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Dérives dans la répression pour non-port de casque: 11 députés interpellent le gouvernement

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Honorable Abdoulaye Gounou Honorable Abdoulaye Gounou

Le député Abdoulaye Gounou et dix autres de ses collègues ont adressé, ce lundi, une question d’actualité au gouvernement par rapport à des dérives policières qui s‘observent sur le terrain dans l’opération de répression pour non-port de casque.   

Par   Thibaud C. NAGNONHOU, le 16 avr. 2024 à 05h37 Durée 3 min.
#Dérives dans la répression pour non-port de casque

Le Parlement s’invite dans le débat lié aux dérives qui s’observent sur le terrain dans le cadre de l’opération de répression par la Police pour non port de casque. Le député Abdoulaye Gounou et dix autres de ses collègues ont déposé, ce lundi, sur la table du président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, une question d’actualité adressée au gouvernement sur le sujet. Cette initiative parlementaire se fonde sur l’article 110 du Règlement intérieur du Parlement. Elle vise à amener l’Exécutif à s’expliquer par rapport aux abus comportementaux de certains policiers sur le terrain dans le cadre de la répression des infractions au code de la route. Les dénonciations en la matière sont légion dans plusieurs communes du Bénin. La dernière en date et qui a déclenché la colère notamment des députés est la « bavure commise » par une équipe de fonctionnaires de police en service à Natitingou dans l’Atacora.  En effet, pendant que le motocycliste, âgé de 32 ans, cultivateur, serait stationné avec sa moto devant un domicile sis dans le village de Ditapoumbor, 3e arrondissement de Natitingou, en compagnie de l’un de ses amis, il a été violemment agressé, à coups de chaussures militaires rangers et de matraques. La scène se serait passée, vendredi 12 avril dernier. Les blessures enregistrées par la victime en sont illustratives, dénoncent les députés initiateurs de la question d’actualité. Le député Abdoulaye Gounou et sa suite en veulent pour preuve la vidéo de la scène devenue virale et publiée sur les réseaux sociaux où l’on voit clairement un des agents répéter sans cesse à l’agresseur principal, de briser les côtes de la victime, renseigne la question d’actualité. Aux dernières nouvelles, l’individu qui a filmé la scène dont la vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux aurait été interpellé et gardé à vue au commissariat de Natitingou, pour être présenté au procureur de la République près le Tribunal de deuxième instance de Natitingou.

Le cas de Natitingou, la goutte d’eau

« Face à la multiplication des exactions des fonctionnaires de police et qui s’assimile à un sabotage des réformes sécuritaires entreprises par le gouvernement visant à assurer le bien-être de ses populations, nous avons jugé opportun, en tant que représentants du peuple, d’interpeller l’Exécutif sur ce dossier, sur le fondement de l’article 110 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale », ont motivé les auteurs de la question d’actualité. Abdoulaye Gounou et ses collègues demandent des comptes au gouvernement sur ce dossier. Ils veulent savoir si dans un Etat de droit, des fonctionnaires de police sont fondés à infliger un traitement aussi dégradant et inhumain à un paisible citoyen, digne de l’époque de la traite négrière. Mieux, ils veulent avoir des explications sur les modalités et l’étendue du contrôle du port de casque, c’est-à-dire si le contrôle de port de casque se fait même dans les hameaux ; la situation actuelle de l’individu ayant filmé la scène de Natitingou, s’il est libre de ses mouvements et le moment précis où le citoyen est obligé de porter son casque.

Par ailleurs, Abdoulaye Gounou et consorts demandent si les faits de violences policières déplorés à Natitingou ainsi que les différentes interpellations consécutives aux dénonciations ont fait l’objet d’un rapport adressé au ministre en charge de l’Intérieur et les mesures disciplinaires urgentes prises à l’encontre des agents indélicats, vu la gravité des exactions. Ils veulent aussi savoir les dispositions prises par le gouvernement pour prévenir de telles dérives policières à l’avenir.