La Nation Bénin...
Dans le département de l’Atacora, au
nord-ouest du Bénin, l’élection présidentielle du 12 avril dernier qui a porté
Romuald Wadagni à la magistrature suprême suscite un mélange d’espérance et
d’exigence. Au fil des témoignages recueillis auprès d’acteurs politiques,
d’élus locaux et de responsables communautaires, se dessine une attente forte ;
celle de la concrétisation des engagements pris durant la campagne.
De Natitingou à Kouandé, en passant par les arrondissements périphériques du département de l’Atacora, le discours des populations est constant. Pour elles, il ne s’agit plus seulement de promesses, mais d’actions visibles et durables. Plus qu’un simple espoir, les populations expriment des attentes précises, ancrées dans les réalités quotidiennes et les défis structurels de leurs localités.
Pour le docteur Mohamed Cissé, coordonnateur de campagne du duo Wadagni–Talata dans la quatrième circonscription électorale, la confiance des populations repose avant tout sur la crédibilité du président élu.
« Ce qu’il a dit, il le fera », assure-t-il avec conviction, mettant en avant la constance et la rigueur de l’homme. Selon lui, le projet de société présenté durant la campagne n’est pas une suite d’annonces improvisées, mais un ensemble d’actions planifiées et réalisables. Cette confiance est partagée par Didier Kouandé, acteur politique local, qui insiste sur l’expérience du duo présidentiel. Pour lui, la connaissance des rouages de l’Etat constitue un atout majeur pour relever les défis. « Ce sont des cadres aguerris, capables de corriger les insuffisances du passé et de projeter le pays vers l’avenir», soutient-il. Mais au-delà des individus, c’est la vision globale qui séduit.
Le député Barthélemy Kassa met en avant le concept de régionalisation du développement, perçu comme une réponse structurante aux déséquilibres territoriaux. L’idée de doter chaque région d’un pôle économique dynamique, à l’image de Cotonou, trouve un écho favorable auprès des populations rurales. « Chaque région doit révéler ses potentialités et en tirer profit », martèle-t-il.
A Natitingou, le maire Taté Ouindeyama abonde dans le même sens. Il voit dans le programme présidentiel une opportunité pour mobiliser la jeunesse autour de secteurs porteurs tels que l’agriculture, l’artisanat ou encore la transformation des produits locaux. L’emploi des jeunes apparaît ainsi comme un levier essentiel du développement local et national. Dans cette dynamique, Tido Norbert N’Dah, premier adjoint au maire, insiste sur la dimension inclusive de la gouvernance annoncée. Il salue une approche participative, fondée sur l’écoute et la concertation. « Une gestion collégiale est une garantie de pertinence et d’efficacité des décisions », estime-t-il. Au total, les attentes des populations de l’Atacora s’articulent autour de trois axes majeurs notamment la concrétisation des promesses, la création d’emplois pour les jeunes et la réduction des inégalités territoriales. A cela s’ajoute une exigence implicite mais fondamentale, celle de rapprocher l’action publique des citoyens.
Préoccupations pressantes
Si les attentes sont globales, les préoccupations, elles, sont profondément locales. A Kouandé, la question du désenclavement domine largement les préoccupations. L’absence de routes praticables constitue un frein majeur au développement économique et social. Les populations réclament avec insistance le bitumage des axes stratégiques reliant Birni, Kouandé, Guilmaro et Brignamaro. A ce défi s’ajoute celui de la sécurité. Située dans une zone exposée aux incursions terroristes, la commune de Kouandé vit dans une inquiétude croissante. Les habitants attendent des mesures fortes pour garantir leur protection et restaurer un climat de sérénité. Les besoins en infrastructures éducatives et culturelles sont également mis en avant. La construction d’un lycée technique agricole et d’un palais royal assorti d’une arène culturelle est perçue comme un levier de développement et de valorisation identitaire.
A Natitingou, les préoccupations tournent autour de l’accès à l’eau potable, à l’énergie et aux infrastructures routières. Malgré les efforts engagés, les populations continuent de faire face à des difficultés d’approvisionnement en eau, un problème qui affecte directement leur santé et leurs activités économiques. Dans l’arrondissement de Péporiyakou, la situation est encore plus critique. Le chef d’arrondissement, Basile Mané, évoque une urgence absolue de l’accès à l’eau. « L’eau, c’est la vie », rappelle-t-il, soulignant qu’un seul château d’eau pourrait transformer le quotidien de plusieurs villages. A cette problématique s’ajoutent celles de la sécurité et de la lutte contre la pauvreté.
Par ailleurs, les acteurs locaux insistent sur la nécessité de renforcer les revenus des populations en soutenant les secteurs productifs. L’agriculture, l’élevage et le commerce apparaissent comme des piliers à consolider pour améliorer les conditions de vie.
Enfin, la question du coût de la vie et des charges commerciales, notamment pour les femmes du marché, est également soulevée. L’accès à des infrastructures marchandes abordables est perçu comme un enjeu économique et social majeur. A travers ces différentes voix, les populations de l’Atacora attendent du président Romuald Wadagni une gouvernance efficace, attentive et orientée vers des résultats concrets. Elles entendent jouer pleinement leur rôle de veille citoyenne. L’Atacora, riche de ses potentialités mais confronté à de nombreux défis, se positionne ainsi comme un véritable baromètre de l’action présidentielle à venir.
Les populations du département de l’Atacora fixent le cap au président Romuald Wadagni