser au plus haut niveau. En gymnastique, le Bénin brille également dans les grands rendez-vous et revient toujours au bercail avec médailles et titres continentaux. Aux côtés des gymnastes, les jeunes badistes béninois hissent fièrement les couleurs nationales. A titre illustratif, à Thiès, au Sénégal en 2024, ils ont dominé la scène dans trois compétitions majeures. Avec 39 médailles dont 22 d'or, 10 d'argent et 7 de bronze, ils ont marqué les esprits au Championnat d’Afrique junior (U19) de AirBadminton, qui s’est déroulé du 12 au 19 août dernier puis au Championnat d’Afrique scolaire de AirBadminton. Une performance qui témoigne du talent et de la détermination des jeunes badistes béninois qui ont dignement défendu les couleurs nationales lors de ces prestigieuses compétitions africaines. Par ailleurs, le cyclisme béninois a fait un pas de géant avec une progression  fulgurante à tous les niveaux. Et le tour du Bénin est une référence en Afrique. Le bras de fer a aussi fait la fierté du sport béninois.

Au niveau des arts martiaux, le karaté béninois s’est bien illustré lors de ses sorties internationales en décrochant assez de médailles. Le travail à la base paie à chaque sortie des équipes nationales qui reviennent toujours des compétitions avec des médailles. Le taekwondo s'illustre aussi avec la participation des sélections nationales aux rendez-vous continentaux et mondiaux. On ne peut omettre les prouesses du wushu béninois qui règne en Afrique et dans le monde, au même titre que le judo. Toutefois, la situation est critique au niveau de la boxe béninoise et une thérapie de choc s'impose pour la faire renaître de ses cendres.

Une ascension remarquable

Le sport béninois connaît une ascension remarquable grâce à une augmentation constante des subventions allouées aux fédérations, clubs et centres de formation par l’Etat béninois. Depuis 2016, les dotations ont connu une progression exponentielle, passant de 79,5 millions de francs Cfa à 4,655 milliards en 2025. Une stratégie gouvernementale qui commence à porter ses fruits, mais qui impose également des attentes croissantes en matière de performances.

En effet, sous l’impulsion du gouvernement béninois à travers le ministère des Sports, les subventions allouées aux fédérations sportives, clubs et centres de formation par l’Etat béninois ont connu une hausse spectaculaire. De 79,5 millions en 2016, elles ont franchi le cap du milliard de francs Cfa en 2021 (1,153 milliard), avant de tripler en 2023 (3,978 milliards) et d’atteindre un niveau record en 2024 avec 4,655 milliards, à l’arrivée du ministre Benoit Dato. Cette hausse traduit une volonté ferme de doter les structures sportives de ressources suffisantes pour améliorer les performances nationales et internationales. Les clubs et centres de formation béninois, longtemps limités par le manque de moyens, bénéficient aujourd’hui d’un cadre plus propice à l’éclosion des talents.

L’impact de cet investissement ne s’est pas fait attendre. Ces dernières années, les équipes nationales, toutes disciplines confondues, enregistrent des performances honorables sur la scène africaine et internationale.