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Le Bénin et le Groupe de la Banque mondiale ont lancé, vendredi 17 juillet à Cotonou, un Cadre de partenariat pays (Cpp) couvrant la période 2027-2036. Alignée sur la vision nationale « Alafia Bénin 2060 », cette stratégie vise à renforcer le capital humain, stimuler l’investissement privé et créer davantage d’emplois au cours de la prochaine décennie.
Prévu pour couvrir les exercices 2027 à 2036, le nouveau Cadre de partenariat pays (Cpp) marque un changement d’échelle dans la coopération entre le Bénin et le Groupe de la Banque mondiale. Il privilégie les résultats mesurables, l’emploi, le développement du capital humain et la mobilisation des investissements privés.
Le gouvernement béninois entend en faire un levier majeur de transformation économique et sociale. « Je peux vous assurer de l’engagement du gouvernement à jouer sa partition afin que ce cadre de partenariat soit un véritable succès », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Mèdénou, lors du lancement officiel marqué par la présence d’une forte délégation du gouvernement.
Il a insisté sur la modernisation de l’agriculture, rappelant que près de 70 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté travaillent dans ce secteur, une proportion qui atteint 80 à 90 % dans certaines communes. La transformation de l’agriculture et le numérique, selon le ministre, sont également essentiels pour améliorer les conditions de vie et réduire durablement la pauvreté.
Cette ambition est également partagée par le Groupe de la Banque mondiale qui voit dans ce nouveau cadre un instrument destiné à accompagner le développement du Bénin sur le long terme.
Transformer la croissance en emplois
La directrice générale des Opérations du Groupe de la Banque mondiale, Anna Bjerde, a salué les progrès « remarquables » accomplis par le Bénin au cours de la dernière décennie. Le pays est passé du statut de pays à faible revenu à celui de pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, avec une croissance économique moyenne d’environ 7 % par an, qu’elle a qualifiée de « l’une des meilleures performances du continent ». La Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) qui a déjà généré plus de 35 000 emplois, illustre cette dynamique, a-t-elle souligné.
Au-delà de ces performances, elle estime que le principal défi consiste désormais à transformer cette croissance en emplois durables et de qualité. Le pays crée déjà près de 200 000 emplois par an, mais la dynamique démographique impose d’aller plus loin afin d’offrir davantage d’opportunités aux jeunes et aux femmes, avec un rôle accru du secteur privé.
Miser sur la jeunesse et les résultats
Le portefeuille de l’institution compte actuellement 28 opérations, représentant 4 milliards de dollars, soit environ 2 290 milliards F Cfa, a rappelé Karine Bachongy, représentante résidente du Groupe de la Banque mondiale au Bénin. Evoquant une visite à la Gdiz, elle rapporte les propos d’un industriel pour qui « La véritable richesse de ce pays, ce sont ces jeunes qui se battent et qui veulent réussir ».
Karine Bachongy a souligné l’ampleur des défis : « Au Bénin, plus d’un enfant sur trois souffre de retard de croissance »,
soit 36 % des enfants qui risquent de ne pas réaliser leur plein potentiel.
Le nouveau Cadre de partenariat met l’accent sur des résultats mesurables, avec notamment l’accès au haut débit pour 7,5 millions de bénéficiaires, la mobilisation de 1,1 milliard de dollars de capitaux privés et un meilleur accès aux services financiers pour 53 000 femmes entrepreneures.
Les trois piliers du partenariat 2027-2036
• Investir dans le capital humain: santé, nutrition, éducation et compétences pour préparer une jeunesse adaptée aux besoins d’une économie en mutation.
• Renforcer les fondements de la croissance : investissements dans l’énergie, l’eau, les infrastructures, le numérique et la résilience climatique, notamment via Mission 300, Agriconnect, le barrage polyvalent de Dogo Bis et Prime Gas.
• Accélérer une croissance portée par le secteur privé : mobilisation d’investissements dans l’industrie manufacturière, l’agroalimentaire, le tourisme et l’énergie, avec un meilleur accès des femmes entrepreneures au financement.