La Nation Bénin...

Cour constitutionnelle: Un recours inédit autour de la prestation de serment

Actualités
Le bâtiment de la Cour constitutionnelle Le bâtiment de la Cour constitutionnelle

La Cour constitutionnelle est appelée à se prononcer sur une situation exceptionnelle qui pourrait avoir des répercussions majeures sur le processus républicain.

 

Par   Isidore GOZO, le 05 mai 2026 à 07h21 Durée 3 min.
#Cour constitutionnelle

Par une lettre datée du 28 avril 2026 et dûment enregistrée au secrétariat de la Cour constitutionnelle, le sieur Midomiton Précieux Noël Dagan a introduit un recours inédit visant à faire constater l’impossibilité matérielle de réunion du bureau du Sénat dans le cadre de la prestation de serment du président de la République élu.

Ce recours soulève une problématique institutionnelle rarement observée dans l’histoire constitutionnelle récente. En effet, la prestation de serment du chef de l’État constitue une étape fondamentale dans la consolidation de la légitimité démocratique, marquant officiellement l’entrée en fonction du président élu. Toute entrave à cette cérémonie revêt ainsi une portée hautement sensible, tant sur le plan juridique que politique.

Selon les termes du recours, l’absence de conditions matérielles nécessaires à la tenue de la réunion du bureau du Sénat empêcherait le respect du protocole constitutionnel en vigueur. Cette situation, qualifiée d’exceptionnelle par plusieurs observateurs, met en lumière les défis que peuvent rencontrer les institutions dans des contextes imprévus ou atypiques.

Face à cette saisine, les membres de la Cour constitutionnelle ont décidé de se réunir en audience plénière spéciale ce mardi 5 mai à 15 heures. Cette session sera présidée par le professeur Cossi Dorothé Sossa, à la tête de la haute juridiction. L’objectif de cette audience est d’examiner en profondeur les arguments avancés par le requérant et d’apprécier leur conformité aux dispositions constitutionnelles en vigueur.

Il s’agira pour les juges constitutionnels de déterminer si l’impossibilité matérielle invoquée peut être juridiquement reconnue et, le cas échéant, quelles mesures alternatives pourraient être envisagées pour garantir la continuité de l’État et le respect de l’ordre constitutionnel. Une telle décision pourrait, en effet, faire jurisprudence et redéfinir les modalités d’application de certaines dispositions en cas de circonstances exceptionnelles.

Dans les milieux juridiques, ce dossier suscite déjà de vives discussions. Certains experts estiment que la Cour devra faire preuve de pragmatisme afin de préserver la stabilité institutionnelle, tandis que d’autres insistent sur la nécessité d’un strict respect des textes fondamentaux.

Quoi qu’il en soit, la décision attendue de la Cour constitutionnelle sera déterminante pour la suite du processus. Elle devra concilier rigueur juridique et impératif de continuité républicaine, dans un contexte où chaque interprétation peut avoir des conséquences durables.

En attendant l’issue de cette audience spéciale, l’attention reste focalisée sur la haute juridiction, garante de la constitutionnalité et arbitre ultime des situations de crise institutionnelle. Sa décision est désormais attendue comme un jalon crucial dans la gestion de cet épisode inédit.