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Conférence de presse du chef de l’Etat: « Je m’opposerai à toute révision de la Constitution »

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« Je ne souhaite plus qu’on touche une virgule de la Constitution...» a déclaré Patrice Talon « Je ne souhaite plus qu’on touche une virgule de la Constitution...» a déclaré Patrice Talon

L’actualité nationale et internationale à la loupe du président de la République. C’est ainsi qu’on pourrait résumer la sortie médiatique du président Patrice Talon, jeudi 8 février. Moment inédit qui lui a donné l’occasion de faire des précisions et d’apporter des clarifications sur certains sujets.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 09 févr. 2024 à 04h50 Durée 3 min.
#Conférence de presse du chef de l’Etat #Je m’opposerai à toute révision de la Constitution

L’exercice n’est pas courant, mais il pourrait s’inscrire dans une tradition jusqu’à la fin du mandat du président Patrice Talon. Il veut bien souvent prendre langue avec les médias et répondre aux multiples questions qui lui parviennent et sur lesquelles, sa voix se fera plus entendre dorénavant ainsi que son opinion. L’acte 1 de ce jeudi 8 février inaugure de fort belle manière ce grand oral, appelons-le ainsi, du chef de l’Etat pour dire sans langue de bois tout ce qui peut et doit l’être.

Partira-t-il, ne partira-t-il pas en 2026 ? Le président Patrice Talon semble avoir épuisé ses ressources sur la question de son départ du palais de la Marina au terme de son second mandat. Eh bien, il s’en va !  Cette clarification, il l’a faite encore à l’occasion de cette conférence de presse. « Nul ne peut de sa vie exercer plus de deux mandats» constitutionnels à la tête du Bénin. Ce bout de phrase inscrit dans la loi fondamentale à l’occasion de la retouche de 2019 est à respecter sans discourir, tels les dix commandements de la loi de Moïse. « Tant que cette phrase demeure, on ne peut pas me soupçonner. C’est moi qui ai pris cette initiative », rappelle le président comme pour clore le débat. Cette tendance à la suspicion, il la trouve malheureuse et ne comprend pas, selon ses mots, qu'à chaque intention de corriger des « erreurs techniques », il faut aller dans tous les sens. Pour lui en tout cas, question tranchée. Il exerce son dernier mandat et n’a aucunement l’intention de rééditer au Bénin les mauvais exemples de tricheries pour aboutir à de nouvelles constitutions, de nouvelles Républiques et autres pour s’accrocher au pouvoir.  Il y voit tout au plus un argument mal fondé pour animer le débat politique avec un sujet qui n’en est pas un. 

« Je suis partant »

Si l’intention du départ est si manifeste, pourquoi donc une retouche à la Constitution ? Le président Talon a reconnu avoir suggéré que certains manquements à la loi qui créent d’ailleurs un chevauchement de dates soient corrigés. Il dit avoir partagé ce souci avec l’ensemble des parlementaires qu’il a reçus. Ceci, dans un souci d’éthique politique et même de justice afin que ceux qui parrainent les candidats à la présidentielle prochaine ont des élus qui ont la confiance du peuple et non ceux à qui le peuple aurait déjà retiré sa confiance. Il est question, selon lui, de réparer une inégalité qui s’est introduite par erreur. Mais la polémique à propos de cette initiative semble l’avoir exacerbé à telle enseigne que sa nouvelle option est toute simple. Que la plus petite virgule au texte ne se fasse plus. Le président Talon a souhaité que toute modification se fasse après son départ. Tant qu’il est en fonction, on ne touchera plus à la loi fondamentale. C’est son souhait et il soutient l’avoir déjà partagé avec les élus soutenant son action. « Je ne souhaite plus qu’on touche une virgule de la Constitution… Touchez pas la Constitution… Il est temps que la polémique ne continue pas d’alimenter nos vies», a lancé le président lors de la conférence de presse. Pour lui, si cette question réveille tous les démons, autant laisser le texte tel quel.