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Thomas Dan-Tossou, président du jeu de balle au tambourin: « Nous n’irons pas pour faire piètre figure »

Sports
Le président de la Fédération béninoise de jeu de balle au  tambourin, Thomas Dan-Tossou Le président de la Fédération béninoise de jeu de balle au tambourin, Thomas Dan-Tossou

A quelques jours de la Coupe du monde indoor du jeu de balle au tambourin, prévue du 26 février au 1er mars prochain en Italie, le président de la Fédération béninoise de jeu de balle au tambourin, Thomas Dan-Tossou, fait le point sur la préparation des équipes nationales masculine et féminine. Dans cet entretien, il évoque les ambitions du Bénin, les poules relevées et le soutien gouvernemental.

Par   Abdul Fataï SANNI, le 23 févr. 2026 à 13h28 Durée 2 min.
#jeu de balle au tambourin

La Nation : Monsieur le président de la Fédération béninoise de jeu de balle au tambourin, le Bénin participe à la Coupe du monde du jeu de balle au tambourin en Italie. Comment se préparent les équipes nationales en prélude à la compétition ?

Thomas Dan-Tossou : Le Bénin participe à la Coupe du monde indoor du jeu de balle au tambourin du 26 février au 1er mars 2026. Actuellement, les équipes nationales, hommes et dames, sont en mise au vert à Parakou. C’est pour renforcer davantage la cohésion, travailler la technique et effectuer les derniers réglages avant de prendre le départ pour Rome.

Quel est l’objectif du Bénin à ce rendez-vous international ?

Notre objectif, c’est de nous inscrire durablement et de tout faire pour rester dans le carré d’as afin de pouvoir garder notre place de pionnier de la discipline en Afrique. Nous nous préparons en conséquence pour atteindre cet objectif et aller plus loin.

Pour cette coupe du monde, les hommes se retrouvent dans la poule A avec l’Espagne, l’Angleterre et la Chine. Comment appréciez-vous cette poule ?

Il faut dire que c’est une poule très difficile à jouer, vu l’expérience des Catalans et des Anglais. Ce sera un peu compliqué pour nous, mais nous nous préparons en conséquence. La Chine, qui est le nouveau pays venu, ne sera pas non plus une promenade de santé pour le Bénin. Nous allons mettre toutes les chances de notre côté pour pouvoir sortir, tout au moins, deuxièmes du groupe afin de ne pas rencontrer la France.

C’est vrai, nous sommes avec l’Espagne, l’Angleterre et la Chine, mais il y a la France qui est là, parce que le calendrier est un peu spécial, vu le niveau des Français et des Italiens. Ils entrent en compétition à partir des huitièmes de finale. C’est un système très dangereux, parce que si vous êtes troisièmes de notre groupe, par exemple, vous rencontrez la France en barrage. De même, pour le groupe B, le troisième rencontre l’Italie directement pour une place en huitièmes de finale. Ils jouent d’abord un barrage, et cela est très risqué. Nous allons faire l’effort d’éviter cette situation pour ne pas être troisièmes du groupe. Donc, nous nous préparons pour être, au moins, deuxièmes afin d’éviter la France.

Chez les dames, le Bénin se retrouve également dans une poule relevée avec le Brésil, l’Espagne et l’Angleterre…

Les Espagnoles sont très techniques, tout comme l’Angleterre. Les Anglaises ont une cohésion spéciale ; elles se comprennent très bien et ont une grande précision dans la frappe. Mais, au regard du jeu que nos dames avaient développé au Père Mirabeau et de ce qu’elles avaient réalisé à la Coupe du monde 2023, nous avons capitalisé sur toutes ces performances et travaillé davantage pour pouvoir contrer les assauts des Anglaises et des Espagnoles. Le Brésil, nous allons nous mesurer à lui et veiller également à ce que nos dames ne se retrouvent pas en troisième position, car, au niveau féminin aussi, le système est le même. Donc, nous nous préparons pour ne pas être troisièmes du groupe.

Au regard de tout cela, pensez-vous que le Bénin a les armes pour atteindre ses objectifs ?

Nous avons le maximum d’armes pour atteindre notre objectif. C’est d’ailleurs la raison qui nous a conduits à Parakou. Si nous restons à Cotonou, vous savez que c’est une compétition indoor, donc en salle, et Cotonou ne dispose plus de salle appropriée, en dehors du Hall des Arts, qui n’est plus adapté à notre discipline. Nous sommes allés du côté de Parakou, à Don Bosco, pour permettre aux joueurs de s’approprier le jeu en salle. Je crois qu’avec le travail qui est effectué à Parakou, nous pouvons nous bomber le torse : nous n’irons pas pour faire piètre figure, mais pour hisser notre drapeau sur l’échiquier mondial.

Dans cette campagne mondiale, le ministère des Sports a également joué sa partition…

Il faut que j’adresse tous nos remerciements au gouvernement, qui a dopé le moral des Amazones et de l’équipage tambourinaire en les accompagnant et en les prenant en charge intégralement. Je crois qu’ils sont conscients, et nous sommes conscients, que nous partons pour revenir avec des médailles. Donc, nous n’y allons pas, comme je l’ai dit, pour une promenade de santé. Ce ne sera pas facile. Nous allons nous y mettre avec détermination pour honorer la confiance que le gouvernement a placée en nous en assurant notre prise en charge intégrale.

L’Afrique sera représentée par deux nations, le Maroc et le Bénin. Y a-t-il une lueur d’espoir pour l’Afrique à ce rendez-vous mondial ?

Il faut dire que c’est toujours le Bénin qui épaule le Maroc, étant donné que les formateurs viennent du Bénin. Je crois qu’ils ont aussi le maximum d’armes pour affronter les autres équipes de leur groupe. Ils ont la chance d’évoluer dans un groupe un peu favorable avec l’Espagne, le Portugal et la Belgique. Je crois qu’ils pourront s’en sortir, en dehors de l’Allemagne et de Saint-Marin, qui pourront les titiller un peu. Ils vont faire de leur mieux. Au regard du ranking qu’ils occupaient lors du championnat Père Mirabeau, qui a d’ailleurs favorisé leur entrée en compétition indoor, je crois qu’ils feront aussi forte impression dans leur groupe.

Comment appréciez-vous le niveau du tambourin en Afrique ?

Le président de la région Afrique, Jean Louis Gnidokponou a mis en place une politique qui permet de développer cette discipline dans la sous-région et sur l’ensemble du continent. Aujourd’hui, si nous nous réjouissons d’avoir au moins six ou sept pays qui pratiquent cette discipline, le niveau n’est pas mauvais. Comparativement à certains pays d’Europe, je crois que l’Afrique émerge également. Même si ce n’est pas encore le résultat attendu par le président Jean Louis Gnidokponou, nous sommes en train de faire le maximum pour fournir davantage de ressources humaines à la discipline.

Nous sommes pratiquement à la fin de cet entretien. Un dernier mot ?

Je remercie beaucoup le gouvernement, le ministre des Sports et tous les staffs techniques. Je remercie le point focal du jeu de balle au tambourin au ministère, ainsi que la Direction du sport d’élite, qui ne ménagent aucun effort pour nous accompagner. Ils nous mettent la pression pour obtenir de bons résultats. De même, le comité de la région Afrique ne veut pas voir le Bénin en retrait; il essaie de nous accompagner comme il se doit. Nous aussi, nous allons faire de notre mieux. Nous invitons le public à soutenir massivement cette discipline et à nous accompagner, de près ou de loin. Dans tout ce qu’ils font, que leurs prières nous conduisent à la réussite.