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Vincent Rautureau, manager des sélections nationales de jeunes: « Cette victoire est le fruit d’un travail rigoureux »

Sports
Remontée des Amazones U17 du Bénin, selon Vincent Rautureau qui salue une œuvre collective Remontée des Amazones U17 du Bénin, selon Vincent Rautureau qui salue une œuvre collective

Au lendemain de la large victoire (4-0) du Bénin face au Burkina Faso, synonyme de qualification pour le deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du monde féminine U17, le manager des sélections nationales de jeunes, Vincent Rautureau, revient sur les ressorts de ce succès. Il met en lumière la réaction des joueuses, le travail accompli en amont et les exigences à maintenir pour aborder sereinement la prochaine échéance.

Par   Abdul Fataï SANNI, le 21 avr. 2026 à 10h50 Durée 2 min.
#Coupe du monde féminine U17

La Nation : Battues 3-1 à l’aller, les jeunes Amazones ont renversé la situation avec une victoire 4-0 au retour. Quelle analyse faites-vous de cette rencontre ?

Vincent Rautureau : Nous sommes évidemment très heureux. C’est une journée qu’il faut savourer et marquer d’une pierre blanche. Etre capable, à ce niveau et avec une équipe de jeunes, de renverser un score de 3-1 n’est jamais chose aisée. Au-delà du résultat, j’ai surtout apprécié la qualité du match produit. Je tiens à féliciter l’ensemble des joueuses pour leur engagement et leur détermination. Inscrire quatre buts face au Burkina Faso dans un tel contexte est remarquable. C’est une performance qui doit rester gravée et servir de référence pour la suite.

Qu’avez-vous fait pour parvenir à un tel résultat ?

Tout est d’abord parti d’une remise en question individuelle et collective. Chaque joueuse a su analyser ses prestations du match aller. Il ne faut pas oublier que nous avions déjà eu des occasions franches, avec notamment deux tirs sur les montants et plusieurs face-à-face mal négociés (au match aller). Le problème n’était pas tant dans la création que dans l’efficacité. Par ailleurs, certaines erreurs nous avaient coûté cher. Il était donc impératif de corriger ces insuffisances. Le staff aussi s’est remis en cause. Nous avons apporté des ajustements précis et mis en place un travail minutieux. Le résultat s’est fait ressentir sur le terrain. Au-delà des quatre buts, j’ai trouvé le jeu proposé très intéressant, fluide et cohérent. Cela doit nous encourager à poursuivre dans cette dynamique. Le Bénin regorge de talents, je l’ai toujours affirmé. Mais il faudra désormais répéter ce type de performance pour espérer atteindre nos objectifs, à savoir disputer une Coupe d’Afrique des nations ou une Coupe du monde.

Les quatre buts ont été inscrits par une seule joueuse, Romaine Gandonou. Quel regard portez-vous sur sa prestation ?

Je lui adresse mes félicitations. Avoir du talent est une chose, mais savoir l’exprimer au bon moment en est une autre. Lors du match aller, elle s’était déjà procuré des occasions sans parvenir à les concrétiser. Cette fois-ci, elle a été décisive et exemplaire. C’est une belle preuve de caractère et de remise en question. Cela dit, je tiens à souligner que cette victoire est collective. Le fait de ne pas encaisser de but démontre également les progrès défensifs. La gardienne, notamment, a su corriger ses erreurs du match aller. Les changements opérés par le staff ont aussi stimulé la concurrence et renforcé l’implication de chacune. Cette performance d’ensemble a rendu possible cette remontée. Je n’oublie pas non plus le travail effectué en amont par les clubs formateurs et leurs dirigeants. Ils contribuent à l’émergence de ces talents. La Fédération et le ministère peuvent également se réjouir des efforts consentis. A présent, il nous faut savourer cette qualification, tout en restant concentrés sur les échéances à venir.

Le deuxième tour approche, avec une confrontation face à la Sierra Leone. Quel message adressez-vous aux joueuses ?

Il y a un temps pour chaque chose. D’abord, il faut profiter de cette victoire, la célébrer comme il se doit. C’est important sur le plan émotionnel et mental. Ensuite, très rapidement, il faudra se remettre au travail. Dès les prochains jours, nous allons entamer la préparation du deuxième tour. Le match aller est prévu à domicile, à Lomé, autour des 22, 23 ou 24 mai. La Sierra Leone est une équipe à prendre très au sérieux. Nous allons donc planifier rigoureusement notre préparation afin d’être prêts le moment venu.

Malgré ce succès, quels sont les aspects à améliorer avant la prochaine échéance ?

Il y a toujours des points à corriger. Sur le plan individuel, certaines joueuses peuvent encore progresser techniquement. Collectivement, nous devons travailler la qualité de la dernière passe, l’efficacité sur coups de pied arrêtés et la gestion des temps faibles. Cela dit, je préfère retenir le positif. La réaction après le match aller a été remarquable. Défensivement, nous avons été solides, en concédant très peu d’occasions. Cela traduit l’implication de toutes les joueuses, qu’elles soient titulaires ou remplaçantes. Cette base collective est essentielle pour progresser.

Vous aviez insisté sur l’aspect psychologique lors de votre précédente intervention. A-t-il joué un rôle déterminant dans ce succès ?

Absolument. Sur le plan mental, les joueuses ont affiché une grande sérénité. Elles n’ont pas semblé affectées par le résultat du match aller, ce qui est très encourageant. Le travail psychologique mené en amont, à travers les échanges et les regroupements, a porté ses fruits. Nous avons déjà organisé plusieurs stages grâce au soutien de la Fédération et du ministère. Ces rassemblements sont essentiels pour renforcer la cohésion et offrir des opportunités à un plus grand nombre de joueuses. Certaines, qui n’étaient pas titulaires à l’aller, ont saisi leur chance au retour. Cela crée une saine concurrence et stimule l’ensemble du groupe. C’est cette dynamique collective qui fait la force de l’équipe. Cette victoire n’est pas celle d’une seule joueuse, aussi brillante soit-elle, mais bien celle de tout un groupe uni et engagé. C’est ensemble que nous avons triomphé du Burkina Faso.