La Nation Bénin...
L’Ecole nationale supérieure de Porto-Novo a abrité la 2e édition des conférences-débats en milieu scolaire sur la réécriture de l’histoire coloniale du Bénin et de l’Afrique. Les échanges ont été organisés sous le parrainage de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (Ansalb).
Approfondir les connaissances des enseignants surtout d’histoire-géographie des lycées et collèges autour de la participation des soldats béninois aux opérations de guerres coloniales et leur donner des outils pour enseigner une histoire critique aux élèves des classes de 3e et Terminale. Tels sont les objectifs de la 2e édition des conférences-débats en milieu scolaire sur la réécriture de l’histoire coloniale du Bénin et de l’Afrique. L’Ecole nationale supérieure (Ens) a accueilli, jeudi 8 septembre dernier, l’étape de Porto-Novo de l’initiative, après le lycée Mathieu Bouké de Parakou et le Collège d’enseignement général numéro 1 (Ceg1) de Kandi. Plusieurs professeurs d’histoire-géographie des collèges et lycées de Porto-Novo et environs ont répondu à l’invitation. Ce périple s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de réécriture de l’histoire du Bénin coordonné par l’ancien premier ministre, le professeur François Abiola. L’ambition est claire : revisiter le passé colonial pour transmettre aux nouvelles générations une histoire sincère, non tronquée ni flouée. Pour le Pr François Abiola, la réécriture de l’histoire du Bénin est un programme qui concerne tout le monde. Il a rappelé que l’histoire n’est jamais neutre : « On peut écrire pour restituer la vérité, comme pour diffamer ou instrumentaliser. Il y a l’histoire des vainqueurs. Nous voulons restituer la vérité ».
Le programme met en avant deux chantiers. Le premier concerne le massacre de Thiaroye de décembre 1944 avec des Tirailleurs sénégalais provenant de 17 pays dont l’ex-Dahomey actuel Bénin. «Mais combien de Dahoméens étaient-ils ? Un comité international dont je fais partie, travaille à rétablir cette vérité », a indiqué le professeur François Abiola. Il y a ensuite les résistances à la colonisation impliquant la première révolte contre le colon qui s’est déroulée à Sakété en février 1905, longtemps occultée. «Cette première révolte a été mise en berne. Nous travaillons à lui rendre sa place dans l’histoire», a insisté le coordonnateur du Programme national de réécriture de l’histoire du Bénin et digne fils de Sakété.
Denis Sossa, directeur départemental des Enseignements maternel et primaire de l’Ouémé, représentant le ministre, a loué l’initiative du coordonnateur François Abiola. Selon lui, le temps du bégaiement historique est fini. Denis Sossa a appelé les enseignants à saisir cette opportunité pour une transmission dynamique et rigoureuse. Le directeur de l’Ens, Bernard Fangnon, a abondé dans le même sens. Car, il est important de corriger, selon lui, l’existant pour le réel. Le professeur Paul Dossou, responsable de l’organisation, a invité les participants à toiletter l’histoire du Bénin de ses zones d’ombre.
Ainsi, au-delà des dates, les conférenciers invitent à dépasser une histoire subie pour construire une histoire assumée. Les échanges ont permis de confronter les programmes scolaires aux résultats de la recherche universitaire la plus récente. Cette 2e édition s’impose ainsi comme une étape clé dans la réappropriation, par les jeunes béninois, d’un passé qu’il faut désormais lire avec lucidité et fierté.
Les officiels lors des conférences-débats à l’Ens sur la réécriture de l’histoire coloniale du Bénin et de l’Afrique