La Nation Bénin...
L’atelier régional du partenariat Bio-Pact réunit des acteurs de plusieurs pays africains autour de la production, du contrôle qualité et de la promotion des bio-intrants, du 19 au 23 octobre à Cotonou, aux fins de favoriser des solutions locales pour restaurer la fertilité des sols et réduire la dépendance aux intrants importés.
La recherche de solutions durables pour améliorer la productivité agricole en Afrique est au cœur des échanges engagés à Cotonou. Du 19 au 23 octobre, le Bénin accueille un atelier régional consacré à Bio-Pact, un partenariat de coopération Sud-Sud et triangulaire soutenu par le Fonds international de développement agricole (Fida). La rencontre rassemble des représentants des institutions publiques, de la recherche, du secteur privé et des organisations professionnelles agricoles afin de partager les expériences et de renforcer la promotion des bio-intrants sur le continent. Madeleine Lafia Mora, secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a souligné l’importance de cette initiative face aux difficultés auxquelles les systèmes agricoles africains sont confrontés. Elle a notamment évoqué la hausse du coût des engrais minéraux importés, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la dégradation progressive de la fertilité des sols. Pour les pays africains, ces contraintes affectent les coûts de production et fragilisent les exploitations agricoles. La diminution de la matière organique des sols, conjuguée aux effets du changement climatique, accentue davantage les vulnérabilités des producteurs. Dans ce contexte, la valorisation des bio-intrants apparaît comme une piste pour améliorer la santé des sols et renforcer la résilience des systèmes de production.
Des solutions à consolider
Les bio-intrants regroupent notamment les biofertilisants, les bioamendements, les biostimulants et les biopesticides. Leur développement vise à soutenir les fonctions biologiques des sols, à améliorer l’utilisation des éléments nutritifs par les plantes et à renforcer la résistance des cultures aux contraintes climatiques. Toutefois, Madeleine Lafia Mora a insisté sur la nécessité d’une approche équilibrée. Il ne s’agit pas de remplacer systématiquement les engrais minéraux, mais de promouvoir une gestion intégrée de la fertilité des sols, fondée sur des données scientifiques et adaptée aux réalités des exploitations agricoles. Dr Hervé Sossou, directeur général de l’Institut national des Recherches agricoles du Bénin (Inrab), a pour sa part, mis l’accent sur la contribution de la recherche à cette transition. L’institution mène des travaux sur la gestion de la qualité des sols, le compostage, la valorisation des ressources biologiques locales, les biofertilisants, les biostimulants et les méthodes durables de protection des cultures. Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis persistent, notamment la réglementation, la normalisation des produits, la certification, les capacités d’analyse, le financement des innovations et l’adoption des bio-intrants par les producteurs. Le renforcement de la collaboration entre chercheurs, pouvoirs publics, universités, organisations de producteurs et entreprises privées apparaît donc indispensable.
Les communications prévues au cours de l’atelier portent également sur les tests d’efficacité et de conformité, le contrôle de la qualité des produits, ainsi que l’état des lieux de la production et de la distribution des bio-intrants. Les participants doivent examiner les difficultés rencontrées par les promoteurs privés et les progrès réalisés dans les différents pays. Bernard Hien, directeur régional du Fida, a rappelé que les agricultures africaines subissent à la fois les effets du changement climatique et ceux de la dépendance aux intrants importés. Il a présenté les bio-intrants comme un levier de résilience et de souveraineté alimentaire, grâce à la valorisation de ressources locales et renouvelables.
Les résidus agricoles, les déchets organiques, les déjections animales et les sous-produits agro-industriels peuvent notamment servir de matières premières pour produire des intrants biologiques. Leur transformation locale est susceptible de favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques, de créer des emplois en milieu rural et d’offrir des débouchés aux jeunes et aux femmes. Pour Bernard Hien, le développement de cette filière nécessite cependant une mobilisation conjointe des politiques publiques, de la recherche, des investissements et des marchés. Il a invité les participants à réfléchir à des modèles économiques viables et à des stratégies permettant de mobiliser davantage le secteur privé. Au terme des cinq jours de travaux, il est attendu des recommandations concrètes, des feuilles de route adaptées aux contextes nationaux et le renforcement d’une communauté régionale de pratique autour des bio-intrants. Les résultats devront notamment contribuer à améliorer les cadres réglementaires, les mécanismes de contrôle de qualité et les conditions de passage à l’échelle des innovations.
Pour les participants à cet atelier, l’enjeu est de transformer les connaissances scientifiques et les ressources disponibles en solutions accessibles aux producteurs, capables de soutenir durablement la productivité agricole et la préservation des terres.
Favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques, en milieu rural aux jeunes et aux femmes